Produits agricoles et artisanaux : La nécessaire labélisation

Par Anta CISSÉ Bamako, 12 juil (AMAP) Le Mali regorge de produits agricoles et artisanaux de grande qualité. Ils proviennent, le plus souvent, des zones rurales où les stratégies commerciales de mise en valeur sont méconnues voire inexistantes. Pour que les producteurs/transformateurs en tirent un avantage économique, les produits doivent être valorisés au moyen de droit de Propriété intellectuelle, notamment les Indications géographiques (IG) et les Marques collectives (MC). Cela, d’autant plus que les marchés des pays développés sont, de plus en plus, sensibles à la provenance et à la qualité des produits. Selon le chargé de communication du Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI), Almouctar Baba Kounta, avec la mise en place de la Zone de libre-échange économique en Afrique (ZLECAF), il y a aujourd’hui un contexte favorable à l’essor du commerce interafricain. Almouctar Baba Kounta soutient que c’est ce constat qui a conduit le Mali à opter pour le développement de son artisanat et de son agriculture « afin de leur donner plus de visibilité, de créer plus de richesses dans l’économie nationale et de lutter efficacement contre la concurrence déloyale et la contrefaçon. » BÉNÉFICES À LA HAUSSE – Artisan peintre depuis plus plusieurs années, Moussa Bagayoko est transformateur de coton biologique. «Depuis 2013, l’ONG Helvetas a commencé à soutenir nos productions et faciliter la création d’un réseau national dénommé Réseau malien des transformateurs de coton Biologique (REMATRAC Bio) qui couvre les Régions de Kayes, (Ouest) Ségou, Mopti Centre), Bamako, la capitale, et Kidal (Nord)», confie l’artisan dans son atelier à Ouolofobougou. Spécialiste du tissage, de la teinture végétale bogolan et indigo, Moussa affirme que la certification lui a permis d’augmenter ses bénéfice et de diversifier sa clientèle. « Grâce à la labélisation, j’ai noué des partenariats, notamment avec la France », dit-il. En atteste l’augmentation fulgurante de son chiffre d’affaires, qui a presque triplé : « Auparavant, mon chiffre d’affaire oscillait entre 1 et 4 millions de Fcfa. Mais, aujourd’hui, grâce à la labélisation, ce chiffre est passé de 4 à 12 millions de Fcfa ». Cependant, il exhorte l’Etat à plus s’investir dans ce domaine qui est porteur d’espoirs pour beaucoup. Dans un monde où l’alimentation occupe une place primordiale, la question de la qualité et de l’origine des produits agricoles devient, également, de plus en plus préoccupante. Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de la provenance de ce qu’ils mettent dans leur assiette et cherchent des garanties quant aux méthodes de productions et à l’impact environnemental des aliments qu’ils consomment. C’est là où la labélisation des produits agricoles entre en jeu, offrant une solution claire et trans parente pour répondre à ces attentes légitimes des consommateurs. Hélène N’diaye, chargée de la communication du Réseau solidaire en agro-écologie paysanne et citoyenne (RESAPAC) créé en 2019, explique l’objectif de son organisation qui est « de structurer le marché agricole bio de Bamako. » Ce réseau a été créé pour aider les producteurs à se développer en attendant qu’une norme étatique se mette en place. Pour le professeur d’économie, Dr Abdoudramane Coulibaly, « dans un contexte de mondialisation accélérée, contrariée par la montée en puissance de la contrefaçon, tout pays qui veut sauvegarder sa souveraineté économique et son identité culturelle doit disposer d’une marque distinctive connue sous un label. » Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, basée à Genève, 10 % du trafic mondial est constitués de la contrefaçon. Un rapport conjoint de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), publié en 2019, révèle que « la contrefaçon fait perdre en moyenne 10 milliards de Fcfa par an aux Etats ouest-africains, à l’exception du Nigéria. » FORMER, INFORMER ET SENSIBILISER – Le CEMAPI s’est engagé, durant ces trois dernières années, dans une dynamique de labellisation des produits locaux, à travers les IG et MC, à réaliser diverses actions de formation, d’information et de sensibilisation sur le processus de labélisation, d’accompagnement et de structuration des acteurs et producteurs, notamment l’échalote de Bandiagara (Centre), le bogolan fini du Mali, le sel gemme de Taoudénit (Nord). Dans ce cadre, le Centre, avec l’appui du Programme d’appui à la compétitivité en Afrique de l’ouest (PACAO) a initié une série d’activités en faveur des acteurs d’un certain nombre de filières. Il est prévu de renforcer les capacités des acteurs des filières mangue et karité ainsi que des membres du Comité national de labélisation des produits locaux en Indications géographiques et en Marques collectives (CIGMAC-Mali) sur les concepts et l’importance de la MC et de l’IG dans le développement d’un pays. Dans le cadre de l’établissement d’un cadre légal et institutionnel en matière de propriété intellectuelle, apte à soutenir les démarches de qualité liée à l’origine des produits locaux, le Mali, à l’instar de certains pays de l’espace de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), a créé le Comité national des indications géographiques (CNIG),en juillet 2014. Pour prendre en charge les nouveaux enjeux liés à la nécessité de renforcer la dynamique nationale de labélisation des produits locaux, les textes portant création de ce Comité ont été révisés en octobre 2021 pour donner naissance au CIGMAC-Ma1i. AC/MD (AMAP)

Mossadeck Bally : « La crise oblige les investisseurs à l’attentisme »

Propos recueillis par Babba B. COULIBALY Bamako, 05 juil (AMAP) Dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée, Mossadeck Bally, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), dévoile la vision de son équipe. Il évoque également les conditions pour une relance économique rapide, le rôle des différents acteurs, les efforts du gouvernement dans le secteur et la résilience du peuple malien. L’AMAP : Comment se porte aujourd’hui le monde des affaires ? Mossadeck Bally : Le monde des affaires est dans l’expectative. On ressent une sorte d’attentisme. Notre pays traverse une crise très profonde qui est à la fois sécuritaire, institutionnelle, sanitaire et internationale avec la guerre. Tout ceci fait que l’économie est très éprouvée même si elle montre des signes de résilience. Le Fonds monétaire international (FMI) l’a mentionné dans le rapport de sa dernière mission récente. Donc, nous avons une économie résiliente mais à la croisée des chemins. Le monde des affaires et des investisseurs est dans cet attentisme. Ils attendent d’avoir un peu de visibilité pour reprendre leurs projets d’investissements. C’est ce qui caractérise aujourd’hui le monde des affaires au Mali. L’AMAP : Quelle analyse faites-vous de la crise économique du pays ? Et quels sont les enseignements à en tirer ? MB : C’est une crise profonde. Quand un pays est installé dans une crise depuis plus d’une décennie, forcément cela joue sur l’économie. Et lorsque l’économie est impactée, ça joue sur la population parce que ce sont des emplois qui ne sont pas créés. Il y a des entreprises qui ont dû fermer suite à cette longue crise, certaines à cause de la pandémie, d’autres ont été obligées de se restructurer. Tout ceci montre que notre économie, malgré sa résilience, souffre. Les priorités du pays sont d’ordre sécuritaire. L’État investit énormément dans la sécurité, ce que nous comprenons parce que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Il y a un effort à faire pour reconstruire l’appareil sécuritaire, ce qui fait qu’il n’y a pas d’investissements dans les autres domaines. Et quand il n’y a pas d’investissements ça veut dire que la commande publique diminue considérablement et les entreprises en pâtissent. Celles qui arrivent à travailler, vu que les efforts financiers sont faits sur l’appareil sécuritaire, ne sont payées à temps. Les enseignements qu’on peut tirer de cette longue crise c’est que, dans un pays où il n’y a pas de sécurité et de stabilité institutionnelle, c’est difficile dans ce pays d’attirer des investissements. Donc, ce pays restera toujours un pays où on fait du court terme. On fait essentiellement de l’importation et de la distribution. Et pour tous les investissements d’envergures, structurants, on a tendance à les laisser en attendant de voir la crise passée. Mais nous avons tiré d’autres enseignements à savoir que nous avons une économie qui est résiliente, des chefs d’entreprises performants, patriotes qui ont fait en sorte que la machine continue à tourner malgré l’embargo que la Cedeao et de l’Uemoa nous ont imposé. Les chefs d’entreprises maliennes sont vraiment à la hauteur. Ils se sont battus pour que les marchés restent ravitaillés, pour que les impôts soient payés pour faire fonctionner l’État. Imaginez-vous, depuis presque trois ans l’État n’a plus d’appuis budgétaires. Ce sont les impôts payés par les contribuables et les entrepreneurs qui permettent de soutenir l’État. Voilà les grands enseignements que nous avons tirés mais il faudrait éviter de rester longtemps dans toute crise. L’AMAP : La relance économique demeure un objectif. Pensez-vous que toutes les parties (secteur privé, État et partenaires) jouent véritablement leur rôle ? MB : Je dois avouer que chacun fait de son mieux. L’État fait de son mieux avec les priorités qui sont les siennes, essentiellement rebâtir l’appareil sécuritaire, puisque nous sommes en guerre. Le secteur privé a largement joué sa partition. N’eut été le secteur privé malien, je pense qu’on aurait eu un pays qui serait dans des difficultés énormes. Le secteur privé a affronté l’embargo, la crise sanitaire, l’insécurité pour permettre au pays de continuer de tourner. On ne peut parler de relance économique que lorsque nous aurons la sécurité et la stabilité institutionnelle. Aujourd’hui, le CNPM joue son rôle en temps qu’interlocuteur privilégié de l’État, qui nous écoute. Le dialogue public privé est en train de s’améliorer parce que le rôle du CNPM, c’est de faire en sorte que le dialogue public-privé soit de haute qualité et constant. Ce dialogue qui avait été rompu à un moment donné avec la crise que nous avons connu de 2020 à 2022, a été rétabli par le nouveau bureau. Donc, les acteurs jouent leurs rôles avec les moyens dont ils disposent. L’AMAP : En tant que entrepreneur expérimenté, quels sont les arguments à mettre en avant pour remettre en confiance les investisseurs? MB : La psychologie est très importante chez un investisseur. Il s’assure qu’il investit dans un environnement sécurisé où il y a la visibilité institutionnelle et à partir de là, il regarde la rentabilité et la faisabilité de son projet et voir s’il peut disposer de tous les facteurs de production dans ce pays. Cette psychologie vient essentiellement de l’État de ce pays. Et nous, pour assurer et rassurer les investisseurs, il nous faut vraiment un État régalien, visionneur, stratège, neutre, arbitre qui respecte et fait respecter les lois, les règlements à tous les acteurs de l’économie. Ces qualités doivent être une réalité visible au niveau de l’administration publique pour attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Il faudrait que l’on sache quel genre d’État nous voulons et dont nous avons besoin pour valoriser ce formidable potentiel économique que nous avons mais que nous n’arrivons pas à exploiter en 62 ans d’indépendance. C’est possible mais ça ne peut se faire que le jour où on aurait les qualités endogènes citées ci-haut. L’AMAP: La transformation structurelle de notre économie reste un défi majeur qui peine à voir le jour. Quelle est la vision du Patronat en la matière? MB : L’économie du Mali est une économie extravertie. C’est-à-dire une économie qui est essentiellement

Procès Ras Bath : L’inculpé reste en prison pour une autre affaire

Bamako, 12 juil (AMAP) Le tribunal de la Commune IV du district de Bamako, a acquitté Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, porte-parole du Collectif pour la défense de la République (CDR), dans l’affaire de «simulation d’infractions», à l’issue du délibéré du jugement, mardi. Toutefois, l’animateur de radio reste détenu dans un autre dossier d’« association de malfaiteurs contre autrui, d’offense au chef de l’État et de diffusion des paroles contre les mœurs du pays ». À la fin de l’audience, Me Mohamed Ali Bathily, avocat de l’accusé, a confié que « Ras Bath avait sur la tête deux dossiers : le premier étant ce qu’ils ont appelé la simulation d’infraction. Dieu merci, aujourd’hui ça été jugé. Les résultats lui ont été bénéfiques puisqu’il a été déclaré non coupable après avoir fait des mois en prison. Le deuxième dossier est pendant devant le juge d’instruction» À propos de ce second dossier qui fait que l’accusé reste en prison, son conseil préfère attendre le verdict. L’incarcération du porte-parole du CDR fait suite à son interpellation le 13 mars dernier par le Commissariat de Lafiabougou (Bamako) suite à des propos qu’il a tenus lors de la 3è Conférence nationale de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence pour des forces patriotiques (ASMA-CFP). Le célèbre chroniqueur avait déclaré, au cours de cette rencontre, que «l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga a été assassiné». Après son audition au commissariat, Mohamed Youssouf Bathily, a été présenté à un juge du tribunal de la Commune IV qui a ordonné son placement sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA) pour «simulation d’infractions et trouble à l’ordre public». Quelques jours après, il a été, à nouveau, présenté au parquet de la même juridiction pour de nouvelles charges le concernant. La dernière charge dont il fait l’objet date de10 ans. Pour le procès, des soutiens de Ras Bath ont effectué le déplacement en grand nombre. Il en était de même pour les forces de maintien d’ordre. NK/MD (AMAP)

L’interprétation des signes du cheval et guide pratique du paysan : Un livre de sauvegarde de nos traditions

Bamako, 12 juil (AMAP) Le cheval est un animal d’une grande valeur dans notre société, cela depuis des temps immémoriaux. Les signes de ce mammifère, estimés, selon certains à 99, servaient et continuent de servir de guides pour les hommes. Des savoirs immenses que le journaliste-écrivain Ouka Ba, correspondant l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) à Diéma) se propose de nous faire découvrir, dans son cinquième ouvrage intitulé « L’interprétation des signes du cheval et guide pratique du paysan ». Ce livre de 87 pages puise sa richesse à la source. Qui pourrait mieux le faire qu’un journaliste du terroir ? Notre confrère s’est rendu dans plusieurs villages et hameaux de la contrée à la recherche de ces connaissances précieuses. À travers ces écrits, l’auteur contribue à sauvegarder nos traditions orales, en cette période de déperdition de nos connaissances locales et traditionnelles. Parce que, pour beaucoup d’entre nous, ce sont des « vieilleries ». Sans des efforts de valorisation et de conservation de cette envergure, les générations futures ne sauront rien des savoirs locaux qui ont guidé leurs ancêtres dans la gestion de l’agriculture, la richesse, l’élevage, le pouvoir, la famille, l’autosuffisance alimentaire et les conflits. Nos anciens interprétaient notamment la couleur, la physionomie et les gestes du cheval. Dans son livre, Ouka Ba explique qu’à l’époque, quand vous vouliez donner votre fille en mariage, vous deviez voir d’abord dans la famille du prétendant si le cheval qui y est attaché est maigrichon et larmoyant. Si tel est le cas, il faut renoncer à cette union conjugale parce que la famille sera incapable de prendre soin de votre progéniture. « Selon certaines croyances, cite le journaliste, la présence seule d’un cheval dans la maison suffit pour accroitre et maintenir le bonheur. » Un autre exemple porte sur l’épanouissement que peut apporter le cheval à un souverain. « Le cheval qui convient mieux au Mansa (roi), c’est celui qui a les quatre pattes blanches, des genoux descendant vers le bas ». Selon l’auteur, même si tu as un os de ce genre d’équidé dans ta maison, tu auras le pouvoir et tu t’épanouiras. La couleur du cheval peut être aussi bien un signe de bonheur que de malheur. Si le propriétaire du cheval noir, avec un trait blanc sur le front, le laisse derrière lui pour s’aventurer, il peinera et sera assailli par des problèmes qui risqueront de l’entrainer en prison. » L’autre partie de l’ouvrage est consacrée aux signes de la météorologie. L’auteur indique comment la connaissance de la faune et de la flore aide le paysan à faire face aux conditions pluviométriques et aux intempéries. Cela, en dehors de mécanismes scientifiques. Des phénomènes dans la nature annoncent le démarrage de la saison pluvieuse ou l’abondance de pluies. « Lorsque le baobab commence à fleurir, c’est que l’hivernage est proche. » « L’année où la présence des corbeaux devient plus massive, les pluies seront abondantes. » Ouka Ba est originaire de Nioro du Sahel. Secrétaire d’administration de formation, il fut bibliothécaire à Gao et à Diéma. Depuis 2003, il est le correspondant de presse de l’AMAP à Diéma. MDD/MD (AMAP)

63è sommet de la CEDEAO : Le président Bola Tinubu du Nigeria prend la tête de l’organisation 

Bamako, 10 juil (AMAP) Le président du Nigeria, Bola Tinubu, a été élu à l’unanimité par ses pairs, et succède à son homologue bissau-guinéen, Umaru Embalò Cissoko, à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), selon les conclusions du 63è Sommet ordinaire de l’organisation qui s’est achevé, dimanche, à Bissau en Guinée-Bissau. Parmi ses priorités à la tête de la CEDEAO, Bola Tinubu entend combattre « les changements anticonstitutionnels. : Lors de sa première intervention, le nouveau président en exercice de la CEDEAO s’est montré assez ferme sur les coups d’Etat dans la zone communautaire. Selon les conclusions de la réunion, les dirigeants ouest africains devront réexaminer « les situations politiques au Mali, mais aussi en Guinée et au Burkina Faso au cours d’un prochain sommet. » Concernant la situation sécuritaire de façon globale, il y a eu des discussions autour de l’installation, d’une Force de la CEDEAO avec deux objectifs : lutter contre le terrorisme dans l’espace CEDEAO et  « intervenir si nécessaire dans des États pour rétablir l’ordre constitutionnel », rapporte la même source. Les responsables communautaires ont examiné la mise en place d’une Force régionale en attente qui devrait tourner autour « de 5 000 hommes à court terme et, éventuellement ,évoluer vers un nombre beaucoup plus important sur la durée », selon plusieurs sources diplomatiques. Ils ont, également, évoqué la situation sécuritaire dans les trois pays (Mali, Burkina Faso, Guinée) et, plus globalement, dans la région du Sahel, notamment avec un focus sur le retrait de la Mission multinationale intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Ce 62è sommet ordinaire de la CEDEAO s’est tenu avant la visite préparatoire habituelle des médiateurs de l’organisation auprès des autorités de Transition des trois pays concernés. Le Mali, la Guinée et le Burkina Faso ont été suspendus des organes décisionnels de la CEDEAO après la prise de pouvoir par des militaires, respectivement en 2020, 2021 et 2022. AT/MD (AMAP)

Fin de la suspension du Mali des instances de l’UEMOA, selon le communiqué final de la session extraordinaire de Bissau

Bamako, 10 juil (AMAP La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA) ont décidé de lever la suspension du Mali des institutions et organes de l’organisation communautaire, prise depuis le 09 janvier 2022. Dans le communiqué final de cette session extraordinaire, réunie, samedi 8 juillet à Bissau, en Guinée-Bissau, sous la présidence du président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont félicités « de la résilience des économies de la zone dont le taux de croissance économique est prévu à 7,0% en 2023, après 5,9% en 2022 ». Ce, malgré les chocs enregistrés sur le plan international et au sein de l’espace communautaire. La conférence a, aussi, salué les multiples efforts déployés par les Etats membres « en vue de préserver le pouvoir d’achat des populations, face au renchérissement des coûts des produits alimentaires et énergétiques. » A cet égard, elle a noté avec satisfaction la décélération en 2023 du « taux d’inflation qui s’établirait à 4,4%, soit une baisse de 3,0 points de pourcentage par rapport à 2022 », précise le communiqué finale. Le document ajoute que les responsables ouest africains « ont salué les actions appropriées entreprises par les Institutions spécialisées en vue d’assurer un financement satisfaisant des économies de l’Union. » En outre, les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris connaissance de l’état d’avancement du processus d’élaboration de la vision prospective de I’UEMOA à l’horizon 2040, en vue de doter l’Union d’un outil d’anticipation dans le long terme permettant d’asseoir les bases de ses choix et priorités stratégiques. Ainsi, ils ont « exhorté la Commission de l’UEMOA à mener ce processus à terme en procédant notamment, à l’évaluation de certains textes communautaires et à leur réforme, le cas échéant », relève le communiqué Par ailleurs, dans le cadre de l’approfondissement de l’intégration régionale, la Conférence a rappelé la nécessité, pour les Etats membres, de veiller à un reversement régulier du Prélèvement communautaire de solidarité (PCS). Les dirigeants ouest africains ont salué la résilience des économies des Etats en dépit du contexte défavorable. Pour renforcer leur performance, elle a instruit la Commission de l’UEMOA à soumettre, pour 2023, un nouveau Pacte de convergence, de stabilité et de croissance. AT/MD (AMAP)

Rébellions cycliques au Nord : Les éclairages de Dr Sounkalo Togola

Par Ousmane MAHAMANE Bamako, 04 juil (AMAP) La salle des professeurs de l’Ecole normale supérieure (ENSUP) a abrité, le jeudi 15 juin 2023, dans la matinée, la soutenance de thèse ayant pour thème « Contribution à une géopolitique et une géostratégie des rébellions au Nord du Mali : 1963-2012 » et présentée par Sounkalo Togola, journaliste- réalisateur en service au Commissariat à la Réforme du Secteur de la Sécurité. « Le jury, après délibération, à l’unanimité, a décerné à Sounkalo Togola le titre de Docteur en Science Politique, option « géopolitique » avec Mention Très Honorable », c’est par ces mots que le président du jury, Brahima Songoré, Professeur titulaire de l’Institut de Pédagogie Universitaire (IPU), a clôturé la soutenance, aux termes de trois heures d’échanges. Mais auparavant, l’impétrant Sounkalo Togola avait fait le résumé de sa thèse en quinze minutes devant les cinq membres du jury et le public, constitué de parents et amis venus assister à la soutenance. En introduction de sa présentation, Sounkalo Togola a expliqué que « de son accession à l’indépendance, le 22 septembre 1960, quatre phases de révolte armée ont jalonné l’histoire moderne du Mali, respectivement 1963, 1990, 2006 et 2012 ». Pourquoi ces rébellions cycliques d’obédience touareg ? Telle est la question à l’origine de sa thèse dont l’objectif de recherche était de faire ressortir les enjeux géopolitiques et géostratégiques des rébellions Touareg au Mali. Le candidat au grade scientifique de docteur avait à cœur d’aider à comprendre les événements du Nord du pays à travers un éclairage aussi précis et aussi objectif que possible sur les causes réelles de la résurgence des révoltes Touareg au Mali. Pour ce faire, il a recueilli les perceptions populaires sur les causes des rébellions à répétition. En effet, dans le cadre de son étude, il a choisi à travers le pays un échantillon de cent cinquante (150) personnes, constitué des composantes ethniques, sociopolitiques et culturelles du Mali. Les résultats de l’enquête de perception des populations révèlent que les trois causes principales des rébellions sont les visées sur les ressources du sous-sol du Nord par des puissances ou de pays étrangers (95, 33% des individus enquêtés) ; les enjeux géopolitiques et géostratégiques, c’est-à-dire les rivalités entre les centres de puissance ou de pouvoir sur le même territoire (85,33 % des personnes interrogées) et le problème de développement des régions du Nord par rapport aux autres parties du Mali (75, 33% des résultats obtenus). Ces taux sont des réponses données à la question ouverte : pourquoi au Mali les rébellions à répétition ? Mais les données changent avec la question fermée où des options de réponses sont prédéfinies à savoir : que pouvez-vous dire quant aux facteurs à l’origine des rébellions de 1963 à2012 ? Les répondants à cette question citent en première position la problématique de gouvernance pour 56, 67%. C’est sur ce chiffre que l’impétrant Togola a mis un accent particulier dans l’analyse des résultats obtenus. Pour illustrer cette position, il a inséré des encadrés qui attestent que le problème de gouvernance est la cause première des rébellions. De même, pour 44% des personnes interrogées, la solution aux rébellions réside dans la bonne gouvernance. 75,33% des enquêtés estiment que la solution relève d’abord de l’option de « développement » avant l’approche « militaire » qui recueille 68% et la « gouvernance / décentralisation » suit pour 65, 33% des personnes interviewées. Après avoir développé la quintessence de la thèse, Sounkalo Togola s’est prêté aux questions des membres du jury. Mais avant de poser leurs questions, ils ont d’abord donné leur appréciation, sur la forme et le fond, du travail abattu par M. Togola. « Tous les éléments d’une thèse sont présents. Le candidat a abattu un travail de qualité. La thématique est pertinente, d’une importance capitale et d’actualité. Le document constitue une mine d’or en terme d’informations. On y apprend beaucoup. C’est un travail scientifique d’une grande valeur. La thèse est consistante. Sounkalo Togola a fait un effort d’analyse et le style est apprécié. » Telles sont les grandes lignes des commentaires du jury sur le document de thèse. Cependant comme œuvre humaine, la thèse renferme des faiblesses que les membres du jury n’ont pas manqué de relever. Et les corrections y afférentes doivent être portées dans la version finalisée de la thèse avant le dépôt d’un exemplaire au niveau de l’administration de l’Institut de Pédagogie Universitaire (IPU). OM (AMAP)      

Colloque sur le secteur minier : Pour que l’or brille pour les populations

Bamako, 04 juil (AMAP) «Nul n’ignore que le Mali dispose d’un riche sous-sol qui doit être exploité au bénéfice de la population», a déclaré, lundi, le secrétaire général du ministère des Mines, Soussourou Dembélé. «Ces richesses qui sont des opportunités pour le Mali l’obligent à faire face aux défis importants dont, notamment disposer de l’arsenal juridique, technologique et des compétences requises pour une gestion efficace et à long temps de l’ensemble de ces richesses, trouver les mécanismes appropriés pour que les populations en particulier celles vivants à proximité des sites d’exploitation puissent bénéficier des retombées de ces ressources minières et préserver l’environnement», a poursuivi M. Dembélé. Le secrétaire général du ministère des Mines intervenait lors d’un colloque sur le secteur minier organisé par le Centre d’étude et de réflexion au Mali (CERM) sur le thème de « L’exploitation des ressources minières au Mali : comment assurer un partage juste et équitable pour la majorité de Maliens ?» Ce débat proposé, selon la vice-présidente du CERM, Assétou Founé Samaké, « a pour objectif principal de faire, à partir de l’état des lieux du secteur, des propositions pertinentes pour que chaque acteur soit gagnant dans l’exploitation des ressources minières au Mali. » Soussourou Dembélé a estimé que c’est une occasion pour les acteurs miniers « de débattre sans tabou, de manière constructive sur les défis qui se posent sur la gestion des ressources minières au Mali sur les plans socio-économiques, environnementaux et politiques et améliorer le partenariat gagnant-gagnant. » Le président de la Chambre des mines du Mali, Abdoulaye Pona, a fait savoir que sa conviction profonde est que « le chemin qui mène vers un Mali émergent et prospère passe infailliblement par une exploitation minière efficiente, par une exploitation juste et équitable du fruit de nos immenses richesses minières et minérales. » « À cet effet, la chambre des mines du Mali, a-t-il dit, a pour vocation de servir de catalyseur entre d’une part, les intérêts de l’Etat et d’autres part ceux des investisseurs privés. » D’ores et déjà, sa structure a adressé aux autorités un mémorandum détaillé de proposition pour la bonne marche du secteur minier. Aux noms des communautés proches des zones d’exploitation, Tiédé Fané, représentant le maire de Sadiola, a dit que « l’or, considéré comme le premier produit d’exportation, génère entre 250 à 300 milliards de Fcfa par an. » Toutefois, il regrette que malgré «cette contribution significative, plusieurs rapports sur le secteur de l’or au Mali (Rapport ITIE, rapport du Vérificateur général…) font ressortir que les retombées de l’exploitation minière sont en deçà de ce qu’elles pourraient être sans compter les plaintes multiples des communautés ». Cependant, Tidié Fané reste optimiste. Pour que l’or brille pour le Mali, il a suggéré « l’implication des plus hautes autorités à tous les niveaux, un suivi rigoureux du code minier par l’Etat, une gestion judicieuse des revenus tirés des mines, donner un contenu minimum au Plan Développement Communautaire prévu par le code minier en cohérence avec le Plan de développement économique et social (PDESC). Par ailleurs, il a invité « les autorités à valoriser le contenu local et appuyer la commune rurale de Sadiola à mieux organiser l’orpaillage à travers la mise en place de comptoirs d’achat. » OS/MD (AMAP)

Koulouba : Trois nouveaux ambassadeurs mis en route par le chef de l’Etat

Bamako, 04 juil (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a procédé, lundi, à la mise en route de trois nouveaux ambassadeurs du Mali auprès de la Fédération de Russie, de la République du Gabon et du Tchad. Au cours d’une série d’audiences, le chef de l’État a donné ses dernières instructions aux trois diplomates. Il s’agit respectivement des ambassadeurs désignés du Mali auprès de la Fédération de Russie, le colonel-major Seydou Kamissoko, de la République du Gabon, du Cameroun et de la Centrafrique, avec résidence à Libreville, le général de brigade Élisée Jean Dao, de la République du Tchad, le général de brigade Bougouri Diatigui Diarra. Les trois diplomates sont ainsi prêts pour mener à bien leurs missions dans le cadre du raffermissement des relations bilatérales avec leurs pays de résidence. « Le colonel Assimi Goita a instruit de m’atteler à continuer le raffermissement des relations entre le Mali et la Fédération de Russie qui constitue le principal partenaire stratégique de notre pays. Nous allons contribuer à renforcer toutes les conventions et accords qui existent entre les deux pays», a affirmé le colonel-major de gendarmerie, Seydou Kamissoko, qui a éte le premier a être reçu avec le chef de l’État Selon lui, d’autres instructions du chef de l’État ont particulièrement porté sur la préparation idoine du prochain sommet Russie-Afrique auquel le Mali sera dignement représenté. «J’ai reçu des instructions claires afin de me rendre là-bas dans les meilleurs délais pour préparer cette rencontre à laquelle le Mali prendra part», a déclaré le diplomate. À sa sortie d’audience, le nouvel ambassadeur du Mali au Gabon s’est dit honoré d’être reçu par le chef de l’État qui lui a réitéré ses instructions et orientations claires pour cette exaltante mission. Selon le général Dao, il s’agira pour lui « de travailler au raffermissement des relations d’amitié et de fraternité » entre notre pays et ceux de sa juridiction. Mais, surtout, « d’œuvrer à rendre facile et agréable le séjour des compatriotes qui résident en grand nombre et participent à beaucoup d’activités économiques locales dans ces trois États. » «Il s’agit pour moi de travailler avec les autorités du Gabon, du Cameroun et de la Centrafrique pour renforcer des relations qui existent depuis très longtemps. Mais aussi de penser aux difficultés que traversent nos compatriotes, de manière à ce qu’ils puissent passer un bon séjour dans le cadre de la réglementation des différents pays», a expliqué le général Élisée Jean Dao. Bouclant la série d’audiences, le nouveau représentant du Mali au Tchad a confié à la presse qu’il s’agissait, pour lui, « d’une pratique institutionnelle bien établie qui consiste à venir prendre les conseils, orientations et les directives du président » pour sa nouvelle mission. Selon le général de brigade Bougouri Diatigui Diarra, les échanges ont porté, de façon globale, sur le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre le Mali et le Tchad, et, particulièrement, sur le plan sécuritaire où nos deux pays entretiennent une relation étroite. «Le président a instruit d’être en contact avec autorités tchadiennes, de rassurer surtout par rapport au retrait de la MINUSMA qui compte un fort contingent tchadien », a révélé le général Diarra. Il s’agira pour le général Diarra de donner l’assurance à N’Djamena que les militaires tchadiens pourront quitter tranquillement le Mali dans le délai imparti et sans aucune précipitation. Concernant les autres pans de la coopération sur le plan économique, social, culturel ou scientifique et technique, le chef de l’État a instruit de voir ces aspects de plus près avec les autorités tchadiennes. AT/MD (AMAP)  

Biennale artistique et culturelle à Mopti : Les sites déjà prêts 

Bamako, 04 juil (AMAP) C’est ce jeudi que le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, ouvrira officiellement la Biennale artistique et culturelle 2023 au stade Baréma Bocoum de Mopti, dans le Centre du Mali. Les autorités de la ville de Mopti et le ministère en charge de la Culture sont en train de mettre les petits plats dans les grands pour la réussite de ce grand évènement national. C’est dans ce cadre que le président de la Commission nationale d’organisation et secrétaire général du ministère en charge de la Culture, Hamane Demba Cissé, a visité les différents sites d’hébergement la semaine dernière. Le constat est que les travaux de nettoyage, de mise à niveau et d’embellissement sont presque terminés. Le maire de Mopti, Issa Kansaye, a assuré que sa ville est prête à recevoir les délégations des 19 régions et du District de Bamako. «Tout est en train d’être fait pour que les invités, les troupes de la diaspora, les journalistes et les spectateurs puissent vivre une édition inoubliable de la Biennale artistique et culturelle à Mopti», a-t-il dit. En effet, les salles de classe, les toilettes, l’éclairage, les robinets et châteaux d’eau, la ventilation des écoles retenues ont été refaits. Certaines écoles disposent d’une infirmerie et même d’une pharmacie afin de prendre en charge les cas d’urgence. La sécurité des sites sera assurée par des policiers. L’Armée effectuera régulièrement des patrouilles pour surveiller tous les mouvements. Le gouvernorat dispose d’une trentaine de bus afin d’assurer l’accueil des troupes qui arriveront à Mopti par voie aérienne. En effet, le ministère de la Défense et des Anciens Combattants se charge d’acheminer par avion militaire les troupes des différentes régions dans le Nord du Mali (Tombouctou, Gao, Kidal, Taoudénit et Ménaka). Les troupes des autres régions et du District viendront à Mopti par voie terrestre. La salle Sory Bamba est prévue pour abriter les compétitions. Tandis que les cérémonies d’ouverture et de clôture vont se dérouler au stade Baréma Bocoum. Selon Hamane Demba Cissé, aucun aspect de l’organisation ne sera négligé. «Le président de la Transition et le Premier ministre suivent de près le déroulement des préparatifs. Pour preuve, un groupe électrogène d’une grande capacité est en route pour Mopti sur instruction personnel du président Assimi Goïta. Ce qui permettra de résoudre définitivement le problème d’électricité. Ce groupe électrogène sera installé et fonctionnel avant le début de la Biennale prévu pour le 6 juillet prochain», a dit le président de la commission nationale d’organisation. Au cours de son séjour à Mopti, Hamane Demba Cissé a eu deux séances de travail avec les présidents des différentes sous commissions au cours desquelles les tâches des uns et des autres ont été clairement définies. Le maître de ballet Karim Togola, les encadreurs et les 250 danseurs ont pris leur marque sur la pelouse du stade Baréma Bocoum. L’équipe a été étoffée de 50 danseurs de Mopti. Le thème de cette chorégraphie est celui de la présente édition de la Biennale : «Le Mali : une histoire commune, une seule nation, un même destin». Les chorégraphes vont retracer l’histoire du Mali depuis les différents empires et royaumes qui se sont succédé jusqu’à l’indépendance en 1960. Puis, les différents régimes qui ont dirigé le Mali pour terminer par la Transition et le Mali Kura en construction. Une histoire faite de conquêtes, d’alliances et de vivre ensemble. YD/MD (AMAP)