Circulation routière : Des mesures fortes pour réduire les accidents (Communiqué)

Bamako, 19 juil (AMAP) Le gouvernement du Malin a pris des mesures fortes pour réduire les accidents de la circulation routière dont la recrudescence fait de plus en plus de victimes, endeuillant de nombreuses familles, annonce un communiqué conjoint de la ministre des Transports et des Infrastructures et de son collègue de la Sécurité et de la Protection civile. Dans ce communiqué, qui a sanctionné une réunion d’urgence, tenue le 14 juillet dernier au ministère des Transports et des Infrastructures, les deux départements précisent que ces mesures sont relatives à « l’interdiction de circulation des véhicules de transport public de voyageurs entre 00 heure et 05 heures du matin sur les axes routiers interurbains et internationaux, au respect strict par ces véhicules des limites de vitesse fixées à 50 km/h en agglomération et à 90 km/h en rase campagne, à la mise aux normes des ralentisseurs de vitesse installés anarchiquement sur les axes routiers et à la soumission des chauffeurs professionnels à la visite médicale périodique. » Les autorités exigent aussi l’application stricte de la réglementation sur le contrôle technique des véhicules, les sanctions administratives et les peines prévues par les textes en vigueur. Autre mesures annoncées : l’intensification des activités de formation et de sensibilisation à l’endroit des chauffeurs professionnels et des gérants des compagnies de transport de voyageurs. Ces décisions ont été prises lors de la rencontre, suite à l’identification par l’ensemble des acteurs (services techniques, compagnies de transport de voyageurs et chauffeurs) des causes d’accidents de la circulation routière impliquant les véhicules de transport de voyageurs. Des débats, il est ressorti que les accidents proviennent de la circulation des véhicules de transport de voyageurs pendant la nuit, de l’excès de vitesse des véhicules de transport public de voyageurs sur les axes routiers et de l’installation anarchique de ralentisseurs de vitesse par les populations, en violation de la réglementation en la matière.   Autres causes identifiées : les insuffisances dans la mise en œuvre des sanctions applicables aux violations du Code de la route et de la réglementation de la profession de transporteur routier, l’incivisme de certains usagers de la voie publique, l’occupation anarchique de la voie publique par les vendeurs ambulants. S’y ajoutent, l’inobservation des heures de conduite et de repos des chauffeurs, l’utilisation de chauffeurs doublons par certaines compagnies de transport public de voyageurs, en lieu et place de chauffeurs relais sur les longues distances, le dépassement du nombre de places autorisées dans les véhicules de transport public de voyageurs. Il faut aussi ajouter « le mauvais état technique de certains véhicules de transport de voyageurs, la consommation de stupéfiants et de substance psychotropes par certains chauffeurs professionnels, la non application des textes relatifs au contrôle routier. » BBC/MD (AMAP)  

Bancarisation du secteur informel au Mali : Que de chemin à faire !

Par Oumar SANKARÉ Bamako, 19 juil (AMAP) Téléphone portable à l’oreille, Bakary Bamba Kébé donne des instructions à un agent de sécurité au bout du fil. La vingtaine révolue, ce jeune homme de teint noir est peu loquace. Il gère au quotidien sa petite entreprise, «Mandé immobilier», depuis son «Grin» (groupe informel de discussions entre amis). Il dispose d’une dizaine d’appartements meublés qu’il loue aux particuliers et joue, quelquefois, les intermédiaires pour des ventes de maisons et de terrains nus. «Jamais, je n’ai songé à avoir un soutien d’une banque soit pour commencer ou étendre mon business. Le soutien des banques n’est qu’un mythe pour des gens comme moi», dit-il. Entre deux gorgées de thé à la menthe, Karim, membre du Grin, soutient qu’il est plus facile de se faire financer par une Organisation non gouvernementale (ONG) ou une institution de microfinance qu’une banque au Mali. Le trentenaire, qui évolue dans les domaines de l’élevage et de l’immobilier, a tenté à plusieurs reprises d’avoir un financement. Sans succès ! Il en déduit que les produits bancaires proposés ne correspondent pas aux besoins des jeunes entrepreneures. «Un agriculteur, un éleveur, un restaurateur ou encore ceux qui sont dans les domaines du numérique, de l’agroalimentaire… doivent tous avoir des produits adaptés à leurs besoins. On ne sait pas si le système est contre nous mais une chose est sûre, ce système n’est pas fait pour nous», renchérit Karim. « Il y a une corruption endémique dans le système», regrettent unanimement les membres du Grin. Chacun a une anecdote. «Les banques croulent sous de fausses garanties et titres fonciers qui n’ont aucune valeur. Des documents trafiqués par leurs experts en complicité avec des banquiers eux-mêmes », affirme l’un d’entre eux. Un autre affirme que des «projets avec des business plans bien élaborés traînent des mois, parce que les banquiers en charge de ces projets veulent leurs parts». «Des projets sont rejetés et paradoxalement repris par des proches des banquiers», enchaine un membre du Grin. Une voix incrimine l’Etat qui n’aurait « rien fait pour protéger le business modèle de la star up Telimani. Voici comment on tue l’innovation et la créativité». SOUS LES RADARS – S.T et H.B sont des hommes d’affaires réputés dans leur cercle. Ils sont respectivement dans le domaine des pierres précieuses et l’exportation de bétail dans la sous-région. Ils brassent des centaines de millions de Fcfa en marge du système bancaire. «Je ne pense pas à formaliser mes affaires. L’informel me convient parfaitement. Je suis sous les radars», explique S.T qui avouera plus tard qu’il a été témoin de la «destruction» de certains de ses pairs. «Certains princes du jour exigent de nous de contribuer à leur campagne politique ou alimenter leur bureau. Gare à toi si tu refuses. Les impôts et taxes seront utilisées pour te détruire», confie-t-il. Le terme bancarisation désigne un processus mené par les banques, qui consiste à ouvrir des comptes bancaires aux ménages, aux particuliers et aux entreprises dans un pays. Cette démarche vise un double objectif. D’abord, celui pour les banques d’élargir leurs ressources et leurs clientèles en vue d’optimiser et développer leurs activités financières. Pour les autorités publiques, la bancarisation permet de contrôler et gérer la création de monnaie ainsi que les différents mouvements monétaires. Elle donne, également, un indice sur le niveau de développement d’un pays. Une entreprise informelle, d’après Sanou Sarr, président du Réseau des petites et moyennes entreprises (REMAP) est une entreprise qui n’est pas connue de la fiscalité, du registre de commerce et de la fiscalité, d’aucune structure étatique ni consulaire. Ce sont des entreprises qui évoluent sans paiement de taxes, sans être connues des banques.Toutefois, il y a des entreprises informelles qui ont des comptes bancaires, précise-t-il. Quant à la structure formelle, elle possède un Numéro d’identification fiscal (NIF), un numéro de registre de commerce, un numéro NINA, un compte bancaire et peut postuler aux marchés publics. Une entreprise, qu’elle soit formelle ou informelle est une PME (Petite et moyenne entreprise) dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 Franc et 1 milliard de Fcfa. ENTREPRISE CRÉDIBLE – Pour le conseiller en investissement, Cheick Oumar Soumano, le financement est un processus : de la création de l’entreprise jusqu’à la possibilité pour elle de prouver que le financement va se diluer de lui-même à travers les opérations normales. En d’autres termes, c’est l’activité qui justifie le financement. Cela suppose que l’entreprise est crédible du point de vue financier (impôts, taxes, assemblées des actionnaires, réunion du conseil d’administration). Ces indicateurs permettent à la banque de mesurer le risque qu’elle va prendre. «Dès l’instant que la banque n’est pas en possession de ces éléments, elle ne va jamais vouloir accompagner l’entreprise», explique Cheick Oumar Soumano. Toute entreprise qui n’est pas formelle est donc exclue du champ d’action des banques. Et cette exclusion, selon le conseiller en investissement, ressort dans les textes règlementaires de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, les banques sont soumises à un contrôle de la BCEAO à travers la commission bancaire. Chaque financement doit obligatoirement être justifié par un certain nombre d’éléments techniques, juridiques et financiers. Et Hamidou Dicko, responsable du département partenariats et stratégies du Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP-Sa), de reconnaitre : «Beaucoup de nos micro-entreprises ont du mal à fournir des documents et informations pertinents pour convaincre la banque, car elles évoluent dans l’informel qui favorise l’asymétrie d’information». Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INSTAT) de 2022, 98% des entreprises maliennes et 96% des PME opèrent dans l’informel. Le directeur national des PME, Dr Boubacary Cissé, en se référant au rapport du conseil d’administration du 5 avril 2022 de la Bank of Africa (BOA) Mali, rapporte que « le taux de bancarisation est faible, moins de 6%, avec une économie informelle qui échappe toujours à la bancarisation». « Malheureusement, analyse-t-il, beaucoup pensent qu’être informel leur permet de grandir et d’échapper au fisc. » Et M. Sarr de renchérir : « en réalité, les gens ont peur de

Présidence de l’OMVS : Le président Goïta passe la main au chef de l’Etat mauritanien

Bamako, 19 juil (AMAP) Le président sortant de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le colonel Assimi Goïta, a remis, mardi, le témoin au nouveau président en exercice, le Mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à l’occasion de la 19è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation, tenue en mode virtuel. Parmi les défis à relever, auxquels le président entrant va certainement s’atteler, figurent en bonne place la navigation et la réalisation d’autres infrastructures communes. Au regard de l’urgence de concrétisation des grands projets suscités, en raison des besoins pressants de nos populations en services de transport fluvial, d’énergie et de sécurité alimentaire, le colonel Assimi Goïta, a demandé au Haut-commissariat de l’organisation sous régionale d’accélérer l’élaboration, en cours, d’une stratégie de mobilisation de financements et sa mise en œuvre diligente. En plus du colonel Assimi Goïta, les chefs d’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et de la Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, ont participé à cette rencontre virtuelle. Le président sénégalais, Macky Sall, s’est fait représenter par le Premier ministre Amadou Bah. Les membres du Conseil des ministres, dont la ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, ont également été associés à cette réunion qui intervient après celle de Bamako, tenue en décembre 2019. PROJET NAVIGATION – Le président de la Transition a fait le bilan de l’état d’avancement des activités depuis sa présidence à la tête de l’Organisation, avant de passer le flambeau au chef de l’État de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Tout d’abord, le colonel Assimi Goïta a déploré l’ampleur des contraintes qui ont marqué son mandat. L’Organisation a fait face à de profondes crises dont la plus importante, liée à la pandémie à Covid-19 survenue en début 2020, a secoué l’économie mondiale et bouleversé la mise en œuvre des projets de l’OMVS. Le projet de navigation, pilier manquant dans la réalisation du programme d’infrastructure régional, qui avait fait l’objet de signature d’un contrat commercial en octobre 2019, est buté à quelques contraintes financières. « Fort heureusement, a apprécié le chef de l’État, la Société de gestion et d’exploitation de la navigation (SOGENAV) a su proposer un schéma alternatif de phasage des activités d’exécution du projet. La première phase de ce projet est basée sur une stratégie de navigation rapide qui vise à rendre navigable le fleuve Sénégal, entre Saint-Louis (Sénégal) et Ambidédi (Mali), à partir de juin 2024. «À cet effet, il importe de diligenter le financement de cette stratégie, assortie d’un coût de 35 milliards de Fcfa, en guise de preuve d’engagement aux yeux des partenaires qui ne tarderont pas, j’en suis certain, à joindre leurs efforts aux nôtres», a dit le colonel Goïta. Par ailleurs, la mise en service, en décembre 2022, du barrage hydroélectrique sur le site de Gouina a rehaussé la puissance installée de l’OMVS à 400 mégawatts, avec une capacité additionnelle de 140 mégawatts d’énergie propre et bon marché. Du reste, la capacité de transport en sera fortement améliorée, avec les lignes du projet Manantali 2 qui feront de l’OMVS une véritable plaque tournante de l’énergie en Afrique de l’Ouest, « en réelle traduction de la volonté exprimée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’interconnecter les réseaux électriques de la sous-région. Selon le colonel Assimi Goïta, cela concerne la ligne biterne 225 kilo-Volt (kV) Kayes-Tambacounda, financée par la Banque mondiale et la mise en service en octobre 2022, permettant une interconnexion avec la Guinée, à travers le réseau de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG). Il s’agit, également, de la ligne 225 kV Kayes-Yélimané-Tintane-Kiffa-Aïoun « dont la recherche de financement est en bonne voie, qui rapprochera des réseaux maghrébin et européen. » ​ À LA CROISÉE DES CHEMINS – S’agissant de la portion guinéenne du bassin, toutes les études préalables à la construction du barrage de Koukoutamba sont réalisées. Aussi, « depuis la tenue, le 19 janvier 2021, de la 62è session extraordinaire du Conseil des ministres, les actions de recherche de financement se poursuivent pour nos trois projets prioritaires (Navigation, Koukoutamba et Gourbassi) », a annoncé Assimi Goita. Le président de la Transition au Mali a relevé que les diligences requises ont été faites auprès de nos partenaires de la Chine, au point que «nous espérons mobiliser bientôt la plus grande partie (85%) du financement du projet de Koukoutamba» « Quant au projet de barrage de Gourbassi, a-t-il poursuivu, la recherche de financement se poursuit avec le transfert du projet à la Société de gestion et d’exploitation de Manantali (SOGEM) qui a engagé les études préalables de faisabilité et d’impact environnemental et social. » «Vous conviendrez avec moi, au regard du tableau de mise en œuvre des projets structurants, que l’OMVS reste à la croisée des chemins», a estimé le chef de l’État malien. « Car, a-t-il renchéri, 50 ans, hormis la mise en service de quatre barrages, l’Organisation n’arrive pas à faire de la navigation une réalité et le potentiel agricole disponible reste pour moitié inexploité. » Au terme de la rencontre, la Conférence a pris acte du bilan présenté par le président du Conseil des ministres. Elle a, ensuite, donné des orientations et instructions engageant l’OMVS « à maintenir et renforcer la dynamique visant la poursuite des réalisations des infrastructures communes. » La Conférence a engagé le Conseil des ministres, en collaboration avec le Haut-commissariat de l’OMVS, de diligenter une équipe technique pour la mise en œuvre du projet du nouveau président. Le nouveau président de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’OMVS, tout en mesurant l’ampleur de la responsabilité qui lui a été confiée, entend s’impliquer « davantage pour la navigabilité du fleuve Sénégal et le développement des activités visant à renforcer la sécurité alimentaire. » OD/MD (AMAP)    

Les «Zarma» de Gourma Rharous : Une intégration réussie

Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 19 juil (AMAP) Le «Zarma» se définit comme un groupe de dialectes parlés sur les rives du fleuve Niger, depuis Djenné, au Mali, jusqu’au pays Bariba, dans le Nord du Bénin. Les principaux dialectes de ce groupe sont le Sonhraï parlé au Mali, le Zarma au Niger et le Dendi au Bénin. Tous les Nigériens qui vivent à Rharous sont appelés «Zarma», en référence à l’ethnie qui parle ce dialecte au Niger, malgré le fait que certains d’entre eux ne le soient pas. Cette migration sous régionale a pris de l’essor, à partir des années 2010, même si, une colonie embryonnaire de commerçants nigériens a déjà pris racine ici, avant l’indépendance du Mali. Les «Zarma» sont visibles aujourd’hui, en grand nombre, sur tous les marchés hebdomadaires de la localité et même plus loin. Ils vivent et mènent leurs activités de commerce, en parfaite entente avec les populations locales. La trentaine révolue, teint noir anthracite, habillé d’une longue tunique blanche, Adamou est assis sur un banc, devant l’échoppe de son ami cordonnier, dans le quartier de Boya, à Rharous. Les traits réguliers de son visage semblent être taillés au burin. D’un regard presque absent, l’homme observe le mouvement de la rue, en égrenant nonchalamment un long chapelet d’une main, pendant que l’autre fouraille dans sa barbichette bien taillée. Il est arrivé ici, à peine sorti de l’adolescence, au sein d’un groupe de compatriotes, tous camelots, dans les années 2010. Aujourd’hui, il a épousé une femme autochtone qui lui a donné trois enfants et a bâti une grande maison, différente de la petite pièce de ses débuts quand ils dormaient à quinze ou plus, parfois. Avant, il retournait dans son village, au Niger, dès les premières pluies, pour aider à cultiver les champs familiaux. Aujourd’hui, il ne le fait plus. De son propre aveu, il dit se sentir bien ici. Il explique ce sentiment par l’hospitalité de ses hôtes, la communauté de langue avec ceux-ci et la prospérité de son commerce. Il ne manque jamais d’ajouter, un brin coquin que, c’est ici, qu’il a rencontré l’âme sœur. Ses rares voyages dans son pays d’origine consistent à aller, quelques fois, auprès de son fournisseur, à Niamey, pour se ravitailler en marchandises ou participer à quelques grands événements familiaux. FINS NEGOCIATEURS – Il passe le plus clair de l’année à Rharous, auprès de son épouse et ses enfants ou à parcourir les foires des localités environnantes, juché sur sa moto chinoise chargée de marchandises. Adamou est le prototype même du Zarma. Les témoignages des populations locales sur ces commerçants venus d’ailleurs sont flatteurs. Ils sont unanimement reconnus comme des personnes pacifiques, courageuses pas avares en effort, travailleuses, conciliantes, patientes et de pieux musulmans. À ces qualités, il faut ajouter leur talent commun de fins négociateurs en affaires et d’habiles joueurs, sachant toujours tirer leur épingle du jeu. Ce sont tous ces traits de caractère et de conduite qui ont permis leur intégration et la prospérité de leur commerce. Ils font leurs affaires dans des domaines distinctifs : articles ménagers et de décoration d’intérieur, habillement, médicaments et verroterie. Tout ce qu’ils vendent est estampillé «Made» in China, India, Hong Kong, Singapour et Nigeria. Ce commerce d’articles de bas de gamme s’aligne parfaitement avec le pouvoir d’achat des populations locales et crée un échange gagnant-gagnant. On peut difficilement évaluer cette population de migrants dont le nombre croit, chaque année. Ce sont des familles entières qui sont arrivées ici, durant ces dix dernières années. Le chef de famille s’installe en premier, crée les conditions d’accueil et fait venir femmes et enfants. Parmi ces derniers, nombreux ont débuté leur scolarité ici à Rharous. Cependant, jusqu’aujourd’hui, cette importante colonie nigérienne n’arrive pas à créer une association formelle qui permettra de connaître leur nombre, en les recensant et, aussi, répondre à la réglementation en vigueur, en matière d’immigration. La brigade territoriale locale de gendarmerie se réserve de donner un nombre. À la mairie de la Commune rurale de Rharous, l’édile affirme que la création et la formalisation d’une association est en cours. Parmi les membres de la colonie, certains n’hésitent pas à avancer le chiffre de plus de 400 familles. MG/MD (AMAP)    

Hivernage tour phase II : Le Mouvement An biko à Bagadadji

Bamako, 19 juillet (AMAP) Les jeunes de Bagadadji se mobilisent pour assainir leur quartier dans le cadre de la compétition citoyenne Hivernage tour, initiée par l’Association Anbiko. Il s’agissait pour eux de curer  les caniveaux, un geste qui incarne leur volonté de manifester leur citoyenneté. C’est avec détermination et enthousiasme que les jeunes de Bagadadji ont entrepris cette tâche essentielle. Ils comprennent l’importance de maintenir leur quartier dans la propreté, toute chose qui assure le bien être et la santé de la population. Le curage des caniveaux est une étape cruciale dans le processus d’assainissement. En débarrassant ces canaux des débris et des obstructions, les jeunes de Bagadadji contribuent à prévenir les inondations et à améliorer la qualité de vie de leur communauté. Ils comprennent que chaque petit geste compte pour créer un environnement sain et agréable à vivre. Hivernage tour est bien plus qu’une simple compétition qui incarne la prise de conscience collective des jeunes de Bagadadji quant à leur rôle en tant que citoyens responsables. Ils veulent montrer l’exemple et inspirer les autres à s’engager activement dans des actions similaires. La compétition « Hivernage tour » est un exemple inspirant de la façon dont les jeunes peuvent être des agents de changement positif dans leur communauté. Leur dévouement et leur volonté de prendre des mesures concrètes pour améliorer leur environnement sont dignes d’éloges. À travers cette compétition, ces jeunes en partenariat avec An-biko démontrent que l’engagement citoyen ne se limite pas aux discours et aux revendications mais qu’il peut se traduire par des actions concrètes. Ils nous rappellent que chaque individu a un rôle à jouer dans la construction d’une société meilleure. Ce geste du mouvement An-biko est un bel exemple pour tous ceux qui aspirent à un changement positif dans leur propre communauté. Il nous rappelle que le pouvoir de l’action citoyenne réside entre nos mains et que nous avons tous la capacité de faire une différence, quel que soit notre âge ou notre statut social. Siné S. Traoré

Forum des jeunes du Liptako-Gourma : la voix de la jeunesse dans la recherche de solutions aux crises

Envoyé spécial Namory KOUYATÉ Ouagadougou, 18 juil (AMAP) Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, accueille, depuis lundi, la première édition du Forum des jeunes de l’Autorité pour le développement intégré des Etats du Liptako-Gourma (ALG). Réunis dans un hôtel de la ville, les participants du Niger et du Mali sont venus se joindre à leur hôte burkinabè pour débattre du thème : «Stratégie régionale de stabilisation de la région du Liptako-Gourma/ la voix de la jeunesse : expériences et solutions locales par les jeunes femmes et hommes vivant dans les zones frontalières». La cérémonie d’ouverture de la rencontre a été présidée par le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi du Burkina Faso, Dr Boubakar Sawadogo, en présence de son homologue du Niger, Sekou Doro Adamou. L’objectif de la rencontre est d’échanger avec les jeunes du Burkina Faso, du Niger et du Mali sur la situation actuelle dans les régions frontalières du Liptako-Gourma et de dégager avec eux les perspectives de leur engagement. Le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi du Faso a félicité le Secrétariat exécutif pour l’initiative d’échanges des expériences des jeunes pour proposer des solutions locales pour une stabilisation de la région. Il a indiqué que la Région du Liptako-Gourma accueille, aujourd’hui, une population de plus de 20 millions de personnes, avec 80% vivant en zone rurale dont plus de 65% de jeunes. « Malgré cette population jeune, la région n’offre pas de perspectives de développement », a déploré Dr Boubakar Sawadogo. Selon lui, les jeunes et les femmes sont les plus vulnérables et les cibles faciles qui sont enrôlés de gré ou de force par les groupes terroristes et criminels. Le ministre burkinabé en charge de la Jeunesse a fait savoir que les Etats membres de l’Organisation « doivent redoubler d’efforts pour investir encore plus dans l’éducation, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat afin de créer des opportunités d’emploi pour le développement économique. » DIALOGUE ET RÉCONCILIATION – «Une jeune population est un atout et peut contribuer à réduire des facteurs de vulnérabilité et d’instabilité», a souligné M. Sawadogo, affirmant que les jeunes peuvent également jouer un rôle crucial dans la promotion du dialogue et de la réconciliation. Pour sa part, le ministre de la Jeunesse et des Sports du Niger, Sekou Doro Adamou, a reconnu que les marchés de l’emploi accusent un déséquilibre chronique. Il a ajouté que l’insécurité structurelle entrave la bonne marche de l’économie. « C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, ces défis imposent une approche plutôt inclusive des jeunes qui sont de véritables vecteurs de changement et de transformation. » « Ce forum cadre avec notre vision en matière de consolidation de la paix chez les jeunes pour un changement de comportement afin de valoriser leur contribution au développement », a martelé le ministre de la Jeunesse et des Sports du Niger. Quant à la secrétaire exécutive de l’ALG, Hawa Aw, elle a déclaré que « jadis, la zone était un havre de paix et riche en ressources naturelles et minérales. Mme Aw a précisé qu’ « aujourd’hui, les conflits et l’insécurité ont entrainé des déplacements massifs de populations et la perte des moyens de subsistance. « C’est dans cette optique, a-t-elle indiqué, que l’ALG a entamé des consultations auprès de ses Etats membres et des communautés pour participer à la recherche des solutions à la crise qui perdure. » La secrétaire exécutive a promis l’élaboration d’une stratégie régionale de stabilisation, résilience et de relèvement de la région de Liptako-Gourma 2023-2027. Le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Dieudonné Kini, a, lui, réaffirmé l’accompagnement de l’institution en faveur de ces pays dans la recherche de solution à ces crises. Selon lui, les investissements sont entrepris pour le rétablissement et l’opérationnalisation des infrastructures socio-communautaires et productives. L’ALG est une organisation intergouvernementale régionale entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Elle est dédié à la promotion de la coopération régionale et du développement durable dans la région, notamment sur les questions de sécurité, la gestion des ressources naturelles, en passant par le développement économique et social. Sur le plan de la sécurité, l’Autorité travaille à renforcer la collaboration entre les forces de sécurité des trois pays membres, afin de lutter contre le terrorisme, le trafic transnational et d’autres formes de criminalité. Elle encourage, également, les initiatives de dialogue et de réconciliation pour promouvoir la paix et la stabilité dans la région. NK/MD (AMAP)

Assemblage de PC/tablettes et téléphones : Des appareils made in Mali sur le marché

Bamako, 18 juil (AMAP) Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a inauguré, lundi, l’usine d’assemblage de PC/tablettes et téléphones de la société Danew Talla Electronics, avec un investissement initial de 550 600 000 Fcfa, à Niaréla, un quartier au centre de Bamako. Cet investissement sera porté à deux milliards Fcfa à l’horizon 2026, traduisant ainsi la volonté des promoteurs de doter l’usine d’équipements de dernière génération utilisant une technologie de pointe dans la production de matériels de téléphonie et d’informatiques. Son président, Renaud Amiel, a rappelé qu’il y a un an, en présence de plusieurs membres du gouvernement, la société Danew Talla Electronics s’était engagée à mettre en place une plateforme technique pour le développement du numérique au Mali, comprenant l’installation d’une usine d’assemblage de PC, de tablettes et de téléphones, la création d’un réseau de réparation et de maintenance couvrant tout le pays et l’appui aux grands projets de digitalisation du pays. Le tout devant correspondre à la création de près de 1 300 emplois d’ici fin 2025. «Au 1er juin, une première ligne d’assemblage de 18 mètres opérationnelle a été installée dans nos locaux à Niaréla, nous avons recruté 50 personnes dont 39 employés pour la ligne d’assemblage. En termes de production, ce sont près de 4 000 tablettes, PC ou Smartphones qui ont déjà été assemblés, reconditionnés ou customisés sur la ligne d’assemblage. En ce qui concerne le réseau national de réparation et de maintenance de Danew Talla Electronics, il sera composé de 1000 jeunes formés par nos soins», a expliqué M. Amiel. Le président de la société Danew Talla Electronics a encore rappelé qu’en septembre dernier, le CEDEX, un centre de formation spécialisé dans la formation aux métiers du numérique, a été créé en étroite collaboration avec le ministère en charge l’Entreprenariat national et celui de l’Économie numérique. La première formation en réparation et maintenance de matériels informatiques et de téléphonie a démarré le 1er novembre 2022 avec une promotion de 47 jeunes venant des régions de Ségou, Mopti (Centre) Tombouctou, Gao (Nord), et du district de Bamako, la capitale malienne. «Aujourd’hui, nous en sommes à la 4è promotion de 56 jeunes qui viennent de démarrer leur formation le 3 juillet, principalement des jeunes déplacés du Mali, et des jeunes réfugiés au Mali venant d’Afrique centrale. D’ici fin août, plus de 180 jeunes auront été formés au CEDEX», a-t-il souligné. RETOMBÉES – Pour donner quelques éléments sur le développement du CEDEX, un nouveau cursus de formation, «Diagnostic automobile numérique», sera lancé au quatrième trimestre avec deux promotions de 25 jeunes. Aussi un grand projet de «Digitalisation des coopératives dans la filière Karité» avec un premier pilote de 80 coopératives de 3 000 membres (toutes des femmes) de la Région de Ségou est en préparation pour la fin de l’année. Selon le président de la société Danew Talla Electronics, les prévisions et engagements, pris devant le Premier ministre en juin 2022, sont atteints sinon dépassés. Dr Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, a indiqué que, « la technologie de pointe utilisée dans cette usine permet d’affirmer, sans risque de se tromper, qu’elle est en parfaite adéquation avec la Politique de développement industriel de notre pays, qui encourage la création de nouvelles unités industrielles et l’utilisation des meilleures idées, technologiques, techniques et méthodes en s’appuyant sur les actifs de la propriété intellectuelle. » Selon le Premier ministre, cette unité contribuera, également, à l’atteinte des objectifs de la politique des 3D : (Défense, Diplomatie et Développement). Et son exploitation participera à l’atteinte de la vision du président de la Transition, à savoir : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des choix de partenaires opérés par le Mali et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises. «D’ores et déjà, l’usine a créé 49 emplois permanents dont 11 femmes et 120 contractuels. Ce nombre sera porté à 300 permanents et 1 000 contractuels à l’horizon 2025. Ce qui cadre avec les politiques nationales du gouvernement en matière de création d’emplois, de formation professionnelle et d’amélioration des conditions de vie des Maliennes et des Maliens, conformément au Plan d’action du gouvernement», a indiqué le chef du gouvernement. Le Premier ministre a dit qu’ « en plus de la création d’emplois, cette unité industrielle aura des retombées significatives sur les populations et l’économie malienne. » Cela en termes de paiement d’impôts, taxes et droits, de paiement de cotisations sociales à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), de réduction des importations de matériels informatiques et de sorties de devises, à travers la production sur place de 100.000 appareils informatiques et de téléphonie, dès la première année et 500.000 à l’horizon 2025. BBC/MD (AMAP)

Drogue du zombie : La menace sur la jeunesse se profile

Par Jessica K. DEMBÉLÉ Bamako, 18 juil (AMAP) Depuis quelques temps, des vidéos étranges sont sur les réseaux sociaux montrant des personnes dans des postures désarticulées et des démarches bizarres de morts-vivants dignes d’un film d’horreur hollywoodien. Deux mots sont présents sur les hashtags en bas de ces vidéos : drogue du zombie. C’est une drogue de synthèse, c’est-à-dire fabriquée à partir de molécules chimiques produites clandestinement en laboratoire. Se présentant sous la forme d’un liquide injectable et incolore, elle est de la même famille que la Métamphétamine, l’Ecstasy et la Kétamine qui se différencient des drogues dites naturelles, comme le cannabis et la cocaïne. En menant nos recherches sur cette drogue, nous avons découvert qu’elle est issue du mélange de la Xylazine avec du Fentanyl. La Xylazine est un sédatif utilisé par les vétérinaires, depuis 50 ans, en guise d’antidouleurs pour les animaux, comme les chevaux ou les lions. Le Fentanyl, quant à lui, est une drogue analgésique, «50 à 100 fois plus puissantes que l’Héroïne et la Morphine», selon une enquête de la chaîne TF1 Info. Combinées, ces deux substances contribuent au ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration à des niveaux dangereux. Après l’avoir injecté, le consommateur perd, durant des heures, toute faculté motrice. Et lorsqu’il arrive à bouger, sa démarche ressemble à celui d’un mort-vivant. Ces effets lui ont valu le tristement célèbre nom de drogue du zombie. L’application TikTok compte au total près d’un million de vues sur les vidéos de la drogue zombie. Les plus visionnées montrent des personnes déambulant dans les rues de Philadelphie, aux Etats-Unis, comme s’ils dormaient debout. La drogue semble faire des ravages dans ce pays : « 26% des morts par overdose sont provoquées par cette drogue de synthèse », révèle le journal 20 Minutes. Elle a donc été signalée aux Etats unis comme «menace émergeante». «C’est la première fois, dans l’histoire de notre nation, qu’une substance est désignée comme menace émergente», a déclaré lors d’une conférence de presse, le Dr Rahul Gupta, directeur du bureau chargé de la lutte contre la drogue à la Maison Blanche, aux Etats-Unis. Cette menace préoccupe fortement le gouvernement américain, l’amenant à débloquer des fonds, dans le budget 2024, afin de lutter contre le danger. Malgré l’expansion préoccupante de cette drogue, elle ne semble pas inquiéter nos services de lutte anti-drogues. L’Office central des stupéfiants au Mali (OCS) reconnait qu’elle fait certes des ravages en Colombie, aux Etats-Unis et dans certains pays Magrébins, mais qu’il «n’a fait face à aucun cas au Mali». Le 27 mai 2023, dans une émission radiophonique, le commissaire divisionnaire, Mamadou Samba Coulibaly, chef d’antenne de la rive gauche de l’OCS, précisait que l’héroïne peut aussi provoquer chez ses consommateurs des comportements assimilables à ceux dus à la drogue du zombie. « Ainsi, soutient-il, les gens pensent que les images qui circulent sur la toile sont celles des consommateurs de la drogue zombie. » DOPAGE – Pourtant, au cours de notre enquête, nous avons rencontré un individu qui a prouvé l’existence de la présence de cette drogue sur notre territoire. Il explique qu’il y a des années, quand il était sur un site d’orpaillage, il a commencé à prendre des substances, comme le Tramadol, pour se doper. Et ils étaient beaucoup à en prendre. « Un jour, on m’a proposé cette drogue. On m’a dit qu’elle est meilleure et plus puissante. Quand je l’ai injecté et que je suis descendu dans la mine pour creuser, j’ai été bloqué. Je ne sentais plus mes membres et je n’arrivais plus à bouger», a-t-il confié. L’homme ajoute qu’il a fini par s’endormir. Et quand il s’est réveillé, il était seul et il a fini par remonter à la surface. «Après cette expérience effrayante, je n’y ai plus jamais touché ni à aucune autre drogue», raconte notre interlocuteur. Un autre jeune, résidant d’un quartier de la Commune II, est formel : «Il y a bel et bien la drogue du zombie au Mali. Et je sais qu’elle est différente de l’héroïne que j’ai consommée plusieurs fois». Malgré les vidéos effrayantes présentes sur les réseaux, nos jeunes prennent cette menace à la légère. Comme un challenge, ils réalisent des vidéos sur Tik Tok, où ils imitent les consommateurs de la substance, leur manière de bouger ou de s’arrêter. C’est devenue tendance. Pire, ils se filment sur le titre «26 Mars» du chanteur, Adji One. Le clip, publié il y a un peu plus d’un mois, fait plus d’un million de visionnage sur YouTube. Le chanteur parle d’un médicament qui «bloque» les gens, faisant référence à cette drogue de synthèse. Une musique très appréciée par les jeunes, donnant encore plus de légèreté au danger que représente la drogue zombie. Le sociologue, Dr Lamine Sandy Haidara, trouve que ces jeunes jouent à un jeu dangereux. Pour lui, ce jeu de rôle auquel nous assistons peut-être reproduit dans la vie réelle, à cause de la curiosité, et les jeunes vont vouloir tenter la consommation de cette drogue zombie. «Plus les images deviennent virales, les représentations sociales et la construction mentale de la pratique vont plonger les jeunes dans le cercle vicieux de la toxicomanie», affirme le sociologue. Il ajoute que par la suite ces images sur les réseaux sociaux vont pousser les jeunes maliens à tenter sa consommation, histoire de dire qu’ils ont été les premiers à tenter le coup. «La banalisation, la plaisanterie voire la tendance ne doivent pas être négligées, l’avenir de notre pays risque de prendre un coup préjudiciable à notre développement», informe le Dr Haïdara. Pour lutter contre ce fléau, le sociologue conseille la prévention, l’encadrement des jeunes ainsi que leur surveillance. Tout parent doit particulièrement garder un œil sur les fréquentations de ses enfants. S’y ajoutent l’accompagnement, la prise en charge socio-sanitaire et socioéconomique des usagers de la drogue et de leur entourage ainsi que l’application des textes antidrogues. Malgré des cellules mises en place par l’Etat comme l’OCS, où des opérations spéciales sont menées contre l’éradication de la distribution et la consommation des drogues, la présence de

Circulation routière: Le casse-tête de la course-poursuite

Par Tamba CAMARA Bamako, 17 juil (AMAP) – Les Bamakois gardent encore à l’esprit cette course poursuite fatale à un conducteur de mototaxi, un lundi du mois mars dernier, à une heure indue. Le motocycliste, voulant fuir des policiers, perd le contrôle de son engin à deux roues et percute dans sa folle échappée, dans un sens interdit, un autre motocycliste. La violence du choc ne lui a laissé aucune chance. L’autre conducteur de moto a été grièvement blessé. Cet incident malheureux a occasionné des échauffourées entre la police et les jeunes du secteur et conduit au saccage des abris de la police sur les voies publiques et l’incendie d’un véhicule de la Police nationale. Un autre exemple. Celui de la nuit du mercredi 21 juillet 2021 aux environs de 23 heures. Des policiers patrouilleurs avaient pris en chasse un véhicule non immatriculé. Cet incident aussi a conduit à des accrochages entre une patrouille de la Brigade anti criminalité (BAC) et des jeunes du secteur de Lafiabougou. Bilan : un mort (le jeune Abdoulaye Keïta) et 5 blessés graves. Des enquêtes ont été ouvertes et 6 policiers écroués pour mort d’homme. Après l’incident malheureux, la direction générale de la Police nationale (DGPN) a même rappelé. dans une note de service ‘’2246/DGPN-SP du 23 Juillet 2021 du DGPN’’ la proscription de la course-poursuite lors du contrôle routier. Et, conformément, à la procédure, « il est demandé aux fonctionnaires de polices de relever les numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant afin de pouvoir entamer des poursuites à son encontre». « Tout manquement à la directive sera sévèrement sanctionné », a précisé la note de service. Des exemples de poursuite policière, on pourrait les multiplier à l’infini avec des risques réels pour toutes les parties (usagers et policiers compris). Des cas à Lafiabougou, Sikoroni et des quartiers situés en Commune I et IV du District de Bamako ont aussi défrayé la chronique. CAS DES DELINQUANTS – Les usagers, qui n’apprécient guère de vivre le danger de la course-poursuite, ne sont pas avares en récriminations contre les policiers (qui du reste sont essentiels dans la régulation de la circulation routière). Le refus d’obtempérer d’un usager de la voie publique ou de se soumettre au contrôle de routine est puni, conformément à la réglementation. Il faut trouver la bonne formule pour traquer aussi les contrevenants. Ces cas de poursuites qui débouchent sur des accidents mortels interpellent sur la complexité des situations auxquelles les policiers peuvent être confrontés dans l’exercice de leur mission de sécurisation des personnes et de leurs biens, mais aussi de régulation de la circulation routière. Selon un officier de police qui a requis l’anonymat, la poursuite policière est en général motivée par la recherche de gain de certains agents. Et de nous renvoyer à la note de service 2246/DGPN-SP du 23 Juillet 2021 du DGPN qui interdit clairement les courses poursuites. «Le directeur général de la police a alors conseillé aux agents de relever les numéros d’immatriculation pour passer un avis de recherche. Mais, il faut aussi admettre que les responsabilités dans les cas d’accident liés à des courses-poursuites sont partagées. On ne peut pas dire à un délinquant de s’arrêter et qu’il obtempère. Il faut impérativement le pourchasser et l’obliger à s’immobiliser», déclare le limier en chef qui pense que la décision d’interdire la course-poursuite est une erreur. Il juge nécessaire de revoir la note de service et de faire la part des choses. REGLEMENTER LA POURSUITE – « Très généralement, les courses-poursuites ne sont pas autorisées », affirme un commandant de la compagnie de Groupement mobile de sécurité rive droite (GMS). «Il y’a beaucoup d’usagers qui méconnaissent la circulation lorsqu’on les signale pour une faute, ils refusent d’obtempérer et causent des problèmes en tentant de s’échapper. Or les autorités ont décidé d’interdire les poursuites», indique-t-il ajoutant que le relever les numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant est préconisé afin de lancer des recherches à son encontre. Sur la question d’élaboration d’un possible règlement intérieur sur la poursuite, le commandant précise qu’il n’y a, pour l’instant, rien à ce sujet. «Tout est fait sur consignes ou sur la base de notes de service». En cas d’incident malheureux lors de la poursuite, des sanctions disciplinaires au sein du service ou des mis à pieds (rares) sont pris, selon l’officier de police. Et de déclarer qu’il peut y avoir de la prison dans les locaux disciplinaires où les intervenants purgent leur peine, avant d’inviter la population à obtempérer lors des contrôles pour distinguer les délinquants des citoyens respectables qui n’ont rien à se reprocher. Il conseille à ses collègues de ne poursuivre qu’en cas de flagrance. Selon un autre officier de police, également chef de section de police judiciaire (PJ), la poursuite n’est pas encadrée autrement dit elle est non règlementée. « Elle doit être réglementée et le cadre d’intervention doit être aussi défini. » « La décision récente de la hiérarchie policière, explique-t-il, existait depuis bien longtemps. On a juste réchauffé la note. » Il précise aussi qu’il n’y a pas une loi spécifique sur la situation. Et d’ajouter que face à certains suspects voire des situations, il est difficile d’interdire à la police de poursuivre ou d’agir. TC/MD (AMAP)  

Décès de Sekou Oumar Doumbia : Le doyen nous fausse compagnie

Bamako, 17 juil (AMAP) L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) a perdu, samedi dernier, l’un de ses doyens, Sékou Oumar Doumbia dit DSO. Ce journaliste chevronné est décédé à l’âgé de 74 ans. Il faut dire qu’il avait le journalisme chevillé au corps. Bien ayant fait valoir ses droits à la retraite, il continuait à mettre ses compétences au service du Quotidien national. Sékou Oumar Doumbia animait la chronique «Ce que j’en pense» et était le correcteur attitré du Magazine Femme de L’Essor. Dans la salle de rédaction, les journalistes s’empressaient de recevoir ses bénédictions et ses conseils. Il ne se lassait jamais de proposer des sujets de reportage aux jeunes journalistes. L’une de ses phrases préférées était «Que Dieu nous accorde un retour paisible à la maison». Le Doyen, comme on l’appelait à la rédaction, avait la charge de présenter les vœux de fin d’année. Un moment d’émotion qui nous manquera pour toujours. «À son âge, alors qu’il aurait pu tranquillement bénéficier de sa retraite, il a voulu continuer à travailler au sein de L’Essor. Il était un conseiller et pratiquement un lien entre les différentes générations à la rédaction», a apprécié l’ancien ministre de la Communication, Gaoussou Drabo, lors des funérailles, dimanche dernier, de l’illustre disparu à Bamako Coura. Selon M. Drabo, cette attitude montre que c’est quelqu’un qui était profondément journaliste. Et de déclarer qu’ « il était animé de l’amour de l’organe dans lequel il a travaillé et progressé. » « Cela donne, a-t-il souligné, la juste mesure de sa conscience et de son implication dans le travail sur l’information et dans la transmission de l’expérience aux jeunes générations pour bonifier leur travail. » «Il mettait beaucoup de bonne conscience à faire tout son travail. Je crois que c’est la jeune génération qui en a bénéficié», a confié l’ancien ministre. Le directeur des publications en français de l’AMAP, Souleymane Bobo Tounkara, s’est dit très attristé par la disparition brutale du Doyen, ajoutant que le défunt a apporté une contribution immense à la cohésion sociale au sein de la rédaction de L’Essor. « Sans oublier, a-t-il relevé, ses conseils aux jeunes journalistes afin qu’ils s’inspirent de l’exemple des anciens. » «Il plaisantait avec tout le monde et reconnaissait ses erreurs lors des échanges. On ne sentait pas qu’il n’était pas de notre génération», a confié Souleymane Bobo Tounkara, ajoutant que la rédaction sera orpheline de lui. Le frère cadet du défunt, Famory Doumbia, dira que son ainé a mis son talent au service des présidents de la République, Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré. Famory Doumbia a indiqué que son frère ainé était « un fervent défenseur du travail bien fait. » « Ce qui, a-t-il dit, lui a valu l’admiration de plusieurs personnalités. » «Il a été conseiller de Modibo Sidibé à l’époque où celui-ci dirigeait le ministère de la Santé», a rappelé le frère du défunt. Sur le plan politique, Sékou Oumar Doumbia était très actif. Selon son cadet, il a été secrétaire général adjoint d’une section de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Le sexagénaire affirme que le défunt l’a inspiré dans sa façon d’éduquer les enfants et sa rigueur. Sékou Oumar Doumbia a fait ses études primaires à Bougouni avant de décrocher le baccalauréat dans la série «Lettres classiques» au Lycée Askia Mohamed. Le sortant du Centre d’études des sciences et techniques de l’information de Dakar (CESTI) a été rédacteur en chef du journal Soundiata. Sékou Oumar Doumbia repose désormais au cimetière de Niaréla, en Commune II du District de Bamako. Il laisse derrière lui un garçon, deux filles et plusieurs petits enfants éplorés. MDD/MD (AMAP)