Pénurie de gazole à Bamako : Les déboires de Chaka, le taximan 

Par Amadou CISSE Bamako, 18 mai (AMAP) Trois grosses gouttes de sueur dégoulinent le long de ses mâchoires alors que Chaka, chauffeur de taxi de son état, ne voit pas le bout du tunnel. « Depuis 5 heures du matin, je cherche du carburant. Jusqu’à présent rien », confie l’automobiliste, au fond de son taxi.  Il est bientôt midi. Les stations-service ne sont que peu fréquentées. Les véhicules qui carburent à l’essence n’ont aucun problème d’approvisionnement. Pour le moment. Les voitures à gazole, elles, rencontrent des difficultés qui commencent à paralyser les transports, le commerce et même le service public.  A l’entame de la montée de Samé, en Commune III de Bamako, la capitale malienne, un chapelet de stations de carburant s’aligne. Position très stratégique du fait du passage à flux tendu des camions qui partent et reviennent du port de Dakar. Mêmes les géants (Total, Shell et Oryx) s’y sont installés. PAS D’EMBARGO – Malgré le nombre de stations-service, Chaka n’a pas de gazole. Le tableau de bord de sa vieille allemande affiche le rouge : le réservoir est à sec. « Tu vois non ? L’aiguille est au rouge. Depuis le matin, de bonne heure, je suis planqué là, dans l’espoir d’avoir un peu de carburant pour la journée. Vraiment, si c’est comme ça la Transition, nous les pauvres, on a rien compris », balbutie le désespéré.  En vérité, la pénurie de carburant n’est pas imputable aux sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali. Mais, plutôt à la guerre menée sur le sol ukrainien par la Russie. Chaka « s’en fout » de cette conjoncture internationale. Il veut juste un peu de gazole pour travailler et assurer le minimum vital à sa famille nombreuse.  La quarantaine bien sonnée, Chaka a deux épouses. Chacune d’entre elles a plusieurs « bouts de bois de Dieu ». Pour lui, fataliste jusqu’au bout, Dieu donne toujours à l’homme les moyens de nourrir sa progéniture. « Pour ce faire, il faut tout de même arriver à travailler », poursuit le chauffeur. LA force de galérer, il est devenu philosophe.  Stationné à l’angle nord-est de la station Yara Service, il attend encore la livraison annoncée de gazole. « C’est vrai que nous attendons une citerne qui prend du retard. Sinon ,nous sommes l’une des rares stations à servir du gazole », se tape la poitrine le pompiste. En attendant, Chaka prend son mal en patience. Une heure plus tard, le réservoir du tacot est toujours vide, selon le chauffeur.  Un peu plus loin, dans le vieux quartier de Badialan, la station Total est fermée. Quelques policiers assurent la sécurité. Le personnel est en grève pour protester contre le niveau bas de leur salaire. Même atmosphère chez Shell, au quartier du fleuve et Oryx sur la route de Sébéninkoro.  CRISE MONDIALE – Il y a quelques semaines, la structure des prix fixée par l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) annonce une augmentation du coût des hydrocarbures à la pompe. « Le problème n’est pas le prix. La difficulté réside au niveau de l’approvisionnement », se plaint un automobiliste qui craint le pire dans les jours à venir. Lui, comme beaucoup de nos compatriotes, préfèrent les véhicules diesel à l’essence, à cause de la consommation.  La guerre entre la Russie et l’Ukraine est surtout une guerre pour un nouvel ordre mondial avec le pétrole au cœur des rapports de force. Le Mali, n’étant pas encore producteur de pétrole est obligé de jouer sur différents tableaux pour s’approvisionner. En recevant une cinquantaine de citernes de gazole la semaine dernière, les responsables des Douanes, de l’ONAP et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) ont promis de tout faire pour éviter le chaos.  Avec une consommation journalière de plus d’un million de litres, le Mali aura du mal à joindre les deux bouts. « La crise est mondiale. Avec ou sans l’embargo, la guerre et les sanctions internationales contre la Russie conduisent forcément à une crise mondiale du pétrole », commente un responsable du Ministère de l’Economie et des Finances. AC (AMAP) 

Processus de DDR au Mali : Des avancées notables

Bamako, 18 mai (AMAP) La Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR) a organisé, lundi, à Bamako, un atelier de mise au point du programme national DDR. L’objectif principal de la session est de permettre, à travers les échanges fructueux, d’identifier les difficultés rencontrées depuis l’opérationnalisation du DDR et de faire des propositions concrètes pour les surmonter.  A l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère de la réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale, Sidi Camara, a affirmé que l’initiative d’organiser cette rencontre trouve sa pertinence dans la complexité, la délicatesse et la sensibilité du processus DDR d’une part et la multiplicité des acteurs nationaux et internationaux d’autre part. M. Camara, en présence du président sortant de la CNDDR, Zahabi Ould Sidi Mohamed, a souhaité de cet atelier des pistes qui mènent au désarmement général, à la démobilisation, qui constituent des facteurs incontournables pour la restauration de la paix et de la sécurité au Mali.  Et par rapport au volet sécuritaire, il y a eu des avancées importantes. «La première avancée est la mise en confiance de tous les Maliens qui ont accepté d’être ensemble pour pouvoir discuter de leurs problèmes. Et le cessez-le-feu est respecté depuis la signature de l’Accord», a salué le président sortant de la CNDDR. Le deuxième acquis, a-t-il ajouté, a trait aux avancées dans les concepts comme l’Armée reconstituée qui existe à travers des bataillons présents à Kidal, Gao, Tombouctou et Ménaka, dans le Nord du Mali. En ce qui concerne les quotas, Zahabi Ould Sidi Mohamed a indiqué que le gouvernement de Transition a pu élucider cette question qui a fait l’objet de blocages pendant plus de trois ans. «Finalement, il y a un travail qui a été fait au niveau de tous les ministères et l’État fera un effort d’intégrer à peu près 13.000 ex-combattants dans les différents services des corps de l’État. C’est une discussion qui est en voie de finalisation», a-t-il déclaré.  La Commission a, aussi, travaillé sur l’importante question de l’enregistrement de tous les ex-combattants qui sont évalués à près de 74.000. « Sur cet effectif, a précisé le président sortant de la CNDDR, il y en a 26.000 qui ont été enregistrés avec des armes et les autres avec des munitions ».  Au cours de la journée, un rapport de fin de mission du président sortant de la CNDDR (de novembre 2016 à mai 2022) a été présenté. La cérémonie s’est déroulée, également, en présence du président de la CNDRR, le colonel-major Faguimba Ibrahima Kansaye. SS/MD (AMAP)

Mali : Une tentative de coup d’État avortée  

Bamako, 16 mai (AMAP) Une tentative de coup d’État par des militaires « soutenus par un Etat occidental » a été déjouée au Mali, dans la nuit du 11 au 12 mai 2022, a annoncé lundi soir un communiqué du gouvernement. Le putsch a échoué « grâce à la vigilance et au professionnalisme des Forces de Défense et de Sécurité du Mali », poursuit le communiqué gouvernemental, Il explique la tentative a été menée dans un  « dessein malsain de briser la dynamique de la Refondation du Mali » par un « groupuscule d’officiers et de sous-officiers anti-progressistes maliens ». Le gouvernement « condamne avec la dernière rigueur cette indigne atteinte à la sûreté de l’Etat »  dont l’objectif est « d’entraver, voire annihiler les efforts substantiels de sécurisation de notre pays et le retour â un ordre constitutionnel, gage de paix et de stabilité », indique la même source. Par la même occasion, le gouvernement « informe que dans le cadre de l’enquête et de la recherche  des complices impliqués dans ce projet funeste que tous les moyens nécessaires, ainsi que les mesures appropriées ont été déployées ». Il s’agit notamment du « renforcement des contrôles aux sorties de la ville de Bamako et aux postes frontaliers du Mali », précise le commumiqué. Le texte ajoute que « les personnes interpellées seront mises à la disposition de la justice », avant d’assurer que  « la situation est sous contrôle ».  MT/MD (AMAP)

Une délégation qatarie au Mali : Les projets futurs au menu des échanges 

Bamako, 16 mai (AMAP) Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a reçu, samedi, une délégation du Qatar comprenant Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi, directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity en séjour au Mali. Conduite par le chargé d’affaires de l’ambassade du Qatar au Mali, Hamad Jaber Al Khayarine, la délégation était venue échanger avec les autorités sur les projets futurs à mettre en œuvre ensemble.  Dans ses propos liminaires, le chef du gouvernement malien s’est réjoui de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé lors de sa visite à Doha, il y a quelques semaines. Selon Dr Choguel Kokalla Maïga, cette visite au Qatar a suscité beaucoup d’espoir chez les Maliens qui estiment qu’elle marque un nouveau départ pour la coopération entre le Mali et le Qatar.  Prenant la parole, le chargé d’affaires de l’ambassade du Qatar au Mali a indiqué qu’ils ont suivi la visite du Premier ministre où il a brillamment participé au Forum de Doha. Hamad Jaber Al Khayarine a souligné que cette visite augure de belles perspectives pour la coopération entre les deux Etats et espéré qu’elle ouvre de nouveaux horizons pour ladite coopération. Il s’est dit confiant qu’à partir de cette visite, les jalons d’une nouvelle ère de la coopération entre les deux pays ont été posés.  Pour sa part, le directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity a exprimé la volonté de son organisation de renforcer sa coopération avec le Mali. Selon Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi, sa visite au Mali rentre dans le cadre d’un échange avec les autorités sur les éventuels projets à mener ensemble. «Nous sommes conscients de la particularité des moments que le Mali traverse et nous sommes avec le Mali dans ces moments difficiles», a déclaré le directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity. Il a rappelé que son organisation travaille au Mali depuis des années et a financé de nombreux projets. « Au cours du mois de ramadan, a-t-il dit, il y a eu une mobilisation de fonds pour le financement de nombreux projets dans les mois à venir. Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi a promis que la coopération entre le Mali et son organisation ira crescendo. Il a demandé que certaines régions ou zones soient identifiées avec le gouvernement où ils vont financer des projets pendant cinq ans. L’objectif étant de faire en sorte que leurs actions aient un impact dans la société malienne. Il a soumis aux autorités maliennes un certain nombre de doléances pour faciliter le travail de l’organisation dans le pays, notamment des exonérations douanières et la mise à disposition d’un terrain pour la réalisation du siège de Qatar Charity. En réponse, le Premier ministre leur a demandé de saisir le gouvernement officiellement pour ces demandes. Avant d’inviter les ministres conviés à énumérer les besoins urgents du Mali dans leurs domaines respectifs.  Sur place, le chef du gouvernement a fait savoir aux partenaires de Qatar Charity que le Mali a des besoins urgents d’aide humanitaire. Il a, aussi, souligné des besoins dans le domaine de la jeunesse, de la construction citoyenne, de l’emploi, de la formation professionnelle, de l’appui aux arabophones, etc. Avant de proposer à ses hôtes d’échanger avec les ministres concernés pour élaborer un document sur les projets à mettre en œuvre.  Après la rencontre avec le Premier ministre, la délégation qatarie a eu une séance de travail avec plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne Mossa Ag Attaher, le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, le ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Bakary Doumbia, de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidiè Founè Coulibaly, et le ministre délégué auprès du ministre de la Santé et du Développement social, chargé de l’Action humanitaire, de la Solidarité, des Refugiés et des Déplacés, Oumarou Diarra. DD/MD (AMAP)

Approvisionnement en produits pétroliers :  Livraison de 2 millions de litres de gaz-oil

Bamako, 13 mai (AMAP) Un convoi de 48 camions citernes, parti du port de Conakry a été réceptionné, jeudi, à Kourémalé, à la frontière de la Guinée, par les autorités maliennes.   C’était aux environs de 12 heures 30, sous un soleil de plomb que la délégation a réceptionné le premier convoi de 48 citernes sur 52 prévues. Cette cargaison, représentant la moitié de la quantité prévue, est destinée à Energie du Mali (EDM), la compagnie publique d’électricité, pour renforcer ses stocks Le carburant transportée par la Société malienne de produits pétroliers (SOMAPP) de la Guinée Conakry a été réceptionné sur le territoire malien par le directeur général des Douanes, Amadou Konaté, celui de l’Office national des produits pétroliers (ONAP), Modibo Gourou Diall, et du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily.  Plusieurs  autorités politiques et administratives de la localité étaient présentes. Cette livraison fait suite aux commandes que les autorités maliennes ont faites, le 28 avril dernier, auprès de la Guinée.  À cet effet, une mission de haut niveau conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est rendue dans la capitale guinéenne. La délégation comprenait, également, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, la ministre des Transport et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, le président de la CCIM et le  directeur général de l’ONAP. Selon le président de la CCIM, la délégation a pu échanger avec les autorités guinéennes pour voir dans quelle mesure le Mali peut trouver la quantité de produits pétroliers afin de renforcer la capacité du stock  national.  «Les autorités guinéennes avaient promis de nous donner 4 millions de litres de gazole. Les 2 millions de litres sont arrivées ce matin (Ndlr hier).  48 camions sont déjà arrivés à Kourémalé sur les 52 chargés. Les autres arriveront ce vendredi», a expliqué Youssouf Bathily.  SATISFAIRE LES BESOINS – En ce qui concerne la rareté du carburant, constatée ces deux jours, au Mali, le président de la CCIM a dit que cette situation n’est pas liée à la crise mais à  une grève déclenchée par les syndicats  du groupement professionnel du pétrole qui est composé des multinationales.  Youssouf Bathily a assuré que toutes les dispositions sont prises pour satisfaire les besoins des populations en carburant. «Toutes les dispositions sont prises pour ravitailler le pays en produits pétroliers par le secteur privé et l’État qui se sont engagés à trouver des moyens très rapidement avec les pays amis », a-t-il soutenu. Pour sa part, le directeur général des Douanes a rassuré les opérateurs économiques maliens que l’État prend toutes les dispositions pour que l’axe Bamako-Conakry soit le corridor le plus sécurisé du pays.  «J’invite les opérateurs économiques à emprunter le corridor Conakry-Bamako. C’est le corridor le plus sûr», a déclaré l’inspecteur général Amadou Konaté, insistant sur la solidité des relations entre la Guinée et le Mali.  « Quand il y a eu la pandémie d’Ebola en Guinée, le Mali n’a pas fermé ses frontières à la Guinée. Et quand il y a eu l’embargo contre le Mali, la Guinée est restée ouverte au Mali », a rappelé Amadou Konaté. Le port de la Guinée étant le plus proche du Mali, il faudrait, selon lui, que nos opérateurs économiques réorientent leurs activités vers ce port. En marge de la cérémonie de réception, la délégation a rendu une visite de courtoisie au chef de village de Kourémalé. AG/MD (AMAP)

Quatre militaires maliens tués dans l’explosion d’une mine à Djenné (Centre) 

Bamako, 12 mai (AMAP) Quatre soldats des Forces armées maliennes (FAMa) sont décédés et un autre blessé, mercredi, après que leur véhicule a sauté sur un Engin explosif improvisé (EEI) à Djenné, dans la Région de Mopti (Centre).  « Un véhicule d’une unité FAMa en patrouille dans le secteur de Djenné a sauté sur un Engin Explosif Improvisé (EEI). C’était ce matin aux environs de 08h54 faisant 04 morts et 01 blessé côté FAMa », a annoncé l’état-major major général des armées dans un tweet mercredi soir.  Dans le même message, l’état-major « présente ses condoléances aux compagnons d’armes et familles des victimes et souhaite prompt rétablissement au blessé ». MT/MD (AMAP)

Mali-CEDEAO : l’OCI plaide pour un compromis

Bamako, 11 ami (AMAP) L’Organisation de la coopération islamique (OCI) plaide pour un compromis «respectable de la dignité et de la souveraineté du peuple malien», a déclaré l’Envoyé spécial du secrétaire général de l’OCI pour l’Afrique, Pr Nassirou Bako-Arifari. Le Pr Bako-Arifari, a sa sortie d’une audience, mardi,  avec le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, au palais de Koulouba.  a indiqué c’est cela la base de la résolution de la crise entre le Mali et la Communauté économique des états de l‘Afrique de l’Ouest (CEDEAO  Pr Nassirou Bako-Arifari était porteur d’un message de soutien du secrétaire général de l’OCI au chef de l’Etat et du peuple malien en ces périodes de crise multidimensionnelle, marquée par des sanctions de la CEDEAO et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).  L’OCI, selon son émissaire, « considère le Mali comme un Etat pivot et essentiel en ce qui concerne l’islam ainsi que la stabilité et la sécurité, de façon générale, de la Région du Sahel et de l’ensemble de l’espace CEDEAO ».  BD/MD (AMAP)

Exportation du coton du Mali : Le chemin mène au port de Conakry 

Bamako, 10 mai (AMAP) Une trentaine de camions chargés de fibre de coton pour environ 1.000 tonnes a quitté, vendredi dernier, Kourémalé,  pour la capitale guinéenne, Conakry. Ces camions de fibre de coton de la production 2021/2022, qui part de la frontière Mali-Guinée, transitera par le Port de Conakry.  Le top départ de ce premier convoi a été donné par le ministre du Développement rural. Modibo Keïta était accompagné de ses collègues en charge des Infrastructures et des Transports, Mme Dembélé Madina Sissoko, et de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Oud Mohamed.  C’était en présence du directeur général du Port autonome de Conakry, Mamadou Biro Diallo, du directeur général adjoint de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Cheick Oumar Tidiane Doucouré, des responsables des douanes et opérateurs économiques des deux pays.  Le gouvernement malien est résolu de faire du Port autonome de Conakry, concédé à la société de droit turc Albayrak, géré par sa filiale guinéenne Alport Conakry, le principal débouché du Mali sur la mer pour son commerce extérieur.  Redynamisée à cet effet, suite à l’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la coopération économique et commerciale entre Bamako et Conakry continue de se renforcer.  « C’est après la rénovation des magasins et des aires de stockage conformément aux exigences de stockage du coton que ce premier convoi quitte Kourémalé », a précisé le ministre du Développement rural. Des missions de prospection commerciale de la CMDT ont séjourné en Guinée de janvier à avril 2022. Elles ont défini tous les contours de cette opération qui doit se dérouler dans les meilleures conditions de transport, de transit, de chargement sur bateaux et d’expédition. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la matérialisation de la volonté de diversification des voies d’exportation  des produits maliens. «Dans le cadre de la diversification de l’accès à la mer, le Mali a signé avec l’ensemble des pays frontaliers des Accords de coopération en matière de transport et transit maritime. Aujourd’hui, nous sommes sur le corridor Bamako-Conakry, le corridor le plus proche du Mali (environ 900 km) comparé aux ports que nous fréquentons», a expliqué la ministre des Infrastructures et des Transports Mme Dembélé Madina Sissoko, Elle a exhorté l’ensemble des opérateurs économiques à œuvrer pour la redynamisation de ce corridor qui, selon elle, n’avait reçu un trafic de ce genre depuis plus de 23 ans, c’est-à-dire l’exportation de produit essentiel du Mali qui est l’or blanc. INVESTISSEMENTS – « Produit essentiel car le coton est le principal produit d’exportation de notre pays après l’or, il reste un espoir sûr pour le Mali au regard du rôle important qu’il joue dans le développement économique, politique, social et culturel du pays », a souligné le ministre Modibo Keïta. Selon lui, la transformation locale du coton étant encore peu significative, seule son exportation reste, pour le moment, la solution de sa valorisation. « Il importe alors de transcender notre continentalité pour diversifier les voies et moyens de faciliter l’accès de notre coton au marché international», a dit le ministre Modibo Keïta. L’exploitation du corridor Conakry-Bamako, jusqu’à une date récente, était restée timide. Elle a commencé à se développer grâce aux efforts d’investissements routiers de la partie guinéenne. Des investisseurs étrangers tel que le turc Albayrak font l’effort de mettre en valeur ce corridor pour diversifier les ports de desserte du Mali et faciliter le transit des marchandises à l’importation et à l’exportation. Toute chose qui justifie l’ouverture à Bamako de la représentation d’Alport Conakry au Mali.  Cet élan s’est renforcé suite à la déclaration des autorités de Conakry de ne pas fermer leurs frontières terrestres et aériennes au Mali, au lendemain de l’embargo imposé au Mali par les chefs d’État de la CEDEAI. Cela en raison non seulement des liens historiques qui lient la Guinée et le Mali mais aussi, et surtout, en reconnaissance du fait que notre pays est le seul à n’avoir pas fermé ses frontières aux citoyens guinéens pendant l’épidémie  de la maladie à virus Ebola. COOPÉRATION – Les autorités portuaires guinéennes ont confirmé leur engagement par des efforts énormes d’investissements. Ce qu’a illustré le directeur général du Port autonome de Conakry, Mamadou Biro Diallo, en citant la reconstruction complète de la route Lankan-Conakry, des échangeurs de désengorgement à Kagbelen et km 36, et la construction de la pénétrante routière de 4,2 km au Port de Conakry avec un parking de stationnement de 1.200 camions dont un espace dédié spécialement aux camions maliens.  Autres acquis, de l’avis du directeur du Port de Conakry, la construction de quais supplémentaires et l’aménagement des aires de dépotage pour les marchandises maliennes, la modernisation des installations du terminal à conteneurs du Port de Conakry, l’acquisition des portiques et des grues mobiles permettant d’améliorer la cadence de déchargement des conteneurs à 60 EVP/heure. Pour la sécurité des biens et marchandises, le dispositif d’éclairage public et de vidéo surveillance des installations portuaires a été renforcé. S’y ajoutent, selon M. Diallo, la mise aux normes de sécurité des magasins dédiés au coton malien et la fonctionnalité du Port de Conakry 24/24 et 7/7.  Les autorités maliennes ont demandé aux chauffeurs de camions et autres accompagnateurs du convoi de respecter les lois et réglementations du pays d’accueil pour préserver la bonne image du Malien et les relations exemplaires qui ont toujours existé entre nos deux États. Interrogé à la fin de la cérémonie, le directeur général adjoint des douanes du Mali, Ahmed Ag Boya, a assuré que toutes les mesures sont prises pour éviter les tracasseries au cours de cette opération.  BBC/MD (AMAP)

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué : «Il n’y a pas droit de cité pour l’impunité»

Bamako, 09 mai (AMAP) L’affaire dite « des ristournes des producteurs de coton », le sort des rapports des structures en charge de la lutte contre la corruption, la liberté d’expression au Mali sont les principales questions que le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux a abordées, la semaine dernière lors de l’émission «Invité de la semaine» de la Télévision nationale Pour rappel, l’affaire dite « des ristournes des producteurs de coton », dans laquelle l’ancien président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola est poursuivi, a récemment connu un nouveau rebondissement. L’acquittement de ce dernier et de ses 11 coaccusés, par la Cour d’assises spéciale de Bamako, a été cassé par la Cour suprême, en avril dernier. Pour le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, cet arrêt de la Cour suprême est un tournant dans la lutte contre la corruption. Pour Mahamadou Kassogué, cette affaire était un des dossiers emblématiques de la lutte contre la corruption, ajoutant que son jugement devait couronner tous les efforts qui ont été consentis durant toutes ces années. Et ce, afin de montrer que « nous sommes dans un système où il n’y a pas droit de cité pour l’impunité». Le Garde des Sceaux a, ensuite, indiqué que cette affaire doit être rejugée. Toute chose qui montre qu’au-delà de tout ce qui peut être fait par les uns et les autres pour essayer de mettre en mal la conduite des procédures pénales, on peut toujours se rattraper à travers les voies de recours, avertira-t-il.  « Donc, c’est un message fort qui est adressé à tous ceux qui tentent, par des petits moyens, d’essayer de mettre en mal la procédure et l’appareil judiciaire », a renchéri celui qui connaît le contenu de ce dossier comme « la paume de sa main » pour avoir été procureur de la République en charge du Pôle économique et financier de Bamako. « J’étais vraiment très surpris quand cette décision a été rendue, surtout que nous avons eu des remontées qui ont fait état qu’au cours du jugement de ce dossier, il y a eu des actes qui, techniquement, ne sont pas compatibles avec l’éthique et la déontologie du magistrat », a déploré le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Mahamadou Kassogué a, en outre, informé que l’enquête administrative a établi des faits contre certaines personnes qui étaient dans la composition de ce jugement comme ayant commis des fautes professionnelles susceptibles de les conduire devant le conseil de discipline. TOLERANCE ZERO – Le chef du département de la Justice a, par ailleurs, assuré que les rapports des structures en charge de la lutte contre la corruption, notamment le Bureau du Vérificateur général, ne sont pas mis dans le tiroir. Mahamadou Kassogué a informé que les audits sur la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM), la Loi de programmation relative à la sécurité intérieure (LPSI), des institutions et la cession des bâtiments publics ont été réalisés. Il a, par la suite, affirmé que les rapports de certains de ces audits sont « entre les mains du procureur de la République en charge du Pôle économique et financier », ajoutant que d’autres sont à la Brigade économique et financière. Assurant qu’il n’y a pas de justice sélective, encore moins de chasse aux sorcières, Mahamadou Kassogué a, néanmoins, déclaré que « les jours à venir beaucoup de dossiers connaitront des développements très importants ». Et le chef du département en charge de la Justice de rappeler que la lutte contre la corruption est au cœur de l’action gouvernementale.  Selon lui, la vision des autorités de la Transition, c’est de mener une lutte implacable contre le fléau. Donc, a insisté le ministre, c’est tolérance zéro en matière de lutte contre la corruption. Outre la répression, la lutte efficace contre la corruption passera, également, par le recouvrement des avoirs dilapidés. « Sur la période de 2018 à décembre 2021, le nombre total de dossiers ouverts en matière de corruption est de 1.462. Sur ce chiffre, 690 dossiers ont été bouclés et transmis, 275 dossiers ont déjà été totalement jugés », a revelé le ministre Kassogué. Ajoutant que les montants en cause sont de l’ordre de 126,1 milliards de Fcfa. Au titre des remboursements, la somme de 4,2 milliards de Fcfa a pu être versée au Trésor public. Pendant la même période, les cautions  versées, pour les remises en liberté et autres sont de l’ordre de 15, 3 milliards de Fcfa. Aussi, en vue de mener une lutte implacable contre la corruption,  d’importantes réformes sont en train d’être menées par les autorités. La création d’un Pôle national économique et financier ainsi que la toute prochaine mise en place de l’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs criminels figurent au nombre de ces réformes majeures.  Actualité oblige, le ministre Kassogué a soutenu qu’il n’y a pas de rétrécissement d’espace de liberté.  Pour lui, les lois, qui sont en train d’être appliquées, existaient bien avant . D’après le Garde des Sceaux, ce que ces textes ont prévu, n’a pas été, peut-être, appliqué correctement en temps normal. « Mais chaque fois qu’un pays est en guerre contre le terrorisme, avec beaucoup d’adversité de part et d’autre, on ne peut pas se permettre de dire certaines choses », a-t-il dit. BD/MD (AMAP)

L’Armée malienne neutralise 56 terroristes au cours de plusieurs opérations (état-major général des armées)

Bamako, 07 mai (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé au moins 56 terroristes et interpelé une dizaine de suspects, au cours d’opérations menées sur les deux dernières semaines, indique l’état-major général des armées. Dans un communiqué, publié vendredi soir,  l’état-major général des armées soutient que sous la pression des FAMa, les groupes terroristes sont « de plus en plus réduits dans leurs tentatives désespérées de réorganisation se soldant par des attaques kamikazes ». L’Armée signale que dans les Régions de Koutiala, Bougouni et Sikasso (Sud), les priorités opérationnelles ont porté sur la précision des renseignements et les recherches des terroristes auteurs de l’incendie des infrastructures étatiques de Molobala. « Ces groupes sont à l’origine de l’attaque qui a coûté la vie à un agent de la douane et de deux bénévoles à Bougoula-Sikasso et de celle contre le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Kléla », selon l’Armée. Des reconnaissances offensives sont menées dans les régions de Nara (vers la frontière mauritanienne) et de Koulikoro, dans les secteurs de Dalibougou, Kamissara, Borom et Madina Sacko. « Les tirs d’artillerie suivis de fouilles dans la forêt de Troungalé et les collines de Tola ont fait un bilan de 16 terroristes neutralisés et huit interpellés », précise l’état-major des armées. Ces opérations ont permis la destruction de motos, d’engins de fabrication d’EEI (Engin explosif improvisé), d’armes et munitions et récupération d’arme en bon état. La même source indique que des opérations de sécurisation se sont poursuivies dans la Région de Ménaka (Nord-Est).  « Des frappes d’opportunités ont dispersé une vingtaine de terroristes en mouvement dans le secteur de N’Dacki avec la destruction d’un Pick-up et la neutralisation de huit terroristes », indique le communiqué de l’Armées. « Une opération aéroportée sur les lieux des frappes de destruction d’un important plot logistique opérationnel du 24 avril 2022 dans le secteur de Niasso-Sebe et Sossobe- Togoro a permis de recueillir d’importants renseignements », rapporte le document.  On y apprend, également, qu’une patrouille FAMa, sur l’axe Bankass-Bandiagara (Centre), a récupéré une citerne volée à l’Energie du Mali (EDM). Dans le secteur de Douentza (Centre), poursuit le même communiqué, « une patrouille FAMa sur la route Mondoro-Boni a réagi à une embuscade. Cette attaque a coûté la vie à deux militaires, faisant 10 blessés et deux engins endommagés. Quelque 22 terroristes ont été neutralisés, un véhicule équipé de mitrailleuse 14 ,5 mm, divers armements et munitions récupérés, un véhicule équipé de mitrailleuse 12,7mm ont été détruits, selon le bilan de l’Armée. Dans la Région de Ségou (Centre), l’exploitation des renseignements a permis de cibler les réseaux de renseignements terroristes avec un engin de l’Armée légèrement endommagé par un EEI. Les FAMa ont neutralisé, dans ce secteur, dix terroristes et arrêtes huit suspects. Deux AK 47, cinq chargeurs, deux radio TYT, treize téléphones portable, vingt-deux motos récupérés, trois EEI détruits, un otage civil a été libérés. « En réaction à des tirs de harcèlement au niveau de Moussa Wère sur la route Markala-Niono (Centre) », les FAMa ont détruit deux EEI, un pont de fortune en bois, interpellé quatre suspects et récupéré quatre motos, fait savoir la même source.  Elle souligne des frappes aériennes qui ont ciblé et incendié un plot logistique terroriste dans la Région de Bandiagara, toujours dans le Centre.  Cette opération menée sur la base de renseignements a détruit quatre motosdans une forêt à 07 km au nord Est de la localité de Baye. L’état-major général des armées rappelle que le respect des Droits de l’Homme (DH) de même que le Droit International humanitaire (DIH) « reste une priorité dans la conduite des opérations des FAMa ». Il appelle à la « vigilance contre les nombreuses manœuvres en cours visant à diviser les populations et les communautés au moment où l’union des Maliens émerge ». MT/MD (AMAP)