Bandiagara, Douentza et Mopti : les acteurs de la santé évaluent les activités du FBT au titre du 2è trimestre

Mopti, 14 mai 2026 (AMAP)- La réunion de coordination régionale des activités du Financement Basé sur le Résultat (FBR) au titre du 2è trimestre 2026 a débuté ce jeudi dans la salle de réunion de la Direction régionale de la santé de Mopti. Elle réunie, 3 jours durant, les acteurs de la santé des régions de Bandiagara, Douentza et Mopti. Ceux-ci planchent sur l’état de mise en œuvre des recommandations de la précédente réunion, passent en revue l’état d’avancement des activités FBR au 2è trimestre 2026 par niveau (direction régionale de la santé, de la CANAM, de l’ACV et des équipes cadre district). Ils analysent également le niveau d’atteinte des indicateurs traceurs (CPN4, accouchement assisté, la vaccination, la PF et la nutrition). Et font aussi le point sur l’outil indice et le point des investissements réalisés dans les domaines du recrutement de personnel qualifié, l’achat d’équipements, les constructions et réhabilitations. Les échanges portent aussi sur les difficultés rencontrées et le partage d’expérience. À l’ouverture des travaux le représentant du président du Conseil régional, le directeur régional de la santé de Mopti, Sadio Sambala Diallo et son collègue de la CANAM, Ousmane S. Bah ont salué la présence effective de tous les acteurs. Cette mobilisation est, selon eux, l’expression de leur engagement et leur résilience pour la poursuite de l’offre de services de santé dans une zone éprouvée par l’insécurité. Ils ont exhorté le personnel sociosanitaire des régions au maintien de la cadence de bonne performance, source de motivation pour l’acquisition d’autres financements. Outre le directeur régional de la santé de Mopti, la cérémonie d’ouverture a mobilisé les équipes cadres des districts sanitaires, le représentant du président du conseil régional, Azome Bamadio, la présidente de la FERASCOM, Mme Dembélé Fatoumata Dembélé et le manager de l’Agence de contractualisation et de vérification, Dr Ousmane Maiga. DC/CMT (AMAP)

Kangaba : La construction de l’hôpital du district accuse un léger retard

Kangaba, 13 mai (AMAP) – La 2è réunion mensuelle du projet de construction de l’hôpital du district de Kangaba s’est tenue, mardi, sur le chantier sous la présidence du préfet du cercle, Abou Dao. Organisée par la mission de suivi-contrôle, la rencontre a permis aux participants d’effectuer une visite de terrain, d’évaluer l’état d’avancement des travaux et d’examiner les recommandations issues de la précédente session. Au cours de la réunion technique, l’ingénieur de contrôle, Soumaïla Kanandjigui, a présenté l’évolution des différents blocs. Les travaux de fondation du bloc pédiatrie sont réalisés à 90% contre 40% pour les élévations. Le bloc de consultation externe affiche 80% pour les fondations et 30% pour les élévations. Les fondations de la maternité sont exécutées à 80%, contre 25% pour le bloc opératoire et 20% pour le bloc urgence-réanimation. Le bloc des bureaux des rentrées présente un taux d’exécution de 50% pour les fondations et 5% pour les élévations. La mosquée et le parc auto sont réalisés à 10%, tandis que la cuisine et l’incinérateur sont à 5%. Selon les responsables techniques, les travaux enregistrent un léger retard en raison de l’insuffisance du personnel sur le chantier. Les participants ont toutefois salué les progrès réalisés dans la sécurisation du chantier, la gestion des déchets et le port obligatoire des équipements de protection individuelle. À l’issue des échanges, ils ont recommandé de renforcer considérablement les effectifs sur le site afin d’accélérer le rythme des travaux et respecter les délais d’exécution du projet. SD/CMT (AMAP)

Bafoulabé : Le district sanitaire dresse le bilan 2025 et valide son plan opérationnel 2027

Bafoulabé, 12 mai (AMAP) – Le Conseil de gestion du district sanitaire de Bafoulabé a tenu, mardi, son assemblée annuelle consacrée à la présentation du bilan technique et financier 2025 et à la validation du plan opérationnel 2027. La rencontre, présidée par le préfet du cercle, Siaka Souleymane Sanogo, a réuni les maires des huit communes du district, les responsables sanitaires, les représentants des ordres professionnels de santé, les directeurs techniques des CSCOM ainsi que des acteurs de la société civile. Le médecin-chef du district sanitaire, Youssouf Coulibaly, a présenté les résultats enregistrés en 2025. Il a notamment souligné l’augmentation du taux de consultation prénatale CPN1, passé de 76,18% en 2024 à 81,33 % en 2025, ainsi que l’évolution du taux d’accouchements assistés de 51,93% à 62,65%. Il a également évoqué les activités génératrices de revenus ayant bénéficié à 290 femmes et les actions de sensibilisation sur le genre. Toutefois, il a relevé plusieurs insuffisances, notamment le manque de personnel qualifié, la faiblesse du taux de CPN4 et le faible taux de réalisation des césariennes. Le plan opérationnel validé prévoit entre autres le recrutement de personnel qualifié, l’amélioration de l’approvisionnement des CSCOM en médicaments et la création de centres de développement communautaire à Bafoulabé, Mahina et Oualia. Dans ses discours d’ouverture et de clôture, le préfet Siaka Souleymane Sanogo a salué la mobilisation des participants et rappelé le contexte sécuritaire dans lequel se tient cette session. Il a exhorté les acteurs de la santé à jouer pleinement leur rôle de rassembleurs au sein des communautés. Le représentant de l’État a également remercié les autorités de la Transition et les partenaires pour leurs efforts en faveur de l’amélioration de l’offre de soins. Le maire de la Commune rurale de Bafoulabé, Kandé Doucouré, a rappelé l’importance de cette session dans l’amélioration des services de santé au profit des populations. Il a invité les participants à faire preuve d’assiduité et d’engagement afin d’élaborer un plan opérationnel prenant en compte les besoins réels des communes du district sanitaire. BM/CMT (AMAP)

Tenenkou : Célébration de la journée du lavage des mains couplée à une campagne de don de sang

Tenenkou, 9 mai (AMAP) – Le Centre de santé de référence (CSREF) de Tenenkou a abrité samedi la célébration de la Journée mondiale du lavage des mains au savon, couplée à une campagne de don de sang destinée à alimenter la banque de sang du centre. Organisée par le district sanitaire avec l’appui de l’ONG MSF, la cérémonie était présidée par le 2è adjoint au préfet du cercle, le commissaire principal de police Ousmane Diamoutene. Le 2è adjoint au maire, Soumaïla Bocar Coulibaly, a souligné l’importance du lavage des mains dans la prévention des maladies et lancé un appel au don de sang face à la pénurie enregistrée au niveau du CSREF. Le représentant du préfet a rappelé que « le lavage des mains est l’un des gestes les plus simples mais très efficaces pour prévenir les maladies ». Il a également invité les leaders communautaires à renforcer la sensibilisation pour accroître les dons de sang. La journée a été marquée par une démonstration des techniques de lavage des mains au savon réalisée par les équipes de MSF, ainsi que par des séances de questions-réponses avec les accompagnants des patients. À l’issue de la cérémonie, plusieurs volontaires se sont présentés au laboratoire du CSREF pour effectuer des dons de sang. Des représentants des Forces de défense et de sécurité, des services techniques, des organisations de la société civile et des ONG ont pris part à l’activité. AS/CMT (AMAP)

Santé : « la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État » dixit Dr Mamdou Diop

Bamako, le 25 mars (AMAP) Le traitement de la tuberculose (TB) est à la charge de l’État selon la loi N°98-036 du 18 mai 1998, régissant la lutte contre les épidémies et les vaccinations obligatoires contre certaines maladies. Comment ce mécanisme fonctionne et quelle est la situation actuelle de la disponibilité des médicaments antituberculeux dans notre pays ? Selon le coordinateur adjoint de la Cellule sectorielle de lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose et les hépatites virales (CSLS-TBH), Dr Mamadou Diop, l’article 17 de la loi susmentionnée stipule que la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État. Il indique que le dispositif de gratuité de la tuberculose est une réalité dans tous les établissements de santé public et certains établissements privés. Cette gratuité concerne également l’examen pour la confirmation de la TB. Par ailleurs, il informe qu’au cours du traitement, certaines analyses ou traitements, en fonction de l’état du malade, n’entrent pas dans le cadre de la gratuité. Dr Mamadou Diop précise qu’à la date d’aujourd’hui, les médicaments antituberculeux sont disponibles sur toute l’étendue du territoire national avec un stock au niveau de la Pharmacie populaire du Mali (PPM) centrale et ses magasins régionaux, pouvant couvrir entre 6 et 12 mois pour les médicaments les plus utilisés. Il admet que des ruptures liées au retard de la commande, aux insuffisances dans l’estimation des besoins peuvent survenir dans certains établissements de santé. Au nombre des difficultés dans l’approvisionnement des médicaments, le coordinateur adjoint de la CSLS-TBH cite, entre autres, le retard de livraison au niveau international pour des raisons logistiques, l’accessibilité de certaines zones en période hivernale et pour des raisons sécuritaires. Y compris des retards de livraison dans les régions du nord à cause des difficultés de transport terrestre. «En 2025, nous avons connu des tensions sur le stock au niveau national, ayant entrainé des ruptures momentanées par endroits», témoigne-t-il. Parlant de l’accès équitable aux traitements, notre source précise que les activités de traitement sont menées depuis l’agent de santé communautaire jusqu’aux hôpitaux de troisième référence. En outre, Dr Mamadou Diop annonce que le ministère de la Santé et du Développement social, à travers la CSLS-TBH, a élaboré un plan stratégique pour la période 2021-2026 qui est en cours d’évaluation. Une des stratégies de ce Plan est de rapprocher davantage les soins de la tuberculose auprès des populations. En plus, poursuit-il, ce plan privilégie l’approche centrée sur le patient. À la date d’aujourd’hui, le coordinateur adjoint indique que le pays compte 110 établissements disposant des moyens et des ressources humaines pour faire le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Au niveau des communautés et des ménages, la CSLS-TBH signale qu’elle collabore avec des organisations de la société civile et des ONG pour la sensibilisation, l’orientation pour un diagnostic précoce et le suivi du traitement. Il faut préciser que le Mali enregistre des cas de tuberculose résistante. Selon Dr Mamadou Diop, notre pays peut s’estimer heureux en la matière. «On n’a jamais dépassé plus de 100 cas de résistances par an. Toutefois, le Mali s’est doté de tous les moyens pour faire face aux cas de résistance», se réjouit-il. Sur le plan du traitement, dit-il, jusqu’en 2017, il n’existait qu’un seul site de traitement de la tuberculose résistante au niveau du CHU de Point G. À la date d’aujourd’hui, il précise que le pays compte 25 centres de prise en charge de la tuberculose résistante. Et d’indiquer que la CSLS-TBH prévoit une extension à 36 sites vers fin 2027. MD/KM (AMAP)

Santé : « Il est possible d’éradiquer la tuberculose d’ici 2035 grâce à l’amplification de la recherche », dixit Pr Yacouba Toloba, expert auprès de l’OMS

Bamako, 24 mars (AMAP) À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la tuberculose, célébrée le 24 mars de chaque année, le Pr Yacouba Toloba, expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la tuberculose multi-résistance, a accordé une interview à l’Agence Nationale de Presse du Mali. Il y aborde notamment l’apport des chercheurs maliens au combat contre cette épidémie et leur influence sur les politiques de santé publique  L’Agence Nationale de Presse : La tuberculose reste un problème majeur de santé publique au Mali. En quoi les recherches menées par les scientifiques maliens changent-elles réellement la donne dans la lutte contre cette maladie ? Pr Yacouba Toloba : Le traitement des malades et la disponibilité des médicaments ne sont pas suffisants. Il faut faire la recherche qui impacte la prise en charge de la tuberculose (TB). Dans notre pays, la recherche a beaucoup progressé,ces dix dernières années. Elle est en train d’impacter la prise en charge de la TB. Les recherches locales ont permis le diagnostic précoce qui permet au malade de guérir sans séquelle. Il nous donne également un bon résultat de traitement. Avec l’avancée de la recherche au Mali, on peut en 2 heures de temps diagnostiquer une tuberculose, alors que les méthodes diagnostiques empiriques pouvaient durer 4 ou 5 jours. Aujourd’hui, on est même à mesure de dire si une souche est résistante à tel ou tel médicament. Il y a également un impact dans la surveillance des souches multi-résistantes. Grâce à la recherche, on détecte les différents types de souches dans notre zone. La connaissance des souches permet de faire la différence entre les bactéries qui peuvent donner la TB et celles qui ne le font pas. Il y a également les ressources humaines que la recherche permet de former. On a des équipes de chercheurs très pointus au plan régional et international qui travaillent sur la TB et des centres outillés pour faire la recherche de pointe dans notre pays notamment l’Institut national de santé publique (INSP) qui abrite le Laboratoire national de référence (LNR). Il dépiste la TB, diagnostique des souches multi-résistantes et voit l’évolution du suivi du traitement. S’y ajoutent l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), le Centre d’infectiologie Charles Mérieux, le Centre universitaire de recherche clinique (UCRC), le Laboratoire de biologie moléculaire appliquée (LBMA). Ce sont des Laboratoires P3 et P4 (laboratoires de recherche biomédicale fonctionnant à un très haut niveau de sécurité NDLR) qui répondent aux normes internationales. On participe à beaucoup d’études internationales. La preuve en est qu’il y a la souche génotype Beijing de la tuberculose multi-résistante, qu’on pensait inexistante en Afrique, a été découvert au Mali en 2008 par une équipe du Laboratoire du Centre de recherche et de formation sur le VIH et la tuberculose (Serefo) de l’UCRC. L’Agence Nationale de Presse : Plusieurs études sont menées dans les laboratoires et centres de recherche maliens. Comment influencent-elles les politiques de santé publique ?  Pr YacoubaToloba : On a fait beaucoup de recherches sur la TB et le VIH pour voir le niveau de dépréciation de l’immunité. Plus elle est effondrée par le VIH, la tuberculose peut survenir et le malade est plus vulnérable à la maladie qu’un malade non tuberculeux. Cette recherche nous a permis de renforcer les capacités et changer la politique du pays. Dans le temps, on prenait trois échantillons de crachat en deux ou 3 jours pour voir si c’est la tuberculose. La recherche a montré que quand on prend trois échantillons de crachat contre deux, ils ont le même résultat. Cela nous a amenés à se limiter à deux. On gagne en termes de temps et d’usage de matériel notamment le tube pour contenir le crachat. C’est une recherche pratique qui impacte positivement le système de santé. Aujourd’hui, on est à 6 mois de traitement pour guérir la tuberculose alors qu’en 2009, on était à 9 mois. L’Agence Nationale de Presse : Malgré les avancées scientifiques, la tuberculose continue de toucher de nombreux Maliens. Où se situe aujourd’hui le principal blocage ? Pr Yacouba Toloba : D’abord, il faut préciser qu’en 2024, le Mali a enregistré un peu plus de 8.630 cas de TB et environ 400 décès soit 6%. Par rapport au blocage, il se trouve à trois niveaux, à savoir la recherche scientifique qui progresse mais reste limitée, l’application des résultats de ces recherches et les limites du système de santé. L’État met moins de financement dans la recherche scientifique en matière de tuberculose. Nous sommes assujettis au financement des partenaires internationaux. Une grande partie des projets de recherche dépend encore des étrangers. Cette dépendance concerne l’accès à des équipements très coûteux. Nous allons nous former dans des universités étrangères. On vient avec la compétence. Il faut le transfert de technologies. Souvent, les partenaires envoient des machines. Mais l’entretien cause des problèmes. En ce qui concerne le financement de la santé, le Mali y consacre moins de 7% de son budget. Alors que la déclaration d’Abuja des Chefs d’État des pays africains en 2001 à Abuja au Nigéria dit d’y consacrer 15%. Le tiers de ce pourcentage peut financer la recherche. Mais, on ne le fait pas. Malgré cela, la recherche malienne contribue au développement et au rayonnement de la prise en charge des patients. La recherche progresse. Mais pour l’application de ses résultats pour améliorer le système de santé, il est constaté une lourdeur administrative. Par exemple, les recherches en cours pour réduire la durée de traitement. S’il y a un retard dans l’application de cette recommandation, cela va jouer sur une autre recommandation qu’il faut faire. L’Agence Nationale de Prese: Quelle innovation pourrait, selon vous, transformer la lutte contre la tuberculose dans le pays ? Pr Yacouba Toloba : Nous avions plus de 8.000 cas de TB en 2024. On devrait avoir 11.000 selon les projections de l’OMS. Il y a un gap d’environ 3.000 cas qu’on n’a pas retrouvé et qui transmet la maladie aux autres. Il

Santé : Dr Djénéba Koumba Dabitao, première femme maître de conférences agrégé en Biologie moléculaire

Bamako, 9 mars (AMAP) – Des talents féminins emblématiques se révèlent de plus en plus au Mali. Dans le domaine de la pharmacie, Dr Djénéba Koumba Dabitao Epse Keïta a inscrit son nom en lettre d’or dans la discipline «biologiemoléculaire» en tant que première femme maître de conférences agrégée du pays. Cette spécialité qui «a révolutionné la médecine moderne» est l’étude des molécules qui portent le message héréditaire tels que l’ADN. Celle-ci permet, par exemple, de faire le diagnostic de certains microbes dans le corps. Notre équipe de reportage a rencontré l’enseignante chercheure de la Faculté de pharmacie (Faph) le jeudi 5 mars au Centre universitaire de recherche clinique (en anglais UCRC). Là-bas, elle était chef de laboratoire avant d’être nommée, en janvier dernier, directrice du Laboratoire de biologie moléculaire appliquée (LBMA). Sa passion pour l’enseignement date de l’adolescence. «C’estun rêve d’enfance de devenir enseignant comme ma défunte mère. J’ai également eu la chance de côtoyer, depuis le début de ma carrière professionnelle, des enseignants chercheurs de haut niveau dont le parcours m’a inspirée à embrasser ce domaine», révèle l’ancienne élève du groupe scolaire Bahaben Santara de Korofina nord en Commune I du District de Bamako. Cette passion la motive à aller à la conquête de l’agrégation organisée par le Centre africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames). «Avant 2024, notre pays n’avait pas de maître de conférences agrégé en biologie moléculaire. Maintenant, le Mali est représenté dans cette discipline à travers le Dr Antoine Dara et ma personne», précise-t-elle avant de souligner que l’agrégation en biologie moléculaire est très stratégique. Sur le plan personnel, commente la chercheure senior, la préparation pour le concours d’agrégation leur a permis de revisiter les coins et les recoins de «notre discipline sous la supervision de nos maitres qui nous ont formés de façon rigoureuse sur la pédagogie universitaire». L’avantage, poursuit-elle, est que cette formation leur a permis de faciliter l’apprentissage des étudiants dans la pratique de la discipline. Sur le plan institutionnel, c’est très stratégique. Celle qui a fréquenté le Lycée Ba Aminata Diallo (Lbad) argumente que le Mali compte trois femmes agrégées au niveau de la Faph à commencer par son maître Pr Rokia Sanogo, professeur titulaire en pharmacognosie, Dr Dinkorma Ouologuem spécialiste en biologie cellulaire et elle-même. Cependant, le parcours de la quadragénaire a été parsemé de défis au Mali aussi bien  qu’aux États-Unis d’Amérique (USA). «En 2003, dans mon programme de recherche, j’étais la seule femme parmi les hommes. Il a fallu se battre tous les jours pour montrer qu’on est à sa place et briser les stéréotypes», relève-t-elle avant de citer également les difficultés linguistiques qui ont marqué son insertion académique aux USA. Selon la pharmacienne, la patience intrinsèque l’a aidée à faire face à ces obstacles. PRIX NOBEL DE CHIMIE- Pendant son parcours, un événement lui aura marqué. «Le jour de ma soutenance aux USA en 2015, j’ai reçu les félicitations du Prix Nobel de Chimie 2003, Dr Peter Agre, médecin et biologistemoléculaire. c’est un moment inoubliable de voir une perle aussi rare venir célébrer avec une étudiante le parachèvement de plusieurs années de travail». Très discrète, la nouvelle directrice du LBMA est détentrice de plusieurs distinctions honorifiques dont les Prix de mobilité en santé globale, Foundation Bill and Melinda Gates, Symposium Keystone, USA décroché en 2024, Abdool Karim, Académie mondiale des sciences (TWAS), Unesco en 2021. Elle a été nominée en 2018 sur la liste des 300 femmes francophones leaders en santé mondiale. Membre de plusieurs sociétés savantes au Mali et aux USA, la native de Bamako a fait des publications dans des revues asiatiques, maliennes et américaines. « Mon parcours est un témoignage sur l’importance de l’investissement sur l’humain. Après le Mali, l’Amérique est le pays qui m’a donné le plus en matière de développement de capacités», explique-t-elle. L’universitaire souhaite créer une structure pour les meilleurs étudiants, avec une parité de représentation entre homme et femme, afin qu’ils développent des thématiques intéressantes pour le pays. Le Pr Djibril Mamadou Coulibaly, pharmacien-Biologiste, a collaboré pendant plusieurs années avec Mme Keïta Djénéba Koumba Dabitao Epse Keïta. Il témoigne qu’elle fait partie des premières femmes scientifiques dont la réputation a transcendé les frontières du Mali depuis plusieurs années. «Elle est parmi l’équipe qui a inauguré le LBMA qui était la structure de rêve de tous les jeunes pharmaciens aspirant à la recherche. L’enseignant -chercheur de Biochimie à la Faph souligne que «la chercheure senior» a publié des articles dans des revues de haut impact et le passage au Centre de recherche et de formation sur le VIH/Sida et la tuberculose(Serefo), faisant actuellement parti de l’UCRC (Centre Universitaire de Recherche Clinique), un des prestigieux centres de recherche dans notre pays prouvent à suffisance sa valeur scientifique admirable. Sa camarade de promotion Dr Aïssata Aboubakar Cissé, pharmacienne microbiologiste, affirme n’avoir pas été surprise de la réussite du Dr Dabitao à l’agrégation Cames. Elle argumente que c’est la concrétisation de plusieurs années de travail. Elle a su suivre le «chemin d’étudiante modèle et studieuse qu’elle s’était tracée». Son parcours incarne la patience et constitue une source d’inspiration pour les filles afin qu’elle embrasse des disciplines essentielles pour le bonheur de notre pays. MD/KM (AMAP)

Portrait : Professeur Anselme Konaté, spécialiste de l’hépato-gastro-entérologie

Bamako, 21 février (AMAP) Joyeux, accueillant, d’un service agréable, d’un sourire qui dépasse l’entendement, homme de rigueur et d’une compétence reconnue dans son domaine sur le plan national et international, le Professeur Anselme Konaté que l’Agence Nationale de une Presse du Mali a rencontré, est une référence et une véritable colonne vertébrale du service d’hépato-gastro-entérologie du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Gabriel Touré. Le Professeur Anselme Konaté a obtenu en  1989, son doctorat à l’École Nationale de Médecine et de Pharmacie (E.N.M.P). En juin 1994, il décroche un diplôme spécialisé en infection à VIH et Sida à l’Université Paris VI, suivi, un an plus tard, du diplôme interuniversitaire de spécialisation en hépato-gastro-entérologie à la Faculté de Médecine Paris-Ouest de l’Université René Descartes. L’ascension du Pr Konaté au sein du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) témoigne de sa rigueur intellectuelle ; inscrit avec brio sur la liste d’aptitude aux fonctions de Maître de Conférences Agrégé, il est devenu une sommité respectée pour ses recherches sur les maladies de l’appareil digestif. De 2003 à 2005, son passage en tant qu’Assistant Associé à la Faculté de Médecine d’Angers a renforcé ses liens avec les réseaux internationaux de lutte contre les pathologies hépatiques, faisant de lui un pont essentiel entre la recherche européenne et les réalités africaines. Le Professeur qui est auteur de nombreuses publications scientifiques ne se contente pas de soigner, il forme. En tant qu’excellent pédagogue, il transmet avec passion son savoir aux nouvelles générations de médecins, de sages-femmes et d’étudiants, assurant ainsi la relève d’une médecine malienne moderne et performante. Le professeur Konaté, en plus de sa blouse blanche, est un homme d’action. Il est membre fondateur de SOS Hépatites Mali et point focal de l’Alliance Afrique Francophone de lutte contre les Hépatites Virales (AAFHE), et préside depuis 2008 le Réseau malien de lutte contre les hépatites. Son détermination au sein de la Société Malienne des Maladies de l’Appareil Digestif (SOMMAD) a permis de structurer durablement la prise en charge de ces pathologies au Mali. Son nom est indissociable de la lutte contre les maladies de foie et du système digestif au Mali. Il reste ce « challenger » de l’excellence qui, par son travail acharné, rehausse l’image de la médecine malienne sur l’échiquier international. KM (AMAP)

Mali : Lancement du plan humanitaire 2026

Bamako, 05 fév (AMAP) « En 2026, le Plan de réponse Humanitaire vise à assister 3,8 millions de personnes et requiert une enveloppe financière de 577,9 millions de dollars », a annoncé la Coordinatrice résidente des Nations unies au Mali, Hanaa Singer-Hamdy, lors du lancement officiel du plan humanitaire 2026 au Mali, jeudi à Bamako, a constaté l’AMAP. « En 2025, malgré un contexte difficile, un accès humanitaire de plus en plus contraint et un financement insuffisant, l’action collective des partenaires a en effet permis d’apporter une assistance vitale à 1,8 million de personnes au Mali » a dit Coordinatrice résidente des Nations unies. « Toutefois, les défis restent immenses. Aujourd’hui encore, plus de 415 000 personnes sont déplacées, majoritairement des femmes et des enfants, alors que les crises sécuritaires, climatiques et sanitaires continuent d’affecter des millions de personnes », a poursuivi, Hanaa Singer-Hamdy. « Pour cette année, comme par le passé, notre priorité reste claire : sauver des vies, garantir l’accès aux services essentiels, préserver la dignité des populations et renforcer progressivement leur résilience », a-t-elle assuré. « Mais au-delà de l’urgence, notre ambition commune devrait être d’accompagner progressivement le Mali vers des solutions durables, en renforçant les passerelles entre l’aide humanitaire, le relèvement et le développement », a ajouté la responsable onusienne. « L’objectif n’est pas de maintenir une assistance permanente, mais bien d’aider les communautés à retrouver leur autonomie et de développer des perspectives d’avenir », a insisté e la coordinatrice résidente du système des Nations unies au Mali. Lucien Simba, chef de bureau par intérim du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) a ajouté : « Face à la baisse des financements et à l’augmentation des besoins, un recentrage géographique et stratégique a été opéré : 97 cercles sur les 159 que compte le pays, représentant la vaste majorité des personnes ciblées, seront considérés. » « Comparé à 2025, le montant requis, le nombre de personnes dans le besoin et le nombre de personnes ciblées ont connu des baisses de plus de 20 %. Ces baisses résultent d’un recentrage méthodologique et ne signifient nullement une amélioration de la situation humanitaire au Mali. En 2025, le Mali a été financé à 21 % sur une enveloppe de 771 millions USD, le plus faible taux de financement de ces dix dernières années », a souligné le chef de bureau par intérim de OCHA. Pour sa part, le ministre de la Santé et du Développement durable, Assa Badiallo Touré, a félicité la bonne collaboration entre son département, les acteurs humanitaires et les agences du système des Nations unies. ST/MD (AMAP)  

Mali : Un bulletin de santé publique pour l’aide à la décision

Bamako, 14 janv (AMAP) L’Institut national de santé publique (INSP) a tenu, mercredi, une journée de plaidoyer pour le premier numéro du Bulletin de la santé publique du Mali (BSP/Mali), a constaté l’AMAP. L’objectif de cette journée est de promouvoir le BSP-Mali afin d’en faire un outil de référence pour l’aide à la décision et la communication en santé publique. Le Conseiller technique du ministre de la Santé et du Développement social, le Dr Bouyagui Traoré, qui a présidé les travaux, a expliqué que l’organisation de cette journée a pour but « de partager, d’avoir des avis, des réflexions et de voir comment cheminer à partir de ce premier numéro. » Selon lui, il s’agit aussi « d’acquérir de la matière pour le mettre régulièrement dans ce document. » Et le Dr Bouyagui Traoré d’ajouter que la troisième chose est la surveillance épidémiologique. « Je pense qu’au-delà, ce bulletin est une opportunité pour chacun par rapport à son service », a-t-il fait savoir, avant d’expliquer qu’il s’agira d’informer, à travers ce bulletin, sur ce que font les services et toutes leurs activités importantes. Il a invité « les uns et les autres à valider très rapidement ce premier numéro, à le rendre disponible et, aussi, à avoir des avis, des suggestions pour pouvoir améliorer les prochaines parutions. Pour sa part, la directrice adjointe de l’INSP, le Pr Fatou Diawara, a souligné que cette journée de plaidoyer dédiée au BSP-Mali est une initiative portée par son service, en collaboration étroite avec la direction générale de la santé et de l’hygiène publique et l’ensemble des partenaires. Le Pr Fatou Diawara a, aussi, noté que « le bulletin répond à un besoin essentiel de disposer d’une source fiable, régulière et accessible à l’information de santé publique pour éclairer la décision, informer les acteurs et mieux protéger les populations. » Elle a également dit que la publication du premier numéro marque une étape importante et rassemble les résultats de la surveillance épidémiologique du premier semestre 2025. Il s’agit aussi d’articles scientifiques issus des ateliers organisés cette année, des informations destinées au grand public, ainsi que les contributions des partenaires engagés dans l’approche : « Une seule sante. » Le Pr Diawara d’ajouter que ce bulletin est un outil de travail, d’alerte, de plaidoyer qui « permettra aux décideurs de disposer rapidement d’informations utiles, aux professionnels de mieux comprendre les tendances sanitaires et aux citoyens d’avoir accès à des données claires et vérifiées. » « Nous sommes convaincus que la réussite du BSP-Mali dépendra de notre capacité collective à l’utiliser, à le partager et à le faire vivre parce que les défis sanitaires de notre pays nécessitent des réponses basées sur des faits et c’est tout le sens de cette initiative », a-t-elle déclarée. Elle a remercié l’ensemble des équipes techniques, les structures de santé, les chercheurs, les partenaires qui accompagnent d’avoir contribué à renforcer la visibilité et l’impact de ce bulletin. AS/MD (AMAP)