Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : Le Mali affiche sa détermination lors de la Revue du dispositif national

Bamako, 18 sept (AMAP)  Le gouvernement du Mali a affiché sa détermination dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, lors de la réunion d’évaluation du plan d’action consensuel du dispositif national, tenue lundi dernier, par visio-conférence et en présentiel, selon une source officielle. A l’ouverture des travaux, le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, a  souligné l’importance d’exprimer « la détermination des autorités maliennes à mettre en œuvre le plan d’actions issu du processus International Cooperation Review Group (ICRG) du Groupe d’action financière (GAFI). » « Nous ne ménagerons aucun effort dans ce cadre », a déclaré M. Sanou, cité par un compte rendu de son département parvenu à l’AMAP dimanche. Il a assuré que les conclusions issues du processus ont été communiquées au Conseil des ministres par son département, ainsi qu’à toutes les parties prenantes pertinentes. Ce processus fait suite à l’engagement politique de haut niveau pris par les autorités maliennes en octobre 2021 « à travailler avec le GAFI et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) pour renforcer l’efficacité de la Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) au Mali. La réunion suit celle qui s’est tenue à Saly, au Sénégal, en mai 2022, lors de laquelle le Mali a présenté l’état de mise en œuvre du plan d’action issu du processus de ICRG du GAFI. M. Sanou a signalé « les efforts importants consentis par l’Etat du Mali, dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’actions de l’ICRG, malgré les contraintes majeures causées par l’embargo infligé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le contexte sécuritaire ». Le plan d’action, qui vise l’atténuation des insuffisances du dispositif national LBC/FT, « compte vingt-sept mesures parmi lesquelles trois ont été totalement mises en œuvre et le reste est en cours de réalisation conformément au calendrier d’exécution », selon le ministre de l’Économie et des Finances. Les experts du Comité mixte Afrique/Moyen-Orient du GAFI ont salué l’engagement de haut niveau des autorités maliennes « de tout mettre en œuvre dans la lutte contre la blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ». Cet engagement s’est illustré par la mobilisation de trois ministres, le déplacement de la délégation malienne pour la réunion en présentiel, en Zambie, ainsi que les progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan d’action. « Les résultats appréciables obtenus par le Mali augurent de bonnes perspectives en vue d’une sortie du Mali de la « surveillance accrue » à travers un dispositif national de LBC/FT répondant aux normes de conformité technique et d’efficacité. Le ministre Sanou a réaffirmé l’engagement du Mali à tout mettre en œuvre pour assurer la conformité du dispositif national de LBC/FT aux normes internationales. Alousséni Sanou, accompagné par ses collègues de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, de la Sécurité et de la Protection civile, le général de brigade Daoud Aly Mohammedine, ont pris part aux discussions, par visio-conférence avec les membres du Groupe conjoint Afrique/Moyen-Orient du GAFI, réunis à Livingston, en Zambie. Quant à la délégation malienne conduite par Sékou Amadou N’Douré, chargé de mission au cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, elle était présente en Zambie.  Elle comprenait, également, le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières du Mali (CENTIF-Mali), Idrissa Mahamar Haidara, des cadres des départements en charge de la Justice et de la Sécurité, ainsi que le représentant de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). D’autres représentants de la  CENTIF-Mali, de la Commission bancaire de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et des structures membres de la Commission nationale de coordination des activités de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (CONACA-LBC/FT) ont, aussi, participé par visioconférence. Le GAFI est un organisme intergouvernemental créé en 1989 par les Ministres de ses États membres. Ses objectifs sont l’élaboration des normes et la promotion de l’efficace application de mesures législatives, réglementaires et opérationnelles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres menaces connexes, pour l’intégrité du système financier international. Il a élaboré une série de recommandations qui constituent le fondement d’une réponse coordonnée en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et  la prolifération des armes de destruction massive. Publiées en 1990, ces recommandations ont été révisées en 1996, 2001, 2003 et, plus récemment, en 2012 afin d’assurer qu’elles restent d’actualité et pertinentes.  Elles ont vocation à être appliquées par tous les pays du monde. Le GAFI, entre autres, surveille les progrès réalisés par ses membres dans la mise en œuvre des mesures requises, examine les techniques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme ainsi que les mesures permettant de lutter contre ces phénomènes. MD (AMAP)

Diadié Samassékou prêté par Hoffenheim (Bundesliga) à Olympiakos Le Pirée (Grèce)

Bamako, 17 sept (AMAP) Le milieu de terrain malien de 26 ans, Diadié Samassékou, a prolongé son contrat avec Hoffenheim, jusqu’au 30 juin 2025, et a rejoint le champion de la Grèce, Olympiakos Le Pirée, pour un prêt d’une saison. En ce début de saison, Samassékou n’a disputé que trois matches de compétition (deux en Bundesliga, un en Coupe d’Allemagne) pour 80 minutes. «Diadié était extrêmement mécontent de sa situation sportive actuelle et nous a approchés avec une demande urgente de changement», a déclaré le directeur du football professionnel du TSG Hoffenheim, Alexander Rosen. Et d’ajouter : «Avec la possibilité que Diadié obtienne plus de temps de jeu dans un club de haut niveau comme l’Olympiakos Le Pirée, nous avons trouvé une très bonne solution dans l’intérêt de tous, ce qui nous donne la possibilité de réévaluer la situation après la fin de cette saison. » Cette année, Olympiakos Le Pirée joue la Ligue Europa. L’international malien a rejoint Hoffenheim en 2019 pour 14 millions d’euros (environ 9,1 milliards Fcfa), plus gros transfert du club allemand en provenance de RB Salzbourg (Autriche). Formé à l’Académie Jean-Marc Guillou, il a joué pour Hoffenheim 78 matches de Bundesliga (2 buts, 4 passes décisives) ainsi que deux matches de Coupe d’Allemagne et six matches de Ligue Europa (1 passe décisive). Après donc l’Autriche et l’Allemagne, l’ancien joueur du Réal de Bamako va découvrir le championnat grec. LMD/MD (AMAP)

Sénégal : Amadou Ba nommé Premier ministre

Bamako, 17 sept (AMAP) Le président sénégalais, Macky Sall, a nommé, ce samedi, un nouveau Premier ministre, Amadou Ba, pour la première fois depuis 2019, a annoncé un décret présidentiel. Le poste de Premier ministre avait supprimé en 2019 puis rétabli en décembre 2021. Amadou Ba, ancien ministre des Affaires étrangères, a été nommé par décret présidentiel dans un contexte politique très tendu. Cette nomination intervient cinq jours après une rentrée parlementaire marquée par une série d’incidents qui s’est  achevée sous la garde des gendarmes. Confronté à la hausse des prix, le nouveau chef du gouvernement, ancien ministre des Finances de 2013 à 2019, et des Affaires étrangères entre 2019 et 2020, aura pour mission de mener de «larges concertations» et de prendre de «nouvelles mesures» sur le plan social, a dit, vendredi soir Macky Sall, dans une adresse à la nation diffusée sur la télévision nationale. «Les mesures d’allègement du coût de la vie et de soutien à l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, la lutte contre les inondations et la cherté du loyer resteront pour moi la priorité des priorités», a déclaré le chef de l’État sénégalais. Ces priorités ont été rappelées par le nouveau Premier ministre dans sa première allocution, après la lecture du décret par le secrétaire général de la présidence sénégalaise. AT/MD (AMAP)

Vieux Farka Touré : L’album du retour aux sources

Par Moussa BOLLY Bamako, 16 sept (AMAP) Après avoir exploré plusieurs pistes et expérimenté des genres musicaux afin de se faire une identité musicale propre, Vieux Farka Touré semble désormais décidé à suivre les traces de son illustre père en s’abreuvant aux racines du blues. Et cela avec un album bien nommé : «Les Racines». Une œuvre de dix titres produite sous le label World Circuit et qui est disponible sur toutes les plateformes depuis le 10 juin 2022. «Revenir aux racines de cette musique est un nouveau départ pour moi et je n’ai jamais passé autant de temps ou travaillé aussi dur sur un album. Je savais que ça devait être profond, durable et puissant. J’ai donc pris beaucoup de temps pour réfléchir à comment le faire et le mettre ensemble». C’est la confession faite par Vieux Farka (de son vrai nom Bouréima Touré) à la presse, à la veille de la sortie de son nouvel opus, «Les Racines». Même si son talent est incontestable, le jeu de guitare et les arrangements des œuvres de Vieux Farka Touré s’apparentaient, jusque-là, à un bruyant rock ‘n’ roll (Rock and Roll) qu’aux envoûtantes mélodies des monstres sacrés du blues, comme son père, feu Ali Farka Touré. Au début de sa carrière, l’ambition du jeune artiste était sans doute de s’affranchir de la notoriété de son charismatique et légendaire papa, en s’ouvrant sa propre voie vers la célébrité. Et, il y est parvenu avec plus ou moins de succès avec ses différents albums. Il s’agit notamment de «Vieux Farka Touré» (Modiba/World Village ; 2006), «Fondo» (Six Degrees Records, 2009), «The Secret» (Six Degrees Records, 2011), «Mon Pays» (Six Degrees Records ; 2013) et «Samba» (Six Degrees Records, 2017). Des œuvres qui lui ont  quand même ouvert les portes du showbiz mondial. Et cela à travers un genre atypique défini par certains critiques comme «un syncrétisme musical à base de blues, funk et reggae, agrémenté de tradition malienne». Et cela avec des sources majeures d’influence comme Jimmy Hendrix, James Brown, Michael Jackson, Bob Marley… Ce qui fait que les fanatiques du blues l’écoutaient beaucoup plus par reconnaissance que par admiration. Aujourd’hui, le jeune virtuose de la guitare semble avoir pris conscience de toute sa responsabilité en tant qu’héritier, en tant que fils d’un terroir qui s’est toujours ouvert au brassage, sans jamais y laisser son âme. «Quoi que tu fasses, quel que soit l’endroit où tu pars, quel que soit le domaine où tu évolues, à un moment, tu dois retourner chez toi… Il faut savoir regarder en arrière, vers nos ancêtres», déclare Vieux pour justifier son retour aux sources. SUR LES TRACES DU PERE – Selon des critiques, les dix titres de «Les Racines» dégagent l’exquis parfum d’un «desert blues» pur et accrocheur. «Ça, c’est vraiment la musique que je dois faire. C’est la musique de chez moi, de là où je suis né, de là où j’ai grandi», a-t-il reconnu devant des confrères de la presse internationale. Ce nouvel album marque certainement un tournant décisif dans la carrière de ce talent jovial et taquin. Il propulse sa carrière dans une autre dimension avec des titres captivant comme «Gabou Ni Tie». En plus de le ramener aux racines du blues, reconnaissent des critiques, «ce titre propulse aussi Vieux Farka dans la dynamique de l’engagement artistique» de son regretté père. «Dans mon pays, le Mali, l’éducation traditionnelle est très importante pour remplir par la suite ses fonctions d’adultes. Il s’agit ici d’une jeune fille qui ne veut pas suivre cette éducation ancestrale. Elle passe tout son temps à vagabonder, elle n’écoute pas les conseils de ses parents et ne fait que des mauvaises fréquentations. Là, on lui demande de revenir dans le rang parce qu’on a des valeurs coutumières à respecter. Tu dois respecter tes parents et toute la communauté pour la conservation de nos valeurs traditionnelles», raconte le fils d’Ali Farka à propos de ce titre dans lequel il doit, sans doute, se reconnaître en partie. Quant au titre «Les Racines», il le réconcilie  avec la musique songhaï que des critiques qualifient de «desert blues». Un genre atypique rendu célèbre par le regretté Ali Farka Touré. Une légende qui a su brillamment relever le défi de prouver que les racines du blues sont Afrique, notamment sur les berges du Djoliba (fleuve Niger). Et pour ce virage dans sa carrière, Vieux ne pouvait mieux trouver que «World circuit», une maison de production qui a été le tremplin du rayonnement mondial de son défunt et illustre père. Une première ! «C’est compliqué de travailler avec Nick Gold parce que ce n’est pas n’importe qui : c’est un père pour moi», confesse Vieux. Et d’ajouter, «il a voulu attendre que je fasse d’autres projets avant de collaborer. Pour ce disque, c’est comme si Ali était avec moi, donc c’était une très grosse pression pour moi de travailler avec lui. Nick est très exigeant… Le jour où j’ai enfin soufflé, c’est quand il m’a appelé pour me féliciter pour l’album. C’était comme si Ali Farka venait me dire : mon fils, tu as bien travaillé» ! Un soulagement d’autant plus que, reconnaît le jeune artiste, «quand tu viens d’un monde musical de rock et de pédales… et, soudain, revenir à la tradition, à ce monde de savoir, ce n’est pas facile, surtout quand tu sais que Nick Gold est le producteur. C’était vraiment marcher dans les pas de mon père, sans aucun artifice». Le guitariste virtuose suit également les traces de son père en collaborant sur cet album avec des stars comme Amadou Bagayoko (Gabou Ni Tie) et Madou Sidiki Diabaté (Les Racines). QUETE D’UNE SONORITE ATYPIQUE – Absent des bacs depuis 2017 (l’album Samba), Vieux Farka Touré, a profité du coup d’arrêt imposé par la pandémie du Coronavirus pour faire le point de sa carrière et penser à l’avenir. «J’avais envie de faire un album plus traditionnel depuis très, très longtemps. C’est important pour moi et pour le peuple malien de rester connecté à nos racines et à notre histoire», reconnaît-il. «C’est toute une réflexion qui me travaille depuis très

Le théâtre pour enseigner la citoyenneté dans la Commune de Massigui

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le théâtre de sensibilisation ou théâtre utile a de beaux jours devant lui, surtout dans un pays frappé par une crise multidimensionnelle comme le Mali. Deux pièces de théâtre pour sensibiliser la jeunesse et les populations à la citoyenneté de dix villages de la Commune rurale de Massigui, dans la Région de Dioïla, pas loin de Bamako, la capitale malienne. Voilà la dédicace du comédien Seydou Doumbia. «Jeunesse et cohésion sociale» et «San bèna k’a ko to ngomi yé» ou « Après la pluie, c’est la rosée» des œuvres écrites et mises en scène par un duo bien connu dans le théâtre malien, Aguibou Dembélé et Issa Coulibaly. La pièce «Jeunesse et cohésion sociale» est jouée par onze personnages. Ce sont deux groupes de jeunes issues de mouvements politiques différents, les jeunes du même bord que les autorités communales convient à une réunion avec le camp adverse, initiée par le secrétaire général de la jeunesse communale, pour parler de travaux d’utilité publique qui rentrent dans le cadre de la citoyenneté. Au départ, il y avait la réticence du camp adverse qui pensait que toute personne qui ne milite pas dans le même parti que les autorités ne doit pas contribuer au développement communautaire. Par finir, l’entente revient au sein de la jeunesse, pour le bonheur de la commune. Quant à la deuxième pièce, elle regroupe six personnages et parle d’une incompréhension entre la jeunesse et les personnes âgées aux commandes des affaires communales. Les jeunes pensent que les ainés ne veulent pas aller à la retraite pour céder la place. Chaque partie a des arguments à avancer mais. à travers une initiative prise par les jeunes pour le développement communautaire, les ainés finissent par faire confiance aux jeunes pour préparer la relève. C’est à travers une tournée populaire très suivie que les 17 jeunes, de la Commune qui venaient d’être initiés à l’art dramatique par Seydou Doumbia, lui-même,  ont, non seulement, égayé les populations mais, également les ont sensibilisées sur les enjeux de la citoyenneté. Une tournée qui a eu lieu du 13 au 30 août dernier. En effet, dans le cadre du projet de sensibilisation avec pour thème : « Jeunesse et participation citoyenne au développement communautaire de Massigui », financé par l’ambassade royale du Danemark à travers le Famoc, la troupe a eu des représentations dans dix localités : Massigui, Ndjissembougou, Sérimanbougou, Falla Massara, Toukoro, Sanankoro, Séribala, Togo et Baba. La troupe Sigida est composée  de Oumar Thiero dans le rôle de Barou, Monzon Dembélé dit Jean, Nah Doumbia, Djénébou Coulibaly, Nana Konaté, Boubacar Diossé Doumbia, Maimouna Thiero, Karia Koné, Bintou Sangaré, Mahawa Coulibaly, Drissa Dramé, Konimba Coulibaly, Bakary Coulibaly, Moustapha Doumbia et Drissa Coulibaly. Malgré la saison des pluies qui bat son plein, les populations ont tenu à montrer leur enthousiasme par rapport à un tel évènement. L’initiateur, originaire de Massigui, en était le premier surpris. « A chaque étape, le public est sorti massivement pour envahir les différentes places publiques qui recevaient les représentations. Les enfants, les femmes, les adultes, malgré la fatigue des travaux champêtres de la journée tenaient à venir se faire plaisir à travers les deux pièces de théâtre que nous leur avons proposées, témoigne notre interlocuteur. Le spectacle a eu un tel succès que les 43 autres localités de la Commune de Massigui nous ont sollicité. Malheureusement, le projet ne permettait pas de couvrir ces derniers. » Le projet a pour but de renforcer le degré d’implication et de participation des jeunes à leur propre développement au niveau local. Il consiste à amener la jeunesse à devenir les vrais acteurs du développement de la commune de Massigui. Il doit permettre de renforcer l’engagement de la jeunesse dans l’exercice du leadership et de la citoyenneté. Au cours de la formation, qui a regroupé 90 jeunes, l’accent a été mis sur le leadership des jeunes. Ils doivent être les acteurs du développement local et du bien-être social. Vingt jeunes dont dix filles, y compris les personnes marginalisées, ont suvi la formation dramatique. YD/MD (AMAP)

Amadou Sanogo : Le peintre qui fait voyager le Mali

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le week-end dernier, du 9 au 12 septembre, la célèbre Foire internationale d’art de New York dénommée «Armory Show» a donné l’occasion au Malien Amadou Sanogo de présenter six de ses récentes œuvres au monde entier : Le voyage, Le boubou, Les charmeurs, Le flou, Le maître et Récoltes sombres. Toutes issues de la collection Courtesy Galerie Magnin-A de Paris. « Malgré les rumeurs d’une récession imminente et l’anniversaire du 11 septembre 2001, un grand nombre d’exposants de cette foire ont affiché des résultats spectaculaires », indique Le Quotidien de l’art. Organisé dans le Javit Center, l’Armory Show, qui couvre un espace de 23 mille kilomètres carrés, a reçut  90 exposants de plus que l’an dernier. C’est l’une des plus grandes foires au monde avec plus de 250 mille visiteurs par jour. Notre compatriote, le peintre Amadou Sanogo, dont les œuvres parcourent le monde et font connaître le Mali aux quatre coins de la planète, doit sa présence à cette foire importante à l’originalité de ses créations, à sa célébrité et, en partie à la Galerie Magnin-A de Paris. Une structure reconnue au niveau international. Cette forme de reconnaissance s’explique en partie, d’après l’artiste lui-même, par le fait que nombreuses de ses œuvres sont dans des collections américaines comme The West Collection de Pennsylvania et The Pizzuti Collection de l’Ohio. Et, de plus en plus de professionnels américains de l’art s’intéressent, depuis quelques temps, à son travail. Amadou Sanogo est né au Mali, à Ségou (Centre) en 1977 et vit à Bamako. Il est diplômé de l’Institut national des arts (INA) à Bamako, une école des Beaux-Arts réputée en Afrique de l’Ouest. Dans ses œuvres, Amadou Sanogo raconte l’histoire du Mali, tout autant que des évènements plus récents ou ses expériences de vie. C’est un artiste qui s’exprime avec des symboles d’apparence simples mais qui évoquent des thèmes d’une grande profondeur comme les identités au sein de nos sociétés. SINGULARITÉ – Amadou Sanogo a exposé dans diverses biennales dont Dak’art ainsi que dans de nombreuses foires dont 1.54, Foire d’art contemporain à Londres et à New York ou encore AKAA Foire d’art contemporain à Paris. Ses travaux ont voyagé à travers le monde (Portugal, Sénégal, Belgique, Côte d’Ivoire, France, Maroc, Burkina Faso, Grande-Bretagne). «Je me pose beaucoup de questions sur les paroles bambara, le système de fermeture social malien et même international qui sont des handicaps pour notre développement. Je me demande comment faire pour arrêter cette fermeture». Amadou Sanogo évoque volontiers ses origines : « pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ». Il est l’héritier de cette terre d’histoire, symbole de résistance et dotée d’un riche patrimoine artistique. Obstiné, Amadou Sanogo a trouvé sa voie en dehors de celles qu’on lui avait tracées. On le voulait ingénieur, il a préféré l’INA. Alors « qu’un noble ne doit pas se permettre des activités de griots », il se forme à la technique du Bogolan, tissu emblématique de la culture malienne, avant de se tourner vers la peinture. Contrarié par l’enseignement académique, Amadou Sanogo décide de poursuivre ses recherches plastiques et développer son propre langage. Sa singularité l’amène à collaborer en 2006 avec Simon Njami et Pascale Marthine Tayou. L’artiste, Abdoulaye Konaté, ancien directeur du Conservatoire des arts et métiers, multimédia Balla Fassé Kouyaté (CAMM-BFK) lui apporte son soutien. Humaniste et libre-penseur, il se nourrit également de la tradition qu’il utilise comme source de connaissances, de sagesse et d’inspiration. Il s’intéresse aux proverbes bambara qu’il considère comme essentiels à la compréhension de la culture malienne dans toute sa diversité. Dès son plus jeune âge, il est respecté par tout son entourage pour sa capacité d’écoute et son objectivité. Engagé et fédérateur, il crée en 2014 l’Atelier Badialan où il accueille des jeunes artistes. Pour la première fois à Bamako, sans chercher d’aide, des artistes financent leur propre atelier, vivent et travaillent ensemble, créent dans l’émulation, en toute liberté et mettent leurs connaissances au service du public. YD/MD (AMAP)

Affaire des 49 militaires ivoiriens : Le Mali met en garde contre la transformation d’un dossier judiciaire en une crise diplomatique

Bamako, 16 sept (AMAP) Le gouvernement malien, par la voix du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a exprimé, jeudi, sa « très grande préoccupation et une profonde stupéfaction » après un Communiqué du Conseil National de Sécurité de la Côte d’Ivoire, tenu le mercredi 14 septembre 2022, au sujet des 49 soldats ivoirien », Dans un communiqué et une nouvelle mise au point suite à cette réunion des autorités ivoiriennes, sur la question des soldats ivoiriens interpellés, le 10 juillet dernier, l’aéroport de Bamako, le gouvernement du Mali précise que « c’est exclusivement en sa qualité » de président du Conseil supérieur de la magistrature que le colonel Assimi Goïta, a indiqué à la partie ivoirienne, « la nécessité de considérer la situation de certains Maliens, objet de mandats d’arrêts internationaux. » A la télévision nationale, le Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a  ajouté que le gouvernement regrettée que « cette attitude responsable » du président de la Transition au Mali a été « malheureusement perçue par les autorités ivoiriennes comme une prise d’otages. » Ainsi, à la décision du gouvernement ivoirien de transformer un dossier judiciaire en une crise diplomatique en saisissant la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le chef du gouvernement par intérim a martelé que Bamako n’est « nullement concerné par cette procédure devant l’instance communautaire.». Selon le communiqué le gouvernement, qui indique à l’organisation sous régionale «que l’affaire des 49 mercenaires ivoiriens est purement judiciaire et bilatérale, met en garde contre toute instrumentalisation de la CEDEAO par les autorités ivoiriennes pour se soustraire de leur responsabilité, vis-à-vis du Mali. » Dans la même foulée, les autorités maliennes réitèrent leur « attachement à la paix, à la sécurité et aux relations séculaires de bon voisinage », tout en précisant que « pour le respect de sa souveraineté, sa sécurité nationale et aux intérêts vitaux de son peuple, il ne cédera à aucun chantage ou intimidation. » Le Premier ministre par intérim a rappelé que la justice malienne a ouvert une procédure d’information judiciaire pour des faits graves touchant entre autres, à la sécurité nationale et à la sureté extérieure de l’État au sujet des militaires interpellés. Le communiqué revient sur les « conditions illégales » dans lesquelles les militaires ivoiriens été interpellés à l’aéroport de Bamako.  Ces forces spéciales « sont arrivées au Mali en possession d’armes et de minutions de guerre, sans ordre de mission, ni autorisation, tout en dissimulant les identités et leurs professions réelles de militaires ainsi que l’objet précis de leur présence sur le sol malien », détaille le communiqué. Le gouvernement a également souligné que ni la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ni le ministère des Affaires étrangères allemand, saisis officiellement, n’ont reconnu des liens avec les soldats ivoiriens. « Par conséquent, aucune base légale ne saurait, à présent, justifier, ni leur présence, encore moins leur mission au Mali », précise le communiqué. Selon la même source, le gouvernement ivoirien « vient de se dédire en l’espace de 11 jours. D’abord, en reconnaissant, le 3 septembre, par la voix du directeur de cabinet du président ivoirien,  Fidèle Sarassoro, que « la Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet évènement fortement regrettable. » « Un tel revirement grave de la part d’autorités étatiques ne visent qu’à manipuler et à entraver la manifestation de la vérité », pointe le gouvernement. Bamako ajoute que « le Gouvernement ivoirien accuse le Mali d’avoir pris en otages les Militaires ivoiriens, en faisant fi des conditions obscures et des manquements ayant entraîné l’inculpation par la justice malienne des 49 mercenaires ivoiriens. » MT/MD (AMAP)

Nutrition : Une stratégie nationale désormais en place au Mali

Bamako, 16 sept (AMAP) La  Stratégie nationale d’intervention du secteur eau, hygiène et assainissement (EHA /Wash et nutrition) pour une amélioration de la nutrition au Mali a été lancée, jeudi, à Bamako,  par le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Dr Aly Diop. Ce lancement a été une occasion de présenter les objectifs de la Stratégie, de partager les différents axes d’intervention, les indicateurs d’impacts et le mécanisme de suivi de la mise en œuvre de la Stratégie. La malnutrition reste toujours une préoccupation au Mali, malgré les efforts déployés pour inverser la tendance. Les résultats préliminaires de l’enquête SMART 2022 démontrent même que les différents types de malnutrition y sont présents à la fois sous leur forme modérée et sévère. La situation nutritionnelle à l’état actuel demeure préoccupante, tant au niveau national, où l’on compte 10,8% de malnutrition aiguë globale et 2,1% de malnutrition aiguë sévère, qu’au niveau des régions. La représentante adjointe du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) au Mali, Francine Kimanuka, a indiqué que le phénomène reste l’une des causes majeures de morbidité et de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. La malnutrition, bien que liée aux mauvaises pratiques nutritionnelles, demeure un problème de santé avec une dimension multifactorielle. L’une de ses causes sous-jacentes est liée aux mauvaises pratiques d’hygiène et d’assainissement et à l’insuffisance d’accès à l’eau potable. Une analyse des liens entre malnutrition et facteurs environnementaux à partir des données d’enquête MICS-2015, réalisée par le bureau UNICEF au Mali, en 2020, a permis de démontrer que plus l’environnement du ménage est assaini, plus le risque sanitaire et les taux de malnutrition sont réduits. Cette étude confirme les liens connus entre la malnutrition et l’environnement non assaini et justifie la nécessité de mieux prendre en compte les interventions WASH dans la lutte contre la malnutrition. Pour une grande opérationnalisation de cette stratégie au Mali, Mme Francine Kimanuka a lancé un appel à tous les partenaires techniques et financiers pour une grande mobilisation des financements. Elle a aussi renouvelé l’engagement de l’organisation onusienne à accompagner tous les efforts du gouvernement dans la lutte contre la malnutrition et pour la survie de chaque enfant au Mali. Le secrétaire général du département en charge de la Santé, Dr Aly Diop, a déclaré que le Mali compte beaucoup sur cette stratégie. Elle constitue, aujourd’hui, une des priorités du gouvernement en vue d’alléger les souffrances de la population liées aux problèmes de malnutrition. Dr Diop a souligné que le document « illustre les points forts du partenariat entre les quatre départements ministériels sectoriels pour la mise en œuvre de la vision de la Politique nationale de la nutrition ». Il s’agit d’assurer le droit à une nutrition adéquate à la population toute entière, en vue de satisfaire son bien-être et garantir un développement national durable. L’essence de la Stratégie consiste à générer un impact et à amplifier le retour d’investissement dans la nutrition grâce aux interventions d’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Pour lui, malgré les progrès encourageants, il reste encore beaucoup à faire au cours des années à venir. C’est pourquoi, il estime qu’il ne faut pas fermer les yeux sur les menaces qui pourraient compliquer encore un peu plus la tâche. Il s’agit de la crise climatique qui a des retombées de plus en plus fortes sur l’ensemble des acquis de l’approche multisectorielle de la nutrition en particulier sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement. «Notre travail doit être centré sur l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans la lutte contre toutes formes de malnutrition», a-t-il dit. Et d’ajouter qu’il ne faut pas perdre de vue les personnes les plus vulnérables marginalisées. «Cette stratégie nous encourage à travailler plus dur que jamais et montre que nous pouvons atteindre nos objectifs, si nous le décidons ensemble», a souligné Aly Diop. Il a donc exhorté les acteurs du domaine à s’approprier la Stratégie pour renforcer la couverture, la cohérence des politiques et programmes, mais aussi la continuité des interventions de promotion d’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Tout ceci en vue de faire de la Politique nationale de la nutrition une réalité au niveau de chaque commune, cercle et région. FN/MD (AMAP)

Forces de défense et de sécurité : Plus de 10 000 recrues du contingent 2021 prêtes à servir

Bamako, 16 sept (AMAP) De nouvelles recrues, au nombre de 10.854, ont terminé, jeudi, leur commune de base, de près de six mois, lors d’une cérémonie officielle, au Centre d’instruction de Sénou, à la Base 101, près de Bamako. Ces éléments de la 1ère vague du contingent 2021 sont issus de l’Armée de terre, de la Garde nationale, de la Gendarmerie nationale, de  la Police nationale et  de la Protection civile. Le contingent compte  6 150 recrues des Forces armées maliennes (FAMa), 3 250 de la Police nationale et 1 002 éléments de la Protection civile. Sur cet effectif, il y avait 1 250 recrues au centre de Sénou. Un effectif constitué de 779 recrues pour les FAMa, 347 pour la Police nationale et 124 pour la Protection civile. Pendant près de 6 mois, ces recrues se sont familiarisées avec les différents modules enseignés au cours de cette formation : l’éducation physique militaire, la formation militaire générale, la formation opérationnelle. Elles ont bénéficié, aussi, de modules de sensibilisation dans les domaines comme le terrorisme, les dangers de la consommation des stupéfiants, l’usage abusif des réseaux sociaux et des nouvelles technologies de l’information, la prolifération des armes légères et le secourisme au combat. Dans son discours, le directeur du centre, le commandant Adama Bamba, a félicité les nouveaux éléments pour l’effort et la souffrance endurés dans la cohésion au cours de la formation. Le commandant Bamba les a exhortés à rester solidaires et unis pour la réussite de leurs missions. Il a, enfin, remercié l’ensemble du personnel d’encadrement pour le professionnalisme, l’engagement, la qualité de l’enseignement dispensé et la sérénité dont ils ont fait preuve pendant toute la durée de la formation. Le premier responsable de la direction centrale des services de santé des armées (DCSSA), le général de brigade, Mohamed Alpha Diaw a, pour sa part, indiqué qu’au-delà de la  formation reçue par les soldats, « ce fut une occasion de regrouper des recrues de l’ensemble des Forces de défense et de sécurité dans un même creuset pour en faire des soldats de la même famille au service de la patrie ». «Cela a permis un partage d’expériences entre les instructeurs des différentes composantes. Aussi, il s’agit d’en faire un facteur d’intégration des différentes structures de la défense et de la sécurité », a dit le général Diaw. S’adressant aux recrues, l’officier général a souligné que le choix du métier des armes présente de grands défis dont certains sont dignes du sacrifice ultime. D’après lui, les connaissances qu’elles ont acquises pendant la formation sont utiles. Mieux, selon lui, les recrues en auront rapidement besoin car elles seront bientôt engagées dans des situations complexes requérant des grandes habilités professionnelles humaines. « Il faudra, donc, donner le meilleur de vous à toutes les occasions, en ayant à l’esprit que vous ne devez jamais décevoir», a insisté le général de brigade Mohamed Alpha Diaw. Le major de la promotion, le soldat de 2è classe Lamissa Diamoutènè, a obtenu une moyenne de 18,90/20. Il s’est dit très heureux et prêt à servir la Nation avec loyauté. Un défilé militaire a mis fin à la cérémonie. AD/MD (AMAP)

Zone UEMOA : Le taux directeur de la BCEAO passe de 2,25% à 2,50% (Communiqué)

Bamako, 16 sept (AMAP) Le taux directeur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), augmente de de 0,25%, passant de 2,25% à 2,50%, à compter de ce vendredi, 16 septembre 2022, a décidé son Comité de politique monétaire (CPM) Selon un communiqué rendu public, mercredi, par le président de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, cette augmentation s’inscrit dans le cadre des efforts pour contenir l’impact de la fièvre actuelle des prix des produits sur, notamment, les ménages et les entreprises, agents économiques déjà affectés par les effets pervers de la Covid-19. La hausse attendue du taux sur la base duquel la BCEAO prête de l’argent aux banques commerciales et qui oblige celles-ci à vendre l’argent plus cher à leur clientèle pourrait, ne peut être suffisante, au regard du niveau actuel de l’inflation établie à 8,1% ,au mois de juillet dernier. Lorsque la BCEAO augmente son taux directeur, les banques commerciales répercutent à la clientèle (ménages et entreprises) pour préserver leur marge, en augmentant le prix de vente de l’argent (prêts notamment). Ces derniers, par effet d’entraînement, se voient obligés de réduire leur consommation pour préserver leur porte-monnaie. La demande en produits baisse. Et, conformément, à la loi du marché, les prix se stabilisent ou baissent lorsque l’offre des produits est égale ou supérieure à la demande. Statutairement, la mission principale de la BCEAO est de lutter contre l’inflation. Cette décision fait suite à la première hausse des taux intervenue en juin. Elle vise à ramener, progressivement, le taux d’inflation (hausse des prix) dans l’intervalle cible de la Banque centrale (1% à 3%) sur le moyen terme, confirme le communiqué. La hausse des prix est consécutive, essentiellement, à la baisse de la production vivrière durant la campagne agricole 2021-2022, aux difficultés d’approvisionnement de plusieurs marchés du fait de l’insécurité dans certaines zones, à l’augmentation des cours des produits énergétiques et des produits alimentaires importés. Ainsi, les prix ont progressé de 7,0% au deuxième trimestre 2022, après 6,4% au premier trimestre 2022. En juillet 2022, le taux d’inflation a atteint 8,1%. Les prix  devraient baisser à partir du dernier trimestre, «avec l’arrivée des premières récoltes de la campagne vivrière 2022-2023 qui s’annoncent meilleures que la précédente», prédit la BCEAO. TAUX SOUS-ESTIMÉ – Ce relèvement du taux directeur de la BCEAO était devenu inévitable, une nouvelle fois. Et ce pour, au moins, deux raisons principales, tranchent des économistes. La première a trait au taux d’inflation dans la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA) qui est en moyenne de 8%. Au regard des réalités observées sur les marchés, beaucoup d’analystes estiment que ce taux est largement sous-estimé. En cause, « la fiabilité des données collectées et la complétude des indicateurs de mesure», soutiennent-il. La seconde raison est que la Banque centrale européenne (BCE), qui gère la monnaie ancre des francs CFA (XOF et XAF), a relevé de 0,75 ses taux directeurs et, ce à partir du 14 septembre 2022. C’est la plus forte hausse dans l’histoire de l’institution en deux décennies d’existence. La mesure paraît tout de même insuffisante pour contrer les pressions inflationnistes observées dans tous les pays de la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA), selon des analystes. Ceux-ci invitent à s’attendre à un nouveau tour de vis pour décembre 2022. Option que l’institution communautaire semble déjà intégrée. «Au cours des mois à venir, le Comité de politique monétaire de la BCEAO prendra, si nécessaire, les mesures idoines pour assurer la stabilité monétaire», annonce-t-elle dans son communiqué. CMT/MD (AMAP)