Cantines scolaires au Mali : Concilier bienfaits éducatifs et soutenabilité financière

Par Amara Ben Yaya TRAORÉ Bamako, 07 juin (AMAP) Les cantines scolaires offrent bien plus qu’un repas : elles sont un pilier de l’Education et du développement. Elles garantissent l’accès à l’école pour des millions d’élèves, tout en soutenant les communautés vulnérables. Selon Sika Traoré, directrice du Centre national des cantines scolaires (CNCS), la baisse des financements menace ce programme vital, compromettant l’avenir scolaire de milliers d’enfants. Pour des millions d’élèves maliens, l’école ne se limite pas à l’apprentissage : elle répond à des besoins essentiels. « Les cantines scolaires sont un moteur de développement, surtout dans un contexte de crises qui fragilisent nos populations », affirme Sika Traoré. Dans un pays où la faim touche une large part de la population, ce programme agit comme une solution pour attirer à l’école les enfants, parfois contraints de parcourir de longues distances pour se rendre dans les salles de classe. En 2024, les écoles soutenues par le Programme alimentaire mondial (PAM), partenaire clé du CNCS, affichent un taux de rétention scolaire de 98 %, un résultat remarquable malgré les conflits et la précarité. «Un repas à l’école permet aux enfants de se concentrer sur leurs études», explique la directrice. Conçus pour répondre aux besoins nutritionnels, les menus renforcent la santé des élèves, améliorent leurs capacités cognitives et favorisent leur réussite scolaire. Cependant, ce programme essentiel fait face à des obstacles majeurs. La crise économique mondiale réduit les contributions des partenaires internationaux, épuisant les ressources du CNCS. « Les financements, souvent par acteurs extérieurs, sont durement touchés par cette conjoncture », constate Sika Traoré. Des organisations comme le PAM et Catholic relief services (CRS) ont dû réduire le nombre d’élèves pris en charge, forçant l’État malien à compenser avec des moyens limités. À cela, s’ajoutent les conflits dans le Nord du Mali, qui provoquent des déplacements massifs et augmentent le nombre d’enfants dépendant des cantines. « Les besoins ont explosé, mais nos capacités sont débordées », déplore la directrice. Au-delà de la nutrition, les cantines scolaires dynamisent l’économie locale. Avec le soutien du PAM et d’autres partenaires, le CNCS a développé des jardins et champs scolaires dans de nombreux villages. Ces initiatives génèrent des revenus, notamment pour les femmes, tout en produisant des légumes pour les repas. « Une partie des récoltes alimente les cantines, renforçant l’autonomie financière des femmes », explique Sika Traoré. Ces activités favorisent aussi la cohésion sociale : en travaillant ensemble, les femmes tissent des liens de solidarité. Dans certains villages, ces revenus alimentent des systèmes de micro finances communautaires, ouvrant la voie à une autonomisation économique durable. PÉRENNISATION DU FINANCEMENT – Pour assurer la continuité du programme, le PAM finance une partie des cantines et soutient des formations pour renforcer les capacités locales. Mais la pérennité repose sur des ressources importantes. Le CNCS estime le besoin à 17,3 millions de dollars pour maintenir les cantines et préserver leurs acquis. « Nous plaidons pour obtenir ces fonds, et le PAM a promis de nouveaux financements », déclare Sika Traoré, optimiste. L’État malien, qui gère 1 855 cantines de Kayes (Ouest) à Ménaka (Nord), une couverture sans équivalent, assume une part croissante des coûts. Pourtant, le retrait progressif de certains partenaires internationaux accentue la pression sur les finances publiques. Face à ces défis, le CNCS parie sur l’autonomie des cantines, en encourageant les communautés à les gérer via des jardins scolaires. « Nous sensibilisons les populations pour qu’elles s’approprient ce programme, renforçant ainsi la souveraineté nationale », explique la directrice CNCS. Cette approche prometteuse exige, toutefois, une forte mobilisation communautaire et un soutien technique constant, dans un contexte où les ressources humaines et financières restent limitées. « Les cantines maintiennent les enfants en classe et leur offrent une chance de bâtir un avenir meilleur », argumente Sika Traoré. Pourtant, ces progrès restent fragiles. Sans financements suffisants, la faim et l’abandon scolaire risquent de s’aggraver, menaçant les avancées en matière d’éducation des populations les plus fragiles. Face à ces enjeux, la directrice du CNCS lance un appel urgent à l’État afin de mobiliser des ressources pérennes, impliquer les communautés dans les initiatives locales, aux partenaires internationaux à fournir un soutien constant et aux parents et élèves à valoriser l’éducation rendue possible par ces repas. ABT/MD (AMAP)  

Le Président de la Transition, Assimi Goïta, promet une lutte implacable contre les Groupes armés terroristes

Bamako, 06 juin (AMAP) Le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta a réaffirmé, vendredi, à Bamako, sa détermination à lutter contre le terrorisme, dans une déclaration à la presse, après la prière collective de Tabaski, dans la Salle des banquets, du palais de Koulouba, servant de mosquée pour la circonstance. Le chef suprême des armées a assuré le peuple de l’AES que la lutte contre les Groupes armés terroristes (GAT) « est un engagement national, international, auquel les pays de l’Alliance ont souscrit. » « Raison pour laquelle, nous allons mener une lutte implacable contre cette menace en tout temps, en tous lieux, en toutes circonstances et sans esprit de recul », a déclaré le Chef de l’État, tout en saluant le soutien constant des populations de l’AES et en leur demandant de rester « mobilisées jusqu’à la victoire finale. » Il s’est incliné devant » la mémoire des vaillants soldats de l’AES qui ont perdu la vie au champ d’honneur », tout en souhaitant « un prompt rétablissement aux blessés. » Il a, également, félicité « la force unifiée de l’AES qui a engrangé des succès remarquables malgré les multiples attaques lâches et barbares des Groupes armés terroristes (GAT). » Le chef de l’État a indiqué que la fête de l’Aïd el-Kébir « est, par excellence, un moment de retrouvailles, de communion, de partage, de pardon et surtout de prière, notamment pour le repos éternel de nos disparus, la paix, la sécurité et la stabilité dans les pays de la Confédération AES ». Par ailleurs, il a souhaité un bon retour aux pèlerins à La Mecque. SS/MD (AMAP)

Tabaski 2025 : Le Chef de l’État a effectué la prière au palais de Koulouba

Bamako, 06 juin (AMAP) Le président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a effectué ce vendredi 06 juin 2025, la prière de l’Aïd el Kébir, dans la salle des banquets du palais de Koulouba, tenant lieu de mosquée en cette occasion, a constaté l’AMAP. Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maiga, le président  du Conseil national de Transition (CNT), le général de corps d’Armée Malick Diaw, des diplomates de pays musulmans accrédités au Mali et plusieurs membres du gouvernement ont pris part à cette  prière collective. Elle a été un moment de retrouvailles et d’invocations pour le retour de la paix et la sécurité dans les pays de la Confédération AES. Des bénédictions ont été formulées à l’endroit des hommes tombés au champ d’honneur et des souhaits de prompt rétablissement aux blessés. Lors de la prière, le sermon de l’imam de Koulouba, Abdrahamane Tourė, a porté sur la paix, l’entente et l’unicité de Dieu Le Tout Puissant. Ce faisant, l’imam Tourė ‘a exhorté les Maliens à inscrire (leurs) actions de tous les jours » dans cette dynamique. Rappelons que selon la tradition islamique, la fête de Tabaski commémore la soumission d’Abraham à son créateur, symbolisée par l’épisode où il a accepté d’égorger, sur l’ordre de Dieu, son unique fils Ismaël avant qu’au dernier moment, le Créateur n’envoie l’ange Gabriel qui a substitue à l’enfant, un mouton qui servira d’offrande sacrificielle. En souvenir donc de ce geste de foi et de soumission à Dieu, les familles musulmanes sacrifient un mouton le jour de l’Aïd el Kebir. SS/MD (AMAP)

Fête de Tabaski : Le non-stop des tailleurs

Par Alima Nia DOUMBIA Bamako, 05 juin (AMAP) En cette veille de fête d’Eid el Kébir, les couturiers n’ont pas de répit. Ils fonctionnent à plein régime pour tenir les délais et satisfaire la clientèle. Mais le challenge est difficile à tenir. Dans les ateliers, le bruit des machines à coudre retentit sans arrêt. C’est une période très intense pour ces ouvriers. À moins d’une semaine de la fête, le rythme de travail augmente. Le promoteur de MK couture, Moussa Koné, témoigne que la majorité des tailleurs travaillent presque 18 à 20 heures par jour. Ce qui entraîne une fatigue extrême, des erreurs de couture et des disputes avec les clients. MK couture est situé à Sébénicoro, en Commune IV du District de Bamako. Moussa Koné et ses employés travaillent dans une ambiance électrique. Quelques clients sont venus récupérer leurs habits. Celui qui a une expérience de 10 ans dans le métier affirme qu’ils gagnent beaucoup d’argent en cette période. Mais, pas sans peine. Moussa Koné souligne qu’ils dorment à peine, mangent à la hâte, parfois même sur la machine. Ce maitre tailleur  précise qu’il rejette les clients des dernières minutes, en tout cas tous ceux qui le sollicitent à moins d’un mois de la fête. Face à la forte demande, certains tailleurs recrutent des apprentis ou des aides temporaires. Le promoteur de MK couture regrette que la plupart de ceux-ci ne sont pas bien formés. «Ce qui peut nuire à la qualité des finitions». Il lui arrive de reprendre deux fois une même tenue cousue par un apprenti. L’ouvrier est préoccupé par le fait que des clients demandent à coudre des modèles sophistiqués vus en ligne, sans tenir compte de leur complexité, notamment ceux des stars. Selon lui, ils devraient comprendre que la période n’est pas appropriée pour la confection de ce genre de tenue. Par contre, notre interlocuteur estime que l’accès à l’électricité s’est nettement amélioré cette année. À LA DERNIÈRE MINUTE– Lamine Diouf est âgé d’une cinquantaine d’années. Ce tailleur de teint noir, cumule une vingtaine d’années d’expériences dans son métier. Depuis son atelier sis au quartier du fleuve, il affirme avoir reçu beaucoup de clients cette année encore. Le quinquagénaire dénonce l’attitude de nombreux clients consistant à venir en masse à la dernière minute. Le couturier précise que les demandes des clients portent sur des boubous brodés, des bazins riches, des modèles sénégalais ou encore des coupes modernes inspirées des stars. Lamine Diouf déplore que certains clients oublient que les tailleurs ne sont pas des magiciens. «Ils viennent seulement à quelques jours de la fête tout en espérant un travail soigné», regrette-t-il. Pour lui, les préoccupations des tailleurs sont liées au retard de paiement des frais de couture, le coût élevé des tissus et l’impatience de la clientèle. Malgré toutes ces contraintes, il affirme que beaucoup de tailleurs restent passionnés par leur métier. Poursuivant que leur travail est stressant. Mais, se réjouit-il, le sourire des clients lorsqu’ils essaient leur tenue constitue une belle récompense morale. L’atelier de Aïssatou Ba se trouve à Djicoroni Para, en Commune IV du District de Bamako. Des couturiers et couturières sont concentrés sur leur travail afin de finir les habits des clients à temps. Couturière depuis sept ans, la promotrice affirme qu’il y a moins de clients cette année. Elle justifie cela par la concurrence déloyale de nombreux ateliers de proximité. L’entrepreneure précise que les clients recherchent des tenues originales souvent confectionnées avec des tissus wax ou des broderies modernes. Parmi les difficultés rencontrées, elle mentionne la gestion des attentes des clients qui souhaitent obtenir leurs tenues en deux trois jours, ainsi que les coupures d’électricité. Toutefois, elle a souligné qu’elle parvient à surmonter ces obstacles. La commerçante Fatoumata Diarra est mère de 4 enfants. Elle apprécie la qualité du travail réalisé par son tailleur ainsi que l’attention qu’il porte aux clients. Selon elle, son atelier propose une belle sélection de modèles d’habit sans oublier la  livraison des tenues à temps. C’est pourquoi, elle continue de maintenir les liens avec son tailleur. Awa Koné, une mère de 3 enfants, est venue s’enquérir de l’état d’avancement de ses habits. Elle dit avoir changé de couturier cette année parce que l’année dernière, sa tenue n’a pas été pas prête pour la fête. «Cette fois, j’ai choisi un atelier plus sérieux et plus fiable », avoue-t-elle. Et de relever que la fête de Tabaski est importante pour les femmes et les enfants. « On veut être élégant ce jour-là», sourit-elle. Dans un atelier, nous rencontrons Fatoumata Diallo, étudiante en droit, en pleine discussion avec son tailleur. Ce dernier lui a été recommandé par une amie.  L’étudiante aime les tissus à la mode. Elle indique avoir déposé sa tenue il y a un mois pour avoir une coupe de qualité à temps. «J’ai été déçue une fois, car ma robe avait été trop serrée. J’ai dû aller chez un autre tailleur pour la retoucher la veille de la fête ce qui n’était pas facile», se rappelle-t-elle, avant d’ajouter qu’elle ne souhaite plus revivre cette expérience. AD/MD (AMAP)  

L’Aid el-kebir : Allons au village !

Par Mohamed DIAWARA Bamako, 05 juin (AMAP) Les Ségoviens se sont bâtis une réputation dans ce domaine au point d’être pris en exemple par les ressortissants d’autres localités. La fête, c’est chez soi, à la « maison », que ça passe. Finalement, l’habitude s’est bien ancrée chez les régionaux (on dira provinciaux, ailleurs) et autres villageois : il retourner célébrer auprès des leurs la fête des moutons La formule revient incessamment à l’approche de chaque fête de Tabaski : «segu ka tè feti ke Bamako», prosaïquement le Ségovien ne fête jamais à Bamako. Les ressortissants de la cité des Balanzans, située à un peu plus de 235 km de la capitale, ont établi une règle non écrite, celle de ne jamais fêter à Bamako tant qu’ils le peuvent. Ousseyni Sylla, ressortissant de Ségou retourne au bercail pour célébrer l’Aid el-kébir avec la famille. Même à 78 ans, il continue à perpétuer cette habitude. « À l’époque, on empruntait un type de taxi au niveau de la Grande mosquée de Bamako », se souvient le septuagénaire. Il invite les transporteurs à mieux organiser le départ des voyageurs à l’occasion de la fête. Selon lui, Ségou enregistre un grand nombre de voyageurs parce que, la région est proche de Bamako. Certains font même le trajet à moto. Mamadou Tangara, gérant de la compagnie de transport Air Niono, partage cet avis. Lui aussi pense que la proximité de la région avec Bamako y est pour quelque chose. Mais en plus il y a, selon lui, l’attachement indicible des Ségoviens à leur contrée. Fatoumata Coulibaly part fêter à Ségou depuis 2003. C’est une occasion de rendre visite aux parents et de profiter de la compagnie familiale. Elle affirme être contrainte de rentrer à la maison faute de billet. Elle pointe du doigt la compagnie d’être responsable de cette situation pour le bazar. Beaucoup de ressortissants des régions et des villages qui ont aujourd’hui trouvé gîte et couvert dans la capitale font le voyage dans le sens inverse pour pouvoir célébrer chez eux la fête des moutons. Il suffit pour s’en convaincre de faire le tour des gares routières pour se rendre compte de la forte sollicitation des compagnies de transport par ces voyageurs. Hier, mercredi, à la gare de Sogoniko, la place de la compagnie de transport Air Niono, grouillait de monde. Les voyageurs et accompagnants se marchaient sur les pieds pour se frayer un passage. Un jeune homme, coiffé d’un bonnet, s’exclame. Au même moment, des voyageurs, billets en main, patientent avec leurs bagages. En face d’un bus positionné pour le départ, une voix masculine sonne comme un soulagement pour les voyageurs en destination de Diabali et Niono. Tata Diarra, revenue d’Abidjan pour regagner Chouala Coura ou KO3 dans la Commune rurale de Dogofry s’impatiente en compagnie de trois garçons, dont des jumeaux de moins de trois ans. L’un d’entre eux joue avec une bouteille vide. Tata et les siens sont revenus d’Abidjan la vieille aux environs de 21 heures. Elle se plaint du soleil brûlant. « Mes enfants ont la diarrhée et la fièvre », se lamente-t-elle, avant d’ajouter qu’elle ignore quand est-ce qu’ils embarqueront pour le départ. D’autres voyageurs pour la même destination attendent aussi. Une autre file se forme avec d’autres ressortissants des deux localités pour acquérir le ticket de transport. Diah Coulibaly rejoint la file et n’entend pas rentrer sans obtenir un billet pour Markala. L’étudiant en médecine déplore que de nombreux voyageurs attendent les deux derniers jours pour voyager. Lui serait déjà parti sans les contraintes scolaires. Sur ces entrefaites, un autre voyageur arrive. Il dit être prêt à rester de 9 à 19 heures s’il le faut pour avoir son ticket de transport. Mamadou Tangara a les yeux rivés sur un dispositif avec une caméra de surveillance. Il assure que sa compagnie fait tout pour répondre à la demande. « Hier, nous avons effectué 50 départs de 2 heures à 22 heures. Ce ne sont pas les moyens qui manquen t», explique-t-il, avant de préciser que le parc auto de sa compagnie a été renforcé avec l’arrivée de nouveaux bus. Par jour, Air Niono effectue 30 départs destinés à Niono, 15 à Ségou et 3 à destination de Diabali Dogofry. Mamadou Tangara affirme que les tarifs de 6 000 Fcfa pour la ville de Niono, 5 000 pour Markala et 4 000 pour Ségou restent inchangés même en cette période. À la gare routière de Sogoniko, un transporteur surnommé Ivo, portant une serviette sur l’épaule gauche, apostrophe les clients. Il justifie la faible affluence par le fait que la plupart des partants sont déjà arrivés à destination. Selon lui, la gare sera plus calme demain. Ivo reconnaît que les tarifs des billets ont augmenté chez certains transporteurs. Il témoigne avoir vu des voyageurs aller à Ségou à 7 000 au lieu de 3 000 en temps normal. Au niveau de la place de Banimonotié transport, le 6è car de la journée du mercredi vrombit pendant que des voyageurs entrent. Certains voyageurs achètent de petits cadeaux pour leurs enfants. Une dame voilée essaie de faire taire son garçon de trois ans en lui proposant le téléphone. L’astuce ne porte pas fruit face à un môme récalcitrant. Ramata Doumbia, la tante du garçon, explique qu’ils patientent depuis 7 heures. La ressortissante de Bougouni fustige l’augmentation du prix du billet pour sa ville natale de 2 000 à 3 000 Fcfa. Au niveau de la compagnie Somatra, la cour est bondée de visiteurs. Tous les espaces ombragés du site sont occupés. Mais de nombreux voyageurs restent aussi sous le soleil. Certains commencent à revendiquer le respect des horaires de voyages fixés par la compagnie. Un jeune homme, ressortissant de Mopti, sous anonymat, dit qu’il est sur place depuis 5 heures. Mais, il explique qu’on donne la priorité aux voyageurs de Ségou. Alpha Oumar Diakité, chargé d’organiser les départ des voyageurs à Somatra, indique que l’opération se passe bien. Il précise que sa compagnie a acheté des bus VIP pour le confort des clients.

Interdiction des points de vente improvisés : Le temps de l’incertitude pour les vendeurs de moutons

Par Jecolia DAKOUO & Makan SISSOKO Bamako, 05 juin (AMAP) À veille de la Tabaski, les vendeurs ambulants de moutons à Bamako peinent à écouler leurs animaux. Les clients se comptent sur les doigts de la main et l’interdiction de vente en ville tombe sur eux comme une chape de plomb. Jeudi dernier, vers 11 heures, au marché de Bozola communément appelé  «Wonida», en Commune III de Bamako, l’ambiance est morose. Assis sur un triangle de béton, Mohamadou Coulibaly garde six moutons en main, deux autres couchés à ses pieds. Son compagnon, un petit bâton à la main, se repose à côté, près d’un poteau. Chaque jour, tous les deux quittent le quartier Sans-Fil en Commune II en espérant « écouler » leurs bêtes. Celui qui engrange plus de 20 ans d’exercice dans ce métier juge particulièrement difficile cette année. «Les clients n’ont pas d’argent, les moutons sont chers, leur alimentation aussi, et la marche nous épuise», se plaint Mohamadou Coulibaly. Vendeur ambulant quinquagénaire, il affirme vendre parfois toutes ses bêtes, mais il lui arrive aussi de rentrer sans rien avoir écoulé. Ses moutons viennent de Ségou à un prix de transport oscillant entre 2.500 et 3.000 Fcfa par tête. Il les revend entre 150.000 et 200.000 Fcfa, pour un bénéfice de 2.500 à 5.000 Fcfa par tête. Les animaux sont nourris avec des feuilles sèches ramassées au sol. Pour Mohamadou, cette activité est vitale. «J’ai entendu qu’on veut interdire la vente ambulante, mais je n’ai pas le choix. C’est ce métier qui fait vivre ma famille. Je me confie à Dieu», se résigne-t-il. Le même jour, Issa Coulibaly traverse le marché avec dix moutons. Il vient du même quartier que Mohamadou en direction de Tomikorobougou. Il confie que la vente en itinérance permet d’écouler plus vite les bêtes, même si elle est plus éprouvante. Vendeur depuis six ans, il achète ses moutons entre 100.000 et 300.000 Fcfa. Il s’inquiète lui aussi. «L’interdiction de la vente ambulante tombe mal, c’est bientôt la Tabaski. Il faut que je me batte pour nourrir ma famille». À Djelibougou, en Commune I de Bamako, au bord de la route, Issouf Traoré discute avec un collègue devant ses bêtes. «La mairie vient nous déranger tout le temps. Maintenant, ils nous demandent de quitter les abords de la route et parlent d’interdire la vente en ville», s’alarme celui qui semble ignorer la décision du gouverneur du District de Bamako. Éleveur depuis neuf ans, il achète ses bêtes à Mopti. Ses moutons coûtent entre 80.000 et 500.000 Fcfa. «Ce travail m’a permis d’être indépendant. Mais aujourd’hui, on nous prend pour des bandits», regrette-t-il. La mévente et la fatigue se lisent sur les visages des marchants ambulants. À Sabalibougou en Commune V du District de Bamako, trois jeunes garçons se promènent avec une dizaine de moutons à l’aide de bâtons.  L’un d’eux explique que depuis deux jours, ils n’arrivent pas à écouler les animaux. «Les décisions de déguerpissement et l’interdiction de la vente improvisée ont fortement affecté le marché des moutons de cette fête. Et aussi, les gens n’ont pas d’argent pour acheter les moutons à cause de leur prix un peu élevé avec le coût du transport et de l’aliment bétail», déplore-t-il. Ajoutant craindre une possible interpellation par les autorités en se promenant par rapport à l’interdiction de la vente improvisée. Du côté des clients, la situation est tout aussi tendue. Mardi dernier, au petit marché de Nafadji, Ousmane Kanté, père de huit enfants, se dit dépassé. «L’année dernière, on trouvait des têtes à 50.000 Fcfa. Aujourd’hui, elles sont à 75.000 Fcfa et ce sont des petits moutons», explique-ce client. Il évite les points de vente fixes, à cause des intermédiaires qui gonflent les prix. Ouvrier du bâtiment, il espérait acheter au village, mais faute de moyens, il n’a rien pu ramener. «Jusqu’à présent, je n’ai pas acheté de mouton», regrette-t-il. JD/MS/MD (AMAP)

Personnes déplacées internes et réfugiés : Le cœur n’est pas à la fête

Par Siguéta Salimata DEMBÉLÉ Bamako, 05 juin (AMAP) Demain, la communauté musulmane célèbre la fête de l’Aïd El kebir. Mais pour les personnes déplacées internes et les réfugiés, le cœur n’est pas à la fête en raison des difficultés du quotidien. La Tabaski est une des fêtes musulmanes les plus populaires pour la communauté du Prophète Mohamed (PSL). Les préparatifs pour ces ripailles font l’objet de préoccupations pour les chefs de famille qui remuent ciel et terre pour satisfaire les désirs de leurs familles, notamment leurs enfants et épouses. Mais les réalités de la vie ne facilitent pas la satisfaction de ces agapes, ce qui ajoute une couche à la montagne de soucis que drainent les chefs de famille. La situation devient de plus en plus complexe pour les Personnes déplacées internes (PDI) qui se trouvent «arrachées» à leur milieu d’origine du fait de l’insécurité. Notre équipe a fait une immersion dans le monde des PDI et de quelques réfugiés pour voir comment la fête se prépare de leur côté. Si certains n’ont pas voulu se prononcer sur les préparatifs de la fête pour des raisons diverses, à la cité des enfants à Niamakoro par contre, ce n’est pas encore la plus grande joie. Bien que la Tabaski soit un moment d’allégresse, les PDI hébergées sur ce site n’ont pas le cœur à la fête. De plus, leurs esprits vagabondent et n’arrivent pas à trouver de quoi se mettre sous la dent. Contrairement à certaines familles et quartiers où les bêlements des moutons annoncent la fête ; ici, le silence prédominant annonce l’abattement des humeurs. Pas de musiques, ni de rires d’enfants excités pour l’occasion. Mme Diarra Heta Sissoko, déplacée interne depuis quatre ans, vit sur ce site avec ses petits enfants et belles-filles. Ceux-ci expriment une profonde tristesse. «Nous n’avons pas grande chose pour fêter cette année. On a ni moutons, ni habits», se désolent-ils à notre interrogation. Notre interlocutrice nous informe qu’habituellement, ce sont leurs parents de la diaspora qui leur viennent en appui pour faire face aux charges de la fête. Cette année particulièrement, déplore cette victime de l’esclavage par ascendance, rien n’a encore été fait. À cette tristesse, s’ajoute la nostalgie de leur village d’origine (Diéma) qui enlève toute envie de fêter. C’est cet état de fait qu’explique Kama Diarra qui se remémore les moments prodigieux de la fête il y a quelques années de cela. « Au village, on célébrait la Tabaski dignement, avec des moutons, de nouveaux habits et de bons plats. Aujourd’hui, par contre, je n’ai plus le goût à cette fête », affirme-t-il d’un air triste. Le même sentiment de désintérêt anime Koura Diarra également déplacée interne. Pour donner plus de joie à sa famille déplacée, elle exerce de petites activités génératrices de revenus (au moment de notre entretien, elle posait le henné sur les pieds et les mains d’une cliente) pour avoir de quoi vêtir et coiffer ses plus jeunes frères et sœurs. «La fête, ce n’est plus ma priorité. Je fais juste de mon mieux pour égayer mes frères et sœurs», précise-t-elle. Pour avoir des précisions sur la situation des familles hébergées au sein de la cité des enfants, nous avons approché le directeur général adjoint de la Cité des enfants. N’ Famara Kéïta explique que la cité des enfants héberge au total 129 PDI qu’elle essaie de mettre dans les conditions optimales depuis 2021 malgré les difficultés. Concernant les préparatifs de la fête de cette année, il assure que des efforts sont en cours pour permettre aux personnes vulnérables de fêter dans la dignité. Déjà, assure-t-il, un partenaire a déjà fait don d’habits pour les enfants. Un geste qu’il salue, mais estime insuffisant au regard des besoins réels. Contrairement aux années précédentes, les contributions en faveur des personnes déplacées internes sont timides. D’où l’appel du représentant de la cité des enfants à la solidarité : «Nous exhortons les bonnes volontés à faire preuve de générosité, pour que ces familles puissent fêter comme les autres.» Du côté des réfugiés, la situation n’est pas non plus reluisante. Venus de divers pays (Burkina Faso, Niger, Centrafrique, RD Congo et du Soudan), ils vivent aussi dans la précarité. Selon M’Paly Sylla, administrateur et superviseur à la Commission nationale chargée des réfugiés (CNCR), les fêtes comme la Tabaski représentent une occasion importante de soutien moral et matériel pour les réfugiés. Pourtant, précise-t-il, pour les occasions du genre, les réfugiés comme les PDI ne disposent pas souvent de ressources ce qui fait qu’ils ne peuvent compter que sur l’élan de solidarité et l’humanisme de leur pays d’accueil. M’Paly Sylla, précise aussi qu’il n’existe pas à ce jour de camps dédiés spécifiquement aux réfugiés, ces derniers cohabitent avec les PDI. Pour cela, il exhorte les bonnes volontés à l’entraide. A ce jour, la CNCR a recensé 135.837 réfugiés, dont 88.000 sont en attente d’enrôlement dans les bases de données. Concernant les personnes déplacées internes victimes d’esclavage par ascendance qui sont hébergées sur le site de la Cité des enfants, le DGA indique qu’un processus de retour dans leurs localités d’origine est en cours, à la suite d’un procès qui leur a été favorable. Une première vague est déjà repartie pour préparer l’arrivée des autres, prévue pendant les vacances scolaires, car de nombreux enfants sont encore en classes. SSD/MD (AMAP)

Procès « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires» : L’ancien Premier ministre Moussa Mara comparait en qualité de témoin

Bamako, 05 juin (AMAP) Le procès dans l’affaire « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires » a repris mercredi dans le cadre de la session spéciale de la Cour d’assises de Bamako qui  a été marquée par le témoignage de l’ancien Premier ministre Moussa Mara. Celui-ci a déclaré avoir pris connaissance du dossier lors d’une discussion avec l’ancienne ministre Bouaré Fily Sissoko à la suite des réserves du Fonds monétaire international (FMI) sur la question. «  Pour éclairer la lanterne du FMI et arriver à faire en sorte que ces deux dossiers n’aient pas d’impact sur les relations entre notre pays et cette organisation, il avait été convenu de faire intervenir une structure de contrôle sur ces deux opérations », a-t-il souligné. Moussa Mara a indiqué que c’est sur la base de ces éléments qu’il a saisi le Bureau du vérificateur général pour conduire les audits. «Je pense que c’est essentiellement pour convaincre le FMI sur l’engagement de ces opérations en rapport avec l’éthique que la ministre Bouaré Fily Sissoko est venue vers moi pour que nous engagions le processus de l’audit», a-t-il reconnu. Pour le cas de l’achat de l’aéronef, il a indiqué que le rapport faisait état de beaucoup d’insuffisances, notamment l’émission du contrat en anglais au lieu du français, les mouvements de fonds non respectueux de finances publiques et le non-respect des règles de passation de marchés. S’agissant des équipements militaires, Moussa Mara a révélé que le rapport mentionnait la garantie donnée par l’Etat, ce qui est contraire aux usages. Autre irrégularité évoquée dans le rapport est que sur une même journée, un contrat a été signé par plusieurs intervenants. Sans oublier des mouvements de fonds intervenus sur le compte du bénéficiaire du marché. D’après lui, « le rapport dit que ce qui a été proposé dans le contrat des équipements militaires apparait plus élevé que ce qui avait été proposé par les sous-traitants pour le même type de matériels à un moment du processus. Ce qui laissait penser qu’il y aurait pu avoir de la surfacturation ». Selon Moussa Mara, tant qu’on ne précise pas le contenu de ce qui peut être considéré comme « secret défense et intérêts essentiels de l’Etat », on ouvre la porte aux interprétations. En outre, l’ancien Chef du gouvernement a précisé que l’avion présidentiel a eu un prix d’achat auquel des charges ont été ajoutées notamment, les frais de parking, d’intermédiation. « Le prix d’achat, sur la base des informations qui m’ont été données est 18 milliards Fcfa et quelques. Ensuite, il y a des frais qui ont été payés. Et tous ces frais plus le prix d’achat qui a été versé au vendeur font que le coût total est autour de 20 milliards Fcfa ou un plus », a détaillé l’ancien Premier ministre. Pour lui, l’aéronef a couté à notre pays entre 20 milliards et 21 milliards Fcfa. BD/MD (AMAP)

Procès « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires » : le témoignage de l’ancien Premier ministre Moussa Mara

Bamako, 05 mai (AMAP) La Cour d’Appel de Bamako a entendu, lors de l’audience du mercredi,  l´ancien Premier ministre Moussa Mara , dans le procès de l’affaire « achat de l’avion présidentiel et équipements militaires. » M. Mara s’est expliqué, après l’intervention de Mme Bouaré Fily Sissoko, dont la défense a demandé la comparution de l’ancien ministre délégué chargé du Budget au moment des faits, Madani Touré et de l’ancien Premier ministre Oumar Tatam Lla Cour a appelé l’ancien Premier ministre, Moussa Mara pour son témoignage sur les deux dossiers. Dans ses déclarations à la Cour, l’ex-Chef du gouvernement, a dit avoir pris connaissance du dossier suite à une discussion avec l’ancienne ministre Mme Bouaré Fily Sissoko après des réserves du Fonds monétaire international (FMI) sur la question. « Pour éclairer la lanterne du FMI et arriver à faire en sorte que ces deux dossiers n’aient pas d’impact sur les relations entre notre pays et cette organisation, il avait été convenu de faire intervenir une structure de contrôle sur ces deux opérations », a-t-il souligné. Moussa Mara a ajouté que c’est sur la base de ces éléments qu’il a saisi le Bureau du vérificateur général pour conduire les audits. « Je pense que c’est essentiellement pour convaincre le Fonds sur l’engagement de ces opérations en rapport avec l’éthique que la ministre Bouaré Fily Sissoko est venue vers moi pour que nous engagions le processus de l’audit », a-t-il reconnu. Avant de préciser que les deux marchés n’ont pas fait l’objet de discussion en conseil des ministres. Pour le cas de l’achat de l’aéronef, il a indiqué que le rapport faisait état de beaucoup d’insuffisances, notamment l’émission du contrat en anglais au lieu du français, les mouvements de fonds non respectueux de finances publiques et le non-respect des règles de passation de marchés. S’agissant des équipements militaires, l’ex-Chef du gouvernement a révélé que le rapport mentionnait la garantie donnée par l’Etat, ce qui est contraire aux usages. Autre irrégularité évoquée dans le rapport est que sur une même journée, un contrat a été signé par plusieurs intervenants. Sans oublier des mouvements de fonds intervenus sur le compte du bénéficiaire du marché. D’après lui, « le rapport dit que ce qui a été proposé dans le contrat des équipements militaires apparait plus élevé que ce qui avait été proposé par les sous-traitants pour le même type de matériels à un moment du processus. Ce qui laissait penser qu’il y aurait pu avoir de la surfacturation ». SECRET DEFENSE– Selon le témoin, tant qu’on ne précise pas le contenu de ce qui peut être considéré comme « secret défense et intérêts essentiels de l’Etat », on ouvre la porte aux interprétations. « D’ailleurs, en septembre 2014, nous avons pris un décret pour donner un contenu détaillé au secret défense et aux intérêts essentiels de l’Etat. Cela n’existait pas au moment des faits. Du coup, la porte a été ouverte aux interprétations des uns et des autres », a expliqué Moussa Mara. L’ex-Chef du gouvernement a déclaré n’avoir rien senti chez Mme Bouaré Fily Sissoko comme volonté de cacher quelque chose lorsqu’ils décidaient ensemble de faire l’audit sur les deux marchés. Il a précisé que l’avion présidentiel a eu un prix d’achat auquel des charges ont été ajoutées notamment, les frais de parking, d’intermédiation, etc. « Le prix d’achat, sur la base des informations qui m’ont été données est 18 milliards FCFA et quelques. Ensuite, il y a des frais qui ont été payés. Et tous ces frais plus le prix d’achat qui a été versé au vendeur font que le coût total est autour de 20 milliards FCFA ou un plus », a détaillé l’ancien Premier ministre. Pour lui, l’aéronef a couté à notre pays entre 20 milliards et 21 milliards FCFA. D’après Moussa Mara, les deux marchés ont été engagés sous le sceau du secret défense et des intérêts essentiels de l’Etat qui n’était pas suffisamment explicité ou détaillé par un texte. Il a également indiqué que le secret défense est opposable aux membres du gouvernement.   C’est aux environs de 9 heures 37 minutes que le procès a commencé sur la demande de la défense de faire de faire comparaitre l’ancien Premier ministre Oumar Tatam Ly et son ex-ministre délégué chargé du Budget, au moment des faits, Madani Touré.   D’après l’avocat de la défense, le premier a été destinataire initial de la lettre d’intention du contrat d’achat de l’avion présidentiel alors que le second a été associé par ampliation. L’accusée aussi a soutenu que la comparution de ces deux personnalités est cruciale, car elle pourrait même « inverser les responsabilités ». « Je sortirai frustrée de ce procès si je n’ai pas eu la chance de me confronter à ces deux personnalités », a-t-elle déclaré.   Dans son réquisitoire, le procureur général Kokè Coulibaly a expliqué avoir fait toutes les diligences pour faire comparaitre ces deux personnalités, sans succès. Il a qualifié cette demande de la défense de manœuvre « dilatoire », ajoutant que ces deux personnalités ont été déjà entendues sur le dossier.   Après s’être retirés pour statuer sur la question, les membres de la Cour ont ordonné la poursuite du procès tout en assurant que les dispositions seront prises pour faire comparaitre lesdites personnalités. BD/MD (AMAP)

Amicale des anciens du Second cycle Hamadoun Sankaré de Niafunké : Le cœur dans la main pour des orphelins et enfants démunis

Niafunké, 04 juin (AMAP) Le jour de fête est censé être celui de la joie et du bonheur pour tous, surtout les enfants. Pourtant, pas mal d’enfants orphelins, déplacés ou dont les parents n’ont pas de moyens, vivent ces moments différemment, tristement. Le Cercle de Niafunké (Nord), coupé en deux depuis plusieurs années et aujourd’hui á cause de la présence djihadiste dans le Gourma, a vu se multiplier les cas d’enfants orphelins, déplacés et certains dont les parents ont tout perdu, á cause de la situation. Dans cette ville, autrefois très festive, surtout lors de la célébration de la Tabaski ou du Ramadan, les avant-fêtes stressent plus d’un mais mobilisent certains qui ont le cœur dans la main. L’Amicale des élèves du Second cycle Hamadoun Sankaré, entre 1996 et 1999, appelée Génération 96-99 a offert á plus de 100 enfants des habits de fête et des attestations aux meilleurs élèves de l’établissement. Cela fait la 3ème fois que ces fils et filles du terroir, qui ont étudié ensemble au dans ce Groupe scolaire de Niafunké, viennent redonnent la joie à ces enfants et encourage les meilleurs élèves de l’établissement. Nul n’ignore que depuis la crise sécuritaire de 2012, le Nord du Mali a vu beaucoup de ses bras valides s’en aller. Certains ont rejoint leur dernière demeure et ne reviendront plus et d’autres ont, tout simplement, quitté leur famille, laissant derrière eux des épouses et des enfants sans aucune ressource. Beaucoup de ces orphelins et enfants de parents démunis pleurent le jour de la fête en voyant leurs camarades bien habillés et bien chaussés, lors des moments de Sambè Sambè. Ils n’ont rien fait pour mériter ce sort et ne demandent qu’un peu d’attention, de générosité de voisins, amis et parents de la cité. L’Amicale de la génération 96-99, avec sagesse, a constaté la tristesse de ces enfants et a fait cotiser ses membres, en 2023, pour la première fois, pour offrir à ces enfants des habits et des chaussures. Depuis cette première, chaque année, la tradition est perpétuée. Cette année, plus de 100 enfants ont reçu du basins Getzner et des frais de couture. A cela, il faut ajouter des attestations et des tee-short, des effets scolaires aux meilleurs élèves de l’établissement, le Second cycle Hamadoun Sankaré. Les trois meilleurs des deux 7èmes, , ceux des deux 8ème et des deux 9ème soit au total neuf élèves, qui ont des moyennes variant entre 14 et 16, ont été salués, encouragés et primés devant toutes les autorités de la ville de Niafunké, ce 28 mai 2925 dans l’enceinte du Groupe scolaire. Ce fut une véritable fête avant la tabaski et l’examen du Diplôme d’études fondamentales (DEF ». En plus de la joie que l’on pouvait lire sur le visage des meilleurs élèves primés, l’on pouvait aussi aisément lire l’émotion sur les visages de certains parents et tuteurs des enfants orphelins souriants, en recevant leurs habits de fête. Selon le chef de village de Niafunké Baba Aly Gatta, présent à la cérémonie, « ce geste est un exemple á suivre pour encore recoudre le tissu social effiloché depuis un certain temps et revenir á nos valeurs ancestrales d’entraide qui ont toujours prévalues dans notre société. » Le 2ème adjoint au préfet Zakaridja Samaké, qui a présidé la cérémonie, ému, a salué le geste « mais surtout la manière » avant d’encourager les autres élèves de l’établissement à redoubler d’efforts pour être parmi les primés de cette année scolaire, bientôt close, tout en souhaitant bonne chance aux candidats au DEF. Quant au président de l’Amicale, Ousmane Ky, il a d’abord, dans son intervention, fait observer une minute de silence en la mémoire de leur camarade, enseignant, Ousmane Daou qui était de la cérémonie de 2024, malheureusement assassiné, la même année, à Arabébé M, Ky a dit merci aux membres et lancé un appel à la solidarité envers « tous ceux dans le besoin dans le Cercle. » Selon lui, le Groupe scolaire Hamadon Sankaré leur « a tout donné », à eux « aujourd’hui, de lui rendre la monnaie pour que de meilleurs cadres du pays puissent en sortir. » SAM/MD (AMAP)