Bamako, 3 septembre (AMAP) Les autorités maliennes et les organisations de personnes handicapées ont appelé, au cours d’une rencontre d’information et de sensibilisation tenue à Bamako, à l’institutionnalisation de la question du handicap dans l’ensemble des politiques publiques, sectorielles et locales a constaté l’AMAP.

Le Mali dispose, depuis les années 1990, d’un dispositif institutionnel dédié à la promotion des personnes handicapées, structuré autour de la Direction nationale du développement social (DNDS), créée en février 2000, et de son unité spécifiquement chargée du handicap. Le pays a par ailleurs adopté en 2018 une loi retenant l’appellation « personnes vivant avec un handicap », en cohérence avec la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées de 2006, dont il s’est doté.

Le Directeur national du développement social, Ibrahima Abba, a rappelé que plusieurs personnes handicapées ont occupé des fonctions ministérielles, de direction générale ou de haute responsabilité administrative au Mali, et que le pays est reconnu au niveau international pour ses avancées en la matière. Il a cité l’exemple de la création, en 1962, d’un centre d’éducation pour personnes handicapées physiques par le président Modibo Keïta, financé grâce à son prix Nobel de la paix, dans le contexte de la lutte contre la poliomyélite.

Selon les intervenants, environ 15 % de la population malienne vit en situation de handicap. Ibrahima Abba a souligné que la prévention, notamment à travers la vaccination des enfants et le suivi des femmes enceintes, demeure un pilier essentiel pour réduire l’incidence des handicaps physiques liés à la poliomyélite.

« C’est notre comportement qui crée le handicap. Le handicap n’est pas une fatalité », a déclaré le Directeur national du développement social, appelant à un changement de regard au sein des familles, des écoles et des communautés.

Le représentant du ministère de l’Éducation nationale, Dr Barthélemy Sangala, a insisté sur trois principes devant guider les politiques publiques : la non-discrimination, l’accessibilité et la conception universelle, cette dernière consistant à concevoir infrastructures, services et outils utilisables par tous, indépendamment du type de handicap. Il a également plaidé pour la reconnaissance officielle de la langue des signes aux côtés des treize langues nationales du Mali.

Mamadou Thiam, du Réseau des jeunes handicapés, a pour sa part pointé les inégalités persistantes entre la capitale et les régions dans l’accès à l’éducation. « Est-ce qu’un enfant aveugle de Diré, de Koro ou de Bougouni a la même chance qu’un enfant à Bamako ? Non », a-t-il déclaré, plaidant pour que l’accès à l’école soit systématisé sur l’ensemble du territoire. Il a également relevé le manque d’orientation professionnelle pour les jeunes sourds après le Diplôme d’études fondamentales (DEF), ainsi que le besoin de renforcer, dès la formation initiale, la préparation des enseignants à l’accueil des enfants en situation de handicap.

Le vice-président de la Fédération malienne des personnes handicapées, Modibo Diarra, a de son côté salué l’accompagnement de l’État depuis les indépendances, tout en insistant sur le rôle des familles dans la lutte contre l’exclusion, qu’il a situé comme point de départ du phénomène.

Les participants ont salué l’accompagnement technique et financier apporté par les partenaires techniques, notamment à travers un projet pilote lancé dans la région de Kayes, et ont annoncé la mise en place prochaine d’un comité national de suivi de la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Dans la continuité de cette dynamique, la Direction nationale du développement social, les organisations de personnes handicapées FEMAPH et FILOPH ainsi que l’UNICEF organisent un séminaire consacré au Développement urbain inclusif et résilient le vendredi 4 septembre à l’hôtel Millenium.

OS/KM(AMAP)

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