Le gouvernement du Mali suspend l’attribution des titres miniers

Bamako, 30 nov (AMAP) Le ministère malien des  Mines, de l’Energie et de l’Eau a annoncé, lundi, la suspension de l’attribution des titres miniers sur toute l’étendue du territoire national à compter de la même date. Selon un communiqué du ministère, le gouvernement fait savoir qu’ « aucune demande de titres miniers ne sera réceptionnée ou traitée par les Services compétents du département en charge des mines à partir de la mise en oeuvre de la décision. » La décision « entre dans le cadre des travaux entrepris pour l’amélioration de la délivrance et du suivi des titres miniers pour mieux servir les acteurs du secteur minier », explique le communiqué. MT/MD (AMAP)

Mali Un atelier de deux jours sur la problématique de l’électrification rurale 

Bamako, 25 nov (AMAP) La problématique du développement de l’électrification rurale au Mali est au cœur d’un atelier national de deux jours, ouvert, jeudi, sous l’initiative du Haut conseil des collectivités (HCC) en collaboration avec le ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau, à travers l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER). Afin de faciliter l’accès à l’électrification à plus de 70% de la population du Mali, le HCC et le ministère en charge de l’Energie à travers l’AMADER ont décidé d’instituer un cadre de collaboration intersectorielle pour assurer une meilleure coordination entre les différents secteurs. Et de renforcer les synergies possibles pour améliorer l’accès aux services énergétiques en milieu rural Durant deux jours, les acteurs proposeront des recommandations concrètes relatives aux enjeux, défis, acquis, perspectives et au mode de financement durable de l’électrification en milieu rural. Le milieu rural a toujours été un vecteur majeur de développement du Mali. Cependant, le sous-secteur de l’électrification rurale est confronté à d’énormes difficultés qui compromettent la pérennisation de ses acquis et son développement. Il s’agit, notamment, des difficultés de planification, d’investissement, d’exploitation des installations et d’évaluation économique, financière et sociale. OBSTACLES – Dans son intervention, le président du HCC, Mamadou Satiqui Diakité, a attiré l’attention sur le fait que « les zones rurales sont au cœur de la bataille de l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030 ». Selon M. Diakité, la majorité de la population privée d’électricité se situera « encore pour longtemps, si rien n’est fait, en zone rurale, où la dispersion des habitats, les faibles revenus de la population et les coûts de raccordement sont autant d’obstacles à la disponibilité d’un service électrique pérenne. » Dans ce contexte, l’électrification rurale s’impose non plus seulement comme une solution, maisaussi comme une nécessité. L’expérience apprise des interventions de l’AMADER démontre que les projets d’électrification rurale sont d’abord ceux de développement. Car, l’arrivée de l’électricité dans une localité rurale entraine un développement économique et social. Ainsi, au cours de cet atelier, il sera discuté des thèmes relatifs aux « enjeux, défis, acquis, perspectives et au mode de financement durable de l’électrification en milieu rural ». L’électricité étant une nécessité absolue au bien-être pour les milieux urbain que rural, le citoyen qui vit en ville et celui qui vit en campagne doivent jouir de l’électricité en commun. L’HORIZON 2030 – À cet effet, le PDG de l’AMADER, Amadou Sidibé, a dit que le Plan directeur d’électrification rural (PDER) de sa structure, en cours d’élaboration, prend en compte la satisfaction des besoins en énergie électrique de qualité à un coût abordable. Ce PDER va, aussi, préserver l’environnement à tous les Maliens quel que soit leur lieu de résidence sur le territoire national et quelle que soit leur classe sociale. « Les infrastructures communautaires comme la santé, l’éducation, les adductions d’eau potable, les unités de production de transformation et de conservation et agricoles sont pris en compte par ce nouveau modèle », a précisé M. Sidibé. Et d’ajouter que 18.000 localités abritant des populations de 100 habitants ou plus ont été répertoriées dans le cadre d’un programme ambitieux d’accès universel d’électricité en milieu rural à l’horizon 2030. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, a soutenu qu’ « aujourd’hui plus que jamais, la disponibilité de l’électricité en milieu rural contribue à l’amélioration de la productivité en vue de soutenir une dynamique de croissance forte, durable et inclusive permettant de consolider la lutte contre la pauvreté et à l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) . » Il a, dès lors, a rappelé que l’amélioration de la qualité de vie des populations à travers le renforcement de l’accès aux services sociaux de base tels que l’électricité fait partie des objectifs prioritaires de l’action gouvernementale, notamment l’axe 4 du Plan d’action du gouvernement de la Transition. L’accès aux services énergétiques modernes en général et à l’électricité en milieu rural, en particulier, est une composante importante de cette politique qui vise à assurer un développement intégré des zones rurales et urbaines du Mali. Le chef du gouvernement par intérim a assuré que les autorités de la Transition ont engagé la relecture des documents, des stratégies et des textes du secteur de l’énergie ainsi que l’élaboration de divers plans d’investissements. La cérémonie d’ouverture des travaux a eu lieu en présence du ministre  de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, et des gouverneurs de région. OD/MD (AMAP)    

Mali : Le gouvernement fait le point de ses efforts sur le pouvoir d’achat 

Bamako, 23 nov (AMAP) Depuis des mois, le gouvernement du Mali consent d’énormes efforts pour, non seulement, renforcer le pouvoir d’achat mais aussi atténuer l’impact de la hausse des prix à l’international sur les prix pratiqués au plan national, ont indiqué, mardi, les ministres de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou Face à la presse, pour faire le point des mesures et des stratégies pour soutenir le pouvoir d’achat, le ministre Mahmoud Ould Mohamed, a ajouté qu’un plan d’action a été élaboré pour rendre possible l’approvisionnement du pays et permettre aux consommateurs d’accéder aux produits à des prix abordables. Le gouvernement a fourni des efforts pour renforcer le pouvoir d’achat des Maliens, en dépit de la persistance de la crise sécuritaire qui a fait perdre à l’État 400 milliards Fcfa. D’autres difficultés, notamment la crise sanitaire, ont eu un fort impact négatif sur l’économie nationale. Malgré l’insuffisance des ressources, le gouvernement a déployé des mesures qui ont notamment permis l’approvisionnement correct du marché et la maitrise des prix des produits de première nécessité, selon le ministre. FLAMBEE DES PRIX – C’est ainsi que le prix du riz a augmenté de seulement 1,1% au Mali alors que le taux était de l’ordre de 50% au niveau international. « Et pour cause, a expliqué le ministre, le gouvernement a accordé des subventions. Les efforts de l’Etat ont évité une flambée incontrôlable des prix de la farine, du lait et de l’huile alimentaire. » S’agissant de la farine, le prix a augmenté de 43% sur le marché international, mais l’impact au niveau national a été de 1,4 %. Pour le lait, l’impact a été de 0,6% alors que le prix a augmenté de 43,4% au niveau international. Quant aux huiles alimentaires, le Mali a enregistré une augmentation de 0,3%, contre 14, 4% à l’international. Les prix appliqués au sucre ont augmenté de 3% au Mali, tandis que le taux d’augmentation à l’international est de 7,6%. Si les hydrocarbures ont augmenté de 36,4% au niveau international, l’amplitude au Mali était de 0%. Pour s’assurer du respect des prix sur le marché national, «Cinq cents contrôles ont été effectués », selon Mahmoud Ould Mohamed, ajoutant que les efforts vont se poursuivront pour appliquer les prix plafonds sur le marché. Abondant dans le même sens, le ministre de l’Economie et des Finances a affirmé que pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés et leur permettre d’avoir un revenu supplémentaire pour faire face aux différentes crises, le gouvernement est passé par une justice sociale avec les partenaires sociaux. Ce qui a permis d’avoir une harmonisation de la grille salariale avec un impact annuel d’environ 200 milliards de Fcfa. ABATTEMENTS FISCAUX – Au même moment, des discussions sur les indemnités liées à beaucoup de corps et pour améliorer la vie des Maliens ont eu lieu. « Pour les entreprises privées, le gouvernement a fait des abattements fiscaux, avec comme impact 7,5 milliards de Fcfa et pendant la période 2020-2022, quelque 390 milliards de Fcfa de dettes intérieures ont été apurées », a expliqué le patron de l’hôtel des finances. L’objectif est de permettre aux entreprises de pouvoir continuer à fonctionner. Par ailleurs, 39 milliards de Fcfa ont été investis dans le payement des ménages en difficulté. A ces efforts s’ajoute, la subvention des produits de première nécessité. Le riz et le sucre ont été subventionnés en deux vagues, en plus du lait et de l’huile alimentaire. Sur la période 2021-2022, plus de 17,640 milliards Fcfa de manque à gagner sont enregistrés sur l’importation du riz. Il est de 8,151 milliards de Fcfa pour le sucre en 2022. Concernant le lait, le manque à gagner est de 3,93 milliards de Fcfa, 1,675 milliard de Fcfa  pour l’huile alimentaire et 115 milliards de Fcfa pour les produis pétroliers. Pour le gaz sur lequel les subventions ont été arrêtées au mois de mai, le manque à gagner est de 17 milliards en 2021 et 2022 et 3,252 milliards de Fcfa pour les graines de coton. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a instruit la mise en place d’une Commission interministérielle qui va plancher sur la question de l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité. Cette Commission s’attèlera, aussi, à la maîtrise de la hausse des prix. Babba B. COULIB(AMAP)  

Le Mali attend 120 tonnes de produits de première nécessité de la Russie (Ministre de l’Economie)

Bamako, 03 nov (AMAP)  Le Mali devrait recevoir, dans les semaines à venir, environ 120 tonnes de produits de première nécessité, pour un montant de 100 millions de dollars soit ( 50 milliards de Fcfa, en provenance de la Russie à partir le corridor Conakry-Bamako, a  annoncé, mercredi, le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. « Il s’agit de la première livraison d’une importante commande du gouvernement de Transition dans le cadre du partenariat commercial et stratégique entre le Mali et la fédération de Russie. », a indiqué  M. Sanou, qui a effectué une mission en Russie, du jeudi 27 octobre au mercredi 02 novembre 2022. Cette importante commande est répartie entre 65.000 tonnes de produits d’hydrocarbure, 35.000 tonnes d’engrais (urée)  et 25.000 tonnes de blé. Lors de sa mission, le chef du département en charge de l’Economie était accompagné d’une importante délégation composée outre de responsables techniques de son département, des techniciens de plusieurs entreprises d’État : l’Office national des produits pétroliers (ONAP), l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) et la Compagnie malienne pour développement du textile (CMDT). Arrivé le jeudi 27 octobre à Moscou, dans la capitale russe, le patron de l’hôtel des Finances et sa délégation ont mené des négociations portant sur plusieurs secteurs économiques, avec des responsables techniques russes. Ces négociations ont abouties à la signature d’une convention sur des produits stratégiques entre les deux États. Selon ministre Sanou, ce partenariat permettra à notre pays « de sécuriser ses sources d’approvisionnement en produit stratégiques dans un contexte international de plus en plus tendu. » « L’objectif de ce partenariat est de maintenir un approvisionnement correct, régulier et sécurité du Mali, en denrées de première nécessité », a expliqué Alousséni Sanou. AT/MD (AMAP)

Le Mali assure la présidence du Conseil des ministres de  l’Autorité de développement du Liptako-Gourma

Bamako, 27 sept (AMAP) Le Mali, à travers son ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, assure depuis 17 septembre 2022 la présidence du Conseil des ministres de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG ), a annoncé, lundi, le correspondant national de l’ALG, Issa Coulibaly. Intervenant, au ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau lors de la restitution des travaux de la 58è session ordinaire de l’ALG, tenue la veille à Niamey, au Niger,  le conseiller technique et correspondant national de l’ALG a ajouté que cette session ordinaire de l’ALG,  a décidé, également, qu’ « au titre des contributions, le montant de la quote-part de chaque État membre a été fixée à 180 millions de Fcfa, contre 163,8 millions de Fcfa pour l’exercice 2021. » Issa Coulibaly a expliqué que « le secrétariat exécutif est rotatif entre les deux pays n’abritant pas le siège de l’institution (le Mali et le Niger) ». « Quant à la Conférence des chefs d’État et la présidence du Conseil des ministres qui «vont de pair», elles sont tournantes entre les trois États », a précisé Issa Coulibaly. Cette session de Niamey a, également, vu l’adoption du rapport d’activités du secrétariat exécutif au 31 décembre 2021, du Programme triennal d’investissements (PTI) 2022-2024. Elle a été mise à profit pour examiner l’état d’exécution du budget 2021 de l’ALG au 31 décembre 2021, l’adoption, la présentation du rapport du Commissaire aux comptes sur les états financiers de l’exercice clos sur la même période et des documents spécifiques. « À la demande du Mali, a affirmé le conseiller technique, les points relatifs à la nomination du secrétaire exécutif désigné par le Mali, à la rotation de la présidence de la conférence des chefs d’État et de la présidence du Conseil des ministres de l’ALG ont été inscrits à l’ordre du jour. Ils ont été discutés à huis clos ». « L’adoption du Programme d’activités annuel 2022 du secrétariat exécutif de l’ALG, d’un nouvel organigramme et l’élaboration d’un nouveau Plan 2023 ont été reportés à la prochaine session que Bamako devra abriter en décembre 2022, a souligné M. Coulibaly. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, qui a présidé la séance de restitution, il a félicité les experts  pour leur «bon travail». Il les a exhortés à redoubler d’efforts. La Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’ALG a décidé de la transformation de l’institution en un espace économique intégré couvrant l’ensemble des territoires des États membres : le Burkina Faso, le Niger et le Mali. C’était lors de sa 7è session ordinaire, tenue le 24 novembre 2011, à Niamey au Niger. Cette volonté a été concrétisée avec l’adoption du Traité révisé de l’ALG, le 24 janvier 2017 à Niamey, à l’issue de la 2è session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. FC/MD (AMAP)

Mali-BAD : Des mesures fortes pour améliorer la performance du portefeuille de projets et programmes

Bamako, 19 sept (AMAP)  La Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement malien ont évalué l’état de mise en œuvre des projets et programmes que l’institution régionale de développement finance au Mali, au cours de la revue de la performance du portefeuille. La revue politique organisée, vendredi dernier, a été présidée par le ministre de l’économie et des Finances, Alousseini Sanou. Les sessions techniques avaient commencé le lundi 12 septembre dernier. Le but étant d’apprécier ensemble (administration, société civile, secteur privé, collectivités et partenaires techniques et financiers) les avancées, de comprendre les raisons des blocages (s’il y en a) et de formuler des recommandations pertinentes visant à améliorer la qualité du portefeuille. M. Sanou a noté avec satisfaction qu’à l’issue des travaux, «un diagnostic complet a permis d’identifier et d’analyser les contraintes et les difficultés majeures qui plombent la performance du portefeuille», Il a fait remarquer que le portefeuille connaît de nos jours, «un niveau avancé de détérioration de sa qualité, soit plus de 83% d’instruments inscrits au rouge ». « Autrement dit, des projets éligibles à l’annulation», a analysé le ministre. Il s’agit, selon lui, d’un portefeuille vieillissant présentant un besoin d’assainissement. Cette situation est imputable aux conséquences de la pandémie de la Covid-19, à la crise sociopolitique que connait le pays, aux besoins de réformes pour accélérer les processus de passation des marchés et d’indemnisation des personnes. Le mal et ses raisons sont connus, «nous devons agir vigoureusement et avec diligence pour faire reverdir la performance de notre portefeuille commun», a dit le directeur général adjoint Afrique de l’Ouest du Groupe de la BAD, Joseph Ribeiro. Pour ce faire, un Plan d’amélioration de la performance du portefeuille (PAPP) est conjointement élaboré et convenu entre les équipes du Mali et celle de la Banque. Il consiste en des mesures immédiates, à court et moyen terme. Dans un premier temps, les projets seront exécutés dans les délais impartis en évitant de nombreuses prorogations. Ce qui permet d’atteindre rapidement leurs objectifs de développement, de soutenir la croissance économique et améliorer les conditions de vie des populations. En second lieu, le portefeuille sera assaini. Restructuré et alloué, il permettra de mieux recycler le stock de ressources rares dormantes vers des priorités urgentes du pays ainsi que des activités actuelles des projets qui demeurent pertinentes. Cela contribuera à l’efficacité dans l’action gouvernementale et à sa proactivité à mieux répondre aux besoins légitimes des populations. Rendu performant, le portefeuille contribuera en dernier ressort au renforcement de la capacité d’absorption des ressources allouées par le pays ainsi que sa capacité à mobiliser plus rapidement des ressources nouvelles, non seulement au niveau du Groupe de la Banque mais également auprès d’autres bailleurs. Ces propositions n’ont visiblement pas intégré les aspirations de tous les acteurs. Le secteur privé et la société civile ont insisté sur la nécessité de prioriser la production d’énergie solaire au détriment du transport d’énergie à partir des pays voisins. Mais surtout d’investir dans des actions de lutte contre les effets du changement climatique. «L’initiative ne prend malheureusement pas en compte la production d’énergie qui est primordial pour le développement de toute nation», note Cheick Hamala Simpara, membre du secteur privé malien, déplorant que ce soit seulement le volet transport d’électricité entre les différents pays d’Afrique de l’Ouest qui soit préconisé. Ce qui est, selon lui, « insensé au regard du potentiel malien en source d’énergie ». «Avec 3 000 heures d’ensoleillement annuellement, une intensité et une durée d’ensoleillement constante, permettent à notre pays de produire de l’électricité solaire de très bonne qualité et à moindre coût pour booster l’économie en tirant vers le haut les autres secteurs d’activité», a ajouté Cheick Hamala Simpara. Le président du Conseil national de la société civile du Mali a fustigé la lourdeur administrative qui affecte la performance de la Banque et les citoyens. «Le besoin est clairement là, il est incompréhensible que la Banque et l’Etat traîne les pas. Ce sont les populations qui payent le prix de cette lenteur», a commenté Boureima Allaye Touré. Et d’interpeller : «Pour un pays désertique comme le Mali, la Banque ne réserve que 2% de son portefeuille au changement climatique. » La revue politique est assimilable à l’instance de validation ou de rectification des résultats des travaux d’évaluations techniques. «Cette présente revue constitue l’occasion pour nous de nous assurer que notre partenariat avec la BAD s’exécute conformément aux orientations globales et sectorielles stratégiques du Mali et au contenu du Document de stratégie pays (DSP) de la Banque au Mali en vue de répondre aux besoins réels et vitaux de la population», a rappelé le ministre de l’Économie et des Finances. A ce titre, elle a permis « d’examiner l’état d’exécution des opérations de la Banque en cours au Mali avec les Unités de gestion de projets, notamment la gestion fiduciaire et environnementale », a corroboré Joseph Ribeiro. Le portefeuille actif du secteur public de la BAD au Mali compte, à la date du 31 août 2022, vingt projets pour un montant total approuvé de 458,484 millions d’Unités de compte (UC), environ 391,37 milliards de Fcfa. Le total des décaissements effectués sur les montants engagés est estimé à 175,236 millions d’UC, environ 149,59 milliards de Fcfa. Le taux moyen de décaissement est évalué à 38,22% pour un âge moyen du portefeuille de plus de 5 ans. Il couvre les secteurs du transport routier (représentant 39% du portefeuille), l’agriculture (19%), l’énergie (13%), l’eau et assainissement (11%) et la gouvernance (6%). Le secteur privé (finance et industrie) représente 7% de l’enveloppe du portefeuille et les autres secteurs (changement climatique et développement social) 5%. La BAD a commencé ses opérations au Mali en 1975. Les activités qu’elle finance sont cohérentes avec sa stratégie décennale 2013-2022 et ses cinq grandes priorités appelé «High 5» : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains. OS/MD (AMAP)

Le barrage de Gouina et le projet de façade maritime pour le Mali au menu d’une audience à Koulouba

Bamako, 15 sept (AMAP) Le président en exercice du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et ministre sénégalais de l’Eau et l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, a déclaré, mercredi à Bamako, avoir abordé, avec le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, des sujets d’importance pour le Mali. A sa sortie d’audience au palais de Koulouba, où il était venu faire le point des activités réalisées par l’OMVS au président Goïta, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation, M. THiam a indiqué que les premiers kilowatts d’électricité du barrage de Gouina ont été injectés, le 21 mars dernier, dans le réseau au bénéfice des populations malienne, mauritanienne et sénégalaise. Quant au projet de navigation du fleuve Sénégal, « il permettra au Mali d’avoir un accès à une façade maritime, a ajouté Serigne Mbaye Thiam qui a fait remarquer que « l’une des réalisations majeures de cette année a été la mise en production du barrage hydroélectrique de Gouina ». Le barrage de Gouina est situé dans l’arrondissement de Diamou, à 45 km de Kayes, dans l’Ouest du Mali. La capacité de cet ouvrage est de 140 mégawatts (MW). Le projet, dont le coût global est estimé à 201 milliards de Fcfa, est financé à hauteur de 85% par un prêt de la China Eximbank. Les travaux sont executés par le groupe chinois Sinohydro. Le barrage de Gouina est le quatrième ouvrage majeur de l’OMVS après le barrage hydro-électrique Manantali, au Mali, qui produit 200 MW, du barrage anti-sel de Diama, au Sénégal, et de la centrale hydro-électrique de Félou dont la capacité s’élève à 60 MW. M. Thiam a indiqué que le 21 mars dernier, les premiers kilowatts d’électricité de ce barrage ont été injectés dans le réseau au bénéfice des populations malienne, mauritanienne et sénégalaise. Selon lui, il y a eu, aussi, des avancées sur le projet de navigation. À ce sujet, il a relevé qu’en 2019, l’OMVS a signé un contrat commercial de réalisation avec une société indienne. « Ce projet, a-t-il assuré, permettra au Mali d’avoir un accès à une façade maritime par le port fluvio-maritime de Saint Louis, depuis Ambidédi (Région de Kayes). Les échanges entre les deux personnalités ont, également, porté sur le renouvellement du mandat du haut-commissaire de l’OMVS. Ce mandat tournant est d’une durée de 4 ans. Le Malien Hamed Diane Semega, ancien ministre en charge de l’Energie, occupe actuellement ce poste. Le président en exercice du Conseil des ministres de l’OMVS a confié que le chef de l’Etat a donné des orientations sur l’ensemble de ces questions. «On pense qu’après les consultations qu’il (le président de la Transition) va avoir avec ses homologues, ces orientations seront partagées et transmises au Conseil des ministres et au commissariat pour exécution», a expliqué Serigne Mbaye Thiam. L’audience s’est déroulée en présence du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. BD/MD (AMAP)

Energie du Mali réceptionne des groupes électrogènes pour améliorer la fourniture de l’électricité  

Bamako, 06 août (AMAP) Energie du Mali (EDM) a réceptionné, vendredi, à Kati un premier lot de 25 nouveaux groupes électrogènes pour augmenter sa capacité de production de l’électricité de 180 mégawatts sur une période d’un an. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un programme d’acquisition de 48 groupes électrogènes qui seront installés à Kati, Kalaban Coro et Darsalam à Bamako et à Sikasso (Sud). Le directeur de EDM, Koureissi Konaré, a donné le coup d’envoi symbolique de l’installation des 25 nouveaux groupes d’une capacité de production de 50 mégawatts. Le directeur général adjoint pôle technique d’EDM, Mahamadou Guindo, a indiqué qu’ « une telle capacité de production est considérable et va améliorer la déserte des populations en électricité ». Le responsable du pôle technique d’EDM a précisé que projet d’acquisition de ces groupes était sur les rails depuis plusieurs mois, avant d’assurer que la production de 180 mégawatts, qui sera atteint à terme, « permettra de résorber les déficits connus ces dernières années dans fourniture d’électricité ». MT/MD (AMAP)

Exploitation pétrolière ou gazière : Le gouvernement du Mali opte pour le partage de production

Bamako, 15 juin (AMAP) Le gouvernement du Mali n’acceptera plus de contrat de concession mais plutôt celui de partage de production en cas d’éventuelles exploitations pétrolière, gazière ou d’hydrogène dans son sous-sol, a appris l’AMAP, jeudi, à Bamako. Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’Etat, selon cette décision validée par un Conseil de cabinet tenu à la Primature et qui a porté sur des dossiers de recherche et d’exploitation pétrolière, gazière ou d’hydrogène, présentés par le ministre des Mines, de l’énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, s.  Au sortir du Conseil, le chef du département s’est montré satisfait « en attendant l’exploitation pétrolière ou gazière au Mali ». Depuis l’éclatement de la crise en 2012, Le Mali n’a signé aucun contrat de recherche. Pis, toutes les sociétés étrangères se sont retirées, en invoquant un cas de force majeure. En 2015, il y a eu une réforme de la loi pétrolière mais qui n’a pas suffi à attirer les investisseurs. De cette date à nos jours, aucun contrat de recherche pétrolière ou gazière n’a été signé au Mali.  En tenant compte de cette situation et dans la perspective de relancer le secteur pétrolier, selon le ministre Traoré, « le gouvernement de Transition, à la suite de la rectification, a procédé à la relecture de la loi pétrolière ». Ce qui a abouti à modifier la loi pétrolière pour adapter son décret d’application et le contrat type de partage adopté en juin 2022. Cette réforme a commencé à porter ses fruits. « Parce que nous avons eu déjà trois manifestations d’intérêts de trois sociétés, toutes maliennes. Cela est un bonheur, car les retombées seront essentiellement maliennes, après la découverte des richesses», s’est réjoui le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau.  « Il s’agissait pour nous,  a-t-il précisé, d’examiner et de faire en sorte que le contrat type de partage qui va être signé avec ces sociétés puisse permettre d’apporter de meilleures retombées possibles au pays. En cas de découverte de pétrole, de gaz ou d’hydrogène et lorsque l’exploitation va commencer ».  Autrement dit, le gouvernement a opté pour le contrat de partage de productions, conformément au décret type déjà validé en Conseil des ministres, qui accorde des facilités pour la recherche. « Mais, aussi, qui assure à notre pays les meilleures retombées en cas de découverte du pétrole ou lorsque l’exploitation va commencer », a poursuivi le ministre.  Lamine Seydou Traoré a expliqué que le Mali a prévu deux options pour ce faire. La première consiste à faire payer les sociétés une redevance sur leur chiffre d’affaires dès l’exploitation du pétrole, du gaz ou de l’hydrogène. «Le plafond exigé par la loi est de 15%», a-t-il précisé. Déjà, le gouvernement est parvenu à faire accepter à tous les investisseurs que cela soit le taux plafond applicable.  « En plus de cela, a ajouté le ministre Traoré, l’Etat a décidé de ne plus évoluer dans le contrat de concession mais plutôt celui de partage de production. «Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’état», a révélé Lamine Seydou Traoré. OD/MD (AMAP)

Journée de l’enfant africain : Les zones rurales ne sont pas épargnées par le travail des enfants  

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 17 juin (AMAP) Ce jeudi 14 avril 2022, il est 11 heures sur le site d’orpaillage de Foroko (une localité dans le Cercle de Kangaba, près de la frontière du Mali avec la République de Guinée). Ici beaucoup d’hommes, des femmes et des enfants. Chacun est occupé à faire quelque chose. Tandis que certains garçons de moins de 15 ans creusent les trous, d’autres attendent avec impatience de remplir des seaux qu’ils  tirent du trou. Non loin de là, un petit  groupe de quelques filles qui rincent inlassablement une petite motte de boue, dans l’espoir de tomber sur quelques pépites d’or. La petite Oumou Diarra fait partie du groupe. Elle est là grâce à son oncle, Elle affirme que laver la boue est son quotidien. « Dès que les travailleurs commencent à creuser, on se met en place afin de récupérer la boue susceptible de contenir des pépites d’or », dit la gamine. Elle affirme  qu’en marge des activités d’orpaillage sur le site, de nombreuses jeunes filles s’adonnent à la prostitution pour arrondir les angles. Elle a révélé le cas de son amie, Koro dont l’oncle l’a amenée ici pour travailler. «Apparemment, son parent n’était pas satisfait de l’argent qu’elle gagnait. Il a, alors, commencé à l’encourager à se prostituer. », dit Oumou. Afin de mettre à l’aise sa nièce, l’oncle a ouvert un maquis pour couvrir ses activités louches. « Naturellement, les parents de Koro ne sont pas au courant de sa double vie ici», précise notre interlocutrice.  Oumou a ajouté, également, que des pratiques de mariage sous contrat (communément appelés en bamanankan «Fouroudeni») sont monnaie courante. Par ailleurs, Oumou se souvient encore du viol d’une petite fille sur le site, en 2015. La victime a été retrouvée gravement blessée dans la case de ses deux violeurs. « Fort heureusement, ces derniers ont été rapidement confondus et ils sont actuellement en train de purger leur peine », dit-elle.  Les jeunes garçons sont, aussi, nombreux sur les sites d’orpaillage. Selon Seydou Kanté, un garçon de 14 ans, tirer les seaux, laver la boue afin d’y trouver de l’or, vendre de l’alcool… constituent les activités principales des garçons de son âge. «Nous travaillons de 5 heures du matin à 20 heures. La vie est très dure ici, car il n’y a pas de pitié. L’exploitation, la trahison et d’autres formes de violence constituent notre quotidien», explique-t-il.  PLUTÔT LE COTON QUE LES ETUDES –  S’exprimant sur les difficultés auxquelles les enfants sont confrontés sur le site d’orpaillage de Foroko, Seydou Kanté a révélé que lorsque qu’on surprend un enfant en train de voler de l’or, il s’expose inévitablement à la vindicte populaire et à tous les sévices et atrocités jusqu’à l’arrivée de ses tuteurs. Des justiciers improvisés vont jusqu’à utiliser des méthodes de torture dignes des camps de concentration faisant passer au fautif des moments douloureux, s’il ne rend pas l’âme sous l’assaut des méthodes barbares d’une autre époque. ‘Toutes ces exactions, selon Seydou Kanté, se passaient avant l’installation des «Ton boloma», autrement dit, les protecteurs et gardiens des sites d’orpaillage ».    Il en est du site d’orpaillage de Foroko comme de celui de M’Bèkèla (localité située dans la Commune rurale de Finkolo Ganadougou, Sikasso). Là-bas, les conditions de travail des enfants  sont exécrables. Ils sont mal rémunérés, n’ont pas de dortoirs, boivent de l’eau souillée des drags, etc. C’est aussi un camp de concentration à ciel ouvert, dans un monde disparate où les plus forts règnent en maîtres absolus des lieux. La souffrance physique, morale et psychologique des enfants travaillant sur les sites d’orpaillage est sans commune mesure avec ceux qui courbent l’échine dans les champs. Une ressortissante du village de Koungoba (Cercle de Sikasso), Kadidiatou Fané témoigne. Elle est âgée de 14 ans. L’année dernière, elle était en classe de 6è année, Elle a abandonné les études, car elle n’avait pas de temps à y consacrer à cause des travaux champêtres. Elle est actuellement à Sikasso, chez une tante, afin de rassembler de quoi constituer son trousseau de mariage. Elle raconte que pendant la récolte du coton, chaque matin elle se rend au champ de 8 heures à 18 heures, pendant un mois ou plus. De retour des champs, aux environs de 18 heures, les enfants doivent s’occuper des travaux domestiques. « Donc, je ne disposais pratiquement pas de temps suffisant pour apprendre mes leçons, m’exercer et faire mes devoirs », soupire-t-elle.  «Une fois, j’ai dit à mon père que nous sommes en composition, que je dois apprendre au lieu d’aller au champ, il m’a répondu que j’irai composer au champ», se souvient-elle, avant d’ajouter que « récolter le coton est une obligation pour chaque enfant de Koungoba ». ENGAGEMENT DES ACTEURS – Le travail des enfants peut affecter, non seulement leur santé mais, aussi, leur éducation scolaire. L’effort physique intense demandé aux enfants entraîne des conséquences pour leur croissance. Des enfants peuvent s’adonner, à l’insu de leurs parents, à la consommation de stupéfiants afin de faire face aux lourdes charges des travaux imposés. Pourtant, le Code du travail interdit d’employer « les enfants de moins de 18 ans à des travaux excédant leurs forces, représentant des dangers ou qui, par leur nature et par les conditions dans lesquelles ils sont exécutés, sont susceptibles d’affecter leur moralité ». MFD/MD (AMAP)