Musique : « Songhoy Star », un orchestre régional non officiel qui a émerveillé les populations de la Cité des Askia en son temps

Gao, 6 juin (AMAP) La région de Gao n’a jamais connu un orchestre régionalofficiel mais un groupe musical local dénommé « Songhoy star » de Gao, qui a été crée avant les années 80. Pour des éclaircissements, nous avons approché, le seul encadreur qui est resté parmi ce groupe de l’orchestre à savoir l’encadreur, ancien animateur-producteur de l’Ortm à la retraite, Boubacar Adama Cissé. Il témoigne que l’orchestre de Gao est constitué de jeunes musiciens volontaires, composés de trois sections : la section de vent ; la section de cordonne-phone et la section de perquisition. Selon lui, l’orchestre a été créé dans les années 84 avec la bénédiction de la première génération du groupe musical le Négro-bande conduit par feu Boncana Maiga et un autre musicien de la Guinée Bissau, Nassazo de Carvaro. D’après lui, ils étaient tous des jeunes musiciens locaux, fans de la musique et qui avaient le souci de faire plaisir à la population de Gao en jouant de la musique traditionnelle ou du terroir« Takamba » ou « Holey Horey ». Et se rappelait encore dans les années 1984, d’une tournée musicale dans la région de Tombouctou dont les fans de la musique de la cité de 333 Saints ont beaucoup adoré. « Après la tournée de l’intérieur, nous avions découvert d’autres horizons où nous avions été sollicités pour jouer de la musique notamment en Algérie et au Niger où notre musique était très appréciée par les autorités de ces pays et même par l’orchestre de Niamey ; la preuve en est qu’ils sont imités la musique du groupe « Songhoy Star », a-t-il avancé. « L’orchestre de Gao n’avait jamais été à la disposition de la direction régionale de la Culture parce qu’il n’était pas officiel. Mais il est resté toujours à la disposition de la direction régionale de la culture durant les grands événements. Notre génération jouait de la musique pour l’épanouissement de la jeunesse, faire plaisir aux populations et surtout véhiculer la culture de notre terroir », a soutenu, Boubacar Cissé. Selon lui, avec la discorde et l’âge, seule la section vent est restée. Mais le « Négrobande » avec feu Boncana Maiga qui faisait partie de la première génération de l’orchestre de Gao avait formé deux groupes d’orchestre. Il s’agit d’une formation (A) héritière de Négrobande et d’une formation (B) créée d’une nouvelle génération qui a modernisé la musique traditionnelle. « L’éclatement de l’orchestre « Songhoy Star » dont était membre , Boubacar Adama Cissé, un nouveau orchestre de circonstance constitué d’une dernière formation a été crée en 2010 à savoir le groupe de Fatouma Bocar . C’est ce même groupe qui a participé à la biennale de 2010 à Sikasso et celle de Tombouctou en 2025 où il a décroché le premier trophée en chant, a évoqué, Boubacar Cissé. « Après notre génération, tous ceux qui sont venus dans la musique travaillent uniquement pour l’argent. Souvent on les voit jouer lors des fêtes événementiels (mariage et baptêmes) et autres. Alors qu’à notre époque, nous étions engagés pour faire plaisir à nos populations ou pour véhiculer un message à l’endroit des dirigeants. Pour notre bonne formation, nous faisions des répétitions nuit et jour sans un jeton. Aujourd’hui, avec la nouvelle génération, tel n’est plus le cas », a-t-il expliqué, l’ancien de l’orchestre « Songhoy star ». Pour lui, la musique n’est pas un produit de commerce mais un art d’attraction de la jeunesse, un message de réconfort, d’identité culturelle qui est véhiculé à travers la parole et la danse dont chacun se retrouve. Hormis tout ça, nous comprenons qu’il y a un chômage accru de la jeunesse et le besoin de luxe est pressant. Selon lui, un orchestre joue un rôle très important dans les relations socio-culturelles mais aussi dans la consolidation de la cohésion sociale entre les communautés. En tant qu’encadreur et animateur-producteur à la retraite et ancien de l’orchestre « Songhoy Star », je sollicite les autorités de notre pays, en particulier le département de la Culture de penser à la création d’un orchestre régional officiel pour la région de Gao. AT/KM (AMAP)
Football/Match amical : le Mali battu sur le score de 2 buts à 0 par l’Iran

Bamako, 4 juin (AMAP) Les Aigles du Mali ont été mis en échec par l’Iran sur le score de 2 buts à 0, jeudi, au Complexe sportif de Mardan à Antalya, en Turquie, lors d’un match amical international de préparation, a appris l’AMAP de la FEMAFOOT. Face à une sélection iranienne déjà qualifiée pour la prochaine Coupe du monde, les Aigles ont livré une rencontre engagée mais n’ont pas réussi à inverser la tendance face à un adversaire expérimenté. Cette rencontre s’inscrivait dans cadre du programme de préparation des Aigles en vue de leurs prochaines échéances internationales. Avant le match, le président de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), Mahazou dit Baba Cisset, avait rencontré les joueurs et le staff technique à Antalya. Il avait insisté sur la discipline, l’unité et le patriotisme, tout en réaffirmant l’engagement de la fédération à améliorer les conditions de préparation des sélections nationales. Malgré cette défaite, le match a permis au staff technique malien d’évaluer plusieurs joueurs et d’effectuer des réglages en vue des prochaines compétitions. KD/KM (AMAP)
Mali : Le Chef de l’Etat reçoit le nouveau commandant de la force unifiée AES

BAMAKO, 4 juin 2026 (AMAP)– Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a reçu, ce jeudi 4 juin 2026 au Palais de Koulouba, le commandant de la force unifiée de la Confédération des États du Sahel ( AES ), le Général de brigade Makan Alassane Diarra, fraîchement nommé à ce poste, a constaté l’AMAP. Au terme des échanges, le commandant de la force unifiée de l’AES a souligné être venu prendre les directives, les orientations et les instructions auprès du Chef de l’Etat pour la conduite des opérations de son unité dont l’objectif principal est notamment la protection des personnes et de leurs biens dans l’espace commun et la lutte contre le terrorisme et toute autre forme de menace dans la zone. Le Général Makan Alassane Diarra a également déclaré être conscient de l’importance de la tâche à lui confier, sans oublier les défis et les enjeux qui l’attendent dans sa nouvelle mission. «Nous sommes dans la finalisation de la mise en œuvre de la force unifiée», a-t-il souligné. Avant de promettre de «se retrousser les manches» pour pouvoir relever les défis et soulager la souffrance des populations dans l’espace confédéral. Le Général de brigade Makan Alassane Diarra a été désigné commandant de la Force unifiée de l’AES, fin mai dernier. L’officier général succède à ce poste au Général de brigade Daouda Traoré, rappelé à Bamako pour prendre la tête de la Garde nationale. Créée en décembre 2025, la force unifiée de l´AES est basée à Niamey au Niger et constitue une réponse sahelienne face aux menaces terroristes. BD/CMT (AMAP)
Médias en période de crise : la MARN appelle à une communication responsable contre la désinformation

BAMAKO, 4 juin (AMAP)– Les médias doivent privilégier une communication responsable et respectueuse des principes éthiques afin de lutter contre la désinformation et les manipulations en période de crise, a déclaré Mariam Walet Mohamed Lehbi, experte à la Mission d’Appui à la Réconciliation Nationale (MARN). Intervenant en marge d’un forum consacré aux médias et aux défis informationnels, Mme Lehbi a souligné que le rôle des médias consiste avant tout à diffuser une information fiable et à sensibiliser les communautés ainsi que l’opinion internationale sur les réalités du terrain. «Le rôle des médias en période de crise, c’est d’abord de pouvoir communiquer de manière responsable, de garder une ligne éthique dans la diffusion de l’information et de sensibiliser la communauté ainsi que l’espace international sur ce qui se passe réellement afin d’éviter la désinformation et la manipulation du grand public», a-t-elle déclaré. L’experte a également mis en avant les initiatives visant à renforcer la contribution des médias à la promotion de la paix et de la cohésion sociale. Selon elle, le forum en cours constitue un cadre de concertation permettant aux professionnels des médias d’échanger sur les attitudes et approches à adopter face aux nouvelles formes de conflits informationnels. Mme Lehbi a par ailleurs présenté les actions menées par le ministère chargé de la Réconciliation nationale pour favoriser une communication responsable. Elle a indiqué que les projets de relèvement et les actions de réconciliation accordent une place centrale aux acteurs locaux. Dans ce cadre, des équipes régionales d’appui à la réconciliation ont été mises en place dans les différentes régions. Composées de membres de la société civile, elles regroupent notamment des jeunes, des femmes, des leaders communautaires ainsi que des acteurs de la communication et des médias. Le rôle des médias dans la prévention des conflits, la lutte contre la désinformation et la promotion de la cohésion sociale figure parmi les thèmes abordés lors des réflexions en cours sur les défis informationnels contemporains. Les échanges portent notamment sur l’adaptation des pratiques médiatiques face aux nouvelles formes de guerre hybride et aux risques de manipulation de l’information. OS/CMT (AMAP)
FOPAME : Repenser le rôle des médias d’État, réécrire les fondements du journalisme

Bamako, 4 juin (AMAP) Le journaliste et expert des médias Martin Faye a plaidé, mercredi à Bamako, pour une transformation profonde du paysage médiatique africain, invitant les médias publics à devenir des acteurs de la refondation des États et appelant à une relecture africaine des grands textes fondateurs du journalisme, notamment la Déclaration de Munich de 1971, en marge de la cérémonie d’ouverture de la 1ère édition du Forum panafricain des Médias (FOPAME) au CICB de Bamako, a constaté l’AMAP. Sa leçon inaugurale du Forum panafricain des Médias (FOPAME) a été consacré, mercredi, à la souveraineté informationnelle à l’ère du numérique. Au cours de laquelle, Martin Faye a soutenu que les médias du continent ne peuvent plus se limiter à un rôle de diffusion de l’information, mais doivent contribuer à la construction des sociétés africaines dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, politiques et informationnels. Prenant l’exemple du Mali, il est revenu sur une déclaration du ministre malien de la Communication affirmant que «la refondation du Mali commence par l’ORTM», une formule qu’il estime insuffisamment exploitée par les rédactions nationales. «Cette petite phrase choc est ce qu’il y avait à retenir. Elle fut ignorée. Pas un titre. Pas un papier pour expliquer, contextualiser et approfondir», a-t-il regretté devant les participants. Selon lui, cette affirmation traduit une nouvelle vision du média public, appelé à devenir «le socle symbolique et pédagogique de la transition» plutôt qu’un simple relais institutionnel. Martin Faye a ainsi préconisé une «refondation éditoriale» fondée sur le journalisme explicatif, permettant de rendre accessibles aux populations les grandes réformes en cours. «Au lieu de simplement lire des communiqués, l’ORTM doit décoder les réformes en langues nationales afin qu’elles soient appropriées par chaque Malien», a-t-il déclaré. Il a également invité les médias publics à investir pleinement les plateformes numériques fréquentées par les jeunes générations. «Si la refondation commence par l’ORTM, elle doit toucher la jeunesse qui ne regarde plus forcément la télévision classique», a-t-il souligné. Estimant que les contenus des médias d’État doivent être adaptés aux formats courts diffusés sur TikTok, Facebook ou WhatsApp afin de lutter plus efficacement contre la désinformation. Au-delà de la transformation des médias publics, l’intervenant a défendu le concept de «souveraineté narrative», qu’il définit comme la capacité des sociétés africaines à raconter elles-mêmes leur histoire et à puiser dans leurs références culturelles pour construire leur avenir. Évoquant l’histoire de l’Empire du Mali, il a appelé les médias à valoriser les mécanismes traditionnels de gouvernance, de médiation sociale et de cohésion nationale. «Les clés de notre unité nationale ne sont pas dans les manuels de droit constitutionnel, mais dans notre propre code génétique politique», a-t-il affirmé. Dans la dernière partie de son intervention, Martin Faye a invité les professionnels des médias à engager une réflexion sur l’actualisation des principes du journalisme à l’aune des réalités africaines contemporaines. S’appuyant sur la Déclaration de Munich, texte de référence définissant les droits et devoirs des journalistes, il a estimé qu’une adaptation était devenue nécessaire face aux nouveaux défis liés à la manipulation de l’information, aux algorithmes et à la dépendance technologique. «La Déclaration de Munich nous dit que le journaliste a le devoir de respecter la vérité. Nous ajoutons que, dans nos contextes, il a le devoir de protéger la vérité», a-t-il déclaré. Selon lui, la liberté de la presse ne peut être pleinement garantie sans souveraineté informationnelle. « Il ne peut y avoir de liberté de la presse si nos récits sont hébergés sur des serveurs qui ne nous appartiennent pas et si nos esprits sont colonisés par des schémas de pensée qui ignorent nos réalités socioculturelles », a-t-il soutenu. Appelant les participants à faire du Forum de Bamako un point de départ pour une nouvelle dynamique de coopération entre médias africains, Martin Faye a plaidé pour le développement d’infrastructures numériques propres au continent et pour la création d’outils médiatiques régionaux capables de renforcer l’autonomie informationnelle africaine. «Le panafricanisme des discours a assez duré. Passons au panafricanisme des serveurs et des rédactions», a-t-il lancé. KD/CMT (AMAP)
Lutte contre le trafic de stupéfiants au Mali : Saisie et incinération record de plus de 161 tonnes de drogues à Dio-Gare

Bamako, 4 juin 2026 (AMAP)– L’Office central de stupéfiants (OCS) a procédé ce jeudi à l’incinération historique de 161 tonnes et 227 kilogrammes de produits prohibés dans la commune de Dio-Gare, a cobstaté l’AMAP. Estimée à plusieurs dizaines de milliards de FCFA, cette saisie record, la plus importante depuis la création de l’OCS en 2010, est le fruit de six mois d’opérations menées par les antennes de Bamako (Rive Droite, Rive Gauche) et la Cellule aéroportuaire anti-trafic (CAAT). Le stock détruit comprenait notamment 5 kg de cocaïne, plus de 61 tonnes de médicaments contrefaits, 90 tonnes de charbon de chicha, 10.256 appareils de chicha et 9 tonnes d’autres drogues et produits chimiques. L’acheminement sécurisé de cette cargaison a nécessité un convoi exceptionnel de 13 camions, escorté par les Forces de défense et de sécurité (FDS), l’OCS et la Protection civile. Cette opération de destruction publique, encadrée par l’article 136 de la loi sur les stupéfiants et l’Arrêté de mars 2021, s’est déroulée en présence des autorités municipales, scientifiques et de la société civile. Pour le Directeur général adjoint de l’OCS, le Contrôleur général de Police Bassirou Bamba, cette action répond à un souci de transparence envers l’opinion publique tout en visant à préserver la santé des populations. En y associant les médias et la société civile, l’office entend en faire un levier de sensibilisation majeur pour susciter un changement de comportement au sein de la communauté. Cette démonstration de force intervient à un moment critique où le trafic et la culture locale du cannabis touchent de plein fouet la jeunesse malienne. Les statistiques de l’OCS révèlent en effet une réalité alarmante : les jeunes de 15 à 45 ans représentent désormais 80% des trafiquants au Mali, tandis que 78% des personnes interpellées par les services de sécurité sont de jeunes consommateurs. Avant la mise à feu, un protocole de vérification scientifique a été mené en direct par le responsable du laboratoire national de l’OCS, le Colonel sapeur-pompier Sékou Dramé. À l’aide de kits de détection de pointe, les tests ont confirmé l’authenticité de la cocaïne saisie. L’expert a également alerté sur la dangerosité extrême du charbon de chicha, qui constitue la majeure partie du stock brûlé. Lors de sa combustion, ce produit dégage du monoxyde de carbone (CO), un gaz hautement toxique qui bloque le système respiratoire humain en remplaçant l’oxygène, un effet nocif que la vaporisation ne peut en aucun cas empêcher. L’initiative a été fortement saluée par le maire de Dio-Gare, Daouda Kané, qui a souligné que la municipalité et sa jeunesse se devaient de soutenir un tel engagement de l’État afin de préserver les jeunes des ravages de la drogue. Enfin, pour le président du réseau «Mali sans drogue», Sidy Mohamed Samaké, cette destruction massive et transparente permet de faire taire les rumeurs et doutes de l’opinion publique. Tout en mesurant le danger sanitaire majeur qui a été écarté grâce à l’intervention de l’OCS, il invite la population à redoubler de vigilance et à accompagner activement les efforts de l’office. SS/CMT (AMAP)
Mali : le gouvernement met des primes sur la tête de terroristes recherchés

Bamako, 4 juin 2026 (Agence) Le gouvernement malien a annoncé, jeudi, l’octroi de récompenses financières à toute personne fournissant des informations jugées fiables et exploitables permettant l’arrestation ou la neutralisation d’individus recherchés pour leur implication présumée dans des actes terroristes, a appris l’AMAP. Dans un communiqué signé par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de Division Daoud Aly Mohammedine, les autorités précisent que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et de la préservation de la sécurité nationale. Parmi les personnes citées figure Iyad Ag Ghaly, pour lequel une récompense de 2 milliards de FCFA est annoncée. Le communiqué mentionne également Amadou Kouffa (Hamadoun Hassan Sangaré / Barry alias Amadou Kouffa alias Môbbô), avec une récompense fixée à 1,5 milliard de FCFA. Sont également concernés Abdoulaye Mamoudou Bakaye Diallo (alias Jouleybib de Nampala alias Sidi), pour lequel 1,5 milliard de FCFA sont annoncés, ainsi que Alghabass Ag Intalla, dont la récompense s’élève à un milliard de FCFA. Le document cite aussi Sedane Ag Hita (alias Outhman Al Ansari / Abdel Hakim Al Kidali / Al Qayrawani), avec une récompense de 500 millions de FCFA, ainsi que Bilal Ag Acherif, également concerné par une prime de 500 millions de FCFA. Enfin, Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi est cité avec une récompense de 500 millions de FCFA. Le gouvernement appelle les populations à faire preuve de vigilance et à collaborer avec les Forces armées et de sécurité en transmettant tout renseignement susceptible de contribuer à la localisation des suspects activement recherchés pour des attaques ayant porté atteinte à la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national. Le gouvernement précise que ces mesures s’inscrivent dans le cadre du renforcement de la lutte contre le terrorisme et de la protection de la sécurité nationale. KD/CMT (AMAP)
Médias : l’Afrique appelée à accélérer sa transformation audiovisuelle pour renforcer sa souveraineté informationnelle

Bamako, 4 juin (AMAP) Le développement de nouveaux formats audiovisuels, l’adoption de narratifs centrés sur les réalités africaines et le renforcement des capacités de vérification de l’information constituent des leviers essentiels pour construire une souveraineté informationnelle africaine, a déclaré jeudi à Bamako la professeure de journalisme audiovisuel à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) de Rabat, Dr Manal El Akhdari. Intervenant lors du sous-thème consacré au « Journalisme audiovisuel africain face aux défis actuels : nouveaux formats et narratifs », dans le cadre du panel sur la guerre informationnelle et la construction d’une narration africaine souveraine, l’universitaire marocaine a souligné que le paysage médiatique africain connaît une profonde mutation sous l’effet de la montée en puissance des plateformes numériques. S’appuyant sur les conclusions du rapport « Digital 2025 » du Reuters Institute for the Study of Journalism, elle a indiqué que les algorithmes des grandes plateformes privilégient désormais les contenus vidéo courts, transformant les modes de production et de diffusion de l’information. « Nous ne pouvons pas parler de la fin des médias audiovisuels traditionnels, mais plutôt d’une hybridation des modèles », a-t-elle affirmé. Selon elle, cette évolution se traduit par l’essor des vidéos verticales courtes, des podcasts vidéo, des web-reportages, des interviews express et du direct en ligne, dans un environnement marqué par une logique croissante de production multimédia, cross-média et transmédia. Dr El Akhdari a également relevé que l’usage des médias numériques progresse continuellement sur le continent, tandis que la télévision demeure le média le plus consommé dans de nombreux pays africains. Elle a toutefois observé des différences selon les contextes nationaux, citant notamment la prédominance de la télévision au Maroc et celle de la radio au Mali. L’intervenante a estimé que l’Afrique poursuit sa transition vers une plus grande autonomie médiatique après des décennies marquées par une dépendance technologique, économique et en matière de savoir-faire. Cette évolution, a-t-elle expliqué, favorise l’émergence de contenus davantage ancrés dans les réalités africaines. Elle a souligné que la bataille des récits africains constitue désormais un enjeu économique, stratégique et géopolitique majeur. À cet égard, elle a rappelé plusieurs conclusions du sommet « Shaping the Future of African Media », tenu à Accra en avril 2026, notamment la nécessité pour les médias africains d’accélérer leur transformation numérique, de développer des modèles économiques viables et de généraliser les outils de fact-checking. La vérification des images, des vidéos, des données et des contenus générés par l’intelligence artificielle représente, selon elle, un défi croissant pour les professionnels de l’information. Elle a également évoqué l’intérêt de développer des infrastructures africaines de données afin de renforcer l’autonomie du continent dans la production et l’exploitation de l’information. Pour la spécialiste marocaine, les nouveaux narratifs africains doivent davantage mettre en lumière les capacités d’innovation du continent, les initiatives portées par la jeunesse, les solutions africaines aux défis africains ainsi que la richesse des langues, cultures et patrimoines du continent. Évoquant l’expérience du Maroc, elle a indiqué que la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) a multiplié les partenariats avec plusieurs institutions homologues africaines dans le cadre du renforcement de la coopération continentale. Elle a également rappelé les différentes étapes de la transformation du secteur audiovisuel marocain, marquées notamment par la libéralisation progressive du paysage médiatique et la diversification de l’offre audiovisuelle. Selon Dr El Akhdari, le journalisme audiovisuel africain est aujourd’hui engagé dans une double transformation, celle des formats et celle des narratifs. « L’avenir du journalisme audiovisuel africain réside dans sa capacité à raconter l’Afrique avec ses propres voix, ses propres expériences et ses propres imaginaires », a-t-elle déclaré. OS/KM (AMAP)
Bandiagara : le parquet lance un appel à témoins après quatre assassinats enregistrés en un peu plus d’un mois

Bamako, 4 juin (AMAP)– Le Procureur de la République près le Tribunal d’instance de Bandiagara a lancé mardi un appel public à témoins à la suite de quatre assassinats commis entre le 24 avril et le 31 mai 2026 dans plusieurs localités du cercle de Bandiagara, a appris l’AMAP des sources judiciaires. Dans un communiqué de presse, le parquet indique que le premier cas concerne le chef du village de Dourou, Moussa Sagara, tué le 24 avril aux environs de 18 heures par des hommes armés non identifiés. Selon les autorités judiciaires, la victime a été abattue à son retour de la foire hebdomadaire sur l’axe reliant Bandiagara à Dourou. Le deuxième homicide a été enregistré dans la nuit du 28 au 29 avril à Irrigili, dans la Commune rurale de Kendié. Ousmane Nantoume, cultivateur, a été tué à son domicile par des individus armés qui l’auraient surpris dans son sommeil avant d’ouvrir le feu sur lui. Le parquet rapporte également que Habib Yalcoué, premier adjoint au maire de Kendié et conseiller au Centre d’animation pédagogique (CAP) de Bandiagara, a été assassiné le 30 mai vers 20 heures à son domicile par un homme armé non identifié. Le quatrième cas concerne Issi Aka Tapily, conseiller du chef de village de Banguel Toupé, tué le 31 mai aux environs de 20 heures devant son domicile par des individus armés non identifiés. Face à cette série d’assassinats, le Procureur de la République a annoncé l’ouverture d’enquêtes visant à «identifier, interpeller et traduire devant les autorités judiciaires compétentes les auteurs, co-auteurs et complices» de ces crimes. Dans un appel public à témoins daté du mardi 2 juin, le magistrat invite toute personne disposant d’informations utiles à l’enquête à se présenter au cabinet du Procureur de la République ou à la Brigade territoriale de la gendarmerie de Bandiagara. Les témoins pourront également fournir des renseignements sous couvert de l’anonymat ou contacter les enquêteurs via les numéros mis à disposition par les autorités judiciaires. Le Procureur de la République, Mamadou Bema Konaté, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et assuré que «toutes les diligences nécessaires seront accomplies» afin de faire toute la lumière sur ces affaires. KD/CMT (AMAP)
Guerre informationnelle en Afrique : l’auto-régulation comme levier d’une information de qualité

BAMAKO, 4 juin (AMAP)– L’appropriation des codes de déontologie par les journalistes, la recherche d’un consensus autour des organes d’auto-régulation et le renforcement de la coopération avec les régulateurs officiels constituent des conditions essentielles pour produire une information de qualité en Afrique, a estimé jeudi à Bamako Seydou Sissouma, membre du Collège de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a constaté l’AMAP. Intervenant lors du sous-thème consacré à «l’Autorégulation et la co-régulation, une solution pour une information responsable», dans le cadre du panel sur la guerre informationnelle et la construction d’une narration africaine souveraine, M. Sissouma a rappelé que le journalisme repose à la fois sur la maîtrise des normes professionnelles et sur le respect de l’éthique et de la déontologie. Selon lui, l’auto-régulation ne peut être efficace sans une large diffusion et une réelle appropriation des codes de déontologie par les professionnels des médias. «On ne peut pas faire de l’auto-régulation avec une profession dont l’écrasante majorité ignore ce que contiennent les codes de déontologie», a-t-il déclaré. Le paneliste a également plaidé pour un consensus fort autour des organes d’auto-régulation afin qu’ils soient reconnus par l’ensemble de la profession. Il a qualifié l’auto-régulation de «police par les pairs», estimant que l’évaluation professionnelle exercée par les journalistes eux-mêmes possède une forte valeur morale et contribue à améliorer les pratiques du secteur. Pour illustrer son propos, il a cité l’expérience de l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie (OLPED) de Côte d’Ivoire, créé en 1995 dans un contexte de fortes tensions politiques. Selon lui, cet organisme a progressivement acquis une crédibilité qui en a fait un outil de référence pour l’évaluation du respect de l’éthique dans les médias ivoiriens et au-delà. M. Sissouma a également évoqué le Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie (CORED) du Sénégal, qu’il a présenté comme un exemple d’organe ayant gagné la confiance des professionnels et du public au point de devenir un acteur majeur de la régulation du secteur médiatique. Abordant la question de la co-régulation, il a estimé qu’une collaboration entre régulateurs officiels et organes d’auto-régulation pouvait être envisagée lorsque ces derniers disposent d’une légitimité suffisante. Il a cité plusieurs mécanismes déjà appliqués dans certains pays africains, notamment en Guinée, au Togo et au Sénégal, où les décisions ou interventions des organes d’auto-régulation sont prises en compte par les autorités de régulation. Le membre du Collège de la HAC a enfin proposé l’organisation d’une rencontre réunissant régulateurs officiels et organes d’auto-régulation afin d’identifier les domaines de coopération possibles et de renforcer les mécanismes de gouvernance du secteur des médias. Cette intervention s’inscrit dans les travaux du panel consacré à «Guerre informationnelle : construire une narration africaine souveraine», organisé lors de la deuxième journée du forum. Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer la qualité de l’information produite en Afrique dans un contexte marqué par la multiplication des défis informationnels et la nécessité pour les médias du continent de consolider leur crédibilité et leur indépendance professionnelle. OS/CMT (AMAP)

