Entrevue entre le Premier ministre et l’ambassadeur du Japon : La participation du Mali à l’Expo 2025 Osaka Kansai au cœur des échanges  

Bamako, 9 mai (AMAP) Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a reçu en audience, jeudi 8 mai à la Primature, l’ambassadeur du Japon au Mali, Yukuo Murata, qui a échangé avec le Pren chef du gouvernement malien sur l’exposition universelle (Expo 2025) prévue du 13 avril au 13 octobre 2025, à Osaka Kansai au Japon. À sa sortie d’audience, le diplomate japonais a confié avoir L’ambassadeur Murata a indiqué avoir discuté avec le Chef du gouvernement des contours de la participation du Mali à cette exposition au cours de laquelle sera organisée la journée du Mali le 2 août prochain. « Nous attendons également la participation éventuelle du Premier ministre à cette occasion », a-t-il annoncé. Le diplomate japonais a saisi l’occasion pour saluer le dynamisme de la coopération entre les deux pays. Une vitalité qui se traduit par plusieurs actions concrètes dont la remise de matériaux à des écoles de formation professionnelle à Bamako en début d’année. Plus récemment, l’ambassade du Japon a annoncé le financement, dans le cadre du renforcement de la résilience et du développement durable au Mali, de plusieurs projets à mettre en œuvre par certaines agences du système des Nations-unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans le cadre du budget supplémentaire du Japon pour l’année 2024-2025. L’ambassadeur Yukuo Murata, qui a pris fonction, en novembre 2024, après la présentation de sa lettre de créance au Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a réitéré l’engagement de son pays à soutenir les initiatives des autorités maliennes. L’Expo 2025 Osaka Kansai offre une opportunité de six mois d’échanges et de dialogues internationaux centrés sur le thème :« concevoir la société du futur, imaginer notre vie de demain». AT/MD (AMAP)    

Courte escale à Bougouni des ministres de l’Agriculture et de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille  

Bougouni, 8 mai (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema et son homologue de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille madame DIARRA Djénéba Sanogo ont effectué, ce jeudi 8 mai 2025, une escale de quelques minutes à Bougouni, alors qu’ils étaient en route pour Sikasso (Sud) dans le cadre du renforcement de capacité des femmes maraichères. Les deux ministres, qui se rendent dans la Cité du Kénédougou dans le cadre d’une visite d’échanges avec les services techniques, les organisations des femmes et les forces vives, ont été accueillis par le gouverneur de la Région de Bougouni, le général de Brigade Ousmane Wélé, les membres de son Cabinet et les forces de défense et de sécurité. Au cours de leur mission, ils vont effectuer des visites d’espaces maraîchers des femmes, des remises de dons en matériels pour le maraîchage pour booster la production agricole locale BHT/MD (AMAP)      

Nioro du Sahel : Conférence-débats de sensibilisation sur les violences faites aux femmes

Par Moussa DIAKITE  Nioro 8 mai (AMAP) Le groupe scolaire Coumba Sidibé de Nioro, en plein cœur de la ville, a abrité dimanche dernier la conférence-débat afin de sensibiliser élèves, enseignants et parents d’élèves sur la Violence basée sur le genre (VBG), la Santé reproductive (SR), les Mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage des enfants dans les établissements scolaires. Les Mutilations génitales féminines (MGF) sont des pratiques coutumières néfastes à la santé des filles et des femmes, particulièrement la santé de la reproduction. Ce sont des formes d’agressions sexuelles dues aux inégalités de genre et les déséquilibres de pouvoir entre hommes et femmes. Les MGF sont une forme extrême et violence, de discrimination à l’égard des filles et femmes. Elles violent plusieurs de leurs droits fondamentaux, tels que le droit à la dignité, à l’intégrité physique, à la vie entre autres.  La pratique se présente comme une forme de soumission à la torture, aux traitements inhumains, au manque de participation aux prises de décisions, et de discrimination fondée sur le sexe. Pour la coordinatrice de l’Association pour le progrès et la défense des droits des femmes (APDF) de Nioro, Mme Kadiatou Sow, les effets de ces pratiques durent toute la vie et affectent la qualité de vie des filles et femmes. Malgré des progrès réalisés, une mise à l’échelle rapide et la prévention fondée sur des données probantes, des interventions sont nécessaires pour répondre aux Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030. Le Projet de lutte contre les violences faites aux femmes, financé par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), a pour objectifs de faire évoluer les normes sociales qui soutiennent la pratique des MGF, mariages d’enfants et autres VBG, de contribuer à l’autonomisation des adolescents/es, filles et garçons âgés de 13 à 18 ans et de faciliter leur accès aux services sociaux adaptés selon leurs besoins spécifiques en vue de leur participation active dans la prise de décision les concernant. Ce projet veillera, aussi, aux principes de « Ne pas nuire ». L’approche multisectorielle est utilisée dans ces projets de lutte contre les violences faites aux Femmes pour assurer la pérennité des acquis. Les questions de normes sociales, notamment les MGF et mariages d’enfant sont un grave problème de santé publique qui affecte l’atteinte des ODD de la santé et de l’éducation. L’occasion était bonne pour le représentant du directeur du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Nioro, Moussa Traoré, pour signaler que « l’école a un rôle primordial dans la prévention de ces deux normes sociales car, plus les parents qui soumettent les filles aux MGF et mariages d’enfants sont instruits, moins les filles sont à risques de subir ces pratiques. » La démarche a pour objectif de contribuer à impulser chez les communautés un changement de comportement positif par rapport aux VBG, la santé de la reproduction, les MGF et le mariage des enfants ; mieux outiller les participants sur les VBG avec focus sur les MGF, mariage d’enfant, autres agressions sexuelles et physiques ; inciter les élèves, les enseignants et les parents à s’engager dans la lutte contre les mariages enfants, MGF en vue d’être des ambassadeurs de bonne volonté pour la promotion des droits des filles. A la fin des travaux, les gagnants d’un jeu concours organisé pour la circonstance ont reçu des cadeaux. MD/MD (AMAP)

Migration : Intégration effective des enfants et jeunes en mobilité dans les plans de développement local

Bamako, le 8 mai (AMAP) Le Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM), bras technique du ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, avec l’appui de Helvetas Mali et d’autres partenaires, a organisé, ce jeudi 8 mai à Bamako, un atelier pour valider et programmer l’intégration effective des enfants et jeunes en mobilité dans les plans de développement local (PDESC), dans un contexte marqué par la complexité croissante des dynamiques migratoires au Mali. En présidant cette rencontre réunissant les élus locaux, experts, représentants d’organisations internationales et membres de la société civile, le chef de Cabinet du ministre, Sidi Mohamed Koné, a évoqué « la nécessité de considérer la migration non plus comme un simple phénomène à réguler, mais comme une réalité humaine à accompagner. » Il a salué la mobilisation des collectivités territoriales et a insisté sur l’importance d’unir les volontés. « Cet atelier constitue, à la fois, un point d’aboutissement et un point de départ vers une nouvelle manière de concevoir le développement local, plus inclusive et sensible aux réalités migratoires…Comprendre, c’est transformer», a-t-il soutenu. Le Directeur de Helvetas Mali, Célestin Dembélé, a noté l’aboutissement d’un long plaidoyer mené avec les partenaires maliens pour inciter les collectivités à inclure les enfants et jeunes en mobilité dans leurs priorités. « On ne peut pas parler de bien-être des populations sans inclure ceux qui sont les plus vulnérables, » a-t-il rappelé, tout en soulignant que la migration peut être volontaire ou forcée, mais qu’elle représente souvent une stratégie de survie ou d’aspiration sociale. Quant au directeur du CIGEM, Aboubacrine Aguissa, il a mis en avant la force de l’union entre les différents acteurs du développement local, affirmant que seule une coopération solide permettrait de bâtir un avenir plus inclusif pour les enfants et les jeunes en mobilité. AMT/OD/MD (AMAP)  

Nioro du Sahel : Patisakana ! Quelle chaleur !

Par Moussa DIAKITE  Nioro, 8 mai (AMAP) Depuis plusieurs mois, les populations de la région de Nioro (Ouest), comme celles d’autres parties du pays, vivent dans une véritable canicule. Les effets de la chaleur se font sentir partout. Au-delà de midi, impossible de rester plus de deux minutes dans une chambre. Dans les familles, les marchés, les gens passent toute la journée à se désaltérer avec de l’eau fraîche ou glacée. Aujourd’hui, à Nioro, le produit le plus utilisé est la glace. Un morceau de glace peut se vendre jusqu’à 100 Fcfa dans la ville, voir 300 Fcfa ou plus à l’intérieur pour se procurer le même morceau de glace. Les activités tournent au ralenti à partir de 12 heures. Les déplacements sont limités. Les autorités scolaires, sachant que les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables aux effets de la canicule, ont été obligées de réaménager les horaires des classes, en suspendant les cours de l’après-midi. Selon le chef du centre Météo de Nioro, Abdoulaye Cissé, la température avoisine les 47 degrés. Cette température caniculaire accentue évidemment la pression sur l’eau. Malgré les nombreux forages et les multiples adductions d’eau réalisées, la corvée d’eau et de rigueur dans plusieurs localités de la Région. A Nioro-ville, les coupures d’électricité accentuent le manque d’eau, obligeant les femmes à se regrouper autour des citernes d’eau déployées, pour la circonstance, par certaines personnes de bonne volonté. Certaines femmes, auxquelles la corvée d’eau revient, sont obligées de veiller toute la nuit.  D’autres se déplacent de village en village, avec des charrettes à la recherche du plus que précieux liquide. Partout, ce sont des attroupements autour des points d’eau. Les disputes sont fréquentes. Elles peuvent même aller jusqu’à l’affrontement physique. Mme Tall Nana, âgée de 35 ans, soutient que depuis plus de quatre mois, aucune goutte d’eau ne tombe des robinets de Kabala. La bataille pour l’eau fait rage. Les points d’eau (forages et puits) sont occupés par des centaines femmes, à longueur de journée. Les animaux, également, sont au rendez-vous. Eux aussi ont chaud et soif. Ils passent leur temps à rôder autour des points d’eau. A travers les radios de proximité, des messages de sensibilisation invitent les parents à surveiller de près les enfants et à leur donner constamment à boire. La même précaution vaut pour les personnes âgées. « Donc, il faudrait faire boire constamment les enfants et les personnes âgées », conseille-t-il. Selon le médecin-chef de Nioro, Dr Safouné Diakité, « que l’on soit adulte ou enfant, il est conseillé de boire un minimum de 1,5 litre d’eau par jour. » Un autre message invite les populations à dormir dehors pendant la nuit. La vieille Cité religieuse ploie sous cette forte chaleur depuis bientôt trois ans. Etrangement, il y a des jours où le vent semble s’arrêter de souffler. L’on transpire à grosses gouttes le lever du soleil. Très souvent, des vents chauds et secs soufflent, tout en rendant la vision difficile dans la circulation. Situé en plein cœur de la zone sahélienne, Nioro ne dispose pas d’assez d’arbres pour atténuer la chaleur et offrir de l’ombre aux humains et aux animaux. Dès fois, l’eau de la jarre se boit difficilement. Il faut utiliser avec précaution l’eau de la bouilloire, même posée à l’ombre. Les murs des maisons, le sol, les pierres dégagent une chaleur insupportable, cela même après le coucher du soleil, obligeant les gens à dormir à la belle étoile. Les personnes âgées, qui sont des couche-tôt, passent toute la nuit devant leurs concessions, éventails en main. Mme Hatta Diarra, âgée de 55 ans, est commerçante au marché de Nioro depuis des années. Elle est formelle : ces dernières années sont vraiment horribles avec une telle forte chaleur. A Nioro, le vox-populis, comme dans d’autres parties du pays, a vite fait une corrélation avec une supposée forte augmentation entre le nombre de décès a ces dernières semaines. Le médecin-chef du District sanitaire de Nioro, Dr Safouné Diakité, que nous avons approché, a dit : « Nous savons qu’il fait chaud, mais difficile pour nous d’établir une relation entre les cas de décès et la canicule comme le pensent beaucoup de Niorois. » « Nous n’avons, pour le moment, enregistré aucun cas de déshydratation avancé comme en 2023, à la même période. Le seul conseil que nous donnons aux populations est de veiller sur les enfants et les personnes âgées, en leur donnant permanemment de l’eau et en les faisant dormir hors des abris où l’air ne circule pas », ajoute-t-il. Tout le monde implore Allah, le Tout-Puissant pour qu’Il nous donne de la pluie. Mais, malheureusement celle-ci n’est au rendez vous qu’à partir de mi-juillet.  Si les responsables du Projet de Ggestion des ressources naturelles et changements climatiques (PGRNCC) pensent que la chaleur exceptionnelle de ces dernières années est l’une des conséquences des changements climatiques, il serait donc souhaitable d’agir et de changer nos habitudes et comportements. si nous voulons laisser à nos descendants une terre où il fait bon vivre.   MD/MD (AMAP)

Kolondièba : Succès et ambitions pour la santé lors du Conseil de gestion du district sanitaire

Kolondièba, 10 mai (AMAP) Le District sanitaire de Kolondièba a tenu son conseil de gestion, jeudi, dans la salle Bourama Kanté, sous la présidence de la sous-préfète centrale, Traoré Maïmouna Keïta, représentant le préfet du Cercle avec la participation des collectivités territoriales, personnel de santé, partenaires, services techniques, ainsi que la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), pour améliorer les prestations de santé. Le médecin-chef, Dr Lassana Sissoko, a dressé un bilan positif en déclarant : « Grâce aux efforts des acteurs et au soutien des partenaires financiers, la prise en charge sanitaire s’est améliorée en 2024. » Parmi les progrès notables, il retient que la prévalence contraceptive est passée de 15 % en 2023 à 20 % en 2024, les indicateurs de vaccination pour la survie des enfants se sont renforcés, la chimio-prévention saisonnière du paludisme a atteint 100 % lors des quatre passages, (l’un des meilleurs taux au Mali) et la couverture de la Consultation prénatale (CPN4) a atteint 36 %, la meilleure performance de la Région sanitaire de Sikasso. Dr Sissoko a annoncé des objectifs ambitieux : « En 2026, nous renforcerons le monitoring des soins essentiels communautaires (SEC) et l’intégration des services dans les formations sanitaires. » Le chef du service local de la promotion de la femme, Amadou Dembélé, a salué l’engagement des partenaires comme USAID, Kènya Sinsinwalle, les DTC, les AEC, le développement social, la CAFO et la jeunesse qui « ont joué un rôle clé dans nos succès. » La cérémonie s’est achevée par la remise d’attestations de reconnaissance par le président de la FELASCOM à deux agents d’USAID, Djenèbou Téréta et Soumaïla Daou, pour leurs contributions exceptionnelles. NK/MD (AMAP)

Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel : Les acteurs en revue à mi-parcours

Bamako, 08 mai (AMAP) Les acteurs du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS), ont entamé, jeudi, à Bamako, la revue à mi-parcours des activités dont l’objectif est d’évaluer « les résultats obtenus, d’identifier les contraintes rencontrées, d’analyser la pertinence des approches mises en œuvre », a constaté l’AMAP Il s’agit « surtout de formuler ensemble des recommandations fortes pour maximiser l’impact du projet durant sa phase restante », a précisé le Secrétaire général du ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Sécurité nationale, Dr Sidiki Traoré « L’objectif de cet atelier est d’évaluer les résultats obtenus, d’identifier les contraintes rencontrées, d’analyser la pertinence des approches mises en œuvre », a précisé Dr Sidiki Traoré. Le PCRSS, qui intervient dans la Zone des régions des trois frontières (Mali, Burkina Faso, Niger), a été lancé depuis le mois de mai 2022. Durant ces trois années d’activité, le projet a fait des réalisations. Selon le secrétaire général du ministère du département de tutelle, « plus de 500 000 personnes ont bénéficié de services socio-économiques essentiels, environ 3 000 personnes vulnérables et Personnes déplacées internes (PDI) ont reçu des articles ménagers essentiels, près de 6 000 agriculteurs des équipements et intrants agricoles, plus de 21 000 personnes sont bénéficiaires de travaux de réalisation de collecteur dans la ville de Douentza (Centre) » En outre, « 4 500 personnes ont, aujourd’hui, un meilleur accès à l’eau, à la suite de la réalisation de l’adduction d’eau de Tatia Nouna, dans le cercle de Djenné (Centre), 215 emplois créés à travers le déploiement des équipes de facilitation, recrutées localement, 680 Comités de développement villageois fraction quartier (CDVFQ), dont 676 formalisés, plus de 330 plans de Développement communautaire élaborés et transmis, plus de 2 milliards déjà décaissés pour les activités des CDVFQ. » Quant au coordinateur du Programme développement durable de la Banque mondiale pour le Mali, à Farouk Mollah Banna, il a rappelé que le PCRSS est né d’une urgence, « celle d’apporter des réponses concrètes et adaptées aux défis auxquels sont confrontés les populations, durement affectées par les conflits, les déplacements forcés et le manque des services de base. » Depuis trois ans, à travers une approche régionale innovante, reposant notamment sur le développement communautaire participatif, « nous avons pu poser les bases d’une relance progressive de l’espoir, en investissant dans les infrastructures locales, en soutenant les moyens de substances et en renforçant les mécanismes de gouvernance locale » Pour conclure, Dr Traoré a ajouté : « ces résultats, bien positifs, ne doivent pas occulter les défis persistants : situation sécuritaire complexe, changement de partenaire, entre autres. Mais, aujourd’hui, avec la nouvelle orientation du projet, nous avons une réelle opportunité d’accélérer et d’amplifier nos actions   Étaient présents, les représentants des Comités villageois de développement, les partenaires techniques et financiers. MMD/MD (AMAP)

Tourela : Vies précaires et dangereuses de chercheurs d’or

Bamako, 8 mai (AMAP) À la mine artisanale de Tourela, un village de la Commune de Sanankoroba, à une cinquantaine de km de Bamako, sur la route vers Bougouni (Sud), des hommes et des femmes traquent sans répit le filon d’or. Ils grattent la roche dans l’espoir de trouver ce métal jaune qui mérite à leurs yeux des conditions impossibles. Au prix de dur labeur, les plus chanceux parviennent à extraire quelques grammes de poussière d’or. Mais la réalité, c’est un quotidien précaire et dangereux. Des tentes de fortune servent d’abris. Et à quelques mètres de ces « maisons », des trous abandonnés après exploitation sont visibles, et certains sont encore occupés par des assoiffés d’or qui suffoquent dans l’obscurité de tunnels pouvant atteindre 50 mètres de profondeur. « J’ai passé deux jours dans ce trou. Tant qu’il y a de la nourriture et de l’air, je suis prêt à y rester pour obtenir ce que je veux», affirme un homme tirant une corde pour faire remonter à la surface un seau rempli de terre. Plus loin, le spectacle est saisissant. Femmes, jeunes et enfants exécutent de lourds travaux sous le soleil ardent. Tandis que certains creusent, d’autres transportent, à l’aide de tricycles appelés « Katakatani », le minerai extrait du placer jusqu’au fleuve pour le lavage. «La remontée du minerai consiste à le tirer vers la surface à l’aide d’une poulie munie d’un sac ou d’un seau. Ceux qui effectuent cette tâche sont payés en fonction du nombre de sacs remontés. Le lavage est une tâche principalement féminine», explique Madou Cissé, assis sous l’ombre, en sueur. L’or, une fois récupéré au bout d’un processus complexe, est vendu à des acheteurs qui viennent de la capitale. Pour s’établir à Tourela et avoir un accès continu à la mine, il faut payer 15 000 Fcfa à des responsables appelés «Tomboloma». Ici, on rencontre aussi bien des Maliens que des étrangers. Des paysans qui ont abandonné leurs champs aux élèves qui ont arrêté leurs études, en passant par des jeunes filles qui ont décidé de ne plus aller travailler à Bamako comme servantes, tous espèrent trouver le filon qui mettra fin à leur misère. «1g d’or fait 40 000 Fcfa, ce qui représente plusieurs mois de salaire pour une servante à Bamako. C’est pourquoi, malgré les difficultés et les préjugés, je reste ici. L’étiquette de prostituée est un préjugé qu’on colle à toutes les filles qui viennent chercher l’argent sur les sites d’orpaillage», confie Batoma Cissé. Et Boubacar Diallo, qui a abandonné l’école, affirme, le sourire aux lèves : « C’est quand on est riche qu’on étudie. Moi, grâce à ce que je gagne, j’aide mon père. Récemment, j’ai eu des millions. Donc, ça vaut le coup». L’extraction de l’or dans les placers nécessite une grande quantité d’eau. Sur le site de Tourela, qui se trouve à 3 km du fleuve Niger (et dont les rares rivières sont temporaires), l’eau devient une ressource précieuse obtenue par des forages profonds, alimentés par des motopompes. Chaque individu se débrouille seul. Sur ce site, il existe deux méthodes de lavage du minerai, à savoir le lavage à la calebasse et celui avec la rampe. Le lavage se fait soit près des rivières, soit dans un bassin alimenté par de l’eau achetée à des livreurs. «La récupération de l’or se fait après le lavage du minerai. Les métaux lourds restent au fond de la calebasse et sont récupérés par les mineurs pour l’amalgamation. Ce procédé consiste à mélanger le minerai avec du mercure pour former une boule d’or concentrée. Le produit amalgamé est ensuite chauffé dans une sorte de poêle à ciel ouvert. Sous l’effet de la chaleur, le mercure s’évapore, laissant la boule d’or. «Le mercure est fourni par des Bamakois, et son prix varie entre 10 000 et 40 000 Fcfa le litre», explique un autre orpailleur, préférant rester anonyme. IMPACTS NEGATIFS – Les dégâts causés par cette activité sont nombreux. «L’agriculture ne se pratique que pendant lasaison des pluies», souligne Moussa Diarra, étudiant. L’élevage est désormais impossible en raison de la destruction de l’environnement. « Nos animaux ingèrent du cyanure ou du mercure. On ne peut pas non plus les garder, car ils tombent dans les trous des orpailleurs», dit-il. Aussi, les orpailleurs laissent derrière eux des milliers de trous et de galeries non rebouchés, ce qui expose le sol à l’érosion. L’utilisation du mercure, dont les effets sont documentés par l’Organisation mondiale de la Santé, représente une menace pour la biodiversité. En effet, lorsqu’il est libéré dans l’environnement, il se transforme en méthylmercure, qui peut affecter la faune aquatique et perturber toute la chaîne alimentaire. Le mercure utilisé pour le traitement de l’or est potentiellement polluant pour l’air, les eaux de surface et les nappes phréatiques. «Nous réalisons l’impact de ces produits qui polluent l’air, mais c’est le prix à payer pour sortir de notre misère», avoue Seydou Cissé. Ces impacts négatifs sur l’environnement ont des répercussions directes sur la population. De plus en plus, il est difficile de se procurer du bois de chauffe pour les besoins domestiques. « Même pour construire des maisons et des hangars, il nous faut du bois. Or, aujourd’hui, il n’y en a plus. Nous sommes obligés de nous approvisionner dans d’autres villages», affirme un revendeur d’or. En dépit de la présence d’autres, l’orpaillage reste l’activité principale de ce village, malgré les menaces qui y sont associées, notamment les effondrements. « Nous avons assisté à des effondrements. J’en ai assisté à deux et il y a eu des pertes en vies humaines. Mais c’est le prix à payer», se dit philosophiquement Madou Touré. La vie sur le site d’orpaillage de Tourela est loin d’être attrayante. En plus des difficultés d’accès aux soins sanitaires et de l’impraticabilité des routes, les populations vivent dans une pauvreté extrême. AD/MD (AMAP) Par Aminata DJIBO

Tombouctou : Lancement de trois projets pour l’emploi des jeunes et des femmes par la Ministre Oumou Sall Seck

Bamako, 6 mai 2025 (AMAP) La ministre de l’Entrepreneuriat National, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Oumou Sall Seck, a lancé mardi trois projets structurants visant à promouvoir l’emploi des jeunes et des femmes dans la région de Tombouctou, annonce son département. Organisée en marge du festival culturel « Toumboutou Lassal Terey », la cérémonie s’est tenue à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, en présence de nombreuses personnalités, dont le ministre de la Réconciliation, le général Ismaël Wagué, et le gouverneur de la région, Bakhoun Kanté. Ces initiatives, qui devraient générer 250 emplois directs et 350 indirects, comprennent : un projet de formation-insertion dans les métiers agricoles pour 100 bénéficiaires (femmes rurales, primo-demandeurs d’emploi et victimes des inondations), une formation en techniques de maraîchage et gestion de redevance pour 50 agriculteurs, et l’opération « Permis de conduire » pour 30 apprentis chauffeurs. Un chèque symbolique de 50 millions de Fcfa a été remis aux cinq cercles de la région – Goundam, Diré, Niafunké, Gourma-Rharous et Tombouctou – pour appuyer ces projets. Dans son discours, la ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement de Transition en faveur de l’emploi, priorité nationale. « Ces actions s’inscrivent dans la Feuille de R=route du gouvernement, notamment l’axe 2, point 1, visant à restaurer l’autorité et l’utilité sociale de l’État à travers la fourniture de services sociaux de base », a-t-elle déclaré. Elle a également exprimé la solidarité du président de la Transition, le général Assimi Goïta, et du Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, envers les populations de Tombouctou. Mme Sall Seck a souligné la gravité de la situation économique dans la région, citant l’Afrobaromètre 2024 : « À Tombouctou, 57 % des habitants ont perdu leur emploi ou vu leurs activités interrompues, un taux alarmant qui exige des réponses concrètes. » Elle a détaillé les efforts de son ministère, notamment à travers des formations de six mois dans les métiers agricoles et le soutien aux apprenants chauffeurs, pour offrir des alternatives durables aux jeunes et aux femmes. Le représentant de la Chambre régionale d’Agriculture a salué ces initiatives, qui renforcent les capacités des collectivités territoriales dans leurs programmes sectoriels. Les partenaires, dont l’UNICEF et le projet « Filles et Éducation Résilientes », ont félicité le leadership de la Ministre et l’engagement du gouvernement pour l’autonomisation des jeunes. La cérémonie s’est conclue par la remise d’attestations et de kits d’insertion dans des domaines variés, tels que la transformation agroalimentaire, la coiffure esthétique et l’embouche, marquant un pas concret vers l’insertion professionnelle des bénéficiaires. OS/MD (AMAP)

Le Parquet général de Bamako met en garde contre les appels à la haine et les troubles à l’ordre public (Communiqué)

Bamako, 6 mai (AMAP) Le Procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Hamadoun dit Balobo Guindo, a lancé un appel ferme à la préservation de la paix sociale face à une montée des discours de haine et des troubles à l’ordre public. Dans un communiqué officiel publié mardi, il met en garde contre les agissements de « individus mal intentionnés » qui, depuis plusieurs jours, incitent à la division et portent atteinte à l’autorité de l’État. « Ces propos et agissements sont de nature à dresser les citoyens les uns contre les autres et constituent un terreau favorable pour les criminels, y compris les terroristes », a déclaré le Procureur général. Il souligne que ces actes menacent directement « la paix, la quiétude et la tranquillité sociale » au Mali. Pour contrer cette situation, Hamadoun dit Balobo Guindo a ordonné à tous les Procureurs de la République relevant de la Cour d’appel de Bamako de faire preuve d’une vigilance accrue. « J’ai donné des instructions claires pour préserver l’ordre public et ne tolérer aucune violation de la loi, quel qu’en soit l’auteur », a-t-il précisé. Le communiqué annonce également une réponse judiciaire sans compromis : « La justice sévira avec la dernière rigueur contre de tels agissements. Nous identifierons, localiserons et interpellerons les auteurs de ces faits, conformément à la loi. » Enfin, le Procureur Général en appelle au sens civique de la population malienne, l’invitant à faire preuve de calme et de retenue. Il encourage les citoyens à dénoncer les responsables de ces actes perturbateurs pour garantir la stabilité du pays. OS/MD (AMAP)