Tombouctou, 28 juillet (AMAP) L’Association des ressortissants pour le développement du cercle de Tombouctou (ARDCT) a organisé, animé et financé les activités marquant le 600 -ème anniversaire de la mosquée de Sankoré, les 25 et 26 juillet, a constaté l’AMAP.
Au menu plusieurs activités étaient au programme, à savoir une conférence, le crépissage de ladite mosquée, la pose de la première pierre pour les travaux de réhabilitation et une remise de matériels de sonorisation.
Pour la circonstance, le ministre Mamou Daffé qui était attendu, n’a pas pu faire le déplacement et s’est fait représenter par son chef de cabinet Salia Mallé et le directeur national du patrimoine Moulaye Coulibaly.
Le président l’ARDCT Mahmoud ARBY dira dans ses propos introductifs « Tombouctou n’est pas seulement une ville qui possède une histoire. Elle est une ville qui a contribué à écrire l’histoire. Quant à Sankoré, elle n’est pas seulement un monument construit en terre. Elle est une forteresse de la foi, une citadelle du savoir et l’un des plus puissants symboles du génie intellectuel africain. Depuis six siècles, les murs de cette mosquée ont entendu la récitation du Saint Coran, les enseignements des jurisconsultes, les commentaires des exégètes, les débats des savants et les pas d’innombrables étudiants venus de différents horizons pour chercher la connaissance. »
Commémoration, une dimension à la fois spirituelle, scientifique, culturelle et opérationnelle
C’est précisément dans cet esprit que l’ARDCT a souhaité donner à cette commémoration une dimension à la fois spirituelle, scientifique, culturelle et opérationnelle. Elle sera suivie d’actions concrètes, notamment le crépissage traditionnel de la mosquée de Sankoré, acte de foi, de communion communautaire et de transmission du savoir-faire ancestral, la remise à la mosquée d’un matériel de sonorisation moderne de dernière génération, destiné à améliorer les conditions de prière, d’enseignement et de communication religieuse, et le lancement des travaux du projet de réhabilitation, afin de contribuer durablement à la préservation de l’intégrité physique, historique et spirituelle de ce patrimoine exceptionnel.
En terminant le président de l’association a remercié les familles Baba Chirfi, Amir Sékou Baber, ainsi qu’à la Fondation Bally, pour leurs contributions, leur disponibilité et leur générosité. Il a aussi remercié les partenaires, notamment l’UNESCO, AMSODE et ORCA, pour leur accompagnement, leur confiance et leur engagement en faveur de la préservation de la mosquée Sankoré.
L’Université de Sankoré, qui comptait plus de 25 000 étudiants venant de tous les horizons
Le chef de cabinet du ministre de la culture Salia Mallé, s’exprimant en ces termes, comme vous le savez, la Mosquée de Sankoré est l’un des trois anciens centres de formations universitaires, qui a formé des générations d’intellectuels musulmans et d’éminents érudits. Sankoré, lieu de dévotion et de foi en Allah, mais aussi temple de l’érudition et miroir de la grande effervescence intellectuelle que Tombouctou a connue pendant la période médiévale.
Elle a abrité la célèbre Université de Sankoré, qui comptait plus de 25 000 étudiants venant de tous les horizons, une fierté pour le Mali et toute l’Afrique au Sud du Sahara. La mosquée de Sankoré, comme celles de Djingareyber et de Sidi Yahia et tout comme les mausolées de saints, ont joué un rôle prépondérant dans la diffusion de l’islam en Afrique. EIles sont aussi des témoignages exceptionnels de l’établissement urbain de Tombouctou, de son rôle d’important centre commercial, spirituel et culturel aux confins méridionaux de la route commerciale transsaharienne et de ses techniques de construction traditionnelles.
la Mosquée de Sankoré, élément constitutif du bien culturel « Tombouctou », inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et classée dans le patrimoine culturel national
Après ce bref rappel historique, le chef de cabinet dira, la Mosquée de Sankoré est un élément constitutif du bien culturel « Tombouctou », inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1988 et classée dans le patrimoine culturel national par Décret n°92-245/P-RM du 18 décembre 1992 pour ses valeurs historiques, architecturales, socioculturelles et spirituelles.
Les effets néfastes de la Crise de 2012
Aujourd’hui, les effets néfastes de la Crise de 2012 sont préjudiciables à l’authenticité et à l’intégrité de tous les bâtiments classés de Tombouctou. C’est pourquoi, son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril témoigne de la vulnérabilité du site, particulièrement exposé au phénomène d’ensablement, à l’érosion hydrique, au passage effréné des engins motorisés et à l’insuffisance de moyens conséquents, autant de menaces à juguler pour la sortie du bien de la liste du patrimoine mondial en péril.

Le chef de cabinet a révélé que la célébration des 600 ans de la Mosquée de Sankoré s’inscrit dans le cadre de l’année 2026-2027, décrétée par le Président de la Transition, Chef de l’Etat, Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, l’année de l’éducation et de la culture au Mali. Cette célébration est donc un cadre idéal pour désentraver et valoriser notre histoire millénaire, mutualiser les efforts, créer une synergie d’action et une gestion concertée en vue d’assurer une conservation durable et une gestion efficace des biens du patrimoine culturel.
Il faut souligner que la mosquée a été construite vers le XIV siècle par une dame maure venant de vers la Mauritanie qui a voulu garder l’anonymat. Son nom Fatoumatou a été révélé récemment. Il faut rappeler que pour célébrer ces six cent ans une forte délégation de l’ARDT a effectué le déplacement à Tombouctou.
MS/KM (AMAP)

