Pneus rechapés : La bonne affaire au détriment de la sécurité
Par Souleymane SIDIBÉ Bamako, 08 fév (AMAP) Au Mali, beaucoup d’automobilistes préfèrent les pneus rechapés ou de la casse dont le prix est très abordable. Rencontré, quelque part à Sébénikoro, Daouda Sangaré, propriétaire de voiture depuis 13 ans, est acheteur fidèle de ces pneus recyclés. «En cas de besoin, je m’en procure à la casse», nous confie Sangaré qui se soucie plutôt du prix que des risques auxquels les utilisateurs de ces pneus recyclés s’exposent. Il n’est pas le seul. Sidiki Sacko, chauffeur de son état que nous avons croisé dans un garage à Lafiabougou, y était venu changer ses « deux pneus arrière dont le niveau d’usure ne lui permet plus de circuler en sécurité». Pour autant, M. Sacko n’a aucune idée de la qualité des pneus qu’il vient de faire monter sur son véhicule. Il espère tout simplement que ceux-ci tiendront longtemps. «Parfois, c’est juste une question de chance», dit-il. Telle est la « philosophie» de nombre d’automobilistes sous nos cieux. Or, la sécurité doit toujours être la norme à observer quand on décide de changer le pneumatique. Et dans le cas des pneus d’occasion, il est difficile d’apprécier leur fiabilité. C’est ce que nous fait comprendre Sory Ibrahima Touré, chef du Centre Mali technique système (MTS). Selon lui, les pneus sont des contacts d’adhérence qui relient un engin à la route. Ils assurent donc son équilibre et sa stabilité durant la conduite. « La durée de vie d’un pneu, qui va de 03 à 06 ans, peut être raccourci par le nombre de kilométrage qui est de 100.000 kilomètres. Une fois que cette distance est atteinte, il doit être changé. En d’autres termes, le pneu doit être remplacé en fonction du kilométrage parcouru et non du nombre d’années», explique M. Touré. Pour l’expert, il est recommandé de changer les pneus par pair quand il s’agit d’un petit véhicule et pour les 4×4, tous les quatre doivent être remplacés à la fois. Et cela se fait sous le contrôle d’un connaisseur, puisque les pneus doivent impérativement avoir la même hauteur. «Vous constaterez que quand on change un seul pneu, le véhicule à tendance, au freinage, à basculer du côté du pneu usé», fait remarquer Sory Ibrahima Touré. À ce propos, le directeur régional des Transports, Moumini Guindo, attire l’attention sur ce risque décrit dans le code Rousseau: « différents types de pneus montés sur un même véhicule peuvent occasionner certains déséquilibres. » DURÉE DE VIE – Nul besoin d’être un technicien pour connaitre la durée de vie d’un pneu. Sur chaque type, il y a des inscriptions relatives notamment à la définition, la provenance, l’année et la semaine de fabrication. « Très souvent, c’est marqué avec les trois lettres DOT (Department of transportation) avec quatre chiffres. Les deux premiers chiffres informent sur la semaine au cours de laquelle le pneu a été confectionné. Et les deux derniers indiquent l’année à laquelle il a été mis en vente», explique le technicien de MTS. En plus, il y a des « témoins sur les pneus qu’on appelle témoins de profondeur ou d’usure de pneu qui s’effleurent (par les gommes de l’extérieur) au fur et à mesure. En les observant, le conducteur doit normalement savoir si ses pneus sont en bon état ou pas ». L’expert précise que certains types de pneus deviennent à la longue des gommes dures, donnant ainsi l’impression d’être neufs alors qu’ils sont, en réalité, en très mauvais état. Généralement, cette métamorphose intervient après 10 à 11 ans de vie. Et à cet âge là, le pneu n’est plus adapté puisqu’il y a moins d’adhérence. « En effet, argumente Sory Ibrahima Touré, le pourcentage d’adhérence se réduit de 10% par an. Le freinage peut alors être de 0 à 40% sur une distance de 05 mètres». Nombre de personnes chargent les réparateurs de vérifier et de garantir la sécurité des pneus dans le but d’attester leur fiabilité. Notre équipe de reportage a s’est rendu chez le vulcanisateur Madou, à Taliko, en Commune IV du District de Bamako. Selon lui, il est plus conseillé d’utiliser des pneus sans chambre à air, plus faciles à réparer que ceux avec chambre à air. « Les nouveaux pneus que nous voyons sur le marché ne sont pas faits pour l’utilisation de chambre à air. Mais quand ils sont usés et que l’on décide de les réparer, on peut utiliser une chambre à air », explique le réparateur. Cependant, Madou recommande aux automobilistes d’éviter de réparer le même pneu plus de deux fois. « Mieux, insiste-t-il, il faut carrément le remplacer pour ne pas être confronté à des problèmes qui peuvent survenir même après l’entretien. » Notre interlocuteur est formel : « Il est vrai que les pneus d’occasion sont moins chers, mais les acheter, c’est mettre en péril sa propre sécurité et augmenter la probabilité d’accident. » Le commerce des pneus rechapés est florissant à tel point qu’on peut facilement trouver les points de vente partout dans la capitale. Mais pour en trouver en vrac, il faut se rendre au marché Dibidani. Là, nous sommes tombés sur Mamby Keïta, un commerçant. Devant sa boutique, une dizaine de jeunes s’affairaient autour de pneus superposés. Il y a en de toutes marques et de tous âges : du «tout neuf» à ceux déjà utilisés en Europe, appelés couramment « casse » ou « seconde main ». DIFFÉRENTS TYPES – Selon le détaillant, des containers de pneus arrivent chez nous en provenance de la France, de l’Allemagne, du Canada, du Japon… Ils entrent au Mali via le port de Dakar, au Sénégal. Les prix varient en fonction de la marque et de l’état du pneu. « Pour les pneus d’occasion, il y a le 1er, 2è et 3è choix», détaille Mamby Keïta, indiquant que les prix vont de 6.000 à 25.000 Fcfa. Les pneus neufs, eux, sont vendus avec six mois de garantie. Le commerçant conseille les pneus de bonne marque, bien qu’ils coûtent plus chers. Doit-on se fier à sa recommandation ou encore aux apparences de ses marchandises ? L’expert du MTS
L’Armée malienne neutralise une trentaine de terroristes dans le Centre (état-major)
Bamako, 08 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une trentaine de terroristes, dans la nuit du 06 au 07 février 2023, au cours d’une opération spéciale contre un Groupe armé terroriste (GAT) dans le secteur de Korientzé, Région de Mopti (Centre), a annoncé, mardi, l’état-major général des Armées dans un communiqué. Le bilan provisoire de cette opération est de « 30 terroristes neutralisés, des matériels récupérés dont des armes, et des moyens de communication. Côté FAMa, aucune perte en vie humaine ni de blessés. », précise le communiqué. Par ailleurs, relève la même source, une action de fouille à NGorodia, dans le même secteur de Korientzé, a permis de neutraliser 04 terroristes et de saisir des armes. « Cette opération est le résultat d’une série de collectes et d’analyses d’informations sur la chaine de commandement des groupes terroristes actifs dans le secteur », poursuit l’état-major des Armées Le professionnalisme des FAMa dans cette longue période de précision des renseignements, signale-t-il, « de même que la rapidité et la surprise de l’action ont permis de réduire les dommages collatéraux à zéro. » L’état-major général des Armées ajoute que le ratissage contre les GAT et leurs complices « continueront sur l’ensemble du territoire national » et que « le combat contre ces groupes se poursuivra pour garantir la sécurité, la protection et la stabilité. » Il a invité les populations à s’éloigner des groupes terroristes et à dénoncer « incessamment toutes complicités. » SS/MD (AMAP)
Ségou’Art Festival sur le Niger : Une édition pleine
Par Youssouf DOUMBIA Ségou, 08 fév (AMAP) Expositions d’art, concerts, foire, conférences-débats, la 19è édition de Ségou’Art Festival sur le Niger clôturée, dimanche dernier, a tenu toutes ses promesses. L’une des grandes attractions était les expositions d’art visuel. Plus de 10 expositions ont permis d’étaler toute la créativité des artistes du Mali, d’Afrique et d’Amérique latine. La principale exposition était celle dénommé «Bi Mali» ou le Mali contemporain. Une vingtaine d’artistes, de peintres, photographes, sculpteurs et vidéastes y ont exposé leurs œuvres. Le jury était composé de professionnels comme Abdoulaye Konaté, Ky Siriki, Bathélemy Togue, Ousseynou Wade et le Pr Yacouba Konaté. Après délibération, le jury dans lequel figurent quelques-unes des 50 personnalités les plus importantes du monde de la culture, a porté son choix sur les œuvres de trois artistes. Le 1er prix est allé à Mohamed Bomboly Keita (sculpteur). Il a empoché 1 million de Fcfa. Sidiki Haidara (photographe) a remporté le 2è prix et le 3è prix est revenu à Dramane Toloba (artiste-peintre). Ceux derniers ont remporté, respectivement, 750.000 et 500.000 Fcfa. Pour le président du jury, loin de démériter, les autres artistes ont fait un travail remarquable. SONORITÉS ENVOUTANTES – Concernant la musique, le premier concert géant, sur la grande scène du village de Festival, dénommée Soirée nomade, a eu lieu, dans la nuit du vendredi 3 février. Abdoulaye Diarra, Hawa Maïga, le Groupe Amar de Kidal, Bassékou Kouyaté et Abdoulaye Diabaté ont fait danser des milliers de spectateurs venus célébrer la musique sous toutes ses couleurs. Drapé dans un boubou blanc trois pièces, Bassékou Kouyaté a émerveillé le public. Le son magique se son N’goni (guitare traditionnelle), entremêlé à ceux du Tamani, de la calebasse et d’autres instruments traditionnels, donnait une sonorité époustouflante. Ces instruments étaient accompagnés de la voix grave de la chanteuse Ami Sacko. Ce mélange harmonieux perçait les flots du Djoliba pour se réfugier dans les cœurs des amoureux de la musique malienne. Sous les sonorités du Bamanan djourou (rythme musical bambara), le public et les artistes chantaient en chœur. De nombreux thèmes ont été débattus lors du colloque. C’est celui sur la mobilité des professionnels de l’art et de la culture qui a retenu l’attention. En effet, l’idée de regroupement des grands festivals pour traiter des problèmes liés aux questions de culture est une des fortes recommandations de la table ronde tenue lors de cette édition de Ségou’Art Festival sur le Niger. Il portait sur le thème : «Mobilité des artistes et de leurs œuvres». Un problème qui hante les artistes africains avant, pendant et après la Covid-19. L’insécurité qui sévit dans la région ouest africaine est venue s’ajouter au lot de problèmes. La mobilité des artistes et de leurs œuvres est devenue un casse-tête. Qu’est ce qui «bloque» les artistes et leurs œuvres ? Quels sont les impacts et quelles solutions ou pistes de solutions proposées ? Ce sont entre autres questions qui ont été soulevées. DIFFICULTÉS DES ARTISTES – Le célèbre plasticien malien, Abdoulaye Konaté, membre fondateur du Fonds africain pour la culture et Luc Mayintoukou, musicien et expert culturel, deux spécialistes des questions de culture, étaient les panélistes d’une table ronde tenue au Centre korè à Ségou. Ils ont parlé des contraintes et difficultés de la mobilité des artistes et de leurs œuvres. Selon les deux conférenciers, ces difficultés ont pour noms, contraintes administratives pour obtenir le visa, le problème de financement, de transports, l’insécurité, la Covid-19, la méconnaissance des textes et conventions nationaux et internationaux par la douane, la mauvaise organisation des professionnels de la culture. Les panélistes ont, aussi, évoqué les problèmes de formation, les échanges entre professionnels, les partages, la participation aux festivals et autres rencontres. Outre le problème de délivrance de visa, Abdoulaye Konaté a mis l’accent sur celui du transport. Selon lui, lorsque l’artiste parvient à décrocher son visa, c’est le transport de ses œuvres qui pose problème. « Le transport coûte extrêmement cher », a-t-il fait remarquer. Un autre gros problème soulevé par l’artiste-peintre a trait à la rétention des œuvres par la douane. À l’en croire, certains douaniers bloquent les œuvres à l’aéroport de Bamako parfois par méconnaissance des textes. Sur les difficultés d’accès aux financements, le plasticien a reconnu que les artistes ont du mal à y accéder. « Toute chose qui a motivé la création du Fonds africain pour a culture », renchérit-il. « Le Fonds permet aux jeunes de recevoir des aides des plus anciens qui le financent, en donnant une ou deux œuvres », a indiqué Abdoulaye Konaté. Pour maintenir et encourager une diversité culturelle plus que jamais nécessaire, il a été proposé un traitement des demandes de visas spécialement adapté aux usages professionnels propres à la filière culturelle. Puisque la mobilité des œuvres est une question de réglementation dans certains pays, les participants ont formulé des recommandations, entre autres, un plaidoyer sur les textes et accords bilatéraux entre les Etats (à faire de manière spécifique), la formation des douaniers sur les questions de mobilité, l’idée de regroupement des grands festivals pour traiter les problèmes liés aux questions de culture. À la faveur de ses études, l’ONG Art mov africa (AMA) a contribué au développement de connaissances, d’initiatives et de politiques ayant pour objectif de soutenir la mobilité en Afrique. De fait, les statistiques de AMA témoignent du renforcement de la mobilité en Afrique de l’Est et du Centre, suite à la publication des études axées sur ces régions YD/MD (AMAP)
Bilan de la visite de Sergueï Lavrov à Bamako
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 08 fév (AMAP) La visite du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à la tête d’une forte délégation, qui a bouclé mardi une visite de 48 heures à Bamako, a permis au Mali et à la Russie de renforcer, outre leurs liens économiques et commerciaux mais, aussi, les relations en matière de sécurité et de défense. Moscou et Bamako ont, surtout, convenu d’élargir la coopération à la prospection géologique, aux ressources minérales, à l’énergie, aux transports, aux infrastructures et à l’agriculture. Le partenaire russe prévoit, aussi, de livrer au Mali du blé, des engrais, des produits pétroliers et d’autres produits stratégiques. Arrivé dans la nuit du lundi, le chef de la diplomatie russe a eu, mardi, un tête-à-tête avec son homologue Abdoulaye Diop, suivi d’une séance de travail élargie aux deux délégations. Les deux ministres ont, ensuite, co-animé une conférence de presse. Toutes ces rencontres se sont tenues dans les locaux du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Lors de la conférence de presse, le ministre Diop a souligné le caractère historique de ce déplacement car «de mémoire de diplomate malien, c’est la première fois qu’un ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie est reçu au Mali». Il a salué Sergueï Lavrov pour la qualité et l’excellence des relations qui unissent si heureusement la Fédération de Russie et la République du Mali. M. Diop a indiqué que la visite de son homologue russe s’inscrit dans le cadre de la nouvelle dynamique enclenchée par le gouvernement qui est « d’élargir et diversifier les partenariats stratégiques du Mali en vue d’une réponse efficace et dans la sincérité aux défis auxquels le Mali est confronté. » «En faisant le choix de renforcer la coopération avec la Russie, le Mali veut aussi montrer et démontrer que nous n’allons pas continuer à nous justifier pour le choix de nos partenaires», a insisté Abdoulaye Diop pour qui, « cette décision est celle des Maliens, prise en toute responsabilité et le Mali veut travailler avec la Russie comme avec tous les partenaires qui inscrivent leurs actions dans le cadre des principes clés définis par la président de la Transition pour ce qui concerne l’action publique au Mali et les relations avec les partenaires. » LE PRÉSIDENT GOÏTA ATTENDU EN RUSSIE – Abdoulaye Diop a martelé que « la Russie est ici à la demande du Mali et qu’elle répond de façon efficace aux besoins de notre pays en termes de renforcement des capacités de nos Forces de défense et de sécurité. » Il a salué les efforts de renforcement de l’axe Bamako-Moscou marqués par plusieurs échanges de haut niveau entre les autorités maliennes et russes. Le ministre Diop a annoncé la présence du président Assimi Goïta au prochain sommet Russie-Afrique de Saint-Pétersbourg qui doit se tenir en juillet pour donner une nouvelle dimension à cette relation. Il a, également, dit que la présence de Sergueï Lavrov à Bamako « vise à renforcer notre dialogue politique et aussi la coopération basée sur nos intérêts mutuels et les potentialités réciproques des deux pays. » Le chef de la diplomatie malienne a remercié la Fédération de Russie pour son action aux cotés du Mali. Selon lui, le travail commun des deux pays, « que ce soit sur les questions de défense ou autres, est conforme aux normes internationales et au droit international. » «Notre action aujourd’hui, c’est comment travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme, lutter contre les terroristes et leurs sponsors étrangers…», a souligné Abdoulaye Diop, qui soutient aussi que « les droits de l’Homme sont aujourd’hui instrumentalisés et politisés pour des agendas à peine cachés qui visent souvent à renverser des régimes pour pouvoir atteindre un certain nombre d’objectifs. » Il s’est dit heureux de constater que l’Armée malienne dispose de capacités opérationnelles extrêmement importantes. «Aujourd’hui, nous avons ces capacités, des hommes et des femmes patriotes engagés sur le terrain qui sont à l’offensive et sont arrivés à porter des coups extrêmement durs aux groupes terroristes, même si la lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine», a expliqué le ministre Diop. Selon lui, le Mali, par principe, est opposé à toute sanction et à toute politique de sanctions. C’est pourquoi, il est solidaire de la Russie en ce qui concerne les sanctions occidentales. PLUS DE BOURSES D’ETAT – Pour sa part, Sergueï Lavrov s’est dit satisfait des échanges avec la partie malienne « dans une ambiance de confiance. » Il s’est réjoui de la décision du colonel Assimi Goïta de prendre part au 2è sommet Russie-Afrique qui aura lieu dans quelques mois. Selon lui, il a été convenu de continuer d’élargir, de renforcer les liens économiques et commerciaux entre les deux pays. Il a estimé qu’ « il faut élargir la coopération à la prospection géologique, aux ressources minérales, à l’énergie, aux transports, aux infrastructures et à l’agriculture. » Le chef de la diplomatie russe a indiqué que son pays continue son aide humanitaire au Mali dans le cadre bilatéral. Il a souhaité que, dans un bref délai, il y aura la livraison de blé, d’engrais, de produits pétroliers et d’autres produits stratégiques. Dans le domaine de l’éducation, il a signalé que plus de 10.000 citoyens maliens ont été formés en Russie et que c’est une coopération qui continue. Sergueï Lavrov a annoncé que, pour l’année académique 2023-2024, le nombre de bourses d’Etat octroyées aux étudiants maliens va augmenter, passant de 35 à 290. « Nous avons l’opinion commune que le défi principal pour les Maliens, c’est la sécurité », a souligné Sergueï Lavrov. Pour lui, c’est le règlement de cette question qui va créer une bonne base pour les éléments à venir, notamment les élections. Il a promis à ce propos que son pays va apporter son soutien au Mali dans la réalisation des objectifs de la Transition. Mais, aussi, dans le cadre de son travail à l’Organisation des Nations unies. « Il y a une mission des Nations unies au Mali qui est, souvent, sujet de discussion au Conseil de sécurité. Il faut effectuer le travail de cette mission compte tenu de la volonté
Mali : Le président de la Transition reçoit le ministre des Affaires étrangères russe
Bamako, 07 fév (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a accordé, mardi, une audience au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov au palais de Koulouba, a constaté l’AMAP dans la capitale malienne. Arrivé à Bamako dans la nuit de lundi, le chef de la diplomatie russe effectue une visite d’amitié et de travail de 48 heures au Mali. Plusieurs sujets étaient au menu des échanges entre le chef d’État et le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Il a, notamment, été question de la coopération entre le Mali et la Russie, du « plan de développement de nos relations qui doit correspondre à nos intérêts mutuels ». Au cours des échanges, ont été également abordés les relations commerciales et économiques entre les deux pays, la coopération technique et militaire, la coopération en matière humanitaire et culturelle mais, aussi, la coopération des deux pays au sein de l’ONU. Sur ce dernier volet, Sergueï Lavrov a assuré que la Russie ne ménagera pas ses efforts « pour promouvoir le principe de la parité souveraine des États. » « Nous allons lutter contre les approches colonialistes », a-t-il dit. Le ministre russe des Affaires étrangères a, aussi, souligné les efforts de son pays dans le cadre du renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité du Mali. Une coopération que la Fédération de la Russie entend renforcer. Auparavant, dans la journée, M. Lavrov avait été élevé au grade de Commandeur de l’ordre national du Mali, à titre étranger, par son homologue malien, au nom du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta dans les locaux du département des Affaires étrangères. SS/MD (AMAP)
Le ministre russe Sergueï Lavrov élevé au grade de Commandeur de l’ordre national du Mali
Bamako, 07 fév (AMAP) Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a été élevé, mardi, au grade de Commandeur de l’ordre national du Mali, à titre étranger, par son homologue malien, Abdoulaye Diop, au nom du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Arrivé à Bamako, lundi tard dans la nuit, pour une visite d’amitié et de travail de 48h heures, M. Lavrov a été décoré lors d’une cérémonie en marge de la conférence de presse animée, conjointement, par les deux ministres en charge des Affaires étrangères, dans les locaux du département. Le ministre Abdoulaye Diop a exprimé la reconnaissance et la profonde gratitude du président de la Transition, du gouvernement et de l’ensemble du peuple malien au président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, et à son gouvernement, « pour les multiples décisions politiques importantes et courageuses » qu’ils ont prises, ces derniers temps, dans le sens du renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays. Selon le chef de la diplomatie malienne, ces décisions ont contribué au renforcement de la capacité opérationnelle des Forces armées maliennes (FAMa). En témoignent les résultats de plus en plus encourageant enregistrés sur les théâtres des opérations et qui « viennent soulager les populations meurtries par une guerre asymétrique imposée au Mali depuis une dizaine d’années. » « Cette distinction est également le fruit de vos efforts personnels de soutien et de respect à l’endroit du Mali et du peuple malien », a dit M. Diop à l’endroit de son homologue russe. En réponse, Sergueï Lavrov s’est réjoui de sa présence à Bamako avant de remercier les autorités maliennes pour cette distinction importante. Le chef de la diplomatie russe sera reçu en audience, ce mardi, par le chef de l’Etat, au palais de Koulouba. La cérémonie de décoration s’est déroulée en présence du Grand chancelier des ordres nationaux du Mali, le général Amadou Sagafourou Guèye et de plusieurs autres personnalités. AT/MD (AMAP)
Des marcheurs de Bafoulabé à Bamako pour demander un pont au président Assimi Goita
Bafoulabé, 06 fév (AMAP) Des habitants de Bafoulabé (Ouest) ont entamé, lundi, une marche, de leur localité à Bamako, pour demander aux autorités nationales la construction d’un pont sur le fleuve Sénégal, a constaté l’AMAP sur place. « Nous marchons pour exprimer notre cri du cœur au Président de la Transition. Notre problème de pont demeure le souci constant de la population du cercle. Nous espérons que cette marche sera la solution», a dit le porte- parole des marcheurs, Karamagan Diallo. La marche est partie de la Place du rond-point de la ville, aux environs de 10 heures. Les marcheurs, accompagnés de plus de 1 000 personnes venues de Bafoulabé et de Mahina, étaient encadrés par la Gendarmerie et la Garde nationale. « Ce départ apparaît comme un grand moment d’effervescence collective et un signe annonciateur de la réussite de notre action », a dit la présidente de la société civile, Salama Sakiliba, très émue. Quatre personnes, tous membres de bureau du mouvement, dénommé « Je suis les ponts et routes du Cercle de Bafoulabé », se sont portés volontaires. Il s’agit du président du Conseil communal des jeunes (CCJ), Karamagan Diallo, du 2ème vice-président du CCJ, Adama Traoré, deux membres de la société civile Sékou Dembélé et Issa Samaké. Les anciens de Bafoulabé ont formulé des prières pour les marcheurs et ont béni leur action. L’évènement fait la une de la presse locale et sur les réseaux sociaux. Bafoulabé est érigé en chef-lieu de Cercle depuis 1887 et le premier créé au Mali. Grâce à sa position géographique, puisque traversé par les fleuves « Bafing » et « Bakoye », le cercle qui relève de la Région de Kayes (Ouest) reste enclavé. Pour s’y rendre ou en sortir, les riverains ainsi que les visiteurs empruntent la pirogue ou le bac fluvial. La situation d’insécurité fait que beaucoup attendent le bac pour traverser le fleuve. Aujourd’hui, ce bac n’est plus en mesure d’assurer la mobilité de la population. Car, il tombe fréquemment en panne. Le mouvement « Je suis les ponts et routes du Cercle de Bafoulabé », est né le 11 décembre 2022, pour revendiquer la construction de ces infrastructures dans le Cercle. C’est ce mouvement qui a initié la marche, de Bafoulabé à Bamako, pour venir, dans la capitale malienne, exprimer le cri du cœur de la population au président de la Transition, le colonel Assimi Goita. La population considère que la réalisation d’un pont sur le fleuve Sénégal sera l’amorce du développement de leur cercle. De sa création à nos jours, le cercle de Bafoulabé reste dans un statu quo en termes de développement. Un bureau de 27 membres a été mis en place et est présidé par la présidente de la société civile locale, Salama Sakiliba. Le 14 décembre, le mouvement, au cours de sa rencontre a installé un bureau dans les 13 Communes du cercle, décidé de la marche à pieds de Bafoulabé à Bamako et de la date du 6 février 2023 pour son départ, du choix des marcheurs ainsi que d’informer les autorités politico-administratives de locales et la presse. Les marcheurs sont attendus, le 21 février 2023, à Koulouba où une correspondance a été envoyée, le 23 janvier, par les soins de la présidente du mouvement, demandant une audience au président de la Transition. Auparavant, le bureau a demandé aux ressortissants du Cercle de Bafoulabé résidant à Bamako d’appuyer cette demande d’audience présidentielle. BM/MD (AMAP)
Le Mali déclare persona non grata le directeur de la Division des droits de l’Homme de la MINUSMA
Bamako, 06 fév (AMAP) Le gouvernement malien a déclaré persona non grata le directeur de la Division des droits de l’Homme, à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Guillaume Ngefa-Atondoko Andali. « L’intéressé devra quitter le territoire national dans un délai de 48 heures », annonce le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, dans un communiqué rendu public, dimanche. La même source indique que le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a notifié le fonctionnaire onusien de cette mesure qui « fait suite aux agissements déstabilisateurs et subversifs de Guillaume Ngefa-Atondoko Andali, en violation flagrante des principes et obligations que doivent observer les fonctionnaires des Nations Unies et tout diplomate accrédité au Mali, conformément aux conventions internationales pertinentes. » Le texte rappelle qu’ « à l’occasion des différentes sessions du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Mali, les actions de Guillaume Ngefa-Atondoko Andali ont consisté à sélectionner des usurpateurs s’arrogeant le titre de représentant de la société civile malienne, en ignorant les autorités et les institutions nationales. » Outre « la sélection de ces individus recrutés pour faire des exposés sulfureux », le gouvernement souligne que le directeur de la Division des droits de l’Homme de la MINUSMA « n’a jamais réussi à prouver les critères objectifs qui lui ont permis d’identifier les représentants de la société civile qu’il a utilisés. » « La partialité de Monsieur Andali a été encore plus manifeste lors du dernier examen du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Mali », accuse le communiqué. Selon le gouvernement malien, Guillaume Ngefa-Atondoko Andali aurait réussi « à trouver une dame qui a accepté de jouer le rôle d’usurpateur en s’exprimant le 27 janvier 2023 au nom de la société civile malienne. » « La conspiration était d’autant plus grande que l’organisation dont se réclame l’usurpatrice est une Association étrangère non déclarée et ne dispose d’aucun droit d’exercer au Mali », relève le gouvernement. Selon lui, « ce forfait a été dénoncé respectivement par plusieurs acteurs dont le Conseil national de la société civile et la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (CAFO). » Bamako exprime sa disponibilité à maintenir le dialogue et à poursuivre la coopération avec l’ensemble de ses partenaires. Ce, conformément aux 3 principes du président de la Transition, « à savoir le respect de la souveraineté, le respect des choix stratégiques et des choix de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. » SS/MD (AMAP)
Réunion préparatoire du 49e Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCI prévu à Nouakchott
Bamako, 6 fév (AMAP) Les travaux de la réunion préparatoire à la 49ème session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des Etats (CMAE) de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), prévue les 16 et 17 mars prochain, à Nouakchott, en Mauritanie, ont démarré dimanche 5 février 2023, au siège du Secrétariat général, à Djeddah, annonce un communiqué de l’OCI. Dans une allocution à la réunion par, le Secrétaire général de l’OCI, Hissein Brahim Taha, a déclaré que la cause palestinienne, qui est la question centrale de l’Organisation, « connaît des développements dangereux et graves, qui ont été discutés récemment par le Comité exécutif dont les recommandations seront suivies. » Il en sera de même de la situation en Afghanistan « l’un des principaux points de la session extraordinaire du Comité exécutif qui a pris à son sujet une série de recommandations, telles que le maintien des contacts avec les autorités de facto à Kaboul, par l’entremise de son Envoyé spécial, et l’organisation d’une deuxième visite de la délégation des Oulémas. » Concernant la question du Jammu-et-Cachemire, M. Taha a fait observer que le Secrétariat général et son Envoyé spécial pour le Jammu-et-Cachemire, l’ambassadeur Yousef Aldobeay, s’attellent à la mise en œuvre du plan d’action adopté par le Groupe de contact sur le Jammu-et-Cachemire, lors d’Islamabad, en marge de la 48e session du CMAE. Sur un autre plan, le Secrétaire général a réaffirmé le soutien indéfectible de l’OCI à la République d’Azerbaïdjan, « en ce qui concerne la question du Haut-Karabakh ». Il a, ensuite, réitéré la poursuite des efforts pour la paix, la sécurité, la stabilité et le développement au Yémen, en Syrie, au Soudan, en Libye, dans les pays du Sahel et du Lac Tchad, en République centrafricaine, au Mozambique, en Guinée, au Burkina Faso et en Somalie. Il s’est, entre autres, félicité des efforts déployés « pour le renforcement de l’unité de l’Irak, de son intégrité territoriale et de sa reconstruction. » Dans le domaine humanitaire, Hissein Brahim Taha, a indiqué que le Secrétariat général de l’OCI a poursuivi son rôle de coordination de l’action humanitaire à mesure que ses défis redoublent d’ampleur. Il a, également, fait observer que des efforts sont en cours pour la convocation d’une conférence des donateurs pour la Région du Sahel et du Lac Tchad. Le Secrétaire général adressé ses « sincères félicitations à la République islamique de Mauritanie » pour avoir pris la présidence de la présente session, avant d’exprimer sa profonde gratitude à la République islamique du Pakistan « pour les efforts combien louables qu’elle a déployés au cours de son mandat à la tête de la quarante-huitième session. Hissein Brahim Taha a rendu un « vibrant hommage » au royaume d’Arabie saoudite, pays du siège, et président du 14ème Sommet islamique, « pour le soutien généreux qu’il apporte à l’OCI et l’intérêt majeur qu’il accorde à ses activités. » MD (AMAP)
Le ministre russe des Affaires étrangères à Bamako pour une visite de deux jours
Bamako, 5 fév (AMAP) Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à la tête d’une forte délégation, effectuera une visite d’amitié et de travail de deux jours au Mali, du 6 au 7 février 2023, annonce dimanche un communiqué officiel malien. La visite de M. Lavrov, sur invitation de son homologue malien, Abdoulaye Diop, une première d’un ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie au Mali, « s’inscrit en droite ligne du choix politique opéré par le gouvernement malien d’élargir et de diversifier les partenariats stratégiques. » Cela, conformément aux principes clés guidant désormais l’action publique au Mali. Selon le communiqué, cette visite « matérialise la volonté ferme des deux chefs d’État malien et russe d’impulser une nouvelle dynamique aux relations d’amitié et de coopération bilatérale », avec un accent particulier sur le renforcement du partenariat dans les domaines prioritaires, notamment de la Défense et de la Sécurité ainsi que de la Coopération économique, commerciale et culturelle. Dans cette perspective, ajoute la même source, cette visite « permettra de renforcer le dialogue politique de haut niveau entre les deux pays et de renouveler l’engagement mutuel de consolider le partenariat stratégique en faveur de la paix, de la sécurité et du développement. » Une rencontre entre les deux ministres suivie d’une séance de travail élargie aux deux délégations, une conférence de presse, un déjeuner de travail et une audience auprès du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, sont au programme de la visite du chef de la diplomatie russe. SS/MD (AMAP)

