AMAP : le nouveau DG, Alassane Souleymane, prend fonction
Bamako, 22 oct (AMAP) La passation de service entre le nouveau directeur général de l’Agence malienne de Presse et de Publicité (AMAP), Alassane Souleymane, et son prédécesseur Bréhima Touré, a eu lieu lundi, dans les locaux de l’AMAP. Le nouveau directeur et le partant ont, d’abord, procédé à la signature des documents se rapportant à la gestion de l’AMAP. Ensuite, Bréhima Touré a exprimé un sentiment de satisfaction et d’émotion d’avoir dirigé cette structure pendant presque cinq ans. Il s’est dit heureux que son successeur soit une personne de la famille et très connu dans le monde de la presse. « C’est un professionnel aguerri qui vient de prendre les rênes de l’entreprise. Et l’Agence est un organe principal de la communication publique qui doit être dirigée par un professionnel dont les compétences sont avérées », selon le directeur sortant. S’adressant à son successeur, Bréhima Touré a évoqué les défis auxquels la presse écrite est confrontée, notamment la « dictature de la vidéo ». Dans ce contexte, la presse écrite doit se réinventer pour continuer à vivre. « Il faut quelqu’un qui est prêt physiquement et moralement, mais, aussi, être pétri de compétences et d’imaginations pour affronter les nombreux défis auxquels est confrontée la presse écrite dans notre pays », a déclaré l’ancien directeur. Bréhima Touré a aussi remercié l’ensemble des travailleurs de l’AMAP pour la bonne collaboration qui lui a permis d’être à la hauteur de sa mission. Et d’exprimer son soutien indéfectible à son successeur. Le nouveau directeur, conscient des défis qui l’attendent, se considère comme un homme en mission des autorités du pays, car l’AMAP est une structure stratégique pour l’État en matière d’information. « Aujourd’hui, a relevé Alassane Souleymane, la presse écrite traditionnelle s’interroge par rapport à son avenir à l’heure de la vidéo et des nouveaux médias. L’Essor qui est le produit principal de l’AMAP ne fait pas exception à la règle. » Le nouveau DG promet de travailler avec les hommes et les femmes de l’AMAP pour répondre aux enjeux de la presse écrite, de la publicité et des aspirations de la population en matière d’information et de communication. Il s’est dit heureux de succéder à un journaliste chevronné et amoureux de l’écriture qui a contribué au rayonnement du Mali à travers ses écrits. Le nouveau directeur de l’AMAP est diplômé de la 29è promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de Dakar. Il est détenteur d’un Diplôme supérieur de journalisme, d’une maîtrise en communication et d’une maîtrise en anglais. Alassane Souleymane a été rédacteur en chef de la radio nationale et directeur de la radio Chaine 2 de l’Office de radio et télévision du Mali (ORTM). Il a travaillé, pendant de nombreuses années, à la télévision nationale dans divers desks en tant que reporter et présentateur. Si Alassane Souleymane n’est âgé que de 50 ans, force est d’admettre que sa carrière professionnelle est déjà très riche. Le nouveau DG de l’AMAP a notamment été conseiller technique à la Primature, chargé de mission au ministère de l’Administration territoriale, chargé d’études à la Cellule d’information gouvernementale du Mali (Cigma), rapporteur au bureau du Haut représentant du président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, membre du Comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens, membre de la Commission de rédaction de l’avant-projet de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Grand passionné de sport, Alassane Souleymane a également présidé aux destinées de la Commission Médias de la Fédération malienne de football (Femafoot) pendant plusieurs années. Jusqu’à sa nomination au poste de directeur général de l’Amap, le 21 août dernier, Alassane Souleymane était conseiller à la communication du directeur général de la Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD SA). Depuis 2012, Alassane Souleymane est dans le secteur de communication institutionnelle. Il donne des cours de journalisme à l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication (ESJSC) de Bamako et à la faculté des Sciences sociales et des organisations de l’université de Ségou. Il a aussi été premier président de l’Amicale des anciens étudiants et stagiaires du Cesti (AMACESTI). AMK/MD (AMAP)
Ségou : Forum national sur la coopération civilo-militaire dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent
Ségou, 18 oct (AMAP) Le ministre des Affaires Religieuses, du Culte et des Coutumes, Dr Mahamadou Koné a présidé, vendredi, dans la salle de conférence du gouvernorat de Ségou, l’ouverture des travaux du forum national sur la coopération civile et militaire pour la lutte contre l’extrémisme violent. La cérémonie s’est tenue en présence du gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police Alassane Traoré, du secrétaire permanent de la Politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme (PNLEVT), Zoubeïrou Diallo, du préfet du Cercle, Daouda Diarra et du 1er adjoint au maire de la commune urbaine de Ségou, Aboubacar Sow. On notait également la présence des leaders religieux et des forces de défense et de sécurité. Ce forum qui se déroule du 18 au 19 octobre, est placé sous le thème : « Renforcer la coopération civile et militaire pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent. » Situant le forum dans son contexte, le secrétaire permanent de la Politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme a déclaré qu’il vise à renforcer la coopération entre les forces vives de la nation et les forces de défense et de sécurité dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. Il s’agit spécifiquement d’identifier les nouvelles menaces et stratégies pour contrer la propagation des idéologies et actions des groupes terroristes, de déterminer le rôle de chaque acteur de la chaîne dans la lutte contre ces fléaux, de renforcer la coopération et la coordination entre les acteurs nationaux impliqués, a expliqué Zoubeïrou Diallo. Face à ces maux qui fragilisent davantage notre Etat, le secrétaire permanent du PNLEVT a évoqué la nécessité de privilégier une approche transversale malgré la solution purement militaire qui est, certes, fondamentale mais insuffisante. Pour ce faire, Zoubeïrou Diallo pense qu’il faut encourager la coopération civilo-militaire pour renforcer la résilience, promouvoir le développement et l’accès aux services publics. Quant au ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, il a mis l’accent sur le rôle central de l’échange de renseignements entre acteurs civils et militaires dans la lutte contre le terrorisme. À ce propos, le Dr Mahamadou Koné a exhorté les leaders religieux de mettre à profit ces deux jours de travaux afin de mieux sensibiliser les populations sur l’importance de fournir des informations fiables aux militaires pour gagner des batailles et asseoir la paix dans notre paix. MS/MD (AMAP)
Région de Kayes : Les populations subissent de plein fouet les effets des inondations
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 17 oct (AMAP) On peut se risquer à affirmer que la pluviométrie de cette année est plus qu’exceptionnelle. Les quantités de pluies reçues ça et là ont affecté les populations qui ont subi de plein fouet les ravages des inondations causées par les torrents et les averses tombés dans le pays. Tous les barrages ont enregistré leur trop plein obligeant leur gestionnaire, dans le but de sécuriser l’ouvrage, à procéder à des lâchers d’eau. Le niveau de l’eau était de 928 mm à 8h le jeudi 10 octobre 2024 à Kayes (Ouest) et les localités environnantes. Le lendemain, elle a atteint la côte d’alerte de 948 mm à midi et 959 à 18h. Le niveau est passé à 1.004 le samedi 12 octobre. Le niveau du Bafing à Manantali (en amont du barrage) était de 208,46 mm le 11 octobre 2024 à 8h. À la même date de l’année dernière, il était estimé à 204,21 mm. La côte normale de la retenue de Manantali est de 208,05 mm et la côte exceptionnelle de 211 mm. La Cité des rails et d’autres localités riveraines du fleuve Sénégal et ses affluents offrent un véritable spectacle de désolation ces temps-ci. Les populations de Kayes et ses environs subissent les conséquences des inondations survenues dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 octobre 2024 suite aux lâchers d’eau du barrage de Manantali. Ces inondations ont touché 1 244 personnes et 136 ménages dans les Cercles de Diamou, Kayes et Bafoulabé. Selon les constats de la direction régionale du Développement social et de l’économie solidaire que dirige Amadou Bocoum, il n’y a heureusement pas eu de pertes en vie humaine mais, la cité a enregistré plusieurs personnes sans-abris et subi d’énormes dégâts matériels. La situation est très critique à Kayes Légal-Ségou, un quartier qui s’étend jusqu’aux bordures du fleuve Sénégal. Ici, beaucoup de maisons sont bâties sur le flanc de la côte qui sépare le fleuve de la ville. D’autres se trouvent dans des bas-fonds ou dans des mares. Nul doute que ces habitations et leurs occupants sont sur le fil du rasoir à tous les cas de débordement du lit du fleuve ou d’inondation. Les caniveaux qui existent dans ce quartier populaire depuis belle lurette, ne peuvent pas contenir la forte pression de l’eau de ruissellement. Par conséquent, les riverains assistent impuissants à l’envahissement de leurs cours, maisons et rues par les flots. Dans les situations d’inondations, la circulation devient difficile, voire impossible dans ces zones. Certains sinistrés sont obligés de garer leurs engins quelque part afin de se rendre à pied ou par les moyens du bord à leurs habitations inondées. Certaines structures étaient inaccessibles à cause de l’inondation des rues, des cours et bâtiments. C’était le cas à l’Institut de formation professionnelle-tertiaire (IFP-T) et au groupe scolaire de Kayes Légal-Ségou. Par ailleurs, l’accès à la direction régionale des Eaux et Forêts est difficile à cause des flaques d’eau stagnantes qui bloquent une partie de la voie. À côté du groupe scolaire de Kayes Légal-Ségou, des membres d’une famille ont établi leur « grin » devant leur portail. Ils s’exposent ainsi à des risques d’accidents, à cause de l’étroitesse des rues. Lamine Sylla, chauffeur de son état, est le propriétaire d’une maison inondée. Il explique que les eaux provenant du caniveau ont détruit un pan du mur pour pénétrer dans sa concession et ont provoqué l’effondrement de quatre de ses chambres. LA PIROGUE POUR SE DÉPLACER – À la sortie de la ville, précisément sur la route internationale menant vers le Sénégal, beaucoup de concessions ont été affectées par le débordement de l’eau du marigot qui sépare les villages de Kamankolé/Danfagabougou et Diyalla (Commune de Liberté Dembaya). À Kayes N’Di (rive droite du fleuve), Sidya et Soutoucoulé (Commune rurale de Khouloum), certaines maisons, magasins et étals sont construits aux bordures du fleuve, surtout au niveau du pont submersible. À Soutoucoulé aussi, les maisons se dressent sur des côtes, de part et d’autre du marigot et aux abords du fleuve. Ce village de la Commune de Khouloum, tout comme celui de Kegnou (Commune rurale de Hawa Dembaya) sont menacés d’éboulement. Ici, comme dans d’autres parties de la cité des rails, certains habitants ne dorment que d’un œil par crainte de voir leurs maisons inondées à nouveau. « Nous sommes devenus des Bozos. Nous nous déplaçons à l’aide des pirogues. Il y a de l’eau partout », déplorent certains habitants vivant dans des zones frontalières du Sénégal et de la Mauritanie. Les espaces maraîchers qui jalonnent les bordures du lit du fleuve ont été engloutis par les eaux, donnant des soucis aux maraîchers et à d’autres personnes qui y mènent des activités commerciales. Dans la Commune urbaine de Kayes, la montée d’eau du fleuve a contraint certaines personnes à abandonner leurs maisons pour trouver refuge ailleurs. Ici, ce sont les riverains des caniveaux qui ont surtout senti les inondations car, une bonne partie de l’eau du fleuve a transité par ces ouvrages d’assainissement. À la périphérie de Kayes, Sidya (Commune rurale de Khouloum) a enregistré 152 sinistrés et 21 ménages touchés. Toujours dans cette commune, les statistiques font état de 148 personnes et de 20 ménages touchés à Soutoucoulé. Dans le Cercle de Diamou, la situation est très critique à Modikane, village de la Commune rurale de Logo Sabouciré. L’eau provenant du fleuve Sénégal a débordé jusque dans les concessions, touchant 365 personnes réparties entre 36 ménages. Non loin de ce village situé à environ une trentaine de kilomètres de Kayes, se trouve celui de Bankane qui compte 195 personnes et 20 ménages affectés. À Bafoulabé où le Bafing et le Bakoye se retrouvent pour former le fleuve Sénégal, les sinistrés sont estimés à 36 personnes réparties entre 7 ménages dans le quartier Wassoulou de la Commune de Bafoulabé. Cette liste n’est pas exhaustive si l’on sait que certaines localités du Cercle d’Ambidédi (frontière Mali-Sénégal) sont souvent victimes d’inondations. Toutefois, le directeur régional de l’hydraulique de Kayes, Drissa Sidibé,
Le Syndicat national de l’information, de l’informatique, de la presse et de l’industrie du livre : Des préoccupations sur le tapis
Bamako, 16 oct (AMAP) Le Syndicat national de l’information, de l’informatique, de la presse et de l’industrie du livre (SNIPIL) a tenu, mardi, au Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), une conférence de presse afin d’expliquer les difficultés rencontrées par les travailleurs, notamment les contractuels des différentes entreprises dont les syndicats sont regroupés au sein du SNIPIL. Il s’agit de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), l’Agence nationale de communication pour le développement (ANCD), l’Office de radio télévision du Mali (ORTM), la Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD-SA), l’Agence des technologies de l’information et de la communication (AGETIC), de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP). Et également les comités syndicaux de la direction des finances et du matériel (DFM) du ministère en charge de la Communication, du CNCM et de Graphique industrie. Le secrétaire général du SNIPIL, Bassaro Haïdara, qui a animée la conférence a expliqué, d’entrée de jeu, les difficultés du secteur. « Le secteur de la presse, de l’informatique et de l’industrie souffrent le martyre », a dénoncé le secrétaire général de l’organisation syndicale. Il a aussi rappelé que depuis quelques années, de nombreux travailleurs contractuels de ces différentes structures sont injustement privés de leurs droits à l’Assurance maladie obligatoire (AMO) alors qu’on effectue un prélèvement à la source sur leurs salaires. Selon lui, ces montants ne sont pas malheureusement reversés à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS). De ce fait, les contractuels de ces structures voient leurs droits AMO fermés et ne bénéficient pas non plus des allocations familiales dans ces conditions. Le conférencier a également évoqué d’autres préoccupations des travailleurs liées à la crise énergétique, au retard dans le paiement des salaires dont les répercussions peuvent être ressenties au niveau des banques pour les travailleurs endettés, le manque criard de matériel de travail et de moyens roulants. OS/MD (AMAP)
Sécurité au Mali : La situation reste sous le contrôle de l’Armée (DIRPA)
Bamako, 15 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont fait face à plusieurs attaques en septembre dernier et ont neutralisé 27 terroristes et interpelé une soixantaine d’autres et leurs complices, a déclaré, lundi, le patron de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA), le colonel-major Souleymane Dembélé. Lors de sa traditionnelle conférence de presse mensuelle, le colonel-major a indiqué que « la situation sécuritaire de septembre a été marquée par 13 attaques directes, 9 incidents d’Engins explosifs improvisés (EEl), des embuscades et des exactions sur les populations civiles. » En dépit de ces incidents, « la situation reste sous le contrôle des FAMa qui gardent l’initiative sur le terrain. » Le plus grave de ces évènements malheureux a été la double attaque terroriste du 17 septembre dernier contre l’École de gendarmerie de Faladiè et la partie nord-est de l’aéroport international président Modibo Keita-Sénou. « La riposte vigoureuse des FAMa contre ces attaques a permis de neutraliser 27 terroristes et d’interpeler une soixantaine d’autres et leurs complices », a dit l’officier. Dans son exposé, le directeur de la DIRPA a fait le point de la situation sécuritaire, en fournissant certains détails des opérations exécutées. Il a, aussi, analysé la situation sécuritaire globale avant de faire le résumé des activités du ministère en charge de Défense, dans les états-majors généraux ainsi qu’au niveau de la Force conjointe de la Confédération des États du Sahel. Il ressort de l’analyse de la situation que les Groupes armés terroristes (GAT) entendent mettre à profit la période de l’hivernage marquée par des inondations rendant difficile le déplacement des troupes, surtout avec les engins lourds. Cela, dans le but de renverser la tendance et reprendre l’initiative sur le terrain face aux FAMa, pour étendre leurs zones d’action. À ce sujet, le colonel-major Dembélé a évoqué certaines appréhensions de militaires face à des mouvements de personnes qui ont convergé vers Bamako pour diverses raisons. « Malgré tout, la dextérité et la vive réaction de nos Forces ont permis de vite circonscrire la situation », a assuré l’officier supérieur. Il a, ensuite, déploré «la perte de quelques éléments FAMa lors de ces attaques et de nombreux blessés qui sont tous rétablis aujourd’hui ». Ainsi, du 1er au 30 septembre dernier, les attaques terroristes contre les populations civiles et l’armés ont concerné les localités, entre autres, de Cinzana-gare, Léré, Matomo, Tonka, Bandiagara, Nampala, Moussa Wèrè, Mourdiah, Dogofri, Timissa, Youwarou. Mais aussi, Dirakala, Kationa, Pel-kandia, Songo, Antaba, Wessembougou-peulh dans le théâtre Centre. Sur les théâtres Sud et Est, outre les attaques contre l’École de gendarmerie de Faladié et l’aéroport de Bamako, les actions terroristes ont ciblé les localités de Monzombougou, Dioumara et de Koima (Région de Gao). En réponse aux questions des journalistes, le conférencier a indiqué que la situation dans la Région de Kidal (Nord) est toujours sous le contrôle des FAMa. Il a indiqué que les unités de l’Armée ont aussi mené, du 29 septembre au 9 octobre, une mission de routine dans la localité de Tinzawatène (Nord, vers á la frontière avec l’Algérie). « Cette opération a permis de récupérer les corps de nos éléments tombés lors de l’embuscade de la coalition terroriste, en juillet dernier, qui ont été inhumés avec tous les honneurs », a-t-il dit AT/MD (AMAP)
Les marchés de Bamako dans un sale état
Par Siguéta Salimata DEMBÉLÉ Bamako, 15 oct (AMAP) Légumes pourries jetées à même le sol, sacs plastiques, boue, eau stagnante… C’est dans ce mélange nauséabond que des commerçants de certains marchés passent leurs journées. Et que les clients doivent affronter pour s’approvisionner en denrées alimentaires. De nombreuses plaintes se font entendre dans des marchés de la capitale malienne, Bamako, depuis le début de l’hivernage. Au marché Sougouni coura, selon les usagers, il n’y existe pas d’initiatives concrètes en matière d’assainissement. Les marchands sont alors souvent contraints d’étaler leurs marchandises au milieu des ordures. « La gestion des déchets en cette période d’hivernage constitue un défi majeur », dit Awa Diarra, vendeuse de légumes. D’après elle, les marchands sont obligés de payer eux-mêmes les éboueurs pour faire évacuer les ordures. «Nous cotisons quotidiennement 100 Fcfa chacun pour l’évacuation des déchets. Ma voisine, elle seule, dépense souvent 15 000 Fcfa pour avoir des tricyclistes afin de se débarrasser des siennes», fait-elle savoir. Et cette situation dure depuis une décennie. Même réalité au marché de Kabalabougou. Ici, vendeuses et ménagères déplorent l’insalubrité du marché. Interrogée, Kadiatou Kéïta, vendeuse de légumes frais, affirme que les conditions du marché se sont détériorées au cours des dernières années. Pour faire face à la situation, nos interlocuteurs invitent les autorités à prendre des dispositions pouvant garantir l’assainissement des marchés pendant les saisons pluviales prochaines. «Tous ces déchets que vous voyez ne proviennent pas du marché. 50% de ces déchets viennent des ménages riverains. Cela crée des tensions», regrette Mme Cissé, assise devant sa boutique. Soutenant les propos de nos précédentes interlocutrices, Abdoulaye Cissé, président du Collectif national des marchés du Mali (CNAM-Mali), confirme qu’il y a plusieurs années que l’insalubrité persiste dans les marchés. Se prononçant particulièrement sur le cas du marché Sougouni coura, où il a sa boutique, il déplore le manque de dépotoirs. Ce qui explique le fait que les commerçant collectent individuellement leurs déchets et payent aux éboueurs jusqu’à 2 000 Fcfa pour les faire ramasser. «L’assainissement des marchés ne fait pas, en principe, partie de notre mission. Mais avec la situation actuelle des marchés, nous faisons ce que nous pouvons», ajoute-t-il. Le président de l’Association «Sugu Dieya Ton», Moussa Traoré Bill, soutient également que pendant l’hivernage, de nombreuses activités sont menées au niveau des marchés pour l’assainissement et la protection de l’environnement des marchés de Bamako. Son regroupement organise régulièrement des campagnes de nettoyage en collaboration avec les commerçants et les collectivités locales. « Ces campagnes, poursuit-il, incluent le ramassage des ordures, la désinfection des lieux de vente et la sensibilisation des commerçants et des clients aux bonnes pratiques d’hygiène et de gestion des déchets. « Nous fournissons également des équipements comme des poubelles et des kits de nettoyage pour faciliter l’entretien quotidien des marchés », précise notre interlocuteur. SSD/MD (AMAP)
La Haute administration et les forces armées et de sécurité s’approprient le PNEV
Bamako, 14 oct (AMAP) Une session d’appropriation du Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV), s’est tenue, vendredi dernier, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) destinée à la Haute administration publique, aux Forces armées et de sécurité, aux autorités administratives indépendantes et aux collectivités territoriales, des entités auxquelles la Constitution a réservé une place très importante. Ce Programme a pour objectif général d’instituer un nouveau système d’éducation civique, morale et patriotique basé sur le respect des valeurs et la bonne gestion des affaires publiques. Il vise la formation d’un « autre modèle de citoyen, pétri de qualités remarquables de bâtisseur .» Lors de l’ouverture des travaux présidée par le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, en présence de plusieurs collègues à leur tête, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, a rappelé la nécessité de cette rencontre. Selon Ibrahim Ikassa Maïga, la vocation du PNEV est d’outiller le citoyen malien « tout au long de sa vie, du foyer familial au cadre communautaire jusqu’au niveau de l’État et dans la vie active, en l’éduquant au respect des valeurs socio-culturelles et à la bonne gestion des affaires publiques. » Il a ajouté qu’il s’agit de contribuer « à forger une société plus forte, plus unie et plus fière de ses racines pour mieux se projeter dans l’avenir. » Le ministre Maïga a assuré que les pertinentes contributions formulées au cours de la rencontre feront l’objet d’une attention particulière dans le cadre de la mise en œuvre des activités inscrites au plan d’actions du PNEV 2024-2028. À sa suite, des experts de la Mission d’appui à la refondation de l’État (MARE), comme Pr Ibrahima N’Diaye et Alhousseini Bretaudeau, ont largement expliqué la vision, les objectifs et les axes stratégiques du Programme. Ils ont rappelé les valeurs d’Hommes, de République et de système ainsi que les modes de transmission de ces valeurs. Ils ont, également, souligné quelques principes « de nos valeurs, notamment la dignité, le patriotisme et le courage. » Pendant les échanges, de nombreuses propositions ont été formulées dans le sens de l’amélioration du PNEV. On retient, entre autres, le programme éducatif, la formation dans le secteur de la pharmacopée, la justice, la vérité, la salubrité et le civisme. En réponse, le chef de la MARE, ancien ministre chargé de la Refondation de l’État Mamadou Mohamed Coulibaly, a surtout invité à la nécessaire lecture du document pour se l’approprier. Cela pour dire que l’acquisition du Dans son discours de clôture des travaux, le chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, a soutenu « la nécessité de renforcer l’éducation aux valeurs à tous les niveaux, de rétablir l’autorité parentale, la culture citoyenne et de promouvoir les idéaux de panafricanisme. » Toute chose qui, selon lui, mettra en évidence, la nécessité de la synergie d’action « entre l’ensemble des couches de la Nation en vue de réussir la réappropriation de nos valeurs positives pour un Mali nouveau, refondé avec un nouveau type de citoyen. » « Les actions et les discours doivent prendre en compte les trois principes directeurs de l’action publique, notamment le respect de la souveraineté de l’État, les choix souverains du peuple malien et la défense de ses intérêts en tout lieu et à tout moment », a-t-il signalé. S’adressant aux experts, le chef de l’Administration malienne a fait remarquer que le PNEV doit être un bréviaire pour tous les cadres supérieurs de notre pays. SS/MD (AMAP)
Affaire d’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires : Report sine die pour complément d’informations
Bamako, 10 oct (AMAP) Le procès de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, après une suspension lundi dernier, a repris mercredi, avant d’être renvoyé sine die, quelques heures après pour « complément d’informations », À la demande du parquet, les juges ont ordonné le renvoi de l’affaire devant la Chambre civile d’instruction de la Cour suprême pour l’audition d’anciens Premiers ministres Prenant la parole, le contentieux de l’État a soulevé des exceptions par rapport à l’audition de certaines personnes pour la manifestation de la vérité, notamment les anciens Premiers ministres Oumar Tatam Ly et Moussa Mara, le ministre délégué du Budget d’alors, Madani Touré, l’ancien ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé de la Promotion des Investissements et de l’Initiative privée, Moustapha Ben Barka et l’homme d’affaires français Marc Gaffajolli. Le ministère public a appuyé le contentieux de l’Etat, estimant que même l’ancien président de la République, feu Ibrahima Boubacar Keïta (IBK) devait être entendu dans cette affaire, s’il n’était pas décédé, Le parquet a ensuite demandé le renvoi du dossier pour une autre session pour complément d’informations. « Il y a des zones d’ombre dans la procédure. Nous estimons qu’il y a encore des personnes à entendre. Il faut que celles-ci soient là pour asseoir certaines vérités. Ordonnez un complément d’informations, conformément à l’article 285 du Code pénal », a-t-il requis. Les avocats de la défense sont pas du tout de cet avis du procureur général Kokè Coulibaly. S’alignant sur une même ligne de défense, ils ont sollicité la Cour de ne pas suivre l’avocat général dans sa démarche. « C’est un manque de courage de sa part, il n’a pu rien démontrer », a lancé l’un des conseils. Et un autre d’ajouter que l’intervention du parquet et celle du contentieux démontrent qu’ils n’ont rien contre leurs clients. Ajoutant que le ministère public est en difficulté et devrait être courageux en renonçant à la poursuite. Pour les avocats de la défense, le dossier est vide et cela a été compris par tous après deux semaines de débats et que son renvoi est impossible à moins qu’un acquittement ne soit prononcé. Le parquet est revenu à la charge en expliquant clairement la nécessité de l’audition de certaines personnes. « C’est déterminant pour la manifestation de la vérité ». Après cette joute verbale entre les parties, la Cour s’est retirée pour statuer sur la question. Elle est revenue pour suivre le ministère public dans sa logique, en ordonnant le renvoi de l’affaire devant la chambre civile d’instruction de la Cour suprême pour « complément d’informations » pour entendre les anciens Premiers ministres Ly et Mara et le ministre délégué du budget à l’époque Madani Touré, ainsi que pour produire les factures des contrats du protocole Guo-Star au niveau du budget. Lorsque le président de la Cour, Bamassa Sissoko, a annoncé le renvoi du procès, la salle s’est immédiatement vidée. Et les inculpés présents n’ont pas caché leur mécontentement face à cette décision. Les mis en cause doivent attendre encore pour connaître leur sort. En attendant, seul Mahamadou Camara qui a obtenu une libération sous caution rentre chez lui. Quant aux autres accusés, ils retournent tous en détention. Leurs conseils entendent user des voies de droit pour demander la liberté provisoire avant la reprise du procès. Selon l’avocat de Mme Bouaré Fily Sissoko, Me Dianguina Tounkara, sa cliente avait demandé en vain auprès de la même chambre l’audition de ces personnalités. « On a ignoré cette demande de l’ancienne ministre chargée des Finances, mais la même requête a été réitérée au cours des débats », a déclaré Me Tounkara, tout en précisant que la Cour n’a pas pu statuer sur le sort de leurs clients détenus, mais sur le renvoi demandé par le parquet. TC/MD (AMAP)
Arachide : Une denrée à la fois importée et exportée
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Par Bamako, 9 oct (AMAP) En cette période, l’arachide est le produit vedette qui capte immédiatement l’attention des usagers du marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako. Les sacs d’arachides de certains commerçants grossistes et les étals surchargés des détaillants, peu soucieux de l’ordre public, débordent sur la principale voie bitumée qui traverse ce marché. Piétons et conducteurs d’engins doivent redoubler de vigilance pour éviter les accidents. Entre commerçants, la concurrence est rude : chacun interpelle, à sa manière, les passants. Dans cette zone surnommée «Bougouni place», l’arachide se vend comme du petit pain. Président du marché des arachides de Ouolofobougou, Abdoulaye Konaté, entouré de plusieurs vendeurs et revendeurs, explique que l’arachide est à la fois une denrée importée et exportée. « Avant que notre propre récolte ne débute, nous importons l’arachide de la Côte d’Ivoire. Ensuite, nous l’exportons au Sénégal, d’où les Gambiens s’approvisionnent également », explique notre interlocuteur. Il précise que la « campagne de l’arachide » commence au Mali après celle de la Côte d’Ivoire. « Ici, l’exportation se fait avec un chargement quotidien de quinze à vingt wagons », dit-il. Le prix du sac d’arachide de 100 kg fluctue selon l’état du marché : vendu actuellement à 18 000 Fcfa, il peut parfois atteindre 25 000 Fcfa ou descendre à 15 000 Fcfa. Et le sac de 100 kg de cacahuètes destinées à la fabrication de pâte d’arachide est vendu à 70 000 Fcfa. Abdoulaye Konaté estime que ce commerce est très bénéfique pour l’économie nationale, notamment grâce aux frais de douane qui peuvent aller jusqu’à plus de 250 000 Fcfa par camion. « Chaque camion doit s’acquitter de ces frais, ce qui constitue une source de revenus non négligeable pour le pays », commente le commerçant. Il note qu’une bonne partie de sa marchandise provient des Régions de Sikasso et de Bougouni, notamment des localités de Kolondièba et de Wassolo. À quelques mètres de là, Moussa Haïdara, un autre exportateur, explique que ses principaux clients sont des étrangers et des femmes locales. « Nous avons des jeunes qui se chargent d’exporter notre arachide vers le Sénégal et la Gambie », affirme-t-il. Selon lui, la qualité du produit joue un rôle déterminant dans les revenus. « Avec une arachide de bonne qualité, il n’y a pas de souci à se faire. Les clients paient le prix fort pour la qualité », assure-t-il. Cependant, des problèmes peuvent survenir, comme quand les cacahuètes pourrissent en cas de panne des véhicules de transport. Selon Moussa, la production est excédentaire cette année, ce qui permet de couvrir largement la demande locale et d’exporter vers des pays voisins, particulièrement le Sénégal. « Nos gros clients sont des Sénégalais. Certains achètent jusqu’à 60 sacs à la fois », confie-t-il. TracasserieS – Medoun Sarr, un exportateur sénégalais, fait face à d’importantes difficultés lors de l’acheminement de ses cargaisons. Bien que « les documents requis (feuille de route, certificat sanitaire, etc.) soient en règle », il se plaint des contrôles routiers fréquents qui bloqueraient les marchandises pendant des heures. « Nous obtenons ces documents qui coûtent 40 000 Fcfa auprès de transitaires agréés, mais lors des contrôles, on nous dit souvent qu’ils ne sont pas valides », se plaint-il. « Récemment, ma cargaison a fait deux jours de route à cause des douaniers. Pour éviter des pertes, j’ai été obligé de payer 500 000 Fcfa », accuse le commerçant sénégalais. Il appelle les autorités maliennes à s’impliquer pour faciliter les procédures. Massama Sidibé, un vendeur d’arachide depuis plus de dix ans, discute avec un client en français du prix des sacs d’arachide. Prenant quelques graines dans sa main pour bien le faire voir au client, il met en avant l’importance de l’exportation pour soutenir la production locale. « Le Mali ne peut pas consommer toute l’arachide qu’il produit. L’exportation est donc essentielle pour réguler les excédents et stimuler la production », soutient-il. Selon le chef de la division statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry l’arachide constitue l’un des moteurs de l’économie nationale. M. Barry estime que la promotion de cette filière peut contribuer à améliorer le Produit intérieur brut (PIB) à travers la vente de l’arachide coque et l’huile d’arachide. Et de souligner qu’en 2023, les superficies emblavées en arachide sont de 494 788 ha sur une prévision de 493 174 ha, soit 100,33% de réalisation. La production est de 454 736 tonnes en 2023 contre 442 679 tonnes en 2022, soit une hausse de 3%. Samba Barry précise que les principaux bassins de production sont les régions de Koulikoro, Kayes, Bougouni, Kita et Sikasso. FMS/MD (AMAP)
Hivernage au Mali : Montée inquiétante des eaux
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 8 oct (AMAP) La saison des pluies de cette année est particulièrement dévastatrice aussi bien au Mali que dans la sous-région. À ce jour, la cote d’alerte de 1967 est est atteinte et même dépassée sur différentes portions des cours d’eau du Mali. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés dans les inondations à travers le Mali. Il y a 187 767 sinistrés dont certains sont logés dans des écoles. C’est donc désormais une évidence : les cours d’eau débordent et la situation hydrologique du Mali inquiète. De Banankoro, sur le fleuve Niger, à Gourbassi (Ouest) sur le Falémé, en passant par Kéniéroba et Sélingué sur le Sankarani, Koulikoro, Ségou, Ké-Macina (Centre), Diré et Ansongo (Nord) sur le Niger, l’alerte critique aux crues est déjà lancée depuis des semaines. La montée des eaux est spéculaire de Bamako, la capitale à Sofara (Centre) en passant par Beleny Kegny à San, Banankoro, Ké-Macina et Mopti (Centre). Selon un communiqué du Centre de coordination et de gestion des crises, les précipitations enregistrées dans la Bande sahélienne et localement au nord des pays du golfe de Guinée (Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Nigeria et la Guinée Conakry) ont été supérieures de 120 à 200% aux moyennes de ces cinq dernières années. La situation hydrologique le long des fleuves Niger et Bani est marquée par la poursuite de la montée des niveaux d’eau. Une situation qui provoque déjà des débordements des eaux du cours normal par endroits. Les seuils d’alerte sont dépassés notamment à Bamako. Plusieurs zones de la capitale sont mises en vigilance rouge, indique le Centre de coordination et de gestion des crises. Il s’agit de Kalaban Coro, sur toute la partie de la station de pompage de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP), Djicoroni para, de Badalabougou (sur toute la zone située entre le palais de la culture et l’ancienne ambassade du Sénégal), de la Cité du Niger surtout la zone de l’hôtel Mandé, de Sotuba zone industrielle, de la Corniche du cinquantenaire (aux alentours de la brigade fluviale). Autres localités concernées : Koulikoro (partie avale de la brigade fluviale, le village de Diarrabougou), Ségou (village de Sekoro et quartier Somono), San (Bélény Kegni. Goukoro), Djénné (Sy, Touara, Soala), Mopti ville (zone périphérique de la confluence Ban/Niger), Diré, Tombouctou (Koryoumé), Banankoro, Ké-macina et Diafarabé. A cet égard, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, secrétaire permanent du Comité interministériel de gestion des crises et des catastrophes, invite « les populations à l’évacuation des zones riveraines car la montée continue et les apports d’eau sont très importants. » Pour mieux appréhender la situation actuelle, l’analyse des spécialistes de l’hydraulique comme le Dr Abdrahamane Sylla, spécialiste en hydrologie et observateur des cours d’eau, assure que les risques de débordement et d’inondations sont réels. « La montée des eaux continue avec une cadence très importante, ce qui présage des risques d’inondations dans les semaines à venir », alerte-t-il. Selon lui, la situation hydrologique particulière de cette année a été prédite par les services météorologiques annonçant que cette année, l’hivernage sera marqué par une pluviométrie exceptionnelle. « Ainsi, à ce jour, explique-t-il, la cote d’alerte est dépassée de 20 cm à Bamako. « Ce dépassement va continuer. Il faut noter que Banankoro (Kangaba) constitue la première station d’observation du fleuve Niger à son entrée sur le territoire malien à partir de la Guinée. À ce jour, le niveau de montée d’eau à Banankoro est estimé à 744 cm contre 508 cm en 2023, 691 cm en 2018 et 712 cm en 1967. Le seuil d’alerte étant fixé à 750 cm », explique notre interlocuteur. De la réunion du Comité interministériel de gestion de crises et catastrophes, tenue le 19 septembre dernier au Centre de coordination et gestion des crises (CECOGEC), il ressort un cumul de 377 cas d’inondations depuis le début de l’hivernage, 6 cas de vents violents, 8 cas de foudre, 30 209 cas d’effondrements et 32 822 cas de maisons à risque d’effondrement ou endommagées. Cette situation a engendré 187 767 personnes sinistrées, soit 53 417 hommes, 58 676 femmes et 75 674 enfants. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés. SEUIL D’ALERTE – Il ressort du bulletin d’information des services hydrauliques qu’à Kénieroba, à la confluence Sankarani/Niger, le niveau d’eau actuel est estimé à 608 cm contre 428 cm en 2023, 647 cm en 2018 et 650 cm en 1967, alors que le seuil d’alerte est de 650 cm. Quant au barrage de Sélingué, toujours sur le Sankarani, le niveau d’eau est estimé aujourd’hui à 346,48 m contre 346,50 m requis. À Bamako, sur le Niger, le niveau d’eau est estimé à 390 cm contre 393 cm en 2018 et 390 cm en 1967, le seuil étant de 380 cm, soit un dépassement de 10 cm. À Kayes sur le fleuve Sénégal, le niveau de l’eau est de 752 cm contre 379 cm en 2023, 587 cm en 2022 et 976 en 1967, alors que le seuil est fixé à 859 cm. À Gourbassi sur la Falémé, le niveau d’eau est aujourd’hui de 650 cm contre 377 cm en 2023, 444 cm en 2022 et 538 cm en 1967. Dr Sylla indique que cette situation présage divers types d’inondations, notamment les celles par la formation de crues torrentielles suite aux fortes pluies, les inondations par le ruissellement urbaine et agricole mais aussi les inondations par les montées d’eau ou celles liées à la crue du fleuve. Notre interlocuteur signale aussi les apports d’eau qui viennent toujours de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, de façon générale des pays voisins. Pour cause, les fleuves sont interconnectés entre les pays. Parlant des lâchers d’eau qui ont commencé, il y a un mois, au niveau de différents barrages, notre interlocuteur explique que le processus se fait à travers un mécanisme bien maîtrisé par les services hydrologiques. « Ici, le mécanisme est

