Bamako, 23 février (AMAP) Le moulin de mixage de fruits et légumes est une technologie malienne de haute portée. Il s’impose et est devenu, de nos jours, pour de nombreux une source de revenus, une activité lucrative dans la capitale et plusieurs autres localités du pays. Avec cette activité génératrice de revenus, beaucoup de jeunes parviennent à s’épanouir financièrement.
À Bozola, dans le marché de légumes wonida, Souleymane Traoré un jeune homme âgé de 28 ans, s’est installé dans un endroit stratégique avec sa machine à moudre. Dans cet endroit, ils sont deux à exercer cette activité. C’est pour cela que les clients se rassemblent souvent autour de lui, parfois en attente, parfois en échangeant quelques mots, chacun avec son sachet de condiments à la main.
Avec sa machine, il broie oignons, tomates, piments et fruits. La machine tourne donc tout le long de la journée. Le jeune marié pratique cette activité depuis plus de 6ans maintenant. Tout a commencé le jour où il a décidé de faire une activité lui rapportant des revenus acceptables.
« Je gagne entre 4000 et 10.000 FCFA par jour. Cet argent me permet de prendre soin de ma famille, et de faire des économies ». Habillée d’un habaya, assorti d’un grand foulard, le seau rempli d’oignon a la main droite, et un sachet rempli de tomate à la main gauche, en attendant son tour pour mixer Nantoma Doumbia, une vendeuse au marché Wonida, qui habite à Sabalibougou, apprécie les services de Souleymane Traoré. Car ça lui permet de gagner du temps, « il est 11 H du matin et j’habite loin » selon elle cet mixeur est créer pour le bonheur des femmes du Mali, car elle est adapté à notre environnement de travail.
Au marché de Kalanban Coura, deux jeunes hommes installés ont organisé leur espace de travail méthodiquement agencé de quatre appareils, des bidons d’eau de vingt litres, des bacs en plastique, servant à laver et des couteaux pour éplucher et nettoyer les produits.
Autour de ce dispositif, les clientes se succèdent. Les jeunes hommes disposent également d’un groupe électrogène, utilisé en cas de coupure d’électricité, garantissant ainsi la continuité de l’activité. Cette organisation, à la fois informelle et efficace, témoigne des capacités d’adaptation et de la solidarité qui structurent le travail quotidien dans ce secteur, où chaque acteur contribue au bon fonctionnement du service. L’un d’eux, Mamadou Coulibaly âgé de 27 ans, propriétaire du lieu a commencé cette activité, il y a dix ans suite au décès de ses parents, quand il était en classe de terminal. Dix ans après, le jeune homme a ouvert son entreprise, avec cinq machines à son actif et a emploie 2 personnes pour l’aider. Il peut gagner jusqu’à 7500 FCFA par jour. Cette activité, lui a permis également de faire de l’élevage de moutons et de poulets et acheter un terrain. Aussi, il paye la scolarité de ses frères et sœurs. Notre entrepreneur envisage de moderniser son business, et embaucher d’autres jeunes.
Enfin Mamadou Coulibaly dira qu’il n’envie aucun jeune de son âge, car cette activité lui permet de s’épanouir. Kadiatou Touré attend son tour pour mixer ses feuilles de manioc. Selon elle cette machine est source de bonheur pour les femmes. A côté d’elle, Oumou Diarra vendeuse de jus, y voit une opportunité pour les commerçantes de faire de grande production sans fournir assez d’efforts physique.
Au marché de Niamakoro, Karamoko Konta, assis dans sa boutique, âgé de 31ans est commerçant détaillant, nous explique, qu’il y’a 11ans, il était vendeur de sachets plastique, et la suite il s’est retrouvée dans le mixage grâce au conseil d’un ami. Avec son succès dans le mixage, il a développé d’autres commerces. Notamment la vente des condiments secs, puis et de poissons frais. Aujourd’hui, la petite installation de départ a laissé place à une boutique qu’il a ouverte au marché où on y trouve désormais tout le nécessaire pour la cuisine, des épices de base aux produits frais. Et aujourd’hui, Karamoko Konta, malgré son expansion, continue de proposer le service de mixage et emploie quatre autres personnes pour l’aider dans sa boutique. Pendant notre enquête nous avons constaté d’autre jeune qui font ce service dans les rues.
Il est 21h à Daoudabougou, Moussa Diarra un diplômé de l’Institut Universitaire et de Gestion à Bamako est arrêté devant sa machine à moudre. Au chômage depuis quelque année, il a pris l’initiative de payer cette machine pour installer devant leur porte. « J’exerce cette activité depuis 5ans. « Je gagne suffisamment d’argent pour être indépendant avant de trouver un travail fixe » affirme-t-il. Ajoutant que c’est pendant la nuit qu’il a beaucoup de clients, car à cette heure les marchés sont fermés.
Rokia Kanté, est venue réparer sa machine chez le constructeur au marché de Medina Coura. Selon elle, les lames de l’engin sont épuisées. « Je fais cette activité dans ma maison et je gagne bien ». Avec le bénéfice que je gagne j’achète mes uniformes de mariage, le gouter de mes enfants et autres. Et j’ai même acheté une machine pour ma sœur qui est mariée dans un autre quartier pour qu’elle soit indépendante comme moi », ajoute-t-elle.
Alfousseyni Traoré ancien soudeur, un homme âgée de 57ans, il mixte au marché de Banconi, selon lui il est dans cette activité depuis 6ans. « Il ya quelques années, les médecins m’ont diagnostiqué une maladie, qui m’empêchait de faire la soudure, depuis ce jour je suis dans cette activité » a t-l précisé. Ajoutant qu’avec activité il prend soin de sa famille, car selon lui le mixage apporte bien de bénéfice surtout en cette période de ramadan. Pour Alfousseyni Traore, 1kg de produit est mixé à 100Fcfa, si c’est avec l’électricité. S’il y’a coupure et que si c’est avec le groupe électrogène le kilo est à 200Fcfa. Selon le témoignage de nombreux de nos interlocuteurs nous avons appris que ses machines à mixage sont fabriquées au Mali au marché de Medina Coura.
Techniques de fabrication du moulin de mixage
Mamadou Sogodogo est un forgeron, soudeur au marché. Il affirme être le premier à avoir fabriquer les tasses à mixer au Mali et l’a nommé « Musso Lafia ». Cela remonte à 2002 où il s’est inspiré d’un modèle en plastique pour créer ses tasses. « Je me suis auto-formé pour réaliser ce projet. J’aime tout ce qui est modification. C’est à cet effet que je me suis inspirée d’un modèle en plastique que je reparais tout le temps que j’ai eu la grande idée de fabriquer une table à fer et installé une tasse. C’est suite à cela que la première création a eu lieu. Au début, j’ai essayé avec les tasses de forme de tasses ovales, mais cela n’a pas marché et c’est après que j’ai essayé cette forme de tasse qui a bien marché. L’objectif était pour moi d’adapter une machine de mixage adaptée à notre société ». Pour le forgeron, il fabrique avec les matériels constitutifs avec des anciens fils d’ordinateurs. Il adapte avec tous ceux qu’il trouve et travaille avec des électriciens. Les tasses dans lesquelles on met les produits sont aussi fabriquées par eux-mêmes. Et les prix varient entre la qualité de tasse et le moteur utilisé dans la machine. Pour les tasses légères, le prix varie entre 75. 000 et 100.000 FCFA et pour des tasses plus lourdes et des moteurs résistants, les prix varient entre 100. 000 et 175.000. Et pour des machines des groupes électrogènes, les prix varie entre 160.000 et 200.000 FCFA.
Mamadou Sogodogo affirme que cet outil a eu du succès et a tiré beaucoup de profit grâce à cette invention « j’ai réalisé mes projets personnels avec cette création. » Ajoutant que cette création a permis de créer de l’emploi chez de nombreux jeunes forgerons. Alou Bagayogo, vendeur de tasse à mixer depuis 4 ans affirme qu’avant il vendait seulement des ustensiles de cuisine mais aussi des cantines des nouvelles mariées. Mais grâce à la fabrique et la vente de cette tasse, il a doublé son chiffre d’affaire et a de nombreux clients.
Amadou, soudeur au marché de Medina Coura, est l’un des spécialistes en matière de fabrique des tasses. Il a commencé cette activité à côté de Mamadou Sogodogo qui est un ami et un collègue « j’ai été approché par Mamadou, il y’a de cela 17 ans pour l’aider à la fabrique des tasses ». « Au début de son invention Mamadou Sogodogo, utilisait des tasses importées, c’est après des longues réflexions entre nous deux qu’on n’a décidé de fabriquer les tasses artisanales, ce qui a été beaucoup bénéfique pour nous tous ». Selon Amadou, lui et Mamadou ont formé de nombreux jeunes par rapport à cette fabrication, ce qui fait que beaucoup de soudeurs mènent cette acticité maintenant.
BT/KM (AM


