Bamako, 31 juillet (AMAP) En marge des travaux de la 4ème édition de la Semaine du Numérique, l’Agence Nationale de Presse du Mali a rencontré M. Mohamed Touré, cofondateur de Senefamou, ingénieur en réseaux de télécommunication et développeur mobile, qui s’exprime sur leurs travaux en matière d’innovation dans le secteur de l’Agriculture.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Qu’est-ce que Senefamou ?

Mohamed Touré : C’est une application mobile qui aide les agriculteurs maliens à mieux cultiver grâce à des conseils agronomiques, un suivi agricole, un agenda, des prévisions météo sur cinq jours et une prévention contre les maladies et ravageurs.

Nous avons aussi intégré une gamification pour apprendre en s’amusant, ainsi qu’une IA qui traduit les textes en vocal Bambara, car plus de 60 % des agriculteurs ne savent ni lire ni écrire. Les propriétaires de machines agricoles et de terrains peuvent également louer leurs biens sur la plateforme.

Nos cibles principales sont les agriculteurs familiaux, les coopératives et les petits producteurs. Les cibles secondaires sont les propriétaires de machines, de terrains et les experts agricoles.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Comment voyez-vous l’évolution du numérique au Mali ?

Mohamed Touré : La dynamique est positive. La Semaine Numérique, actuellement à sa 4ᵉ édition, joue un rôle important. J’espère qu’elle se poursuivra pour permettre aux acteurs du numérique de proposer des solutions innovantes aux grands défis du pays.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quels problèmes les solutions numériques peuvent-elles résoudre au Mali ?

Mohamed Touré : Beaucoup. Lors de la crise du carburant, par exemple, une startup a transformé des déchets plastiques en essence, gasoil et kérosène. Les solutions numériques peuvent aussi intervenir dans l’électricité, la santé et bien d’autres domaines.

L’Agence Nationale de Presse du Mali :  Quels sont vos principaux défis ?

Mohamed Touré : Le financement reste le problème majeur.  Nous avons besoin de soutiens de l’État et de fonds d’investissement pour développer nos solutions agricoles. Avec des moyens financiers, les autres obstacles (matériel, etc.) peuvent être surmontés. Les ressources humaines ne constituent pas un frein majeur.

L’Agence Nationale de Presse du Mali : Quel rôle les startups peuvent-elles jouer dans le développement du Mali ?

Mohamed Touré : Il s’agit de proposer des solutions concrètes et innovantes. Dans l’agriculture, par exemple, nous répondons à l’exclusion numérique et au manque d’accès à la mécanisation.

 

Les infrastructures actuelles suffisent-elles au développement des startups ?

Mohamed Touré : Pas encore. Contrairement à la Silicon Valley, où toutes les conditions sont réunies pour innover rapidement, le Mali a encore beaucoup à faire. Il faut créer un environnement similaire ici.

Interview réalisée par Oumar SANKARÉ

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