Santé : « À ce jour, il demeure difficile de guérir la drépanocytose qui impacte considérablement la vie des patients », dixit Mody Coulibaly, médecin traitant

Bamako, 25 juin (AMAP)La drépanocytose est une maladie génétique de l’hémoglobine, une substance contenue dans les globules rouges qui assure le transport de l’oxygène dans tout l’organisme. À ce jour, il demeure difficile de guérir cette maladie qui impacte considérablement la vie des patients. Elle peut entraîner un retard staturo-pondéral, un ictère, des ulcères de jambe ou encore des ostéonécroses aseptiques (ONA). Autant de complications qui altèrent la qualité de vie, affectent l’image de soi et peuvent, à la longue, provoquer de l’anxiété, de la dépression et un isolement social. La drépanocytose entraîne également des absences répétées à l’école pouvant conduire à l’abandon scolaire, ainsi que des absences au travail. À cela s’ajoutent les coûts de la prise en charge et les nombreuses nuits blanches pour les parents. Dans cet entretien, Mody Coulibaly, médecin traitant au Centre de recherche et de lutte contre la drépanocytose, aborde les signes de cette maladie, les traitements disponibles et les progrès réalisés dans sa prise en charge. « En cas de drépanocytose, l’agglomération de l’hémoglobine S conduit les globules rouges à prendre la forme d’une faucille. C’est pourquoi la drépanocytose est parfois appelée anémie falciforme ou anémie à hématies falciformes », explique le médecin traitant au Centre de recherche et de lutte contre la drépanocytose. Selon le spécialiste, l’anémie désigne un manque d’hémoglobine ou de globules rouges et se traduit par une fatigue excessive ainsi qu’une sensation de faiblesse. « Lorsque l’anémie est assez sévère, le malade peut avoir des difficultés à respirer (essoufflement) et une accélération des battements du cœur (tachycardie) », précise-t-il. Parmi les autres signes de la maladie figurent les crises douloureuses, également appelées crises vaso-occlusives, dues à une mauvaise irrigation sanguine de certains organes. Selon ses explications, ces crises se manifestent par des douleurs vives et brutales dans certaines parties du corps et peuvent, à la longue, entraîner la destruction de certains organes ou de certaines parties d’organes, un phénomène appelé nécrose. Ces douleurs, qui constituent les manifestations les plus fréquentes de la maladie, peuvent être soudaines, aiguës, transitoires — durant quelques heures ou quelques jours — ou encore chroniques, s’étendant sur plusieurs semaines. Poursuivant ses explications, il souligne que ces souffrances sont favorisées par la déshydratation, raison pour laquelle il est recommandé de boire abondamment de l’eau. Par ailleurs, Mody Coulibaly indique qu’elles peuvent également être déclenchées par le froid, l’altitude, le stress, les efforts physiques excessifs ou encore les infections. « Les enfants, et dans une moindre mesure les adultes, sont très sensibles aux infections bactériennes. Celles-ci peuvent se développer de manière fulgurante et doivent donc être traitées rapidement », prévient le spécialiste. Traitement Selon le médecin traitant au Centre de recherche et de lutte contre la drépanocytose, il est possible de soulager les douleurs pendant les crises, de prévenir les infections graves et de prendre en charge les complications de la maladie. « On ne sait pas encore guérir la drépanocytose », rappelle-t-il. Toutefois, il précise que le Centre dispose, en phase intercritique, d’un traitement mensuel comprenant l’acide folique, le zinc et un traitement antipaludique préventif. Certains patients bénéficient également de l’Hydréa. En phase critique, notamment lors des crises vaso-occlusives, les traitements utilisés comprennent les antalgiques de niveaux 1, 2 et 3 — paracétamol, tramadol, Néfopam et morphine — ainsi que la transfusion sanguine et les échanges transfusionnels. Difficultés Abordant les difficultés rencontrées dans la prise en charge, le médecin évoque notamment la disponibilité de certains médicaments, les ressources financières limitées de certains parents, qui compliquent le suivi des patients, ainsi que les défis liés à la sécurité transfusionnelle. « La population n’est pas suffisamment informée. La sensibilisation au dépistage est primordiale, car elle permet de freiner la transmission de la drépanocytose », confie Mody Coulibaly. Selon lui, plus la maladie est dépistée tôt, meilleure sera la prise en charge et plus grandes seront les chances de survie de l’enfant. Le spécialiste dénonce également les discriminations dont sont victimes les personnes atteintes de drépanocytose. « Les drépanocytaires ne doivent pas fournir d’efforts physiques intenses. Ils sont donc souvent dispensés des cours d’éducation physique et sportive. Aux yeux de l’enfant, cela peut être perçu comme une forme de discrimination. Nous avons également vu certains de nos patients perdre leur emploi lorsque leur employeur a appris leur statut », regrette-t-il. Progrès réalisés S’agissant des progrès réalisés dans le traitement de cette maladie héréditaire, Mody Coulibaly met l’accent sur l’Hydréa, la transfusion sanguine, les échanges transfusionnels ainsi que l’érythraphérèse. BBC/KM (AMAP)

Paludisme : Bafoulabé mobilise autorités et communautés pour réussir la distribution de 115.000 moustiquaires

Bafoulabé, 11 juin (AMAP)– Le district sanitaire de Bafoulabé a réuni, jeudi, les autorités administratives, communales et les leaders communautaires afin de préparer la campagne de distribution de masse de moustiquaires imprégnées prévue le 30 juin prochain, a constaté l’AMAP. Présidée par le préfet du cercle, Siaka Souleymane Sanogo, dans la salle de conférence de la mairie, la rencontre visait à informer les acteurs locaux sur les modalités de l’opération et à renforcer leur adhésion pour une mobilisation efficace des populations. Le maire de la commune rurale de Bafoulabé, Kandé Doucouré, a rappelé l’importance de cette initiative de santé publique, tandis que le préfet a salué l’engagement des leaders communautaires et les efforts des autorités de la Transition en faveur du secteur de la santé. Le médecin-chef du district sanitaire, Dr Issouf Coulibaly, a annoncé que 115.203 moustiquaires sont attendues pour couvrir l’ensemble du district, pour un coût global de 14,66 millions de FCFA. Il a précisé que la stratégie retenue repose sur un recensement préalable des ménages suivi de la distribution des moustiquaires, à l’exception des zones relevant des centres de santé de référence où la méthode du «dénombrement-distribution» sera appliquée. Le responsable sanitaire a exprimé sa reconnaissance aux autorités et aux leaders communautaires pour leur accompagnement, estimant que leur implication sera déterminante pour le succès de cette campagne de lutte contre le paludisme. BM/CMT (AMAP)

Ansongo : une nouvelle association entre en lutte contre les stupéfiants

Ansongo, 23 mai (AMAP)– L’Association «Ansongo Notre Fierté» a officiellement lancé, samedi, ses activités à travers une campagne de sensibilisation contre la commercialisation et la consommation des stupéfiants. La rencontre, organisée dans la salle de réunion de la préfecture d’Ansongo, a réuni autorités administratives, Forces de défense et de sécurité, légitimités traditionnelles, jeunes, femmes et sympathisants, a constatél’AMAP. Le président de l’association, Amadou Hama, a expliqué que cette première activité traduit la volonté des membres de faire face à un phénomène qui menace la jeunesse. «La consommation de drogues et autres substances illicites entraîne de graves conséquences sur la santé, favorise la délinquance et compromet l’éducation», a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation collective. Le commissaire de police d’Ansongo, Boubacar B. Koné, a salué cette initiative citoyenne qui vient soutenir les efforts des services de sécurité dans la lutte contre les stupéfiants. Représentant le préfet, la sous-préfète de Tin-Hamma, Mme Alfadilatou Maïga, a souligné que la lutte contre les stupéfiants nécessite une mobilisation générale et permanente. Elle a invité les populations à sensibiliser, dénoncer les trafics et promouvoir des comportements responsables. Née d’un groupe WhatsApp réunissant les filles et fils d’Ansongo, l’Association «Ansongo Notre Fierté» entend multiplier les initiatives en faveur du développement local et du bien-être des populations. MHM/CMT (AMAP)

Ouélessébougou : 190.750 moustiquaires imprégnées pour renforcer la riposte contre le paludisme

Ouélessébougou, 24 mai (AMAP) – Le district sanitaire de Ouélessébougou a réceptionné, samedi, un important lot de 190.750 moustiquaires imprégnées destinées à la lutte contre le paludisme, en présence des autorités administratives, communales et sanitaires, a constaté l’AMAP. Ce stock est composé de 3.815 balles de 50 moustiquaires chacune, financées par le gouvernement malien dans le cadre de la campagne nationale de distribution renouvelée tous les trois ans. Selon le médecin-chef du district sanitaire, Dr Abdrahamane Dicko, ces moustiquaires seront distribuées dans toutes les aires de santé du district afin de couvrir l’ensemble des populations, y compris celles vivant dans les zones les plus reculées. «Nous avons bien reçu ces 190.750 moustiquaires pour l’ensemble du district. La distribution débutera très prochainement», a-t-il indiqué. Le responsable sanitaire a rappelé que chaque moustiquaire peut protéger jusqu’à deux personnes, notamment les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, considérés comme les plus vulnérables face au paludisme. Cette opération vise ainsi à réduire significativement les cas de la maladie dans le district. AC/CMT (AMAP)

Gao : Lancement de la 22e campagne de planification familiale et de dépistage des cancers féminins

Gao, 12 mai (AMAP) – Le Centre de santé de référence de Gao a accueilli du 11 au 12 mai la 22è édition de la Campagne de planification familiale couplée au dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein, a constaté l’AMAP. Placée sous le thème : «L’accès aux services de planification familiale, un droit pour tous, les jeunes et les personnes handicapées sont concernées», cette campagne vise à renforcer l’information et la sensibilisation des populations tout en offrant gratuitement des services de planification familiale et de dépistage. La cérémonie de lancement a été présidée par le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Soumaila Sangaré, en présence du directeur régional de la santé par intérim, Issa Mahamane, ainsi que du responsable de Tassaght, Mossa Ag Daoud. Le responsable de Tassaght du bureau de Gao, Mossa Ag Daoud, a indiqué qu’à travers cette campagne, Care Mali en partenariat avec Tassaght réaffirme son engagement à accompagner les autorités locales, la direction régionale de la santé et les communautés afin de garantir un accès équitable à des services de santé de qualité au profit des populations de la région. Pour sa part, le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Soumaila Sangaré, a salué les efforts des structures sanitaires ainsi que ceux des partenaires techniques et financiers. Il a rappelé que la planification familiale constitue un levier essentiel pour la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Selon lui, elle permet aux couples de mieux planifier les naissances, d’améliorer les conditions de vie des ménages et de favoriser l’épanouissement des femmes et des jeunes. AT/CMT (AMAP)

Bandiagara, Douentza et Mopti : les acteurs de la santé évaluent les activités du FBT au titre du 2è trimestre

Mopti, 14 mai 2026 (AMAP)- La réunion de coordination régionale des activités du Financement Basé sur le Résultat (FBR) au titre du 2è trimestre 2026 a débuté ce jeudi dans la salle de réunion de la Direction régionale de la santé de Mopti. Elle réunie, 3 jours durant, les acteurs de la santé des régions de Bandiagara, Douentza et Mopti. Ceux-ci planchent sur l’état de mise en œuvre des recommandations de la précédente réunion, passent en revue l’état d’avancement des activités FBR au 2è trimestre 2026 par niveau (direction régionale de la santé, de la CANAM, de l’ACV et des équipes cadre district). Ils analysent également le niveau d’atteinte des indicateurs traceurs (CPN4, accouchement assisté, la vaccination, la PF et la nutrition). Et font aussi le point sur l’outil indice et le point des investissements réalisés dans les domaines du recrutement de personnel qualifié, l’achat d’équipements, les constructions et réhabilitations. Les échanges portent aussi sur les difficultés rencontrées et le partage d’expérience. À l’ouverture des travaux le représentant du président du Conseil régional, le directeur régional de la santé de Mopti, Sadio Sambala Diallo et son collègue de la CANAM, Ousmane S. Bah ont salué la présence effective de tous les acteurs. Cette mobilisation est, selon eux, l’expression de leur engagement et leur résilience pour la poursuite de l’offre de services de santé dans une zone éprouvée par l’insécurité. Ils ont exhorté le personnel sociosanitaire des régions au maintien de la cadence de bonne performance, source de motivation pour l’acquisition d’autres financements. Outre le directeur régional de la santé de Mopti, la cérémonie d’ouverture a mobilisé les équipes cadres des districts sanitaires, le représentant du président du conseil régional, Azome Bamadio, la présidente de la FERASCOM, Mme Dembélé Fatoumata Dembélé et le manager de l’Agence de contractualisation et de vérification, Dr Ousmane Maiga. DC/CMT (AMAP)

Kangaba : La construction de l’hôpital du district accuse un léger retard

Kangaba, 13 mai (AMAP) – La 2è réunion mensuelle du projet de construction de l’hôpital du district de Kangaba s’est tenue, mardi, sur le chantier sous la présidence du préfet du cercle, Abou Dao. Organisée par la mission de suivi-contrôle, la rencontre a permis aux participants d’effectuer une visite de terrain, d’évaluer l’état d’avancement des travaux et d’examiner les recommandations issues de la précédente session. Au cours de la réunion technique, l’ingénieur de contrôle, Soumaïla Kanandjigui, a présenté l’évolution des différents blocs. Les travaux de fondation du bloc pédiatrie sont réalisés à 90% contre 40% pour les élévations. Le bloc de consultation externe affiche 80% pour les fondations et 30% pour les élévations. Les fondations de la maternité sont exécutées à 80%, contre 25% pour le bloc opératoire et 20% pour le bloc urgence-réanimation. Le bloc des bureaux des rentrées présente un taux d’exécution de 50% pour les fondations et 5% pour les élévations. La mosquée et le parc auto sont réalisés à 10%, tandis que la cuisine et l’incinérateur sont à 5%. Selon les responsables techniques, les travaux enregistrent un léger retard en raison de l’insuffisance du personnel sur le chantier. Les participants ont toutefois salué les progrès réalisés dans la sécurisation du chantier, la gestion des déchets et le port obligatoire des équipements de protection individuelle. À l’issue des échanges, ils ont recommandé de renforcer considérablement les effectifs sur le site afin d’accélérer le rythme des travaux et respecter les délais d’exécution du projet. SD/CMT (AMAP)

Bafoulabé : Le district sanitaire dresse le bilan 2025 et valide son plan opérationnel 2027

Bafoulabé, 12 mai (AMAP) – Le Conseil de gestion du district sanitaire de Bafoulabé a tenu, mardi, son assemblée annuelle consacrée à la présentation du bilan technique et financier 2025 et à la validation du plan opérationnel 2027. La rencontre, présidée par le préfet du cercle, Siaka Souleymane Sanogo, a réuni les maires des huit communes du district, les responsables sanitaires, les représentants des ordres professionnels de santé, les directeurs techniques des CSCOM ainsi que des acteurs de la société civile. Le médecin-chef du district sanitaire, Youssouf Coulibaly, a présenté les résultats enregistrés en 2025. Il a notamment souligné l’augmentation du taux de consultation prénatale CPN1, passé de 76,18% en 2024 à 81,33 % en 2025, ainsi que l’évolution du taux d’accouchements assistés de 51,93% à 62,65%. Il a également évoqué les activités génératrices de revenus ayant bénéficié à 290 femmes et les actions de sensibilisation sur le genre. Toutefois, il a relevé plusieurs insuffisances, notamment le manque de personnel qualifié, la faiblesse du taux de CPN4 et le faible taux de réalisation des césariennes. Le plan opérationnel validé prévoit entre autres le recrutement de personnel qualifié, l’amélioration de l’approvisionnement des CSCOM en médicaments et la création de centres de développement communautaire à Bafoulabé, Mahina et Oualia. Dans ses discours d’ouverture et de clôture, le préfet Siaka Souleymane Sanogo a salué la mobilisation des participants et rappelé le contexte sécuritaire dans lequel se tient cette session. Il a exhorté les acteurs de la santé à jouer pleinement leur rôle de rassembleurs au sein des communautés. Le représentant de l’État a également remercié les autorités de la Transition et les partenaires pour leurs efforts en faveur de l’amélioration de l’offre de soins. Le maire de la Commune rurale de Bafoulabé, Kandé Doucouré, a rappelé l’importance de cette session dans l’amélioration des services de santé au profit des populations. Il a invité les participants à faire preuve d’assiduité et d’engagement afin d’élaborer un plan opérationnel prenant en compte les besoins réels des communes du district sanitaire. BM/CMT (AMAP)

Tenenkou : Célébration de la journée du lavage des mains couplée à une campagne de don de sang

Tenenkou, 9 mai (AMAP) – Le Centre de santé de référence (CSREF) de Tenenkou a abrité samedi la célébration de la Journée mondiale du lavage des mains au savon, couplée à une campagne de don de sang destinée à alimenter la banque de sang du centre. Organisée par le district sanitaire avec l’appui de l’ONG MSF, la cérémonie était présidée par le 2è adjoint au préfet du cercle, le commissaire principal de police Ousmane Diamoutene. Le 2è adjoint au maire, Soumaïla Bocar Coulibaly, a souligné l’importance du lavage des mains dans la prévention des maladies et lancé un appel au don de sang face à la pénurie enregistrée au niveau du CSREF. Le représentant du préfet a rappelé que « le lavage des mains est l’un des gestes les plus simples mais très efficaces pour prévenir les maladies ». Il a également invité les leaders communautaires à renforcer la sensibilisation pour accroître les dons de sang. La journée a été marquée par une démonstration des techniques de lavage des mains au savon réalisée par les équipes de MSF, ainsi que par des séances de questions-réponses avec les accompagnants des patients. À l’issue de la cérémonie, plusieurs volontaires se sont présentés au laboratoire du CSREF pour effectuer des dons de sang. Des représentants des Forces de défense et de sécurité, des services techniques, des organisations de la société civile et des ONG ont pris part à l’activité. AS/CMT (AMAP)

Santé : « la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État » dixit Dr Mamdou Diop

Bamako, le 25 mars (AMAP) Le traitement de la tuberculose (TB) est à la charge de l’État selon la loi N°98-036 du 18 mai 1998, régissant la lutte contre les épidémies et les vaccinations obligatoires contre certaines maladies. Comment ce mécanisme fonctionne et quelle est la situation actuelle de la disponibilité des médicaments antituberculeux dans notre pays ? Selon le coordinateur adjoint de la Cellule sectorielle de lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose et les hépatites virales (CSLS-TBH), Dr Mamadou Diop, l’article 17 de la loi susmentionnée stipule que la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État. Il indique que le dispositif de gratuité de la tuberculose est une réalité dans tous les établissements de santé public et certains établissements privés. Cette gratuité concerne également l’examen pour la confirmation de la TB. Par ailleurs, il informe qu’au cours du traitement, certaines analyses ou traitements, en fonction de l’état du malade, n’entrent pas dans le cadre de la gratuité. Dr Mamadou Diop précise qu’à la date d’aujourd’hui, les médicaments antituberculeux sont disponibles sur toute l’étendue du territoire national avec un stock au niveau de la Pharmacie populaire du Mali (PPM) centrale et ses magasins régionaux, pouvant couvrir entre 6 et 12 mois pour les médicaments les plus utilisés. Il admet que des ruptures liées au retard de la commande, aux insuffisances dans l’estimation des besoins peuvent survenir dans certains établissements de santé. Au nombre des difficultés dans l’approvisionnement des médicaments, le coordinateur adjoint de la CSLS-TBH cite, entre autres, le retard de livraison au niveau international pour des raisons logistiques, l’accessibilité de certaines zones en période hivernale et pour des raisons sécuritaires. Y compris des retards de livraison dans les régions du nord à cause des difficultés de transport terrestre. «En 2025, nous avons connu des tensions sur le stock au niveau national, ayant entrainé des ruptures momentanées par endroits», témoigne-t-il. Parlant de l’accès équitable aux traitements, notre source précise que les activités de traitement sont menées depuis l’agent de santé communautaire jusqu’aux hôpitaux de troisième référence. En outre, Dr Mamadou Diop annonce que le ministère de la Santé et du Développement social, à travers la CSLS-TBH, a élaboré un plan stratégique pour la période 2021-2026 qui est en cours d’évaluation. Une des stratégies de ce Plan est de rapprocher davantage les soins de la tuberculose auprès des populations. En plus, poursuit-il, ce plan privilégie l’approche centrée sur le patient. À la date d’aujourd’hui, le coordinateur adjoint indique que le pays compte 110 établissements disposant des moyens et des ressources humaines pour faire le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Au niveau des communautés et des ménages, la CSLS-TBH signale qu’elle collabore avec des organisations de la société civile et des ONG pour la sensibilisation, l’orientation pour un diagnostic précoce et le suivi du traitement. Il faut préciser que le Mali enregistre des cas de tuberculose résistante. Selon Dr Mamadou Diop, notre pays peut s’estimer heureux en la matière. «On n’a jamais dépassé plus de 100 cas de résistances par an. Toutefois, le Mali s’est doté de tous les moyens pour faire face aux cas de résistance», se réjouit-il. Sur le plan du traitement, dit-il, jusqu’en 2017, il n’existait qu’un seul site de traitement de la tuberculose résistante au niveau du CHU de Point G. À la date d’aujourd’hui, il précise que le pays compte 25 centres de prise en charge de la tuberculose résistante. Et d’indiquer que la CSLS-TBH prévoit une extension à 36 sites vers fin 2027. MD/KM (AMAP)