Mopti : 3è édition de la Journée du meilleur enseignant
Mopti, 30 déc (AMAP) L’Académie d’enseignement (AE) de Mopti (Centre) a organisé, vendredi, la 3è édition (2023-2024) de la Journée du meilleur enseignant qui a mis à l’honneur 30 nominés de tous les ordres d’enseignement de la circonscription. Au cours de cette activité pédagogique, qui vise à magnifier et stimuler la performance et le don de soi des enseignants pour la cause noble, le modelage du citoyen, 30 nominés de tous les ordres d’enseignement de l’académie étaient à l’honneur. Ils ont chacun reçu des distinctions honorifiques et beaucoup de cadeaux. Parmi les nominés, trois enseignants se sont distingués par leur courage et leur rendement. Ce qui leur a valu d’être les lauréats de cette 3è édition. Il s’agit de Mme Adiara Konaté Madiama, du 1ercycle Centre d’animation pédagogique (CAP) de Sofara, première du classement, suivie de Mme Mathib Dabou et de Ousmane Niangaly. La remise des prix, qui s’est déroulée dans l’enceinte de l’AE, était présidée par le gouverneur de la Région, le général de brigade Abass Dembélé, en présence du directeur national de l’enseignement fondamental, Issouf Arber Bedarî Touré , de la présidente de la société civile de Mopti, Mme Diallo Tata Touré ,marraine de l’édition 2024. Elle a aussi mobilisé les chefs de services régionaux, les élus, les forces de sécurité et les partenaires de l’école. Pour le directeur de l’AE de Mopti, qui s’est dit « profondément attaché à la mission de l’école qui porte en elle les valeurs de notre République », la cérémonie est un moyen essentiel d’intégration et de lutte contre l’exclusion. » Elle permet aux enfants d’acquérir des connaissances et le repère qui les aideront à mieux comprendre leur rôle et responsabilités dans notre société en tant qu’adulte. » Ceux qui transmettent les valeurs aux enfants, la culture du goût d’apprendre, le sens de l’effort et du travail bien fait « méritent toute la reconnaissance de la société » justifiant l’institution de cette journée. Le directeur national de l’enseignement fondamental, Issouf Arber Bedarî Touré, a apprécié l’initiative à sa juste valeur, qui, selon lui, « rentre dans le cadre des orientations générales données par les plus hautes autorités à savoir récompenser le mérite et sanctionner la faute qui sont des principes cardinaux de l’administration. » Il a salué l’initiative qui montre « la reconnaissance de l’Etat envers tous les enseignants souvent anonymes qui se trouvent dans des endroits très éloignés et qui accomplissent leur devoir avec foi, abnégation et persévérance pour forger les futures générations. » Le gouverneur, le général de brigade Abass Dembélé, a indiqué que le directeur de l’académie « dans son rôle de leadership a voulu créer une saine émulation pour pousser les enseignants à donner le meilleur d’eux-mêmes au bénéfice des enfants. » « J’exprime nos encouragements et notre gratitude au directeur Daouda Doumbia et son équipe pour l’initiative et leur réitère l’engagement de notre accompagnement ». a conclu le gouverneur. La lauréate, Mme Adiara Konaté, a dédié cette recompense à tous les acteurs du monde scolaire « pour la culture de l’excellence. » DC/MD (AMAP)
Nioro du Sahel (Ouest) : Enlèvement d’un leader religieux par des individus non identifiés
Nioro, 28 déc (AMAP) Le khalife général de Nioro, Ahmadou Hady Tall, a été victime d’un enlèvement, jeudi, par des individus non identifiés quand le guide religieux quittait la ville, dans l’Ouest du Mali, pour se rendre à Diabidiala, village peulh à une quinzaine de km au sud, pour participer à une ziarra annuelle dans cette localité, selon des témoins. Vers 11 heures, Ahmadou Hady et plusieurs membres de sa famille dont son premier garçon, son jeune frère, l’imam de la mosquée de Koulouba et son chauffeur ont été interceptés, sur le chemin du retour aux environs de 14h00, par des hommes armés, à bord de trois véhicules. Les assaillants ont tiré sur la voiture du chef religieux, obligeant le chauffeur à s’arrêter. Les ravisseurs voulaient enlever tous les occupants du véhicule, mais le khalife Ahmadou, âgé de plus de soixante ans, aurait proposé de laisser partir « tous les autres. » « Faites de moi ce que vous voulez », aurait-il lancé aux ravisseurs qui ont libéré ses accompagnateurs. Ceux-ci sont rentrés à Nioro, tard dans la soirée. Ahmadou Hady, descendant de El Hadj Omar Tall, considéré comme une des grandes figures de la Tidjania en Afrique de l’Ouest, a été conduit vers une destination inconnue. Dès l’annonce de la nouvelle, c’est l’émoi dans toute la ville de Nioro. Les Forces armées maliennes (FAMa) du camp militaire, qui porte le nom de son grand-père, El Hadj Omar Tall, ont aussitôt organisé une patrouille dans la zone. Les recherches continuent, sans succès pour l’instant. khalif Ahmadou Hady a succédé à son père Thierno Hady Tall, après le rappel à Dieu de ce dernier en 2007. Chaque année, il mobilise plusieurs milliers de personnes venant de tout le Mali et des pays voisins pendant une semaine pour la célébration de sa rencontre traditionnelle religieuse ou Ziarra. Le khalife a toujours joué la modération, à chaque arrestation de personne suspecte, au point d’être accusé d’être un « chef djihadiste. » Il joue un rôle important dans le développement de la Région de Nioro. Il appuie l’administration dans l’organisation des grands évènements. Pendant les périodes de grande chaleur, il offre de l’eau aux femmes de plusieurs quartiers de la ville. Rares sont les activités qui se tiennent à Nioro sans l’apport de Ahmadou Hady. Le gouverneur de la Région, le général de Brigade Aly Annaji a dépêché une délégation pour apporter son soutien à sa famille, en assurant que tout sera mis en œuvre pour un dénouement heureux. Des prières ont été organisées dans toutes les mosquées de la ville pour le retour rapide du guide religieux.. MD/MD (AMAP)
Intronisation du nouveau chef de village, chef coutumier de Goundam (Nord)
Goundam, 27 déc (AMAP) Elhadj Ibrahim Touré, officier de police à la retraite, a été intronisé, en qualité de nouveau chef de village, chef coutumier de Goundam, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée, dimanche, sur la grande place de la mosquée de la ville. Cette cérémonie d’intronisation, placée sous le thème : » Paix et développement durable du cercle de Goundam » et sous la présidence du préfet du Cercle de Goundam, Kabaou Dolo, du maire de Goundam et de l’Association des Ressortissants de Goundam, consacre le remplacement du précédent chef coutumier de la ville, feu Raffi Amirou Touré. De nombreux parents, amis, proches, des autorités administratives et politiques, toutes les légitimités traditionnelles, jeunes et femmes, des représentants de légitimités traditionnelles des villages voisins de Goundam, une forte représentation des ressortissants de la diaspora au Sénégal, de l’Europe, ont pris part à cet important événement. Dans un cadre dressé pour recevoir les illustres invités, parfaitement décoré et des sièges bien ordonnés, les marabouts, à leur tête le grand Imam de la grande mosquée de Goundam, Amadou Almamy Cissé, ont procédé à la lecture du saint Coran. Les autorités installées en face ont suivi religieusement la mélodie des versets coraniques entonnée par les guides religieux. Des griots, qui se tenaient autour du nouveau chef coutumier ont chanté ses louanges. De l’autre côté de l’abris en bâche, les femmes ont chanté des oeuvres du terroir, exprimant ainsi toute leur joie au son de tam-tams et sur des pas de danse cadencés, accompagnés de cris stridents ou de « you-you ». Une ambiance chaleureuse et conviviale de grand jour de fête. S’en suivi la cérémonie traditionnelle proprement dite, la remise des symboles de la chefferie et la frappe du turban d’investiture. Plusieurs témoignages, notamment, d’amis d’enfance, de collaborateurs, de frères et sœurs et ceux de la diaspora. Tous ont, unanimement, rendu grâce à Dieu en ce « jour mémorable qui consacre officiellement M. Touré chef de village de la ville de Goundam » Ils ont exprimé des vœux de longévité, de santé, la foi, pour lui permettre d’accomplir « sa noble et exaltante mission. » A la fin de la cérémonie, le chef de village a été accompagné à son domicile au son du tam-tam et de danses par une foule enthousiaste et fière après le sacre de leur nouveau chef. AAT/MD (AMAP)
Région de Kayes : « Kakoulou 2025 », un modèle de développement communautaire durable
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 26 déc (AMAP) Les populations de Kakoulou (maison propre en Soninké), un village de la Commune rurale de Logo, dans le cercle de Kayes (Ouest), ont adopté la règle selon laquelle le développement local nécessite l’implication de tout le monde. Deux jours avant la fête de Noël, sur invitation des populations de ce village à dominante chrétienne, le gouverneur de la Région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, a procédé au lancement officiel du Projet Kakoulou 2025. Une initiative communautaire, dont l’objectif est de promouvoir le développement local, et qui est estimée à plus de 200 millions de Fcfa, dont une mobilisation initiale d’environ 70 millions de Fcfa. « Kakoulou 2025 n’est pas seulement un plan de développement, c’est aussi un témoignage de ce qui peut être accompli lorsqu’une communauté s’unit autour d’un objectif commun, ouvrant la voie à un avenir brillant et durable pour les générations à venir », a expliqué Georges Diawara, représentant de la communauté de Kakoulou. « Nous pouvons faire de grandes choses sans attendre l’Etat et ses partenaires. C’est ça le Mali Kura : ne pas croiser les bras et attendre l’Etat, les partenaires », a déclaré le général de brigade Moussa Soumaré, qui félicité les habitants de cette contrée pour leur initiative exemplaire. Kakoulou fait partie du riche patrimoine culturel et historique de la Région de Kayes. Rappelons que le royaume de Logo, dont la capitale est Logo-Sabouciré, fut fondé en 1600 par Dra-Makan Sissoko ou Makan Fatouma Sissoko, un Malinké originaire du Diébé. Le Djébé regroupe essentiellement les Communes de Kassama et Sitakily, relevant toutes du Cercle de Kéniéba. Sabouciré « Sabouya Kagni (une bonne opportunité en Soninké) » constituait pour les Français un « verrou » qu’il fallait faire sauter pour poursuivre la colonisation vers Bafoulabé. Le 22 septembre 1878, le roi Nia Mody Sissoko, chef de canton d’alors, refusant le joug de l’homme blanc qui venait de pénétrer dans son royaume, a été abattu sur le fleuve Sénégal. D’après certains récits, des notabilités lui auraient conseillé de se rendre sur la rive droite du fleuve Sénégal pour échapper à la captivité. Cet assassinat a vu le premier coup de canon tiré au Mali. C’est en mémoire de cette bataille que le défunt président Amadou Toumani Toure (2002-2012) a lancé le mois du Cinquantenaire de l’indépendance du Mali, le 1er septembre 2010 à Sabouciré. Le 14 novembre 2011, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret relatif au classement dans le patrimoine culturel national du site historique du champ de bataille de Logo. Plus tard, la Mission catholique s’est installée dans le village voisin de Kakoulou où elle s’est investie dans le domaine de l’éducation, de la santé, parmi tant d’autres. Grâce aux missionnaires chrétiens, beaucoup d’enfants de ce village, parmi tant d’autres, sont devenus des cadres. Avant la création du second Cycle de Kassama, les élèves de l’Ecole catholique de ce village poursuivaient leurs études fondamentales à Kakoulou. L’unique établissement scolaire de Kassama est devenu une école publique vers 1975. Cependant, force est de constater que malgré cette richesse culturelle, les habitants de Kakoulou, à l’instar de ceux des autres villages de la Commune rurale de Logo, peinent à disposer de fonds pour des investissements afin d’avoir accès à l’eau potable, à l’électricité et à un système éducatif moderne. Ayant pris conscience de ces insuffisances, la jeunesse de Kakoulou s’est, sous l’égide de Mamady Kanté, organisée pour mener des réflexions sur des voies et moyens pouvant faire sortir son village du gouffre. Kakoulou 2025 a ainsi pris corps à travers l’instauration d’une cotisation mensuelle et volontaire pour tous les habitants, selon leurs moyens. L’approche a permis de réorienter progressivement la dynamique collective vers un développement durable du village, chef-lieu de la Commune rurale de Logo. Après de récents travaux qui ont permis aux habitants d’ériger un mur d’enceinte tour du cimetière commun (musulman et chrétien), les populations se sont engagées à améliorer de manière significative la qualité de vie dans leur village. C’est pour cette raison qu’ils ont initié le projet « Kakoulou 2025 ». Les actions envisagées s’articulent autour de cinq domaines clés. Pour améliorer les infrastructures, la communauté entend construire et équiper trois nouvelles salles de classe pour la nouvelle école de Kakoulou. Elle envisage d’achever la construction de l’école de Ségankané situé sur la rive droite du fleuve. L’éducation étant une des clés du développement durable, ces améliorations visent à créer un environnement propice aux apprentissages, à réduire le taux d’abandon scolaire et à offrir de meilleures opportunités aux enfants et aux adolescents du village. Au chapitre des infrastructures routières, les villageois prévoient la construction de six km de routes et des systèmes de canalisation pour faciliter davantage la mobilité et l’accessibilité, stimuler les activités de l’économie rurale et contribuer à l’amélioration de la santé publique et de l’assainissement à travers une meilleure évacuation des eaux de pluie. Grâce à ce projet, Kakoulou sera aussi doté de cent lampadaires solaires le long des voies qui seront aménagés en vue d’améliorer la sécurité routière et permettre aux gens de mener leurs activités après le coucher du soleil. Il contribuera à réduire les actes de délinquance accentuée d’année en année par la pauvreté. Dans le cadre de l’Approvisionnement en eau potable (AEP), un forage sera entièrement rénové et équipé d’un système de pompage solaire. Trois nouvelles bornes fontaines seront installées à des points stratégiques du village. Un second forage sera destiné à l’école publique, distante du village d’un kilomètre. Ces systèmes d’adduction d’eau auront un impact significatif sur la santé de la population, par la réduction des maladies d’origine hydrique, et améliorera la qualité de vie, en général, dans le village en allégeant le travail domestique des femmes. Le projet prévoit la rénovation du terrain Kalakoto Sissoko, l’organisation de tournois sportifs impliquant les villages, la valorisation de places publiques ou « beras (en langues Malinké et Khassonké », la célébration avec éclat de la traditionnelle « Fête de l’Indépendance » qui sera marquée par l’inauguration des réalisations de « Kakoulou 2025 » et
Début de la 2e édition de la Foire artisanale et agricole de Koutiala (Sud)
Koutiala, 24 déc (AMAP) La 2e édition de la Foire agricole, artisanale, commerciale et industrielle de Koutiala, du 19 au 29 décembre 2024, a ouvert ses portes, avec une centaine d’exposants et sous le signe de l’intégration et de la cohésion sociale. Organisée par la direction régionale de l’Artisanat, les Chambres consulaires et les partenaires au développement de la Région de Koutiala, cette édition a pour thème : « Artisanat : défis et perspectives pour le développement de la Région de Koutiala. » Instituée en 2023 par les autorités de la Région, « la foire » Mamaalaa chiaan n’Tanga » est devenue une réalité et mérite d’être soutenue par les filles et fils de la région, afin de lui imprimer une image de marque et une portée historique », selon le conseiller aux Affaires économiques er financières, Moussa Guindo, représentant le gouverneur de région. « Face à l’immensité de la situation dont souffre actuellement notre région sur le plan de l’artisanat, cette foire sera un espace idéal d’expression du savoir-faire artisanal mais, aussi, de transformation agricole et contribuera à l’approvisionnement des populations en produits de qualité à des prix promotionnels », a-t-il. Le conseiller au gouverneur a invité l’ensemble des partenaires techniques et financiers de la région « à plus de soutien en vue de favoriser l’émergence des entreprises du secteur de l’artisanat. » Ce secteur est reconnu comme un grand pourvoyeur d’emplois dans la région. Les organisateurs ont salué le général d’armée, Assimi Goita, Ppésident de la Transition, qui a mis à la disposition de la région un titre foncier au quartier Koko pour la construction du village artisanal. ID/MD (AMAP)
Rue marchande de Kati : La 8ème édition lancée samedi
Kati, 21 déc (AMAP) L’édition 2024 de la traditionnelle rue marchande de Kati a été ouverte, samedi après-midi, dans la ville de Kati sous la présidence du premier adjoint au préfet du Cercle de Kati, M. Issa Pléa accompagné du 2e adjoint au Préfet, M. Arouna Berthé et du parrain de l’événement, M. Gadiaba Cissé. Cet évènement dénommé, cette année, Foire Alliance des Etats du Sahel (AES), est né de la volonté des autorités communales de pérenniser l’activité pour favoriser ainsi les échanges entre les différentes couches socio-économiques de la Commune urbaine de Kati. Elle est organisée chaque année par la Mairie de la Commune urbaine de Kati en relation avec l’Association des commerçants détaillants de Bamako et de Kati. Selon les autorités communales, les éditions antérieures ont, chacune, contribué fortement à développer une somme d’expériences dans l’organisation et la gestion de cette activité à vocation commerciale. Cette 8e édition dont la particularité est l’implication des deux autres pays de l’AES offre l’opportunité aux opérateurs économiques de Kati, du Burkina Faso et du Niger habitant dans la commune d’échanger, de communiquer et de commercer avec leurs homologues de Bamako, des autres localités du Cercle de Kati et du Mali. Cette ouverture a été marquée par plusieurs interventions, des prestations d’artistes et la visite des stands. La foire continue jusqu’au 2 janvier 2025 AK/MD (AMAP)
Pêche : La rareté du poisson s’installe
Par Fadi CISSÉ Bamako, 20 déc (AMAP) Lundi 16 décembre. Il est 7 heures du matin, le thermomètre affiche déjà les 19°C. Devant la façade d’un hôtel de la place, coté berges du fleuve Djoliba. La place est réputée être à la fois un débarcadère et un marché aux poissons de la capitale. Le visiteur est assailli par des relents de poissons en décomposition, des tas d’écailles et autres déchets de poissons. Des mouches qui survolent, des cris et interpellations de mareyeuses qui sentent toutes le poisson, complètent le décor. Nana Thiéro est justement une mareyeuse. Assise sous un parasol, faisant face à son étable débordant de fretins (tinèni en Bamanan), la dame de corpulence robuste, accompagnée de sa fille, la trentaine, hèle les clients. « Je ne connais que ce métier. Depuis mes sept ans, je tirais le filet avec mes parents à Markala (Centre) pour capturer des poissons. Aujourd’hui, Dieu m’a confié cette activité commerciale dans laquelle je gagne bien ma vie », raconte celle qui pratique ce métier, depuis plus d’une cinquantaine d’années. L’arrivée des caisses de poissons égaie la conversation, car, reconnaît notre interlocutrice, le poisson se fait rare dans nos fleuves et cours d’eau, obligeant les pêcheurs à partir de plus en plus loin. « Les rares poissons qu’on trouve ne suffisent pas à couvrir la demande», confie Nana. En 1972, le premier inventaire effectué sur les poissons par le Mali recensait 137 espèces dans les cours d’eau. De nos jours, l’on n’en compte que 60, selon des données de la direction nationale de la pêche. Le fleuve Niger, le Bani, le Sankarani e et t la Falémé figurent parmi les pêcheries les plus connues. Quelque 17 espèces sont rares à trouver dans les captures, 22 sont totalement menacées et peuvent disparaitre du jour au lendemain. En plus de la rareté, Nana Thiéro déplore la petite taille des prises. Ce qui n’incite pas à exporter. Elle signale la majorité de ses poissons proviennent de Mopti, Kona, Diafarabé, Ségou, Niono (Centre), mais aussi de Gao (Nord) Manantali. Dans chacune de ces zones, elle se fait livrer par des pêcheurs. Son inquiétude est corroborée par Yacouba Tounkara, un pêcheur rencontré sur les berges du fleuve Niger à Djicoroni-Para. Il pratique ce métier depuis des années. Il est triste de constater les mauvaises pratiques de pêche. Selon lui, même les plus petits poissons sont capturés aujourd’hui. Il suggère de sanctionner tous les pêcheurs auteurs de pratiques malsaines. Les acteurs de la pêche déplorent la surpêche. Pour eux, la faute incombe, en premier, aux équipements et engins de plus en plus sophistiqués utilisés par des pêcheurs comme les pirogues à moteur ou des filets. Il y a aussi les faiblesses de la loi. «La loi exige que toute capture non étudiée doit être remise à l’eau. De 1960 jusqu’aux années 1990, il n’y avait qu’un seul code pour la gestion de la pêche. La pêche était ouverte de juillet à septembre. Il fallait ensuite respecter les périodes de reproduction des poissons. Aujourd’hui, tout le monde pêche dans les cours d’eau durant les douze mois de l’année, tuant ainsi la ressource. D’autres utilisent des substances chimiques ou électriques pour pêcher », dénonce-t-on à la direction nationale de la pêche. ESPÈCES MENACÉES – En 2023, près de 125 000 tonnes de poissons ont été capturées, indique Alhassane Sarro de la direction nationale de la pêche. Il ajouter : « Notre pays n’a recensé que 60 espèces de poissons dans le delta central du Niger, au lac Debo, dans la Région de Mopti en 2023. Plusieurs facteurs ont fait que des espèces ont disparu dans le fleuve Niger, le Bani, le Sankarani même dans les lacs de retenus. » Selon M. Sarro, les premières causes de cette disparition sont d’abord les facteurs climatiques, rappelant les sécheresses successives que le Mali a connues depuis 1973, 1984 et 1985. « La deuxième cause, c’est l’impact des captures intensives. Les changements climatiques font que certaines espèces ont besoin de certaines conditions de température de chaleur et d’humidité pour se reproduire ou des écosystèmes bien adaptés. A défaut, ils peuvent mettre plusieurs années sans se reproduire. L’espèce disparait dès que les adultes sont capturés », explique-t-il. Autre facteur cité par cet ingénieur des eaux et forêts, ce sont les mauvaises pratiques de pêche. C’est un facteur humain qui peut être résolu, selon notre interlocuteur. «Par exemple, quand on enlève les œufs de la femelle du poisson, on voit beaucoup de petits cristaux dedans et chaque cristal contient un poisson. Donc, la femelle peut donner de 9000 à 10.000 petits poissons. Il doit avoir une réglementation pour ne plus tuer les poissons avant les 30 ou 40 grammes », insiste-t-il. En période d’hivernage (entre juillet et septembre), « quand un pêcheur tue une femelle, il tue plusieurs poissons », explique l’expert. « Auparavant, ajoute-t-il, quand les vieux pêcheurs remontaient à la surface une femelle en état de reproduction, ils la remettaient dans l’eau. Malheureusement, les prêcheurs d’aujourd’hui prennent tout », déplore-t-il. À Mopti, Tombouctou et Gao, la direction nationale de la pêche a remarqué que beaucoup d’espèces ont disparu ces dernières années. Mais dans les zones du Sud, avec le barrage de Sélingué, de Manantali, dans la Région de Kayes (Ouest), il y a un peu plus d’espèces de poissons que dans la zone du Delta. Parmi les facteurs de disparition des poissons, on peut également noter le changement climatique comme les conditions de crue ou d’hivernage qui ne sont pas beaucoup favorables dans le Nord du Mali. Beaucoup de mares lointaines ont tari où les poissons remontaient pour se reproduire. Avec la crue exceptionnelle cette année, l’eau a traversé beaucoup d’endroits qui étaient à l’époque des passages que les poissons empruntaient pour aller se reproduire, à 50 ou 100 km voire au-delà du lit principal. S’ils n’ont plus cet espace, il serait difficile pour eux de se reproduire. La direction nationale de la pêche a préparé un arrêté qui précise que les poissons ne doivent pas être pêchés en
Le chef de l’État lance le chantier du siège de la Cour des comptes
Bamako, 20 déc (AMAP) Le chef de l’État, le général d’armée, Assimi Goïta, a posé, jeudi, la première pierre du siège de la Cour des comptes, d’un coût d’environ 8 milliards de Fcfa financés sur le budget national, qui sera bâtie sur une superficie de près d’un hectare à Banankabougou-Bolé, en VI du District de Bamako, Les travaux de l’édifice de la 6è Institution de la République, vont durer trois ans. Inspiré de l’architecture du palais du Hogon, le futur siège de la Cour des Comptes, R+5, comprendra 187 bureaux dont 171 bureaux avec toilettes intégrées, un atrium, 11 salles d’archives, 2 salles d’audience de 350 places et 2 salles de délibéré, un restaurant, une bibliothèque, 45 places de parking couvert dont 27 en sous-sol et 18 au rez-de-chaussée. Le Président de la Transition a souligné l’importance de la Cour des comptes dans la gestion des finances publiques en rappelant qu’elle est l’Institution supérieure en matière de contrôle dans ce domaine. « Son rôle est déterminant dans le cadre du contrôle de l’exécution des lois de finances et de l’évaluation de la politique publique », a précisé le général d’armée Assimi Goïta. La Constitution du 22 juillet 2023, qui crée la Cour des comptes, s’inscrit dans la droite ligne des réformes engagées par les autorités de la Transition. Selon le Chef de l’État, cela prouve « la volonté des autorités de la Transition de promouvoir une gestion vertueuse des ressources de l’Etat, gage d’intégrité et de bonne gouvernance. » Le président de la Cour suprême, Dr Fatoma Thera a assuré que la Cour des comptes contribuera, par ses actions permanentes de vérification, de contrôle et de consultation à la transparence et à l’amélioration de la gestion publique, à travers la réalisation des missions de sauvegarde du patrimoine public et du contrôle de la fiabilité et de la sincérité des finances publiques ; d’amélioration des techniques et méthodes de gestion ; de rationalisation de l’action administrative. À côté de ces missions d’audit ou d’évaluation, la Cour des comptes exerce des attributions juridictionnelles spécialisées en matière de finances publiques (discipline financière et budgétaire, faute de gestion, sanction des infractions financières). En plus de ces attributions classiques, la Cour des comptes devra jouer un rôle déterminant en matière d’assistance à l’Assemblée nationale et au Gouvernement dans le cadre du contrôle de l’exécution de la loi de finances consacrée par la Constitution du 22 juillet 2023. En plus du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, des membres du gouvernement, des présidents des Institutions et des diplomates accrédités au Mali ont assisté à l’évènement. OD/MD (AMAP)
Bankass : Mise en place du bureau du parlement des enfants.
Bankass, 19 déc (AMAP) Le service local de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille, en partenariat avec l’ONG Plan international, a procédé cette semaine à la mise en place du bureau de parlement des enfants à la maison des jeunes de Bankass (Centre) qui a un mandat de deux ans. Après les interventions du 1er adjoint au maire de Bankass, Hama Sy, de la cheffe de service local de la promotion de la femme, Mme Diarra Cissé et le discours d’ouverture du 2e adjoint au préfet au préfet de Bankass Amadou Bayoko, ont exprimé leurs remerciement et félicitations au bureau sortant « pour les efforts consentis », les délégués ont élu un nouveau bureau. Les deux autorités ont validé le nouveau bureau tout en lui remettant les drapeaux. Le 2e adjoint au préfet s’est dit « très satisfait de la mise en place de la nouvelle équipe. Il a prodigué des conseils aux membres. AKG/MD (AMAP)
Joliba TV News : La mesure de fermeture de la chaine de télévision commuée en 6 mois de suspension
Bamako, 18 déc (AMAP) La Haute autorité de la communication (HAC) a commué le retrait de la licence de la chaine de télévision privée Joliba TV News en une suspension de six mois, a appris l’AMAP, mercredi, dans la presse. « Cette clémence de l’organe de régulation est intervenue à la suite de la médiation de la Maison de la presse et d’un recours gracieux déposé par Joliba TV News à la HAC », indiquent les mêmes sources. La décision de fermeture était intervenue après que le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso ait qualifié de « désobligeant et à la limite insultant pour le peuple burkinabé tendant à jeter un discrédit sur les autorités burkinabé » des propos tenus par le président du parti Appel pour la réussite de la Transition (ACRT) « Faso Ka intervenue Wélé», Issa Kaou N’Djim. L’organe burkinabè a ensuite saisi la HAC à travers une plainte le 12 novembre dernier. Suite à cette plainte, la HAC a décidé de retirer la licence de la chaine de télévision privée Joliba TV News qui n’émet plus depuis le 26 novembre dernier. Lors de la visite du Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maiga, le 12 décembre dernier, à la Maison de la presse, son président, Bandiougou Danté, avait évoqué l’affaire. Danté a présenté les excuses de la presse malienne aux autorités et au peuple burkinabè suite aux propos incriminés. Pendant que le président de la Maison de la presse a invité ses confrères à être plus professionnels, le chef du gouvernement a appelé les médias à une auto critique, surtout, quand il s’agit de diffuser de fausses informations ou tenir des propos diffamatoires sur les pouvoirs publics, l’Armée ou un citoyen ordinaire. ST/MD (AMAP)

