Spécial 22 septembre 2022-Fonction publique de l’État et des collectivités territoriales : Opération fichier propre

Par Mohamed D. DIAWARA Les autorités de la Transition ambitionnent de parvenir à une base de données fiable pour les deux systèmes. Le but est de maîtriser les effectifs des agents et la masse salariale. Et surtout de lutter efficacement contre la fraude. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? L’assainissement des bases de données de la Fonction publique de l’état et des collectivités territoriales est l’un des chantiers phares du gouvernement de Transition. Cette action s’inscrit dans le cadre du projet Système intégré de gestion des ressources humaines de la Fonction publique de l’état et des collectivités territoriales (SIGRH), lancé le 24 mai dernier, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Il a pour objectif de doter ces deux entités d’un système de gestion des ressources humaines (GRH) intégrant les données du Recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec). Le projet avance à un rythme soutenu. Le président de la sous-commission gestion des ressources humaines du projet SIGRH, et porte-parole du Comité technique d’exécution du projet, Mamadou Konta, explique que l’assainissement du fichier des deux fonctions publiques interviendra à la fin de la phase de recensement de leurs agents, lancé le 1er septembre dernier. Cette opération s’étalera de septembre à novembre 2022 à travers l’intégration des données du Ravec. En ce qui concerne les 400 enseignants fictifs, Mamadou Konta explique qu’il s’agit des agents dont la situation d’irrégularité avait été découverte lors de la transposition du personnel enseignant par la direction des ressources humaines du secteur de l’éducation dans la grille annexée à la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018 portant Statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Depuis, ajoute-t-il, beaucoup ont procédé au reversement des sommes indument perçues, à la suite d’une mission de contrôle effectuée par le Contrôle général des services publics. 118.748 FONCTIONNAIRES – Le président de la sous-commission gestion des ressources humaines du projet SIGRH pense qu’au lieu de fonctionnaires fictifs, il s’agit plus de fonctionnaires réels. Ces derniers, indique-t-il, profitent des failles du système de gestion administratif et salarial et de la négligence de certains gestionnaires, pour percevoir à un moment donné les salaires qui auraient dû être payés à 2 voire 3 personnes. Mamadou Konta relèvera aussi que le chiffre approximatif de 400 concerne ceux dont les situations avaient été documentées en 2018 lors de la transposition. Il signale que nombre d’entre eux n’appartiennent plus au corps des enseignants parce qu’ils ont accédé à d’autres corps en se présentant à différents concours. Et d’ajouter que l’ampleur de ce phénomène ne pourrait être mieux appréhendée qu’à la fin du projet SIGRH, prévue pour juillet 2023. À l’état actuel des bases de données des deux fonctions publiques, précise-t-il, notre pays compte 118.748 agents, soit 54.802 agents pour la Fonction publique d’État et 63.946 pour celle des collectivités territoriales. Selon lui, le SIGRH procède de la volonté du gouvernement de Transition de réussir une refondation du Système de gestion des agents de l’état et des collectivités territoriales par la constitution d’une base unique intégrant les données biométriques de chaque agent. Il ajoute que tout cela participe du processus de refondation de l’état, avec la création des bases d’une modernisation de la gestion de l’administration publique.  Le président de la sous-commission relève que le SIGRH permettra d’avoir une  meilleure maîtrise des effectifs et de la masse salariale. Ses objectifs spécifiques visent notamment à disposer d’une base unique de données fiables sur les effectifs de l’état et des collectivités territoriales, de  lutter contre la fraude et de réaliser des économies sur les budgets de l’état et des collectivités territoriales. En perspective, le projet ambitionne l’intégration des données du Ravec, l’enrôlement des agents, la production des cartes d’agents publics.  En outre, le porte-parole du Comité technique d’exécution du SIGRH affirme que la fin de ce projet sera assortie de la disponibilité au niveau des deux fonctions publiques et de tous les services chargés de la GRH d’une base de données unique et fiable, integrant les données du Ravec et interconnectés.  Il explique aussi que les deux fonctions publiques sont confrontées à des difficultés liées à l’absence d’interconnexion entre les structures chargées de la GRH de l’état d’une part et celles chargées de la GRH des collectivités territoriales d’autre part, et de l’absence d’un fichier unique pour la gestion des salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales. Le responsable de la sous-commission estime à plusieurs milliards de Fcfa, la perte qu’engendre la gestion inefficace des ressources humaines pour l’État.  MDD (AMAP) Encadré : Relever le défi de la transparence Le gouvernement de la Transition a placé le concours d’entrée à la Fonction publique de l’État au titre de l’année 2021 sous le signe de la transparence. Il entendait ainsi promouvoir la culture de l’excellence dans l’administration publique et procurer des services de qualité aux usagers de l’administration publique malienne, a indiqué la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paul Diallo, lors du lancement du concours. Sur 883 postes, 807 ont été pourvus sur la base du mérite. Les 76 autres sont restés vacants. Les postulants à ces postes n’étaient pas nombreux et ceux qui ont concouru n’ont pu obtenir la moyenne d’admission minimale requise, c’est-à-dire 10 sur 20.  L’admission du vendeur de noix de coco, Abdoulaye Diabaté, a fait le tour des réseaux sociaux. Son cas a été cité en exemple par beaucoup de nos compatriotes comme une preuve de transparence dans l’organisation de ce recrutement de fonctionnaires.  Le directeur du Centre national des concours de la Fonction publique, Dr Ousmane Magassy, s’inscrit dans la même vision. Il assure que les résultats ont été unanimement acceptés. «Nous avons diffusé un communiqué, appelant ceux qui ne sont pas satisfaits à faire des réclamations sur les notes. Les huissiers de justice, commis par les intéressés, ont certifié la conformité des notes données», révèle le patron du Centre qui soulignera aussi que cette année, l’authentification des diplômes des admis a été pointilleuse, avant d’inviter la

Special 22 septembre-Représentativité des femmes : L’impossible application de la loi 052 ?

Par  Mariam A, TRAORE Votée et promulguée en décembre 2015, cette loi instituant les mesures pour promouvoir le genre dans les fonctions nominatives et électives peine à être appliquée. De nombreux facteurs font obstacle à une application effective de cette disposition législative La problématique de la faible représentativité des femmes dans les instances décisionnelles demeure d’actualité dans notre pays. Cependant, de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, à Beijing en 1995, à ce jour, le combat pour l’égalité des genres a fait du chemin au Mali. En effet, des engagements internationaux ont été paraphés, d’importantes lois et autres textes adoptés au plan national notamment la loi  n° 2015-052 du 18 décembre 2015, instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives. Malgré les efforts, sept ans après son adoption, l’écart reste grand entre femmes et hommes, au niveau des fonctions électives et nominatives. Faisant une analyse de l’application de ladite loi, Moussa Drissa Guindo, magistrat en détachement et expert en genre, souligne que grâce à cette loi, le nombre de femmes élues conseillères municipales et parlementaires a triplé. « Désormais, de Kayes à Kidal, les femmes ne sont plus des instruments électoraux pour les hommes politiques », estime celui qui est aujourd’hui conseiller technique au ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine.  PRATIQUES DISCRIMINATOIRES – Cette disposition législative, appelée « loi Oumou Ba », du nom d’une ancienne ministre, a de son avis eu un impact positif lors des élections communales de 2016 et les législatives de 2020. En effet, la loi a permis à plus de 200 femmes d’être élues conseillères, lors de sa toute première application, lors des élections communales de 2016.  Par ailleurs, pour la 6è législature, 41 femmes ont été élues. Ce qui équivaut à 29,44 % des élus de l’Assemblée nationale. Ce taux est légèrement inférieur aux 30%, recherchés par la loi n° 052. Mais le progrès est net par rapport aux élections législatives de 2013 où seulement 14 femmes ont été élues, selon le Centre national de documentation et d’information sur la femme et l’enfant (CNDIFE).   Comment expliquer le faible impact de cette loi depuis 7 ans ?  Moussa  Drissa Guindo qui était au moment du vote de ladite loi conseiller juridique au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, répond que si à Bamako, les élues profitent bien de l’application de la loi, ce n’est pas toujours le cas dans les endroits les plus reculés du Mali.   Le faible impact de la loi n° 052 est inacceptable, s’indigne notre interlocuteur. Qui pointe du doigt le manque de volonté politique. Il ajoute aussi des entraves structurelles causées par des pratiques discriminatoires comme les barrières socioculturelles, le poids des préjugés et les perceptions culturelles concernant le rôle des femmes, le fonctionnement des partis politiques, le manque de promotion des candidates, la difficulté à obtenir une position éligible, le système électoral qui limite le renouvellement du personnel politique. Autant  de facteurs pesant sur la prise de décision et l’investissement des femmes dans la sphère politique. Les femmes sont handicapées aussi par un faible accès à l’éducation et à la formation, les responsabilités familiales incompatibles avec les activités politiques, le manque de moyens financiers et de réseau de solidarité.  Notre spécialiste pointe du doigt le non respect de la loi lors de la mise en place des gouvernements successifs de 2016 à 2022. « Cette violation est flagrante rien qu’à voir les décrets de nomination qui sont loin de respecter cette loi historique pour la promotion de la femme malienne », déplore-t-il.  FAIBLE QUALIFICATION – Cet état de fait qu’il assimile à un manque de vigilance devra, pour lui, trouver sa solution dans la mise en place d’une structure indépendante du genre observatoire pour le contrôle des nominations par décret, par décision et par arrêté au niveau du gouvernement.  Moussa  Drissa Guindo souligne par ailleurs le fait que la plupart des partis politiques conviennent de la nécessaire implication des femmes dans la politique, mais celles-ci occupent rarement des postes clés dans les organes de décision telle la présidence, le secrétariat général, etc. « En dehors de quelques cas, les femmes jouent dans les partis politiques des rôles d’animation lors des rassemblements ou sont chargées des affaires sociales et de la mobilisation sociale des membres. Il faut également souligner que les femmes sont beaucoup plus visibles dans les organisations de la société civile que dans les partis politique », fait-il remarquer. Autre entrave à l’application de la loi : les partis exigent que les candidats à la candidature fassent la preuve de leurs capacités financières.  Moussa Drissa Guindo conseille, en guise de solution, de mettre l’accent sur la sensibilisation surtout dans les régions, cercles et communes. « Il faut aussi et surtout que l’Etat s’implique beaucoup plus pour les postes de nomination », préconise-t-il, estimant que l’esprit de cette loi n’est pas bien compris. Ce qui a conduit à beaucoup d’interprétations. Si cette loi favorise certes la représentativité des femmes, elle n’est nullement faite uniquement pour les femmes. « La loi permet d’appuyer l’égalité entre hommes et femmes. Il faudra aussi qu’on ait les 30% des femmes qualifiées et prêtes à exercer », fait observer notre spécialiste, soulignant la faible qualification professionnelle des femmes.  Moussa Drissa Guindo exhorte les femmes à se battre pour arracher l’application effective de la loi n° 052. « Cela est l’expression d’une volonté politique car cette loi donne aux hommes et aux femmes le même droit de représentativité aussi bien dans les décisions administratives que politiques », rappelle-t-il. La loi n° 052 ne doit pas être perçue comme un cadeau fait aux femmes. Il s’agit plutôt d’un simple instrument juridique pour l’équilibre de la vie en société.  MAT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Femmes politiques : Nouvelle génération, grandes ambitions

Par Mariam A. TRAORE Elles sont jeunes dynamiques et très engagées pour se faire une place au soleil sur l’échiquier politique. Pour y arriver, elles n’ignorent pas que la gent féminine ne doit plus se contenter d’applaudir les hommes Les Maliennes ont une présence remarquable dans la vie politique. Mais généralement, elles sont sollicitées pour leur capacité de mobilisation. Et rarement pour jouer les premiers rôles. Voilà pourquoi, les femmes sont faiblement représentées dans les instances de décision. Pendant longtemps, la gent féminine était cantonnée dans le rôle de « bétail électoral ». Une nouvelle génération de femmes politiques est résolument décidée à changer cette situation. Ces jeunes femmes aux ambitions bien affichées, ne veulent plus se contenter d’applaudir des hommes politiques lors des échéances électorales. Elles comptent se tailler une place au soleil sur l’échiquier politique. Nullement inhibées par leur condition de femme dans une société qui leur fait peser de nombreuses pesanteurs, elles sont cheffes de partis ou cadres des regroupements politiques. La nouvelle race de femmes politiques aux dents longues illustre bien les mutations sur la scène politique. La nouvelle tendance se traduit par une prise de conscience due aux différentes stratégies mises en place par les autorités et leurs partenaires pour plus de représentativité des femmes aux postes électifs et nominatifs. En la matière si la loi sur la promotion du genre adoptée en 2015 représente un espoir, sa mise en œuvre et la détermination des femmes sont les principaux gages de leur réussite politique.  L’un des résultats visibles de cet engagement est l’augmentation du nombre d’élues communales, qui est passé de 900 à plus de 2000 de 2009 à 2016. Même si ce chiffre reste en deçà des attentes des femmes, cela démontre un changement positif vers l’amélioration de la représentativité des Maliennes dans les postes électifs. Mme Zeïnab Eveline Jacques : «Mon ambition est d’accéder à la magistrature suprême» La présidente de l’Alliance vision d’avenir est aussi vice-présidente du regroupement Action républicaine pour le progrès (APR). D’une voix bien assurée, elle affiche clairement son ambition. « Mon ambition en tant que femme politique,  c’est d’accéder dans les années à venir à la magistrature suprême. Je travaille pour cela », révèle-t-elle fièrement.  Candidate malheureuse lors des législatives de 2020, notre chef de parti assure qu’elle répondra présente lors des échéances électorales prochaines.  Son engagement et sa détermination ne lui font pas oublier les défis auxquels les femmes politiques font face dans notre pays. Selon elle, ces contraintes ne sont pas nouvelles. « C’est à nous d’inverser la tendance, de nous battre pour avoir notre mot à dire lors de l’élaboration des listes électorales », souligne celle qui a une claire conscience des nombreux défis à relever. En terme de défis, elle cite en premier lieu le fait que nos réalités culturelles mettent la femme au-dessous de l’homme. Donc, en tant que femme politique, il faut travailler deux fois plus pour arriver à un résultat honorable. Notre interlocutrice évoque également les harcèlements.  Mme Zeïnab Eveline Jacques invite les femmes à s’armer de courage et de détermination si elles ambitionnent de se faire de une place dans le domaine politique. Notre leader politique compte sur la sensibilisation pour faire comprendre aux femmes qu’elles ont leur mot à dire et un rôle primordial dans la construction et le développement de leur pays. Pour elle, les femmes doivent avoir du cran pour se mettre au devant de la scène politique. Celle qui envisage de se porter candidate lors des élections prochaines, assure qu’elle compte faire en sorte que dans son parti et regroupement politique il y ait  beaucoup de femmes candidates. A défaut d’un consensus, notre interlocutrice fonde l’espoir sur l’application stricte de la loi n° 052 instituant des mesures  pour promouvoir le genre dans les fonctions nominatives et électives.  Mme Diakité Djegué Kane Diallo : «Les femmes doivent être beaucoup plus solidaires» La présidente du parti Alliance malienne pour le développement durable en Afrique (AMADA-ECOLO) évoque d’entrée de jeu les problèmes auxquels les femmes politiques font face dans notre pays. Pour elle, les contraintes sont sociales, financières et un manque de leadership des femmes.  Les femmes qui réussissent à surmonter les pesanteurs socio-culturelles voient généralement leur élan brisé par le problème du financement, souligne notre interlocutrice. Qui estime que  même si la loi sur le genre garantit aux femmes une meilleure représentativité sur les listes de candidature, la réalité est loin d’être reluisante.  Il y a des conduites contraires à ses dispositions. Ainsi, pour bénéficier d’une bonne place sur la liste, les partis exigent une certaine capacité financière. « Et le faible pouvoir d’achat des femmes les empêche d’y prétendre », déplore-t-elle. C’est pourquoi lors des élections à venir, Mme Diakité entend mettre en avant son expérience afin de sensibiliser les femmes au sujet des candidatures féminines.  Notre leader politique estime qu’il y a un besoin de sensibilisation contre la propension des femmes à se mobiliser contre les candidatures féminines. « Nous devons être plus solidaires, unies pour contraindre les hommes à nous faire de la place », préconise celle qui demande à toutes les femmes politiques du Mali à ne pas se laisser influencer par les hommes. « Nous devrions nous battre pour défendre nos idéaux dans la paix et dans la cohésion sociale », a conclu Mme Diakité Djegué Kane Diallo.  MAT (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Réformes politiques et institutionnelles : Le socle du Mali koura

Par Issa DEMBELE Nouvelle Constitution, nouvelle loi électorale, relecture de la charge des partis politiques, réorganisation territoriale, tout est mis en œuvre pour l’avènement d’un Mali nouveau, afin de combler l’espoir de nos compatriotes Neuf mois après la tenue des Assises nationales de la refondation (ANR), une chose est perceptible : l’amorce des reformes politiques et institutionnelle. Les autorités de la Transition répondent ainsi à une demande forte des Maliens qui conviennent de la nécessité de rénover le cadre politique et réadapter les textes fondamentaux, dont l’usage a fait apparaître des insuffisances. Nombreuses sont en effet les exigences suscitées par la marche du temps et les péripéties sociopolitiques. L’étendue du besoin de reformer est tel que dès l’abord, les autorités ont estimé qu’elles devaient s’en tenir aux reformes «indispensables». Il s’agit de l’élaboration d’une «nouvelle Constitution» et d’une «nouvelle loi électorale», la relecture des «textes connexes à la Constitution et à la loi électorale» et la «réorganisation territoriale».  La loi n° 2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale constitue la «colonne vertébrale» de cet ensemble de reformes devant permettre à notre pays de repartir sur de bonnes bases. Sa promulgation par le président de la Transition a marqué le début de la matérialisation de ces chantiers dont les durées d’exécution sont indiquées dans un chronogramme consensuel. Tout le processus se veut inclusif, afin d’en finir avec la hantise des crises politiques. Les acteurs politiques et sociaux sont au rang des interlocuteurs privilégiés dans cette recherche du consensus.  INSTITUTIONS SOLIDES – Ainsi, la nouvelle loi électorale se met en œuvre dans une démarche consensuelle. L’on s’attèle, concomitamment,  à l’élaboration de l’avant-projet de la nouvelle Constitution, pour laquelle une Commission de rédaction a été mise en place par décret présidentiel n°2022-0342/PT-RM du 10 juin 2022 pour une durée de deux mois. L’équipe doit mettre en adéquation la norme suprême et les exigences de la réalité. Il le faut au regard des lacunes révélées, au prisme de la pratique démocratique, par la Constitution de 25 février 1992. La fragilité des institutions de la 3è République n’est plus à démontrer. La nouvelle loi fondamentale, dont l’avant-projet devait être remis au chef de l’Etat le 12 septembre dernier, est donc censée apporter une certaine solidité à nos Institutions. Et dans cette optique, les préconisations faites par les forces vives sont multiples. Elles ont été recensées par la Commission de rédaction, conformément aux instructions du président de la Transition. L’étape des écoutes a été bouclée le 8 août dernier. Reste que l’idée d’aller vers une nouvelle Constitution ne fait toujours pas l’unanimité. Me Cheick Oumar Konaré, qui est de ceux-là qui trouvent nécessaire la reforme, soutenait, dans un débat télévisé en juin, que l’un des éléments à intégrer dans la Constitution est la régionalisation. La question du mandat des élus devrait également y trouver une place, car «l’origine de l’échec de notre processus démocratique est due au fait que le peuple est dépouillé de ses pouvoirs au profit des représentants élus et du fait que ces représentants n’ont même pas l’obligation de rendre compte…».  De son côté, Me Baber Gano, secrétaire général du RPM, plaidait, lors d’une réunion du Cadre de concertation, une révision à minima. Comme le RPM, les partis Adema-Pasj, Yelema ou encore la Cenas-Faso Hère estiment que des dispositions de l’actuelle loi fondamentale peuvent être améliorées, corrigées ou amendées sans remettre en cause sa substance. Il reviendra aux Maliens de trancher, à la faveur du scrutin référendaire annoncé pour le 19 mars 2023.  TEXTES CONNEXES – Le gouvernement engagera alors, à partir de juin 2023, la relecture de quatre textes connexes à la Constitution et à la loi électorale. Les deux premiers sont relatifs au Comité national de l’Egal accès aux médias d’Etat (loi n°93-001 du 6 janvier 1993) et à la Cour constitutionnelle (loi n°97-010 du 11 février 1997). Le troisième texte (loi n°02-010 du 5 mars 2002) concerne les membres de l’Assemblée nationale et le troisième est la loi n°05-047 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques.  La charte retient beaucoup plus les attentions, puisqu’elle définit les règles relatives à la formation, à l’organisation et au financement des partis. Nombre de Maliens sont d’avis qu’il faut arrêter la déliquescence de nos formations politiques qui se conçoivent surtout comme des instruments au service de la promotion personnelle de leurs leaders. La relecture de la charte et des autres textes permettra d’intégrer les «outils et les dispositions qui renforcent les partis politiques, la présence des femmes en leur sein», expliquait en mai dernier Mme Sylla Fatoumata Dicko, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Reformes politiques et institutionnelle.  Le dernier chantier majeur, est celui de la réorganisation territoriale. Déjà en cours, elle vise uniquement à opérationnaliser les régions et le District de Bamako créés par la loi n°2012-017 du 2 mars 2012 portant création de circonscriptions administratives en République du Mali. En conséquence, elle ne «comportera aucune nouvelle création de Région ou de District», précise le département en charge de l’Administration territoriale. Elle ne saurait non plus « comporter de création de nouvelles communes sauf cas d’impérieuses nécessités». Le pays comptera alors 1 District, 19 régions, 156 cercles, 466 arrondissements et 807 communes. L’avantage, c’est que l’administration sera plus proche des populations. Celles-ci accéderont alors facilement aux services sociaux de base.  En plus de ces réformes, plusieurs stratégies nationales sont élaborées dans le cadre de la refondation. On peut citer la stratégie nationale garantissant la dépolitisation de l’administration. Cela est une nécessité, car aujourd’hui, les nominations, les affectations et les recrutements sont très souvent des outils de rétribution pour les partis à leurs «électeurs» au détriment des cadres valables.  ID (AMAP)  

Spécial 22 septembre 2022-Organisation des élections générales : Le tandem autorité indépendante et administration territoriale

Par Madiba KEITA Les missions de lAIGE et de l’Administration sont clairement définies par la loi. Mais le bon fonctionnement du duo sur le terrain reste à prouver. Les futures joutes électorales en seront un test Adoptée le 17 juin 2022 par le Conseil national de Transition (CNT) après un débat  houleux voire passionné, la nouvelle loi électorale a été promulguée par le chef de l’État une semaine plus tard. La principale innovation est la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) qui a pour mission l’organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales. à ce titre, elle s’occupe notamment de la confection, de la gestion, de la mise à jour et de la conservation du fichier électoral ; de la réception et de la transmission des dossiers de candidatures relatifs aux élections des députés, des conseillers nationaux et des conseillers des collectivités territoriales.  La loi confie aussi à l’organe unique les opérations de dépouillements des bulletins de vote ; le recensement des votes ; la centralisation,  la proclamation,  la publication des résultats provisoires des scrutins par bureau de vote et de la transmission des procès-verbaux. Y compris l’acheminement à la Cour constitutionnelle, des procès verbaux des consultations référendaires, présidentielle et législatives, accompagnés des pièces qui doivent y être annexées, en rapport avec les représentants de l’État. Cependant l’organisation des élections n’est pas seulement l’affaire de l’AIGE. En effet, l’article 5 de la loi électorale précise que le ministère chargé de l’Administration territoriale a pour mission d’appuyer l’AIGE. À ce titre, elle est chargée de l’organisation technique et matérielle des opérations référendaires et électorales ; de la révision des listes électorales ; de la création, de l’emplacement  et du ressort des bureaux de vote en rapport avec l’AIGE ; de la gestion du matériel et de la logistique des opérations référendaires et électorales et de la conservation du matériel après les élections.  Le ministère chargé de l’Administration territoriale s’occupe également de la mise en place du matériel et des documents électoraux, en rapport avec l’AIGE, du financement public des partis politiques etc. À l’extérieur, la coordination de l’AIGE bénéficie du concours de l’ambassade et du consulat. Comment le duo AIGE et ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD) va-t-il fonctionner sur le terrain ? Faut-il s’attendre à des conflits de compétence ou d’intérêt ? À ce propos, nous avons approché le directeur général de l’Administration du territoire.  RÉFORMES MAJEURES – Pour Abdoul Salam Diepkilé, il est clair qu’avec la nouvelle loi électorale, le MATD, la Délégation générale aux élections (DGE) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui étaient impliqués dans l’organisation des élections, vont céder la place à l’AIGE. Contrairement au ministère en charge de l’Administration territoriale qui continuera d’apporter un appui technique à l’organe unique, la DGE et la CENI vont complètement disparaître.  « Il y a des questions essentielles qui reviendront encore au ministère en charge de l’Administration territoriale, conformément à l’article 5 de la loi électorale. Par exemple la création et l’emplacement des bureaux de vote reviennent  aux représentants de l’État dans les circonscriptions électorales. Ils appuient aussi l’AIGE dans le suivi et la supervision de l’ensemble des opérations de vote et de la gestion du matériel électoral», explique le directeur général de l’Administration du territoire.  Pour Abdoul Salam Diepkilé, l’Administration territoriale continuera aussi d’effectuer les opérations de révision annuelles des listes électorales. À cet égard, les démembrements du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, les préfets et les sous-préfets continueront à légaliser les actes conformément à la loi n° 64-21/AN/RM du 15 juillet 1964 déterminant les modalités des légalisations en République du Mali.    À la question de savoir si les circonscriptions électorales seront déterminées en fonction du nouveau découpage administratif, le directeur général de l’Administration du territoire rappelle qu’en 2012, notre pays a connu des réformes majeures en matière d’administration du territoire. Il y a eu la loi n° 2012-006 portant principes fondamentaux de l’organisation administrative du territoire.  Il y a eu, ensuite, la loi n° 2012-017 portant création de circonscriptions administratives et la loi n° 2012-018 portant création des cercles et arrondissements des régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Ménaka et Taoudéni.  « La loi n° 2012-017 précise dans ses dispositions transitoires que les 11 nouvelles régions seront opérationnalisées sur une période de 5 ans. Dix ans après l’adoption de cette loi, malheureusement les cercles et les arrondissements des autres régions n’ont pas pu être créés. Pas par manque de volonté, car le ministère, depuis 2014, a mis en place des commissions de travail. Ces commissions sur la réorganisation territoriale avaient pour objectifs de pouvoir procéder à la création de ces circonscriptions administratives : cercles et arrondissements des nouvelles régions. Malheureusement, les différents processus entamés n’ont pas pu aboutir. C’est dans ce cadre que cette commission a été réactivée, en 2021, par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. à ce jour, les conclusions des travaux de la commission sont déposées sur la table du gouvernement», relève Abdoul Salam Diepkilé.  Selon notre interlocuteur, le ministère en charge de l’Administration territoriale et l’ensemble du gouvernement sont en train de s’investir, aujourd’hui, pour que les élections de sortie de la Transition se tiennent sur la base du nouveau découpage territorial.  TRANSPARENCE ET CRÉDIBILITÉ – Pr Fousseiny Doumbia est le secrétaire général de l’Association malienne de droit constitutionnel et professeur de droit public et de sciences politiques à l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako. Selon l’universitaire, la volonté de mettre en place un organe unique chargé de la gestion des élections avait suscité beaucoup d’espoirs dans le rang de l’ensemble des acteurs du processus démocratique, eu égard à la multiplicité des structures impliquées dans l’organisation des élections et au coût très élevé des élections.  Toutefois, de l’avis du Pr Doumbia, l’organe unique de gestion des élections a été trahi aussi bien dans son esprit que dans sa lettre par la nouvelle loi électorale, contrairement aux résolutions du Dialogue national inclusif, des concertations nationales

Spécial 22 septembre 2022-Sécurité et élections : L’énorme challenge  

Par Massa SIDIBE La situation sécuritaire dans le pays demeure préoccupante. Malgré les efforts des Forces de défense et de sécurité. Organiser des scrutins dans ces conditions n’est pas sans difficulté. Relever le défi est une obligation car l’avenir du pays en dépend Entre mars 2012 et août 2020, le Mali a connu deux interruptions de l’ordre constitutionnel. D’une certaine manière, l’on pourrait admettre que les conséquences de la dégradation de la situation sécuritaire et des ratés découlant de l’organisation des élections expliquent, peu ou prou, les raisons de la déliquescence de l’État ayant entraîné la chute des deux derniers régimes démocratiques. Sans doute, au nombre des poutres qui vont soutenir l’édifice Mali Koura figurent la sécurisation du pays et l’organisation des élections crédibles et transparentes. Il n’est donc point fortuit que le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire et l’organisation des élections générales soient les premier et troisième axes du Plan d’action du gouvernement (PAG).   En fin juin 2022, le gouvernement présentait le chronogramme de la Transition devant s’achever en février 2024 par l’organisation de l’élection présidentielle. Par-delà plusieurs autres facteurs, la tenue de scrutins crédibles et transparents reste fortement tributaire d’un contexte sécuritaire favorable. Concilier les impératifs liés au respect des délais de la Transition et les réalités du terrain, notamment la variable sécuritaire est le défi auquel font face les autorités.  L’organisation d’élections transparentes est un indicateur fort de la réussite de la Transition. Il reste que prétendre relever ce défi sans l’adhésion des forces politiques serait une gageure. Il n’est donc point surprenant que chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta ait, à cet égard, constamment prôner le rassemblement et l’inclusivité. La reprise des travaux du Cadre de concertation entre le ministère de l’Administration territoriale et la classe politique entre sans doute dans cette dynamique. Qui plus est, l’accueil favorable réservé à la nouvelle loi électorale par nombre de responsables politiques est également un point positif à prendre en compte. La plupart des acteurs politiques sont d’autant plus confiants que ce texte prend en charge une de leurs revendications qu’est la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (Aige).  CONSENSUS – La réalité est que l’Armée est sur une pente ascendante. Dividendes tangibles de la stratégie de diversification des partenaires et d’établissement d’alliances stratégiques en matière de défense et de sécurité, les récentes acquisitions des équipements militaires ont en effet considérablement contribué à accroitre les capacités opérationnelles de notre outil de défense. La posture offensive adoptée par nos hommes a permis de neutraliser des centaines de terroristes et détruire leurs sanctuaires. Présent à la Conférence pour la sécurité internationale à Moscou, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants saluait l’espoir né suite à cette pacification progressive, malgré quelques actions d’éclat des terroristes. Ainsi, a relevé le colonel Sadio Camara, près de 100.000 réfugiés et déplacés internes sont retournés dans leurs villages.  Ces acquis obtenus sur les plans politique et sécuritaire offrent-ils des garanties suffisantes pour la tenue des élections transparentes et moins contestées ? Acteurs politiques et universitaires se prononcent, ci-dessous, sur ce sujet d’intérêt national.       Si la tendance de l’amélioration progressive de la situation sécuritaire était maintenue, nul doute que les prochains scrutins auront lieu à date et dans des conditions acceptables. Cette situation est saluée par la quasi-totalité des dirigeants politiques de notre pays. Toutefois, concèdent-ils, parvenir à assurer une sécurité optimale sur l’entièreté du territoire relève presque de l’impossible. Face à de possibles facteurs impondérables, il apparait indispensable de construire un consensus entre les acteurs concernés autour de l’essentiel. “Je pense qu’il faut un consensus pour pouvoir organiser les élections même si toutes les conditions ne sont pas là. Et accepter les résultats avec ce qu’on connait par rapport à la situation globale du pays”, préconise Ibrahima N’Diaye, 2è vice-président de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), une formation politique qui est membre du M5-RFP. Ce serait plus grave, pense-t-il, de lier l’organisation de ces élections à une situation dont on n’a pas la maitrise. Le porte-parole du parti Yelema est convaincu que le type d’insécurité qui est là ne peut être définitivement combattue en quelques années. Hamidou Doumbia insiste sur le respect du chronogramme qui contient le retour de l’administration dans les zones d’insécurité. “Donc, c’est un engagement pris par les autorités de la Transition pour être dans le temps et pouvoir organiser les élections en toute sécurité”, rappelle le responsable politique.  La question du respect du chronogramme retient également l’attention du représentant du Cadre d’échanges des partis et regroupements politiques  pour une Transition réussie. Un argument supplémentaire sur la possibilité de tenir ces élections dans les délais nourrit la conviction de Amadou Aya : l’organisation récente par le gouvernement du Recensement général de la population et de l’habitat sur une bonne partie du territoire. “Donc, organiser des élections, c’est beaucoup plus simple que faire un recensement de la population et de l’habitat sur l’ensemble du territoire”, déduit-il. En appui à cet argumentaire, Amadou Aya martèle que la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution vient de sillonner l’ensemble du pays pour organiser des fora. Il exhorte en revanche les autorités à diligenter la mise en place de l’Aige.    S’il admet que tenir les élections est absolument nécessaire, le président de la Coalition des forces patriotiques (Cofop) est d’avis qu’il faut plus d’espace sécurisé pour que les potentiels candidats puissent bien battre campagne. “Depuis 2012, nous sommes dans cette situation de ni paix ni guerre où le pays est complètement envahi par des terroristes et des malfrats de tout poil. A partir de ce moment, le problème d’élections, ce n’est pas seulement aller mettre le bulletin dans l’urne”, tempère  Abdoulaye Amadou Sy. Le souvenir du rapt de l’ancien chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé, alors en campagne électorale, vient conforter l’attitude de prudence mise en avant par le dirigeant politique.    REDÉPLOIEMENT – Montée en puissance de l’Armée, construction du consensus et présence des représentants de l’Etat résument

Spécial 22 septembre 2022,-Elections générales : Un nouveau dispositif législatif

Par Dieudonné DIAMA Organe unique de gestion des élections, loi électorale, charte des partis politiques, loi régissant le nombre des sièges de députés… une batterie de nouveaux textes législatifs et réglementaires est en gestation pour encadrer les scrutins. L’objectif est de prévenir les crises post-électorales qui ont émaillé la vie politique des vingt dernières années Dans le Programme d’action du gouvernement (PAG), le deuxième axe porte sur les réformes politiques et institutionnelles, tandis que le troisième est consacré à l’organisation des élections générales. En effet, l’axe 2 consacré aux réformes politiques et institutionnelles prévoit, entre autres actions, la tenue des Assises nationales de la Refondation (ANR), la relecture intelligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation,  la poursuite du processus de réorganisation territoriale, du chantier de la régionalisation, la révision de la Constitution, etc. Pour l’axe 3 qui porte sur l’organisation des élections générales, les actions sont la création de l’organe unique de gestion des élections, la relecture des textes régissant le processus électoral notamment, la loi électorale, la Charte des partis politiques, la loi régissant le nombre des sièges de députés, etc.   Ces réformes que doit conduire le gouvernement de transition ont déjà connu quelques avancées. Le 17 juin 2022, le Conseil national de Transition (CNT) a adopté une nouvelle loi électorale, promulguée une semaine plus tard par le chef de l’état, le colonel Assimi Goïta. Pour expliquer le bien-fondé de l’adoption de cette loi, le président de l’organe législatif, le colonel Malick Diaw avait, à l’ouverture des travaux, déclaré que notre pays a souffert des multiples insuffisances et lacunes relevées dans la gestion des élections. Pour lui, il a été sérieusement éprouvé suite aux nombreuses crises post-électorales engendrées par cette défaillance du système électoral en place. « Au regard des défis de refondation de notre pays notamment en matière électorale est apparue la nécessité voire l’obligation de doter le Mali d’une nouvelle loi électorale et d’un organe unique de gestion des élections », avait souligné le président du CNT, pour qui, l’objectif est l’adoption d’un système électoral robuste destiné à éradiquer les contestations à répétition des résultats des élections dans notre pays. Cette nouvelle loi adoptée par le CNT apporte comme principale innovation, la création de l’organe unique de gestion des élections appelé Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Cet organe aura comme  missions, l’organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales. à ce titre, l’AIGE sera chargée, entre autres, de la confection, de la gestion, de la mise à jour et de la conservation  du fichier électoral, de la réception et de la transmission des dossiers de candidatures relatifs aux élections des députés à l’Assemblée nationale, des conseillers nationaux et des conseillers des collectivités territoriales, des opérations de dépouillement des bulletins de vote, de recensement des votes, de centralisation, de proclamation, de publication des résultats provisoires des scrutins par bureau de vote et de la transmission des procès-verbaux.  Ses missions concerneront également la gestion des observateurs nationaux et internationaux, l’acheminement des procès-verbaux des consultations référendaires, présidentielles et législatives accompagnés des pièces qui doivent y être annexées à la Cour constitutionnelle. En outre, l’AIGE sera chargée de la centralisation des résultats des consultations électorales communales, régionales, des cercles et du district de Bamako et de la conservation des procès-verbaux, du suivi et de la supervision de la révision des listes électorales à l’occasion des opérations référendaires et des élections dans les conditions prévues par cette nouvelle loi. Elle s’occupera, par ailleurs, de la confection, de la personnalisation, de l’impression et de la remise des cartes d’électeurs biométriques à l’occasion des opérations référendaires et des élections, du suivi de la campagne électorale, des opérations de délivrance des procurations de vote, du déroulement des opérations de vote, de l’élaboration du budget des consultations référendaires et électorales, etc.  AVANCEES – En plus de cette loi déjà adoptée et promulguée, le processus pour la rédaction d’une nouvelle Constitution a déjà été lancé par les plus hautes autorités du pays.  En effet, une commission a été créée le 10  juin 2022 et installée dans ses fonctions  le 12 juillet le  président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. De cette date à ce jour, ladite commission a mené la phase des écoutes avec les chefs des institutions, la classe politique, la société civile avant de conclure par la phase régionale. La commission qui a un mandat de deux mois doit  rédiger un avant-projet d’une nouvelle Constitution qu’elle remettra au chef de l’Etat  courant ce mois de septembre. Après de nombreuses tentatives infructueuses de  révision, cette nouvelle Constitution qui est une aspiration profonde du peuple malien devra corriger les insuffisances constatées dans le fonctionnement des institutions et dans la pratique démocratique dans notre pays.     Suite à la fixation du délai supplémentaire de la Transition à 24 mois à compter du 26 mars 2022 par le colonel Assimi Goïta, le gouvernement a déjà proposé un chronogramme pour l’organisation des différentes échéances électorales qui doivent boucler cette période d’exception pour notre pays. Ce chronogramme a fait l’objet de débats au niveau du Cadre de concertation national qui regroupe la classe politique et la société civile le 28 juin dernier sous la présidence du colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation non moins actuel Premier ministre par intérim.  Sur la base de ce chronogramme, l’adoption du projet de loi référendaire par le CNT est annoncée pour le jeudi 24 novembre prochain. Les Maliens seront appelés aux urnes, le dimanche 25 juin 2023, pour élire les conseillers des collectivités territoriales. Ensuite, le 19 juillet de la même année, le collège électoral sera convoqué pour l’élection des députés, dont le premier tour se tiendra le 29 octobre et le second tour, le 19 novembre 2023. Pour l’élection du président de la République, les deux scrutins (1er et 2è tours) sont annoncés respectivement pour les 4 et 18 février 2024. Tandis que l’élection des députés à l’Assemblée nationale est prévue pour le dimanche 29 octobre 2023 en

Spécial 22 septembre 2022-Edito : Détermination

Par B. TOURÉ Les Maliens aspirent à un changement profond dans la gouvernance du pays. Cette aspiration, les dirigeants de la Transition en ont fait la boussole de leur action. Leur détermination surprend nos partenaires les plus familiers et étonne souvent nos compatriotes.  De la détermination, il en faut pour mener à bien le changement profond que les Maliens appellent de leurs vœux. Le pouvoir intérimaire entend y parvenir en choisissant comme moyen d’action la refondation, avec comme finalité le renouveau du Mali. Le changement est constamment sur les lèvres – il est utilisé abondamment dans les programmes politiques – mais pour sa traduction dans la réalité, il faut avoir le cœur à l’ouvrage. Tout changement engendre des bouleversements, des chamboulements, des chambardements dans nos habitudes, dans notre comportement, et même souvent dans notre position sociale et notre statut professionnel. Un adage de chez nous illustre bien les sacrifices à consentir : «une nouvelle dent pousse dans la douleur». Détermination et courage vont de pair pour poser les jalons du Mali nouveau. Rompre avec la France avec fracas exigeait une certaine détermination et une bonne dose de courage. Le pouvoir actuel a administré la preuve que le Mali ne s’en laisse pas compter. Quel que soit l’interlocuteur en face. L’ambassadeur de France a été expulsé. Le corps expéditionnaire militaire français, présent dans notre pays depuis de longues années, a dû plier bagages dans une atmosphère délétère. Le Mali a résolument tourné le dos à un partenaire historique et la France est en passe de perdre pied dans une zone d’influence qui tenait lieu de laboratoire de sa présence militaire en Afrique de l’ouest.  Les troupes maliennes, par leur détermination, sont en train de démontrer que le vide sécuritaire, tant redouté après le départ de Barkhane, n’est pas impossible à combler. Le syndrome afghan envisagé par certains observateurs n’était donc qu’une vue de l’esprit ? La situation sécuritaire reste préoccupante mais on est loin du chaos pronostiqué par certains oiseaux de mauvais augure. Concernant les réformes politiques et institutionnelles, pour mettre le métier sur l’ouvrage, il fallait être animé d’une bonne détermination. Certains observateurs en étaient arrivés à conclure à l’impossibilité de réviser la Constitution de 1992. Tant les échecs se sont multipliés ces vingt dernières années. Les présidents Alpha, ATT, IBK ont tous échoué à corriger les faiblesses constatées dans le texte de loi fondamentale. La transition actuelle semble avoir trouvé la parade à la guigne qui contrecarrait les initiatives. Au lieu de changer la constitution, il a été décidé de changer de constitution. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Un fait incline à l’optimisme. Les voix, qui s’étaient élevées contre le projet d’une nouvelle constitution, ne sont plus audibles. Il en est de même de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Il y a un an, la polémique faisait rage sur l’opportunité d’une telle structure. Devant la détermination des tenants du projet, les sceptiques ont dû mettre de l’eau dans leur «gnamakoudji». L’Autorité est bien créée ; il reste à la mettre au travail. Ce qui n’est pas la moindre des tâches. Le processus d’adoption d’une nouvelle loi électorale s’est accompagné d’une confrontation sur du velours entre l’exécutif et le législatif. Là aussi, la détermination a été un facteur important. Le CNT en a fait montre pour faire subir au texte du gouvernement un toilettage à grande eau. Au-delà des frictions, le résultat est patent. Les prochaines élections seront encadrées par un nouveau texte législatif. Remède efficace contre les crises post-électorales ? Attendons la mise en pratique. La détermination porte les actions dans le domaine de la coopération et dans le processus des réformes. Quid des sacrifices que les Maliens, du sommet à la base, se doivent-ils de consentir pour la bonne cause? Sur ce plan, le tableau est moins attractif. Les soutiens des dirigeants ont été forcément froissés voire incommodés par les bruits de casseroles dans l’attribution des logements sociaux. Les ricanements n’ont pas manqué du côté des contempteurs. Il faut davantage de sacrifice pour faire taire les tintamarres qui s’élèvent, de temps à autre, autour des marchés. Le changement passe nécessairement par l’abandon de certains péchés mignons. La crédibilité de la lutte contre la corruption en dépend.  Aujourd’hui, les citoyens sont fondés à exiger l’orthodoxie. Plusieurs corporations ont consenti leur part de sacrifice en mettant en sourdine les revendications catégorielles. Les structures publiques, pour la plupart, subissent stoïquement les restrictions budgétaires. La hausse des prix de certains produits de grande consommation est vécue sans trop d’acrimonie. Il est vrai que la fibre patriotique et la souveraineté en bandoulière incitent à se serrer la ceinture.  Entre les facteurs exogènes négatifs et nos propres turpitudes, le processus de transition doit se frayer un chemin vers la sortie de crise. Reculer devant l’adversité ? Pas question ! BT (AMAP)

Le Premier ministre malien par intérim sera devant la 77è session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York

Envoyé spécial Madiba KEITA  Bamako, 21 sept (AMAP) Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, s’adressera, samedi, à la tribune de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York, ont annoncé des sources officielles maliennes. Le colonel Maïga, aura, également plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. «Un tournant décisif : des solutions transformatrices face à des défis interconnectés», est le thème de cette 77è session de l’Assemblée générale de l’ONU qui a débuté, le 13 septembre 2022, au siège de l’Organisation, à New York. Les délégations de 193 pays membres des Nations unies sont dans la grande métropole américaine pour présenter leurs priorités et échanger sur les grands enjeux mondiaux, comme la guerre en Ukraine, la lutte contre l’extrémisme violent, les changements climatiques, la sécurité alimentaire, le développement de l’Afrique, l’accès à l’éducation ou encore l’égalité entre femme et homme. À la tête d’une forte délégation comprenant notamment le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop,  le colonel Abdoulaye Maïga, s’adressera, au nom du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le samedi 24 septembre 2022. Selon un diplomate, qui a requis l’anonymat, le discours du chef du gouvernement par intérim sera axé, en grande partie, sur les priorités des autorités de la Transition, à savoir la reconquête du territoire national en luttant contre le terrorisme, les réformes politiques et institutionnelles et la tenue des élections générales. Le but étant d’avoir l’adhésion et l’accompagnement de la communauté internationale pour l’atteinte des objectifs que la Transition s’est fixé, en vue de répondre aux aspirations profondes du  peuple malien. «Le Mali a d’autres dossiers à l’ONU, comme par exemple la plainte contre la France pour violation répétée de son espace aérien et pour son aide à des groupes terroristes, en termes de renseignements et d’équipements. Mais l’Assemblée générale n’est pas le lieu pour débattre de ce genre de dossier. Cela se fait en rencontre bilatérale ou dans un autre cadre», explique notre source. En dehors de son discours à la tribune de l’Assemblée générale, le Premier ministre par intérim aura plusieurs rencontres dans le cadre bilatéral, notamment avec les dirigeants du Qatar, des Etats-Unis d’Amérique et de la Communauté des États sahélo-sahariens (CENSAD). La rencontre la plus attendue est celle avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, autour de plusieurs sujets. Déjà, le 18 septembre 2022, dans une interview accordée à France 24, M. Guterres a annoncé qu’il rencontrerait la délégation malienne présente à New-York  pour aborder la situation des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali. «On est en contact permanent avec les autorités maliennes. Je vais recevoir la délégation du Mali. Pour moi, c’est une chose qui est importante. Il faut résoudre ce problème», a déclaré le Secrétaire général de l’ONU. Le chef de la diplomatie malienne est arrivé à New York, depuis le début de la semaine, pour mener des efforts en soutien à la Transition au Mali.  À cet effet, Abdoulaye Diop a, successivement, rencontré, le lundi 19 septembre 2022, ses homologues du Rwanda, Vincent Biruta, et du Sénégal, Mme Aïssata Tall Sall. Lors de ces deux rencontres, les échanges ont, essentiellement, porté sur le renforcement de la coopération entre le Mali et ces pays ainsi que le processus de Transition devant aboutir au retour à un ordre constitutionnel apaisé et sécurisé au Mali. En dehors du thème global, la 77è session de l’Assemblée générale des Nations unies va être marquée par un sommet sur la transformation de l’Education. Il s’agit d’une réunion de haut niveau pour célébrer le 30è anniversaire de l’adoption de la Déclaration sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques Il y a aussi un sommet ministériel sur l’information et la démocratie, un sommet sur la lutte contre les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne, un sommet ministériel pour l’information et la démocratie et une réunion ministérielle au Conseil de sécurité sur l’Ukraine. MK/MD (AMAP)         

Mali-Guinée Conakry : le colonel Mamady Doumbouya attendu cet après-midi à Bamako

Bamako, 21 sept (AMAP) Le président de la Transition guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya, est attendu à Bamako, ce mercredi après-midi, pour sa première sortie à l´extérieur de la Guinée, depuis sa prise du pouvoir en septembre 2021, selon des sources officielles. Le colonel Doumbouya assistera, aux côtés de son homologue et hôte, le colonel Assimi Goïta, à la célébration du 62e anniversaire de l´accession du Mali à l’indépendance. Il sera accueilli à l’aéroport président Modibo Kéïta Senou-Bamako par le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta. Ce sera en présence des membres du gouvernement malien, des présidents des institutions de la république du Mali  et des corps constitués,  du chef de la mission diplomatique et consulaire guinéenne à Bamako,  Abdoulaye Fofana, accompagné du président  du Conseil des Guinéens au Mali, El hadj Sytta Camara. Cette visite officielle du président de la transition guinéenne à Bamako coïncide avec la célébration du 62e du Mali indépendant, le jeudi 22 septembre. Elle vise aussi à renforcer les liens de coopération et de fraternité entre les deux pays. Selon la presse guinéenne, les deux personnalités pourraient, également, aborder le sujet des soldats ivoiriens détenus au Mali, depuis plusieurs mois déjà. Et la proposition de bons offices du colonel Doumbouya  à son homologue malien. Les deux Chefs d’Etat harmoniseront, aussi, leurs positions pour  la réussite des transitions qu´ils conduisent à la tête de leur pays respectif. Le colonel Mamady Doumbouya rencontrera la Communauté guinéenne  au Mali, selon les mêmes sources. MD (AMAP)