Sikasso : la mendicité des enfants, entre tradition, pauvreté et exploitation
Par Aïssata DEMBELE Stagiaire Amap-Sikasso Sikasso, 19 juin (AMAP) À Sikasso (Sud), comme dans de nombreuses régions du Mali, la mendicité est une pratique ancrée, souvent perçue comme un moyen rapide de subvenir à ses besoins. Cette tradition, particulièrement répandue parmi les enfants talibés âgés de 6 à 12 ans et les personnes en situation de handicap, soulève des questions complexes mêlant religion, pauvreté et exploitation. Chaque jour, dans les rues de la cité verte du Kénédougou, des enfants pieds nus, vêtus de haillons, tendent la main aux passants devant les mosquées, les restaurants, les marchés ou le long des routes. « Dalagarib ! Dalagarib ! », s’écrie Yaya Bamba, 6 ans, dès 7 heures du matin devant une porte du quartier Bougoula-ville. Originaire de Loulouni, à une cinquantaine de kilomètres de Sikasso, Yaya a été confié à un maître coranique pour apprendre le Coran. « Si je ne ramène ni argent ni nourriture, on me punit. Je veux apprendre, pas mendier », confie-t-il, la voix empreinte de tristesse. Boubacar, venu de Mopti, partage une histoire similaire. Confié à un maître coranique, il est souvent contraint de mendier pour rapporter de quoi subsister. « Parfois, je passe la journée sans rien. J’aimerais retourner chez moi, mais je ne peux pas sans l’autorisation de mon maître », explique-t-il. Karim, 38 ans, marié et père de trois garçons, illustre une autre facette du phénomène. Pour lui, la mendicité est devenue un métier. « J’emmène parfois mes enfants, car les gens donnent plus facilement. Ce n’est pas bien, mais c’est pour survivre », admet-il. Aïssata Diallo, mère abandonnée par son mari, envoie son fils Kalifa, 10 ans, mendier au grand marché. « Je sais que ce n’est pas une vie pour lui, mais je n’ai pas d’autre choix », confesse-t-elle, désemparée. Le maître coranique Amadou Diallo, qui encadre plus de 40 enfants depuis vingt ans, reconnaît la nécessité d’un changement. « Autrefois, mendier enseignait l’humilité. Aujourd’hui, certains maîtres exploitent les enfants comme une source de revenus. Nous devons les protéger », insiste-t-il, appelant le gouvernement à sanctionner les abus. L’imam Oumar Sissoko, de la mosquée du quartier Médine, rappelle que l’islam valorise le travail et non la mendicité forcée. « Exploiter des enfants va à l’encontre des enseignements du Prophète », affirme-t-il, plaidant pour une éducation axée sur la responsabilité. Ousmane Keita, chef de la division promotion de l’enfant et de la famille à Sikasso, souligne que la mendicité des talibés reste un défi majeur malgré les campagnes de sensibilisation. « Certains maîtres coraniques considèrent cette pratique comme une loi divine », déplore-t-il. Il note que, par le passé, la mendicité répondait à des besoins alimentaires, mais qu’elle est aujourd’hui devenue une profession pour certains. En 2024, sa direction a accompagné une dizaine d’enfants talibés vers leurs localités d’origine, comme Kadiana, Bougouni, Ségou ou la Côte d’Ivoire. Entre 2011 et 2012, des débats réunissant imams, maîtres coraniques et chefs de quartier avaient permis des avancées, mais ces initiatives se sont essoufflées. La mendicité des enfants à Sikasso est un fléau qui interpelle toute la société. Les parents doivent assumer leurs responsabilités, les maîtres coraniques cesser l’exploitation, et les autorités intensifier leurs efforts pour protéger ces enfants vulnérables et freiner un phénomène qui alimente l’insécurité. AD/MFD/OS/MD (AMAP)
Forum Job Cluster : les ONG au cœur de la création d’emplois inclusifs au Mali
Bamako, 19 juin (AMAP) Le Forum des ONG du Job Cluster, prévu du 19 au 20 juin, a été lancé ce jeudi au Centre international de conférences de Bamako (CICB) sous le thème : « Le rôle des ONG dans la création d’emplois globaux au Mali : Forum ONG et création d’emplois, défis, opportunités et partenariats pour un développement inclusif », a constaté l’AMAP. Dans son discours d’ouverture, la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, qui a présidéela cérémonie a indiqué que ce forum se veut un espace stratégique de concertation, de reconnaissance et de synergie, afin de renforcer les convergences entre les initiatives des ONG, les politiques publiques de l’emploi et les dynamiques entrepreneuriales du secteur privé. Selon elle, l’objectif est de mieux faire connaître les mécanismes de formation et les emplois créés par les ONG, mais aussi de consolider et structurer leur contribution à travers l’instauration d’un cadre de dialogue permanent associant les institutions publiques, les ONG, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les opérateurs économiques. Toujours selon Mme Oumou Sall Seck, le Forum Job Cluster constitue une avancée majeure dans l’ambition collective de bâtir un Mali solidaire, prospère et inclusif. Il s’inscrit pleinement dans une vision gouvernementale ambitieuse, où l’emploi devient un socle fondamental de la reconstruction nationale. Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Adama Cissouma, a précisé que ces deux journées seront marquées par des conférences, des panels de discussion et des échanges de bonnes pratiques. Il a souligné que le forum vise à mettre en lumière la contribution des ONG à la création d’emplois au Mali, leur impact sur la création d’opportunités économiques, l’amélioration des compétences humaines et l’accès à un emploi décent. Il a rappelé que « l’emploi, notamment celui des jeunes et des femmes, constitue l’un des défis majeurs de notre époque. » « Il est, à ce titre, au cœur de l’Axe 3 du Programme d’Action du Gouvernement, qui vise la satisfaction des besoins fondamentaux des populations ». À ses yeux, ce forum « représente une opportunité essentielle pour encourager l’innovation, fédérer les initiatives, et catalyser les énergies en faveur d’un avenir où chaque Malien pourra vivre dignement de son travail. » Enfin, il a insisté sur l’importance de l’approche partenariale portée par Job Cluster qui appelle à repenser les mécanismes d’intervention, à valoriser les savoir-faire locaux et à harmoniser les actions pour un impact collectif renforcé. L’activité a également enregistré la présence de la directrice du Forum, Fanta Sadibou Koné. AC/MD (AMAP)
Quinzaine de l’Environnement à Kayes : Démarrage du curage des caniveaux
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 18 juin (AMAP) « Le plastique, autrefois considéré comme une innovation, est aujourd’hui devenu l’un des plus grands fléaux de notre époque. Les sachets et autres déchets plastiques jonchent nos rues, bouchent nos caniveaux, polluent nos cours d’eau, détruisent nos terres agricoles et menacent notre santé ». Ces propos prononcés le 18 juin 2025 par le gouverneur de la Région de Kayes (Ouest), le général de brigade Moussa Soumaré, lors de la cérémonie de clôture de la Quinzaine de l’Environnement, sont révélateurs de la dégradation et du recul de de la salubrité et de l’hygiène publique dont souffre la Cité des rails. Cette année, la Quinzaine de l’Environnement a été organisée autour de deux thèmes d’une pertinence et d’une urgence indiscutables dans la Région de Kayes. Cette activité s’articulait autour de deux sujets : « Mettre fin à la pollution plastique mondiale » pour la Journée mondiale de l’Environnement (6 Juin) et « Restaurer les terres, exploiter les opportunités » pour la Journée internationale de lutte contre la désertification et la sécheresse (17 Juin). Cette partie de l’Ouest du Mali, malgré son éloignement des grands centres industriels, n’est pas épargnée par les problèmes environnementaux. « Nos marchés, nos villages, nos quartiers en sont envahis. Il est donc temps d’agir, collectivement et avec détermination. » Pour cela, le général de brigade Moussa Soumaré invite les habitants à adopter des comportements responsables, sensibiliser, éduquer, trier, recycler et réduire notre consommation. D’après lui, autorités et populations doivent également conjuguer leurs efforts, tout comme cela nécessité l’encouragement de l’innovation locale dans la transformation des déchets plastiques, et la promotion des alternatives durables comme les emballages biodégradables et les paniers artisanaux. Par ailleurs, autorités et populations de la Région de Kayes se voient toutes interpellées par le deuxième thème au regard des effets du changement climatique (progression de la désertification, accentuation de l’érosion et appauvrissement des terres agricoles. Des terres qui regorgent, pourtant, d’immenses potentiels agricole destiné à l’alimentation et économique pour la création des emplois ruraux et écologique régénérer nos écosystèmes. Les activités de la quinzaine ont surtout porté sur la diffusion de messages de sensibilisation par les médias, notamment sur les conséquencesde l’utilisation des produits chimiques dans l’orpaillage ; l’éducation environnementale en milieu scolaire. Le programme de la présente quinzaine prévoyait également la distribution des matériels d’assainissement (brouettes, pelles, poubelles) aux quartiers de Kayes et aux services régionaux. Lors de la cérémonie, le chef de l’exécutif régional a, aussi, procédé au lancement officiel des travaux de curage des caniveaux dans la ville de Kayes, en prévision de l’hivernage qui est souvent marqué par des inondations. Le gouvernorat a, aussi offert, des équipements aux Comités de développement des quartiers (CDQ) pour les encourager dans leurs efforts d’assainissement de leur environnement. S’agissant de la protection de l’environnement, les populations, notamment les femmes et les jeunes, sont invitées à multiplier les initiatives locales de reboisement, de compostage, de gestion des déchets et à soutenir les effortsde revalorisation des terres dégradées. « L’environnement est notre bien commun et sa préservation est une responsabilité collective et intergénérationnelle », a conclu le général de brigade Moussa Soumaré qui, lors d’une rencontre du Comité régional de veille sur la prévention et la gestion des inondations et des catastrophes, a envisagé de lancer les activités d’assainissement. Selon lui, cette activité doit être permanente pendant toute l’année. « Nous nous engageons à soutenir cette initiative du Gouverneur. Nous sommes les premiers bénéficiaires et les premières victimes. Il est bien d’assainir et il est aussi bien de ne pas salir », a-t-il dit, en faisant allusion aux tas d’ordures qui parsèment plusieurs rues de la cité des rails. En recevant ces équipements, Souleymane Bamba, président du CDQ, a exprimé toute sa satisfaction et a assuré que les Comités de Développement des Quartiers seronten première en matière d’assainissement. On a l’impression que cette question se limite aux seules activités de curage des caniveaux et au balayage des rues. Les agents de la mairie mettent souvent du temps sans ramasser les ordures et des déchets provenant de ces caniveaux et certains collecteurs ne sont pas réparés, depuis belle lurette. En attendant l’évacuation de ces déchets, c’est le vent qui fait son travail, c’est-à-dire l’éparpiller selon sa direction. Quand il y a une tornade, la cour de certaines concessions, voir l’intérieure des chambres, est souvent envahie par de vague de poussière sablonneuse et de déchets plastiques jetés à tort et à travers dans les carrés et même sur les principales artères de la ville. Du haut de leur toiture, certaines personnes ne se gênent point de déverser des tas d’ordure dans la cour voisine, surtout si la concession n’est pas achevée ou habitée. BMS/MD (AMAP)
Le Mali présente ses actions devant la 16e session du Groupe d’examen de l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption
Bamako, 18 juin (AMAP) Le secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Dr Boubacar Diarrah, a détaillé lundi, à Vienne, en Autriche, les mesures prises par le gouvernement malien pour promouvoir une gouvernance transparente et responsable, a appris l’AMAP de source officielle. « La lutte contre la corruption et l’impunité fait partie des préoccupations majeures de notre pays, car elle constitue la principale cause qui fragilise la confiance des citoyens dans les institutions de l’État », a déclaré Dr Diarrah, intervenant devant la 16e session du Groupe d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption dans la capitale autrichienne, Il a ajouté : « C’est à juste titre que le gouvernement a placé la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière au cœur des mesures pour une gouvernance vertueuse dans notre pays. » Le Mali a mis place plusieurs institutions dédiées et de nouvelles structures pour renforcer la lutte et concrétiser cet engagement. « Le Pôle national économique et financier, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, l’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis ou confisqués, ainsi que la Cellule de communication du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme ont été créés », a précisé le secrétaire général. Ces structures visent à renforcer l’efficacité des enquêtes et des sanctions contre les actes de corruption. Dr Diarrah a, également, mis en avant des innovations dans les nouveaux codes pénal et de procédure pénale. Concernant le Code de procédure pénale, il a cité : « la suppression des privilèges et immunités qui constituaient un terreau favorable pour l’impunité de certains agents publics ; l’imprescriptibilité des infractions en matière de délinquance économique et financière en lien avec les biens publics lorsqu’elles sont de nature criminelle ; la suppression des cours d’assises au profit des chambres criminelles au niveau des tribunaux de grande instance pour aboutir à la célérité dans le traitement des affaires criminelles et pour contribuer à désengorger les maisons d’arrêt ; » Il y a, aussi, l’introduction des saisies pénales spéciales qui permettent des saisis en vue de sa confiscation notamment le patrimoine d’une personne mise en cause dans le cadre de la lutte contre la délinquance économique et financière ; et ce, depuis l’enquête préliminaire ; la protection des dénonciateurs, des témoins, des experts et des victimes ; l’introduction de la surveillance électronique comme alternative à la détention dans certains cas ; l’introduction du juge de l’application des peines dont la mise en œuvre se fera progressivement en fonction du niveau de l’effectif des magistrats ; l’institution du collège des libertés et de la détention. Quant au nouveau Code pénal, il introduit des infractions spécifiques telles que « le blanchiment du produit de la corruption, les abus de fonction, le conflit d’intérêt, l’acceptation ou l’offre de cadeaux indus, le recel du produit de la corruption, le népotisme, le favoritisme et la prise illégale d’intérêt », a-t-il énuméré. En termes d’actions concrètes, le gouvernement du Mali a instauré des outils innovants. « La première ligne verte gratuite, 36111, ‘Binkani Kunafoni’, a enregistré plus de 450 appels en 2024, permettant de mettre fin à certains abus », a expliqué Dr Diarrah. Il a également mentionné « l’affichage des frais de justice aux portillons des juridictions pour plus de transparence, la digitalisation des paiements pour le casier judiciaire et le certificat de nationalité, ainsi que le lancement imminent d’un logiciel de gestion des dossiers judiciaires. » Enfin, des initiatives préventives ont été mises en œuvre, notamment l’institution, par le Décret n°2010-624/P-RM du 26 novembre 2010, d’une Semaine nationale de lutte contre la corruption. Cette semaine a « pour objet d’informer l’opinion publique sur les actions entreprises dans le cadre de la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière en République du Mali et de contribuer par la sensibilisation sur le phénomène en vue de restaurer un climat de confiance entre les pouvoirs publics et les citoyens. » Les organes de contrôle et d’inspection coexistent et agissent avec les autres structures impliquées dans la lutte contre la corruption comme l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), le Bureau du Vérificateur général (VBG), l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public, la Section des Comptes de la Cour suprême qui vient d’être érigée en Cour des Comptes avec l’adoption de la Constitution du 22 juillet 2023, sont aussi de l’ordre de la prévention dans la lutte contre la corruption. MMD/MD (AMAP)
Kolondièba : Les agents des Eaux et Forêts renforcent leurs capacités
Kolondièba, le 17 juin (AMAP) Un atelier de formation des agents forestiers sur la législation et la réglementation de la faune et des ressources forestières s’est tenu à Kolondièba, le 17 juin, et a regroupé les agents des services locaux des Eaux et Forêts des Cercles de Kolondièba , Kadiana et Fakola. Il fait suite à un autre de formation des formateurs sur la législation et la réglementation en matière de gestion de la faune et des ressources forestières tenu à Tabakoro, du 17 au 26 février 2025. Le Directeur régional des Eaux et Forêts de Bougouni, Ibrahim Maïga, le chef du Cantonnement forestier de Kolondièba se sont joints aux agents des services locaux des Eaux et Forêts des 3 cercles pour les travaux présidés par le préfet du Cercle de Kolondièba, Boubacar Oumar Traoré. Selon le formateur Youssouf Théra, chef du Cantonnement forestier de Kolondièba, cet atelier « vise à renforcer les capacités des agents de protection de l’environnement. » Il s’agissait pour les agents des eaux et forêts de corriger les insuffisances constatées dans la maitrise des textes par la majorité des agents chargés de leur application. La présentation des thèmes, à travers les diapositives et les discussions, ont édifié les participants sur la réglementation de la gestion des ressources forestières. NK/MD (AMAP)
Journée de l’enfant africain : La campagne « Ensemble pour elle » a démarré (Communiqué)
Bamako, 18 juin (AMAP) Sept pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont, à l’occasion de la Journée de l’enfant africain, célébrée le 16 juin, lancé la campagne régionale dénommée : « Ensemble pour Elle », une initiative majeure pour promouvoir les droits, la santé et l’autonomisation des filles et des femmes, rapporte, mardi, un communiqué des initiateurs. Portée par les gouvernements du Burkina Faso, de la Gambie, du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, du Tchad et du Togo, la Banque mondiale, le Fonds des nations unies pour la population (UNFPA) et de nombreux jeunes activistes, cette campagne s’inscrit dans le cadre du Projet autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne (SWEDD+). Elle vise à lutter contre le mariage précoce, les grossesses non désirées, les mutilations génitales féminines et l’exclusion scolaire, en s’attaquant aux normes sociales néfastes. Lors de la conférence ministérielle de lancement, le directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Sennen Hounton, a souligné que SWEDD+ « vise à autonomiser les filles adolescentes et les femmes, avec un objectif ambitieux d’atteindre directement 2,5 millions de filles adolescentes. » Pour la Banque mondiale, il s’agit d’un « mouvement qui appelle à écouter les filles, investir dans leurs rêves et accompagner un changement systémique ». En Afrique subsaharienne, les défis restent immenses. Au Niger par exemple, 76 % des jeunes femmes sont mariées avant 18 ans, au Tchad, 78 % des filles ne vont pas au secondaire, tandis qu’en Mauritanie, plus de la moitié des jeunes femmes ne sont ni scolarisées, ni en emploi, ni en formation. À travers « Ensemble pour Elle », les pays s’engagent à mobiliser les communautés, les leaders religieux, les médias, et surtout la jeunesse, pour changer durablement les mentalités. La campagne s’appuie sur une Stratégie régionale de communication pour le changement social (CCSC), avec des actions locales : clubs de maris, espaces sûrs pour filles, formations professionnelles, campagnes médiatiques. Ces espaces visent à encourager un engagement communautaire fort en valorisant le rôle essentiel des hommes et leaders communautaires dans la transformation sociale et la réduction des inégalités de genre. En les impliquant activement, la campagne cherche à instaurer un changement durable au sein des familles et des communautés. Depuis 2015, le projet a permis à plus de 1,1 million de filles de rester à l’école, à 255 000 jeunes femmes d’acquérir des compétences et à plus de 1,5 million de femmes d’accéder à la contraception. Près de 20 000 leaders communautaires ont été mobilisés pour promouvoir des normes de genre positives. Avec « Ensemble pour Elle », l’Afrique de l’Ouest et du Centre affirme une volonté collective : bâtir un avenir où chaque fille peut exercer pleinement ses droits et réaliser son potentiel. Cette campagne médiatique fait suite à celle de 2021 : Stronger Together, lancée par le projet précédent, le SWEDD. Celle campagne, menée dans le cadre de la réponse à la Covid-19 pour réduire les effets néfastes de la crise sanitaire sur le bien-être des femmes et filles, a touché plus de 1,5 million de personnes de la population cible. TC/MD (AMAP)
Huitième journée de la session spéciale de la Cour d’assise de Bamako : Dépositions de témoins
Bamako, 17 juin 2025 (AMAP) A la huitième journée du procès de la deuxième session de « l’affaire d’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires », ce mardi 17 juin, Ousmane Bouaré, l’assistant du directeur général de la société Guo star, à l’époque des faits, a comparu, en qualité de témoin pour expliquer le rôle de sa structure lors de l’exécution du contrat. Dans sa déposition, il a souligné que le contrat a exécuté 18 livraisons sur l’ensemble des matériels précisés dans le protocole d’accord. En réponse à une question du parquet général, Koké Coulibaly, sur le montant total payé par le Trésor à Guo Star, Ousmane Bouaré a répondu : « Plus de 69 milliards de Fcfa. » Il a rappelé que la société a été créée en 2008 un capital ne dépassant pas 400 millions. Il a précisé que ce contrat de « l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires » était le premier gros contrat et marché de la structure depuis sa création. « J’assistais et signais souvent certains dossiers à la place du directeur général de Guo star. C’est dans ce sens que j’ai signé trois conventions de financement et sur la base de ces documents 33 milliards de francs Cfa ont été mis à la disposition de la société Guo star », a-t-il avoué. Concernant son rapport avec Sidi Mohamed Kagnassi, Il a expliqué qu’il ne le connaissait pas avant la signature du contrat. Par ailleurs, a dit l’agent de la société Guo star, « Sidi Mohamed Kagnassi avait le rôle de veiller à la bonne exécution du protocole d’accord en sa qualité de mandataire de la présidence de la République. » Quant au témoin, le colonel-major à la retraite, Amadou Makan Sidibé, ex directeur des finances et du matériel (DFM) au ministère de la Défense, il a précisé de ne pas avoir été associé à l’élaboration du contrat. Il a seulement reçu une copie du contrat. « Je n’ai jamais échangé sur ce contrat avec le ministre de la Défense à l’époque des faits », a-t-il dit. Selon M. Sidibé, au total il a passé 15 mois (2012-début 2013) en qualité de DFM au département de la Défense et des anciens Combattants. L’ancien DFM a signalé qu’au niveau du ministère de la Défense, il existe deux formes de contrat : le contrat sous forme de marché et le contrat militaire. Il a expliqué que ce contrat n’est pas un contrat militaire, c’est un contrat qui relève de la procédure normale. « Je ne sais pas pourquoi ce contrat a échappé à la procédure normale », a-t-il dit. « Si ce n’est pas a travers ce contrat, je ne connaissais même pas la société Guo star ». Et de déclarer que sous sa signature, la commission de réception des matériels a été mise en place conformément au texte et règlement en vigueur. Pour ce qui concerne la comparution des témoins, l’ex Premier ministre, Oumar Tatam Ly et l’ancien ministre délégué au Budget, Madani Touré, compte tenu de leur indisponibilité et se trouvant hors du pays tous les moyens technologiques ont été mis en place pour qu’ils puissent faire leur déposition, jeudi prochain. Une décision que l’accusée, Mme Bouaré Fily Sissoko, n’a pas du tout apprécié. La Cour tranchera définitivement cette question, mercredi. ST/MD (AMAP)
San : Clôture de la 26e édition de la Quinzaine de l’Environnement.
San, 17 juin (AMAP) La 26e édition de la Quinzaine de l’environnement, a clos, ce mardi 17 juin à la Maison des jeunes de San (Centre), lors d’une cérémonie présidée par le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Moussa Diarra, a constaté l’AMAP sur place. Dans son discours de clôture, M. Diarra, a fait remarquer que le choix de San pour abriter les travaux de cette 26 è édition s’inscrit dans la volonté du gouvernement de décentraliser les grandes initiatives environnementales, de valoriser les territoires et les savoir-faire locaux, de mettre en lumière les solutions endogènes, les innovations communautaires et les dynamiques locales au service du développement durable. « L’édition de 2025, a-t-il souligné, s’est tenue dans un contexte marqué à la fois par des défis sécuritaires persistants, une exigence écologique croissante et un besoin impérieux d’engagement collectif pour la résilience climatique du Mali. » Au cours de cette édition a souligné M. Diarra « les grandes problématiques environnementales ont été abordées avec rigueur et pédagogie, entre autres la pollution plastique et la gestion des déchets, la déforestation, de la désertification, de la dégradation des terres, la sauvegarde du fleuve Niger, la préservation de la biodiversité et la valorisation des ressources naturelles, l’amélioration du cadre de vie, la promotion du civisme environnemental. Le département chargé de l’Environnement, a indiqué Moussa Diarra a exprimé sa reconnaissance au président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta pour avoir accepté de parrainer cette édition Le secrétaire général du ministère de tutelle a remercié le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga pour sa présence à la cérémonie de lancement et pour l’acte fort qu’il a posé en offrant des mobiliers scolaires fabriqués à partir des sachets plastiques recyclés. En outre, il a adressé ses chaleureuses salutations au Gouverneur de la région de San pour l’accueil, la mobilisation exceptionnelle et l’engagement « qui ont contribué à faire de cette édition une réussite incontestable. » Il a rendu hommage aux forces de défense et de sécurité, les partenaires techniques et financiers, les anciens ministres et parlementaires, ainsi que les hommes et les femmes de médias mobilisés pour la cause, « car il s’agit avant tout, selon lui, d’une campagne de communication et de conscientisation pour un changement de comportement. » La Quinzaine de l’environnement est une campagne nationale de sensibilisation, de communication et de mobilisation. À travers des activités variées, dont les journées portes ouvertes, les conférences-débats, les campagnes de reboisement, les visites de terrain, les émissions médiatiques, les expositions, les formations, les démonstrations, entre autres, organisés sur tout le territoire national, le gouvernement du Mali, par le département chargé de l’Environnement, a porté le message environnemental à toutes les autres couches sociales. Selon le représentant du ministre, nous devons garder à l’esprit que la protection de l’environnement ne se résume pas à une quinzaine d’activités par an. Elle doit s’inscrire dans la gouvernance, les politiques sectorielles, l’économie et les comportements de chaque citoyen. « Nous devons désormais capitaliser les recommandations issues des échanges, renforcer les synergies entre les différents acteurs, pérenniser la dynamique territoriale de protection de l’environnement. Cette cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du gouverneur de la Région de San, le colonel-major Ousmane Sangaré, des cadres du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, des autorités administratives et politiques régionales, locales et communales de San. L’évènement a été marqué par la plantation symbolique d’arbres dans la cour de l’école Santoro Extension, du sketch de la troupe théâtrale Clinzan sur les deux thèmes de cette année : la lutte contre la pollution plastique et la restauration des terres. NC/MD (AMAP)
Solidarité : la Chambre de commerce du Fujian (Chine) fait un don d’une valeur de 18 millions au CAPF
Bamako, 17 juin (AMAP) Le Centre d’accueil et de placement familial (CAPF) a reçu ce mardi, des dons d’une valeur de 18 millions de Fcfa, de la Chambre de commerce du Fujian (Chine) au Mali, lors d’une cérémonie présidée par la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra, Djeneba Sanogo, a constaté l’AMAP. La présidente de la Chambre de commerce du Fujian au Mali, Jiang Youbin, a déclaré que l’institution consulaire organise ainsi sa toute première activité de dons caritatifs dans le pays. « Alors que nous profitons de la belle vie actuelle, de nombreux enfants africains vivant dans des centres d’accueil sont encore confrontés à la faim, à la pauvreté et au handicap. Cette réalité nous appelle à tendre la main et à allumer l’espoir par l’amour. Nous espérons que ces fournitures pourront leur apporter une aide réelle et atténuer les difficultés de leur quotidien », a ajouté la présidente. Mme Diarra, Djeneba Sanogo a indiqué que le don composé de vivres, de sacs d’écolier, de vêtements, de panneaux solaires et de batteries lithium. Selon elle, cette donation vise à améliorer la prise en charge des pensionnaires du centre, tout en contribuant au renforcement des capacités énergétiques du CAPF. La ministre a également souligné que ce geste est plein de signification pour son département car elle est une manifestation de la solidarité agissante envers les enfants. De son côté, l’ambassadeur par intérim de l’ambassade de la Chine, Niu Zhangue, a déclaré qu’il est heureux de constater que la communauté chinoise au Mali travaille main dans la main avec l’ambassade de Chine, en assumant activement sa responsabilité sociale. Pour l’ambassadeur, cette contribution conjointe vise à garantir le bien-être des enfants maliens. Enfin, Il a estimé que cet engagement généreux, à travers l’offre de biens essentiels, est un magnifique exemple de l’intégration profonde des Chinois dans la société malienne. Pour rappel, cette donation est l’une des activités phares de la célébration de la Journée de l’enfant africain, 1le 6 juin, édition de 2025, qui commémore le massacre des enfants de Soweto en 1976 par le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. AC/MD (AMAP)
Effondrement dans une mine chinoise à Bétéya (Kayes) : Plusieurs morts présumés (Source locale)
Kayes, 17 juin (AMAP) Un puits d’or situé dans une mine exploitée par une compagnie chinoise s’est effondré le 16 juin 2025, vers 21 heures dans le village de Bétéya, à environ 10 km de Sitakily, chef-lieu de la Commune, a appris l’AMAP de source locale. « Les recherches et les actions de sauvetage sont en cours, mais nous ne pouvons pas encore confirmer le nombre exact de victimes », a déclaré cette source. Selon les premières estimations, l’incident a causé la mort d’environ quatre personnes, bien que ce bilan reste à confirmer. Les opérations de sauvetage sont compliquées par la présence d’une importante quantité d’eau dans la mine, rendant l’accès difficile. Les effondrements sont fréquents dans les zones minières du Cercle de Kéniéba, dans l’Ouest du Mali où les conditions de travail sont souvent précaires. La nouvelle de ce drame s’est propagée dans l’après-midi du 17 juin, vers 16 heures. De nombreux orpailleurs travaillent la nuit sur ces sites, généralement fermés pendant une bonne partie de la saison des pluies. Les autorités locales et les équipes de secours poursuivent leurs efforts pour évaluer l’ampleur de la catastrophe et porter assistance aux éventuelles victimes. OS/MD (AMAP)

