Réunion du comité de défense nationale : un bilan d’étape du commandement militaire actuel

Bamako, 09 dec (AMAP) Le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, a présidé, jeudi, a huis clos. dans la salle des Banquets du Palais de Koulouba, la session du comité de défense nationale, pour faire un bilan d’étape après deux années d’exercice du commandement militaire actuel, a constaté l’AMAP. Ce cadre d’échanges entre le chef suprême des Armées et les chefs militaires a été élargi au gouvernement dont le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, et plusieurs ministres. Dans son discours, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, a  reconnu que la situation sécuritaire du Mali n’est pas totalement satisfaisante. « Nous savons que le défi à relever est immense. Nous savons que le chemin est long et pourtant, nous sommes optimistes et nous gardons espoir et foi en l’avenir car, nous voyons les notables progrès réalisés par nos Forces de défense et de sécurité  pendant les deux dernières années », a dit le colonel Sadio Camara. Selon lui, depuis l’investiture du colonel Assimi Goïta le 7 juin 2021, il a fixé comme priorité absolue, la sécurisation du territoire national partant du constat simple qu’il ne saurait y avoir de développement sans sécurité. Sadio Camara a estimé que c’est la raison pour laquelle, le premier axe du Plan d’action du gouvernement porte sur l’amélioration  de la sécurité. « Afin de rendre possible  la montée en puissance de notre outil de défense, le chef suprême des Armées a estimé que la politique et la stratégie générale qui guidaient notre action avaient échoué », a poursuivi le ministre Camara. Le chef de l’Etat a donc « tiré des leçons en réorientant notre coopération vers des partenaires plus fiables et  plus sincères, dans un esprit gagnant-gagnant, permettant de défendre au mieux, les intérêts vitaux du Mali. » C’est ainsi que des équipements sophistiqués, notamment des avions de combat, des radars, des matériels roulants, des armements et des munitions ont été acquis. « Ces investissements ont permis aux Forces  de défense et de séurité  maliennes d’obtenir des résultats positifs malgré les contraintes et l’action néfaste de certaines puissances extrarégionales prêtes à tout pour nous isoler et exacerber les tensions avec certaines organisations de la région qu’elles instrumentalisent/ ». NOUVELLE POSTURE OPERATIONNELLE – Pour sa part, le chef d’état-major général des Armées, le général Oumar Diarra, a dit qu’en septembre 2020, lorsque la hiérarchie militaire arrivait aux commandes des Forces armées maliennes (FAMa), la situation du pays était difficile, avec un environnement complexe, ambigu et volatile. Selon, le général Diarra, « le peuple malien commençait à douter de l’avenir ». « Pour émerger de cette situation complexe et relancer les FAMa, il fallait recadrer, réorienter et redynamiser nos actions pour plus d’efficacité, de réactivité et d’harmonisation », a-t-il ajouté. Le général Diarra a indiqué que l’état-major général des Armées a édicté des directives initiales de commandement en janvier 2021 après trois d’observations, pour guider et orienter ses actions et celles des états-majors et directions de services. La finalité étant de disposer des FAMa assurant en autonomie, la défense souveraine du territoire national et promouvant les intérêts fondamentaux du pays. Et dans ans la même veine, trois axes d’efforts ont été définis notamment la conduite des opérations avec le plan Maliko qui est une approche globale en réponse à la crise multidimensionnelle, l’opération Kèlètigui pour rechercher et détruire les sanctuaires terroristes, le concept Tilékoura élaboré pour la sécurisation des échéances électorales  et d’autres en réponse à l’extension du terrorisme vers les zones Sud et au banditisme. Dans son discours de clôture, le président de la Transition a salué les chefs militaires pour la nouvelle posture opérationnelle qu’ils ont adoptée et dont les résultats sont tangibles sur le terrain. Selon le colonel Assimi Goïta, « d’août 2020 à nos jours, la dynamique opérationnelle a significativement changé eu égard au renforcement et à l’équipement des Forces en moyens de combat terrestres, aériens et aéromobiles. » « Malgré ces efforts louables, nous notons au même moment, une réadaptation de la stratégie des groupes armés terroristes que nous devons intégrer dans nos réponses », a souligné le chef suprême des Armées. Le chef de l’Etat a promis que cette rencontre « sera instituée afin d’établir un cadre d’échanges entre le président et les Forces de défense et de sécurité et de faire régulièrement le point des acquis, d’en tirer les leçons pour les perspectives. » Cette rencontre qui s’est déroulée a huis clos a été marquée par les présentations des chefs d’états-majors et directeurs de services. « Ce que nous avons entendu aujourd’hui nous permet de voir l’avenir avec confiance tout en restant réaliste sur la nature des menaces et des défis à surmonter », a déclaré à la presse le colonel Sadio Camara, à l’issue de la rencontre. DD/MD (AMAP)  

La 13è édition des Rencontres de la photographie s’ouvre aujourd’hui à Bamako

Bamako, 08 dec (AMAP) La 13è édition des Rencontres de Bamako-Biennale africaine de la photographie, s’ouvre, ce jeudi, au Musée national du Mali et se déroulera du 8 décembre au 8 février 2023 sous le thème : «Maa ka Maaya ka ca a yèrè kono», tirée d’une citation de Amadou Hampaté Ba. Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a effectué une visite de terrain, mardi dernier, sur le site pour s’assurer des derniers réglages. L’événement est placé sous la présidence du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Le ministre Guindo a bien apprécié le niveau d’organisation et réitéré l’engagement des autorités pour la réussite de la manifestation culturelle. L’édition de cette année se tient dans un contexte de résilience, marqué par les multiples crises que le Mali connaît depuis plusieurs années. Selon le délégué général des Rencontres de Bamako, Cheick Diallo, près de 30 000 visiteurs, 50 journalistes, 200 professionnels sont attendus dans la capitale malienne. En outre, 75 autres personnalités du monde de l’art sont également invitées à prendre part à la semaine professionnelle. L’exposition panafricaine sera accueillie par le Musée national. Mais d’autres sites sont retenus, notamment la Maison africaine de la photographie, le Conservatoire des arts et multimédias Balla Fasseké Kouyaté, l’Institut français du Mali (IFM) et le Mémorial Modibo Keïta, le Musée du District de Bamako et le lycée Ba Aminata Diallo. La particularité de cette édition est la grande participation des femmes photographes. Plusieurs d’entre elles figurent sur la liste de l’exposition  panafricaine. Les Rencontres de Bamako ont été lancées en 1994. Elles sont organisées  tous les deux ans à Bamako par le ministère en charge de la Culture avec le soutien de l’IFM et d’autres partenaires techniques et financiers. Rendez vous est donc pris ce matin au Musée national pour le lancement officiel de ce grand rendez-vous culturel. AS/MD (AMAP)

Industrie : les populations de Sikasso (Sud)  réclament la relance de l’usine de thé

Par Fousseyni DIABATE  Sikasso, 08 dec (AMAP) Le thé Farako était une merveille de la Région de Sikasso, dans le Sud du Mali. Située à 25 km de la capitale du Kénédougou, la ferme agroindustrielle de Farako (Commune rurale de Finkolo) est un vestige de l’ex-Opération thé Sikasso (OTS). Elle comprend une ferme agricole de 402 ha de terre dont 80 sont exploités, et une unité industrielle de transformation des feuilles de thé fraîches en thé vert pour le marché national. Les 80 ha mis en valeur sont repartis en quatre blocs de parcelles de théiers. L’exploitation de cette ferme est faite grâce à la synergie d’actions de deux volets : un volet agricole pour la production de la matière première que constituent les feuilles fraîches de thé et un volet industriel, chargé de la transformation de ces feuilles. La ferme agroindustrielle de Farako comptait 340 emplois pour les volets agricole et industriel. Tous les emplois du volet industriel étaient permanents tandis que le volet agricole n’en comptait que cinq. L’usine de production est en arrêt depuis une vingtaine d’années. Qu’en pensent les Sikassois ? Notre équipe de reportage a approché les services techniques et plusieurs citoyens de la Cité verte. Dans le cadre de la politique de substitution des produits locaux aux importations, la culture du thé a été introduite au Mali dans les années 1970 avec l’appui de la République populaire de Chine. Au démarrage des activités à la ferme de Farako, la production, encourageante est passée de 45,5 tonnes en 1974 à 115 tonnes en 1977. Dès lors, elle a enregistré des évolutions en dents de scie. Cette situation a amené le gouvernement à signer deux contrats de location gérance avec le partenaire chinois. Le premier, scellé en 1987, permit d’atteindre des résultats satisfaisants. La production de thé a atteint 127 tonnes en 1990 pour un chiffre d’affaires de 107 millions de Fcfa. Et le second a pris fin en décembre 2004, selon la direction régionale des industries. C’est à partir de ces instants que l’usine de thé Farako a entamé une descente aux enfers avec une chute drastique de la production. Depuis, les populations de Sikasso ne cessent de réclamer la relance de cette merveille. Lassine Traoré, commerçant de la place, se dit «profondément déçu» par la fermeture de cette usine qui faisant la fierté de la 3è région et même du Mali tout entier. «Lorsque je me rendais à Bamako, tous mes amis me réclamaient le thé 4011 de Sikasso en tige ou en sachets», se souvient-il. Selon le directeur régional des industries de Sikasso, Djicoura Mariko, l’Etat a entamé les procédures de relance de cette usine depuis belle lurette. En effet, dans le cadre de la relance des activités de la ferme agroindustrielle de Farako, le Mali a procédé, le 19 mai 2005, à la signature d’une nouvelle convention de location gérance avec la Société générale des thés du Mali (SOGETM), promue par Souleymane Koné. Cette nouvelle convention a été établie sur la base d’un programme d’investissement de 410, 5 millions Fcfa pour une durée de 10 ans. DIFFICILE FRELANCE – En avril 2015, une mission interdépartementale s’est rendue sur le terrain en vue d’étudier l’exécution du projet de relance des activités de la ferme agricole de Farako.  Le point d’exécution de ce projet se résume à l’élaboration, en cours, des termes de la convention qui liera la société chinoise CGCOC Groupe à l’Etat du Mali. Jusque-là, aucun signe de relance n’est perceptible sur le terrain. La dégradation de la ferme de thé se poursuit. La direction régionale des industries a accompagné le ministre du Développement industriel d’alors et sa délégation dans une mission de terrain effectuée du 15 au 18 septembre 2017 à Sikasso. Au regard de l’importance du rôle jadis joué par l’Usine de thé Farako (UTF) dans le développement socio- économique du Mali, le ministre avait placé cette unité au cœur de sa visite dans l’optique de mieux cerner les problèmes de sa relance. Sur place, il avait pu constater la dégradation progressive des équipements. Après s’être entretenu avec le personnel, le ministre est revenu à Sikasso où il a eu des échanges avec l’ensemble des parties prenantes (autorités administratives et politiques, structures techniques etc…) réunies pour la circonstance au gouvernorat. Au terme de ces rencontres, le ministre avait instruit aux services compétents la sécurisation d’urgence de la ferme, selon les techniciens régionaux. Il s’agissait de procéder à l’immatriculation dans le schéma d’urbanisation et de commettre un géomètre pour faire l’état des lieux. Malgré ces démarches qui datent de plusieurs années, l’UTF demeure fermée au grand dam des populations et des anciens travailleurs de cette industrie. La ferme agro-industrielle de Farako constitue une fierté nationale du fait que le Mali reste l’un des rares pays, voire le seul, à en posséder dans la sous-région ouest-africaine. Il importe de rappeler également que la Région de Sikasso dispose d’autres sites propices à la culture du thé dont la mise en valeur contribuerait considérablement à la croissance économique de notre pays. Il s’agit notamment des plaines de Lobougoula, Loutana et Kléla. C’est dire que les potentialités du Kénédougou, en matière de thé, constituent un atout majeur pour développer la production nationale afin d’en tirer un avantage comparatif dans l’espace sous-régional. Les commerçants et les consommateurs ne cessent de réclamer à l’Etat la réouverture de cette merveille qui minimisera les importations de thé. Les habitants des villages environnants de Farako et de la Cité verte sont dans l’attente permanente de la relance de cette usine de production de thé et fondent beaucoup d’espoir sur les autorités de la Transition. FD/MD (AMAP)  

Marché agricole : Les céréales sèches baissent, le riz monte

Par Makan SISSOKO Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 08 dec (AMAP) En cette matinée du lundi 05 décembre 2022, l’ambiance est encore un peu timide au lieu communément appelé «Niono place». Ici, des tonnes de céréales (mil, riz, maïs, sorgho etc.) atterrissent en provenance des différents bassins de production du Mali. Chaque jour, des hommes musclés déchargent des dizaines de camions de céréales, sous l’œil vigilant des commerçants. Assis devant son magasin, Boureïma Boiré, un commerçant grossiste de riz, fixe du regard les dockers qui déchargent du riz local dénommé «Gambiaka ». Cette variété provient essentiellement des Régions de Ségou et de Mopti (Centre) où les récoltes sont en cours. D’habitude, la période des moissons impacte les prix sur les marchés de Bamako. Mais cette année, la réalité est tout autre : contrairement aux années précédentes, à la même période, le prix du riz n’a pas baissé. Explication ? «Les nouvelles récoltes arrivaient sur le marché pendant que les magasins étaient encore pleins de riz. Ce n’est pas le cas cette année», affirme Boiré. Il souligne aussi la faible production de riz due à l’insuffisance d’engrais mis à la disposition des paysans. «Certains sont tellement déçus qu’ils ont décidé de ne pas vendre la petite quantité qu’ils ont récoltée», confie le septuagénaire. Son collègue, Ousmane Sinkoro, renchérit : «Certains producteurs qui obtenaient 70 à 80 sacs par hectare n’ont récolté que 30 à 15 sacs». Les deux commerçants ont bon espoir que les prix baisseront courant décembre, parce que les nouvelles récoltes de mil, sorgho et maïs commencent à inonder le marché. En attendant, le sac de 50 kg de riz gambiaka est cédé entre 23 000 et 24 000 Fcfa, selon différentes qualités. Derrière la Grande mosquée de Bamako, Boureïma Coulibaly vend des céréales. Il soutient qu’avec l’arrivée des nouvelles productions de céréales sur le marché, les prix commencent à baisser. « Avant, le sac de 50 kg du mil pilé se vendait à 25 000 Fcfa. Aujourd’hui, le sac de 50 kg du mil pilé est cédé entre 19 000 à 20 000 Fcfa. Le kg du maïs pilé est vendu 350 Fcfa et à 17 500 Fcfa pour le sac de 50 kg. Quant au sorgho, la même quantité est cédé à 15 000 Fcfa», détaille-t-il. Installé devant son magasin rempli de céréales, Moussa Kanté confirme également que les nouveaux produits céréaliers commencent à arriver sur le marché à un prix légèrement abordable. «Visiblement cette année, la campagne agricole a bien marché contrairement à ces deux dernières années où l’insécurité a fortement impacté les cultures dans plusieurs zones de productions », dit le commerçant. Il révèle que les prix des denrées comme le mil, le maïs et le sorgho sont abordables, contrairement au riz qui reste toujours un peu en hausse. Dans son magasin, le mil est vendu à 400 Fcfa le kilo et le prix du sac de 50 kilos varie entre 20 000 Fcfa à 25 000 Fcfa. Ce commerçant qui évolue dans le commerce des céréales depuis plus de trente ans, explique que cette année, le prix du riz local n’a pas connu trop de changement. « Les producteurs de la zone de Niono n’ont pas fait beaucoup de rendement cette année. Raison pour lesquelles, les producteurs ont augmenté le prix du riz sur le marché. Sinon, en cette période de récolte, un commerçant pouvait avoir 20 à 30 tonnes de riz», révèle Moussa Kanté. Dans le magasin de Amadou Sagara, revendeur détaillant de céréales au marché de Kalabancoura, en Commune V du district de Bamako, le kg du mil est vendu 400 contre 600 Fcfa il y a quelques semaines. Le haricot dont le kg était cédé à 700 Fcfa se vend entre 400 à 450 Fcfa. Le fonio qui était vendu à 1 100 Fcfa a baissé à 800 Fcfa. Le maïs dont le kg faisait 400 Fcfa est cédé aujourd’hui à 300 Fcfa et le sac de 50 kg qui coûtait 34.000 Fcfa est actuellement entre 20.000 à 21.000 Fcfa. MS/AG/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 07 décembre 2022

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 07 décembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, président de la Transition, Chef de l’Etat. A l’ouverture de la session, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a souhaité la bienvenue au Premier ministre, Chef du Gouvernement, Monsieur Choguel Kokalla MAIGA, pour la reprise de ses fonctions après quatre mois d’absence. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a ensuite présenté au Premier ministre ses vœux de réussite et de succès dans la conduite de l’action gouvernementale tout en exhortant les membres du Gouvernement à plus de persévérance, d’abnégation, de solidarité, d’engagement et de loyauté en vue de l’atteinte des objectifs assignés à la Transition. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a salué et remercié le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour son engagement, sa loyauté et son esprit patriotique dans la conduite de l’action gouvernementale pendant la période intérimaire. Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, en retour, a remercié le Président de la Transition, Chef de l’Etat, les membres du Gouvernement et l’ensemble du peuple malien pour le soutien dont il a bénéficié pendant cette période de repos forcé. Le Chef du Gouvernement a remercié le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour la perspicacité et la loyauté avec laquelle il a dirigé le Gouvernement pendant son absence. Le ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage et de la Pêche, en sa qualité de doyen d’âge, a rendu hommage au nom de l’ensemble des membres du Gouvernement, au Président de la Transition, Chef de l’Etat pour le soutien constant et l’accompagnement à l’endroit du Premier ministre, Chef du Gouvernement. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil des Ministres a : adopté un projet de texte ; procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant classement des juridictions. Le classement des juridictions a été défini dans la carte judiciaire aux premières années de l’indépendance avec la distinction entre tribunaux de première instance et justices de paix à compétence étendue. Il est resté figé malgré la création de nouvelles Cours d’appel, de tribunaux de première instance, de tribunaux de commerce, de tribunaux administratifs, de justice de paix à compétence étendue. La Loi n°2011-038 du 15 juillet 2011 portant création de juridictions a procédé à l’érection des tribunaux de première instance en tribunaux de grande instance et des justices de paix à compétence étendues en tribunaux d’instance. La création de nouvelles juridictions impose de fixer des critères vérifiables pour leur classement afin de mieux gérer la carrière des magistrats et de prévoir une évaluation périodique en vue de tenir compte de l’évolution du contentieux. Le projet de décret adopté classe les Cours d’appel, les tribunaux de grande instance, les tribunaux de commerce, les tribunaux du travail et les tribunaux administratifs en juridictions de 1ère et 2ème classe en fonction du volume d’affaires et institue une évaluation tous les cinq ans afin de procéder aux réajustements adéquats. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS Chargé de mission: Colonel Cheick Oumar N’DIAYE. AU TITRE DU MINISTÈRE DES TRANSPORTS ET DES INFRASTRUCTURES Conseillers techniques : Monsieur Lassana Abdou KEITA, Inspecteur des Finances ; Monsieur Malick KASSE, Ingénieur des Constructions Civiles. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a cependant appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.

Revue stratégique de la MINUSMA : Jean-Pierre Lacroix recueille les attentes du chef de l’État

Bamako, 07 dec (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu, mardi, au palais de Koulouba, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, en visite de travail au Mali, a constaté l’AMAP. Cette rencontre fait suite à une séance de travail entre le diplomate onusien et le gouvernement sur la préparation de la revue stratégique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Une revue qui a été demandée par le Conseil de sécurité, a rappelé le chef des opérations de paix de l’Onu. Selon Jean-Pierre Lacroix, cette rencontre avec le chef de l’État a porté « sur la manière dont les Nations unies pourraient continuer à apporter leur soutien aux efforts des Maliens dans les domaines de la transition politique, de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, qui reste une préoccupation fondamentale. » Il s’agissait également de s’assurer que les recommandations que «nous allons devoir faire au Conseil de sécurité, qui décide du mandat de la MINUSMA, soient les plus en phase avec les attentes des Maliens et de leurs autorités», a déclaré le diplomate onusien. Il a confié que le colonel Assimi Goïta a exprimé ses attentes, notamment en ce qui concerne la sécurité. Jean-Pierre Lacroix a promis qu’ils vont travailler « dans la plus totale transparence dans les semaines à venir avec les autorités maliennes » afin d’avoir l’assurance que les autorités maliennes se reconnaitront dans les objectifs et les priorités qu’ils mettront en avant. Ensuite, « il appartiendra au Conseil de sécurité de décider », a fait savoir le chef des opérations de maintien de paix de l’Onu. Selon lui, il s’agit d’aider le Mali et de s’assurer que les États membres soient en mesure de soutenir leur travail. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali, chef de la MINUSMA, El-Ghassim Wane. BD/MD (AMAP)      

Industrie textile au Mali : Un plan de relance de 6 milliards de Fcfa pour la COMATEX

Par Anne-Marie KÉITA Bamako, 07 dec (AMAP) «La Compagnie malienne des textiles (COMATEX) participe à la valorisation de la production nationale de coton fibre dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de développement industriel par la création de valeur ajoutée et des emplois». Ces propos ressortent du communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 novembre 2022, lors duquel le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, a informé le Conseil du plan de relance de la COMATEX. En effet, cette Compagnie est confrontée actuellement à des difficultés de divers ordres. Pour l’aider à sortir de cette mauvaise passe, le gouvernement a peaufiné un plan de relance qui nécessite un apport financier de l’Etat d’environ 6 milliards de Fcfa. Le Mali et son partenaire chinois ont signé, le 21 novembre 2022, un protocole d’accord pour l’installation de deux unités de filature de coton, soit trois jours avant l’adoption de ce plan de relance en Conseil des ministres du 23 novembre. Ces unités seront implantées à Bamako et à Koutiala. La réalisation de ce projet, confiée à la société chinoise «Qingdao», nécessite un investissement de 300 millions de dollars, soit environ 180 milliards de Fcfa. Dénommée Société malienne de filature (SOMAFIL), son capital est détenu à 85 % par l’Etat du Mali à travers la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et à 15 % par le partenaire chinois. L’unité de Koutiala aura une capacité de 20.000 tonnes de coton fibre par an à transformer en filet. Et celle de Bamako va, annuellement, transformer environ 25.000 tonnes de coton fibre. Ces projets affichent clairement la volonté des autorités maliennes de mettre en chantier toutes les actions pouvant rendre à notre pays sa souveraineté économique et son indépendance financière. L’objectif est d’amener le taux de transformation du coton de 2% présentement à près de 10% et la valorisation du «Made in Mali ». La création des usines de la filature est l’une des dimensions des efforts consentis par les autorités de la Transition pour redonner au Mali sa 1ère place de producteur de coton dans la sous-région. «Ces unités de production vont permettre la reprise des activités de la COMATEX qui était en récession de moins de 1,2 % en 2020», a précisé le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, lors d’une interview sur les antennes de la télévision nationale. «On a mis des actions en œuvre et cela a contribué à ramener le Mali à une production record l’année dernière de 795.000 tonnes. La suite était de transformer ce coton ici chez nous et de capter les 30 % de la valeur ajoutée qui nous échappait», a déclaré le ministre. Faut-il le rappeler, c’est en septembre dernier que le président de la Transition, dans son discours à la nation, avait annoncé la reprise en main de beaucoup de sociétés. La relance de la COMATEX s’inscrit dans ce cadre. Cette Compagnie a cessé de produire depuis plus deux ans du fait de difficultés de trésorerie et d’approvisionnement en matières premières. Les équipements de production aussi sont obsolètes. RÉGRESSION – Ses travailleurs sont ainsi venus grossir les rangs des chômeurs. Beaucoup de familles vivaient directement ou indirectement des activités de cette usine. Les travailleurs, qui triment depuis des mois, sont les premiers à percevoir une lueur d’espoir avec cette décision de relance. Cependant, elle ne dissipe pas totalement les angoisses : «Avec ce plan de l’Etat, il est fort probable que la COMATEX soit de nouveau à l’arrêt dans quelques mois», prévient un syndicaliste de la Compagnie sous le couvert de l’anonymat. Et pour cause, soutient-il, « les 6 milliards de Fcfa annoncés sont insuffisants pour payer les arriérés des travailleurs et remettre en état les machines de l’usine. » «Après le paiement des arriérés, il ne restera plus que 4 milliards de Fcfa pour l’achat du matériel. Nous supposons donc qu’ils vont acheter quelques pièces de rechange. Or, à la COMATEX, tout est vétuste. La situation est telle qu’il faut carrément changer tout le matériel pour espérer voir la Compagnie retrouver son dynamisme d’antan». Le temps jugera de la pertinence des actions envisagées par l’Etat. D’ores et déjà, l’annonce de la relance est bien accueillie par les commerçants et les consommateurs des produits textiles, comme au Grand marché de Bamako, où les vendeurs de tissus COMATEX sont impatients. «La fermeture de cette usine nous a fait assister à une régression du consommer malien. Les commerçants, sans d’autres choix, faisaient confectionner ou importaient de la sous-région les pagnes censés être faits par cette usine. A titre d’exemple, ces dernières années, on a assisté à l’importation de toutes sortes de pagnes des festivités du 08 mars», déplore Hamidou Diallo. Pour ce commerçant, cette situation est due au fait que la COMATEX ne produit plus de pagne. «Importer les pagnes n’honore ni les commerçants ni les consommateurs», se désole ce propriétaire d’une grande boutique de pagnes importés au Grand marché de Bamako. Et d’assurer que le Malien, de nature, aime le ‘Made in Mali’. «Tous les jours, les gens viennent nous réclamer les pagnes Comatex», nous dit un autre commerçant, Souleymane Coulibaly. « En fabriquant ces tissus chez nous, ce sont les Maliens qui gagnent, car tout le monde y trouve son compte d’une manière ou d’une autre. Le pays y gagne également », soutient-il. Ne comprenant pas pourquoi la COMATEX a arrêté sa production, Mme Koné Aïchata Koné dit que cette situation ne devrait pas arriver et que les autorités devraient tout mettre en œuvre pour régler ce problème. L’arrêt de cette usine a fait grossir les rangs des chômeurs. En effet, selon Moussa  Kouyaté, ancien vendeur de pagne COMATEX, cette usine a créé tellement d’emplois directs et indirects qu’il est inconcevable qu’elle ne puisse pas fonctionner. «Imaginez, de la production jusqu’à la commercialisation, la COMATEX nourrit des milliers de familles», fait-il savoir. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, 4 millions de personnes vivent directement de la filière coton. Les usines de filature qui seront installées à Bamako

Batasso, près de Bafoulabé :  L’école sous la paillotte

Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 06 dec (AMAP) N’allez pas parler aux populations du village de Karamokobougou et celles de leur hameau de culture, Batasso, du concept : « Un Village, Une Ecole », lancé au début de la dernière décennie par l’ancien président malien, Alpha Oumar Konaré. Pourquoi ? L’application de cette formule soulève, ici, des problèmes épineux qui compromettent l’éducation des enfants. Comme c’est malheureusement et généralement le cas à Bafoulabé, dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali.  Les populations ne cessent de faire le plaidoyer pour la construction d’une école moderne. A Batasso, situé à 1km de Bafouabé, les élèves étudient sous des paillottes faites de tiges de céréales. Cette école qui appartient au village de Karamokobougou, a été construite en 2001 pour promouvoir l’éducation dans les campagnes. Elle compte un effectif de 79 élèves aujourd’hui. D’après l’administration scolaire, le mode de recrutement est biennal. A défaut d’avoir de bons locaux répondant aux normes admises, les mouflets se contentent de de bivouac. Qui les expose au soleil. Or, le reflet des rayons solaires sur le cahier affecte beaucoup la vision des écoliers. Outre ces problèmes, le maître est souvent obligé d’interrompre pour chasser les serpents de la salle de classe. Le hic, c’est que les villageois sont contraints de refaire ces paillotes, à chaque rentrée scolaire et après les récoltes. D’où le retard dans le démarrage des cours dans cette localité de la 1ère région administrative du Mali. En effet, l’entretien de l’établissement scolaire de fortune est un problème crucial dans la commune de Bafoulabé qui englobe ces deux localités. L’unique école de Karamokobougou qui a été construite sur le site de Batasso risque de disparaître si la mairie et les populations ne prennent pas des dispositions pour construire une nouvelle école en dur. De sa création en 2001 à nos jours, la rentrée scolaire n’a jamais été effective dans cette localité du cercle de Bafoulabé. « Ici, les populations attendent la récolte du mil afin d’avoir des tiges pour la confection de nouveaux hangars afin que l’école rouvre ses portes pour la nouvelle année scolaire. Une situation qui pénalise les apprenants et place l’administration scolaire dans l’angoisse car dans ces conditions, il sera très difficile pour les maîtres d’épuiser leur programme, après deux à trois mois de retard », affirme Makan Coulibaly, directeur de cette école. Bakary Sacko, élève en 6ème Année, déplore le fait que le Comité de gestion scolaire (CGS) soit obligé de confectionner, chaque année, des hangars afin que les élèves puissent étudier. Il se plaint de l’état des classes « pas rassurant » puisque celles-ci n’offrent aucune commodité à ses occupants qui se contentent des rayons du soleil comme source d’éclairage. « Je ne peux même pas bien voir les écritures au tableau quand le soleil apparait. Les rayons entrent à travers le toit. Leur reflet sur les cahiers affecte nos yeux. En classe, on ne fait pas une semaine sans chasser un serpent. Après les récoltes, les animaux domestiques sont laissés à eux- mêmes. Ils viennent brouter les herbes ou les pailles servant d’enclos pour nos classes », se lamente l’écolier. En effet, l’école de Karamokobougou, à Batasso, constitue un abris pour les animaux en divagation. Des bêtes qui n’épargnent rien sur leur passage : elles détruisent par endroit les salles de classe de fortune. Ces classes servent aussi de cache pour les serpents. Face à cette situation alarmante et inquiétante, les enfants, tout comme leurs parents et proches, ne peuvent que lancer des cris du coeur, en vue d’inciter les autorités locales à agir pour le bien-être des enfants qui sont les futurs cadres de demain. Ce hameau est habité par des gens venus de Karamokobougou, dont les fondateurs viennent du Wassoulou. A Batasso, les gens s’adonnent principalement à l’agriculture. Au fil du temps, le hameau est devenu prospère, ravissant du coup la vedette à son village affilié, Karamokobougou, qu’il a tendance à l’absorber. De nos jours, on a l’impression que ces deux localités forment un même village. Surtout que Batasso compte 399 habitants. Karamokobougou, petite localité Ouassoulounké, est peuplé de 100 habitants essentiellement composés de Malinkés et de Khassonkés, d’après le Récencement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2009. Un nombre jugé insuffisant pour la construction d’une école dans le village dont les enfants parcourent 1 km tous les jours pour se rendre à l’école située au hameau (Batasso). « Pour construire 3 salles de classes et une direction, il faut réunir beaucoup de millions. Ce qui n’est pas à notre portée », confie Hawa Damba, présidente du CGS. « Pour le moment, les démarches auprès des fils du village et de la mairie restent vaines », regrette Djibril Touré, conseiller villageois. « Depuis 22 ans, jour pour jour, nous nous couchons et réveillons avec le souci d’acquérir de nouvelles salles de classe. Nous cherchons des bonnes volontés pour nous soulager», confie la présidente du C.G.S. A la demande du maire, Kandé Doucouré, la population a déposé une demande pour la construction de 3 salles de classes en 2015. Cette demande a été actualisée en 2019. Sans succès ! Au même moment, une demande similaire a été adressée aux ressortissants du village. La réponse a toujours été : « Nous vous chercherons des bonnes volontés ». BM/MD (AMAP)  

Mali-ONU : Discussions pour rendre la MINUSMA plus efficace

Bamako, 06 nov (AMAP) Le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix, Jean Pierre Lacroix, qui effectue une visite de travail de deux jours au Mali, a eu, lundi, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, une séance de travail avec la partie gouvernementale conduite par le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop Le sejour de Jean Pierre Lacroix rentre dans le cadre de la préparation du rapport du secrétaire général des Nations unies concernant la revue stratégique de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) demandée par le Conseil de sécurité Au terme de la rencontre de deux heures, le chef des opérations de paix de l’ONU a indiqué qu’il s’agit de s’assurer d’une synergie, une convergence entre les autorités maliennes et les Nations unies « afin que le moment venu, les recommandations au niveau du Conseil de sécurité soient en phase avec les objectifs des autorités maliennes. » Lacroix a dit avoir entendu une présentation du ministre Diop sur ses objectifs et priorités recouvrant largement ce que les Nations unies pensent être les siennes. «Ce qui est inscrit aujourd’hui dans le mandat de la MINUSMA est très encourageant. Je pense que nous allons continuer ensemble ce travail de manière à aboutir aux meilleurs résultats possibles», a-t-il déclaré. Pour le secrétaire général adjoint de l’ONU, les deux parties ont besoin de marcher sur deux jambes. « La première jambe, a-t-il expliqué, concerne l’appui, la bonne coordination et synergie avec le Mali. Et la deuxième jambe constitue le soutien des États membres qui décident de l’avenir de la MINUSMA, notamment les membres du Conseil de sécurité, les États contributeurs financiers, les États contributeurs de troupes. » «Il faut que nous travaillions ensemble pour que les deux jambes soient fortes, musclées et opérationnelles. C’est le sens de notre discussion d’aujourd’hui qui a été très productive », a déclaré Jean Pierre Lacroix qui a salué l’ouverture de la partie malienne. COORDINATION – Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a tenu à rappeler que les Nations unies sont présentes au Mali pour pouvoir accompagner l’État à restaurer son autorité sur l’ensemble du territoire. Et d’y améliorer la sécurité, les conditions de vie de la population. «Dans ce cadre, comme le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, l’a indiqué, il est important que le travail de la MINUSMA soit bien aussi coordonné en complémentarité des efforts du gouvernement lequel n’est pas dans une position de spectateur », a fait savoir Abdoulaye Diop. Il a mis l’accent sur les efforts importants faits par l’État malien en termes de sécurisation avec des résultats sur le terrain. « Toutefois, cela ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin d’être accompagnés ici et là. Nous avons juste indiqué que nous avons une ambition, une vision pour notre pays», a-t-il précisé. Le ministre Diop est revenu sur les trois principes qui guide « notre action avec l’ensemble des partenaires, à savoir le respect de la souveraineté de notre pays, le respect des choix stratégiques et des partenaires du Mali et la prise en compte des intérêts vitaux des Maliens. » «Si ces points sont pris en compte dans le cadre de l’échéance, cela nous permettra de pouvoir évoluer avec les Nations unies», a-t-il insisté. Et d’ajouter qu’autant le gouvernement et les Nations unies ont une responsabilité particulière et une plus haute priorité : la sécurité. « Car, la sécurité des populations qui constitue la préoccupation essentielle et cette coopération avec les Nations unies ne sera jugée qu’à l’aune de l’efficacité ou en tout cas de l’amélioration  que les deux parties peuvent apporter à la sécurité des Maliens. » Le chef de la diplomatie malienne a énuméré d’autres priorités autour du  processus politique, de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix, de la question des infrastructures, de la contribution du développement économique du pays, des droits de l’Homme. Mais aucune de ces priorités ne peut être envisagée en dehors d’un cadre de sécurité. «La sécurité demeure la priorité numéro un pour laquelle nous sommes engagés», a souligné le ministre Diop qui a, toutefois, reconnu qu’il y a une convergence dans la vision en espérant que les discussions permettront au Conseil de sécurité, dans le futur immédiat, de prendre des mesures idoines rendant la MINUSMA plus efficace. OD/MD (AMAP)

OMVS : La centrale hydroélectrique de Gouina officiellement mise en service

Bamako, 06 nov (AMAP) Les quatre chefs de gouvernement du Mali, le colonel Abdoulaye Maïga, de la Guinée, Bernard Goumou, de la Mauritanie, Mohamed Bilal Messaoud, et du Sénégal, Amadou Ba, ont inauguré, samedi, le barrage hydroélectrique de Gouina, dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali. La mise en service du complexe de Gouina est un « moment fort dans la vie de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal OMVS », selon le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga. Il a souligné qu’avec cette réalisation, l’Organisation « vient d’aménager près de la moitié de ses sites de barrages hydroélectriques. Et cet ouvrage est considéré comme un maillon de ce qu’on appelle les ouvrages de seconde génération. » L’ ouvrage est une réalisation de l’OMVS qui regroupe les quatre pays. Il se dresse aux environs immédiats des chutes naturelles de Gouina, situées dans la Commune de Diamou (Kayes) et à 53 km en aval de la confluence Bafing-Bakoye, à Bafoulabé. Sa capacité installée est de 140 mégawatts (MW). La centrale utilise les sorties du barrage de Manantali en amont. Un déversoir de 1,230 m de long construit juste au-dessus de la cascade dirige l’eau dans un canal qui alimentera la centrale. L’ouvrage comprend, également, une ligne de transport 225 kv de 60 km pour le transport de l’énergie produite. Cette gigantesque infrastructure a coûté environ 284 milliards de Fcfa dont 248 financés grâce à un prêt contracté solidairement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal auprès de la banque chinoise de promotion des exportations, Eximbank de Chine. C’est également un groupe chinois, en l’occurrence Sinohydro, qui a exécuté les travaux en 5 ans. Sa production associée à celle de la centrale de Félou augmentera la capacité de production de Manantali de 200 à 340 MW. Pour faire transiter l’énergie de Gouina, l’OMVS a mis en place un projet dénommé Manatali II. Il vise à augmenter la capacité de transit de l’énergie, favoriser les échanges d’énergie dans le cadre du marché d’énergie sous-régionale et renfoncer les capacités de la SOGEM. Le colonel Abdoulaye Maïga a encouragé les instances de l’organisation sous regionale à diligenter les travaux de ce projet, avant de rendre un « vibrant hommage » aux populations, sans lesquelles le barrage de Gouina n’aurait pas vu le jour. Il a magnifié leur sens du patriotisme pour avoir accepté de céder leurs terroirs. Le projet a, en effet, nécessité le relogement de 104 ménages en juin 2018. Le maire de Diamou, Habib Diakité, a confirmé que les ménages affectés ont été tous relogés. Auparavant, le président du Conseil des ministres de l’OMVS, le sénégalais Serigne Mbaye Thiam, a soutenu que l’Organisation est surtout une « communauté de volonté et d’aspirations pour une conservation qualitative de la vie de nos populations ». Au nom de ces homologues, il a exprimé sa reconnaissance à la nation malienne dont le « peuple accorde sa légendaire « djatiguiya » aux ouvrages de Manantali, de Félou et de Gouina ». Le  complexe hydroélectrique de Gouina est le quatrième ouvrage réalisé par l’OMVS depuis sa création en 1972, après le barrage hydro-électrique Manantali au Mali, le barrage anti-sel de Diama au Sénégal, et la centrale hydro-électrique de Félou. Ces ouvrages assurent une maitrise partielle du fleuve et donc une disponibilité permanente de l’eau qui permet de satisfaire notamment les besoins énergétiques, la fourniture d’eau potable et l’agriculture irriguée, transport. Le colonel Abdoulaye Maiga a effectué le voyage en compagnie de quatre membres de son gouvernement dont celui en charge de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. ID/MD (AMAP)