Portrait : Mamadou El Béchir Gologo, une grande figure du Mali

Mamadou El Béchir Gologo est une grande figure du Mali. Il a été médecin, homme politique, journaliste et écrivain. Toute sa vie, il s’est battu pour la justice, la liberté et le progrès de son pays. Son parcours montre le courage et la détermination d’un homme qui a vécu des moments difficiles mais qui n’a jamais abandonné ses convictions.

‎Mamadou El Béchir Gologo est né en 1924 à Koulikoro, dans un Mali encore sous domination coloniale. Il grandit dans un environnement marqué par les inégalités et les injustices. Très tôt, il comprend que son pays a besoin de changement. Cette situation influence beaucoup sa façon de penser et ses choix dans la vie.

‎Dès son enfance, il montre qu’il est très intelligent et sérieux à l’école. Il commence ses études à Koulikoro, puis les poursuit à Bamako. Grâce à ses bons résultats, il intègre le lycée Terrasson de Fougères, aujourd’hui appelé lycée Askia. Il continue ensuite sa formation à l’École normale William-Ponty de Dakar, une école très connue à l’époque.

‎Animé par le désir d’aider les autres, il décide de devenir médecin. Il fait ses études de médecine à Dakar et obtient son diplôme en 1948. Il fait partie des premiers médecins maliens de sa génération. À son retour au pays, il travaille dans plusieurs villes comme Katibougou, Sikasso et Douentza.

‎Dans ces localités, il ne se contente pas de soigner les malades. Il se rapproche des populations, surtout rurales, et comprend leurs difficultés. Il est connu pour son humanisme, sa simplicité et sa volonté d’aider les plus pauvres. Il devient rapidement un médecin respecté et apprécié.

‎Un combat politique et intellectuel pour la liberté et la justice :

‎Mamadou El Béchir Gologo rejoint l’Union soudanaise – Rassemblement démocratique africain (US-RDA), un mouvement important dans la lutte pour l’indépendance. Il participe activement aux débats et défend des idées fortes comme la liberté, la dignité et l’égalité pour les peuples africains. Très proche du président Modibo Keita qui le cite très souvent dans ces discours officiels comme exemple d’africain qui n’a jamais renié la dignité de ses aïeux.

‎Son engagement lui a valu d’énormes  soucis avec l’administration coloniale. Il est sanctionné et même renvoyé de ses fonctions. Mais ces difficultés ne le découragent pas. Au contraire, elles renforcent sa détermination. Il devient une voix importante du combat pour l’indépendance.

‎En plus de la politique, il s’engage aussi dans le journalisme. Il devient directeur du journal L’Essor, un journal très influent à cette époque. À travers ses articles, il informe, sensibilise et mobilise la population. Il utilise sa plume comme une arme pour défendre ses idées et dénoncer les injustices.

‎Après l’indépendance du Mali en 1960, il est nommé ministre de l’Information sous la présidence de Modibo Keïta. À ce poste, il participe à la construction du jeune État malien. Il travaille à promouvoir la culture nationale et à renforcer l’identité du pays.

‎Cependant, en 1968, un coup d’État militaire renverse le pouvoir. Comme beaucoup d’anciens responsables, il est arrêté et emprisonné. Il passe plusieurs années en prison avant d’être libéré en 1971. Cette épreuve difficile marque profondément sa vie, mais il reste fidèle à ses convictions.

‎Un écrivain engagé avec un héritage inestimable :

‎En plus de ses activités politiques et médicales, Mamadou El Béchir Gologo est aussi un écrivain engagé. Il écrit pour raconter son expérience, dénoncer les injustices et partager ses idées. Ses œuvres sont inspirées de sa vie et des réalités africaines.

‎Son roman Le rescapé de l’Ethylos, publié en 1963 est l’une de ses œuvres les plus connues. Dans ce livre, il parle de la souffrance, de l’injustice et de la résistance. Le récit est en partie autobiographique et montre sa capacité à surmonter les épreuves.

‎Dans « Mon cœur est un volcan » (1961), il exprime ses émotions fortes. Le volcan représente sa colère, sa passion et son désir de changement. C’est une œuvre qui montre son engagement profond.

‎Avec « Tornade d’Afrique » (poésie 1966), il parle des bouleversements politiques en Afrique. Il décrit les difficultés des jeunes États indépendants et les défis à relever pour construire un avenir meilleur.

‎En plus de ses livres il a, à son actif plusieurs autres œuvres dont: La Chine, un peuple géant au grand destin (essai d’analyses 1962); Moudaïna ( critique sociale 1995) et mon cœur reste un volcan ( poésie 998).

‎Bien que décédé, ses écrits continuent d’illuminer les cœurs des Maliens. En 2024, deux ouvrages ont été publiés à titre posthume :

‎ « Les Repères » : un livre retraçant les combats politiques et historiques ayant marqué la lutte pour l’indépendance du Mali. L’auteur y partage ses réflexions sur le patriotisme, la mémoire collective et le rôle de la jeunesse dans la construction nationale.

‎ « Moriké et Baba Tièman » : un conte initiatique mettant en scène des personnages confrontés aux réalités humaines et sociales de leur époque. À travers leur parcours, l’ouvrage transmet des valeurs de sagesse, de solidarité et de responsabilité à la jeunesse africaine.

‎Mamadou El Béchir Gologo meurt le 21 mars 2009 à Bamako. Sa disparition touche beaucoup de Maliens. Il est reconnu comme un grand patriote et un homme de principes. Après sa mort, il reçoit le titre de Grand officier de l’ordre national du Mali.

‎Aujourd’hui, son héritage reste très important. Ses œuvres sont étudiées dans les écoles et les universités à travers l’Afrique et même ailleurs. Elles continuent d’inspirer les jeunes générations. Mamadou El Béchir Gologo reste encore un modèle de courage, d’engagement et d’intégrité.

MLHD/KM (AMAP)