Aboubacar Touré : L’artiste qui pense bogolan
Par Fadi CISSE Bamako, 14 dec (AMAP) Depuis son enfance, Aboubacar Touré rêvait de devenir entrepreneur. Aujourd’hui, c’est fait ! Le jeune artiste trentenaire veut communiquer sa passion pour le bogolan, bien au-delà de Ségou (Centre) où il travaille. Devant son atelier est affiché le sigle de Consommer africain (CA) comme un slogan, dessiné sur le mur en motif bogolan. Sous un hangar, avant d’accéder à sa boutique, pagnes et chemises en bogolan sont étendus sur une tôle. Aboubacar Touré, dans un tee-shirt blanc, assorti d’un pantalon jeans, tient un bidon de teinture. Pas besoin d’engager la discussion avec le natif de Gao (Nord) pour comprendre qu’il vit et pense bogolan depuis toujours. Le bogolan, c’est sa passion, c’est l’air qu’il respire… Tout a commencé au Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (CERFITEX) de Ségou. Licence en technologie textile en poche, il enchaine les stages dans plusieurs structures dans le domaine du tissage. Avant de créer en 2017 sa propre entreprise. Toutefois, l’essor entrepreneurial est venu en 2021 avec le soutien du Fonds d’appui à la création d’entreprises par les jeunes (FACEJ). «A partir de là, je suis entré dans la danse de l’entreprenariat. Je suis obligé de travailler dur pour rembourser mes dettes et aller de l’avant», souligne l’artiste qui emploie aujourd’hui neuf autres personnes dont trois hommes. C’est à souligner, car à l’en croire, beaucoup de gens considèrent que c’est un travail pour les femmes. Deux types de tissus sont employés pour ses bogolans : les tissus traditionnels et ceux importés. Ensuite, le textile est imprégné de n’galama, une matière produite avec des feuilles d’arbres. «C’est le produit de base, avant de faire n’importe quel dessin sur le tissu», explique l’artiste, tout en traçant avec attention, tête baissée, son motif. Ses apprentis, de l’autre côté de l’atelier, trempent les pagnes trois fois dans le n’galama de couleur verte, avant le dessin qui intervient après séchage. Ce motif est repris jusqu’à trois fois, pour donner plus d’éclat au tissu et renforcer sa couleur avant de l’étaler sous le soleil. Le séchage est une opération-clé ; « le jour où il n’y a pas de soleil, pas de travail. » Selon Aboubacar Touré, c’est le bon séchage qui donne au bogolan toute sa qualité. Chaque motif nécessite un temps particulier de réalisation et certains dessins, faits sur commande, peuvent prendre une semaine. «Avant, on travaillait avec une idée de stock zéro. Avec l’évolution de l’entreprise, j’ai commencé à en faire à l’avance pour pouvoir les présenter lors des foires», précise le jeune créateur. Aussi bien dans le pays qu’au-delà de nos frontières, le talent de Aboubacar séduit de nombreux stylistes qui lui font des commandes. Mais l’exigence de plus grande production, qui prend dès lors du temps, suscite des difficultés économiques spécifiques, car le retour sur investissement est moins rapide. Surtout lorsque les clients considèrent que le prix de cette production de qualité est trop élevé. Et il y a les mentalités. Une croyance soutient que le travail du bogolan relève du fétichisme. «Dans la société, on pense encore que la personne qui fait ce métier est un féticheur. Des gens me disent : on ne peut pas prier avec du bogolan, c’est un habit pour les féticheurs», explique l’artiste qui pense qu’il est temps de mieux valoriser nos tissus traditionnels, au lieu d’importer des textiles d’ailleurs. Pas de quoi décourager l’entrepreneur, qui avec cette activité subvient à ses besoins et ceux de sa famille. Dans sa boutique, toutes sortes d’articles s’entassent: pagnes tissés, chemises, sacs, jetés de tables, couvre-lits, etc… Aboubacar Touré assure également la décoration en bogolan des séminaires et autres cérémonies, notamment les mariages. S’il réside à Ségou, la majeure partie de sa clientèle se trouve à Bamako et à l’étranger, grâce aux plateformes de vente. Les réseaux sociaux l’ont beaucoup aidé à se faire connaitre et il est suivi aujourd’hui par des milliers de followers. Chaque jour, il livre des articles à Bamako. Sa cliente du jour est Hawa Dembélé, venue en compagnie de sa grande sœur résidant à Ségou. Elle l’a connu à travers le bouche à oreille. Hawa témoigne : « le jour où, j’ai porté un habit d’Aboubacar, toutes mes amies m’ont dit que j’étais splendide. Je suis devenue ensuite accro au bogolan. Et fidèle à un artiste qui «fait de belles choses, en plus d‘être compréhensif et abordable». FC/MD (AMAP)
Lutte contre la corruption : L’OCLEI sonne la mobilisation
Bamako, 14 dec (AMAP) l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), a lancé, mardi, la 2è édition de la Semaine nationale de lutte contre la corruption sous le thème : «Tous unis et mobilisés contre la corruption et l’enrichissement illicite». Cette semaine s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, célébrée le 9 décembre. Depuis 2017, l’OCLEI initie régulièrement des activités d’information, de sensibilisation et de contributions à l’éducation contre ce fléau. Cette année, l’évènement sera marqué par une série d’activités à Bamako, Kati (près de la capitale), Koutiala, (Sud) Kéniéba (Ouest) et à l’université de Kabala. «Construire un monde uni contre la corruption» était le thème choisi pour la conférence inaugurale. Pour le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, qui a présidé la rencontre, ce thème « est assez révélateur de la nécessité d’une synergie d’actions » Elle « s’inscrit en droite ligne de la vision du gouvernement esquissée en termes de mécanismes opérationnels et efficaces de lutte contre la corruption dans le respect strict des règles d’éthique et de transparence d’ici l’horizon 2032 », a ajouté M. Maiga. Ibrahim Ikassa Maïga a rappelé que le Mali est confronté à une crise multidimensionnelle depuis 2012. Ainsi, les autorités de la Transition, soucieuses d’une gouvernance vertueuse et légitime, ont inscrit dans le plan d’actions du gouvernement de Transition 2021-2022, l’élaboration d’une stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Il s’agit de l’axe 4 intitulé : «Promotion de la bonne gouvernance et adoption d’un pacte de stabilité sociale». A cet effet, les Assises nationales de la refondation (ANR) ont fait des recommandations traduites en actions dans le cadre stratégique de la refondation de l’Etat. Dans cette même perspective, le ministre Maïga a précisé que son département a élaboré un projet de stratégie comportant des axes relatifs à la gouvernance et aux réformes, la prévention et la détection des faits de corruption, la répression et la réparation. S’y ajoute la communication et la sensibilisation. Selon les dispositions, cette nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption sera soutenue par d’autres documents cadres de référence en voie de finalisation. Il s’agit notamment des stratégies nationales de «dématérialisation des actes et procédures administratifs», de «rationalisation des structures administratives et des institutions» et de «dépolitisation de l’administration». Le président de l’OCLEI, Dr Moumouni Guindo, a souligné que la corruption a des impacts négatifs sur la société, en compromettant le développement social et économique. Selon les institutions internationales, a-t-il rapporté, « la corruption est le principal obstacle au développement économique et social dans le monde. » Parlant des statistiques, Moumouni Guindo a révélé que la Banque africaine de développement (BAD) chiffre à 9 212 milliards de Fcfa, chaque année, l’impact de la corruption en Afrique. Ce qui représente 25% du PIB de l’Afrique. Et d’autres institutions chiffrent à 2 600 milliards de dollars le coût annuel de la corruption dans le monde, soit 5% du PIB mondial. «C’est pourquoi l’OCLEI, chaque année, pour informer et sensibiliser de manière adéquate, mobilise chacun et tous contre ce phénomène et mène des actions», a conclu M. Guindo. Le président de l’OCLEI a invité à une inclusion de tous les acteurs, en l’occurrence publics et privés et de la société civile pour la bonne gestion de cette lutte incontournable. Il a remercié les partenaires techniques et financiers, tels que la direction générale des impôts, le Centre de formation des collectivités territoriales, les rectorats de l’université. KO/MD (AMAP)
Mali : Parents de nonuplés, le couple Arby dans le « Guinness Word records »
Bamako, 13 dec (AMAP) Les parents des seuls nonuplés au monde, (neuf bébés dont cinq filles) nés dans une clinique marocaine le 4 mai 2021, Kader Arby (36 ans) adjudant de l’Armée malienne, et son épouse, Halima Cissé (27 ans), sont entrés dans le prestigieux livre « Guinness Word records », a appris l’AMAP mardi à Bamako. Les nonuplés et leurs parents ont reçu, vendredi à Casablanca, l’équipe et un certificat du Guinness Book des Records. Le couple malien et leurs neuf enfants sont arrivés, très tôt ce mardi 13 décembre 2022, à Bamako. Ils ont été accueillis à l’aéroport international président Modibo Keïta-Senou, par la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré, en présence de plusieurs parents et proches de la famille. Cette naissance de neuf bébés d’une seule et même grossesse, par césarienne et prématurément, est exceptionnelle. La survie comme celle de leur mère a été rendue possible par la mobilisation de plusieurs médecins au Mali, des autorités maliennes et de l’équipe médicale de la clinique Aïn Borja de Casablanca, au Marc. C’est en mars 2021 que Halima Cissé enceinte avait pris l’avion en direction du Maroc pour une prise en charge d’urgence de cette grossesse multiple à très haut risque. De Tombouctou à Bamako, plusieurs médecins maliens s’étaient mobilisés pour la faire transférer au Maroc et donner, ainsi, toutes leurs chances de survie à ces bébés qu’on pensait être au nombre de sept. A à la surprise générale, Ils se révèleront être neuf arrivés par césarienne. Les cinq filles ont été baptisées Adama, Oumou, Hawa, Kadidia, et Fatouma et quatre garçons s’appellent Oumar, Elhadji, Bah et Mohammed VI en honneur respectivement à l’ancien président de la Transition, Bah N’Daw et sa Majesté le Roi du Maroc. AT/MD (AMAP
Surpopulation carcérale : Un défi pour l’administration pénitentiaire
Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 13 dec (AMAP) «La surpopulation qui constitue incontestablement une des plaies de notre système carcérale s’explique par notre système judiciaire caractérisée par la lourdeur, la lenteur et une certaine inefficacité», a dit le ministre malien de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, pour dépeindre les conditions de vie dans nos prisons. Le ministre Kassogué intervenait à l’ouverture de la 6ème édition de la conférence annuelle de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, tenue le mois dernier, dans la Région de Ségou (Centre). Au Mali, les Maisons d’arrêt concernées par cette surpopulation sont notamment celles de Bamako, la capitale, Kayes (Ouest) et Sikasso (Sud). La Région de Ségou est, également, confrontée à cette situation. La surpopulation carcérale est une réalité dans les Maisons d’arrêt de Ségou (environ 240 km de la capitale malienne) et de Niono. Celle de Ségou, qui nous intéresse ici, a été construite pour une capacité d’accueil de 100 détenus. Elle compte actuellement 220 détenus, soit un taux d’occupation de 220%, et un surplus de 120 détenus, selon la Direction régionale de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée. Pour s’en convaincre, notre équipe de reportage s’y est rendue. Construite par les colons français pour mieux assoir leur autorité, la Maison d’arrêt et de correction de Ségou est située dans le Camp de la Garde nationale. En cette matinée de mardi, c’est le calme à l’extérieur. Le personnel pénitentiaire est en poste. Pour avoir accès aux lieux de détention, les visiteurs, sans exception, se prêtent à une fouille minutieuse. Sacs et autres matériels tels que le téléphone y sont interdits. La vieille bâtisse résiste aux aléas du temps. Deux portes s’ouvrent pour permettre l’accès. La Maison d’arrêt de Ségou compte trois quartiers : un pour Hommes, un pour Mineurs et un pour Femmes. Au quartier des hommes, où nous entamons notre visite, sous un vaste hangar, des pensionnaires jouent à la belotte, aux dames, tissent des panier et des éventails. Certains font du rafistolage ou fabriquent des sacs. Depuis des chambres, d’autres observent curieusement les visiteurs à travers les grilles. Entre peur et souci de mener à bien notre mission, nous franchissons le seuil d’une des cellules. Certains détenus sont condamnés, d’autres des prévenus. Chacun dispose d’un matelas. Quelques-uns font la grasse matinée, d’autres devisent tranquillement. Ventilateurs et humidificateurs rivalisent pour rafraîchir les lieux. Dans cette cellule de 16,86 m sur 4,94 m, on peut voir aussi des bouteilles d’eau et de quoi brancher les appareils électroménagers comme les téléviseurs. Sans compter des effets personnels comme des couvertures, des draps, des moustiquaires… dans un état de propreté plus ou moins acceptable. Le chef de chambre H.B précise qu’ils sont au nombre de 41 pensionnaires. RÉDUIRE LE NOMBRE – « La cellule d’en face accueille 35 personnes », répond S.C, condamné pour escroquerie. Il y séjourne depuis 6 mois et doit purger une peine de 5 ans. «Nous sommes nombreux au point qu’on se couche les uns sur les autres en plein sommeil. Il est vrai que nous ne pouvons pas vivre comme si nous étions chez nous mais nous invitons les autorités à faire des efforts pour réduire le nombre dans les chambres», plaide le trentenaire, avant d’expliquer les désagréments liés à ce facteur. «Quand vous êtes nombreux, souvent il y a des disputes. Certains te provoquent même si tu te retiens, dès fois tu es obligé de répliquer. En dehors de cela, ton intimité n’est pas respectée. Souvent, en tant qu’adulte, tu t’habilles devant tes petits frères. Ce n’est pas tellement commode», se plaint ce père de deux enfants. Il invite la justice à accélérer les procédures : «Beaucoup parmi nous ne sont pas encore jugés. Si certains sont jugés et innocentés cela pourra réduire le nombre». Au quartier pour mineurs, un garçon de 14 ans en détention pour vol, exprime sa frustration. «Comme vous pouvez le constater, nous sommes six dans la chambre entre trois lits superposés. Je trouve que ce nombre est trop élevé. Il y a beaucoup de désagréments. Quand certains tombent malades, tu peux passer une nuit blanche à cause de leurs complaintes», confie l’ancien apprenti carreleur. Des constats que partage le directeur régional de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, l’inspecteur principal Abdoulaye Séméga. «Nous avons un effectif de 220 détenus dont 46 prévenus, 80 inculpés dont 2 femmes, 8 garçons mineurs et une fille mineure, 94 condamnés dont 17 étrangers», explique Abdoulaye Séméga. Et de préciser que 126 détenus sont en attente de jugement. Les raisons sont multiples, selon lui. « La ville se développe, sa population aussi tandis que la capacité d’accueil est restée intacte car il n’y eu aucune construction de cellules ou de quartiers », souligne Abdoulaye Séméga. S’y ajoute, selon lui, la lenteur dans la procédure judiciaire, le nombre limité de magistrats, la non application des mesures alternatives à l’emprisonnement comme le Travail d’intérêt général (TIG), la médiation pénale, l’insécurité généralisée dans la région, l’insuffisance des sessions d’Assises et l’augmentation de la délinquance. Cette situation contribue, estime l’inspecteur principal, à la dégradation générale des conditions de détention (hygiène, santé, alimentation des personnes détenues). « La surpopulation carcérale augmente le stress, provoque l’insomnie chez le personnel pénitentiaire, rend difficile le respect des droits des personnes détenues et leur réinsertion socio-professionnelle », développe le directeur régional de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée. RÉINSERTION SOCIALE – Pour y faire face, l’inspecteur principal Séméga prône la construction d’une nouvelle Maison d’arrêt sur un grand espace qui respecte les normes de détention en lien avec le respect des Droits de l’Homme en milieu carcéral et la réinsertion sociale. Il propose des mesures comme les peines alternatives à l’emprisonnement, l’application stricte du Code pénal et le code de procédure pénale (CPP), la diminution des renvois, l’institution de juges d’application de peines, la promotion des pénitenciers agricoles et la multiplication des grâces présidentielles… Il préconise également la visite permanente des centres de détention par les magistrats du parquet et les juges d’instruction. La recherche des solutions à la surpopulation a conduit le
Sanctions américaines contre Karim Keïta : l’ambassade us au Mali donne des détails
Bamako, 13 dec (AMAP) Le chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis d’Amérique au Mali, Briant Neubert, est revenu en détails, lundi, à Bamako, sur les sanctions de son pays à l’encontre du fils de l’ex-président malien, Ibrahim Boubacar Keïta. Au cours d’une conférence de presse dans les locaux de la représentation, le diplomate américain, a expliqué que les Etats-Unis d’Amérique (USA) détiennent des dossiers permettant de comprendre comment Karim Keïta a utilisé «sa position» pour s’enrichir. «Nos lois concernent notre pays, mais nous pensons que cette décision sert comme signal aux juridictions des autres pays que cet individu a un dossier de corruption et de violation des droits de l’Homme», a souligné Briant Neubert. Le Trésor américain a publié, vendredi dernier, une liste de plus de quarante personnalités ciblées par des sanctions pour « des faits de corruption et de violations des droits de l’Homme». Parmi ces personnalités figure Karim Keïta, ancien président de la Commission défense de l’Assemblée nationale du Mali. Les sanctions concernent le gel des avoirs et la restriction de voyage du mis en cause aux USA. Le diplomate américain a ajouté que « cette décision peut, également, signifier aux gouvernements actuels en Afrique et un peu partout dans le monde, y compris les responsables des anciens régimes, que leurs actes auront des conséquences dans l’avenir. » Le chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis d’Amérique au Mali a dit qu’en principe, ces «biens gelés» doivent être restitués au Mali, soulignant que son pays coopère avec le gouvernement malien dans ce sens. Le fils de l’ex-président de la République est visé par un mandat d’arrêt international par l’Interpol dans l’affaire dite de la «disparition du journaliste Birama Touré».Est-ce que les Etats-Unis soupçonnent Karim Keïta d’avoir assassiné ce journaliste ? En réponse, le conférencier a indiqué que la liberté de la presse doit être protégée. A la question de savoir si les Etats-Unis vont collaborer avec les autorités maliennes pour exécuter ce mandat, Briant Neubert a déclaré qu’en principe, son pays est toujours « disponible à coopérer dans ce sens. » Parmi les personnalités visées par les sanctions américaines figure, également, l’ancien chef de l’État guinéen, Alpha Condé. BD/MD (AMAP)
Exposition d’arts : La galerie Medina présente Top 10
Bamako, 13 déc (AMAP) La galerie Médina présente une exposition d’arts intitulée : «Top 10», inscrite dans le programme off de la 13è édition des Rencontres photographiques de Bamako, qui se tient depuis le 8 décembre dernier et prendra fin le 8 février prochain. «L’occasion est bonne après une décennie de productions, suivi d’ateliers et rencontres artistiques de réfléchir sur le travail accompli durant ces années de présence sur les scènes artistiques nationales et internationales», a expliqué le du promoteur de la galerie, Lassana Igo Diarra. Cette exposition est aussi organisée dans le cadre de la célébration des 10 ans d’existence du lieu d’exposition. Le vernissage s’est déroulé, samedi dernier, en présence. Lassana Igo Diarra, des initiateurs des Rencontres de Bamako dont le directeur artistique, Dr Bonaventure Soh Bejeng Ndikung et le délégué général de la Biennale africaine de la photographie, Cheick Diallo. On notait aussi la présence de plusieurs personnalités du monde des arts et de la culture de notre pays et d’ailleurs. Le promoteur de la galerie a expliqué les motivations de cette exposition destinée aussi à présenter des artistes confirmés qui ont tous une dimension internationale, d’où le titre Top 10. Selon lui, la galerie Médina, créée en 2011, souffle cette année ses 10 bougies pour la promotion des activités artistiques et culturelles, mais aussi soutenir les artistes à travers des expositions. Pour lui, il est clair que « c’est l’heure du bilan et de se projeter dans le futur ». Il a salué le professionnalisme des artistes et leur collaboration pour la réussite de cette exposition, constituée de plusieurs œuvres artistiques de photographes, plasticiens mais, aussi de designers… Bref, c’est un temple de rencontres d’arts et d’artistes. Ils seront de nombreux artistes à exposer pendant deux mois à la galerie Médina. Toutes les salles du rez-de-chaussée et à l‘étage sont bien garnies d’œuvres de créateurs, notamment les Maliens Tetou Gologo, Amadou Sanogo, Abdou Ouloguème, Mariam Maïga, Hawa Keïta, Mamadou Konatén Noumouké Kamara, Seydou Keïta, le Nigérien Uche Okpa Iroha et l’Ivoirien Ananias Keki Dago. Le directeur artistique et le délégué général des Rencontres de Bamako se sont tous exprimés sur la qualité des œuvres exposées. Le photographe Mamadou Konaté a parlé de la beauté de cette sélection, caractérisée par la qualité des artistes et la pertinence de leurs œuvres. «C’est une exposition magnifique », a dit une visiteuse devant des œuvres de l’Ivoirien. La cérémonie été rehaussée par la prestation musicale des étudiants de l’Institut national des arts (INA). L’expo durera jusqu’au 8 février 2023. AS/MD (AMAP)
Mali : La Banque mondiale finance deux projets pour près de 175 milliards de fcfa
Bamako, 13 dec (AMAP) Le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou et la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Mme Clara De Souza ont signé, lundi, à Bamako, des accords de financement de deux projets, pour 280 millions de dollars américains, soit près de 175 milliards de Fcfa, a constaté l’AMAP sur place. Il s’agit du Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA) et du Projet de développement de la productivité et de la diversification agricole dans les zones arides et semi-arides du Mali (PDAZAM). Les deux projets ont été approuvés, respectivement, les 9 et 30 novembre derniers par le Conseil d’administration de la Banque mondiale. Le PRUBA a pour objectif d’améliorer la résilience urbaine et les conditions de vie des communautés de Bamako. Il doit toucher directement 1,5 million de bénéficiaires dont une majorité de ménages vulnérables. Ce projet s’intéresse à la gestion des déchets solides à travers la réhabilitation et l’extension des infrastructures nécessaires au rétablissement des fonctions primaires de gestion des déchets, à savoir la collecte, le transfert et le traitement. «Les investissements proposés par le PRUBA consistent à réaménager la décharge de Noumoubougou en un centre moderne d’enfouissement technique, incluant des équipements pour la valorisation des déchets. Et à aménager un second site à Mountougoula pour doter Bamako d’une capacité de traitement des déchets pour 20 ans», a détaillé Mme Clara De Souza. TRAITEMENT DES BOUES FÉCALES – Mme de Souza a annoncé que deux usines de traitement de boues fécales seront construites pour remédier à l’absence actuelle de tout système d’assainissement approprié à Bamako. Ces deux usines auront une capacité journalière totale de 600 m3, équivalant à 42 tonnes de matière sèche, bénéficiant à environ 700.000 habitants. Selon la directrice des opérations de la Banque mondiale, quelques 800 blocs de latrines seront construits dans les établissements scolaires publics sélectionnés. Et les ménages les plus pauvres, situés à proximité de ces établissements, bénéficieront également de la construction de 20.000 latrines domestiques. Le second accord (un financement additionnel) permettra de combler le déficit de financement pour couvrir, à la fois, les coûts d’une réponse d’urgence en matière de sécurité alimentaire et les dépassements de coûts occasionnés par les pressions inflationnistes, en partie dues à la crise ukrainienne et à l’insécurité. Les activités du PDAZAM ciblent les pauvres et les personnes vulnérables y compris les femmes, les jeunes, et les personnes déplacées à l’intérieur du pays. Avec ce financement additionnel, ce sont plus de « 43.000 ménages additionnels qui seront appuyés (soit plus 300.000 personnes), portant le nombre total de bénéficiaires du projet à plus de 1,3 million de personnes », selon Mme Clara DE Souza. Dans son intervention, le ministre Alousséni Sanou a indiqué que la coopération entre le Mali et le Groupe de la Banque mondiale « a toujours été dynamique et emblématique du partenariat stratégique voulu entre les deux parties. » Pour lui, la signature de ces accords est la matérialisation des priorités des autorités en adéquation avec le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD) pour la période 2019-2023. Le patron de l’hôtel des Finances a donné l’assurance au Groupe de la Banque mondiale que toutes les mesures voulues seront prises pour permettre la bonne exécution des projets financés au Mali, notamment les deux Accords qui viennent d’être signés. BBC/MD (AMAP)
Mali : Inauguration de l’extension de la Cité universitaire de Kabala à Bamako
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 13 dec (AMAP) Le complexe universitaire de Kabala, à Bamako, s’est agrandi avec des infrastructures pédagogiques composées de sept blocs sur une superficie de 9,17 hectares pour un coût de près de 30 milliards de Fcfa. Ces infrastructures ont été construites sur une superficie de 9,17 hectares pour un coût de près de 30 milliards de Fcfa. Les blocs sont composés d’une bibliothèque avec une salle de réserve d’une capacité d’accueil de 10. 00 livres et une salle de lecture virtuelle multimédia. Parmi ces nouveaux blocs, l’institut Conficius et l’Institut supérieur de technologies industrielles avec des laboratoires. S’y ajoute la Faculté des sciences de la santé. Ces nouvelles infrastructures vont abriter également le Centre national de recherches scientifiques et technologiques (CNRST) et un Centre de langues ainsi que la maison des hôtes constituée d’un restaurant et un atelier d’impression qui produit des livres et des revues de presse universitaires. le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a inauguré, lundi, les infrastructures pédagogiques de cette phase II de la Cité universitaire de Kabala. C’était en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, Amadou Keita, l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Chen Zhihong et d’autres personnalités. Selon Amadou Nimaga, maitre d’œuvre de cette phase II, la conception, le suivi et le contrôle des travaux de construction de ces infrastructures ont été exclusivement réalisés par des bureaux d’architectes et d’ingénieurs maliens. Il a invité les autorités à prévoir le suivi pour la maintenance des appareils et des équipements de ces structures. Le maitre d’œuvre précisera que les travaux de ce joyau architectural ont duré 36 mois. Et d’ajouter qu’il a été construit par l’entreprise chinoise Nantong sijian Construction Group. PARTENARIAT SINO-MALIENNE – Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Keita, a rappelé que la Phase II du projet d’extension de la Cité universitaire de Kabala est un don du gouvernement de la République populaire de Chine. Il a salué le partenariat solide de la Chine avec le Mali. M. Keita a par ailleurs expliqué que le Budget spécial d’investissement pour l’année 2023 ainsi que le plan global d’investissement pluriannuel de son département font la part belle aux constructions d’amphithéâtres, de salles de classes, mais aussi de dortoirs et de bureaux administratifs. Parlant des perspectives, le chef du département en charge de l’Enseignement supérieur a cité la gestion rigoureuse pour entretenir les infrastructures, la réalisation de la route pour en faciliter l’accès aux étudiants et enseignants-chercheurs et la fourniture régulière de l’eau et de l’électricité. Pour sa part, l’ambassadeur de Chine, Chen Zhihong, a estimé que ce Projet d’extension de l’Université de Bamako à Kabala-phase I et phase II est le plus grand projet d’aide chinoise dans le domaine d’infrastructure éducative en Afrique de l’Ouest. « Il est également, a-t-il ajouté, l’un des plus grands campus universitaires en Afrique de l’Ouest. » Chen Zhihong a affirmé qu’avec la mise en service de cette deuxième phase, l’Université de Bamako deviendra plus célèbre et aura une meilleure influence dans la Région. Le diplomate chinois a indiqué que la réalisation de ces bâtiments a été confrontée aux défis liés à la pandémie de la Covid-19 et le blocage d’approvisionnement en matériaux de construction. Le Premier ministre a indiqué que la construction de cette université est l’œuvre de plusieurs générations. Selon lui, elle est la caractéristique du principe de respect de notre souveraineté, celui de choisir librement un partenaire stratégique et la prise en compte par la coopération des intérêts vitaux de notre peuple. Dr Choguel Kokalla Maïga a déclaré que la Chine est un partenaire particulier, fiable, solide et qui opère honnêtement sans chercher à s’ingérer dans nos affaires. A ce propos, il a cité des réalisations de la coopération chinoise notamment le troisième pont de Bamako, le Centre international de conférences de Bamako (CICB), l’Hôpital du Mali et le Stade du 26 mars. Pour le chef du gouvernement, la réussite de cette université dépend en grande partie de ceux qu’en feront les professeurs et les étudiants. Il s’est réjoui d’avoir la confirmation du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique que la réalisation de la route qui relie l’université à l’aéroport international Modibo Keita est prévue dans le budget 2023. MDD/MD (AMAP)
Coupe du monde : L’exploit historique du Maroc
Bamako, 10 dec (AMAP) Le Maroc écrit une belle histoire du football africain à la Coupe du monde Qatar 2022, en éliminant le Portuga (1-0), en quarts de finale de la compétition grâce à une réalisation de Youssef En-Nesyri à la 42è minute. Le Maroc est première nation africaine à atteindre les demi-finales d’un Mondial. Grâce à ce succès, le Maroc devient, également, le pays premier pays africain à ne pas connaître la défaite lors de six matches consécutifs en Coupe du monde. Les Marocains ont été héroïques défensivement face à l’attaque portugaise qui a manqué de précision. C’est une énorme déception pour la Seleçao qui s’arrête en quart de finale. Son leader Cristiano Ronaldo disputait certainement sa dernière Coupe du monde. Le Maroc affrontera en demi-finale le vainqueur du dernier quart de finale entre la France et l’Angleterre. LMD/MD (AMAP)
13è Rencontres photographiques de Bamako : L’édition de la résilience
Bamako, 09 dec (AMAP) La 13è édition des Rencontres photographiques de Bamako sous le thème : «Maa ka Maaya ka ca a yèrè kono», s’est ouverte jeudi, au Musée national du Mali, dans la capitale malienne, a constaté l’AMAP. «C’est une édition aux allures spéciales, tant son organisation dans un contexte sanitaire insaisissable a été émaillée de péripéties et d’incertitudes», a relever le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, qui a présidé l’ouverture officielle. Le ministre en charge de la Culture, évoquant les difficultés d’organisation de l’édition de cette année, a dit que « certains ne croyaient plus à la tenue de ce rendez-vous, mais c’était sans compter avec la détermination des autorités de la Transition à relever le défi pour l’honneur des Maliens, le bonheur des artistes et l’essor de l’art de la photographie dans notre continent et ailleurs. » Il a aussi mis l’accent sur l’engagement des autorités maliennes à faire de l’événement un espace d’échanges, de rencontres interculturelles des professionnels maliens et d’ailleurs. Dans un langage plus poétique, M. Guindo a invité le public à poser devant les objectifs avec le sourire. «Souriez surtout car vous êtes à Bamako, capitale africaine du Mali, terre de culture, d’humanisme et d’hospitalité. Souriez car nous célébrons l’image et la culture. Souriez, car nous célébrons l’amitié entre les peuples, l’excellence artistique et le renouveau», a-t-il lancé. Et de dire que les autorités de la Transition ont conscience de la portée d’un tel événement pour la structuration d’une véritable industrie de l’art et de la photographie dans le continent africain. Il a alerté sur le danger environnemental, des conséquences des guerres, de l’insécurité alimentaire, qui planent sur l’art de la photographie dans notre continent qui regorge de beautés. Il a salué le délégué général de l’événement, l’artiste-designer, Cheick Diallo, et son équipe, pour cette belle sélection de 75 artistes, avant de donner une mention particulière au Dr Bonaventure Soh Bejeng Ndikung (directeur artistique des Rencontres de Bamako) et son équipe ainsi qu’aux partenaires. Le délégué général a salué les partenaires et le directeur artistique. «Merci à tous d’être venus pour célébrer notre devenir». Il est revenu sur la thématique, avant d’expliquer que cette édition se veut celle qui va vers son public. Pour Dr Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, c’est un vent de paix et de résilience qui a soufflé sur le Mali pour lui permettre de faire face au défi de la Biennale photographique. « C’est un vent de sagesse, de paix qui a déjoué les pronostics pessimistes », a-t-il dit. L’ambassadeur de l’Union européenne (UE), Bart Ouvry, a exprimé sa « fierté » à accompagner la Biennale de la photo, depuis sa création. « C’est un trésor malien, africain qui contribue à la création artistique. Bien sûr, c’est un projet fragile qui mérité d’être soutenu », a-t-il dit. Bart Ouvry a proposé de professionnaliser davantage le secteur, d’augmenter la circulation des œuvres et le développement des réseaux artistiques, ainsi que les filières artistiques. Il a assuré du soutien de l’UE et remercié les partenaires pour leur engagement. Une visite guidée par le directeur artistique et la coupure de ruban par le ministre Guindo ont mis fin à l’ouverture de cette biennale se poursuivra jusqu’au 8 février 2023. AS/MD (AMAP)

