Le Conseil national de Transition vote la loi modifiée pour booster la recherche pétrolière et gazière
Bamako, 03 déc (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, jeudi, plusieurs projets de loi parmi lesquels figurent un texte modifiant la législation sur l’organisation de la recherche, de l’exploitation et du transport des hydrocarbures, voté par 105 voix pour, zéro contre et zéro abstention. Réunis en session plénière au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les membres du CNT ont approuvé le projet de loi portant modification de la loi n° 2015-035 du 16 juillet 2015 portant organisation de la recherche, de l’exploitation et du transport des hydrocarbures. Les nouvelles dispositions de la loi consistent à rendre le Mali attractif et maximiser ses revenus, à encourager la promotion et l’exploitation du gaz naturel ainsi que de l’hydrogène. « Mais aussi à rendre négociable le programme des travaux d’exploitation des sociétés, à relancer la recherche pétrolière en allégeant les conditions d’octroi des blocs et à assurer à l’État une part de production quelle que soit la quantité produite, en instaurant la taxe «ad valorem», selon le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui soutenait le texte. Ce projet de loi vise à combler les insuffisances constatées dans la loi de 2015. Il s’agit notamment du faible taux de recouvrement des coûts pétroliers (60%) comparativement à ceux du Niger et du Tchad (70%). « Ce qui explique, selon le ministre Traoré, l’absence de contrat, à ce jour, depuis son adoption ». Il a, par ailleurs, assuré que son département travaillera en collaboration avec ceux en charge de la Sécurité et de la Défense pour prendre des dispositions idoines garantissant la sécurité des entreprises voulant opérer dans le secteur. Les membres du CNT ont, également, donné quitus au projet de loi portant ratification de l’ordonnance 2021-014/PT-RM du 1er octobre 2021 portant création des Centres de perfectionnement préfectoral de Gao, Nioro et San. Ce texte a été défendu par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga. Il vise, notamment, à contribuer à l’invention et à la diffusion des us et coutumes des différents terroirs des circonscriptions administratives ; à assurer l’immersion et la formation continue des représentants de l’État, les fonctionnaires et agents contractuels appelés à servir dans les services propres des circonscriptions administratives. D’après le ministre Abdoulaye Maïga, le choix des villes de Gao, Nioro et San pour abriter ces établissements « s’explique par la volonté de constituer des pôles de formation zonaux, prenant en compte les similitudes d’organisation sociétale des terroirs et des conflits propres à ces zones ainsi que les méthodes et approches de gestion des conflits ». Ce texte a été adopté par 102 voix pour, zéro contre et zéro abstention. C’est le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, représentant son collègue en charge de l’Environnement, qui a défendu le projet de loi portant création de la réserve de biosphère du Gourma. Ce texte vise à protéger les éléphants qui rivalisent de plus en plus avec les hommes dans la zone pour «les mêmes espaces, les mêmes ressources pastorales et en eau». «Ce qui accroît, donc, les conflits», a noté le ministre Ibrahim Ikassa Maïga. D’où la nécessité de relire la loi de 1959 qui «n’est plus en mesure d’assurer la conservation des éléphants», q-t-il expliqué. Ainsi, ce projet de loi a été initié dans ce sens. Le texte a été adopté par 100 voix pour, zéro contre et zéro abstention. La délibération sur la proposition de loi portant indemnisation des victimes ayant subi des préjudices corporels et aux ayant droits des victimes décédées au cours des événements des 10, 11 et 12 juillet 2020 à Bamako et celles de Sikasso (Sud) et Kayes (Ouest) pendant la même année, initialement prévue à la même sêance, a été renvoyée à une autre plénière. Les travaux étaient dirigés par le président du CNT, le colonel Malick Diaw, en présence des membres du gouvernement, venus défendre les textes concernant leurs départements. BD/MD (AMAP)
Zones minières de Kayes (Ouest) : L’or ne brille pas pour tous
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 25 nov (AMAP) Depuis plus de quatre décennies, l’or est considéré comme la principale ressource économique du Mali. Les populations des zones minières de la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, ne pas sont satisfaites des retombées de l’exploitation des mines d’or dans leurs villages et villes. Dans cette partie du pays, qui peine à voir le bout du tunnel, le métal jaune ne profite pas à tout le monde. En dépit de la présence de cinq grandes compagnies minières sur son territoire, le cercle de Kéniéba est la parfaite illustration de cette situation. Car, cette localité, dont les populations souhaitent l’érection en région afin de sortir du gouffre, est toujours à la traîne en matière de développement. Pourtant, en septembre 2019, l’Etat a adopté un nouveau Code minier qui accorde une place de choix aux préoccupations des populations riveraines des mines, en termes de réalisation d’infrastructures et de création d’emplois. Ce code prévoit, en son article 83, un Fonds minier de développement local qui s’impose à tous les détenteurs de titres miniers (grandes et petites mines). Quelques 75% de ce Fonds doivent être investis dans les secteurs prioritaires : développement des infrastructures de désenclavement (aménagement et construction de routes ou de pistes rurales, ponts et types), développement d’infrastructures et d’équipements de base, construction ou renforcement d’adductions d’eau, amélioration des services sociaux de base, construction ou renforcement de Centres de santé et d’établissements scolaires, promotion de l’emploi. Par ailleurs, il est également prévu la création d’un cadre de concertation entre miniers, collectivités et populations riveraines pour explorer les pistes de collaboration. « Le Mali a orienté sa politique vers une nouvelle vision à travers le nouveau code minier selon lequel, l’activité minière doit s’inscrire dans un projet de développement durable sur le plan social, économique et environnemental, notamment dans les communautés et régions abritant les sites d’exploitation », fait remarquer le gouverneur de la Région de Kayes, le colonel Moussa Soumaré. Cependant, déplore le colonel Soumaré, « dans la Région de Kayes, les populations locales semblent ne pas être satisfaites des retombées de cette présence massive de mines d’or dans leur milieu ». Les incompréhensions auxquelles des solutions doivent être trouvées sont essentiellement liées au processus de recrutement dans les sociétés minières, notamment à Sadiola (cercle de Kayes), à leur participation au développement local et à la promotion des opérateurs économiques locaux. « Les citoyens des communes lésées du Cercle de Kéniéba doivent réclamer leur dû, en interpellant les décideurs (élus) sur la gestion des ressources allouées aux collectivités locales. Les communes doivent bénéficier des retombées des conventions qui lient l’Etat aux compagnies minières. Et les communes riveraines des mines ont droit à 75% sur les dividendes », précise Abdoulaye Coulibaly, président du Conseil régional des organisations de la société civile de Kayes. GESTION LOCALE EN QUESTION – Il soutient que les entreprises minières honorent leurs engagements parce que les patentes reviennent aux collectivités et sont distribuées à trois niveaux (commune, cercle, région), la commune se taillant la part du lion. « Le complexe Loulo-Goungoto tient une conférence chaque année. Ce complexe dit qu’il a un fonds de développement au niveau de la collectivité commune et au niveau de la collectivité cercle. De ce fait, le Conseil de Cercle bénéficie des retombées de ces patentes et cette collectivité œuvre pour le développement du cercle qui compte 12 communes au total. S’il y a des communes qui sont défavorisées, je pense que le Conseil de Cercle doit faire face à ces cas et la solidarité territoriale doit prévaloir dans ces communes qui sont liées par l’histoire et la géographie », souligne M. Coulibaly. Certaines communes (Kéniéba et Sitakily) récupèrent plus d’un milliard, alors que les budgets d’autres n’atteignent même pas 6 millions de Fcfa. Ces dernières se contentent de petites patentes des commerçants et ont de la peine à payer leurs employés, notamment les enseignants. « En tant que société civile, nous devons agir comme des sentinelles. Nous allons contrôler le moindre centime de nos collectivités. Nous avons quatre mines dans notre commune. Mais, l’or ne brille pas pour nous et pour tout le Mali. C’est l’extérieur qui en profite beaucoup. Je vais me battre jusqu’au bout pour que ma commune, Kéniéba, et tout le Mali puissent s’en sortir », déclare Seydou Sow, 3è vice-président du Conseil local de la Société civile de Kéniéba. ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX – « Tous les projets ont fait l’objet d’études d’impact environnemental. En matière d’environnement, on ne peut pas cerner tous les aspects d’où la mise en place d’un système de gestion environnemental », soutient le consultant de la SEMOS-SA, Samballa Diakité à Kayes. Le directeur de l’environnement de la SEMOS, Amadou Macalou, et son collègue de la communication, Modibo Kéïta, annoncent que la mine réserve 50% de ses emplois à la commune rurale de Sadiola et appui les communautés locales dans la réalisation de leurs projets d’hydraulique villageoise, santé, éducation, électrification, protection de l’environnement (lutte contre l’usage abusif des produits toxiques dont le cyanure), préservation des héritages culturels et touristiques. « Grâce à la SEMOS, l’hôpital Fousseyni Daou de Kayes a pu se doter d’un scanner de 900 millions de Fcfa », ont-ils dit. « Toutes les compagnies minières disposent d’un département de développement communautaire qui sert d’interface entre la mine et les villages environnants. Dans certains cas, le travail de ce département est appréciable. Parfois, leurs programmes et domaines qui sont généralement ciblés, ne correspondent pas à la réalité du village », souligne Bambo Kéïta, expert en environnement à Kéniéba. « Les compagnies minières construisent des écoles dans certains hameaux de culture où l’effectif atteint à peine 10 à 15 élèves. Alors que le village voisin, qui compte plus de 50 élèves, ne possède même pas d’école. Parfois, les sociétés laissent les villageois s’exprimer sans les accompagner dans leurs initiatives », dit-il pour illustrer ses propos. Selon lui, la mine n’intervient que dans un rayon de 10 à 15 km. De ce fait, les localités dans ce rayon sont prioritaires, en termes d’assistance. « C’est pourquoi, il y a toujours des tensions dans leurs zones
Journées minières et pétrolières : Un espace de découvertes et d’opportunités
Babba B. COULIBALY Bamako, 18 nov (AMAP) Les Journées minières et pétrolières du Mali (JMP), qui se tiennent depuis mardi au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sont une véritable plateforme d’échanges au service des relations commerciales. Pour en profiter au maximum, sociétés minières, fournisseurs, banques et autres sous-traitants y tiennent des stands où ils exposent, outre des projets et services, des équipements dédiés à l’activité minière. Destinés aux visiteurs composés d’experts de l’industrie, d’universitaires, d’entrepreneurs en herbe et de potentiels acheteurs, ces stands proposent des solutions innovantes à fort potentiel de rentabilité. Une exposante, la société Hydroma, semble être la vedette de cette 9ème édition. «Pionnière dans la recherche, la découverte, l’extraction et l’exploitation d’hydrogène naturelle au service de la transition énergétique». Elle y expose les piles à combustible. «Depuis 2012, Hydroma a réussi la production d’électricité avec l’hydrogène naturel par combustion directe en brûlant l’hydrogène pour produire de l’électricité et alimenter un petit village à Bourakebougou. « Maintenant, on veut augmenter le rendement à la production d’électricité. En brûlant directement, il y a un rendement mais en utilisant la présente pile à combustible, on augmente le rendement à la production d’électricité. Cela peut atteindre jusqu’à 50%, alors qu’avec la production directe, on est à moins de 30%», explique son directeur général, Aliou Boubacar Diallo. Il a ajouté que la pile à combustible permet une électrification décentralisée du Mali pour éviter de transporter l’électricité par les lignes à haute tension. « Transport lors duquel, déplore-t-il, on perd 18 à 20% de l’électricité produite. » « Les piles à combustible, dotées d’une puissance allant de 1 à 2 mégas, peuvent alimenter les petits villages », précise M. Diallo, ajoutant que la transition énergétique est impossible sans l’utilisation de l’hydrogène. «Notre pays est à la pointe en la matière grâce aux travaux de ma société», se félicite le promoteur d’Hydroma. Sidi Traoré est le président directeur général de l’entreprise Sokana. Évoluant dans le domaine de la prestation et du commerce général, elle participe à cette messe des mines pour la première fois. Venu tisser de nouvelles relations d’affaires, M. Traoré dit avoir établi des contacts avec six opérateurs économiques de premier plan. «Cette mobilisation montre que les acteurs économiques sont engagés pour le développement de notre pays. Ce salon est une opportunité pour nous les jeunes entrepreneurs», reconnait le président directeur général de Sokana. Présent aux Journées minières et pétrolières, le chef de service de l’industrie et des mines du Liptako-Gourma recherche des potentiels candidats capables de financer un projet couvrant le Mali, le Niger et Burkina Faso. «Nous sommes en train de développer un projet qui va couvrir les trois basins sédimentaires des trois pays du Liptako-gourma, en matière de renforcement des capacités des acteurs publics et privés. Nous recherchons de potentiels candidats pouvant prendre en charge ce projet, en partie ou en totalité, pour accompagner tous les acteurs du secteur minier», confie Adama Sankaré. Cette année, les stands des exposants contiennent uniquement des produits «made in Mali», c’est-à-dire confectionnés par des entrepreneurs locaux. « Ce qui constitue l’une des innovations majeures de cette édition », note le directeur administratif et des relations publiques de B2Gold, Birama Sidibé. Aïssata Traoré et ses camarades de l’Université African Business School y sont présents pour faire des découvertes et trouver des opportunités de stage auprès des opérateurs miniers. Comme pour dire que chacun y trouve son compte. BBC (AMAP)
Orpaillage à Kangaba : Les engins lourds entrent dans la danse
Par Sidy DOUMBIA Kangaba, 17 nov (AMAP) Sans l’or, le Mandé dont les griots et écrivains arabes chantent la grandeur, n’aurait peut-être pas existé. Le métal jaune a fait la gloire et la prospérité de tous les empires et royaumes qui se sont succédé sur ce vaste territoire. En la matière, le Cercle de Kangaba, vitrine de cette civilisation authentique, est une zone d’orpaillage par excellence. Pratiquée autrefois par les Malinkés dans cette contrée aurifère, l’extraction traditionnelle de l’or consistant à creuser des puits surdimensionnés avec des outils rudimentaires se faisait en saison sèche. Les bras valides partaient, avec la bénédiction des anciens, chercher de l’or afin de pouvoir subvenir aux besoins de la famille, comme le paiement de l’impôt, de la dot et des trousseaux des jeunes en âge de se marier. Mais, le phénomène a pris de l’ampleur au point de devenir la principale source de revenus pour des centaines de Maliens. La plupart d’entre eux, généralement motivé par le gain facile ou rapide, parcourent des dizaines de kilomètres à la recherche de la pierre précieuse que l’on «ramasserait à la surface de la terre à travers le pays». Il vide les villages de leurs bras valides en plein hivernage malgré les décisions interministérielles l’interdisant en cette période. À cette pratique, est venue s’ajouter l’orpaillage par dragage sur les cours d’eau. Le fait nouveau est l’usage d’engins lourds dans l’orpaillage. À la manière des compagnies minières industrielles, les orpailleurs s’organisent davantage pour louer des engins lourds qui mettent les forêts sens dessus dessous. Les effets aux plans économique et environnemental, ne se sont pas faits attendre. Les dégâts sont certes énormes sur l’environnement, mais les profits pour les villageois sont également colossaux. Une nouvelle tendance qu’il faudrait certainement encadrer. Face à la situation, beaucoup s’interroge : faut-il arrêter l’orpaillage ou l’organiser ? Faut-il intensifier la répression contre ceux qui bravent l’interdiction du dragage sur les cours d’eau comme il est stipulé dans le Code minier de 2019 (entré en vigueur en 2020), mais qui rapporte beaucoup d’argent aux communautés locales ? «Celui qui a vu ces villages hier et aujourd’hui ne peut pas imaginer qu’on puisse demander d’arrêter l’orpaillage. Pour preuve, les incendies qui ravageaient les villages appartiennent désormais au passé, car les toits de toutes les maisons sont en dalle ou en tôle», explique un propriétaire terrien de la Commune rurale de Minidian. S’y ajoute, selon lui, le paiement des intrants et équipements agricoles, des taxes et impôts grâce à l’argent issu de l’orpaillage. Un autre orpailleur qui fait office de «tomboloma», organisation chargée de la sécurité et de la protection des placers, va plus loin. Ce dernier estime que l’orpaillage est, aujourd’hui, le plus gros pourvoyeur d’emplois dans la zone. Les jeunes, diplômés ou non, affluent vers les sites d’orpaillage et y gagnent de quoi subvenir à leurs besoins. « L’arrêt de l’orpaillage équivaut aujourd’hui à ouvrir la porte au grand banditisme à travers le pays », affirme-t-il. DÉGÂTS ÉNORMES- De plus en plus ambitieux «l’appétit venant en mangeant» les villageois s’organisent pour louer des engins lourds qui rapportent gros. Telle est la tendance aujourd’hui sur plusieurs sites d’orpaillage. Les effets néfastes de cette pratique nouvelle sur l’environnement sont incommensurables. Les dégâts causés par les bulldozers sont énormes et sautent à l’œil. Au nombre de ces dégâts, figurent la dégradation des sols et de la végétation à cause de la coupe abusive des arbres, le risque d’empoisonnement des cours d’eau par les produits chimiques et la destruction/disparition des mares, explique le chef du Service local de l’assainissement. Celui-ci ajoute que les énormes fosses creusées par les pelles mécaniques ne sont pas réhabilitées. « Si rien n’est fait au plus vite, c’est l’avenir de plusieurs générations qui s’en trouverait compromis ». A entendre le chef d’antenne du sous bassin du Haut Niger à Kangaba, Opéri Berthé, l’orpaillage par dragage est le drame des cours d’eau au Mali. Selon lui, cette activité est à l’origine de la pollution de l’environnement, la contamination des eaux, la destruction de l’oxygène dissout et la disparition de la faune aquatique et la modification de la topographie des cours d’eau. Depuis 2018, le gouvernement a élaboré un projet de plan d’action pour l’interdiction de l’exploitation de l’or par dragues dans les cours d’eau au Mali. Pour minimiser les dégâts, le 2è adjoint au préfet du Cercle de Kangaba, Allaye Cissé, a récemment signé une décision pour mettre fin à l’utilisation des engins lourds dans l’orpaillage. Chefs traditionnels et responsables des sites d’orpaillage se sont engagés à arrêter l’utilisation des engins lourds, à partir du 15 novembre 2021 comme prévu par la décision du préfet du Cercle de Kangaba. Dans la Commune de Benkadi, la population a dit à la mission de sensibilisation dépêchée par le chef de l’exécutif local que les ressources tirées de l’orpaillage avec les pelles mécaniques et les bennes sont considérables. Elle a également fait savoir que l’arrêt de ces machines provoquera un manque à gagner irremplaçable. La délégation conduite par le préfet s’est montrée intraitable et a prévenu les éventuels récalcitrants des sanctions auxquelles ils s’exposent. SD (AMAP)
Journées minières et pétrolières : Une plateforme d’échanges et de relations commerciales
Bamako, 17 nov (AMAP) La 9è édition des Journées minières et pétrolières du Mali (JMP) 2021, ouverte, mardi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a mobilisé 1.900 participants, 20 pays, 62 exposants, 23 sponsors et 84 orateurs pour des travaux qui se tiennent du 16 au 18 novembre, sous le thème : «Développement du contenu local : défis, perspectives et rôle de l’État ». Organisées par le ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, les JMP constituent l’un des plus grands événements du calendrier mondial de l’industrie minière et pétrolière. Il s’agit d’une plateforme commerciale cruciale pour les professionnels des industries minières et pétrolières pour se réunir et discuter des développements régionaux, découvrir des solutions innovantes et établir des relations commerciales rentables. Cette 9è édition mettra l’accent sur les avantages des énergies renouvelables pour l’exploitation minière. Une exposition dédiée à cela sera attribuée aux entreprises actives dans ce secteur, ainsi que des sessions spécialement consacrées à l’industrie minière sont, également, inscrites au programme des conférences. Procédant au lancement officiel de ces journées, le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a déclaré qu’elles se sont imposées au fil des années comme un rendez-vous incontournable. « Au-delà de la promotion du secteur minier et pétrolier, a précisé Dr Choguel Kokalla Maïga, le gouvernement entend à travers ces assises, renforcer et promouvoir le rôle et la place des ressources minières et énergétiques en tant que richesses stratégiques créatrices d’emplois, de richesses et de croissance ». Le chef du gouvernement a salué la pertinence du thème qui s’insère dans les réalisations du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (Credd), dont l’un des objectifs spécifiques porte sur l’intégration de la production minière dans l’économie nationale comme facteur de développement durable. Pour y arriver, le gouvernement soutient la mise en place et le renforcement des chaînes de productions locales et la création des chaînes de valeurs d’industries minières et pétrolières. Le but étant de créer les conditions d’émergence de notre économie suivant les principes de gestion durable et transparente des ressources naturelles, a affirmé Dr Choguel Kokalla Maïga. 3è PRODUCTEUR EN AFRIQUE– Les 9è Journées minières et pétrolières se tiennent dans un contexte marqué par la détérioration de la situation sécuritaire. Malgré ces contraintes, le chef du gouvernement a dit que le secteur minier doit relever le défi de la diversification de la production dominée jusqu’ici par l’or. « À cet égard, ajoutera-t-il, les perspectives offertes par les récentes découvertes notamment le lithium et l’hydrogène permettront d’élargir la barre de la production minérale de notre pays. Le plus grand gisement d’hydrogène naturel du monde a été découvert à 60 kilomètres de Bamako ». Dr Choguel Kokalla Maïga a invité les acteurs du secteur minier à mener la réflexion sur les partenariats pour la recherche minière et pétrolière impliquant l’État, les collectivités, le secteur privé et la société civile. Notre industrie extractive nécessite, selon lui, des investissements lourds qui pourront être mobilisés si les efforts sont conjugués. Le chef du gouvernement a remercié tous les investisseurs qui contribuent à l’émergence du secteur minier et à la création d’emplois. Il a également rassuré de la détermination de la Transition à consolider les efforts du secteur minier et pétrolier, à promouvoir les investissements. Afin, selon lui, d’assurer un développement harmonieux et faire en sorte que les ressources du sous-sol malien brillent plus que par le passé. « Le thème de ces Journées répond parfaitement aux préoccupations des autorités de la Transition à savoir, tirer le maximum de bénéfice du secteur minier à travers une implication massive et de qualité de nos entreprises nationales », a soutenu le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. Il a expliqué que le secteur n’a pas été épargné par la crise de la Covid-19 qui a fait plonger de 35% les flux mondiaux d’investissements directs étrangers, selon le rapport 2021 sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). L’environnement minier est également contrarié par l’orpaillage illégal contre lequel une lutte implacable est en cours. « Malgré ces difficultés, a indiqué M. Traoré, le secteur minier a continué de remplir son rôle de pourvoyeur de fonds pour l’État. La valeur totale des exportations a augmenté passant de 1.870 milliards de Fcfa en 2019 à 1.971 milliards de Fcfa en 2020 ». La contribution du secteur au budget s’est chiffrée à 457 milliards de Fcfa en 2020, contre 403 milliards de Fcfa en 2019. Le Mali est devenu le troisième plus grand producteur du continent africain avec une production de 66,5 tonnes d’or en 2020, contre 71,1 tonnes en 2019. « Cette performance du secteur minier a été possible grâce au climat des affaires propice et surtout la confiance renouvelée de l’ensemble des parties prenantes du secteur », a précisé le ministre Lamine Seydou Traoré. AMK (AMAP)
Lutte contre la déforestation : La COP26 sonne la charge
Par Cheick Amadou DIA Bamako, 04 nov (AMAP) La 26è Conférence des Nations unies sur le climat, deux jours seulement après son ouverture à Glasgow en Ecosse, est parvenue, mardi, à la signature, par plus de 100 pays abritant 85% des forêts mondiales, d’une déclaration commune pour enrayer la déforestation d’ici 2030. Il s’agit du «plus grand pas en avant dans la protection des forêts mondiales en une génération», s’est enthousiasmé Boris Johnson, le Premier ministre britannique, hôte du sommet, lors de la signature du document. L’initiative est essentielle pour parvenir à l’objectif de limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C, selon les organisateurs de la conférence. Ces formidables écosystèmes fourmillants, «cathédrales de la nature», sont les poumons de notre planète. Ils absorbent une grande partie du gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère, responsable du réchauffement climatique. Malgré leur rôle essentiel dans notre survie même, les forêts disparaissent à un rythme alarmant correspondant à l’équivalent de 27 terrains de football, 291.600 m2 par minute, selon les estimations de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’accord prévoit de mobiliser 19,2 milliards de dollars pour la protection et la restauration des forêts. La France et 11 autres pays riches, s’engagent à mobiliser, conjointement, 10,3 milliards d’euros de fonds publics, entre 2021 et 2025, pour lutter contre la déforestation. À cette somme devraient s’ajouter 6,24 milliards d’euros d’investissements privés. Parmi ces fonds, 1,3 milliard de dollars seront investis pour protéger le bassin du Congo qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie. Par ailleurs, les patrons de plus de 30 institutions financières, représentant plus de 8.700 milliards de dollars d’actifs mondiaux, se sont aussi engagés à éliminer les investissements dans les activités liées à la déforestation. Selon l’ONG WWF, les engagements clés de cette déclaration comprennent, notamment, la conservation des forêts et autres écosystèmes terrestres, ainsi que l’accélération de leur restauration. L’accord prévoit, également, la promotion de la production et de la consommation durables de produits de base qui n’entraînent pas la déforestation et la dégradation des terres ou encore, la réduction de la vulnérabilité des communautés qui vivent dans ces territoires. «C’est une bonne nouvelle pour nous», déclare le président de l’ONG malienne, Mali-Folckecenter Nyetaa qui participe aux travaux. Avec le changement climatique, la grande exploitation agricole, la surpopulation et les déplacements des populations dus aux conflits, une forte pression est exercée sur les forêts, selon Dr Ibrahim Togola. Ces différentes actions font que la déforestation prend, de plus en plus, de l’ampleur au Mali. Selon la Politique forestière nationale de 2017, chaque année, environ 500.000 hectares de forêts disparaissent dans au Mali. Si dans les années 1960, le Mali disposait de plus de 4.400.000 hectares de superficies forestières, aujourd’hui il n’en reste que près de 800.000 hectares, soit une perte de plus de 80%. Les responsables du Système d’information forestier (SIFOR) expliquent cela par le fait que le bois et le charbon occupent 80% des besoins de la population en énergie. Face aux différences crises climatiques, la population doit sa résilience aux forêts. « Le bois énergie est une denrée de première nécessité au même titre que le riz, l’huile, le sucre, la farine, etc. », fait remarquer Dr Togola. « Le secteur apporte plus de 100 milliards de Fcfa à l’économie, chaque année », souligne-t-il. Le président de Mali-Folckecenter Nyetaa affirme, également, que les deux grands facteurs de déforestation sont l’énergie et l’agriculture. « La diversité des acteurs dans l’exploitation et la gestion forestière pose, également, un problème fondamental », analyse Dr Souleymane Diallo, professeur à l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou. « Les recherches sur les espèces d’arbres ne sont pas développées dans notre pays. Si c’est le cas, elles ne sont pas appliquées », déplore le chercheur, avant de regretter qu’elles soient méconnues par les acteurs. Face à cette déforestation galopante, il faut aller vers l’application stricte des normes de gestion durable des forêts, estime Dr Ibrahim Togola. Les informations liées à la forêt doivent être disponibles pour tous les acteurs ainsi que pour les populations. Il faut, également, aller vers la mise en place des forêts destinées aux bois d’œuvre. Du côté de la recherche et de la formation, les écoles comme l’IPR doivent être appuyées pour une formation de qualité. Enfin, les acteurs forestiers doivent être bien identifiés pour aller vers une coopération publique privée dans la gestion durable des forêts. C’est en tout cela que le Mali doit tirer bénéfice de cet accord obtenu à la COP26, selon cet acteur de la société civile. Cependant, le coordinateur de campagne de l’ONG Canopée, qui œuvre pour la protection des forêts mondiales, estime qu’il existe une interrogation quant à la signature d’un certain nombre de pays dont on peut légitimement douter de la bonne foi. Sylvain Angérand cite, notamment, la République démocratique du Congo (RDC) qui s’apprête à lever un moratoire sur l’exploitation forestière d’une superficie équivalente à celle de la France, mais aussi le Brésil qui a battu des records de déforestation depuis trois ans. Sous le feu des critiques pour sa politique environnementale, le Brésil a annoncé lundi, à l’ouverture de la COP26, des objectifs plus ambitieux en matière de réduction des émissions de CO2 et de lutte contre la déforestation. Il prévoit de baisser ses émissions de 50% d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Selon plusieurs études récentes, la déforestation en Amazonie brésilienne a transformé ce puits de carbone fondamental pour la planète en émetteur net de CO2 en 2020. Des experts de l’ONG autrichienne, All Rise, estiment ainsi que le rythme de cette déforestation s’est accru de 88% depuis l’arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro, représentant une perte de quelque 4.000 km2 de forêt amazonienne chaque année. Ce nouvel engagement contre la déforestation fait écho à la Déclaration de New York sur les forêts de 2014. À l’époque, de nombreux pays s’étaient engagés à diviser par deux la déforestation en 2020 et d’y mettre fin en 2030. CAD (AMAP)
Bamako : Le gaz butane se raréfie
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 01 sept (AMAP) Le gaz butane est devenu rare sur le marché à Bamako en raison de la suspension temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar et le non paiement de la subvention de l’État aux distributeurs. «Depuis quelques jours, je n’ai plus de gaz à revendre», confie un commerçant installé au marché «Dibidani», dans la capitale malienne. Las, il montre des bonbonnes de gaz vides entassées devant sa boutique. Selon le président des distributeurs de gaz butane, Cheick Hamalla Bocoum, la situation est due à deux facteurs : l’arrêt temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar occasionné par l’accident d’un gros camion malien à Kaolack et le non paiement de la subvention de l’État. M. Bocoum s’empresse d’ajouter que malgré la réouverture de la frontière avec le Sénégal, il n’y aura pas suffisamment de gaz sur le marché à cause des impayés. Motif ? « Les importateurs n’ont pas assez d’argent pour s’approvisionner », argumente leur président, ajoutant que c’est ce qui fait qu’on commence à sentir le manque de gaz sur le marché. «Le gouvernement n’a pas payé les subventions depuis 2020. Les arriérés de 2021 aussi n’ont pas été payés. Le cumul de la dette se chiffre à environ 8 milliards de Fcfa», explique Cheick Hamalla Bocoum. Il invite le gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour payer les subventions allouées au gaz. «Il (Ndrl, le gouvernement) doit mettre en place un fonds pour le gaz qui va permettre aux importateurs d’apporter suffisamment de gaz sur le marché», suggère-t-il. Le président du Groupement des professionnels de gaz domestique abonde dans le même sens. Oudiary Diawara confirme que les professionnels du secteur sont confrontés à un problème de non paiement de la contribution que l’État accorde au secteur pour amoindrir le coût pour les ménages. «Ça fait un an et demi que l’État ne nous paye pas les factures. Depuis janvier 2020 jusqu’en 2021, nos factures de subvention ne sont pas payées. Aujourd’hui, le fournisseur exige de payer en espèces sonnantes et trébuchantes. Les opérateurs sont fatigués», s’indigne Oudiary Diawara. Estimant que les 5 milliards de Fcfa de subvention que le gouvernement accorde, par an, au secteur du gaz est insuffisant, il interpelle les autorités de la Transition quant aux conséquences de cette situation sur l’environnement. En la matière, l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale (AMADER) est chargée de promouvoir l’utilisation du gaz butane auprès des consommateurs. Outre la fourniture d’électricité en milieu rural, sa mission consiste à sensibiliser les Maliens à aller vers la consommation du gaz butane. Le but étant de préserver l’environnement, en réduisant l’usage abusif du charbon de bois. Interface entre le ministère de l’Économie et des Finances et les acteurs du secteur gazier, l’AMADER est également chargée du traitement des dossiers des factures de remboursement des subventions dues aux opérateurs gaziers dans le cadre de la convention qui les lie à l’État. Joint au téléphone un responsable de l’AMADER, qui a requis l’anonymat, assure que l’État est à pied d’œuvre pour payer les factures des opérateurs de gaz. «L’État est en train de faire de son mieux. Des avancées ont été faites dans ce sens», a-t-il dit. AG/MD (AMAP)
Un nouveau Code minier pour booster le secteur au Mali
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 10 mars (AMAP) La nouvelle législation de 2019 remplace celui de 2012. Promulgué en novembre 2020, son adoption met ainsi fin à la coexistence de plusieurs textes régissant le domaine minier au Mali. La nouvelle législation définit les conditions de détention, de recherche et d’exploitation des ressources minières au Mali. Elle précise, également, les relations entre l’activité minière et les administrations impliquées dans la gestion minière (ministères des Finances, de l’Environnement, de la Santé, de la Sécurité, en collaboration avec celui chargé des Mines). Elle apporte des innovations majeures dont l’application rigoureuse devrait permettre une meilleure gestion des revenus engendrés par le secteur. L’or contribuant à près de 10% au Produit intérieur brut (PIB), 20% au budget national et 70% des produits d’exportation du Mali. Au total, 19 innovations ont été adoptées pour corriger les lacunes constatées, renforcer l’attractivité du pays et booster l’économie nationale et locale. Ces nouvelles directives permettront «une amélioration de la gestion des revenus de la mine, l’augmentation des revenus de l’Etat (certaines exonérations sont limitées), des populations, de donner une part importante aux fournisseurs maliens. En un mot, « faire en sorte que l’or brille pour tous les Maliens», développe le chef de cabinet du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Alexis Dembélé. Au cours d’un entretien dans son bureau, celui qui est, aujourd’hui, considéré comme l’un des plus grands spécialistes des questions minières au Mali précise que ces innovations se rapportent à la réduction de la durée de la période de stabilité qui passe de trente à vingt ans. « Il s’agit là, explique l’expert en géologie, de la période pendant laquelle les dispositions fiscales sont stables ». Donc impossible, selon lui, de les changer même si une nouvelle loi fiscale venait à être adoptée. « Le nouveau Code redéfinit le nombre de titres miniers par la suppression de l’autorisation de prospection, la clarification des concepts de sous-traitants, prestataires, sociétés affiliées, fournisseurs, en passant par l’extension des obligations de protection de l’environnement à la phase de recherche et le réaménagement des groupes de substances minérales afin de promouvoir la diversification », détaille Lamine Alexis Dembélé. Selon lui, la nouvelle législation clarifie, également, le domaine de l’exploitation artisanale mécanisée, à petite échelle, la suppression de l’autorisation d’exploitation par dragage, l’interdiction du dragage et toute autre forme d’exploitation dans les lits des cours d’eau. 20% DES REVENUS – La nouvelle charte minière innove avec l’introduction de la possibilité d’attribution des titres miniers par appel d’offres. « Elle précise, aussi, les dispositions concernant les obligations sociétales des entreprises minières par la création d’un Fonds minier de développement local alimenté à hauteur de 20% des revenus tirés des mines et 0,5% du chiffre d’affaires des sociétés minières », indique le chef de cabinet. Il ajoute que le nouveau texte introduit, également, de nouvelles dispositions régissant l’approvisionnement local, l’emploi et la sous-traitance. L’exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pendant la phase de production (souvent à l’origine d’incompréhensions entre les parties), est supprimée, tout comme les avantages douaniers et fiscaux liés aux investissements portant sur les infrastructures et installations d’hébergement, de restauration, d’éducation, de santé et de loisirs. Autres nouveautés apportées au secteur minier national, le paiement des droits de douanes au taux de 5% et de la taxe intérieure sur les produits pétroliers à partir du démarrage de la production et la suppression de l’exonération sur les machines, les équipements, les outillages, les pièces de rechange et les matériaux à partir du démarrage de la production, ajoute le géologue senior. Il précise que le nouveau Code prévoit, également, la création d’un Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés. Il introduit, aussi, un nouveau dispositif relatif à l’arbitrage des différends. En matière de gouvernance et redevabilité, le nouveau Code fait une part belle aux principes de transparence, tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et le Processus de Kimberley (PK). Il innove avec l’introduction d’une disposition relative à la mise en place d’un compte séquestre pour garantir l’après-mine. Les modalités de taxation des plus-values de cession ou de transmission réalisées directement ou indirectement, et de surproduction y sont, également. définies. L’article 19 du nouveau Code minier stipule que l’activité minière sur les substances soumises au régime des mines, est autorisée en vertu d’un titre minier délivré conformément aux dispositions du présent Code. à cet effet, les titres miniers prévus par le présent Code sont : l’autorisation d’exploration, le permis d’exploitation artisanale, ceux d’exploitation semi-mécanisée et de recherche et le permis d’exploitation de petite mine et de grande mine. S’agissant des infractions, l’article 194 précise que sont punis d’un emprisonnement allant de onze jours à deux ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, les auteurs de fausses déclarations pour obtenir un titre minier. Ceux qui s’opposent, de quelque manière que ce soit, à l’occupation d’un périmètre minier par le titulaire du titre minier sont assujettis aux mêmes sanctions. Il vise, également, les titulaires miniers qui effectuent l’analyse des échantillons en dehors du Mali sans l’autorisation préalable de la direction générale des mines et ceux qui acceptent de faire travailler les enfants sur leur chantier. L’article 195 indique que sont punis d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, ceux qui se livrent à des travaux de recherche ou d’exploitation de substances minérales soumises au régime des mines sans détenir de titre approprié. Sont punis des mêmes peines ceux qui, au sens des dispositions du Code pénal, apportent aide et assistance aux prospecteurs et aux exploitants clandestins ou qui ne déclarent pas l’arrêt définitif des travaux relatifs à la réhabilitation du site. BBC (AMAP)
Mine d’or de Sadiola : Visite du ministre malien des Mines et son homologue d’Ethiopie
Envoyé spécial Babba B. COULIBALY Bamako, 22 fév (AMAP) «Le nombre d’expatriés dans l’organigramme de la direction générale tourne au tour de 30 à 35%. Ce chiffre me semble élevé. Nous n’accepterons pas que des mines en exploitation, depuis une trentaine d’années, continuent d’employer un nombre élevé de personnel non malien », a dit le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui souhaite que la mine recrute plus de travailleurs nationaux. M. Traoré intervenait, mardi, à la Société d’exploitation des mines d’Or de Sadiola (Semos S.A) où il a accompagné la ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole d’Ethiopie, Mme Semegne Wube, venue visiter cette mine reprise en décembre 2020 par la société «Allied Gold» qui opère également en Ethiopie. « J’ose espérer que c’est juste en tant que nouveau repreneur que ces gens sont envoyés pour s’assurer que les travailleurs locaux, qui étaient là dans le temps, ont une maitrise parfaite de la situation. Si ce n’est pas le cas, en tant qu’actionnaire (l’Etat est propriétaire de 20% des actions), nous verrons avec eux comment mettre en place un pacte d’actionnaires qui régule tout cela», a déclaré le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Le ministre Traoré a apprécié l’état de mise en œuvre des innovations induites par le Code minier de 2019 et s’est imprégnédu rythme d’implantation du nouvel acquéreur de la mine de Sadiola. Situé à 80 km de Kayes, la mine de Sadiola opère à ciel ouvert. La première étape de la visite a concerné la carrière principale. Elle contient 4 millions de m3 d’eau de pluie et souterraine. Leur pompage pourrait durer deux ans. La partie la plus profonde mesure 270 m en dessous du niveau zéro de la mer. Elle sera exploitée durant 12 ans pour atteindre une profondeur de 500 m depuis la surface de la terre. Selon Amadou Diarra, géologue à la mine de Sadiola qui guidait la visite, cette mine était en abandon depuis plus de 10 ans. Les raisons de cet arrêt étaient d’ordre économique et technique. «Les minerais à exploiter contiennent du sulfuré dont l’exploitation demande une technique spécifique de traitement. « La carrière sera rouverte, creusée, excavée pour accéder à l’or. Les études d’exploration réalisées ont montré qu’elle contient près 4 millions d’onces d’or. Pour atteindre le minerai, un autre projet a été mis en place. Il est en train de voir le jour», a expliqué le géologue. En attendant, les efforts étaient concentrés sur le traitement du minerai oxydé, «très facile à traiter et moins couteux en termes d’investissement», a précisé le spécialiste. «Nous avons maintenant atteint le sulfuré. Son traitement exige des techniques appropriées inexistantes à l’usine de Sadiola. Il fallait faire un autre projet pour construire une nouvelle usine pour pouvoir exploiter le minerai et l’acheminer à l’usine», a détaillé le géologue, interrogé sur le site. Ce préalable réalisé, la production reprendra. Car il était nécessaire de reprendre l’activité minière, a confirmé le directeur général de la Société d’exploitation de Semos-SA. André Straydom a rêvélé qu’il est prévu la production de 130.000 onces (environ 3,7 tonnes d’or) au titre de 2021. «Avec la construction de la nouvelle usine de traitement des minerais sulfurés, il est possible de produire plus de 300.000 onces (plus 8,5 tonnes d’or) par an», a ajouté l’administrateur général. La ministre d’Etat, ministre des Mines et du Pétrole de l’Ethiopie a dévoilé ses attentes au terme de ce périple. «Il n’y a pas de mines industrielles en Ethiopie. La production est artisanale. En plus du partage d’expériences, cette visite a consisté à faire en sorte qu’Allied Gold, qui est en phase d’exploration en Ethiopie, puisse arriver à construire une mine industrielle profitable à notre pays», a expliqué Mme Semegne Wube. La seconde phase de la visite a conduit la délégation ministérielle à l’usine de traitement des minerais où les hôtes ont visité la salle de contrôle. Avant de regagner Bamako, la mission a rendu une visite de courtoisie aux autorités traditionnelles de Sadiola. BBC/MD (AMAP)
Mine d’or de Loulo-Gounkoto : Une vision axée sur le développement des entreprises locales
Par Yacouba TRAORÉ Bamako, 9 fév (AMAP) « Nous sommes venus dans la mine de Loulo pour prendre part au conseil d’administration, faire part au président directeur général du groupe Barrick Gold Corporation (ancienne société RandGold), Mark Bristow, du soutien du gouvernement, rappeler l’espoir que fonde l’État sur le secteur minier et visiter les installations », a expliqué le ministre des Mines, l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, en visite de terrain, samedi dernier, sur le site. Il était 10h environs lorsque l’avion du ministre et sa délégation a atterri à Loulo. Les visiteurs du jour ont été contraints de faire le test Covid-19 avant d’entamer la visite. Le ministre a commencé par le parc à résidus, situé à 7 km de la mine. Ce dispositif d’une capacité de 80.000 mètres cubes est bâti sur une superficie de 500 ha. Il sert à recycler l’eau. Un système de pompage permet aux trois usines de la mine de drainer leurs eaux usées vers cette station pour les recycler (elles sont ensuite réutilisées). Le ministre a également visité le champ solaire qui s’étend sur 32 ha. L’usine émet plus de 40 kilotonnes de dioxyde de carbone (CO2) par an. Cependant ces 18.000 panneaux solaires constitués en bloc tournent ensemble. L’objectif est de réduire le CO2. Les spécialistes ont expliqué que cela permet de faire une économie de près de 10 millions de litres de carburant (du diesel) Le responsable des opérations Afrique de l’Ouest, Chaka Berthé, a expliqué qu’en plus de la préservation de l’environnement, il y a le développement communautaire parce qu’à la fin de l’exploitation de la mine, il y aura un plan d’utilisation pour cette infrastructure qui est facile à transférer à la communauté. En effet, le coût de maintenance est beaucoup plus faible que celui des centrales thermiques. La mine d’or de Loulo, située à 500 km de Bamako, a produit 8 millions d’onces en 2019. Selon Chaka Berthé, la société aurifère Barrick fait, depuis plusieurs années, du développement des capacités des nationaux une priorité. Il a relevé que la société a, au cours des 23 dernières années, énormément apporté à l’économie nationale à travers les taxes mais aussi les salaires des nationaux et le règlement des factures des fournisseurs locaux. « Les mines de Loulo et Gounkoto, a soutenu le responsable des opérations Afrique de l’Ouest, profitent le plus à la population locale ». Pour lui, le Mali, avec une production totale de 50 tonnes onces d’or est, aujourd’hui, classé 2è producteur d’or en Afrique et la mine d’or de Loulo, elle seule, produit 20 tonnes d’or par an. Il a aussi expliqué qu’en 2012, une année noire pour l’économie malienne, pendant que les sociétés minières et autres ONG se retiraient, le groupe Barrick a accompagné le Mali avec une contribution de près de 10% au budget national. Ce qui a permis d’apporter une réelle bouffée d’oxygène à l’économie du pays. Le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau a expliqué qu’il était important pour lui de venir échanger avec Mark Bristow en tant que 1er complexe minier au Mali qui produit autour de 20 à 22 tonnes d’or par an. Lamine Seydou Traoré s’est dit heureux de savoir qu’aujourd’hui, l’exploitation souterraine de l’or est plus qu’une réalité au Mali et cela augure, selon lui, d’une augmentation future de la production minière dans notre pays. Des réflexions ont débouché sur un nouveau Code minier qui a été finalisé en septembre 2019 avec un décret d’application qui a été pris par les autorités de la Transition. « Il s’agit maintenant de faire en sorte que toutes les innovations contenues dans ce Code soient appliquées», a dit le ministre. «Pour que l’or brille pour le Mali, il faut mettre en relief la chaîne de valeur, réfléchir à la mise en place d’une agence qui s’occupera de la gestion du patrimoine minier qui va utiliser des ressources humaines qualifiées et des outils pour mieux comprendre le secteur et lever des fonds pour aider les entreprises locales», a-t-il ajouté. « Une stratégie d’appui aux entreprises maliennes intervenant dans la mine a été élaborée », a relevé le directeur général de la mine de Loulou, Abbas Coulibaly. Il a, aussi, indiqué que la société minière a élaboré un programme d’incubateur où on sélectionne les entreprises pour une formation afin qu’elles puissent faire des prestations en dehors du Mali. « Mark Bristow, en plus de la contribution qu’il donne à l’État et aux collectivités, veut marquer de son empreinte le développement des capacités nationales », a declaré M. Coulibaly. « Certaines préoccupations ont été abordées avec le ministre en charge des Mines, notamment les défis liés à la sécurisation des permis. Nous comptons beaucoup sur l’État afin de relever ces défis », a encore dit Abbas Coulibaly. (AMAP)

