La radio et les jeunes : internet, passage obligé

Par Fadi CISSÉ Bamako, 13 fév (AMAP) Oumar Ballo est un tailleur installé au quartier Samanko II, Commune du Mandé, dans la capitale malienne, Bamako. À fond sur sa machine à coudre, téléphone en main, le jeune homme déroule le fil d’actualités de sa page Facebook. Histoire d’avoir les dernières nouvelles du Mali et d’ailleurs. Ce jeune diplômé qui n’a pas trouvé de travail conforme à ses compétences, est séduit par l’instantanéité des infos sur cette plateforme : «Toutes les informations tombent à chaud sur les réseaux sociaux surtout sur Facebook, même les petites annonces de recrutement », s’émerveille-t-il. Pourquoi ne pas écouter la radio plutôt? «Je n’ai jamais aimé écouter la radio. En plus, je n’ai même pas ce temps-là», indique Ballo. Précisant son point de vue, il estime que la radio, «c’est pour les personnes du troisième âge » et, d’ailleurs, selon lui, les stations privées ne diffusent pas l’information en temps réel, préférant la musique toute la journée sur les ondes. «Rien que pour ces raisons, je n’aime pas la radio», conclut le trentenaire. Un ami qui lui tient compagnie, en ce mardi soir du mois de janvier, note que, par contre, dans son village, le seul moyen de s’informer est la radio, surtout lorsque sévissait le Covid-19. «Chez nous à Dala, dans la Région de Ségou (Centre), ce n’est pas tout le monde qui peut s’offrir l’internet ou la télé pour s’informer. En plus, la majorité de la population est analphabète, seule la radio nous fournit l’information en temps réel. Pour en profiter, il suffit juste d’acheter des piles et le tour est joué», dit-il en rigolant. Ces deux témoignages illustrent la divergence croissante entre villes et campagnes dans la manière de s’informer. La radio, médium pratique et bon marché, reste bien présente dans le paysage citadin mais elle perd du terrain auprès des jeunes qui constituent pourtant un de ses cœurs de cible. Il est vrai que la nouvelle génération a adopté d’autres modes de consommation de l’info liés à Internet et aux réseaux sociaux mais les radios sont, elles aussi, présentes sur internet. La désaffection qui les frappe dans la frange jeune est donc aussi imputable à d’autres facteurs, notamment, une offre inadaptée en matière de programmes. Visiblement, de nombreux auditeurs jeunes ne sont pas «accrochés» par la programmation erratique proposée par pas mal de stations. FIDÉLISER – L’enjeu est, pourtant, de taille pour toutes les radios de fidéliser les générations montantes en jouant sur la simplicité d’utilisation et la (presque) gratuité du média et, surtout, en traitant de sujets qui parlent d’elles et qui leur parlent. Par exemple, des émissions de débats et d’actualités à travers une grille de programmes stable. C’est ce que s’efforce de faire Radio Kledu, soutien son directeur général, Abdoulaye Handane Djiteye, qui assure que, depuis 30 ans aujourd’hui, son antenne diffuse un programme riche et varié. «Nous sommes la seule radio qui a une programmation spécifique connue avec de grandes émissions et différentes rubriques. On y trouve les débats politiques, le club de la presse, le reportage et la diffusion de tous les grands évènements sur le plan national et sur le sport. », énumère-t-il. « Pour accrocher plus d’auditeurs, notamment des jeunes, souligne-t-il, Kledu s’adresse à son public en seulement deux langues : le bamanankan qui est la langue la plus parlée dans notre pays et le français. » «Nous avons une programmation en direction des intellectuels, des couches populaires et surtout de la jeunesse. On a créé des émissions thématiques traitant de santé, de politique, d’économie, de questions juridiques. On s’efforce de coller à l’actualité, de susciter l’interactivité des jeunes et de donner la parole aux auditeurs», détaille celui qui est surnommé «koroboro bamanakan fola» («le Sonraï qui parle Bamanan) et qui possède un bel atout radiophonique : une voix forte et séduisante. Soucieux de ses contenus, Klédu l’est tout autant des «astuces» pour rallier un maximum de public. « Ainsi, indique Abdoulaye Handane Djiteye, la radio a investi les plateformes digitales des réseaux sociaux. Elle est présente sur Facebook et YouTube et possède une application Kledu, autant de canaux à travers lesquels l’auditeur retrouve, à sa guise, les émissions les plus écoutées de la radio. » PLATEFORMES DIGITALES – Confronté au même défi, le promoteur de Ouley FM, Lamine Sylla, table sur la création de rendez-vous attractifs. «On invite souvent des chefs de ‘’grin’’ de différents quartiers autour d’une table pour discuter d’éducation et de divers sujets qui peuvent les toucher. On diffuse de la musique de jeunes, surtout du rap, et l’antenne est libre pour eux afin qu’ils puissent s’exprimer. Toutes ces émissions sont diffusées à des heures bien spécifiées. Le programme est établi de tel sorte qu’on est à cheval pour faire plaisir à tout le monde», raconte le fondateur de la radio Ouley qui a vu le jour voilà juste deux ans. Face au même enjeu, chacun à sa recette qui est visiblement fonction de ses moyens. Acteur impliqué, Bandiougou Dante, le président de l’Union des radiodiffusions et télévisions libres du Mali (URTEL), et, aussi, de la Maison de la presse, a son analyse d’un problème qui concerne tous ses mandants. «Aujourd’hui, les jeunes sont plus intéressés par l’image. La radio classique doit donc aller à leur recherche sur les plateformes digitales. Elle a longtemps résisté aux évolutions mais, aujourd’hui, elle doit obligatoirement s’adapter pour ne pas disparaître », dit M. Danté. « Cette adaptation est particulièrement cruciale à Bamako, zone de forte concentration de radios », souligne Bandiougou Dante. En effet, si on dénombre au Mali près de 500 radios dont une trentaine à Bamako, la réalité radiophonique de la capitale est très éloignée des données officielles, selon le président de l’URTEL qui estime à «près d’une centaine», les radios opérant à «Bamako et alentours». Selon ses explications, de nombreuses stations ne respectant pas leur zone d’implantation, leur rayon de diffusion et même la fréquence qui leur est attribuée, les ondes bamakoises sont victimes d’un embouteillage permanent. Ces difficultés existentielles pourraient facilement faire oublier à nos radios

Bankass : L’ONG World Vision remet des équipements médicaux au CSCOM de Diallassagou

Bankass, 13 février (AMAP) L’ONG World Vision a procédé le lundi 06 février 2023 à la remise officielle des équipements médicaux au CSCOM de Diallassagou à travers le Centre de santé de référence (CSREF) de Bankass, a constaté l’AMAP. La cérémonie était placée sous la présidence du préfet de cercle, Aly Sidibé en présence du 1er vice-président du Conseil de cercle, Kaneb Tessougué, du 1er adjoint au maire, Daouda Togo, du médecin chef du CSREF de Bankass, Aly Tembely et du manager Zonal de l’ONG World Vision Adama Keïta. Les équipements dont le montant est estimé à plus d’1.600.000 francs CFA sont composés entre autres de tables d’accouchement, de kits de pansement, de tension mètres, de chariot médical, de kits d’épisiomie et de valves. Plusieurs interventions ont marqué la cérémonie. Il s’agit de celles du 1er adjoint au maire de Diallassagou, du 1er vice-président du Conseil de cercle et du médecin chef du CSREF de Bankass, , Le manager Zonal de l’ONG World Vision Adama Keïta qui a saisi l’occasion pour affirmer que son organisation contribue au bien-être de la population surtout les enfants, avant de déclarer que World Vision a fait plusieurs donations dans le cercle et dans plusieurs autres localités. Le préfet de cercle Aly Sidibé n’a pas manqué de dire que l’ONG World est un partenaire privilégié de l’État avant de déclarer qu’elle a toujours soutenu les communautés. Cette donation est une pratique quotidienne de World Vision. Le Chef de l’exécutif local a félicité et remercié World Vision pour ce geste qui va contribuer à la prise en charge des adolescentes mariées ou non de la commune de Diallassagou. Enfin la remise officielle des équipements médicaux par le manger Zonal au préfet de Bankass qui a son tour a remis les équipements au médecin chef du CSREF de Bankass. Abdoul Kader Guindo, AMAP Bankass

Comatex-SA : Bientôt la reprise, selon le ministre en charge de l’Industrie

Par Mamadou SY Ségou, 13 fév (AMAP) «Au plus tard, au mois d’avril, il faut que la Compagnie malienne des textiles (COMATEX-SA) commence à produire ses fibres et tissus», après trois années de fermeture, a déclaré le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed lors d’une visite de travail qu’il a effectuée dans la Région de Ségou (Centre). Il a assuré que la reprise des activités de la COMATEX-SA, qui compte 1 300 travailleurs, permettra le maintien des emplois existants et même la création d’autres. Au cours de son séjour dans la capitale des Balanzans, le ministre Mahmoud Ould Mohamed a rencontré de nombreux interlocuteurs qu’il a informés des dispositions prises par le gouvernement et celles en cours pour la relance de cette unité industrielle. Ces mesures ont trait à l’élaboration d’un contrat de performance, à la relecture du statut de l’entreprise, à la désignation d’un syndic par le Tribunal de commerce, au paiement d’arriérés de salaire et à la mise en place d’un comité de suivi. Le ministre Mahmoud Ould Mohamed a, par exemple, fait savoir qu’après le procès devant le Tribunal de commerce, l’État détient désormais 100% des actions de l’entreprise, c’est-à-dire qu’elle redevient une société étatique. Première usine textile du Mali inaugurée en 1968, la COMATEX était une entreprise d’État, avant d’être transformée en entreprise privée avec une participation majoritaire chinoise. Sa relance et celle de l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP) «sont des programmes spéciaux du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta qui y tient fortement. La COMATEX participe à la valorisation de la production nationale de coton fibre dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de développement industriel par la création de valeur ajoutée et des emplois», souligne le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 novembre 2022. Lors de ce Conseil des ministres, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a informé le Conseil du plan de relance de la COMATEX qui est confrontée actuellement à des difficultés de divers ordres. Pour l’aider à sortir de cette mauvaise passe, le gouvernement a peaufiné un plan de relance qui nécessite un apport financier de l’État d’environ 6 milliards de Fcfa. Le Mali et son partenaire chinois ont signé, le 21 novembre 2022, un protocole d’accord pour l’installation de deux unités de filature de coton, soit trois jours avant l’adoption de ce plan de relance en Conseil des ministres. Ces unités seront implantées à Bamako et à Koutiala. La réalisation de ce projet, confiée à la société chinoise «Qingdao», nécessite un investissement de 300 millions de dollars, soit environ 180 milliards de Fcfa. Elle permettra la création de 5 000 emplois directs et 50 000 autres indirects. Dénommée Société malienne de filature (SOMAFIL), son capital est détenu à 85% par l’État du Mali à travers la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et à 15% par le partenaire chinois. L’unité de Koutiala aura une capacité de 20.000 tonnes de coton fibre par an à transformer en filet. Celle de Bamako va, annuellement, transformer environ 25.000 tonnes de coton fibre. L’objectif étant d’amener le taux de transformation du coton de 2% aujourd’hui à près de 10% et la valorisation du «Made in Mali». Au sortir de la campagne cotonnière 2021-2022, le Mali a enregistré une production record de 795.000 tonnes de coton. «La suite était de transformer ce coton ici chez nous et de capter les 30% de la valeur ajoutée qui nous échappait», déclarait le ministre en charge des Finances, lors d’une interview sur les antennes de la télévision nationale. Dans ce processus, le Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (CERFITEX) est «un outil indispensable et constitue le bras technique du ministre de l’Industrie et du Commerce pour la réalisation effective, le suivi de ces projets et la mise à disposition de ressources humaines qualifiées». Cette structure d’excellence deviendra bientôt Centre de recherche et de formation pour les industries légères et textiles (CERFILTEX), destiné à former davantage de ressources humaines qualifiées pour adosser à la production du coton des unités de transformation dynamiques afin d’exploiter toutes les opportunités de croissance. Les textes nécessaires à cet effet ont été adoptés lors du Conseil des ministres du 28 décembre 2022. C’est en septembre dernier que le président de la Transition, dans son discours à la nation, avait annoncé la reprise en main de beaucoup de sociétés. La relance de la COMATEX s’inscrit dans ce cadre. Cette Compagnie a cessé de produire du fait de difficultés de trésorerie et d’approvisionnement en matières premières. Les équipements de production aussi sont obsolètes. MS/MD (AMAP)  

Mali : Plusieurs terroristes neutralisés dans différentes zones (Etat-major général des Armées)

Bamako, 12 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé plus de 80 terroristes et interpelé plus de 35 suspects, à l’issue de onze opérations aéroportées et seize missions de reconnaissance offensive dans différentes zones, a annoncé, vendredi, l’état-major général des Armées. Selon cette source militaire, le bilan cumulé de ces actions est de 10 sanctuaires terroristes détruits notamment dans les secteurs de Douentza, Boni, Bandiagara, Sofara et Bapho (Centre). « 82 terroristes ont été neutralisés dans les différentes zones ; 35 suspects interpelés dans les secteurs de Bapho, Sofara et Bandiagara. » Et d’annoncer la récupération de 48 armes de guerre, 20 fusils de chasse, des chargeurs, une importante quantité de munitions, des matériels de fabrication d’ Engins Explosifs Improvisés (EEI), des moyens de communication, divers matériels y compris des uniformes militaires. « 15 motos détruites ; 08 (EEI) neutralisés ; 05 véhicules détruits. » La seule opération de Korientzé (Centre), du 06 au 07 février 2023, aurait permis de neutraliser 37 terroristes, 33 armes de guerre, 02 bidons d’EEI, beaucoup de munitions et de gilets pare-balles ont été récupérés. Des radios Motorola, des chargeurs également. Les opérations aéroportées ont été menées sur les localités du Centre à Kamiti (Bapho), Sangolola, (Niono) et dans les secteurs de Oro-Oro (Bandiagara), Sébéré (Koro), Tagatéléman (Sofara), Sagala, Diabali (Niono), Ouéta (Bapho), Ngorodia et Koriéntzé (Konna), toujours dans le Centre du Mali. Les missions de reconnaissances offensives ont été faites dans les secteurs de Sofara, Bandiagara, Konna, Douentza, Boni, Bapho, Niono (Centre), Ansongo, Ménaka (Nord). Neuf frappes aériennes avec MI24, L39 et Super Tucano, six frappes de drone dans les secteurs de Boni, Mondoro (Centre) et la frontière Mali-Burkina Faso, trois frappes d’artillerie et d’obus dans les secteurs de Sofara et Bandiagara, (Centre) ont été menées. Par ailleurs, « une opération terrestre de grande envergure est en cours depuis le 09 février 2023 dans le Centre (pour)un bilan provisoire de 04 ennemis neutralisés en plus des armes et plusieurs motos récupérées et un véhicule de marque Jeep détruit par des frappes aériennes. SS/MD (AMAP)

Un peu plus de 4 000 000 de Fcfa pour faire le pèlerinage 2023 (Maison du Hadj)

Bamako, 12 fév (AMAP) Le coût du hadj, tout frais compris, aux lieux Saints de l’Islam, pour le pèlerinage 2023, est fixé à 4 166 425 Fcfa pour la filière gouvernementale et celle privée à 4 675 000, a annoncé, jeudi, le directeur général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fath Cissé. Dans un communiqué publié, le même jour, indiquant les frais du pèlerinage 2023 et le quota de pèlerins accordé par le royaume d’Arabie saoudite au Mali, M. Cissé annonce que « le quota accordé au Mali est de 13 323 ». Et que les formalités et la formation continue des pèlerins se font au guichet unique de la Maison du Hadj. La même source rappelle que les mesures barrières relatives au corona virus sont levées et le test PCR n’est plus exigé. « Les vaccinations usuelles sont, néanmoins, maintenues. La limitation d’âge est annulée », ajoute le texte. Il est demandé « aux candidats pèlerins ayant un acompte de bien vouloir régulariser leurs inscriptions dans les meilleurs délais en payant la différence. » Le directeur général de la Maison du Hadj exhorte la communauté musulmane à effectuer les formalités « avec célérité pour permettre de leur assurer une formation de très bonne qualité aux rites du hadj. » SS/MD (AMAP)

Axe Bamako-Conakry-Ouagadougou : Les trois capitales s’engagent à renforcer leur partenariat (Communiqué final)

Bamako, 12 fév (AMAP) Les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, se sont engagés, jeudi, à répondre aux aspirations des populations des trois pays et à faire de l’axe Bamako-Conakry-Ouagadougou, un domaine stratégique et prioritaire pour le développement. Dans le communiqué final, rendu public jeudi, au terme de la réunion tripartite tenue, les 08 et 09 février 2023, dans la capitale burkinabè, les trois capitales définissent comme priorités de ce processus « le développement du commerce, des transports, de l’approvisionnement en produits de première nécessité, de la formation professionnelle, du développement rural, de l’exploitation minière, de la culture et des arts, ainsi que de la lutte contre l’insécurité. » En termes de perspectives, ils ont souligné la facilitation de la fourniture en hydrocarbures et en énergie électrique entre les trois pays. « Et le développement du commerce et des transports depuis le port de Conakry jusqu’au Burkina Faso, en passant par le Mali. Ainsi que l’organisation de l’exploitation minière entre les trois pays, la mobilisation des ressources nécessaires en vue de réaliser le projet de construction du chemin de fer Conakry-Bamako-Ouagadougou. » Les délégations à cette rencontre, tenue « dans le cadre du renforcement des liens historiques d’amitié, de fraternité, de solidarité et de coopération » entre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, et sur instruction des autorités des trois pays, « ont passé en revue des sujets d’importance majeure et d’intérêt commun, notamment la réussite des processus de transition devant conduire au retour à l’ordre constitutionnel apaisé et sécurisé. » S’y ajoute la promotion de la bonne gouvernance, la mutualisation des moyens pour relever les défis sécuritaire, économique et humanitaire, le renforcement de leur relation tripartite par la dynamisation de l’axe Bamako-Conakry-Ouagadougou. Ainsi que la concertation sur les questions sous régionales, régionales et internationales. Tout en réaffirmant leur attachement aux objectifs et principes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA), les chefs de délégation « ont noté la nécessité de mettre en place et d’institutionnaliser un cadre permanent de concertation entre les trois pays, la tenue de consultations politiques et diplomatiques au plus haut niveau afin de faire de ce partenariat un axe gagnant pour le bien-être des populations. Et le renforcement de la solidarité en vue d’assurer la sécurité. » S’y ajoute la réhabilitation et la construction des routes internationales entre les trois pays, devant servir de leviers de croissance économique et faciliter la libre circulation des populations et de leurs biens. Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité dans la bande Sahélo saharienne, les délégations burkinabè, guinéenne et malienne « ont relevé la nécessité de conjuguer leurs efforts et ceux des pays de la sous-région et de la région pour faire face à ce fléau. » Mesurant l’ampleur du défi à l’échelle régionale et l’interconnexion des sources de déstabilisation, elles appellent « à une mise en cohérence des actions au niveau régional sur la base des efforts bilatéraux déjà mis en œuvre. » Tout en encourageant la recherche de solutions endogènes aux défis auxquels leurs pays sont confrontés, les ministres ont réaffirmé leur « engagement à examiner tout partenariat qui respecte leur souveraineté et répond aux besoins de leurs populations. Pour ce faire, ils ont réitéré leur attachement aux principes de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. En outre, ils ont « déploré les sanctions imposées de façon mécanique qui ne tiennent pas souvent compte des causes profondes et complexes des changements politiques. » À cet effet, ils ont indiqué que ces décisions de suspension empêchent la participation de leurs pays aux instances statutaires de la CEDEAO et de l’UA « et, particulièrement, celles traitant des défis majeurs auxquels ils sont les plus concernés tels l’insécurité, les questions humanitaires et de développement économique durable. » Concernant l’impact de ces mesures, les trois délégations ont relevé que celles-ci touchent des populations déjà meurtries par l’insécurité et les instabilités politiques, privent la CEDEAO et l’UA de la contribution des trois pays nécessaires pour relever les défis majeurs. « Ces mesures portent aussi atteinte à la solidarité sous régionale et africaine qui constitue le principe cardinal de l’intégration, de la coopération régionale et continentale », ont signalé les trois délégations. À cet égard, elles en appellent à un appui technique, financier, concret et conséquent aux efforts de sécurisation et à accompagner le processus de retour à un ordre constitutionnel normal. » Les trois pays ont convenu « de mutualiser leurs efforts et d’entreprendre des initiatives communes pour la levée des mesures de suspension et autres restrictions. Le président de la Transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a donné des instructions afin de traduire en acte concret la vision commune des trois chefs d’État. Les représentants se sont félicités de la vision commune que partagent leurs trois chefs d’État, et qui « s’inspire de l’engagement panafricain des pères fondateurs et des leaders historiques des trois pays en faveur de la souveraineté, de la paix, de la coopération et de l’intégration des peuples. » SS/MD (AMAP)

Processus de transition au Mali : Le corps diplomatique note des avancées (Doyen)

Bamako, 10 fév (AMAP) Les diplomates accrédités au Mali ont fait savoir, jeudi, lors la présentation des vœux de Nouvel An au chef de l’État, dans la salle des banquets du palais de Koulouba, que le processus de transition connaît des avancées . L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Etat de Palestine au Mali, Hadi Shebli, en sa qualité de doyen du corps diplomatique a fait noter, comme des progrès, « l’adoption de la loi électorale, l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), la finalisation de l’avant-projet de la Constitution et la mise en place de la commission de suivi des réformes. » S’exprimant au nom de ses pairs, Hadi Shebli a exhorté les Maliens à l’union autour du pays « au-delà des clivages, à épouser la recherche des voies et moyens de parvenir convenablement à la réussite de cette Transition». Le doyen Hadi Shebli a lancé un appel pour la reprise du dialogue pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger qui « a connu des difficultés en ces derniers temps. » Selon lui, malgré le contexte «de guerre barbare imposée», le peuple malien est resté debout tout en incarnant la «djatiguiya légendaire». Hadi Shebli a ajouté que la lutte contre le terrorisme exige plus d’efforts et d’engagement, indiquant que l’évolution de cette crise sécuritaire démontre suffisamment qu’il s’agit d’une affaire qui ne concerne pas que les Maliens. Le doyen du corps diplomatique a apprécié la montée en puissance, la détermination et l’engagement des Forces armées maliennes (FAMa) dans le maillage sécuritaire du territoire. Selon lui, le déploiement et l’acquisition d’équipements adéquats « ont favorisé la libération de nombreuses localités du joug des groupes terroristes. » En retour, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a déclaré que le doyen Hadi Shebli aborde les aspects les plus importants de l’action publique au Mali, marquée par le sceau de la refondation de l’Etat et du recouvrement progressif de la sécurité. Mais, aussi, les progrès réalisés par le relèvement économique et social, en passant par la mise en œuvre du processus de paix au Mali ainsi que les avancées politiques et institutionnelles. Toutefois, Assimi Goïta a ajouté que les défis auxquels les Maliens font face sont multiples et complexes. Dans le cadre de la sécurisation du territoire et de la protection des civils, le chef de l’Etat a renouvelé la gratitude du peuple aux FAMa. Selon lui, ces dernières « ne ménagent aucun effort pour ramener la paix et la sécurité au Mali en rendant aux populations maliennes leur dignité. » DES EFFORTS CONVERGENTS – Abondant dans le même sens que le diplomate palestinien, le président Goïta a reconnu que la lutte contre le terrorisme appelle à des efforts convergents. «Dans cette action commune, le Mali demeure déterminé à honorer sa part, toute sa part, de l’effort collectif afin de réduire la menace des attaques terroristes et obscurantistes », a-t-il indiqué. Le chef de l’Etat a rappelé les principes clés de la Transition. Il s’agit du respect de la souveraineté du Mali, du respect des choix stratégiques et des partenaires opérés par le Mali et de la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions. « Rien de plus, mais rien de moins. C’est bien cela que les Maliens attendent de leurs autorités», a insisté le président de la Transition, ajoutant qu’il se réjouit, de plus en plus, que « les partenaires et amis comprennent et adhèrent à cette exigence légitime. » Pour le chef de l’État, l’année 2023 sera celle de la consolidation des acquis politiques et institutionnels. Il a assuré que le gouvernement travaillera à poursuivre la mise en œuvre des réformes initiées. «L’ambition de la Transition est de mettre en place les bases solides en vue de renforcer le processus démocratique par la consolidation de l’Etat de droit, de poursuivre les efforts de redressement de l’économie et d’intensifier les actions orientées vers l’amélioration des conditions de vie des populations», a-t-il expliqué aux diplomates. Et le colonel Assimi Goïta de citer, en guise d’illustrations, la relecture consensuelle de la loi électorale, l’installation de l’AIGE et le projet de Constitution. Il a donné des gages pour le respect des engagements pris pour la tenue d’élections générales. S’exprimant sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, le président de la Transition a fait savoir qu’il doit servir d’outil de stabilité durable et non d’effritement du Mali. La présentation de vœux au président de la Transition par les représentations diplomatiques, consulaires et des organisations internationales accréditées au Mali, s’est déroulée en présence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw, des présidents des institutions de la République ainsi que de plusieurs membres du gouvernement. NK/MD (AMAP)  

«Nous sommes solidaires du Mali», Minata Samaté Cessouma, Commissaire à la santé, les affaires humanitaires et le développement social de l’Union africaine (UA)

Bamako, 10 fév (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a eu, jeudi, au palais de Koulouba, des échanges sur les questions humanitaires avec le Commissaire à la santé, les affaires humanitaires et le développement social de l’Union africaine (UA), Mme Minata Samaté Cessouma, en séjour au Mali, a constaté l’AMAP. «Nous sommes venus rendre compte au chef de l’État de la mission humanitaire que nous venons d’effectuer au Mali», a indiqué le commissaire de l’organisation continentale qui a indiqué s’être rendue à Gao et Ménaka (Nord) « pour toucher du doigt la réalité du déplacement forcé des populations. » L’hôte de marque a aussi affirmé avoir échangé avec les populations, les autorités maliennes ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux pour voir comment l’UA peut soutenir le Mali dans ses moments difficiles. La visite de Mme Minata Samaté Cessouma a été précédée de celle du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. «Nous sommes-là, justement, dans la suite logique de la mission du président de la Commission de l’UA, en solidarité avec le Mali mais, aussi, en soutien aux autorités de la Transition dans cette difficile gestion de la problématique du déplacement forcé des populations», a souligné le commissaire. La solidarité doit d’abord être africaine, selon Minata Samaté Cessouma qui promis de sensibiliser les responsables de l’UA sur la nécessité de soutenir les pays qui sont en difficulté dont le Mali. L’audience s’est déroulée en présence de la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré. BD/MD (AMAP)

Le Mali, le Burkina Faso et la Guinée veulent mutualiser leurs efforts contre les défis communs

Envoyé spécial Dieudonné DIAMA Bamako, 10 fév (AMAP) Les chefs de la diplomatie du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, réunis jeudi dans la capitale burkinabè, Ouagadougou, entendent traduire dans la réalité la vision des chefs d’État des trois pays de mutualiser leurs efforts sur les questions d’intérêt commun. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, qui a participé à ces consultation, a précisé être venu exprimer, au nom du président Assimi Goïta, « la solidarité pleine et entière du Mali avec le Burkina Faso, avec le peuple burkinabè qui traverse un moment difficile. Mais, également, donner l’assurance que nous sommes dans le même bateau et que nous allons pouvoir continuer ensemble. » «Cette rencontre a été initiée dans le cadre de consultations sur des questions d’intérêt commun aux trois pays», a-t-il relevé, expliquant qu’il s’agit aussi « de travailler ensemble pour resserrer les liens de fraternité et de solidarité qui ont toujours existé entre nos peuples. » Et, également de travailler conformément à la vision du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, du chef de l’État de la République de Guinée, le colonel Mamadi Doumbouya et du président de la Transition du Mali, le colonel Assimi Goïta « pour faire avancer les relations qui existent entre nos pays et contribuer à l’essor des questions qui préoccupent nos populations. » Abdoulaye Diop boucle ce vendredi son séjour de 72 heures à Ouagadougou. Arrivé mercredi, dans la capitale burkinabè, le chef de la diplomatie malienne a été accueilli à sa descente d’avion par ses homologues des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, Olivia Ragnaghnewendé Rouamba, et guinéen, Dr Morrissanda Kouyaté. S’adressant à la presse, le ministre Diop s’est dit heureux d’être au pays des hommes intègres à l’invitation de son homologue burkinabè au même titre que le chef de la diplomatie guinéenne. «C’est la première fois que j’arrive au Burkina Faso depuis la lutte héroïque du peuple burkinabè qui a conduit au processus de rectification pour pouvoir recouvrer la souveraineté et l’intégrité territoriale de ce pays frère qui est confronté aux mêmes défis que nos pays», a déclaré le chef de la diplomatie malienne. Jeudi, dans la matinée, les travaux de la rencontre tripartite au niveau des ministres des Affaires étrangères ont débuté par une séance de travail. Les trois ministres ont, ensuite, été reçus à la mi-journée par le président de la Transition du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à la présidence. Les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée ont poursuivi leur séance de travail pendant plusieurs heures dans les locaux du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur. DD/MD (AMAP)  

Le ministre Abdoulaye Diop à Ouagadougou pour un Sommet tripartite Mali-Guinée-Burkina Faso

Bamako, 09 fév (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop est arrivé, mercredi, à Ouagadougou (Burkina Faso), pour participer, ce jeudi, à une rencontre tripartite entre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, dans le cadre de consultations politiques sur des sujets d’intérêt commun, indiquent des sources officielles. Le sommet devrait aborder « le renforcement des liens historiques et d’amitié séculaires entre les États, notamment dans le domaine économique, commercial et culturel », indiquent les mêmes sources. La mutualisation des moyens et des intelligences dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans la sous-région est au centre des priorités des trois pays. Premier du genre, cette rencontre intervient dans un contexte de transition politique que vivent les trois pays marqué par leur suspension de toutes les instances de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et bien d’autres organisations régionales. À son arrivée, en début de soirée, Abdoulaye Diop a été accueilli à l’aéroport international de Ouagadougou par le ministre des Affaires étrangères de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Mme Olivia Rouamba, et le chef de la diplomatie guinéenne, Dr Morissanda Kouyaté. AT/MD (AMAP)