Un peu plus de 4 000 000 de Fcfa pour faire le pèlerinage 2023 (Maison du Hadj)

Bamako, 12 fév (AMAP) Le coût du hadj, tout frais compris, aux lieux Saints de l’Islam, pour le pèlerinage 2023, est fixé à 4 166 425 Fcfa pour la filière gouvernementale et celle privée à 4 675 000, a annoncé, jeudi, le directeur général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fath Cissé. Dans un communiqué publié, le même jour, indiquant les frais du pèlerinage 2023 et le quota de pèlerins accordé par le royaume d’Arabie saoudite au Mali, M. Cissé annonce que « le quota accordé au Mali est de 13 323 ». Et que les formalités et la formation continue des pèlerins se font au guichet unique de la Maison du Hadj. La même source rappelle que les mesures barrières relatives au corona virus sont levées et le test PCR n’est plus exigé. « Les vaccinations usuelles sont, néanmoins, maintenues. La limitation d’âge est annulée », ajoute le texte. Il est demandé « aux candidats pèlerins ayant un acompte de bien vouloir régulariser leurs inscriptions dans les meilleurs délais en payant la différence. » Le directeur général de la Maison du Hadj exhorte la communauté musulmane à effectuer les formalités « avec célérité pour permettre de leur assurer une formation de très bonne qualité aux rites du hadj. » SS/MD (AMAP)

Axe Bamako-Conakry-Ouagadougou : Les trois capitales s’engagent à renforcer leur partenariat (Communiqué final)

Bamako, 12 fév (AMAP) Les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, se sont engagés, jeudi, à répondre aux aspirations des populations des trois pays et à faire de l’axe Bamako-Conakry-Ouagadougou, un domaine stratégique et prioritaire pour le développement. Dans le communiqué final, rendu public jeudi, au terme de la réunion tripartite tenue, les 08 et 09 février 2023, dans la capitale burkinabè, les trois capitales définissent comme priorités de ce processus « le développement du commerce, des transports, de l’approvisionnement en produits de première nécessité, de la formation professionnelle, du développement rural, de l’exploitation minière, de la culture et des arts, ainsi que de la lutte contre l’insécurité. » En termes de perspectives, ils ont souligné la facilitation de la fourniture en hydrocarbures et en énergie électrique entre les trois pays. « Et le développement du commerce et des transports depuis le port de Conakry jusqu’au Burkina Faso, en passant par le Mali. Ainsi que l’organisation de l’exploitation minière entre les trois pays, la mobilisation des ressources nécessaires en vue de réaliser le projet de construction du chemin de fer Conakry-Bamako-Ouagadougou. » Les délégations à cette rencontre, tenue « dans le cadre du renforcement des liens historiques d’amitié, de fraternité, de solidarité et de coopération » entre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, et sur instruction des autorités des trois pays, « ont passé en revue des sujets d’importance majeure et d’intérêt commun, notamment la réussite des processus de transition devant conduire au retour à l’ordre constitutionnel apaisé et sécurisé. » S’y ajoute la promotion de la bonne gouvernance, la mutualisation des moyens pour relever les défis sécuritaire, économique et humanitaire, le renforcement de leur relation tripartite par la dynamisation de l’axe Bamako-Conakry-Ouagadougou. Ainsi que la concertation sur les questions sous régionales, régionales et internationales. Tout en réaffirmant leur attachement aux objectifs et principes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA), les chefs de délégation « ont noté la nécessité de mettre en place et d’institutionnaliser un cadre permanent de concertation entre les trois pays, la tenue de consultations politiques et diplomatiques au plus haut niveau afin de faire de ce partenariat un axe gagnant pour le bien-être des populations. Et le renforcement de la solidarité en vue d’assurer la sécurité. » S’y ajoute la réhabilitation et la construction des routes internationales entre les trois pays, devant servir de leviers de croissance économique et faciliter la libre circulation des populations et de leurs biens. Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité dans la bande Sahélo saharienne, les délégations burkinabè, guinéenne et malienne « ont relevé la nécessité de conjuguer leurs efforts et ceux des pays de la sous-région et de la région pour faire face à ce fléau. » Mesurant l’ampleur du défi à l’échelle régionale et l’interconnexion des sources de déstabilisation, elles appellent « à une mise en cohérence des actions au niveau régional sur la base des efforts bilatéraux déjà mis en œuvre. » Tout en encourageant la recherche de solutions endogènes aux défis auxquels leurs pays sont confrontés, les ministres ont réaffirmé leur « engagement à examiner tout partenariat qui respecte leur souveraineté et répond aux besoins de leurs populations. Pour ce faire, ils ont réitéré leur attachement aux principes de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. En outre, ils ont « déploré les sanctions imposées de façon mécanique qui ne tiennent pas souvent compte des causes profondes et complexes des changements politiques. » À cet effet, ils ont indiqué que ces décisions de suspension empêchent la participation de leurs pays aux instances statutaires de la CEDEAO et de l’UA « et, particulièrement, celles traitant des défis majeurs auxquels ils sont les plus concernés tels l’insécurité, les questions humanitaires et de développement économique durable. » Concernant l’impact de ces mesures, les trois délégations ont relevé que celles-ci touchent des populations déjà meurtries par l’insécurité et les instabilités politiques, privent la CEDEAO et l’UA de la contribution des trois pays nécessaires pour relever les défis majeurs. « Ces mesures portent aussi atteinte à la solidarité sous régionale et africaine qui constitue le principe cardinal de l’intégration, de la coopération régionale et continentale », ont signalé les trois délégations. À cet égard, elles en appellent à un appui technique, financier, concret et conséquent aux efforts de sécurisation et à accompagner le processus de retour à un ordre constitutionnel normal. » Les trois pays ont convenu « de mutualiser leurs efforts et d’entreprendre des initiatives communes pour la levée des mesures de suspension et autres restrictions. Le président de la Transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a donné des instructions afin de traduire en acte concret la vision commune des trois chefs d’État. Les représentants se sont félicités de la vision commune que partagent leurs trois chefs d’État, et qui « s’inspire de l’engagement panafricain des pères fondateurs et des leaders historiques des trois pays en faveur de la souveraineté, de la paix, de la coopération et de l’intégration des peuples. » SS/MD (AMAP)

Processus de transition au Mali : Le corps diplomatique note des avancées (Doyen)

Bamako, 10 fév (AMAP) Les diplomates accrédités au Mali ont fait savoir, jeudi, lors la présentation des vœux de Nouvel An au chef de l’État, dans la salle des banquets du palais de Koulouba, que le processus de transition connaît des avancées . L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Etat de Palestine au Mali, Hadi Shebli, en sa qualité de doyen du corps diplomatique a fait noter, comme des progrès, « l’adoption de la loi électorale, l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), la finalisation de l’avant-projet de la Constitution et la mise en place de la commission de suivi des réformes. » S’exprimant au nom de ses pairs, Hadi Shebli a exhorté les Maliens à l’union autour du pays « au-delà des clivages, à épouser la recherche des voies et moyens de parvenir convenablement à la réussite de cette Transition». Le doyen Hadi Shebli a lancé un appel pour la reprise du dialogue pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger qui « a connu des difficultés en ces derniers temps. » Selon lui, malgré le contexte «de guerre barbare imposée», le peuple malien est resté debout tout en incarnant la «djatiguiya légendaire». Hadi Shebli a ajouté que la lutte contre le terrorisme exige plus d’efforts et d’engagement, indiquant que l’évolution de cette crise sécuritaire démontre suffisamment qu’il s’agit d’une affaire qui ne concerne pas que les Maliens. Le doyen du corps diplomatique a apprécié la montée en puissance, la détermination et l’engagement des Forces armées maliennes (FAMa) dans le maillage sécuritaire du territoire. Selon lui, le déploiement et l’acquisition d’équipements adéquats « ont favorisé la libération de nombreuses localités du joug des groupes terroristes. » En retour, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a déclaré que le doyen Hadi Shebli aborde les aspects les plus importants de l’action publique au Mali, marquée par le sceau de la refondation de l’Etat et du recouvrement progressif de la sécurité. Mais, aussi, les progrès réalisés par le relèvement économique et social, en passant par la mise en œuvre du processus de paix au Mali ainsi que les avancées politiques et institutionnelles. Toutefois, Assimi Goïta a ajouté que les défis auxquels les Maliens font face sont multiples et complexes. Dans le cadre de la sécurisation du territoire et de la protection des civils, le chef de l’Etat a renouvelé la gratitude du peuple aux FAMa. Selon lui, ces dernières « ne ménagent aucun effort pour ramener la paix et la sécurité au Mali en rendant aux populations maliennes leur dignité. » DES EFFORTS CONVERGENTS – Abondant dans le même sens que le diplomate palestinien, le président Goïta a reconnu que la lutte contre le terrorisme appelle à des efforts convergents. «Dans cette action commune, le Mali demeure déterminé à honorer sa part, toute sa part, de l’effort collectif afin de réduire la menace des attaques terroristes et obscurantistes », a-t-il indiqué. Le chef de l’Etat a rappelé les principes clés de la Transition. Il s’agit du respect de la souveraineté du Mali, du respect des choix stratégiques et des partenaires opérés par le Mali et de la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions. « Rien de plus, mais rien de moins. C’est bien cela que les Maliens attendent de leurs autorités», a insisté le président de la Transition, ajoutant qu’il se réjouit, de plus en plus, que « les partenaires et amis comprennent et adhèrent à cette exigence légitime. » Pour le chef de l’État, l’année 2023 sera celle de la consolidation des acquis politiques et institutionnels. Il a assuré que le gouvernement travaillera à poursuivre la mise en œuvre des réformes initiées. «L’ambition de la Transition est de mettre en place les bases solides en vue de renforcer le processus démocratique par la consolidation de l’Etat de droit, de poursuivre les efforts de redressement de l’économie et d’intensifier les actions orientées vers l’amélioration des conditions de vie des populations», a-t-il expliqué aux diplomates. Et le colonel Assimi Goïta de citer, en guise d’illustrations, la relecture consensuelle de la loi électorale, l’installation de l’AIGE et le projet de Constitution. Il a donné des gages pour le respect des engagements pris pour la tenue d’élections générales. S’exprimant sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le président de la Transition a fait savoir qu’il doit servir d’outil de stabilité durable et non d’effritement du Mali. La présentation de vœux au président de la Transition par les représentations diplomatiques, consulaires et des organisations internationales accréditées au Mali, s’est déroulée en présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw, des présidents des institutions de la République ainsi que de plusieurs membres du gouvernement. NK/MD (AMAP)  

«Nous sommes solidaires du Mali», Minata Samaté Cessouma, Commissaire à la santé, les affaires humanitaires et le développement social de l’Union africaine (UA)

Bamako, 10 fév (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a eu, jeudi, au palais de Koulouba, des échanges sur les questions humanitaires avec le Commissaire à la santé, les affaires humanitaires et le développement social de l’Union africaine (UA), Mme Minata Samaté Cessouma, en séjour au Mali, a constaté l’AMAP. «Nous sommes venus rendre compte au chef de l’État de la mission humanitaire que nous venons d’effectuer au Mali», a indiqué le commissaire de l’organisation continentale qui a indiqué s’être rendue à Gao et Ménaka (Nord) « pour toucher du doigt la réalité du déplacement forcé des populations. » L’hôte de marque a aussi affirmé avoir échangé avec les populations, les autorités maliennes ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux pour voir comment l’UA peut soutenir le Mali dans ses moments difficiles. La visite de Mme Minata Samaté Cessouma a été précédée de celle du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. «Nous sommes-là, justement, dans la suite logique de la mission du président de la Commission de l’UA, en solidarité avec le Mali mais, aussi, en soutien aux autorités de la Transition dans cette difficile gestion de la problématique du déplacement forcé des populations», a souligné le commissaire. La solidarité doit d’abord être africaine, selon Minata Samaté Cessouma qui promis de sensibiliser les responsables de l’UA sur la nécessité de soutenir les pays qui sont en difficulté dont le Mali. L’audience s’est déroulée en présence de la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré. BD/MD (AMAP)

Le Mali, le Burkina Faso et la Guinée veulent mutualiser leurs efforts contre les défis communs

Envoyé spécial Dieudonné DIAMA Bamako, 10 fév (AMAP) Les chefs de la diplomatie du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, réunis jeudi dans la capitale burkinabè, Ouagadougou, entendent traduire dans la réalité la vision des chefs d’État des trois pays de mutualiser leurs efforts sur les questions d’intérêt commun. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, qui a participé à ces consultation, a précisé être venu exprimer, au nom du président Assimi Goïta, « la solidarité pleine et entière du Mali avec le Burkina Faso, avec le peuple burkinabè qui traverse un moment difficile. Mais, également, donner l’assurance que nous sommes dans le même bateau et que nous allons pouvoir continuer ensemble. » «Cette rencontre a été initiée dans le cadre de consultations sur des questions d’intérêt commun aux trois pays», a-t-il relevé, expliquant qu’il s’agit aussi « de travailler ensemble pour resserrer les liens de fraternité et de solidarité qui ont toujours existé entre nos peuples. » Et, également de travailler conformément à la vision du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, du chef de l’État de la République de Guinée, le colonel Mamadi Doumbouya et du président de la Transition du Mali, le colonel Assimi Goïta « pour faire avancer les relations qui existent entre nos pays et contribuer à l’essor des questions qui préoccupent nos populations. » Abdoulaye Diop boucle ce vendredi son séjour de 72 heures à Ouagadougou. Arrivé mercredi, dans la capitale burkinabè, le chef de la diplomatie malienne a été accueilli à sa descente d’avion par ses homologues des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, Olivia Ragnaghnewendé Rouamba, et guinéen, Dr Morrissanda Kouyaté. S’adressant à la presse, le ministre Diop s’est dit heureux d’être au pays des hommes intègres à l’invitation de son homologue burkinabè au même titre que le chef de la diplomatie guinéenne. «C’est la première fois que j’arrive au Burkina Faso depuis la lutte héroïque du peuple burkinabè qui a conduit au processus de rectification pour pouvoir recouvrer la souveraineté et l’intégrité territoriale de ce pays frère qui est confronté aux mêmes défis que nos pays», a déclaré le chef de la diplomatie malienne. Jeudi, dans la matinée, les travaux de la rencontre tripartite au niveau des ministres des Affaires étrangères ont débuté par une séance de travail. Les trois ministres ont, ensuite, été reçus à la mi-journée par le président de la Transition du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à la présidence. Les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée ont poursuivi leur séance de travail pendant plusieurs heures dans les locaux du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur. DD/MD (AMAP)  

Le ministre Abdoulaye Diop à Ouagadougou pour un Sommet tripartite Mali-Guinée-Burkina Faso

Bamako, 09 fév (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop est arrivé, mercredi, à Ouagadougou (Burkina Faso), pour participer, ce jeudi, à une rencontre tripartite entre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, dans le cadre de consultations politiques sur des sujets d’intérêt commun, indiquent des sources officielles. Le sommet devrait aborder « le renforcement des liens historiques et d’amitié séculaires entre les États, notamment dans le domaine économique, commercial et culturel », indiquent les mêmes sources. La mutualisation des moyens et des intelligences dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la sous-région est au centre des priorités des trois pays. Premier du genre, cette rencontre intervient dans un contexte de transition politique que vivent les trois pays marqué par leur suspension de toutes les instances de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et bien d’autres organisations régionales. À son arrivée, en début de soirée, Abdoulaye Diop a été accueilli à l’aéroport international de Ouagadougou par le ministre des Affaires étrangères de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Mme Olivia Rouamba, et le chef de la diplomatie guinéenne, Dr Morissanda Kouyaté. AT/MD (AMAP)

Bamako : Le fléau des déchets toxiques

Bamako, 09 fév (AMAP) Chaussé de tongs, Zoumana zigzague entre les débris de verre et de sacs plastiques qui tapissent son champ. « Attention, des serpents peuvent s’y cacher», prévient-il. Depuis quatre ans, l’agriculteur de 31 ans fait pousser du maïs sur cette terre située dans la commune de Sénou, un quartier en bordure de Bamako proche de l’aéroport. Mais ses cultures sont étouffées par des centaines de kilos de déchets des foyers de la capitale, acheminés en tracteurs ou dans des charrettes, et déversés sauvagement sur sa parcelle. Zoumana se bat, sans succès, pour tenter d’endiguer le phénomène. « J’appelle régulièrement le poste de gendarmerie, mais rien n’y fait, les charretiers glissent un billet et ça recommence le lendemain», se désole-t-il. Son histoire n’est pas un cas isolé. Sur les images satellites, l’aéroport international du Mali est cerné de taches grises qui signalent la présence de décharges sauvages. Au niveau des mairies d’arrondissement de Bamako, il n’existe pas de benne, ni d’entreprises mandatées pour la gestion des déchets. Le plus souvent, les ménages souscrivent individuellement des abonnements auprès de petits groupes d’intérêt économique (GIE) qui se chargent de l’affaire. Abdoulaye Diakité travaille pour l’une de ces entités. Accompagné de son fils âgé d’une dizaine d’années et de son âne, il décharge une montagne de détritus non loin de la route qui longe l’aéroport, où l’urbanisation galopante de la capitale n’a pas encore rogné les terrains. Il le reconnaît : « Ici ce n’est pas un dépôt, et cela me fait mal au cœur, mais il n’y a pas d’autre choix. » Faute d’espace aménagé, « il y a une prolifération anarchique de décharges autour de l’aéroport et dans beaucoup d’autres endroits», regrette Amadou Camara, ancien patron de la direction nationale de l’assainissement. En 2008, deux sites avaient pourtant été identifiés sur chacune des rives du fleuve Niger. Plus de dix ans plus tard, ils ne sont toujours pas opérationnels et «les gens font ce qu’ils veulent, du moins ce qu’ils peuvent. Les charretiers déposent aux points les plus proches d’eux », constate l’ex-directeur. Ces déversements illégaux induisent un «risque aviaire», souligne-t-il, car « les ordures attirent les oiseaux, dangereux pour le décollage comme pour l’atterrissage des avions. » Les déchets ne proviennent pas que du centre de la capitale. Limitrophe de l’aéroport, le quartier général de la Mission des Nations unies au Mali, la Minusma, aurait une part de responsabilité dans cette accumulation de détritus. C’est en tout cas ce qu’avancent les riverains et les travailleurs sur place. Diakaridia Traoré, patron du GIE qui emploie Abdoulaye et accessoirement ancien maire adjoint de Sénou, affirme ainsi avoir vu un jour des membres de la Mission « déverser tous leurs restes puis les brûler. » Les effets de cette poubellisation du paysage ne sont pas qu’environnementaux. En lieu et place du recyclage, des silhouettes errent dans les décharges improvisées, à la recherche du plastique «lourd». Ces hommes et femmes «ramassent ce qu’ils peuvent vendre puis mettent le feu à ce qui reste», relate Abdoulaye Diakité. Les nuées noires sont fréquentes au-dessus de Bamako. En périphérie de la capitale, les tas d’ordures qui bordent les pistes laissent parfois s’échapper des fumées toxiques. « Les gaz gênent beaucoup de personnes. Cela leur oppresse la poitrine », fait observer Zoumana. (AMAP) Avec Le Monde Afrique

Bamako : Les parcs de pirogues polluent les berges du Djoliba (Fleuve Niger) 

Par N’Famoro KEITA Bamako, fév (AMAP) Les berges du fleuve Djoliba, sur son tronçon longeant le quartier de Sébénikoro dans la capitale malienne, Bamako, en plus d’être littéralement envahies par les habitations, abritent aussi un parc de pirogues de transport du sable. Une véritable industrie artisanale qui est une source de pollution du fleuve et de nuisance pour les riverains. Surtout en période de décrue, moment favorable pour réparer les embarcations de transport du sable pendant la moitié de l’année. Les piroguiers utilisent du goudron en brûlis pour combler les fissures et empêcher l’infiltration de l’eau. La fumée dégagée par des litres de goudron brûlé par jour crée une nuisance qui représente une menace pour la santé publique. Des centaines d’épaves abandonnées dans le lit du fleuve, renferment toutes sortes de déchets qui polluent le cours d’eau et perturbent l’habitat de la faune aquatique. Cette situation est déplorée par Moussa Konta, un habitant du hameau de pêche, à une centaine de mètres de là. Selon le pêcheur, cet endroit du fleuve regorgeait de poissons. Mais aujourd’hui, à cause de cette activité, il est contraint de parcourir des kilomètres pour pêcher. Outre la pollution de l’eau, les riverains subissent quotidiennement celle de l’air, engendrée par l’activité de brûlis du goudron. De l’avis d’un médecin que nous avons approché, cette fumée a laquelle sont exposés les habitants de la zone, est hautement cancérigène. Ce qui explique l’inquiétude de Toumani Sidibé dont la maison se trouve à un jet de pierre. Il dit avoir entrepris beaucoup de démarches auprès des autorités compétentes pour faire cesser l’activité. En vain ! Face à l’obstination des auteurs et l’inaction des pouvoirs publics, Toumani dit s’en remettre à Dieu, pour la santé de sa famille. Amadou Mara, un autre riverain, fustige aussi la fuite de responsabilité de nos services publics chargés de la question, en l’occurrence la Direction nationale de l’assainissement du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN). Ce service a pour missions, entre autres, de constater les infractions à la réglementation sur la protection de l’environnement. « Mais, nous ne voyons aucune utilité à ce service qui, pourtant, dispose de tous les moyens de l’État », regrette le riverain. Ce septuagénaire se souvient qu’aux premières années de l’accession du Mali à l’indépendance, jusqu’au régime défunt de feu Moussa Traoré, cette structure, appelée à l’époque service d’hygiène, était crainte de tous les citoyens. En effet, c’était une véritable police de l’hygiène et de l’assainissement dans les quartiers. « Tous les matins, leurs équipes faisaient le porte-à-porte pour constater l’état de propreté des cours, la gestion des déchets et des eaux usées par les familles », se remémore-t-il. « Ceux qui déversaient leurs ordures ménagères ou leurs eaux usées dans la rue étaient sanctionnés par une forte amende. Donc, on ne pouvait pas songer à un minimum d’insalubrité, a fortiori, la situation de catastrophe écologique à laquelle nous assistons aujourd’hui en cet endroit du fleuve », dit Amara Mara. AUTRE LIEU, MÊME RÉALITÉ – A Djikoroni-para, des riverains du site de sable appelé « tchin tchin bô dankan » (Quai du Sable) vivent le calvaire. Le business du sable y est florissant, mais cette activité nécessite l’utilisation de pirogues qui sont généralement fabriquées ou réparées sur place. Et une fois hors service, ces pirogues restent sur les berges du fleuve. Ainsi, l’on aperçoit des épaves sur plusieurs mètres. Les menuisiers tentent de récupérer sur certaines pirogues abandonnées des planches réutilisables. A notre passage, IB et Daouda s’acharnaient, arrache-clous en main, sur l’une d’entre elles. Ils laisseront dans leur sillage, en fin de journée, une bonne quantité de pointes rouillées. Celles-ci représentent un réel danger pour les pêcheurs, les maraîchers et les petits enfants qui rôdent par là. Nafo Samaké, une maraichère, témoigne : « Il n’y a pas si longtemps, un enfant, venu chercher du bois pour sa maman, a été gravement blessé par une pointe. Le sang giclait de sa blessure». Qu’ils soient de Sébénikoro ou de Djikoroni-Para, les riverains des sites de fabrication de pirogues estiment que les services compétents doivent agir, en appliquant la loi dans toute sa rigueur. Pour Amara Mara, ce n’est qu’en sévissant que les gens se corrigeront et rentreront dans les rangs, pour protéger l’environnement et améliorer le cadre de vie des paisibles citoyens. Drissa Traoré, conseiller technique en charge des questions d’assainissement au ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, rappelle que quand les services de l’assainissement sont saisis par une plainte, ils doivent obligatoirement réagir, en envoyant une équipe de constat sur le terrain. « Si des externalités sont alors constatées et qui nuisent aux populations, les auteurs sont obligés d’apporter des mesures d’atténuation. Dans le cas contraire, les autorités compétentes sont tenues de faire cesser l’activité qui cause ces nuisances. Des brigades sont constituées à cet effet », explique-t-il Compte tenu du nombre insuffisant de leurs effectifs, les services ne peuvent pas assurer convenablement leurs missions. C’est pourquoi, Drissa Traoré conseille « à tout citoyen qui est touché par une nuisance quelconque de saisir les services d’assainissement de sa localité. » « C’est ainsi que nous pourrons circonscrire le mal », estime-t-il. NK/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 08 février 2023

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 08 février 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRE Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des sceaux, le Conseil des ministres a adopté des projets de décret autorisant le changement de nom de famille de Mamadou Baba TRAORE et 16 autres personnes. Les conditions de changement de nom de famille sont prescrites par la Loi n°2011-087 du 30 décembre 2011, modifiée, portant Code des personnes et de la famille. L’examen des dossiers révèle que les demandeurs remplissent individuellement les conditions prescrites par le Code. Les projets de décret adoptés autorisent ainsi le changement de nom de famille pour ces17 personnes. Sur le rapport du ministre des Transports et des Infrastructures, le Conseil des ministres a adopté : des projets de décrets relatifs à la création et au cadre organique des Services régionaux et subrégionaux des routes. La Direction générale des Routes a été créée par la Loi n°2021-039 du 08 juillet 2021 avec pour mission d’élaborer les éléments de la politique nationale dans le domaine des routes et des ouvrages d’art et d’assurer la coordination et le contrôle des activités des services et organismes publics qui concourent à la mise en œuvre de cette politique. Son organisation et ses modalités de fonctionnement sont fixées par le Décret n°2021-0437/P-RM du 09 juillet 2021 qui prévoit la création des services régionaux et subrégionaux des Routes. Les projets de décret sont adoptés dans ce cadre. Ils créent au niveau de chaque Région et du District de Bamako une Direction régionale des Routes et au niveau des Cercles et des Communes du District de Bamako des Subdivisions des Routes avec pour mission d’appliquer la règlementation en matière de routes et d’ouvrages d’art, de coordonner et de contrôler les activités des services qui concourent au développement et à la sauvegarde des infrastructures routières. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement du Conseil malien des transporteurs routiers. Le Conseil malien des transporteurs routiers a été créé par la Loi n°04-040 du 13 août 2004 avec pour mission l’organisation et la représentation professionnelle des transporteurs routiers maliens. Dans son fonctionnement, le Conseil malien des transporteurs routiers est confronté à des difficultés liées notamment à des insuffisances de ses textes de création et d’organisation qui ont eu pour effet de limiter son champ d’action et constituent de sérieuses entraves à l’exécution de ses missions. Les présents projets de texte sont adoptés en vue de corriger ces insuffisances et d’améliorer l’organisation et le fonctionnement du Conseil. Les innovations qu’ils apportent ont trait, entre autres à : – l’énumération exhaustive des missions ; – l’insertion de nouvelles dispositions autorisant la mise en place d’une administration provisoire ; – la restructuration des organes d’administration et de gestion ; – la définition du statut des antennes portuaires ; – la spécification des motivations perçues à l’occasion de l’exercice des fonctions de membre en concordance avec le principe de gratuité de celles-ci ; – l’extension du paiement obligatoire des cotisations à tous les transporteurs routiers maliens agréés et détenteurs de la carte professionnelle. Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement, signé à Bamako, le 12 décembre 2022, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association Internationale de Développement, relatif au financement additionnel du Projet de développement de la productivité et la diversification agricole dans les zones arides du Mali. L’économie du Mali repose essentiellement sur le secteur agricole qui occupe une part importante dans la création d’emplois et de richesses. Malgré ses énormes potentialités, l’agriculture malienne est tributaire des irrégularités pluviométriques, de la fragilité des sols et de l’influence des climats désertique et sahélien. La faible productivité qui résulte de ces défis agricoles, accentue l’insécurité alimentaire et la pauvreté dans les zones arides du pays. Pour faire face à cette situation, le Gouvernement a initié le Projet de développement de la productivité et de la diversification agricole dans les zones arides du Mali. La mise en œuvre de ce projet, dont l’accord de financement initial a été signé en 2018, a enregistré des résultats tangibles dans les zones cibles. Pour consolider les acquis de cette phase initiale, le Gouvernement a sollicité et obtenu de l’Association Internationale de Développement, un financement additionnel sous forme de prêt d’un montant de 30 millions 800 mille Euros, soit 20 milliards 203 millions 475 mille 600 Francs CFA. La réalisation du projet permettra d’améliorer la productivité agricole et de renforcer la résilience des ménages ruraux vivant dans les zones arides ciblées. Sur le rapport du ministre de l’Industrie et du Commerce, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance portant création de l’Usine malienne de produits pharmaceutiques. L’Usine malienne de produits pharmaceutiques est une société d’Etat créée par la loi n°89-11/AN- RM du 09 février 1989 avec un capital de 2,551 milliards de francs CFA entièrement souscrit par l’Etat. Ses statuts sont fixés par le Décret n°92-259/P-RM du 18 décembre 1992. En 1999, l’Etat a autorisé l’ouverture du capital de l’Usine malienne de produits pharmaceutiques à travers la Loi n°99-001 du 25 février 1999. Pour faire face aux difficultés de l’Usine, le Gouvernement a adopté, lors du Conseil des ministres du 18 novembre 2022, un Plan de relance dont la mise en œuvre permettra de relancer les activités de production à travers la réalisation des actions prioritaires ci-après : – la modification des statuts ; – le maintien de la continuité de la production ; – la modernisation

FESPACO 2023 : Le Mali désigné invité d’honneur

Bamako, 08 fév (AMAP) Le Mali a été désigné Invité d’honneur de la 28è édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) par le Comité national d’organisation (CNO) lors de son installation, le jeudi 2 février. Selon le président du CNO, Fidèle Tamini, le choix porté sur le Mali, se justifie à plusieurs titres. « Au regard des réalités des deux pays, de la vision du moment, le Mali était le meilleur partenaire pour être pays invité d’honneur de ce FESPACO », a-t-il expliqué. De même, « c’est un pays de cinéma, suffisamment représenté dans cette 28e édition », a-t-il ajouté. En effet, 10 œuvres cinématographiques maliennes dont des courts métrages, des documentaires, des séries et des films d’écoles ont été sélectionnés pour les différentes compétitions. Le Mali, choisi par les autorités burkinabés, pour l’édition 2023, prévue du 25 février au 4 mars, succède au Sénégal en 2021, le Rwanda en 2019 et la Côte d’Ivoire en 2017. Le remplace, au pied levé, le Togo qui était désigné comme pays invité d’honneur de cette célébration. Le Mali a remporté trois fois le prestigieux Étalon du Yennenga, deux fois avec Souleymane Cissé grâce à ses films « Baara » en 1979 et « Finyè » en 1983 et une fois avec Cheick Oumar Sissoko pour son film « Guimba » en 1995. D’autres réalisateurs comme Adama Drabo, Abdoulaye Ascofaré, Salif Traoré, Momo Cissé, Moussa Ouane, Ibrahima Touré, Léopold Togo entre autres…ont participé au FESPACO. Sur 1 142 films inscrits au total, 170 ont été retenus en sélection officielle pour cette 28e édition dans une dizaine de catégories, notamment les fictions, documentaires, séries, films d’animation, des écoles… Cette édition du plus grand festival panafricain du cinéma dont la première édition date de 1969, est dédiée aux « cinémas d’Afrique et la culture de la paix », avec comme affiche l’image de Sarraounia (la légendaire reine nigérienne, symbole de la résistance contre la colonisation). Dans un monde où le climat sociopolitique reste tendu dans plusieurs pays, cette édition 2023 du FESPACO vise à réfléchir sur comment le cinéma peut contribuer à la culture de la paix, à la réconciliation entre les peuples du monde. Le 28e FESPACO, l’une des plus grandes manifestations cinématographiques du continent africain, organise notamment des projections cinématographiques en zones rurales.     Youssouf DOUMBIA