
Crédit photo : UNICEF/UNI693560/Dicko.
Légende : Des enfants du village reculé de Gadiaba Kadiel, dans la région de Nioro au Mali, reçoivent des vélos et des kits scolaires offerts par l’UNICEF. Cette initiative vise à faciliter leur trajet quotidien et à leur garantir un accès plus sûr et plus abordable à l’éducation, malgré les longues distances entre leurs foyers et l’école la plus proche.
Koulikoro – Dans certaines zones rurales du Mali, aller à l’école est un véritable défi. Pour de nombreux enfants, la distance entre le domicile et l’établissement scolaire transforme le droit à l’éducation en un parcours difficile, parfois décourageant.
Dans le hameau de Dialakorobougou, situé à une dizaine de kilomètres de Koulikoro, les enfants parcourent quotidiennement près de deux kilomètres à pied pour rejoindre l’école du village de Masalla. Ce trajet, effectué matin et soir, épuise les élèves avant même qu’ils ne s’installent en classe.
« Mes camarades et moi partons à pied depuis 7 heures. Quand on arrive à l’école, on est déjà fatigué., » raconte Seydou, 11 ans, élève, en CM1. Aminata, 10 ans, partage la même difficulté que Seydou. « Le soir, je n’ai plus la force d’ouvrir mon cahier. Parfois, je m’endors sans manger, » explique-t-elle.
Cette fatigue physique a un impact direct sur leurs résultats. Une fois en classe, la concentration est affétée et l’épuisement prend le dessus sur l’apprentissage, augmentant ainsi les risques de décrochage scolaire pour ces jeunes de Dialakorobougou. Pour certaines familles, la situation devient insupportable. Une mère d’élève, témoigne avec tristesse : « Mon fils a quitté l’école avant la fin de l’année. Il était trop fatigué. La distance l’a découragé. »
À Dialakorobougou, à défaut d’avoir une école pour le moment, les parents d’élèves plaident pour l’ouverture d’une cantine scolaire à Masalla. Boubacar Konaté, représentant des parents, explique que « si les enfants mangent à l’école, ils resteront pour les cours de l’après-midi et seront moins fatigués. »
Fatoumata, 12 ans, rêve déjà d’un changement : « Avec une cantine, je pourrais manger, apprendre tranquillement et ne plus refaire le chemin à midi. »
L’accès à l’éducation ne doit pas dépendre du lieu de naissance. Des solutions simples comme les cantines scolaires, les classes de proximité et le soutien communautaire peuvent transformer la vie de milliers d’enfants.
Investir dans l’éducation en milieu rural, c’est rapprocher l’école des enfants et offrir un avenir meilleur à la jeunesse malienne.
Diaoudia, 13 ans et David, 12 ans
Enfants journalistes – Région de Koulikoro


