Lutte contre la traite des personnes : le Mali renforce ses efforts avec un rapport 2024 et une nouvelle stratégie (Ministère de la Justice)
Bamako, 5 mai (AMAP) Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a accueilli ce mardi deux événements majeurs dans la lutte contre la traite des personnes : la remise officielle du rapport annuel 2024 et la première réunion ordinaire 2025 du Comité national de coordination, témoignant de l’engagement du Mali à éradiquer ce fléau, dans un contexte marqué par des défis structurels et sociaux, indique le ministère de la Justice Le rapport 2024 dresse un bilan des efforts accomplis : 629 victimes identifiées, 430 enquêtes ouvertes, 36 000 personnes sensibilisées et huit condamnations prononcées. Toutefois, il pointe des obstacles persistants, tels que « le manque de données fiables, l’insuffisance d’outils techniques, le besoin de formations spécialisées et une coordination opérationnelle perfectible. La porosité des frontières et une certaine tolérance sociale aggravent la situation. » Le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, a salué les progrès tout en appelant à une mobilisation accrue. « La traite des personnes est une réalité enracinée. Nous devons renforcer nos instruments juridiques et institutionnels pour y mettre fin », a-t-il déclaré. Il a annoncé que deux projets de lois, sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants, sont en cours d’adoption, tandis que le nouveau Code pénal, désormais en vigueur] s’accompagne d’un plan de formation pour les acteurs judiciaires et sécuritaires. L’assistance aux victimes constitue un axe prioritaire de la stratégie nationale. « Nous adoptons une approche holistique, intégrant un accompagnement psychologique, une aide juridique et une réinsertion socio-économique », a précisé le ministre. Cette vision est portée par la présidente du Comité national, Oumou Elkaïrou Niaré Samaké, récemment distinguée par le Département d’État américain comme « Héros de la lutte contre la traite ». « Son leadership est une source d’inspiration pour nous tous », a ajouté M. Kassogué, exhortant les autorités locales, leaders communautaires, religieux, société civile et médias à s’engager pleinement. OS/MD (AMAP)
Diéma : le néguété bougouté, un trésor culinaire qui résiste au temps
Par Ouka BA Diéma, 5 mai (2025) À Diéma, le néguété bougouté, ces arachides grillées avec leur coque, reste un symbole de la culture soninké et un aliment incontournable. Croquant sous la dent des travailleurs des champs comme des écoliers, il rythme les pauses et les veillées. Malgré les influences culinaires modernes, cet amuse-gueule traditionnel conserve une place de choix dans le quotidien des habitants. Rencontre avec ceux qui font vivre cette tradition. Ici, le néguété bougouté, c’est bien plus qu’une simple arachide grillée. Selon une légende locale, son nom est né d’une mésaventure. « Une femme apportant le repas aux travailleurs des champs a renversé la nourriture en croyant voir une hyène. Elle leur a, alors, offert des arachides grillées. En les croquant, son beau-fils a nommé cet aliment ‘néguété bougouté’ à cause du bruit des dents », », raconte Madou Diarra, producteur agricole. Depuis, ce terme résonne dans tout le milieu soninké pour désigner ces arachides fraîches, légèrement grillées sous la braise et le sable, prêtes à calmer la faim. LEGENDE – Dans les champs, le néguété bougouté est un compagnon fidèle. Les femmes l’apportent aux cultivateurs qui, sous l’ombre des arbres, le croquent pour tromper la faim en attendant le couscous à la sauce d’arachide. « Si j’ai du néguété bougouté dans ma poche, je peux désherber mon champ sans souffrir de la faim », confie Madou Diarra. Mais cet amuse-gueule dépasse les champs. Les jeunes l’apprécient lors des veillées nocturnes, autour d’un thé. À midi, l’écolier Abdoulaye puise dans la réserve de sa grand-mère si le repas tarde. « C’est pratique et délicieux », dit-il avec un sourire. Même les voyageurs, comme Fousseny Kanté, forain, y trouvent leur compte : « Quand j’arrive tard et que les restaurants sont fermés, le néguété bougouté me sauve ! » TRADITION CULINAIRE MENACEE – Malgré sa popularité, le néguété bougouté fait face aux changements des habitudes alimentaires, influencées par des modèles occidentaux. Salif Doumbia, animateur d’une ONG, s’inquiète : « Nos traditions culinaires s’effritent. Si nous ne sensibilisons pas les populations, les générations futures perdront leurs repères. » Allumant une cigarette, il insiste : « Le néguété bougouté, c’est notre identité. Il faut le préserver à tout prix. » Pour Bourama Traoré, bourrelier, cet aliment reste une solution économique. « Quand j’en mange assez, je n’ai besoin que d’eau », explique-t-il, vantant sa capacité à rassasier. À Diéma, le processus de préparation – griller les arachides fraîches, les enfouir dans le sable chaud, puis les conserver jusqu’à l’hivernage – est un rituel qui unit les générations. Un croustillant indémodable Le néguété bougouté n’est pas près de disparaître. « C’est un croustillant ancré dans nos habitudes », affirme Madou Diarra. Que ce soit dans les champs, à l’école ou lors des veillées, il reste un symbole de convivialité et de résilience. À Diéma, cet aliment simple mais savoureux continue de rassembler, rappelant que les traditions soninké ont encore de beaux jours devant elles. OB/MD (AMAP)
Un gendarme trouve la mort dans l’accident de son véhicule d’un convoi d’escorte
Dioïla 5 mai (AMAP) Un gendarme a trouvé la mort, jeudi 1er mai 2025, après que deux roues du côté droit du véhicule d’escorte dans lequel il se trouvait ont éclaté, provoquant son renversement. L’accident du véhicule immatriculé appartenant à la gendarmerie et immatriculé GRM 3413, roulait dans le sens Sénou-Dioïla, a fait aussi quatre blessés et d’importants dégâts sur la voiture. Il serait dû à une défaillance mécanique serait. Le corps et les blessés ont été évacués sur le Ceentre de santé de référence (CSRéf) de Dioïla puis sur Bamako. Le véhicule faisait partie d’un convoi de la Gendarmerie nationale, composé de huit voitures devant escorter une mission des Œuvres sociales du président de la Transition le général d’Armée Assimi Goita, et se rendait dans la Commune de Kemekafo, dans le Cercle de Dioïla, à Bamanantou, Cercle de Massigui, à Dionongon, dans la Commune rurale de Diebè, Cercle de Mena, à Sirakorobouraba, Cercle de Dioïla et à Kountou, dans la Commune rurale de Nantjila, Cercle de Massigui. La Brigade territoriale de la gendarmerie nationale de Dioila a ouvert une enquête. Le gouverneur de Dioila, Mme Coulibaly Mariam Coulibaly, dès les premiers insttants de l’accident a mis à disposition tous les moyens possibles pour les soins aux blessés. DF/MD (AMAP)
Bougouni : La tradition de la montée des couleurs respectée
Bougouni, 05 mai (AMAP) Le général de Brigade Ousmane Wélé, gouverneur de la région de Bougouni., a présidé, à 07h30, ce lundi 5 mai 2025, la montée des couleurs comme il est de coutume, chaque premier lundi du mois, une initiative instituée par les autorités du Mali. En présence de l’ensemble des forces de défense et de sécurité : Gendarmerie nationale, Garde nationale, Douane, Police, Administration pénitentiaire et de l’Education surveillée et les Eaux et Forêts, l’exercice a été effectué par la Garde nationale de Bougouni. Devant les autorités administratives et politiques de la région, l’ensemble des forces de défense et de sécurité, les membres du cabinet du gouverneur, les directeurs régionaux et les démembrements de la Société civile, le gouverneur a appelé les responsables administratifs, civiles et militaires de la Région de Bougouni, « à plus d’ardeur dans (leur) mission régalienne. » Il les a assurés de sa « disponibilité totale à ne ménager aucun effort pour l’atteinte des objectifs assignés aux différentes structures régionales pour la défense et la sécurité sur toute l’étendue de la Région de Bougouni. » Le chef de l’exécutif régional a fait un ramassé de la participation de la délégation régionale aux Consultations des forces vives de la Nation et des Maliens vivants à l’extérieur tenues au Centre internationale de conférences de Bamako, (CICB) à Bamako, les 28 et 29 avril 2025. Une rencontre qui avait pour objectif de faire la relecture de la Charte des partis politiques. Le gouverneur a, aussi, remercié l’Union régionale des travailleurs de Bougouni (URTB) qui a gagné le pari de l’organisation lors de la commémoration de la Fête du 1er mai, Fête du travail, avec un programme diversifié. Il a ensuite mis l’accent sur « l’expression de la fibre patriotique à tous les niveaux pour une région de Bougouni sur la voie de l’émergence. » BHT/MD (AMAP)
Célébration de la Journée internationale de la femme : Les femmes de Ouélessébougou dans la cohésion
Ouélessébougou, 03 mai (AMAP) Les femmes des trois communes du Cercle de Ouélessébougou, ont, à l’initiative de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), commémoré, la Journée internationale de la femme, le samedi 3 mai 2025, au stade municipal de la ville, a constaté l’AMAP. La célébration de cette journée, qui vise à réclamer l’égalité des droits, de meilleures conditions de vie et de travail des femmes, a vu la participation des représentantes des organisations féminines du Cercle, des autorités administratives et communales, sous la présidence de la deuxième adjointe au préfet, Mme Mounkoro Koura Koné. A Ouélessébougou, l’objectif de la manifestation est de promouvoir l’engagement des femmes dans la vie sociale et citoyenne, tout en contribuant au développement local. Dans son mot de bienvenue, le maire, Bakary Samaké, a salué la démarche des femmes des trois communes « de célébrer cette journée dans la cohésion, ce qui témoigne de la paix et de l’unité des femmes du Cercle.» Pour sa part, la présidente de la CAFO, Mme Kontao Aminata Fofana, a dans son intervention, exprimé sa « sincère gratitude pour la mobilisation massive des femmes à cette cérémonie, preuve de l’engagement pour leur cause. » Elle a, ensuite, rendu un hommage aux femmes maliennes, soulignant leurs services au cœur de la vie communautaire. « Les femmes travaillent la terre, nourrissent les familles, éduquent les enfants, soutiennent les communautés », a-t-il dit. « Pourtant, elles continuent de faire face à d’énormes défis : accès limité aux ressources, à la santé, au crédit, à la formation et à la prise de décision, a laissé entendre Mme Kontao,’ La présidente de l’organisation féminine, a remercié les autorités nationales, « pour la réalisation du Centre multifonctionnel de Ouélessébougou, un acquis majeur pour les femmes et un cadre essentiel pour leur épanouissement. » Elle a terminé son allocution, en appelant les décideurs à « renforcer les politiques favorables à l’égalité, l’autonomisation et de soutenir les initiatives locales portées par les femmes. » Pour son discours d’ouverture, la deuxième adjointe au préfet, Mme Mounkoro Koura Koné, s’est dit honorée de présidercette cérémonie. Au nom du préfet, elle a félicité les femmes de la CAFO pour l’organisation de l’activité dont le contenu cadre bien avec les objectifs de la célébration de la Journée internationale de la femme, au niveau national. « Cet espace nous offre l’opportunité d’échanger sur les réalisations des femmes et les défis qu’elles rencontrent au quotidien », a-t-elle fait savoir. Mme Mounkoro a, également, invité ses « sœurs à plus d’engagement pour l’amélioration de leurs conditions de vie », avant de lancer officiellement la célébration. Au cours de cette journée, plusieurs activités ont été menées, notamment, une conférence-débat, sous le thème : « Accélérer le rythme de l’autonomisation des femmes et des filles, gage d’un développement humain durable. » La prestation d’artistes, l’animation de troupes folkloriques et des danses traditionnelles du Djitoumou ont émerveillé le public. AC/MD (AMAP)
Kayes : Coup d’envoi de la Coupe Corpo de football pour promouvoir la cohésion sociale
Kayes, 4 mai (AMAP) Le coup d’envoi de la Coupe Corpo de football, organisée par l’Union régionale des travailleurs de Kayes (URTK), affiliée à l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM). a été donné jeudi le 1er mai 2025, au Stade Bassi Coulibaly, par le préfet de Kayes, Amadou Cissé, en présence du secrétaire général de l’URTK, Abdoulaye Coulibaly dit AC. Lors d’un match de gala qui a opposé la sélection des syndicats de la Pharmacie (Vert) à celle du Syndicat national des banques et établissements financiers (SYNABEF) (Bleu). Après 60 minutes de jeu, les deux équipes se sont séparées sur un score vierge. « Nous sommes très satisfaits de l’organisation de ce tournoi. Cela montre que l’Union (URTK) et la population parlent le même langage et nous sommes avec eux. Ils ont toujours privilégié le dialogue et sont préoccupés par le développement de leur région. Je demande aux populations de Kayes de rester soudées derrières les autorités, de prôner le dialogue », a déclaré le préfet du Cercle de Kayes. Pour le SG de l’URTK, le travail consiste à maintenir la mobilisation des masses laborieuses afin de garder la cohésion. Cette cinquième édition, ouverte aux équipes des comités et divisions syndicales, vise à maintenir la cohésion, la communion et la solidarité entre les travailleurs. « Nous devons toujours être prêts pour le développement. Un syndicat s’engage toujours dans la formation, aussi bien professionnelle que physique. Cette formation physique passe par le maintien des travailleurs, d’où l’organisation de cette coupe Corpo pour maintenir un corps sain dans un esprit sain qui est très bon pour le travail », a expliqué Abdoulaye Coulibaly. Toujours dans la mouvance de la Fête du travail, la plateforme des centrales syndicales composée de la Centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM), de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), de la Confédération malienne du travail (CMT) et de l’Union syndicale des travailleurs du Mali (USTM) a organisé, jeudi au « Sahara Terrain », un match de gala entre son équipe et celle de la Police. Les syndicats ont remporté cette rencontre lors des séances de tirs aux buts. A la fin du temps réglementaire, le score était de zéro but partout. Le coup d’envoi de cette rencontre dont l’objectif est de maintenir la cohésion et de renforcer la solidarité entre les travailleurs, a été donné par le gouverneur de la Région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, en présence du président du Conseil régional, Bandiougou Diawara, et du président du Conseil régional des organisations de la société civile, Mamadou Coulibaly BMS/MD (AMAP)
Journée mondiale de la liberté de la presse 2025 : Les médias maliens face aux défis de l’Intelligence artificielle
Bamako, 03 mai (AMAP) Les médias maliens ont célébré, ce samedi 3 mai 2025, la 32e édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse, par une réflexion sur le thème : « Le journaliste malien face aux défis de l’intelligence artificielle : information et désinformation en ce moment de crise multidimensionnelle », dans le cadre de la Semaine nationale de la liberté de la presse (SENLIP), organisée par la Maison de la Presse. La SENLIP, qui se déroule du 3 au 10 mai sous la présidence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration est célébrée dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse qui met l’accent sur le thème international : « Informer dans un monde complexe : l’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et des médias ». Elle propose une série d’activités, en partenariat avec les associations professionnelles, politiques et de la société civile, « afin d’échanger de manière franche et constructive », a déclaré le président de la Maison de la Presse Bandiougou Danté. Bandiougou Danté a rappelé les difficultés traversées par la presse malienne : « L’année écoulée a été difficile pour les médias du monde. Nous ne cesserons de rappeler les cas d’enlèvement, d’assassinat et d’emprisonnements. » Il a évoqué la disparition de Birama Touré depuis dix ans, les cas de disparition de Hammadoun Nialibouly et Moussa Bana Dicko qui restentintrouvables, ainsi que l’incarcération d’Alhousseiny Togo, directeur de publication du « Canard de la Venise », depuis le 9 avril 2025. « Je réitère ma demande de clémence pour Alhousseiny Togo à la justice malienne », a-t-il ajouté. « L’IA peut améliorer l’accès et la vérification de l’information, mais elle peut aussi mettre en danger le journalisme indépendant en se nourrissant de contenus sans rémunérer leurs auteurs », a dit le représentant de l’UNESCO, Dr Bazouma Traoré, soulignant l’impact de l’intelligence artificielle (IA). Il a appelé à privilégier la formation professionnelle, notamment à travers les ressources de l’UNESCO et à soutenir les projets de professionnalisation des médias. Le secrétaire général du ministère en charge de la Communication, Alkaidi Amar Touré, a insisté sur l’importance de la liberté de la presse, la qualifiant de « pilier fondamental de l’État de droit et un baromètre de la vitalité démocratique. ». « Les journalistes maliens doivent être formés pour faire face à la révolution technologique de l’IA », a-t-il dit, saluant le rôle de la Maison de la Presse » comme espace de dialogue et de renforcement des capacités. » Le directeur général de la Maison de la Presse du Sénégal, Sambou Biagui, a proposé une initiative régionale. « Il est impératif de relancer une union des maisons de presse en Afrique pour défendre le journalisme et améliorer la formation professionnelle, Il a invité Bandiougou Danté à rejoindre cette démarche pour renforcer les voix des médias africains. La SENLIP prévoit deux événements majeurs: une rencontre sur les difficultés de la presse malienne, coordonnée par Mamoudou Bocoum, et le lancement du Fonds de Solidarité de la Presse, dirigé par Bassidiki Touré. « Ce fonds exprime notre prise de conscience pour financer nos préoccupations sociales par des mécanismes innovants », a expliqué Bandiougou Danté. Selon Reporters Sans Frontières (RSF), le Mali a reculé au classement mondial de la liberté de la presse 2025, passant de la 114e à la 119e place, en raison de la fragilisation économique des médias. « La pression économique, avec la concentration de la propriété et l’attribution opaque des aides publiques, menace l’indépendance des médias », a indiqué RSF. OS/MD (AMAP)
Morosité dans la vente de journaux : Les kiosques sont désertés
Par Moussa M. DEMBÉLÉ Bamako, 03 (AMAP) Pas d’affluence devant les kiosques à journaux. De kiosques à journaux, il n’y en a plus des tonnes ! Les quelques rares clients jettent un coup d’œil et passent leur chemin. Il est environ 10 heures à la Place de la liberté, à Bamako où se trouve un kiosque. Qu’est-ce qui peut justifier ce manque d’engouement pour les publications. Les explications sont multiples. Si certains lecteurs, rencontrés sur place, soulignent un manque de sérieux dans les parutions aujourd’hui, d’autres, des distributeurs ou encore des professionnels des médias, estiment que les journalistes vivent et travaillent dans des conditions précaires qui peuvent déteindre sur la qualité de l’information. Dans un kiosque, nous avons croisé un client, Drissa Dembélé, qui, d’ailleurs, n’est pas venu acheter un journal mais, plutôt, lire la Une de certaines parutions que la Chambre de commerce de Bamako, où il livre les journaux, depuis plus de 20 ans, ne reçoit pas. Selon notre interlocuteur, les journaux restent une source fiable d’information. « Tous les matins, je regarde la presse pour être au diapason de l’actualité, parce que c’est un média traditionnel, qui donne des bonnes informations » avance-t-il. Reconnaissant que les gens ne s’intéressent plus aux journaux comme auparavant, il en ignore les vraies raisons. Quelques minutes après, un autre client fait son entrée sous le petit hangar où les journaux sont bien alignés. Comme la plupart des lecteurs, ce vieux retraité âgé de plus de 70 ans, est également venu dire « bonjour » à son ancien client, car il achète rarement des journaux. « J’ai arrêté de donner mon avis sur les parutions de journaux, parce que cela ne change rien. Aujourd’hui, je lis rarement les journaux, tout simplement, parce que les contenus laissent à désirer. Et je l’ai dit maintes fois, mais je ne constate aucune évolution », regrette le vieux, sans plus de commentaires. LE BON VIEUX TEMPS – Madou Sidibé, un revendeur de journaux depuis de plus de 30 ans, affirme que les lecteurs n’achètent plus les journaux, parce qu’ils trouvent que leur contenu est inintéressant. Ceux que nous avons rencontrés, attendent la publication d’informations fiables par les journalistes. C’est ce que nous explique, le revendeur. « Aujourd’hui, il y a peu de gens qui s’intéressent aux journaux. Et cela peut s’expliquer par un manque de confiance entre lecteurs et producteurs d’information. Avant, nos clients s’informaient à travers nos journaux parce que, selon eux, les vraies informations s’y trouvaient », dit-il. Avant de rappeler que dans les années 90 jusqu’à 2000, les points de vente des journaux étaient toujours bondés de monde. « A cette époque, notre activité était une bonne affaire mais, aujourd’hui, elle est devenue une perte de temps. Je pouvais vendre 100 exemplaires du quotidien national L’Essor et d’autres parutions privées avant 11 heures. Mon kiosque était déjà vidé à cette heure, contrairement à aujourd’hui où je ne prends que deux numéros du journal L’Essor, faute de clients », regrette Madou Sidibé. Cependant, le vendeur de journaux reconnaît qu’aujourd’hui, le quotidien national d’information du Mali fait des efforts remarquables pour améliorer son contenu. Le constat de la désertion des lieux de vente de journaux est le même dans ce kiosque à Badalabougou, en commune V du District de Bamako. Selon Mohamed Diallo, le vendeur, le journal ne nourrit plus son homme. « La plupart de nos clients étaient des hommes politiques, qui ne font pas beaucoup d’activité actuellement », déplore-t-il. En précisant que les fournisseurs leur cèdent les journaux à 250 Fcfa pour qu’ils puissent les revendre à 300 Fcfa, pour gagner un bénéfice de 50 Fcfa. Pratiquement, tous les revendeurs ou distributeur de journaux interrogés, abondent dans le même sens. Mais, pour certains, les journaux ne sont plus achetés, parce que les articles sont déjà publiés sur Internet, au moment de la parution. « Je pense que ce sont les journalistes mêmes qui sont à la base de cette mévente des journaux. Les articles publiés dans les journaux, sont directement mis sur l’internet au même moment. C’est ce qui fait que, beaucoup de lecteurs s’informent sur les réseaux sociaux », soutient Bamoussa Coulibaly, revendeur de journaux. Sur son lieu de vente des journaux, aucun client, depuis le matin. Il est 12 heures. M. Coulibaly, qui n’a fait aucune vente, craint une disparition des journaux avec la concurrence du numérique. Les conditions précaires des journalistes seraient également un frein pour à la bonne qualité des informations. Rares sont ceux qui travaillent dans de meilleures conditions, notamment salariales. « Les journalistes reporters ne sont pas bien payés. Beaucoup parmi eux, ne bénéficient ni de la protection sociale de l’INPS, ni de la couverture médicale de l’AMO. Ce sont des patrons de presse qui en profitent seuls », constate un distributeur, sous couvert d’anonymat. Il juge que cette condition des reporters, peut expliquer la multiplication des journaux. « Chacun veut créer son propre journal. C’est pour gagner de l’argent. Nous avons environ 200 titres de journaux. Même si les contenus restent toujours les mêmes. C’est à travers l’abonnement de que souscrivent certaines structures que beaucoup arrivent survivre, sinon pas ce n’est pas la vente au numéro », analyse-t-il. Plusieurs facteurs sont à la base de la mévente des journaux à Bamako. Traditionnellement, le Mali n’est pas un pays où la lecture est une priorité. « Nous n’avons pas un public de lecteurs. Dans les années 1991, le public s’intéressait aux journaux pour s’informer car il n’y avait pas beaucoup de médias. Pendant cette époque, les kiosques étaient partout à travers la ville, mais aujourd’hui ces lieux de vente se font rares » reconnait, Seydou Sissouma, journaliste, membre de la Haute autorité de la communication (HAC) et chargé de cours à l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication de Bamako (ESJSC). S’agissant du désintérêt du public pour les journaux, M. Sissouma confirme que « la pauvreté du contenu » est à la base du constat même s’il est convaincu qu’une bonne production nécessite des moyens financiers. Cette hypothèse est soutenue par le doyen Diomansi Bomboté journaliste. « Les journaux doivent traiter le
Politique nationale de migration : Le processus de relecture lancé
Bamako, 03 mai (AMAP) Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a lancé officiellement vendredi 2 mai 2025, à Bamako, le processus de relecture de la Politique nationale de migration (PONAM) et son plan d’action, a constaté l’AMAP sur place. « Cette relecture est inspirée par la nécessité de mettre en adéquation notre politique avec les réalités du moment et en prenant en compte les changements et défis intervenus dans le champ de la migration de 2014 à nos jours », a dit Mossa Ag Attaher. « Elle se veut une volonté politique du gouvernement du Mali à se doter d’une politique qui soit conforme aux attentes de nos compatriotes de la diaspora mais aussi qui soit en adéquation avec un certain nombre d’engagements du gouvernement du Mali », a ajouté le ministre en presence de l’ensemble des partenaires techniques et financiers du département en charge des Maliens établis à l’extérieur ainsi que des acteurs concernés.. Entre 2014 et 2025, le monde a évolué. Ainsi, dix années après son adoption, il est maintenant nécessaire d’évaluer la mise en œuvre de la PONAM et son plan d’action, de proposer des solutions appropriées aux questions émergentes dans le domaine de la migration, notamment celles liées au genre. Cela, en vue de relever les avancées enregistrées, les bonnes pratiques, ainsi que les difficultés rencontrées. Il s’agira également de définir les perspectives en matière de migration en tenant compte des priorités actuelles. Enfin, cette relecture permettra au Mali de se doter d’ une véritable politique qui prend en charge les réalités nouvelles, les dynamiques migratoires etc. SS/MD (AMAP)
Invasion acridienne : la FAO alerte l’Afrique du Nord-Ouest à agir
Bamako, 03 mai (AMAP) L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle les pays d’Afrique du Nord-Ouest à intensifier la surveillance et à prendre des mesures urgentes face à l’arrivée de groupes de criquets pèlerins, menaçant les cultures et les pâturages en pleine saison de reproduction printanière, indique un communiqué de l’organisation onusienne. « Les conditions écologiques favorables, marquées par des pluies hivernales et printanières, ont conduit à des infestations bien plus importantes que d’habitude », alerte Cyril Piou, responsable de la surveillance et de la prévision acridienne à la FAO. Depuis février, l’activité acridienne s’intensifie en Algérie centrale, dans l’Ouest de la Libye, le Sud de la Tunisie et au Maroc, avec des criquets migrant depuis le Sud de l’Algérie, le Nord du Mali, le Niger et le Tchad. Au Mali, la situation reste sous contrôle pour l’instant. « La situation actuelle du criquet pèlerin est calme, et nous ne nous attendons à aucun développement immédiat en raison de la saison sèche », explique Dr Sory Cissé, directeur du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin. Toutefois, il ajoute : « Un plan de prévention et un plan d’urgence sont déjà élaborés, et nous préparons la riposte en cas d’arrivée d’essaims pendant la campagne agricole. » La FAO classe la région occidentale en « vigilance accrue », soulignant le risque de formation de petits essaims d’ici mai-juin. « Sans intervention, ces essaims pourraient dévaster les cultures et les pâturages », prévient Cyril Piou, rappelant qu’un kilomètre carré d’essaim peut consommer en une journée l’équivalent alimentaire de 35 000 personnes. Pour contrer la menace, la FAO recommande des relevés terrestres intensifs dans les zones de reproduction, du sud des montagnes de l’Atlas au Maroc jusqu’au Sahara algérien, en passant par la Tunisie et la Libye. Grâce à son Service d’information sur le criquet pèlerin (DLIS) et à la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO), l’organisation fournit un soutien technique et des mises à jour en temps réel. Les opérations de lutte menées en Afrique du Nord, notamment au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Libye, ont permis de traiter des milliers d’hectares depuis avril. « Si ces efforts se maintiennent, les arrivées d’essaims au Mali avec les pluies estivales seront insignifiantes », assure Dr Cissé. La FAO insiste cependant sur l’importance d’une détection précoce et d’une réponse rapide pour éviter une crise régionale plus large. OS/MD (AMAP)

