CAN 2023 : Nigeria-Côte d’Ivoire, un duel de titans
Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Abidjan, 09 fév (AMAP) La 34è édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) connaîtra son épilogue ce dimanche avec la finale entre le Nigeria et la Côte d’Ivoire, au stade Alassane Ouattara, au nord d’Abidjan, la capitale ivoirienne. Les deux pays ne se sont jamais affrontés en finale de la CAN, mais ils sont des habitués du bouquet final. Avec 3 sacres (1980, 1994 et 2023) et 4 finales perdues (1984, 1988, 1990, 2000), le Nigéria va disputer son 8è finale et deviendra le 3è pays qui a joué le plus de finale, après l’Égypte (10) et le Ghana (9). Face au pays hôte, les Super Eagles visent leur 4è sacre pour rejoindre le Ghana, qui est la 3è nation la plus titrée après l’Égypte (7) et le Cameroun (5). A domicile, la Côte d’Ivoire, qui accueille la CAN pour la deuxième fois, après 1984, disputera sa 5è finale et les Éléphants tenteront de conquérir une 3è couronne continentale après 1992 et 2015 (la Côte d’Ivoire a perdu la finale en 2006 et en 2012). La Côte d’Ivoire devient le premier pays hôte à atteindre la finale depuis l’Égypte 2006. Cette CAN est complément incroyable pour les Éléphants. Malgré une phase de poules difficile avec une seule victoire contre la Guinée-Bissau (2-0), une défaite devant le Nigeria (1-0) et une humiliation contre la Guinée équatoriale (4-0), la Côte d’Ivoire est présente au bouquet final de la « sa » CAN. En effet, les Éléphants ont bénéficié de la victoire du Maroc sur la Zambie (1-0) pour terminer parmi les meilleurs troisièmes et se hisser en huitièmes de finale. Depuis, c’est le conte de fée. Le capitaine Serge Aurier et ses partenaires ont écarté, à la surprise générale, le Sénégal, champion en titre (1-1, 5-4 t.a.b.) en huitième de finale et le Mali (2-1 a.p.) en quarts de finale, dans un scenario incroyable, avant de battre sans difficulté la RD Congo (1-0), mercredi dernier, en demi-finale grâce à un but de Sébastien Haller (67è min). « C’est un immense plaisir de se qualifier pour cette finale, surtout à domicile et après un parcours que l’on sait tous. Nous sommes très heureux, très émus. Nous remercions le public qui ne cesse de nous pousser, qui nous permet de nous surpasser jusqu’aujourd’hui », a dit Franck Kessié, élu l’homme du match de la demi-finale contre la RD Congo. « C’est le football, tant qu’on a 5% ou 10% de chance, il faut croire. C’est ce qui fait la beauté du football. Après le match du Maroc contre la Zambie, on a su qu’on était qualifiés. Cela a tout changé et nous a donné une autre force. On ne pouvait pas faire pire que la phase de poules, il faut continuer dans cette logique parce qu’il ne faut pas arriver en finale pour lâcher. On a encore un grand match à disputer ce dimanche, il faut donc rester concentrés, retrousser nos manches, récupérer pour affronter une très bonne équipe de Nigeria, le dimanche », a ajouté le milieu de terrain ivoirien Selon lui, « l’humiliation » subi contre la Guinée équatoriale (4-0), a été un déclic pour le groupe. « Cette défaite nous a fait mal et cela nous a permis de nous regarder dans une glace et de se dire les choses en face. On était persuadés que ça allait être difficile de passer au second tour, Cela restait un fiasco. Après on a eu une chose, en se qualifiant parmi les meilleurs troisièmes. On n’avait plus rien à perdre, on avait tout à gagner. C’est ce qui explique ce parcours », explique-t-il. Depuis sa qualification de l’équipe en huitièmes de finale, la Côte d’Ivoire a retrouvé la confiance et un nouveau état d’esprit souffle sur le groupe. Cela a permis à la sélection nationale de repousser beaucoup de limites dans cette compétition mais, généralement, il est difficile d’arrêter une équipe, surtout d’une grande nation de football qui se qualifie dans les conditions aussi compliquées. Si elle est ressuscitée, elle va généralement loin. La Côte d’Ivoire va devoir confirmer toutes ses performances contre le Nigeria, un autre grand du continent. C’est justement sur le groupe, le collectif qu’insiste le sélectionneur par intérim de la Côte d’Ivoire, Emerse Faé. « Je donne de l’importance au groupe. Depuis que j’ai commencé mon intérim, mon discours, c’est de leur dire qu’ils sont 27 joueurs et j’ai besoin de tout le monde. Après, je ne peux pas faire jouer les 27 en même temps. Évidemment, il y en a qui ne vont pas jouer mais dans mon discours, je leur fait comprendre que je compte sur tout le monde », dit-il « Si on veut gagner cette compétition, on la gagnera à 27, pas seulement à 11. Ils ont compris, adhéré au discours. Les joueurs ont compris que si on devait y arriver, c’est avec les 27 ensemble, même ceux qui sont dans les tribunes ont un rôle à jouer. C’est tous ensemble qu’on pourra gagner la compétition», insiste le sélectionneur ivoirien. A Abidjan, les supporters sont confiants. Ils ont mis l’humilité dans le placard depuis leur qualification aux dépens du Sénégal. « C’est notre CAN, on va la remporter, arracher la coupe », s’exclame un supporter, après la qualification en finale. Depuis le match contre le Sénégal, une expression revient après chaque qualification : « On ne vaut rien, mais on est qualifiés ». Il faut dire que les Éléphants ont repris confiance, sont solides et solidaires sur le terrain depuis la qualification in extremis en huitièmes de finale. « On a tout le temps de la préparer cette finale de la meilleure de manière. Il ne faut pas perdre le capital-confiance. L’équipe doit bien récupérer et le groupe sera soudée et qu’on reste dans le même état d’esprit, que personne ne sorte du groupe », conseille l’ancien international ivoirien, Ibrahima Bakayoko, consultant de la télévision nationale ivoirienne (RTI1). « Il faut analyser cette équipe du Nigéria qui est
Sahel et Bassin du Lac Tchad : L’OCI discute de la création d’un fonds de soutien et pour l’emploi des jeunes
Djeddah, 08 fev (UNA-AMAP) Le Secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) accueille, du 7 au 8 février 2024, à son siège à Djeddah, un atelier sur l’activation de la recommandation de la 49ème session du Conseil des ministres des Affaires étrangères sur la création d’un fonds pour la réhabilitation, l’emploi et le soutien des jeunes dans la région du Sahel et du bassin du lac Tchad, annonce l’organisation dans un communiqué Ce fonds de l’OCI intervient « dans le cadre d’une stratégie globale visant à lutter contre l’extrémisme, à améliorer la compréhension modérée correcte de la sublime religion islamique et à promouvoir une culture de tolérance parmi les jeunes, avec la participation de fonctionnaires et d’experts des États membres et des organes et institutions compétents de l’OCI. », précise la même source. S’adressant à l’ouverture des travaux de l’atelier, le Secrétaire général de l’OCI, Hissein Brahim Taha, a indiqué que la Région du Sahel et du bassin du lac Tchad a connu, durant ces dernières années, « une recrudescence des crimes terroristes, tout particulièrement, contre des civils non armés, ce qui a entraîné la perte de vies humaines, le pillage de biens, le déplacement de milliers de familles et de millions d’enfants, et la fermeture de milliers d’écoles », Toutes chose qui ont contribué, en même temps, à la multiplication d’autres fléaux, tels que la traite humaine et le trafic de drogue, a ajouté Hissein Brahim Taha estimant que « pareils actes ne font qu’entraver la paix et la stabilité et, par conséquent, paralyser le développement de la région, et que les groupes qui en sont les plus affectés demeurent les jeunes. » Il a également déclaré que cet atelier intervient dans le droit-fil des efforts déployés par l’Organisation « en vue de prêter main forte aux Etats membres et aux organes et institutions concernés dans leur combat contre la pensée extrémiste et le terrorisme chez les jeunes dans la région du Sahel et du bassin du lac Tchad ». Il a rappelé que ces objectifs représentent des thèmes fondamentaux du Programme d’action de l’OCI-2025, de la Stratégie de l’OCI pour la jeunesse et des Résolutions pertinentes de l’Organisation. Le Secrétaire général a, en outre, fait observer que la rencontre visait à discuter et à enrichir le projet de Statut régissant le fonds en vue de soumettre ses recommandations au Conseil des ministres des Affaires étrangères, à travers une réunion préparatoire des hauts fonctionnaires. « Les moyens les plus efficaces de prémunir les jeunes contre l’adhésion à des groupes terroristes et à l’extrémisme violent conduisant au terrorisme ne sont autres que l’emploi et la réhabilitation, dans la mesure où ils renforcent leur implication dans la vie économique et sociale », a poursuivi le Secrétaire général. Il a exhorté, à cet égard, les Etats membres et les organes et institutions compétents de l’OCI et, tout particulièrement, le Groupe de la Banque islamique de développement (BID), l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO) et le Fonds de solidarité islamique, ainsi que les autres institutions relevant de l’Organisation et opérant dans le domaine du renforcement des capacités des jeunes, ainsi que les institutions partenaires, « à appuyer ce mécanisme depuis sa phase de création et à intensifier la collaboration avec lui après sa mise en place, en le dotant de tous les moyens et ressources requis pour lui permettre de mener à bien les tâches qui lui sont dévolus. » MD (AMAP)
Finale de la CAN 2023 : Un inédit Nigéria-Côte d’Ivoire
Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Abidjan, 08 fév (AMAP) Nigeria-Côte d’Ivoire, c’est l’affiche de la finale de la 34è édition de la Coupe d’Afrique des nations. Les deux équipes ont décroché leur ticket de pour la finale, mercredi, à l’issue des demi-finales. Le Nigeria a battu l’Afrique du Sud (1-1, 4-2 t.a.b.), au stade de la Paix de Bouaké quand la Côte d’Ivoire a dominé la RD Congo (2-0), au stade Alassane Ouattara à Abidjan. Les deux pays ne se sont jamais rencontrés en finale de la CAN. Ils s’affronteront dimanche pour titre continental, au stade Alassane Ouattara à Abidjan. L’Afrique du Sud ne remportera donc pas son deuxième titre cette CAN. Les Sud-Africains, qui ont disputé la demi-finale de la compétition pour la première fois depuis 2000, ambitionnaient de faire, en Côte d’Ivoire, d’une pierre deux coups : prendre leur revanche sur le Nigeria qui les avaient battus à ce stade de la compétition en 2000 et se qualifier en finale pour viser un deuxième sacre, après 1996 à domicile. C’est raté ! Les Bafana Bafana se sont encore inclinés devant le Nigeria, en demi-finale de la CAN, Côte d’Ivoire 2023. Pourtant, les Sud-Africains ont dominé le jeu, ayant la plupart du temps le ballon sans concrétiser leur domination. Les chiffres de la rencontre sont éloquents : 14 tirs de chaque côté dont 6 tirs cadrés pour l’Afrique du Sud contre 5 pour le Nigeria. La possession de balle était largement à l’avantage des Bafana Bafana qui ont obtenu 61% et réalisé 616 passes avec 86% de précision contre 39% de possession, 382 passes avec 80% de précision pour le Nigeria qui a commis 22 fautes, écopé de 2 cartons jaunes et obtenu 5 corners contre 11 fautes, 1 carton rouge, 1 hors-jeu et 4 corners pour l’Afrique du Sud. Pour se hisser en demi-finale, le Nigéria a terminé 2è du groupe A avec deux 2 victoires, un nul avant d’éliminer le Cameroun (2-0) en huitièmes et l’Angola (1-0) en quarts de finale. De son côté, l’Afrique du Sud a terminé 2è du groupe E (1 victoire, 1 nul et 1 défaite) derrière le Mali avant de créer la surprise en huitièmes face au Maroc (2-0) et de se défaire du Cap Vert (0-0, 2 tab à 1) en quart de finale. Dans cette rencontre tactique, l’Afrique du Sud a réalisé une belle première période. Séduisants, les Sud-Africains usent de longs ballons pour porter le danger sur les buts nigérians. De son côté, le Nigéria a été méconnaissable, friable derrière et timide offensivement. Les belles occasions de la première période étaient à l’actif des Sud-Africains, notamment la frappe du milieu de terrain Sphephelo Sithole captée par le gardien nigérian Stanley Nwabali (10è min). Le gardien arréte aussi la tentative de Percy Tau (28è min) avant d’être encore décisif sur la frappe enroulée de Sekotori Makgopa qui partait dans les buts (39è min). Auparavant le Nigiera a cadré sa première frappe mais le ballon du milieu de terrain Alexander Iwobi n’a pas inquiété le gardien Ronwen Williams (37è min). L’Afrique du Sud a mieux joué avec le ballon mais le danger pour la défense nigériane est toujours venu de longs ballons. La tête sous l’eau en première période, le Nigeria est parvenu a fait le dos rond et laisser passer l’orage avant d’émerger l’eau en deuxième période. Les Nigérians sont revenus des vestiaires avec de meilleurs intentions. Les joueurs de José Peseiro sont bien plus agressifs à la perte du ballon, plus précis dans leurs transmissions. Peu avant l’heure de jeu, Victor Oshimen, qui était incertain pour ce match pour cause de problèmes à l’abdomen, s’impose physiquement à la retombée d’un centre de Bright Osayi-Samuel mais, un peu en arrière, il ne peut cadrer sa reprise de la tête (57è min). Le Nigeria a débloqué le tableau d’affichage grâce au défenseur William Paul Troost-Ekong qui a transformé un penalty consécutif à une faute de Mothobi Mvala sur Victor Osimhen (67è min). Le Nigéria semble avoir fait le plus dur, mais l’Afrique du Sud n’a pas dit son dernier mot. Alors que Victor Osimhen croit réaliser le break pour son pays (85è min), les Sud-Africains réclament une faute au départ de l’action, obligeant l’arbitre égyptien Amin Mohamed Omar à recourir à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) qui a finalement annulé le but du Nigeria et accordé un penalty à l’Afrique du Sud pour une faute de Alhasan Yusuf sur Percy Tau. Le milieu de terrain Teboho Mokoena transforme le penalty pour remettre les pendules à l’heure (1-1, 90è min). Un match fou ! Dans le temps additionnel, les Sud-Africains sont passés à côté du 2-1, pour crucifier les Nigérians mais Khuliso Mudau, seul face au but vide, tire au-dessus après un coup franc Teboho Mokoena repoussé par le gardien Stanley Nwabali (90è min +6). Les deux équipes jouent la prolongation. Malgré les occasions de part et d’autre et l’expulsion du défenseur sud-africain Gomolemo Grant Kekana (115è min), elles ne parviendront pas à se départager. Place à la séance des tirs au but. Brillante à ce jeu lors du quart de finale contre le Cap-Vert, l’Afrique du Sud craque devant le Nigeria. Le gardien des Super Eagles Stanley Nwabali a volé la vedette à Ronwen Williams (auteur de quatre arrêts contre le Cap-Vert) effectuant deux arrêts durant la séance. Le Nigeria transforme 4 tirs contre 2 pour les Bafana Bafana. Même bousculé, le Nigeria s’est montré solide et confirme une fois de plus son statut de favori de cette compétition. Les Super Eagles vont disputer leur 8è finale de la CAN et visent un 4è sacre après 1980, 1994 et 2023. Les Nigérians atteignent la finale pour la première fois depuis 2013. LMD/MD (AMAP)
CAN 2023 : Les commerçants se frottent les mains
Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Abidjan, 08 fév (AMAP) La Coupe d’Afrique des nations se joue sur les différents stades mais aussi dans les marchés et les centres commerciaux. A Abidjan et dans les autres villes de la Côte d’Ivoire, les commençants se frottent les mains. Ce mercredi 7 février, à quelques heures des demi-finales, les supporters Ivoiriens, à la recherche de maillots, sont nombreux dans la boutique de Hamed Yatassaye, au marché de Marcory, une Commune d’Abidjan. Ici, les maillots sont vendus à entre 15.000 Fcfa et 10.000 Fcfa l’unité, des chapeaux, des écharpes. Dans cette boutique, les tuniques de tous les pays participants à la CAN sont mises à la disposition des supporters. « C’est le maillot de la Côte d’Ivoire qui est beaucoup plus demandé. Le maillot du Nigeria est presqu’en rupture parce que les gens ne voyaient pas ce pays atteindre les demi-finale et les commerçants n’en ont pas commandé assez », explique Hamed Yatassaye. Le commerçant d’origine malienne (il rend visite régulièrement à sa famille à Kati et c’est son père qui s’est installé en Côte d’Ivoire) explique que les Ivoiriens achètent beaucoup leur maillot que ce soit en période de CAN ou pas. Même s’il s’empresse d’ajouter qu’il y a beaucoup plus de vente pendant la CAN. Kouassi Kouakou est un grand supporter des Éléphants. Habillé en maillot orange-blanc de Côte d’Ivoire sur le dos duquel est écrit « Les Éléphants », il vient acheter deux maillots XL de son pays à 15.000 Fcfa l’unité pour les offrir à des amis dans son quartier. « J’ai six maillots de la Côte d’Ivoire. J’en ai acheté pour tous mes enfants. Aussi pour mes sœurs, frères, cousins et cousines qui sont au village », confie-t-il. Le jeune Franck Yao débarque dans la boutique, avec deux amis, pour demander la pointure M du maillot du Maroc. « C’est le Maroc qui nous a réveillés, on va lui faire honneur », justifie-t-il. Après avoir acheté son maillot à 10.000 Fcfa, il passe dans une autre boutique pour floquer la tunique « Les gens écrivent des choses bizarres sur leur maillot. Quelqu’un a écrit sur son maillot : Je n’ai rien sur Wave, un autre : « Sery Dorcas m’a dragué, j’ai refusé. » Je vais juste écrire mon nom : Le seul Yao C8 », ajoute Franck Yao. Le prix du flocage esr de 500 Fcfa par lettre. « Nous recevons beaucoup de clients. C’est impossible de donner un chiffre. C’est quand même florissant », confie Seydou Sanogo qui gagne beaucoup d’argent dans le flocage depuis le début de la CAN. Au grand marché d’Adjamé, une autre Commune d’Abidjan, toutes les qualités sont disponibles et le prix varie de 3 000 à 15.000 Fcfa. Il n’y a pas que les vendeurs de maillots qui s’en sortent. D’autres commerçants ont augmenté leur chiffre d’affaire grâce à la CAN, notamment la vendeuse de chaussures Aminata Coulibaly. « Beaucoup d’équipes sont éliminées. Avant de rentrer au pays, les supporters viennent acheter des chaussures et autres articles pour en faire des cadeaux à leurs proches », dit-elle. LMD/MD (AMAP)
Dialogue inter-Maliens : Le comité de pilotage installé
Bamako, 06 fév (AMAP) Les 140 membres du Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation dirigés par l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, ont été installés dans leur fonction, lundi. La cérémonie d’installation, au palais de Koulouba, a été présidée par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, en présence des présidents des institutions, des membres du gouvernement, notamment le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué. Créé par le décret n°2024-0053/PT-RM du 26 janvier 2024, le Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation comprend 140 membres. Dirigé par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, ce Comité est chargé de la préparation et de l’organisation du dialogue inter-Maliens. Le dialogue a pour but de restaurer la paix, consolider l’unité nationale et raviver le vivre-ensemble. Cette cérémonie d’installation marque le début d’un processus destiné à aboutir à la paix des cœurs et au retour de la grande fraternité légendaire entre l’ensemble des filles et fils de notre nation. « Oui, le Mali éternel a vacillé, mais il ne s’est pas écroulé contrairement à certaines prédictions», a déclaré le président de la Transition sous un tonnerre d’applaudissements. Et de poursuivre : « Nous devons cela à notre histoire millénaire, marquée par l’existence de grands empires et royaumes qui ont réalisé un brassage socioculturel donnant naissance à des communautés ayant toujours vécu en symbiose et dans la complémentarité ». TISSU SOCIAL – « Même au plus fort de la crise multiforme que traverse notre pays, pendant que les services de l’État s’étaient retirés de certaines localités, c’est le tissu social pétri de solidarité et d’humanisme qui a permis aux populations de se supporter pour mieux envisager l’avenir », a rappelé le colonel Assimi Goïta. Il a dit ensuite que c’est pour cette raison que « les ennemis de notre peuple ont essayé de créer la mésentente entre nos populations pour les entraîner dans des conflits intra et intercommunautaires. » C’est ainsi que plusieurs de nos communautés ont été endeuillées par des meurtres de femmes, d’enfants et de vieilles personnes. « Nos Forces de défense et de sécurité, dans leur mission régalienne de protection du territoire, des personnes et des biens, ont également payé un lourd tribut. » Cependant, grâce à la bravoure et au don de soi des Forces armées maliennes (FAMa), notre État a recouvré son autorité sur l’ensemble du territoire, dont «certains avaient voulu faire une enclave, en ayant pris le soin d’opposer les enfants du même pays», a indiqué le chef de l’État. Selon le président Goïta, cette unité retrouvée par notre peuple a été saluée par l’ensemble de ses filles et fils, fiers de leur histoire commune et animés par un fort sentiment patriotique et la volonté ferme de recoudre le tissu social malheureusement fragilisé par les conflits inutiles. «Ainsi, nous avons décidé de créer les conditions d’un dialogue entre les filles et les fils de notre peuple, conduit par eux-mêmes, en vue de restaurer la paix, de consolider l’unité nationale et de raviver le vivre-ensemble», a souligné le chef de l’État. Pour lui, ceci était d’une urgente nécessité, « tant l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger était devenu, pour certains acteurs, un fonds de commerce et un moyen de prolonger la souffrance de nos populations meurtries. » « C’est la raison pour laquelle, les autorités de la Transition ont décidé, en toute responsabilité, d’y mettre fin», a expliqué le colonel Assimi Goïta. D’après lui, «nous avons tous les atouts pour réussir un dialogue direct entre les Maliens». À travers des valeurs sociétales et des formes de spiritualité, nos ancêtres ont instauré une culture de paix et de solidarité fondée sur des règles dont le respect était garanti par l’ensemble de la communauté, a rappelé le président Goïta. DIALOGUE FRANC ET SINCÈRE – « Il nous faut donc puiser dans notre histoire pour construire une mémoire collective à la fois pour notre génération actuelle et future, afin que nous ne retombions plus jamais dans des situations de déchirements », a exhorté le colonel Assimi Goïta, qui a demandé de questionner sans complaisance, notre société afin de comprendre les causes apparentes et profondes des conflits qui la minent. Ceci exigera « de nous un exercice d’autocritique et de vérité qui sera le véritable socle de la paix durable que nous recherchons tant », a ajouté le président de la Transition. Il a, par ailleurs, demandé aux membres du Comité de pilotage de créer les conditions d’un dialogue franc et sincère entre les Maliens de manière inclusive, afin que nul ne se sente exclu. « Toutes les voix doivent être écoutées et tous les avis doivent pouvoir s’exprimer. Il s’agit donc, comme le dit l’expression populaire, de laver « le linge sale en famille », a détaillé le colonel Assimi Goïta. « Toutefois, ajoutera-t-il, tout au long du processus de dialogue, les membres du Comité doivent avoir comme boussole, les trois principes qui guident désormais l’action publique dans notre pays, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et de partenaires opérés par notre pays et la défense des intérêts du peuple malien dans les décisions prises. À l’issue de ce dialogue, décidé et conduit par les Maliens eux-mêmes, « c’est un peuple réconcilié et rassuré qui devra pouvoir exprimer à l’unisson sa confiance en l’avenir. » Ce faisant, il aura prouvé encore une fois de plus, « sa capacité à régler lui-même ses propres problèmes et à renforcer chaque jour sa souveraineté. » Cependant, a précisé le président Goïta, « il n’y aura aucune place dans ce grand forum national pour les ennemis de notre peuple qui veulent remettre en cause l’unicité et la laïcité de l’État, ainsi que l’intégrité de notre territoire. » De son côté, le président du Comité de pilotage du dialogue inter-Maliens, Ousmane Issoufi Maïga, a, au nom de son équipe, remercié le chef de l’État pour la confiance placée
Demi-finales de la CAN Côte d’Ivoire 2023 : De la revanche dans l’air
Envoyé spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Bouaké, 06 fév (AMAP) Nigeria-Afrique du Sud, Côte d’Ivoire-RD Congo sont les affiches des demi-finales de la CAN, Côte d’Ivoire 2023, prévues demain mercedi. En 2000, les Super Eagles ont écarté les Bafana Bafana à ce stade de la compétition alors qu’en 2015, les Éléphants ont éliminé les Léopard. L’Afrique du Sud et la RD Congo ont donc une revanche à prendre leurs adversaires. La compétition tend vers sa fin. Le stade de la Paix à Bouaké et le stade Alassane Ouattara à Abidjan s’apprêtent à accueillir les demi-finales. La première rencontre mettra aux prises le Nigeria et l’Afrique du Sud à Bouaké (17h) alors que la deuxième mettra face à face le pays hôte, la Côte d’Ivoire et la RD Congo, à Abidjan. Quelle que soit l’issue des deux matches, la finale opposera un pays francophone et un pays anglophone. Les deux pays de l’Afrique de l’Ouest aborderont ces demi-finales avec les faveurs des pronostics. Toutefois, dans cette compétition, les observateurs se méfient bien de la « notion de favori ». C’est une CAN si particulière dans laquelle tout est possible. En tout cas, les Bafana Bafana ont une revanche à prendre sur les Super Eagles qui les avaient dominés 2-0, à Lagos, en demi-finale de la CAN 2000. Après la défaite en demi-finale de 2000, les Super Eagles ont battu 2-1 les Bafana Bafana en quarts de finale de l’édition 2019 en Égypte. Le Nigeria vise un quatrième titre après 1980, 1994 et 2013 alors que l’Afrique court toujours derrière un deuxième sacre après 1996 à domicile. Les deux équipes se sont rencontrées 14 fois. Les Super Eagles se taillent la part du lion avec 7 victoires contre 2 pour l’Afrique du Sud. Cinq matches se sont terminé sur des scores nuls. Ce sera une nouvelle page dans l’histoire du football africain, avec les Bafana Bafana désormais sous la direction de deux anciens champions d’Afrique contre une équipe de stars des Super Eagles. Monté en puissance durant la compétition, le Nigeria reste sur quatre victoires consécutives sans prendre de but. Après avoir fait match nul contre la Guinée équatoriale (1-1) lors son entrée en lice, le Nigeria a successivement dominé la Côte d’Ivoire (1-0), la Guinée Bissau (1-0), le Cameroun (2-0) en huitième de finale, l’Angola (1-0) en quart de finale. Dans un système 4-3-3, les Super Eagles sont solides derrière, puisqu’ils défendent à 11 et sont forts dans le jeu de transition avec une attaque rapide composé de grands dribleurs dans les couloirs, Ademola Lookman et Moses Simon et le dangereux Victor Osimhen. Mais, ils doivent se méfier de l’Afrique du Sud, dirigée par Hugo Broos, qui a conduit le Cameroun à la victoire surprise en 2017. Le technicien belge est épaulé par Helman Mkhalele, un membre clé de la génération dorée de 1996 qui a remporté le premier et unique titre africain de l’Afrique du Sud. Certes les Bafana Bafana n’étaient pas attendus à ce stade de la compétition surtout après la défaite lors de leur premier match contre le Mali. Pourtant, dès la première conférence d’avant-match contre le Mali, le Belge a martelé que son ambition est de remporter la compétition pour la deuxième fois. C’est la première demi-finale des Bafana Bafana depuis 2000. Dans cette compétition, ils n’ont plus perdu depuis leur défaite face aux Aigles (0-2). Après une victoire devant la Namibie (4-0) et un nul devant la Tunisie, ils ont battu le Maroc, battu 2-0 en huitième de finale avant d’éliminer le Cap-Vert (0-0, 2-1 t.a.b.) en quart de finale grâce à la prestation XXXL de leur gardien Ronwen Williams. Ceui-ci a réussi un arrêt décisif pour arracher la prolongation dans les dernières minutes et réalisé 4 arrêts lors de la séance de tirs au but. «Beaucoup de gens en Afrique du Sud ne croyaient pas en cette équipe, mais nous y croyions, et les joueurs croyaient en eux-mêmes», a déclaré Hugo Broos après la victoire en quart de finale. Le sélectionneur belge a également reconnu la tâche difficile qui attend l’Afrique du Sud face à une équipe nigériane de stars comme Ademola Lookman. Mais, il a insisté sur le fait que son équipe serait prête pour la confrontation de ce mercredi après avoir dissipé les doutes passés sur sa qualité. « La demi-finale sera difficile contre les grands joueurs nigérians mais nous n’avons plus rien à perdre maintenant », a déclaré le Belge. La première demi-finale est le remake de celle de 2000, la deuxième sera celle 2015 entre la Côte d’Ivoire et la RD Congo. Aujourd’hui, les joueurs congolais ont tous à l’esprit l’élimination en demi-finale en Guinée équatoriale par la Côte d’Ivoire (3-1), futur vainqueur de la compétition. A domicile, portée par une ferveur nationale, la Côte d’Ivoire a l’occasion de remporter son 3è titre après 1992 et 2015. Mais les Éléphants peuvent-ils toujours compter sur le miracle ? En tout cas, ils sont portés par les dieux du stade avec une qualification miraculeuse en huitième de finale en tant que meilleurs troisièmes, une victoire surprise devant le Sénégal (1-1, 5-4 t.a.b.) et un succès incroyable devant les Aigles (2-1 a.p.) pour se hisser en demi-finale. Pour ce match, le sélectionneur Emerse Faé sera privé des services quatre joueurs suspendus. Il s’agit du défenseur central Odilon Kossonou, l’arrière droit-capitaine Serge Aurier, les attaquants Oumar Diakité et Christian Kouamé. Si Odilon Kossonou et Oumar Diakité ont été expulsés en quart de finale contre le Mali pour cumul de cartons, Serge Aurier et Christian Kouamé ont écopé de deux cartons jaunes lors des deux derniers matches. Privé de ces joueurs qui, individuellement et collectivement, pèsent dans l’équipe, le sélectionneur doit trouver la solution pour combler les vides que vont sûrement laisser ses absences. Tout comme la Côte d’Ivoire, la RD Congo vise un 3è titre après les sacres de 1968 et 1974. Comme les Bafana Bafana, les Léopard n’étaient pas attendus à ce stade de la compétition. Auteurs de 4 matches nuls, ils ont
CAN Côte d’Ivoire 2023 : Vers une finale Nigeria-Côte d’Ivoire ?
Ladji M. DIABY Habib KOUYATE Bouaké, 06 fév (AMAP) Nigeria-Afrique du Sud, Côte d’Ivoire-RD Congo. Ce sont les affiches des demi-finales de la CAN, Côte d’Ivoire 2023. La première demi-finale aura pour cadre le stade de la Paix à Bouaké, le 7 février, entre les Super Eagles et les Bafana Bafana alors qu’en deuxième heure, les Éléphants seront face aux Léopards, au stade Alassane Ouattara, à Abidjan. Les quatre équipes ont obtenu leur ticket à l’issue des quarts de finale disputé vendredi et samedi. Le Nigeria a écarté l’Angola (1-0), vendredi au stade Félix Houphouët-Boigny, grâce à une réalisation de l’ailier Ademola Lookman (41è min), auteur des trois derniers buts de son équipe. Après son match nul lors de son entrée en lice dans la compétition, contre la Guinée équatoriale (1-1), le Nigeria est monté en puissance en signant quatre succès consécutifs sans encaisser de but : la Côte d’Ivoire (1-0), la Guinée Bissau (1-0) et le Cameroun (2-0), l’Angola (1-0). Solides derrière et efficaces devant, les Super Eagles font office de grands favoris à la victoire finale. Ils auront en face l’Afrique du Sud qui a écarté le Cap-Vert (0-0, 2-1), samedi dernier, au stade Charles Konan Banny, à Yamoussoukro, dans le dernier quart de la compétition. Les Bafana Bafana atteignent la demi-finale pour la première fois depuis 2000 et avaient été alors éliminés par … les Super Eagles (2-0), grâce à un doublé de Tijjani Babangida (1re et 34è min). De son côté, le miracle continue pour la Côte d’Ivoire. Déjà qualifié à la dernière minute au deuxième tour, le pays hôte a renversé le Sénégal (1-1, 5-4 t.a.b.) en huitièmes de finale avant de faire la même chose au Mali (1-2), samedi dernier, en quart de final. Les Éléphants, réduits à dix en première période, ont arraché la prolongation avant de l’emporter sur un but libérateur d’Oumar Diakité. Face au RD Congo qui semble évoluer en dessous du Mali et du Sénégal, les Éléphants comptent décrocher facilement leur ticket pour la finale. Les Congolais ont battu la Guinée (3-1) en quarts de finale pour renouer avec les demi-finales pour la première fois depuis 2015, tout comme leur futur adversaire. En Guinée équatoriale, la Côte d’Ivoire a éliminé la RD Congo (3-1) avant de battre le Ghana (0-0, 9-8 t.a.b.) en finale. La finale de cette édition tend vers une finale Nigeria-Côte d’Ivoire, les deux favoris qui restent en course. Mais… cette édition est très imprévisible. LMD/MD (AMAP)
Eric Sékou Chelle : « Le premier responsable, c’est moi. J’assume mes choix »
Propos recueillis par Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE AMAP : Que ressentez-vous après l’élimination du Mali ? Eric Sékou Chelle : Je suis déçu pour les joueurs, le Mali et les Maliens. J’ai toujours respecté tout le monde. Des fois, j’ai fait des erreurs dans ma communication. On est tombés sur une équipe qui a eu la chance de nous gagner. On a joué à 100%, les joueurs se sont arrachés. On a eu une qualité de jeu certaine. Maintenant, je suis déçu pour le Mali, parce qu’on est dans une situation compliquée et cela aurait fait du bien. C’est vrai que c’est un échec, dans la vie il faut savoir relever la tête et avancer. Le premier responsable, c’est moi. Je fais des choix. Je les assume. Un bilan sera fait au niveau des joueurs et du staff, avec la fédération, pour essayer d’analyser le tournoi : qu’est-ce qui a été, qu’est-ce qui n’a pas été. J’aurai une discussion avec la fédération et le ministère du tutelle pour voir de quoi l’avenir est fait. AMAP : Qu’est-ce qui a manqué aux Aigles pour gagner ? ESC : Pour le spectacle, je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui ont pris du plaisir à regarder ce match. Même si on a fait preuve de caractère, je pense que dans le jeu, à 11 contre 10, cela n’a pas été suffisant. On a manqué de lignes directrices dans le jeu. On n’a pas mis assez de centres. On n’était pas assez dans la surface de réparation. On n’a pas été à l’abri des contres de la Côte d’Ivoire, notamment avec la très bonne entrée d’Oumar Diakité. AMAP : Votre décision de faire sortir Lassine Sinayoko pour un défenseur central, n’a-t-elle pas été un mauvais coaching ? ESC : A la 80è minute, en voyant que la Côte d’Ivoire a commencé à faire le jeu long et qu’on était en difficulté dans le jeu aérien, on a décidé de faire rentrer un défenseur pour être dans une défense à 5 et être en surnombre entre les deux attaquants. On a voulu renforcer l’axe central. Pour cela, il fallait sortir les joueurs et Lassine Sinayoko était très touché sur le plan physique. On a pris cette décision de passer à un système à 5 défenseurs pour être plus solide dans le jeu aérien parce qu’en face, il y a énormément de qualité dans le jeu aérien. On a perdu pied sur les cinq dernières minutes. Si cela avait marché, vous aurez dit : « Coach vous avez fait un bon coaching. » Cela n’a pas marché. On n’a pas été bon sur ces phases arrêtées. Il faut que j’encaisse. On va analyser tout cela pour progresser. Les entraîneurs sont là, ils partent, les joueurs aussi, mais le Mali reste. Certains vont être fort mentalement pour continuer, il y a d’autres qui seront moins forts. On va analyser tout ça et faire un bilan. Je suis déçu pour les joueurs. Cette génération mérite quand même quelques choses parce qu’au niveau de la qualité de jeu, dans le monde entier, il n’y a pas beaucoup d’équipes qui sont capables de faire ce qu’on fait. AMAP : Que reprochez-vous alors à l’arbitrage ? ESC : Ce qui est bien dans le football, c’est qu’il peut toujours se passer quelque chose. J’ai pris parti de donner comme objectif à mes joueurs de bien jouer pour gagner. Je pense qu’on a développé du jeu, des actions très intéressantes. Sur deux penalty, il y a un qui a été sifflé. Mon joueur Kiki (Boubacar Kiki Kouyaté, contre le Burkina Faso, ndlr), qui voulait faire une tête, voit le ballon retomber sur sa main et l’arbitre siffle penalty. Je voudrais qu’on m’explique : quelle est la règle des mains. C’est la première. Ensuite, le carton rouge est mérité. Mon joueur part tout seul au but et fait un crochet, il y a une annulation d’occasion de but. Dans les cinq ou dix dernières minutes du jeu, il y a des fautes sifflées contre nous qui sont litigieuses. Il nous fallait être beaucoup plus solides sur les phases arrêtées. On savait que c’était une force de la Côte d’Ivoire. AMAP : La Côte d’Ivoire était pourtant à l’infériorité numérique ? ESC : On n’a pas su répondre à la qualité de la Côte d’Ivoire sur le jeu aérien. On s’est effondré sur ce jeu aérien. Quand une équipe joue en infériorité, son état d’esprit se décuple. Ills ont cette envie de s’accrocher. La vérité est que la Côte d’Ivoire revient de loin et, aujourd’hui, elle est en demi-finale. Ils ont cette énergie, ils ont aussi ce brin de chance. Il le faut dans le football. Ils ont des qualités. Ils méritent cette demi-finale sur leur qualité. Nous le méritons aussi. Aujourd’hui, j’ai un sentiment de déception pour mes joueurs, pour le Mali. Je fais des choix, je les assume. LMD/MD (AMAP)
CAN 2023 : Les Aigles du Mali éliminés et déçus
Envoyés spéciaux Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Bouaké, 03 fév (AMAP) Le Mali a été éliminé en quart de finale de la CAN 2023 par le pays hôte, la Côte d’Ivoire (2-1), samedi, au stade de la Paix de Bouaké. C’est une fin parcours cruelle pour les Aigles en larmes. La sélection malienne a vécu au stade de la Paix de Bouaké la déception totale au coup de sifflet final de l’arbitre égyptien, Mohamed Adel Elsaïd Hussein, au bout des prolongations. Les joueurs versent de grosses et chaudes larmes, les membres du staff sont tous en larmes. Le sélectionneur national, Éric Sékou Chelle, accroupi sur le terrain, s’est fait verser de l’eau sur la tête par un membre de son staff. Le choc est dur et personne n’a été épargné par la secousse. Pourtant, le Mali avait le match en main pour dominer enfin sa bête noire de la plus belle des manières. Mais patatras. Manque de maturité, mental, malédiction contre la Côte d’Ivoire, tous les mots sont utilisés pour expliquer la défaite, mais en réalité, les Aigles ne peuvent s’en prendre qu’au eux-mêmes. Ils ont dominé le match de bout en bout avec 62% de possession de balle, 629 passes, 11 tirs dont 4 cadrés, 10 corners et 1 carton rouge contre 38% de possession, 389 passes et 11 tirs dont 3 cadrés, 2 corners, 2 cartons rouges pour la Côte d’Ivoire. En supériorité numérique pendant plus de 75 minutes (la deuxième période et les prolongations), les Aigles se sont permis de rater un penalty que les supporters vont regretter jusqu’au moins à la CAN 2025 au Maroc. Si l’on peut reprocher le manque d’efficacité aux joueurs, le sélectionneur n’est pas exempté de tout reproche. Si à l’heure de jeu, l’entrée de Nene Dorgelès et Fousseni Diabaté a été salutaire, il a ensuite détruit l’équilibre de son équipe pour conserver le but marqué par Nene Dorgelès à la 71è minute. Si cela a marché contre le Burkina Faso, battu 2-1, il faut reconnaître que la Côte d’Ivoire n’est pas le Burkina. En effet, Eric Sékou Chelle a tendance à paniquer pendant le temps fort de l’adversaire et le choix de défendre un petit but à coûter cher aux Aigles. «C’est difficile. Nous n’avons pas les mots. Je pense que nous avons manqué de maturité, sinon le match était à notre portée. Nous avons obtenu un penalty et l’adversaire a été réduit à dix. Nous n’avons pu faire mieux. Ce sera un regret éternel. Nous irons dans nos tombes avec ces regrets. Je pense que cette année était la bonne pour le Mali, malheureusement nous n’avons pas été capables », a déclaré le défenseur central Boubacar Kiki Kouyaté après le match « Nous présentons aux excuses au peuple malien. Si les Maliens sont en colère c’est à cause de nous. Nous demandons pardon à tout le monde. S’il plait à Dieu, le Mali va remporter la coupe un jour, même si ça ne sera pas notre génération », a-t-il ajouté. Le milieu de terrain, Adama Traoré demande également pardon au peule malien. « Nous voulons gagner ce match mais Dieu en a décidé autrement. Le public est venu en nombre. C’était à nous de calmer le jeu et de gagner, mais Dieu n’en a pas voulu. Nous présentons des excuses au peuple et nous allons essayer de rattraper nos erreurs», a déclaré Adama Traoré «Noss». Pour ce match, un changement chez les Aigles par rapport au onze aligné en huitièmes face au Burkina Faso (2-1). Le milieu de terrain Mohamed Camara (malade) laisse sa place à Diadié Samassékou, le nouveau joueur de Cadix en Espagne. Chez les Ivoiriens, Franck Kessié, Nicolas Pépé et Christian Kouamé reviennent au premier plan et remplacent Ibrahim Sangaré, Oumar Diakité et Jean-Philippe Krasso. Pour atteindre ce niveau, le Mali, invaincu, a terminé leader du groupe E avec 5 points en phase de poules devant l’Afrique du Sud (4 points) et la Namibie (4 points) avant d’éliminer le Burkina Faso en huitièmes (2-1). Sortis miraculeusement de la phase de groupes, les Éléphants, troisièmes du groupe A (3 points) derrière la Guinée équatoriale (7 points) et le Nigeria (7 points) ont retrouvé de la confiance et de l’ambition et ont éliminé le tenant du titre, le Sénégal (1-1, 5-4 t.a.b.) en huitièmes de finale. Comme lors de ses derrière rencontres avec la Côte d’Ivoire, le Mali a fait fort impression dans le jeu. Les Aigles ont dominé la première période. Dès la 8è minute, le Mali pouvait bénéficier d’un penalty. Après un corner Kamory Doumbia repoussé par la défense ivoirienne, la reprise d’Amadou Haïdara semble déviée par la main du défenseur central ivoirien, Kouakou Odilon Koussounou. Après une longue attente, l’arbitre égyptien, Mohamed Adel Elsaïd Hussein fera recours l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Le penalty qui semblait évident n’est pas sifflé pour une position de hors-jeu. Ce sera que partie remise quart quelques minutes plus tard, le Mali obtient un penalty suite à une faute du même défenseur Kouakou Odilon Koussounou sur Lassine Sinayoko dans la surface ivoirienne. Adama Traoré exécute la sentence et bute sur le gardien, Yaya Fofana (16è min). Le stade de la Paix exulte. Plus technique, les Aigles dominent dans tous les compartiments de jeu et les Ivoiriens multiplient les fautes et l’arbitre égyptien multiplie les cartons dont l’expulsion de Kouakou Odilon Koussounou pour cumul de cartons après une faute sur Lassine Sinayoko qui partait seul vers les buts gardés par Fofana (44è min). «Que faire ? Ils sont techniquement plus que nous », s’interroge un confrère ivoirien à la pause. Déjà en difficulté, les Éléphants laissent toute l’initiative de jeu aux Aigles en deuxième période. Ils défendent à 9 en comptant sur les contres pour trouver la faille dans la défense des Aigles. Le stade de la Paix, plein, est totalement acquis à la cause des Éléphants qui ont misé sur Sébastien Haller, entré aux débuts de la deuxième période. Il y avait 39 836 dans un stade de 40.000 places. Les Aigles
Le président Assimi Goïta lance les travaux d’aménagement des routes Kati-Bamako
Bamako, 02 fév (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a lancé jeudi à Kati, les travaux de la construction de quatre projets routiers importants pour un coût de 95 milliards de Fcfa financés par le budget national sur une durée de 36 mois (3 ans.) Les travaux porteront sur l’aménagement en 2×2 voies de la section Route régionale (RR9) entre Kati et Bamako qui seront connectées vers Koulouba et Samé avec toutes les commodités, la bretelle d’accès au Point G, des travaux de voirie sur 7 km dans la ville de Kati et la section d’embranchement GMS-Samé-Kati en 2×2 voies. Ces projets visent à moderniser les axes routiers, améliorer le confort et la sécurité des usagers et faciliter l’accès aux hôpitaux du Point G et de Kati. L’objectif est, également, de réduire la durée de trajet entre Kati et le District de Bamako, ainsi que le nombre d’accidents et les coûts d’exploitation des véhicules. L’entreprise chinoise Covec-Mali sera responsable de l’exécution des travaux. Le secrétaire général de la Commune urbaine de Kati, Zanga Dao, a souligné les enjeux stratégiques du secteur des transports, notamment l’augmentation de la population et la détérioration avancée des routes qui, selon lui, engendrent des accidents de circulation. À ce titre, il a rappelé que rien qu’en décembre dernier, selon les statistiques du Centre de secours de la Protection civile, Kati a enregistré 334 victimes d’accidents de voies publiques, dont 11 morts et 323 blessés. Pour la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, ces projets répondent aux besoins spécifiques des citoyens en matière d’infrastructures routières. Mme Dembélé Madina Sissoko a souligné l’importance économique, sociale et culturelle de la route au Mali eu égard à sa continentalité. Elle a également mis en avant le besoin d’élargir les axes routiers face à la saturation actuelle. Selon la ministre, les axes routiers Bamako-Koulouba-Kati et GMS-Samé-Kati, ainsi que la bretelle d’accès à l’hôpital du Point G (actuellement en aller-retour), ne conviennent plus à la densité du trafic due à l’urbanisation rapide de Kati et ses environs. À titre d’illustration, elle a révélé qu’en 2022, le comptage de trafic sur l’axe Bamako-Koulouba-Kati était de 9 000 véhicules par jour, projetant une augmentation à 43 000 véhicules/j d’ici 2045. FLUIDITÉ – Concernant l’axe GMS-Samé-Kati, réalisé depuis 1996, le trafic a fortement augmenté depuis 2002, devenant la route principale pour les véhicules gros porteurs reliant Bamako aux ports de Dakar et de Nouakchott, a-t-elle noté. Ajoutant qu’en 2023, le comptage de trafic sur cet axe a atteint une moyenne journalière de 45 117 véhicules, incluant tricycles et deux-roues. Elle a déploré plusieurs dizaines de chutes de gros porteurs par an sur les maisons riveraines, blessant ou tuant les occupants y compris les usagers de la route. Mme Dembélé Madina Sissoko a invité l’entreprise en charge de l’exécution des travaux à mériter la confiance placée en elle par l’autorité contractante, en assurant la bonne exécution des services convenus, dans le respect strict des montants et des délais contractuels, mais aussi des normes techniques du projet. Le chef de l’État a déclaré à la presse que ce projet est conforme à la vision des autorités de la Transition, visant à moderniser toutes nos villes et à les doter d’infrastructures routières adéquates. Le colonel Assimi Goïta a appelé la population à soutenir l’entreprise responsable de l’exécution des travaux, estimant que les aménagements routiers peuvent occasionner des désagréments. L’accompagnement de la population est essentiel, a insisté le président de la Transition, pour qui ce projet contribuera à assurer la fluidité de nos axes routiers et à renforcer la sécurité des usagers. La cérémonie organisée a enregistré la présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement. AG/MD (AMAP)

