Sociétés minières : Vers une amélioration du cadre de collaboration avec les partenaires
Bamako, 17 fév (AMAP) Les sociétés minières organisent, depuis jeudi, a Bamako, la 3è édition de l’atelier de concertation et d’échanges pour l’amélioration du cadre de collaboration entre les mines et leurs partenaires dans l’industrie minière au Mali. Il s’agit de créer un cadre d’échange pour une meilleure collaboration entre les mines et les services techniques de contrôle et de régulation des activités minières au Mali. Selon le directeur général de Barrick Gold Mali, N’Golo Sanogo si cette 3ème édition, tout comme les précédentes, a porté sur le renforcement du cadre d’échanges d’expériences entre les sociétés minières et leurs partenaires dans l’exploitation minière au Mali, « l’introduction du contenu local permettra à l’issue des travaux d’avoir une plus grande visibilité sur les réalisations des sociétés minières en la matière. » Le thème retenu pour cette rencontre de deux jours entre les acteurs du secteur vise à avoir une visibilité sur les projets et les réalisations des sociétés minières en matière de contenu local. L’atelier est une initiative de Barrick Gold. La toute 1ère édition a eu lieu en 2019. Et au fil des ans, elle est acceptée et soutenue par des mines partenaires dont Fekola, Somisy. N’Golo Sanogo a remercié direction de la mine de Fekola et celle de Syama pour leur accompagnement financier tant appréciable dans l’organisation de cet atelier. Pour les participants, il a souhaité que cet atelier soit le lieu d’échanges fructueux sur ce thème qui reste d’actualité. Selon le patron de Barrick Gold Mali, les propositions ou autres recommandations constitueront des contributions significatives dans les débats sur la question. Dans son discours d’ouverture le représentant du ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lassana Guindo, a souligné qu’il est « important que les sociétés minières intensifient les efforts dans les actions s’inscrivant dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). » «Nous avons encore besoin de plus d’efforts sincères dans la promotion du contenu local par une meilleure implication des sociétés minières dans les initiatives portées par l’État malien», a souligné M. Guindo. Selon lui, au-delà de la promotion du contenu local, « un enjeu majeur du secteur est la responsabilité dans la gestion environnementale et sociale. » « Il est fondamental que chaque entreprise veille à l’application des meilleurs standards en termes d’impact environnemental et social », a-t-il fait savoir. Le représentant du ministre en charge des Mines a, par ailleurs, rappelé que le gouvernement de Transition « s’est engagé dans une nouvelle vision de développement dont un axe prioritaire est la mise en place des fondements pour l’accélération du développement économique du Mali dans le cadre d’une gouvernance rénovée. » « Cette gouvernance améliorée, a dit Lassana Guindo, concerne aussi bien le secteur public que le secteur privé. » Selon lui, la contribution des sociétés minières à la réalisation de cette vision est le respect strict de la règlementation en vigueur mais, aussi, une approche beaucoup plus responsable dans la mise en œuvre des activités. «Nous comptons donc sur l’engagement des sociétés minières, sur leur responsabilité, sur leur esprit d’entreprises citoyennes pour qu’elles puissent jouer valablement leur rôle dans cette nouvelle phase de développement du Mali», a confié Lassana Guindo. Il a réitéré la ferme volonté du gouvernement, à travers le département des Mines, de respecter les engagements envers les investisseurs, dans le cadre de la politique d’amélioration du climat des affaires, notamment dans le secteur minier. AG/MD (AMAP)
Budget 2024 : Prudence et maîtrise des dépenses publiques, selon le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou
Bamako, 7 fév (AMAP) Les perspectives macroéconomiques du Mali incitent « à la mise en œuvre d’une politique budgétaire prudente et responsable, malgré un regain de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) », a déclaré, jeudi, à Bamako le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou à l’ouverture des travaux du processus budgétaire 2024. Pour l’exercice 2024, M. Sanou a fait savoir que cette prudence s’impose, malgré un regain de la croissance du PIB. «La politique budgétaire vise un objectif de déficit budgétaire de 4,5% du PIB en 2024 compte tenu de nombreux engagements du gouvernement, notamment dans le cadre du renforcement des acquis en matière de défense et de sécurité ainsi que de l’amélioration des infrastructures socioéconomiques de base. Il reste entendu qu’à moyen terme, la politique budgétaire s’inscrirait dans la dynamique de revenir progressivement au critère de convergence communautaire de 3%», a-t-il expliqué. Pour le patron de l’hôtel des Finances, « cette reprise économique doit être consolidée et renforcée à travers une planification budgétaire et une amélioration de la qualité de la dépense publique en veillant sur la viabilité à long terme des finances publiques. » Le taux de croissance réelle du PIB, estimée à 3,7% en 2022, devrait s’accélérer en 2023 pour atteindre 5,2% en 2024, a assuré Alousséni Sanou. Cette conférence a abordé trois thèmes importants pour le processus budgétaire 2024 dont celui sur «la Problématique de l’évaluation de la performance des programmes : les acquis, les contraintes et défis». Le deuxième a trait au «processus d’élaboration du budget et l’articulation entre les documents de planification stratégique nationale et les documents budgétaires : enjeux, bonnes pratiques et perspectives d’amélioration». Le troisième thème est relatif à «l’amélioration du contrôle budgétaire : les acteurs et leurs rôles». Selon le ministre de l’Économie et des Finances, la composition des panelistes, qui reflète la diversité des acteurs, permettra d’éclairer le public, entre autres, sur les innovations du contrôle dans le cadre du budget programmes, les enjeux d’un contrôle budgétaire réussi, les risques liés à l’inefficacité du contrôle budgétaire et le rôle du contrôle citoyen. PRESSION FISCALE – Parlant de l’inflation, le ministre Sanou a assuré que celle-ci demeure maitrisée et devrait se situer « en dessous de la norme communautaire de 3% grâce aux efforts conjugués du gouvernement, des acteurs du monde économique et une bonne campagne agricole. » Le patron du département de l’Economie et des Finance a, ensuite, fait savoir que, pour ce qui concerne les premières estimations de l’exécution budgétaire 2022, la mobilisation des recettes fiscales est assez satisfaisante avec un taux de pression fiscale qui se situe à 14,1% du PIB contre une prévision de 14,0%. L’exécution des dépenses a été contenue dans la limite des dépenses prévues soit 20,4% du PIB contre une prévision de 22,5%. Le niveau du déficit budgétaire est ressorti à 4,7% du PIB, nettement meilleur que la prévision de 5,3%. « L’année budgétaire 2023 qui démarre sous de bons auspices, le gouvernement maintiendra les efforts pour l’amélioration de l’exécution budgétaire à travers le double objectif d’intensification de la mobilisation des ressources intérieures et d’efficacité des dépenses de l’administration», a indiqué le patron de l’hôtel des Finances. Il ressort de la présentation du directeur général du budget, Ahmadou Tijani Haïdara, que la progression des dépenses militaires et de sécurité est constante depuis 2019. Ainsi, les dépenses militaires en termes d’exécutions sont passées de 299,080 milliards de Fcfa en 2019 à 459,378 milliards de Fcfa en 2022. Selon M. Haïdara, le montant inscrit dans la Loi de finances de 2023 est de 440, 934 milliards de Fcfa et les dépenses de sécurité en termes d’exécutions sont passées de 97,284 milliards de Fcfa en 2019 à 152,466 milliards de Fcfa en 2022. A ce niveau, le montant inscrit dans la Loi de finances de 2023 est de 171,905 milliards Fcfa. Le coordinateur du groupe de dialogue économie, finances et développement du secteur privé et de la statistique, Albert Nshimyumuremryi s’est réjoui que cette conférence soit désormais « une tradition bien ancrée au Mali et constitue un rendez-vous majeur de dialogue entre le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers. » En dépit des effets négatifs de la crise de la guerre entre la Russie et l’Ukraine ainsi que de l’embargo de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) imposé au Mali durant 6 mois, en 2022, le contexte macro-économique sur le plan national qui prévaut pour l’élaboration du budget 2024 est plutôt rassurant. Ce contexte macro-économique se caractérise par une amélioration progressive de la situation sécuritaire et sociopolitique avec en toile de fonds, la montée en puissance de l’Armée malienne. La gestion budgétaire au Mali a basculé il y a cinq ans en mode budgets programmes conformément à la loi n° 2013-028 du 11 juillet 2013. Babba B. COULIBALY
Le Premier ministre à Gao (Nord) : Coup de pouce au développement régional
Par Oumar DIAKITÉ Envoyé spécial Bamako, 17 fév (AMAP) Le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, est attendu, ce vendredi, à Gao, dans le Nord du Mali, où il mènera, jusqu’au 20 février, plusieurs activités dont la reprise des travaux du barrage de Taoussa, le lancement de la route Gao-Bourem-Taoussa, de la route Gao-Sévaré, l’inauguration de la salle de spectacle de la ville. Le chef du gouvernement aura des échanges avec les autorités régionales et procédera à la remise de vivres et de matériels agricoles aux populations de Gao et des cercles d’Ansongo et de Bourem. Il annoncera, aussi, la reprise des travaux du barrage de Taoussa, des routes de Gao-Douentza, Gao-Bourem-Taoussa et la réhabilitation de la salle de spectacles de la ville de Gao. Dr Choguel Kokalla Maiga visitera également le site universitaire de Gao, situé à Berra à 7 km de la ville de Gao. Dès ce vendredi, Dr Choguel Kokalla Maïga et sa délégation prendront part à la grande prière à la mosquée Tombeau des Askia. Il procédera ensuite à la remise de vivres et matériels agricoles et échangera avec les communautés d’accueil du site de l’université de Gao, précisément à Béra, localité située à 7km de la ville. Le lendemain (samedi), le Premier ministre se rendra à Ansongo, où il remettra des vivres et du matériel agricole aux populations avant de visiter le camp des Forces armées maliennes (FAMa). De retour dans la Cité des Askia, il est prévu un repas de corps avec les FAMa et une séance de bénédictions dans le stade Kassé Kéita. Le dimanche, le Premier ministre procédera à Bourem à la remise de vivres et matériels agricoles et visitera le camp des FAMa. Dr Choguel Kokalla Maïga animera. aussi une conférence des cadres dans la salle du gouvernorat de Gao. ACCORD D’ALGER– Le programme prévoit aussi la reprise des travaux du barrage de Taoussa et de la route Gao-Bourem-Taoussa ainsi que celle de Gao-Sévaré. La réalisation de ces projets sociaux de base appuiera le développement économique régional. En effet, la dégradation de la route Sévaré-Gao a été surtout accélérée après les évènements politico-sécuritaires de mars 2012, qui ont impacté la poursuite des travaux d’entretien. Cette route qui constituait jadis le cordon ombilical entre plusieurs régions de notre pays, est aujourd’hui dans un état de dégradation avancé. Après plus de trente ans d’exploitation, il a été jugé nécessaire de la réhabiliter. La réhabilitation de la route Sévaré-Gao demeure une priorité des autorités, car inscrite dans les différents plans de développement et de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. L’objectif global du projet est d’assurer le désenclavement intérieur et extérieur en augmentant le niveau de service de la route en vue de contribuer à la croissance économique du pays. L’aménagement de Taoussa est un projet d’envergure de développement rural intégré axé sur la gestion harmonieuse des ressources naturelles du bassin du fleuve du Niger au niveau de sa bouche. Il a été présenté aux acteurs signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger comme la contribution majeure du gouvernement au processus d’inclusion, de retour au vivre ensemble et au développement de nouvelles perspectives pour les régions du nord de notre pays. Ce barrage est fortement attendu par les populations qui y fondent beaucoup d’espoir pour l’amélioration de leur condition de vie. L’objectif consiste à contribuer à l’autosuffisance alimentaire des populations par la diversification et la valorisation des productions agricoles, pastorales et piscicoles. Il s’agit surtout de restaurer les écosystèmes par le maintien d’un débit minimal de 75 m3/s jusqu’à la frontière avec le Niger et de régulariser des crues du fleuve du Niger. Une autre activité majeure de cette visite du Premier ministre portera sur l’inauguration de la salle des spectacles de Gao. Cette infrastructure adéquate permettra à la population locale de s’épanouir sur les plans social, économique, culturel et écologique. OD/MD (AMAP)
Union africaine et CEDEAO : Mali, Burkina Faso et Guinée à Addis-Abeba pour la levée de leur suspension
Bamako, 17 fév (AMAP) Les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée, séjournent, à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour plaider leur retour au sein des institutions panafricaines, en marge du 36è sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA). Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, qui se trouve dans la capitale éthiopienne, depuis le 14 février, participe a cette visite qui s’inscrit dans le cadre de la poursuite du plaidoyer et de la démarche conjointe entamée par les trois pays en vue de la levée de leur suspension des activités de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’UA. Quelques jours après une réunion tripartite des ministres des Affaires étrangères, tenue à Ouagadougou les 8 et 9 février derniers, dans le cadre du renforcement des liens d’amitié, de solidarité et de coopération entre les trois pays en transition, les ministres des Affaires étrangères des trois pays sont dans la capitale éthiopienne où ils ont rencontré le chef de la diplomatie de l’Union des Comores, Dhio Dhoulkamal, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international du Zimbabwe, Frederick Shava. Avec ces personnalités, les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée ont déploré la suspension prolongée de leurs pays respectifs en dépit des avancées enregistrées. Ils ont donné des informations actualisées sur la situation sociopolitique et sécuritaire dans les trois pays, avant de soutenir que le maintien des suspensions constitue une entrave à la mobilisation des appuis régionaux et internationaux multiformes en soutien aux processus de transition politique dans les trois Etats. Les personnalités que les trois ministres ont rencontrées ont toutes salué cette initiative et les avancées enregistrées dans les processus de transition et exprimé leur disponibilité à les prendre en compte dans les grilles d’analyse. Les délégations ministérielles des trois pays poursuivront les consultations de haut niveau auprès du président de l’Union des Comores, président entrant de l’UA, du président de la Commission de l’UA, du président de la Commission de la CEDEAO. Ils s’entretiendront, également, avec la ministre des Affaires étrangères d’Afrique du Sud, présidente du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour le mois de février 2023 ainsi qu’avec les ministres des Affaires étrangères de pays membres du Conseil de paix et de sécurité de l’Organisation continentale. Dans le communiqué final de la rencontre tripartite de Ouagadougou, les trois pays ont convenu de « mutualiser leurs efforts et d’entreprendre des initiatives pour la levée des mesures de suspension et autres restrictions. » Et au sortir de cette rencontre, une lettre conjointe signée des trois ministres des Affaires étrangères avait été adressée à la CEDEAO et une autre à la commission de l’UA. Ils ont déploré les sanctions qui leur sont imposées « de façon mécanique » ne tenant « souvent pas compte des causes profondes et complexes des changements politiques. » Selon les trois chefs de la diplomatie, « les décisions de suspension empêchent la participation de leur pays aux instances statutaires de la CEDEAO et de l’UA et, particulièrement celles traitant des défis majeurs qui les concernent tels que l’insécurité, les questions humanitaires et de développement économique durable. » Les trois délégations ont relevé que ces « mesures touchent des populations déjà meurtries par l’insécurité et les instabilités politiques, privent la CEDEAO et l’UA de la contribution des trois pays nécessaire pour relever les défis majeurs. » Tout en réaffirmant leur attachement aux objectifs et principes de la CEDEAO et de l’UA, les chefs d’État s’engagent à répondre aux aspirations des populations de leurs pays respectifs et à faire de l’axe Bamako-Conakry-Ouagadougou, un domaine stratégique et prioritaire pour le développement du commerce, des transports, de l’approvisionnement en produits de première nécessité, de la formation professionnelle, du développement rural, de l’exploitation minière, de la culture, des arts ainsi que de la lutte contre l’insécurité. Les trois ministres se sont engagés à renforcer leur partenariat et leur coopération au sein des organisations sous-régionales, régionales et internationales. DD/MD (AMAP)
Validation des données biométriques : Il faut se réveiller tôt
Par Aboubacar TRAORE Bamako, 16 fév (AMAP) Certains usagers arrivent sur les lieux entre 3 et 4 heures du matin pour s’assurer qu’ils seront enregistrés. Une affluence qui pourrait être encore plus grande dans les jours à venir avec l’appel à la mobilisation lancée par les autorités compétentes. En effet, dans la perspective de la production de la Carte nationale d’identité biométrique sécurisée, le gouvernement a lancé du 9 janvier au 31 mars prochain une large campagne d’authentification et de mise à jour des données biométriques. Dans cette dynamique, le site internet sécurisé www.jevalidemonnina.ml est mis à la disposition des usagers. En outre, des points spécifiques sont installés dans les commissariats de police, les brigades de gendarmerie, les centres principaux d’état civil, les préfectures pour l’intérieur du pays, et dans les missions diplomatiques et consulaires, pour l’extérieur. Pour s’imprégner du bon déroulement de l’opération, notre équipe de reportage a sillonné certains centres de Bamako, la capitale malienne. En début de matinée de ce lundi, le centre de validation de la mairie de Sogoniko, en Commune VI du district de Bamako est déjà noir de monde. Dehors, les parkings débordent de motos des deux côtés de la voie. Installé dans l’arrière-cour de la municipalité, le bureau minuscule abritant les activités est pris d’assaut. La trentaine révolue, Abdoulaye Kodio est 26è sur la liste des 100 premières personnes. «Il y a trop de monde. Pour avoir une bonne place dans le rang, il faut venir très tôt se faire enregistrer sur une liste. Souvent, les gens viennent entre 3 heures et 4 heures du matin pour être sûr de passer. » Maïmouna Sylla est venue depuis 6 heures, ce lundi, accompagnée de ses deux sœurs. «Nous sommes de Magnambougou, c’est assez proche de la mairie. C’est pourquoi nous sommes venues à 6 heures, sinon ceux qui viennent de loin arrivent généralement vers 4 heures pour pouvoir passer le même jour», explique notre interlocutrice. Salia Sangaré est le chef d’équipe de la commission de validation au niveau de ce bureau. Il est aussi chargé des élections et du recensement de la mairie de la Commune VI. Il confirme que les gens arrivent souvent à 3 heures du matin pour s’inscrire sur la liste du jour. Il explique que les 100 premières personnes sur la liste sont prioritaires. Cette liste peut être complétée par ceux qui viennent former le rang après le début du travail à 7 heures. M. Sangaré assure que son équipe peut prendre jusqu’à 200 personnes par jour. Il regrette que beaucoup d’usagers viennent pour tenter de changer leur date de naissance à travers le volet correction des données. Alors que cette opération a été exceptionnellement autorisée par les autorités au profit de nos compatriotes établis à l’extérieur. «Nous travaillons tous les jours ouvrables de 7 heures à 16 heures sauf les jeudis où nous envoyons les machines pour l’exportation des données validées au niveau du Centre de traitement des données d’état-civil (CTDEC), conformément aux instructions», souligne le chef d’équipe. AFFLUENCE CONTRASTÉE – Au niveau de l’équipe d’enrôlement, un premier groupe d’agents s’occupe de faire les photos et procéder au renseignement des fiches. Le second groupe reçoit les réclamations pour les corriger. Il s’agit notamment des changements d’adresse, de profession. Pour changer d’adresse, l’intéressé doit joindre la copie du certificat de résidence au formulaire de réclamation qu’il remplit. Pour le changement de profession, il faut apporter la copie de la carte professionnelle. Du début des opérations à la date du mercredi 15 février, l’équipe du centre principal d’état-civil de la Commune VI dirigée par Salia Sangaré, a enregistré au total 3 147 renouvellements biométriques. À l’opposé de la grande affluence au centre principal d’état-civil de la Commune VI, il y avait peu de demandeurs au niveau du commissariat de police du 7è arrondissement de Sogoniko pourtant situé juste à un jet de pierre. Au moment où notre équipe de reportage est passée, il n’y avait que quelques personnes qui patientaient en rang. L’unité de mise à jour composée de trois policiers nous a confié avoir déjà traité les opérations pour une trentaine de personnes avant notre arrivée. Selon plusieurs informations que nous avons recueillies, les demandeurs préfèrent s’orienter vers les centres principaux d’état-civil plutôt que les commissariats et les brigades de gendarmerie. DÉFICIT DE COMMUNICATION – Au niveau de la mairie de la Commune V, notre équipe de reportage a été surprise d’apprendre que les opérations n’avaient pas encore débuté à la date du mercredi 15 février. Selon le secrétaire général, la mairie de la Commune V n’a pas reçu d’information officielle portant sur le début des opérations de mise à jour des données biométriques. « Nous avons seulement reçu l’instruction par un message Rack qui s’adressait à la cellule technique d’orientation des usagers qui était logée ici, mais qui a été transférée au niveau du commissariat de police de Torokorobougou », explique Boubacar Berthé. Il a précisé qu’à ce jour, les deux postes qui travaillent sur la biométrie ne s’occupent que de la pérennisation des opérations du Recensement administratif à vocation d’état civil (RAVEC), notamment l’enrôlement et la correction. Notre interlocuteur assure que chaque fois qu’il appelle la hiérarchie, on lui signifie qu’il n’y a toujours pas d’information officielle instruisant le démarrage des opérations de mise à jour des données biométriques. Interrogé sur le communiqué du ministère de la Sécurité du mardi 14 février invitant la population à la mobilisation générale autour des opérations de mise à jour avant la date butoir fixée au 31 mars, Boubacar Berthé dit avoir lu l’information sur les réseaux sociaux à sa grande surprise. «Il va falloir qu’au niveau national, les départements en charge de la Sécurité et l’Administration territoriale communiquent pour que l’information puisse redescendre au niveau de la base afin que nos différentes structures chargées de cette activité, se mettent au travail», recommande-t-il. Au moment de notre passage au commissariat de Torokorobougou, il y avait une grande affluence dans la cour autour de l’équipe de mise à jour. Certains agents se plaignaient de
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 15 février 2023
Le Conseil des M=ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 15 février 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Reformes politiques et institutionnelles, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi portant modification de la Loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale. La Loi n°2022-019 du 24 juin 2022 portant loi électorale confie l’organisation et la gestion de toutes les opérations électorales et référendaires à une autorité administrative indépendante dénommée Autorité Indépendante de Gestion des Elections « AIGE » appuyée dans la mise en œuvre de ses attributions et sur le plan technique et opérationnel, par le Ministère en charge de l’Administration territoriale. La mise en œuvre du chronogramme publié pour le référendum et les élections générales, tous prévus au cours de l’année 2023, sauf l’élection du Président de la République, dont le premier tour doit avoir lieu le dimanche 4 février 2024, révèle quelques contraintes relatives, notamment : – au respect du délai de mise en place des Coordinations de l’Autorité Indépendante de Gestion des Elections que la loi fixe à six (06) mois avant les élections; – à la volonté des plus hautes autorités d’instituer le vote par anticipation des membres des Forces Armées et de Sécurité, en vue de leur permettre d’accomplir leur mission de sécurisation du territoire le jour du scrutin; – à l’organisation du vote des déplacés internes ; – à la nécessité de mettre à jour le fichier électoral suite aux actions d’organisation territoriale ou administrative ; – à l’institution de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée comme carte d’électeur, en substitution à la carte d’électeur biométrique ; – à la correction d’erreurs matérielles. Le présent projet de loi est adopté en vue de prendre en compte les contraintes signalées en modifiant les articles 4, 24, 70, 71, 92, 93, 97, 100, 101, 120 et 149. Les principales innovations qui découlent de ces modifications portent sur : – l’élargissement des lieux d’implantation des bureaux de vote aux garnisons militaires ; – l’institution du vote par anticipation des membres des Forces Armées et de Sécurité ; – le remplacement de la carte d’électeur biométrique par la carte nationale d’identité biométrique sécurisée, comme l’unique document d’identification admis dans le bureau de vote. Au titre des corrections d’erreurs matérielles, l’article relatif au referendum a été modifié pour préciser que sauf cas de recours au bulletin unique, deux (02) bulletins sont mis à la disposition de l’électeur. La mention de « candidat » est supprimée dudit article. Ces innovations visent à assurer la transparence du processus électoral et à réduire le coût des élections. Sur le rapport du ministre de la Défense et des anciens Combattants, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance portant modification de l’Ordonnance n°2019-003/P-RM du 04 mars 2019 portant création de la Garde nationale du Mali. La Garde nationale du Mali a été créée par l’Ordonnance n°2019-003/P-RM du 04 mars 2019 avec pour missions : – d’assurer la sécurité des institutions et des autorités administratives et politiques ; – d’assurer la protection des hautes personnalités nationales et étrangères ; – de participer à la sûreté publique et au maintien de l’ordre public ; – de participer à l’exécution des décisions judiciaires et des règlements administratifs ; – de concourir à la défense opérationnelle du territoire ; – de lutter contre le terrorisme et le grand banditisme; – d’assurer l’escorte des matériels ou des délégations; – de participer à la surveillance des frontières ; – de participer aux actions en faveur de la paix et de l’assistance humanitaire. L’article 3 de l’ordonnance susmentionnée dispose que la Garde nationale du Mali est commandée par un Officier général dudit corp L’application des dispositions de cet article constitue une contrainte en limitant le choix pour la nomination au poste du chef d’Etat-major de la Garde nationale du Mali aux seuls Officiers généraux avec l’obligation de promouvoir au grade de Général tout Officier nommé à ce poste. Le projet d’ordonnance adopté ouvre le poste de Chef d’Etat-major de la Garde nationale aux Officiers supérieurs en plus des Officiers Généraux de la Garde nationale. Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement, signé à Bamako, le 12 décembre 2022, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association Internationale de Développement, concernant le Projet de Résilience Urbaine de Bamako. Par cet accord, l’Association Internationale de Développement met à la disposition du Gouvernement de la République du Mali, un prêt en deux portions réparties comme suit : – une portion A, considérée comme un financement concessionnel d’un montant 102 millions 500 mille Euros, soit 67 milliards 235 millions 592 mille 500 Francs CFA ; – une portion B, considérée comme un financement non concessionnel d’un montant 153 millions 700 mille Euros, soit 100 milliards 820 millions 590 mille 900 Francs CFA. Le prêt vise à financer le Projet de Résilience Urbaine de Bamako en vue de l’amélioration de l’accès aux services de traitement des déchets urbains, de l’assainissement et de l’approvisionnement en eau potable, de l’accroissement de la résilience aux inondations dans certaines zones vulnérables du District de Bamako et des communes voisines ciblées ainsi que le renforcement des capacités de gestion urbaine. La mise en œuvre du Projet contribuera à améliorer les conditions de vie des populations par la création d’opportunités économiques. Sur le rapport du ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant rectificatif de l’annexe
La Russie offre 290 bourses d’études au Mali (Communiqué)
Bamako, 15 fév (AMAP) Le gouvernement russe a accordé au Mali 290 bourses d’études en Licence, Master et Doctorat, au titre de l’année universitaire 2023-2024, a annoncé, mardi, dans un communiqué, le ministre malien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Selon la même source, pour être éligible à la bourse d’études de Licence, il faut être titulaire du diplôme du baccalauréat ou équivalent. Pour des études de Master, il faut une Licence ou une Maîtrise ; un Master avec, au moins la mention Assez-bien, pour des études de Doctorat. Le communiqué ajoute qu’il faut, également, « être en bonne santé, ne pas avoir de contre-indication pour la vie dans les conditions climatiques de la Russie » et avoir un passeport en cours de validité. « Les candidats devront s’inscrire en ligne sur le site : https://education-in-russia.com avant le lundi 20 février 2023, date à laquelle le site sera fermé. Toute autre inscription ne sera pas prise en compte », précise-t-il. L’enregistrement en ligne se fait avec la copie du passeport, les attestations ou diplômes ; les relevés de notes traduites en russe. Le communiqué du département en charge de l’Enseignement supérieur indique que « les candidats seront présélectionnés sur études du dossier à l’ambassade de la Fédération de Russie à Bamako, en collaboration avec la direction générale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. » Seuls les dossiers des candidats correctement inscrits en ligne seront soumis à étude. Et ceux qui seront sélectionnés devront remplir les procédures administratives à la direction générale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique « en y déposant un dossier physique. » « Les frais de traitement des dossiers s’élèvent à 5 000 Fcfa », précise le texte. SS/MD (AMAP)
Des drones de combat et de surveillance déployés à Gao, dans le Nord du Mali
Bamako, 15 fév (AMAP) Un nouveau lot de drones de type TB2 a été réceptionné, mardi, dans la Région de Gao (Nord) par l’Armée malienne qui renforce son vecteur aérien, a annoncé le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le colonel Sadio Camara. Ces équipements de combat, pilotés par des soldats maliens sont destinés à faliciter le travail des Forces armées maliennes (FAMa) dans leur mission régalienne. Cette acquisition intervient deux mois après celle des premiers drones à Sévaré, près de Mopti (Centre). Dans une interview accordée à l’Office de Radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), le colonel Sadio Camara a indiqué que « les autorités de la Transition ont décidé d’armer les Forces de défense et de sécurité. » Selon lui, les Maliens « l’ont compris et accepté de donner la priorité à l’Armée. » Il ajoute qu’il s’agit d’un processus continue. « Nous avons donné des drones à Sévaré et, aujourd’hu,i c’est Gao. Et dans un futur proche ce sera d’autres régions ou la capitale », a-t-il fait savoir. Il a ajouté : « Nous n’allons jamais oublier l’effort fourni par le peuple malien. Chaque fois que nous y pensons, cela nous motive davantage ». Le colonel Camara a confié avoir rencontré, au cours de la cérémonie de réception, « des hommes et des femmes très engagés qui ont le moral au beau fixe. » « Cela nous rassure. Nous sommes conscients de quelques difficultés au niveau de la Région de Gao dont nous avons pris bonne note », a indiqué le ministre de la Défense. SS/MD (AMAP)
Projet de Constitution : La commission de finalization s’estime dans le bon timing
Bamako, 15 fév (AMAP) La Commission de finalisation du projet de Constitution compte achever ses travaux dans le délai de 15 jours qui lui est imparti, selon plusieurs de ses membres que nous avons rencontrés, mardi, à leur quartier général au palais presidentiel de Koulouba. Les sujets tels que le régime politique, la question des langues, de la laïcité, de la souveraineté polarisent l’attention et font l’objet de beaucoup de débats, indiquent-ils. “Dans l’ensemble, les travaux se passent très bien dans la convivialité et, surtout, dans la compréhension mutuelle”, a confié Mme Assa Sylla, Membre de la Commission. Selon elle, durant les 30 années d’exercice de la démocratie au Mali, il y a eu des hauts et des bas. “Et même si on était dans une situation normale, la Constitution méritait d’être revue. C’est la raison pour laquelle, les différents présidents de la République ont tenté de la modifier”, soutient-elle. «Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ont eu la chance de porter ce dossier et de mettre en place toutes les dispositions nécessaires afin que nous arrivions à un document consensuel», poursuit Mme Assa Sylla. Le Mali vit beaucoup d’épreuves. “Et pour gérer tout cela, il est bon que les Maliens aient un document qui les conduira dans la même direction, leur permettra de préserver les acquis de la démocratie.” Selon elle, les sujets qui ont fait l’objet de plus de débats, ce sont surtout le régime politique, les pouvoirs du président, le rapport entre le législatif et l’exécutif. LANGUES ET LAÏCITÉ – Le président du Conseil national de la société civile (CNSC), Boureima Allaye Touré, a indiqué que depuis le 6 février, jusqu’à ce jour, la Commission a commencé à travailler, dans la sérénité, la compréhension, sans aucune dissension majeure et dans une atmosphère vraiment apaisée.” Il assure que les travaux avancent “très bien” et que “pour le moment, tout va pour le mieux car les membres arrivent à se comprendre.” D’après lui, avec toutes ces sensibilités, compétences et expériences réunies, chacun prend librement la parole, donne son opinion. “Les discussions sont ouvertes pour convenir sur l’article et les modifications à apporter. Car pour eux, il faut travailler pour que cette Constitution soit vraiment acceptée de tous les citoyens du Mali et qu’elle puisse avoir une longue vie pour gérer notre République”, estime M. Touré Boureïma Allaye Touré a rappelé que la Constitution est la loi fondamentale. «Nous avons cela à l’esprit et nous avons également à l’esprit que tout le monde attend la finalisation de ce projet de Constitution», a-t-il dit. Pour sa part, le rapporteur de la Commission, Boubacar Sow, a indiqué que depuis sa mise en place, la Commission de finalisation “travaille de façon normale et régulière.” “A ce rythme, il espère que malgré l’ampleur de la tâche, le travail sera fait dans le délai imparti de 15 jours. Selon lui, un cap commun a été défini vers lequel avance régulièrement la Commission. «A ce stade, nous ne sommes pas du tout en retard sur le chronogramme établi», a souligné M. Sow, précisant que les sujets qui ont pris beaucoup de temps sont les deux qui polarisent l’attention, notamment les langues et de la laïcité. Toutefois, il soutient que les travaux ont permis de se rendre compte que malgré toutes les divergences étalées dans la presse et sur les ondes de radios libres, les membres ont pu trouver un fond commun sur la base du travail déjà réalisé. “Ce qui leur a permis d’avoir une compréhension commune avec quelques reformulations pour rassurer tout le monde sur ce qu’il y a lieu de faire”, a encore M. Sow. “Ce qu’on est en train de faire, c’est de sortir un document qui puisse rassembler les Maliens et définir ensemble ce que nous souhaitons tous que notre pays devienne, dans les prochaines années, pour sortir définitivement de cette crise très profonde que nous vivons depuis plus d’une dizaine d’années», a insisté le rapporteur de la commission. Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, au nom des mouvements signataires de l’Accord d’Alger, pense que les choses “avancent correctement.” Pour lui, il faut retenir que “c’est un débat sans tabou, très ouvert avec une distribution équitable et sans discrimination de la parole.” À ce stade, il estime que le document en chantier est en train de prendre en compte les recommandations pertinentes des Assises nationales de la Refondation (ANR) et celles de l’Accord d’Alger en ce qui concerne “les meilleures façons de gérer notre pays à travers une gouvernance vertueuse.” Parlant des sujets qui ont fait l’objet de beaucoup de discussions, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune a cité les dissolutions d’organes, les langues ou les sujets qui touchent peu ou prou à la souveraineté. Cependant, il est d’avis que jusqu’ici, “la Commission arrive à trouver un consensus autour de l’essentiel pour le Mali nouveau.” DD/MD (AMAP)
Grand marché de Bamako : La chasse aux boosters pour la qualité du réseau téléphonique
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 15 fév (AMAP) Jeudi 9 février, le Grand marché de Bamako, l acpiatle, malienne, grouille de monde. Oumar Niangadou, téléphone à l’oreille, passe d’une boutique à une autre à la recherche du réseau pour communiquer. Finalement, c’est devant le commerce d’Abou Sylla, qui possède un booster, que son Smartphone capte le réseau téléphonique. «Le problème de réseau, c’est notre quotidien ici au Grand marché. Ceux qui n’ont pas de booster sont obligés d’aller vers ceux qui en ont pour se connecter. Il faut absolument installer un booster pour avoir un réseau stable», se justifie Abou Sylla. En témoigne la prolifération de ces outils qui brouillent pourtant la communication téléphonique, notamment au Grand marché et ses environs. Sur les toits des immeubles, les antennes de ces équipements d’amplification du signal sont installées à perte de vue. Notre équipe de reportage a suivi les équipes de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, Tics et Postes (AMRTP), chargées du démantèlement de ces boosters dont l’usage constitue une infraction. L’objectif de cette opération, entamée depuis le 6 février dernier, est d’optimiser la qualité des services télécoms. «Cette opération de démantèlement des boosters a été motivée par le fait que le réseau est mauvais dans le Grand marché de Bamako et ses environs, ainsi que dans l’ensemble des marchés. Le constat a été établi que les équipements d’amplification de signaux y sont pour beaucoup», explique le président de la Commission de démantèlement et directeur du département des postes à l’AMRTP, Idrissa Ly. Avant d’engager ce grand nettoyage, l’Autorité de régulation avait demandé aux opérateurs de téléphonie mobile de renforcer leurs capacités dans les secteurs concernés, en déployant les moyens adéquats. Mais, selon Idrissa Ly, «il s’est avéré que ce travail n’est pas possible, tant que les boosters continuent de fonctionner». C’est ainsi que le démantèlement définitif de ces appareils a été décidé, en «collaboration avec les représentants des commerçants et après l’analyse de la situation». Pour y arriver, le Grand marché de Bamako a été divisé en dix secteurs. Cinq équipes, composées d’huissiers, de gabiers et de policiers, sont déployées au niveau du marché «Dabanani». Chacune des équipes est conduite par un agent de l’AMRTP. Et pour le bon déroulement de l’opération, la direction régionale de la police a été sollicitée afin de contenir d’éventuelles situations conflictuelles. Ces équipes traquent, tous les jours, les boosters et autres équipements électroniques nocifs. Chaque fois qu’une zone est libérée, les équipes des opérateurs de téléphonie mobile passent le lendemain pour faire des tests et ajuster leurs équipements. VIOLATION DES TEXTES – Chaque appareil saisi est enregistré, ses coordonnées et équipements sont déposés à la police. À la date du 13 février, l’AMRTP a démonté 512 antennes de boosters à travers le Grand marché. Des appareils qui se sont retrouvés sur le marché, installés et exploités en violation de la réglementation. «Les gens ignorent que depuis 2015, dans notre dispositif juridique, il y a un texte règlementaire qui interdit l’importation, l’installation et l’exploitation de certains appareils électroniques qui sont nocifs à la communication», révèle Idrissa Ly. Il rappelle qu’en la matière, il faut des autorisations assorties d’homologation. Seule l’AMRTP est habilitée à délivrer les autorisations. Au Grand marché, il n y a pas un seul appareil qui a été installé conformément à la réglementation. Autrement dit, les textes ont été violés par tous les commençants ayant fait installer des boosters. En effet, leur utilisation est explicitement évoquée par le décret n°2016-0274/P-RM du 29 avril fixant les conditions et les procédures d’agrément des équipements de télécommunications et des Technologies de l’information et de la communication (Tic). En son article 4, ce décret stipule que «tout équipement terminal destiné à être connecté directement à un réseau de télécommunications/Tic ouvert au public ne peut être mis sur le marché malien ou utilisé au Mali qu’après agrément accordé par décision de l’Autorité. » Cet agrément est également exigé préalablement à la mise sur le marché de toute installation radioélectrique, quelle que soit sa destination. Le texte ajoute que l’agrément des équipements terminaux et des installations radioélectriques doit être demandé. Tant pour la fabrication pour le marché intérieur que pour l’importation, la détention en vue de la vente ou la mise en vente et pour la distribution à titre gratuit ou onéreux, et la publicité dont ils peuvent faire l’objet lorsque cette dernière adresse concerne spécifiquement le Mali. Au sens de ce décret, l’on entend par équipement terminal, “tout équipement destiné à être connecté directement ou indirectement à un point de terminaison d’un réseau de télécommunications en vue de la transmission, du traitement ou de la réception d’informations.” Ces dispositions légales sont vraisemblablement méconnues des services concernés par le sujet. «Nous avons rencontré la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence qui ignorait même ce que c’est qu’un booster. Nous leur avons envoyé une copie et les textes. On a aussi rencontré la douane. Chacun doit jouer son rôle dans cette affaire. Ceux qui doivent interdire l’importation doivent faire leur travail et ceux qui doivent aider à nettoyer le marché ont leur rôle à jouer. Malheureusement, depuis deux ans, nous n’avons pas senti cette collaboration», regrette Idrissa Ly. Mais étant dans la ligne de mire en tant qu’Autorité de régulation, l’AMRTP s’est vue dans l’obligation de faire valoir la loi. SOULAGEMENT – De l’avis des commerçants, cette opération de démantèlement répond aux soucis en matière de communication. Les plus heureux sont visiblement les occupants des immeubles «Galerie Djigué, Bally, Sept Villages, Nimaga, Mandiou Simpara ou encore Espace Samassa». En ces lieux, chaque commerçant y va de son commentaire. Ils sont nombreux à pousser un ouf de soulagement, comme Moussa Sacko qui affirme que la qualité du réseau s’est nettement améliorée après le démontage des boosters. «Le problème est situé et la solution est trouvée. Donc, nous demandons aux autres commerçants d’enlever les boosters, parce que si chacun démonte ses antennes, le réseau téléphonique se rétablira», plaide un négociant. Pour réussir son opération, l’AMRTP

