La cachexie décime le bétail à Gao (Nord)
Par Abdourhamane TOURE Gao, 02 juin (AMAP) Le mois d’avril est considéré comme le début de la période de soudure pastorale au Mali. Cette période est particulièrement éprouvante pour le bétail du fait de la rareté des pâturages, laquelle est consécutive à la pression exercée sur les ressources pastorales en raison du nombre de plus en plus croissant des troupeaux et de la transhumance interne et externe. Cette période est vécue avec beaucoup d’angoisse pour les propriétaires de troupeaux. Dans la Région de Gao (Nord) cette année, la situation est particulièrement critique. A la situation d’insécurité presque permanente due à la présence de groupes armés ennemis, s’ajoute, actuellement, une calamité due à la mortalité des animaux. Cette année est considérée comme exceptionnelle à cause de l’apparition d’une maladie qui est en train de décimer, à petit feu, le cheptel local. Les cadavres d’animaux morts à la suite de cette maladie sont visibles un peu partout. La raison? Une insuffisance de pâturages qui a entrainé une «sous-alimentation» du bétail qui se nourrit exclusivement de fourrages. A cause de cette situation alimentaire désastreuse du bétail, les animaux souffrent de la maladie de cachexie. Selon les spécialistes de la médecine vétérinaire, la cachexie résulte d’un grave affaiblissement de l’organisme avec notamment une perte de poids et une atrophie musculaire liées à une dénutrition très importante. Le directeur régional des productions et industries animales (DRPIA) de la Région de Gao, Aboubacar Habba Maïga, explique que les mouvements des troupeaux sont perturbés par les attaques et enlèvements de bétail par les groupes armés. Ce qui limite les déplacements des animaux dans toutes les zones pastorales. En cette période de soudure, les principales sources d’abreuvement du bétail sont les puits, les mares permanentes et le fleuve Niger. Actuellement, les animaux sont concentrés dans le Gourma et le long de la Vallée, notamment dans les Communes de Gounzourèye, N’Tillit, Gabéro et Ouatagouna. On observe, également, des départs forcés de troupeaux de Tessit vers Anchawadj sous la pression des groupes armés. Le directeur régional exhorte les autorités et les partenaires à apporter une assistance alimentaire et de l’aliment à bétail aux pasteurs et aux agro-pasteurs les plus vulnérables dans toutes les zones en déficit en pâturages. D’ores et déjà, le président de l’Association des réseaux des médiateurs pour la prévention et la gestion des conflits pastoraux, Mahamadou Sidibé, a salué l’appui technique et financier de l’organisation néerlandaise de développement (SNV). Cette dernière a fourni l’aliment bétail, les intrants vétérinaires. Elle a été sollicitée pour le ramassage des cadavres d’animaux et pour apporter un appui aux pasteurs et aux agro-pasteurs dont les animaux ont été enlevés par les hommes armés. L’ONG appuie aussi l’approvisionnement de la banque d’aliment bétail en produits. Il faut noter que le sac d’aliment bétail de 40 kg coûte actuellement 12.500 Fcfa. Le président de la Chambre régionale d’agriculture de Gao, Nouhou Chaïbou Touré, confirme que les ménages sont menacés par une insécurité alimentaire, car la population vit des revenus générés par le commerce du bétail. Abondant dans le même sens, le maire de la Commune rurale de Gabero et membre des organisations professionnelles des éleveurs de Gao, Abdoulaye Balobo Dicko, a expliqué qu’il faut s’attendre au pire si rien n’est fait. Il ajoute que l’ampleur de la situation ne doit pas être minimisée parce que toute l’économie des régions dans le Nord du Mali est basée sur l’exploitation des produits de l’élevage. L’édile de Gabero recommande, à défaut d’une distribution gratuite d’aliment bétail, la subvention de ce produit pour sauver la vie des milliers de têtes d’animaux et préserver l’économie de leurs propriétaires. Le conseiller aux affaires économiques et financières du gouverneur de la Région de Gao, Alhader Amadou Bella, salue les initiatives de certains partenaires. Il cite en exemple le bureau régional du Programme alimentaire mondial qui a acheté 10 tonnes d’aliment bétail pour les éleveurs de la localité de Tessit. Les populations sont assaillies par les soucis d’insécurité qui pourrissent leur quotidien. Comme si cela ne suffisait pas, c’est la cachexie qui affecte les économies familiales anéantissant tout espoir de résilience des ménages. Des actions d’urgence sont demandées pour alléger la souffrance de ces dernières et du bétail qui est confronté plus que jamais à cette calamité climatique doublée d’insécurité. La détresse des populations à l’évidence est grande et leur regard ne peut être tourné que vers les autorités pour leur trouver une bouée de sauvetage. Surtout que la fête de Tabaski «frappe» à la porte. AT/MD (AMAP)
Football : Pour la rencontre Mali-Congo, les Aigles dans le vif du sujet
Bamako, 1er juin (AMAP) La sélection nationale malienne de football a effectué sa première séance d’entraînement, lundi au stade du 26 Mars, sous la houlette du nouveau sélectionneur Éric Sékou Chelle, a constate l’AMAP. Dix-huit des vingt-et-cinq joueurs convoqués pour les deux premiers matches des éliminatoires de la CAN, étaient présents sur la pelouse. Le regroupement de la sélection nationale a débuté lundi dans un hôtel de la place. Quelques heures seulement après son arrivée, le premier groupe, composé de 18 joueurs, a effectué sa première séance d’entraînement au stade du 26 Mars, sous la direction du nouveau sélectionneur, Éric Sékou Chelle. Les joueurs présents à cette première avec l’ancien défenseur international ont pour noms : Ibrahim Bosso Mounkoro (TP Mazembé, Congo), Ismaël Diawara (Malmö, Suède), Mamadou Fofana (Amiens, France), Boubacar Kiki Kouyaté (FC Metz, France), Daouda Guindo (RB Salzbourg, Autriche), Amadou Danté (Sturn Graz, Autriche), Moussa Sissako (Standard de Liège, Belgique), Almamy Touré (Francfort, Allemagne), Diadié Samassékou (Hoffenheim, Allemagne) Mohamed Camara (RB Salzbourg, Autriche), Lassana Coulibaly (Salernitana, Italie) et Kamory Doumbia (Reims, France), Moussa Djénépo (Southampton, Angleterre), Ibrahima Koné (FC Lorient, France), Sékou Koïta (RB Salzbourg, Autriche), El Bilal Touré (Reims, France), Kalifa Coulibaly (FC Nantes, France) et Hamidou Sinayoko (Djoliba, Mali). Pour la petite anecdote, l’attaquant des Rouges de Bamako a été le premier joueur à arriver à l’hôtel. Il a été suivi par Moussa Djénépo, Kamory Doumbia et Daouda Guindo. Selon nos informations, le reste du groupe (7 joueurs) était attendu hier. Il s’agit du capitaine Hamari Traoré (Rennes, France), du vice-capitaine Falaye Sacko (Saint Étienne, France) et de leurs coéquipiers Yves Bissouma (Brighton, Angleterre), Aliou Dieng (Al Ahly, Égypte), Amadou Haïdara (RB Leipzig, Allemagne), Nènè Dorgelès (SV Ried, Autriche) et Djigui Diarra (Young Africans, Tanzanie). Trois joueurs manquent à l’appel et sont forfaits pour ces deux premières journées des éliminatoires : Massadio Haïdara (RC Lens, France), Abdoulaye Diaby (Al Jazira, Émirats Arabes unis) et Adama Traoré «Malouda» (Ferencvàros, Hongrie). Ils sont remplacés, respectivement par Daouda Guindo (RB Salzbourg, Autriche), Kamory Doumbia (Reims, France) et Nènè Dorgelès (SV Ried, Autriche). Présent lundi à l’hôtel pour l’accueil des joueurs, le premier vice-président de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), Kassoum Coulibaly «Yambox» a assuré que toutes les dispositions sont prises pour permettre au capitaine Hamari Traoré et à ses coéquipiers d’effectuer leur préparation dans les meilleures conditions possibles. «Je suis heureux de constater que le groupe affiche presque complet. Il ne reste plus que sept joueurs qui sont déjà en route. Certains avaient des problèmes de papier, d’autres des problèmes de vol. Quant à Aliou Dieng, il jouait la finale de la Ligue des champions d’Afrique, lundi contre le Wydad Casablanca. L’équipe a déjà effectué sa première séance d’entraînement. Tout se passe bien pour le moment», a confié M. Coulibaly. De son côté, le nouveau sélectionneur a dit que la prise de contact avec les joueurs s’est bien déroulée, ajoutant qu’il est conscient des attentes des supporters. «Je suis très content de les accueillir aujourd’hui (lundi, ndlr). Refouler la pelouse du stade du 26 Mars a été un grand moment d’émotion pour moi. On a fait une bonne séance d’entraînement, c’était intéressant, on a pris du plaisir et les jeunes étaient contents d’être là», a dit Éric Sékou Chelle. Il dit se projeter vers le choc avec les Diables Rouges du Congo. «Mardi (hier, ndlr) nous allons entrer dans le vif du sujet. Nous sommes très attendus par la Nation, joueurs et staff technique. La pression est là, mais je suis serein tout comme les joueurs». Pour les joueurs, c’est une nouvelle aventure qui va débuter samedi avec la réception des Diables Rouges du Congo et un nouveau défi à relever. «Je suis très heureux d’être là. Nous avons un nouveau défi à relever, à savoir la qualification pour la prochaine CAN», a déclaré l’avant-centre, Ibrahima Koné, à l’issue de la séance d’entraînement. Son compère de la ligne d’attaque, Sékou Koïta a abondé dans le même sens. «Nous sommes déterminés à gagner ces deux premiers matches. Tout le groupe est concentré sur le sujet et on fera tout pour offrir la victoire au pays. Nous devons une revanche aux supporters, après le double échec à la CAN et aux barrages de la Coupe du monde», a martelé le joueur qui retrouve la sélection nationale après plusieurs mois d’absence pour cause de blessure. Samedi 4 juin au stade du 26 Mars à Bamako 19h : Mali-Congo DB/MD (AMAP)
Le 5è Recensement général de la population et de l’habitat au Mali commence le 4 juin
Bamako, 31 mai (AMAP) Le Mali prépare le 5è Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH5), dont la phase opératoire commence le 4 juin 2022 pour une durée d’un mois. L’objectif général du RGPH5, qui intervient après les quatre effectués en 1976, 1987, 1998 et 2009, est de contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays et de sa dynamique en vue d’une meilleure prise en compte des variables démographiques dans les programmes et stratégies de développement, en fournissant des données socio-démographiques pertinentes, fiables et à jour. Pour la réussite de cette opération, l’Institut national de la statistique (Instat), à travers son Bureau central de recensement (BCR), en collaboration avec la Fondation centre malien pour le dialogue Inter-partis et la démocratie (CMDID), organise une journée d’information et de sensibilisation à l’endroit des partis politiques et des organisations de la société civile sur le RGPH5, les 30 et 31 mai. Le thème retenu est :«Aidez-nous à vous recenser pour mieux évaluer vos besoins». Le premier jour de la rencontre a été consacré lundi aux partis politiques. Il visait à informer et sensibiliser ces entités sur les enjeux du RGPH5 afin de susciter leur adhésion et avoir leur accompagnement dans la réalisation du dénombrement général. L’opération bénéficie du soutien technique du Fonds des Nations-unies pour la population (FNUAP), à travers l’appui financier des Pays-Bas au RGPH5. La cérémonie d’ouverture était présidée par le directeur général de l’Instat, Dr Arouna Sougané, en présence de la directrice exécutive du CMDID, Mme Mariam Dicko, du représentant du FNUAP au Mali, Yves Sassenrath. La directrice exécutive du CMDIDa rappelé que le RGPH5 est une opération scientifique exhaustive, d’envergure nationale, qui va se dérouler sur l’ensemble du territoire dans un contexte particulier de crise et défis. Mme Mariam Dicko a souligné que la réussite du processus passera par la consolidation de l’expérience malienne en matière de mobilisation des populations à la base par les acteurs politiques. Dans son intervention, le directeur général de l’Instat a mis l’accent sur les innovations apportées à ce 5è recensement. Selon lui, contrairement aux quatre précédents, le RGPH5 sera numérique. «Cela veut dire que nous allons utiliser des tablettes et que les données vont remonter directement à l’issue de la journée de travail », a-t-il expliqué. Ceci a pour avantage de réduire les délais de traitement des données, d’une part mais, aussi, de vérifier en temps réel la qualité des données et de pouvoir apporter les corrections avant la fin des travaux. Selon le Dr Sougané, une autre innovation majeure concerne la mise à la disposition de la population d’un numéro vert qui va permettre aux uns et aux autres de mieux suivre l’évolution du travail des recenseurs sur le terrain et de pouvoir informer l’Institut, à tout moment, d’éventuels incidents ou problèmes liés aux agents. Le représentant FNUAP a invité les partis politiques qui concourent aux suffrages des populations pour gérer les affaires publiques à s’impliquer pour une participation massive à cette opération dont la réussite impactera la prise des décisions, notamment dans le domaine des politiques publiques. La présentation des premiers résultats de la cartographie à travers une projection power point a été un moment important de la journée. AT/MD (AMAP)
Mali : Le hadj 2022 coutera 3,9 millions de Fcfa (officiel)
Bamako, 30 mai (AMAP) Le hadj (pèlerinage à la Mecque) coûtera 3,9 millions de Fcfa aux candidats de la filière gouvernementale, cette année 2022, contre un peu plus de 2,7 millions de Fcfa en 2020 et 2021, a annoncé le directeur général de la Maison du hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé, samedi dernier, à la Maison du hadj, à Hamdallaye. « Le pèlerinage sur les lieux saints de l’islam aura officiellement lieu en 2022, après une annulation successive en 2020 et en 2021 pour cause de pandémie de la Covid-19 », a indiqué Dr Cissé lors d’une conférence de presse. Cependant, le hadj 2022 reste subordonné pour tous les pèlerins aux restrictions édictées par le Royaume d’Arabie Saoudite, principalement la limite d’âge fixée au maximum à 65 ans et 6 mois, la vaccination contre la Covid-19, le test PCR anti-Covid-19. « En application de ces mesures qui concernent tous les pays musulmans du monde, le quota alloué au Mali, qui était de 13. 323 pèlerins, a connu une diminution drastique de 55% », a révélé le directeur de la Maison du hadj. « Ainsi ramené à 6.032 pèlerins, a-t-il précisé, 883 pèlerins partiront avec la filière gouvernementale et les 5.080 autres seront pris en charge par la filière privée », assurée par les agences de voyage. « A l’opposé du quota qui a diminué, le coût du pèlerinage 2022 au Mali, sans le pécule mouton, ni le passeport, a connu une hausse vertigineuse, passant de plus de 2,7 millions en 2020 à un peu plus de 3,9 millions cette année, soit une augmentation de plus de 1,2 million de Fcfa pour la filière gouvernementale et d’un peu plus de 2,9 millions de Fcfa en 2020 contre, cette année, un peu plus de 4,6 millions (toutes dépenses comprises) pour la filière privée », a indiqué Dr Abdoul Fatah Cissé. Cette augmentation du coût du hadj 2022 au Mali comme dans tous les pays s’explique par les nouvelles dispositions prises par les autorités saoudiennes, a-t-il soutenu. « Tout d’abord, il y a eu une augmentation des frais liés aux services et prestations à Mina et à Arafat, passant de 211.000 Fcfa à environ 1 million de Fcfa », a-t-il précisé. « La TVA est, aussi, passée de 0,5% à 15% », a-t-il ajouté. L’assurance-maladie et le test PCR pour 50.000 Fcfa sont, également, de nouvelles mesures instaurées par les autorités saoudiennes. A cela, il faut ajouter la flambée du prix des hydrocarbures à l’échelle mondiale ayant un impact direct sur le coût du transport aérien, a relevé le conférencier. Sont par conséquent éligibles au hadj 2022, en priorité, les candidats inscrits pour les campagnes 2020 et 2021. Toutefois, tous les candidats au hadj 2022, sans exception, doivent payer le gap financier permettant de se mettre au niveau du prix pratiqué cette année à savoir un peu plus de 3,9 millions. Dr Abdoul Fatah Cissé a salué le soutien conséquent et l’accompagnement sans réserve du département de tutelle. MD (AMAP)
Ténenkou (Centre) : Un homme abattu par des assaillants armés non identifiés
Ténenkou, 27 mai (AMAP) Un membre du comité de veille pour la paix de Ténenkou (Centre) a été abattu, vendredi, aux alentours de 20 heures, par des hommes armés non encore identifiés, a appris l’AMAP de sources locales. Amadou Koïta, connu sous le nom de Diadiourou, âgé d’une soixantaine d’années, été tué, dans sa propre famille, devant ses proches. L’acte n’a pas été revendiqué. Le corps de la victime a été récupéré par les autorités qui, en principe, ouvriront une enquête puisque la gendarmerie est présente à Ténenkou.
Esclavage par ascendance à Kayes (Ouest) : Un rapport alarmant de la Commission malienne des droits de l’Homme
Bamako, 26 mai (AMAP) La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a indiqué que dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, « des personnes sont considérées comme nées esclaves parce que leurs ancêtres ont été capturés et réduits en esclavage ». Dans une étude sur les besoins et attentes des victimes de l’Esclavage par ascendance (EPA), publiée récemment, la CNDSH ajoute que de fait, les familles des victimes « appartiennent aux familles propriétaires d’esclaves depuis des générations ». « Et les personnes considérées comme des esclaves travaillent sans rémunération, peuvent être héritées et sont privées des droits humains fondamentaux», déplore la CNDH. L’organisation souligne que les personnes considérées comme esclaves, et traitées comme telles, ne sont pas des captifs de guerre. «Il s’agit de personnes parties à la recherche de meilleures conditions de vie par le canal de l’exode rural qui se sont installées dans plusieurs localités de la zone», explique le rapport. «Selon les enquêtes, l’hospitalité offerte en milieu Soninké peut conduire à l’esclavage lorsque la personne bénéficiaire se marie avec une femme esclave», regrette la CNDH. Ajoutant que les personnes, qui naissent en situation d’esclavage font l’objet de nombreuses violations de droits humains. « Selon les personnes enquêtées, indique le document, les violences subies sont principalement physiques et morales ». «L’une des mesures importantes ayant conduit à l’exclusion des victimes d’EPA est l’interdiction d’accès à la terre cultivable», déplore l’organisation. En outre, les initiateurs et les partisans de la lutte contre la pratique ont été exclus de l’accès aux différents services sociaux de base. La pratique a, également, provoqué de nombreux déplacements dans la région. La CNDH explique qu’aujourd’hui, les victimes réclament que des actions judiciaires soient prises. Le rapport signale qu’entre 2017 et 2020, 102 plaintes ont été déposées au Tribunal de grande instance de Kayes (Ouest). Quelque 70% des victimes enquêtées s’estiment « non satisfaites » du traitement de leur cas. « Ce pourcentage significatif implique la nécessité d’agir, de façon optimale, dans la prise en charge des victimes de pratique d’esclavage par ascendance », plaide l’organisation. Selon elle, certaines victimes veulent la reconnaissance et la criminalisation de la pratique tandis que d’autres réclament la réparation du préjudice causé par la pratique ainsi que la restitution de leurs terres. Le rapport indique que les Organisations de la société civile (OSC) estiment, aujourd’hui, que « les réponses apportées par l’Etat restent insuffisantes, laissant les victimes dans une situation de vulnérabilité exacerbée ». Alors que l’article 2 de la Constitution du 25 février 1992 dispose que «tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée». La Convention relative à l’esclavage du 25 septembre 1926, le définit comme étant « l’état ou la condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux ». BD/MD (AMAP)
Coopération : L’Axe bamako-Moscou prend du volume
B. TOURE Envoyé spécial Moscou, 23 mai (AMAP) «Merci d’avoir consacré du temps à nous écouter», lance Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération, alors que le déjeuner de travail offert par son homologue russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tire vers sa fin. «Nous ne comptons pas notre temps lorsqu’il s’agit d’échanger avec vous», répond M. Lavrov. Cet échange aux accents diplomatiques en dit long sur la volonté des Maliens et des Russes de donner une dimension plus importante à leurs relations bilatérales. L’hôte russe n’a, en effet, pas ménagé les prévenances pour afficher son intérêt pour la visite de la délégation malienne qu’il a reçue, vendredi dernier, à Moscou. Pendant presqu’une demie journée, Sergueï Lavrov et Abdoulaye Diop ont eu des échanges, d’abord en tête-à-tête, ensuite au cours d’une séance de travail élargie aux collaborateurs du chef de la diplomatie russe et aux autres ministres maliens présents à Moscou pour la circonstance. Un point de presse et un déjeuner ont clôturé les échangesd’amabilités, les marques de solidarité et les expressions de positions partagées sur bien des dossiers de la scène internationale. Le ministre Diop a, d’entrée, fait comprendre que sa visite à Moscou était motivée par la recherche de solutions à des défis très pressants dans l’approvisionnement correct et durable du Mali en biens de consommation comme les hydrocarbures, le blé, le ciment, les engrais. Le Mali a, également, besoin de l’expertise et la technologie russes dans la perspective de la relance des activités de la Régie des chemins de fer. «Notre délégation a eu des rencontres avec des structures publiques et des compagnies privées russes concernées. Mais nous avons besoin de l’appui de l’Etat russe pour faire accélérer les accords en vue», a expliqué le chef de la diplomatie malienne, ajoutant que le souhait du Mali est d’élargir la coopération au commerce des biens de consommation. En réponse à la préoccupation malienne, Sergueï Lavrov a assuré que la Russie est prête à continuer à apporter son appui au Mali dans le domaine militaire et aussi pour le développement des échanges commerciaux. «Les dossiers seront examinés avec diligence et nous ferons connaître notre réponse favorable», a promis le chef de la diplomatie russe. Sergueï Lavrov a ajouté que la Russie est satisfaite des résultats obtenus sur le terrain par l’armée malienne grâce au matériel et à l’expertise militaire russes. «Nos échanges commerciaux ont connu une croissance de 20% mais le montant reste modeste. Il faudra l’améliorer. Nous encourageons les contacts en cours avec les entités russes», a souligné le ministre Lavrov. SOUTIEN MUTUEL – Sergueï Lavrov a exprimé la haute appréciation de son pays quant à la solidarité affichée par le Mali en faveur de la Russie dans le dossier de la crise ukrainienne. «Nous n’avons eu d’autre choix que d’intervenir pour assurer la sécurité des populations russophones et empêcher que l’Ukraine n’accueille des bases militaires aux portes de la Russie», a expliqué M. Lavrov, ajoutant que son pays a besoin du soutien de ses amis pour faire face à l’hostilité des Occidentaux. De son côté, Abdoulaye Diop a rappelé que le Mali apprécie hautement le soutien diplomatique de la Russie pour contrecarrer les actions visant à l’isoler sur la scène internationale. Aussi bien dans le cadre des divergences avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) que sur le dossier de la brouille diplomatique avec la France, le Mali bénéficie du soutien indéfectible de la Russie. Les deux chefs de la diplomatie sont d’avis que les sanctions ne permettent pas de trouver des solutions idoines aux crises. «Nous assistons à une maladie des sanctions à la grande déception de la Russie», a lancé le ministre russe. En écho son homologue malien a répondu que son pays compte davantage sur les vertus du dialogue pour régler les différends. «Les sanctions contre le Mali avaient manifestement pour objectif de provoquer des soulèvements. Tel n’est pas le cas», a-t-il fait remarquer, soulignant que les sanctions n’ont pas permis d’obtenir des avancées sur le dossier de la crise malienne. Aux Nations unies, l’appui de la Russie a permis au Mali d’échapper aux actions hostiles de la France, s’est également réjoui Abdoulaye Diop qui a salué la décision de Sergueï Lavrov de soutenir le Mali de la manière la plus ferme, au Conseil de sécurité, contre les actions hostiles de l’ancienne puissance coloniale. L’entente cordiale entre Maliens et Russes est la manifestation d’un changement d’alliance et de stratégie dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. La mésentente entre le Bamako et Paris, principal partenaire en matière de sécurité, depuis près d’une décennie, ouvre de bonnes perspectives pour les Russes de prendre pied au cœur du Sahel et de perturber la domination française. Visiblement du côté de Moscou, on entend bien profiter de cette opportunité en surfant sur la réputation d’efficacité de la Russie en matière de stabilisation des pays en crise. Cette nouvelle donne se manifeste par la montée du rejet de la présence militaire française dans les pays du Sahel et l’affaiblissement des structures organisationnelles à travers lesquelles la France exerce son influence. Le retrait du Mali du G5 Sahel est un coup dur à cet effet car l’ancienne puissance coloniale était le parrain de cette organisation sahélienne qui peine, d’ailleurs, à faire la preuve de son efficacité. Ce nouveau développement, qui éloigne davantage le Mali de son ancien partenaire stratégique, n’est que la suite logique du départ de la force française Barkhane et de la force européenne Takuba du Mali et, même, de la fin de la Mission militaire européenne de formation (EUTM). Dans ce contexte, quid du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) ? Il sera, sans doute, renouvelé en juin prochain. Même si la mission onusienne est loin de satisfaire, aujourd’hui, le Mali , Le Mali joue donc à fond la carte de la coopération avec la Russie aussi bien dans le domaine militaire que dans le cadre du
Le Mali et la Russie entendent développer leurs relations économiques
Envoyé spécial B, TOURE Moscou, 20 mai (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à la tête d’une délégation de trois autres membres du gouvernement, en visite à Moscou, dans la capitale russe, depuis mercredi, a été reçu, ce vendredi, par son homologue russe Serguei Lavrov. Après un tête-à-tête suivi d’une séance de travail élargie aux autres membres de la délégation malienne composée des ministres de l’Économie et des Finances, des Mines, de l’Énergie et de l’Eau et des Transports et des Infrastructures, le chef de la diplomatie russe a offert un déjeuner en l’honneur de ses hôtes. Au cours d’un point de presse en compagnie de son homologue russe, Abdoulaye Diop a indiqué que le Mali porte une très haute appréciation à la coopération militaire avec la Russie. « Grâce au concours de la Russie, l’armée malienne enregistre des succès militaires sur le terrain. En plus du partenariat dans le domaine militaire, le Mali souhaite développer ses relations économiques et commerciales avec la Russie », a expliqué M. Diop, précisant que les besoins immédiats du Mali portent sur l’approvisionnement correct en hydrocarbures, en intrants agricoles, en blé, en ciment. « Ce sont des produits stratégiques dont le commerce souffre de la situation géopolitique du moment. Nous avons besoin de l’appui du partenaire russe pour assurer une fourniture correcte de ces biens de consommation », a indiqué le chef de la diplomatie malienne qui a ajouté que le Mali compte, aussi, sur l’expertise et la technologie russes dans le cadre de la reprise des activités de la Régie des chemins de fer du Mali. A ces préoccupations maliennes, Serguei Lavrov a répondu que la Russie est prête à apporter son aide. « Nous allons continuer à appuyer dans le domaine militaire. Nous sommes prêts à répondre favorablement à vos préoccupations sur le plan économique et commercial. Nous encourageons les contacts en cours avec les ministères et les entreprises concernés par vos demandes », a assuré le ministre russe des Affaires étrangères. Le ministre russe des Affaires étrangères s’est réjoui, également, de la solidarité que le Mali apporte à la Russie dans le cadre du dossier de la crise en Ukraine. Son homologue malien, de son côté, a salué l’appui diplomatique de la Russie pour contrecarrer les actions visant à isoler le Mali sur la scène internationale. BT/MD (AMAP)
Visite d’une délégation ministérielle malienne à Moscou : Dans la dynamique du développement des échanges commerciaux
Envoyé spécial B. TOURE Moscou, 20 mai (AMAP) La journée de jeudi de la visite de la délégation ministérielle malienne à Moscou a été marquée par la rencontre avec Maxime Markovitch, directeur du département de la coopération internationale et du développement de l’exportation des produits du Complexe agronomique auprès du ministère russe de l’Agriculture, pour des échanges qui ont porté, notamment, sur les possibilités d’approvisionnement du Mali en blé. Avec M. Markovitch, entouré de ses collaborateurs, la délégation malienne de quatre membres du gouvernement, a eu des échanges sur les possibilités d’approvisionnement du Mali en blé. Les ministres Abdoulaye Diop (Affaires étrangères et Coopération internationale), Alousséni Sanou (Économie et Finances), Mme Dembélé Madina Sissoko (Transports et Infrastructures) et Lamine Seydou Traoré (Mines, Énergie et Eau) ont exprimé la volonté du Mali de développer les échanges commerciaux avec la Russie. À l’image de l’acquisition de matériels dans le domaine militaire, d’autres biens de consommation peuvent être obtenus par le Mali auprès de la Russie. Par exemple, le partenaire russe est, parfaitement, capable de satisfaire les besoins urgents du Mali en blé. La diversification et le développement des échanges commerciaux ouvrira de nouvelles perspectives pour la coopération entre le Mali et la Russie. Le commerce, l’agriculture, les mines, les hydrocarbures, les médias… sont d’autres secteurs dans lesquels les deux parties pourraient développer des opportunités mutuellement avantageuses. Aujourd’hui, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est jugé insuffisant au regard de leurs relations diplomatiques aussi anciennes que cordiales. Au cours des échanges, au deuxième jour de cette visite débutée mercredi, la partie malienne a insisté sur la disponibilité du blé à des prix compétitifs. Le partenaire russe est bien disposé à satisfaire les besoins de Bamako et dans un délai très court. La Russie est l’un des grands greniers à blé à l’échelle mondiale. Le pays fournit déjà cette céréale à 140 pays. Après les discussions avec les ministres, les Russes ont demandé une séance de travail avec les techniciens maliens pour préciser les modalités pratiques des futures transactions. À travers cette démarche, le gouvernement malien entend s’impliquer directement dans l’approvisionnement correct et durable en produits de consommation pour éviter les pénuries et la flambée des prix. L’approvisionnement correct du Mali en blé permet de rendre disponible la farine qui est l’intrant principal dans la fabrication du pain dont le prix est une question très sensible. La hausse incontrôlée du prix du pain qui peut être source de remous sociaux. BT/MD (AMAP)
Une délégation ministérielle à Moscou : Explorer de nouvelles pistes de coopération entre le Mali et la Russie
Envoyé spécial B. TOURÉ Moscou, 19 mai (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, conduit une délégation ministérielle arrivée, mercredi, à Moscou et qui séjournera dans la capitale russe jusqu’à samedi. La délégation est composée des ministres des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, des Mines, de l’Energie et de l’Eau Lamine Seydou Traoré et de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou. La mission de ces quatre membres du gouvernement malien est d’établir des liens de partenariat solides entre les acteurs économiques du Mali et de la Fédération de la Russie et le Mali, Elle « a pour but d’établir une relation politique et économique solide avec la Russie, a expliqué le ministre Diop à son arrivée à Moscou. Les ministres ayant effectué le déplacement dans la capitale russe mettront tout en œuvre pour trouver des solutions à des défis pressants dans le cadre de l’approvisionnement du Mali en hydrocarbures, en intrants agricoles, en produits de consommation notamment le blé, le ciment. Les échanges entre partenaires maliens et russes porteront, aussi, sur les projets d’infrastructures. A ce propos, le Mali peut compter sur l’appui des Russes pour faire de la relance du chemin de fer une réalité. Les contacts ont débuté, dès l’arrivée de la délégation malienne par une rencontre avec le vice-président directeur général de la société russe opérant dans le domaine des chemins de fer. Les deux parties ont manifesté leur intérêt pour un partenariat dans ce domaine. Une nouvelle rencontre est prévue aujourd’hui (Ndlr, jeudi) pour approfondir les discussions techniques afin que la partie russe puisse davantage appréhender les défis qui sont les nôtres dans le secteur ferroviaire et proposer des appuis efficaces. Toujours jeudi, le programme prévoit une rencontre avec le directeur du département de la coopération internationale et du développement de l’exportation des produits du complexe agronomique auprès du ministère de l’Agriculture de la Fédération de Russie. Cette rencontre vise à explorer les opportunités de partenariat dans le domaine agricole. Rappelons que la Russie est un grand producteur agricole et un géant de la production d’engrais chimiques. Le programme prévoit, vendredi, un entretien avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Cette rencontre, qui est le clou de la visite, sera suivie d’un échange avec la presse et d’un déjeuner de travail. Ce sera l’occasion, pour les deux chefs de la diplomatie, de réaffirmer la solidité des relations de coopération entre la Russie et le Mali. Abdoulaye Diop devrait rappeler l’attachement du Mali à affirmer sa souveraineté et à faire prévaloir sa volonté de traiter avec les pays qui respectent ses choix stratégiques. Le partenaire russe a déjà exprimé son soutien à ces aspirations du Mali. Nul doute qu’il le réitèrera et fera connaître les appuis que son pays entend apporter au Mali qui en a fortement besoin aujourd’hui. Le programme de la journée du vendredi prévoit, aussi, un entretien avec le vice-ministre de l’Industrie et du Commerce de la Fédération de Russie. BT/MD (AMAP)

