Diamant : Le Mali bientôt producteur ?
Par Oumar SANKARE Bamako, 14 juin (AMAP) La diversification de la production minière nationale, longtemps voulue par nos autorités maliennes pour attirer des investissements massifs dans le secteur, est-elle en train de se matérialiser ? La confirmation, la semaine dernière, du potentiel diamantifère malien par une délégation technique du secteur des mines confirme cette tendance. Cette découverte historique de diamant intervient quelques jours après le lancement des travaux de construction de la mine de lithium par Leo Lithium, co-entreprise formée par l’australien Firefinch et le chinois Ganfeng Lithium. C’est la Société minière Samadou Mining, détentrice d’un permis d’exploration de diamant, qui a fait la découverte, la semaine dernière, dans le village de Kénébélé, Commune de Kologo, dans la Région de Bougouni (Sud). Cela, au terme de trois mois de travaux d’exploration. «Il s’agit de trois morceaux de diamants de bonne qualité à vu d’œil», confirme le directeur du Bureau d’expertise, d’évaluation et de certification des diamants bruts (BEEC). Rencontré jeudi à son bureau, Dr Birama Sory Sidibé précise qu’une analyse plus approfondie est demandée pour donner leur coût exact une fois les 4 C (poids, coupe, couleur et pureté) déterminés. Selon lui, un morceau de diamant peut être vendu entre 20 millions et plus de 100 millions de Fcfa en fonction des 4C. L’État prélève 2% de la valeur de chaque morceau comme taxe. Des études faites en 2006 par des services spécialisés américains distinguent le diamant gemme : pierre pure ou très pure, destinée à la bijouterie-joaillerie du diamant industriel : diamant très impur, en général opaque, destiné à la fabrication d’outils industriels de forage (ex. forage pétrolier, sondage minier) ou de découpage (ex. perçage de bétons armés, sciage de pierres dures, polissage de divers matériaux). Aucune analyse déterminant à laquelle des deux familles nos diamants appartiennent et le potentiel réel du périmètre concerné n’est encore disponible. Toutefois, ce qui pourrait être considéré comme la première mine d’exploitation de diamant au Mali s’étend sur 12 km2. Autre évidence : c’est un gisement de type alluvionnaire (qui découle des ruissellements) où des morceaux de diamants sont sortis de trois trous. «Ce qui prouve à suffisance qu’il y a du potentiel», analyse Dr Birama Sory Sidibé. Précisons ici que l’extraction du diamant se fait principalement dans les gisements primaires (pipes kimberlitiques) à ciel ouvert (carrière) ou en souterrain. Les dépôts secondaires (placers) peuvent se trouver dans les lits des rivières ou sur les côtes marines (offshore). 20 À 30 MILLIONS DE FCFA– L’exploitation du potentiel découvert dans la région de Bougouni exige des préalables. L’autorisation d’exploration de trois mois dont dispose Samadou Mining a expiré, rappelle l’expert. À ce stade, suggère le spécialiste, il leur faut un permis de recherche d’une durée de trois ans renouvelable. «Mais nous pensons qu’ils peuvent passer à la phase d’exploitation», ajoute Dr Birama Sory Sidibé. Et d’assurer : «Avec un investissement de 20 à 30 millions de Fcfa nécessaires pour l’installation d’une laverie moderne (7 millions de Fcfa) et une pelleteuse, ils peuvent commencer l’exploitation». L’expert précise, ensuite, qu’il s’agit là d’une exploitation artisanale mécanisée. « Car, selon lui, la production du diamant ne requiert aucun produit chimique ». La directrice nationale adjointe de la géologie et des mines assure de son soutien à cet effet. «Le département fera tout pour accompagner Samadou Mining, afin de quitter le stade artisanal pour une exploitation de meilleur standard», promet Mme Karambé Awa Goundian. Dr Birama Sory Sidibé invite les autorités à investir davantage dans la recherche pour une diversification de l’exploitation minière. «Ceci permettra de prouver l’existence du potentiel minier et de mieux négocier lors des conventions internationales et les contrats miniers», argumente le technicien. Il a été établi que le Mali dispose d’un potentiel appréciable en diamant dans les zones de Kéniéba, Kangaba et Yanfolila. Les estimations tablent sur 583.598 carats dans les gisements primaires et 1.775.733 carats dans les gisements alluvionnaires. 1 carat équivalant à 0,20g. On se souvient que l’ancien ministre en charge des Mines et du Pétrole avait confirmé, en 2018, que le Mali possède du diamant. « Les districts miniers de Kénièba, Kangaba et Yanfolila regorgent de milliers de carats de diamant tandis que dans certaines localités de Sikasso et de Taoudéni des recherches supplémentaires étaient en vue pour confirmer l’existence du métal précieux », avait précisé Pr Tièmoko Sangaré. Rappelons que le Mali a été admis en 2013 au Schéma de certification du processus de Kimberly, un régime international de certification de diamants bruts réunissant gouvernements, industriels et société civile. Le processus de Kimberly (PK) vise à éviter que les recettes émanant du commerce des diamants ne soient utilisées pour financer les activités militaires de groupes rebelles ou terroristes. Les pays qui ont d’importantes productions alluviales, artisanales ou mécanisées, sont surtout en Afrique : Angola, République démocratique du Congo (RDC), Namibie, Sierra Leone, République centrafricaine (RCA), Guinée, République du Congo, Tanzanie, etc. Selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, ils représentent quelque 25 à 30% de la production mondiale qui a atteint près de 180 millions de carats en 2004. OS/MD (AMAP)
Mali : réunion de haut niveau du Conseil de sécurité à l’ONU
Bamako, 13 juin (AMAP) Le Conseil de sécurité de l’ONU tient, ce lundi, sa réunion d’information trimestrielle sur le Mali au siège des Nations Unies, à New York, a annoncé la Radio Mikado FM Le Représentant spécial et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim Wane, qui se trouve actuellement à New York, fera un exposé aux quinze membres, ajoute la même source. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, devrait, également, y participer. Cette réunion intervient à une dizaine de jours du renouvellement du mandat de la MINUSMA qui expire le 30 juin. A la suite de cette réunion, aura lieu une consultation à huis-clos au cours de laquelle les membres du Conseil recevront le projet de résolution renouvelant le mandat de la mission. MD (AMAP)
La commission de rédaction de la nouvelle Constitution du Mali créée
Bamako, 11 juin (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a signé, vendredi 10 juin, le décret de création de la Commission de rédaction de la nouvelle Constitution du Mali. Cette Commission aura « la tâche d’élaborer un avant-projet de loi portant Constitution de la République du Mali, dans le cadre de la refondation de l’État, » indique le décret. Sa mission n’excédera pas deux mois. En fin de mission, elle remettra au président de la Transition le rapport de fin de mission et l’avant projet de Constitution. En plus de son président, la Commission a pour membres un rapporteur général, un rapporteur général adjoint, des experts et un personnel d’appui. Ils sont tous nommés par le président de la Transition. Selon son décret de création, cette commission « peut faire appel à des personnes ressources dans le cadre de sa mission ». Et aussi « consulter l’ensemble des forces vives de la nation ». MD/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi, 08 juin 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 08 juin 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret instituant les Journées nationales du patrimoine culturel. Dans le cadre du processus de refondation de l’Etat en cours et conformément aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation, le présent projet de décret institue les journées nationales du Patrimoine culturel. Ces Journées ont pour but d’informer, de sensibiliser les populations et de faire le plaidoyer auprès des autorités politiques, administratives et coutumières sur les grandes préoccupations en matière de protection et de promotion du patrimoine culturel national. Les journées nationales du Patrimoine culturel constituent des espaces privilégiés pour la transmission des éléments du Patrimoine culturel National et contribuent à la promotion du dialogue des cultures, de la paix, de la cohésion sociale et des activités touristiques. Elles se tiennent au mois de mai de chaque année. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES : Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS : – Haut Fonctionnaire de Défense : Colonel Aminata DIABATE. – Directeur Général Adjoint de la Gendarmerie Nationale : Colonel HATTAYE AG Najim. – Directeur Adjoint de la Justice Militaire : Lieutenant-colonel Fily FOFANA. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Kita : Colonel Sapeur- Pompier Thiam SAMAKE. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Nara : Lieutenant-colonel Souleymane COULIBALY. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Nioro du Sahel : Colonel Mahamoud SANOGO. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Dioïla : Colonel Almamoud Bouni TOURE. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Sikasso : Contrôleur Général de Police Tantio DIARRA. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Bougouni : Lieutenant-colonel Sapeur-Pompier Bassirou DIARRA. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Koutiala : Colonel-major Lanzéni KONATE. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de San : Contrôleur Général de Police Sékou Nama COULIBALY. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Bandiagara : Lieutenant-colonel Yaya DIARRA. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Douentza : Colonel Sidiki DENON. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Gao : Colonel Mamadou Lamine KONARE. – Conseiller à la Sécurité et à la Protection Civile auprès du Gouverneur de la Région de Taoudéni : Colonel Tidiani DIARRA. AU TITRE DU MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE – Conseiller Technique : Monsieur Mahamadou Soumana CISSE, Professeur principal de l’Enseignement Secondaire – Chargé de Mission : Monsieur Seydou Nourou MAIGA, Professeur principal de l’Enseignement fondamental. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE – Directeur Général de l’Ecole Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication: Monsieur Aboubacar Abdouwahidou MAIGA, Professeur de l’Enseignement supérieur; – Directeur Général de l’Institut de Pédagogie Universitaire : Monsieur Alou AG AGOUZOUM, Professeur de l’Enseignement supérieur. – Directeur Général de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs Abderhamane Baba TOURE : Monsieur Kélétigui DAOU, Professeur de l’Enseignement supérieur. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Sur le rapport du ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, le Conseil des ministres a pris note de la remise du document de Programme national d’Education aux valeurs par le Comité d’Experts. Sur le rapport du ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, le Conseil des ministres a été informé l’élaboration et la remise au Comité de pilotage interministériel d’un avant-projet de Programme National d’Education aux Valeurs (PNEV) par le Comité d’experts ad hoc. Initié suivant les instructions du Président de la Transition, Chef de l’Etat, ce projet de document restitue les travaux d’experts portant un système de valeurs endogènes et universelles à promouvoir pour la construction d’un citoyen de type nouveau dans le cadre de la vision de la refondation de l’Etat et de la Nation. Dans l’optique de son adoption prochaine par le gouvernement, une session d’appropriation du document est prévue entre les principaux départements ministériels. 2. Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a pris note d’une Communication relative à la publication, à la date du 1er juin 2022, du rapport trimestriel du Secrétaire général des Nations unies sur la situation au Mali. Ce rapport intervient à la veille du renouvellement du mandat de la MINUSMA. Le Conseil des Ministres a demandé au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de faire part aux Nations unies, dans le cadre de sa participation au débat public du Conseil de sécurité consacré audit rapport, de la position du Gouvernement du Mali tout en soulignant ses préoccupations pour une meilleure prise en compte des efforts en cours, des résultats obtenus pour la réussite de la Transition et pour l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays. 3. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil
Hausse des prix de l’essence et du gasoil au Mali (Communiqué)
Bamako, 08 juin (AMAP) Au Mali, le litre de supercarburant passe de 762 à 811 Fcfa et celui du gasoil de 760 à 809 Fcfa, depuis mercredi 08 juin 2022, a annoncé l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP), dans un communiqué publié mardi 07 juin. « C’est suite à plusieurs facteurs exogènes ayant eu pour conséquence la hausse des cours des produits pétroliers sur le plan international, le gouvernement du Mali a décidé de procéder à un réajustement tarifaire des prix à la pompe », explique l’ONAP. « Malgré cette hausse, le gouvernement continue de subventionner le supercarburant et le gasoil dont les prix de revient non subventionnés devraient être arrêtés respectivement à 1024 Fcfa et à 1039 Fcfa le litre à la pompe », indique la même source. Le communiqué précise que les pertes de recettes relatives aux hydrocarbures pour l’État, au titre de l’année 2022, étaient de l’ordre d’environ 87 milliards de Fcfa. Et d’ajouter qu’avec cette tendance haussière actuelle, « elles sont projetées à environ 215 milliards de Fcfa au 31 décembre 2022 ». Face à la persistance de cette situation, qui engendre une raréfaction et un renchérissement des produits pétroliers, relève le communiqué, le gouvernement appelle les consommateurs à « adopter des gestes et comportements permettant de faire des économies d’énergie pour aider à la maîtrise des besoins ». Le gouvernement salue les partenaires pour leur engagement et rassure les consommateurs que » tout sera mis en œuvre pour amortir l’impact de la flambée des cours mondiaux sur leur pouvoir d’achat ». SS/MD (AMAP
Projet d’usine de montage d’ordinateurs et de tablettes à Bamako au Mali
Bamako, 07 juin (AMAP) La société Danew Talla Electronics, co-entreprise de droit malien évoluant dans le domaine de l’informatique, a lancé un projet d’installation d’une usine d’assemblage d’ordinateurs portables, de tablettes électroniques à Bamako, a annoncé le président du groupe Danew Talla Electronics, Renaud Amiel, lundi, à Bamako. Les responsables de la société, à la sortie d’une audience que le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, leur a accordée, ont indiqué que cette cette usine, première du genre en Afrique de l’Ouest, permettra de fournir les marché malien et ouest-africain. La production devrait commencer en septembre prochain avec la création d’au moins 200 emplois directs, extensibles à 1000 emplois à terme. La société développe un Partenariat Public-Privé (PPP) avec plusieurs départements ministériels. Il s’agit, notamment, des ministres en charge de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, ceux de l’Entreprenariat national et de l’Emploi et du Commerce et de l’Industrie, de la Communication et de l’Économie numérique. Le projet ambitionne de fabriquer des ordinateurs portables et tablettes d’une qualité durable à partir de 65.000 Fcfa pour le type «Notebook» d’une gamme riche et variée avec des modèles professionnels allant jusqu’à 100.000 Fcfa, tous adaptés au domaine de l’Éducation. Dès ces deux premiers mois, le projet va créer environ 200 emplois directs et pourrait employer 1000 travailleurs à termes, avec une capacité de production de 600.000 tablettes par an. La délégation était conduite par le président de la société, Renaud Amiel, accompagné du directeur pays, Modibo Talla. Au cours de la rencontre, élargie aux chefs des départements ministériels concernés ou leurs représentants, les visiteurs ont présenté le projet au chef du gouvernement. Ils ont présenté certains équipements déjà fabriqués au Mali dont un ordinateur portable et une tablette adaptés aux besoins des élèves et étudiants, notamment dans le cadre du Programme prioritaire de développement de l’Éducation numérique. À tour de rôle, les ministres concernés ont exprimé leur enthousiasme, tout en saluant l’initiative qui va, non seulement, contribuer, à terme, à la réduction de la fracture numérique mais, aussi, créer beaucoup d’emplois, notamment pour la jeunesse. Pour sa part, le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, a félicité les responsables du projet qui est le fruit d’une coopération entre une société européenne (Danew) et une entreprise malienne (Talla Telecom) dont la fusion a donné (Danew-Talla électroniques), avant de leur promettre « l’accompagnement total » du gouvernement. Le chef du gouvernent a invité ses hôtes à poursuivre les concertations, déjà entreprises depuis six mois, avec les services techniques de l’ensemble des ministères impliqués. Au terme de la rencontre, Renaud Amiel a expliqué que la société Danew Talla Electronics va recruter environ 1 000 jeunes à travers tout le Mali qui seront formés, pendant deux mois, à Bamako par des techniciens Danew-Talla. Après la production « nous allons créer un réseau national de réparateurs d’environ 1 000 personnes dotées de tablettes avec tous les logiciels et les outils nécessaires pour la réparation et la maintenance de nos produits », a assuré M. Amiel. AT/MD (AMAP)
La durée de la Transition au Mali fixée à 24 mois à compter du 26 mars 2022 (Décret)
Bamako, 07 juin (AMAP) Le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goiïa, a signé lundi un décret fixant la durée de la Transition à 24 mois à compter du 26 mars dernier et lu à la télévision nationale. « La durée de la Transition est fixée à 24 mois, pour compter du 26 mars 2022 conformément à l’article 22 de la Loi nº2022-001 du 25 février 2022 portant révision de la Charte de la Transition », précise le décret signé par le président de la Transition, colonel Assimi Goïta et le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga. La durée de la prorogation de la Transition est au centre des pourparlers entre le gouvernement et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a imposé des sanctions économiques et financières au Mali depuis janvier dernier. Réunis samedi, à Accra, au Ghana, à la faveur d’un sommet extraordinaire, les chefs d’État de l’organisation sous-régionale ont repoussé la levée des sanctions contre le Mali à leur prochaine rencontre prévue le 3 juillet 2022. Ce sommet extraordinaire de la CEDEAO , le 4 juin 2022, a décidé « de demander au Médiateur au Mali de poursuivre ses efforts et de finaliser les discussions avec les Autorités de Transition. » La session a été convoquée pour examiner les récents développements politiques au Mali, en Guinée et au Burkina Faso, depuis le dernier Sommet extraordinaire tenu le 25 mars 2022 à Accra. Dans son communiqué final, le Sommet, sous la présidence du chef de l’Etat du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a, par conséquence, maintenu « les sanctions prononcées le 9 janvier 2022 » contre le Mali. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont demandé de « poursuivre le dialogue en vue de parvenir à un accord pour assurer une levée progressive des sanctions au fur et à mesure que les critères de la transition seront atteints » MT/MD (AMAP)
Mali : Lancement des travaux de construction de la mine de lithium de Goulamina (Sud)
Envoyé spécial Makan SISSOKO Bamako, 06 juin (AMAP) Les travaux de construction de la toute première mine de Lithium en Afrique de l’Ouest ont officiellement démarré, vendredi dernier, sur le site de Goulamina, à 60 kilomètres de Bougouni, dans le Sud du Mali. D’une durée de deux ans, la réalisation nécessitera un investissement estimé à 138 milliards de Fcfa. Ce projet d’envergure est porté par la société Leo Lithium, co-entreprise formée par l’australien Firefinch et le chinois Ganfeng Lithium pour l’exploitation de la mine. Le produit brut sera exporté en Chine pour fabriquer de l’hydroxyde de lithium de qualité batterie. En lançant ce chantier gigantesque, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, accompagné d’une forte délégation, a réaffirmé la volonté des autorités maliennes « de faire de l’exploitation minière un outil privilégié de croissance économique et de développement social ». Les populations locales sont sorties massivement pour être témoin du lancement officiel de ce projet de classe mondiale dont la phase d’exploitation durera, au moins, 21 années. Ses ressources minérales sont estimées à 109 millions de tonnes, au taux de 1,45% d’oxyde de Lithium (Li20). Des forages sont en cours pour les identifier et les convertir en réserves. Ces explorations permettront de prolonger la durée de vie initiale. Pendant sa première phase de production, Goulamina sera parmi les sept premiers producteurs mondiaux de lithium. Dix-huit mois plus tard, début de la seconde phase, elle figurera parmi les trois premiers producteurs mondiaux de concentré de spodumène. Le produit final attendu est jugé être de haute qualité avec une teneur en oxyde de Lithium (Li20) de 6% et avec peu d’impuretés. Il sera, ensuite, transporté en Chine par Ganfeng, pour la phase de conversion en hydroxyde de lithium de qualité batterie. Le projet coûtera un investissement de 250 millions de dollars (environ 138 milliards de Fcfa). Il sera bâti en se focalisant sur le développement local de la Région de Bougouni et la hausse de la contribution du secteur minier à l’économie du Mali. Pour ce faire, la mine produira plus de 500.000 tonnes de concentrés de spodumène par an lors de la phase 1, avant d’atteindre 800.000 tonnes par an durant la phase 2. Sa construction mobilisera environ 1.200 travailleurs qualifiés et non qualifiés. Son exploitation qui marque l’entrée en production de l’usine, mobilisera près de 650 personnes, « constituées essentiellement de Maliens », a expliqué le directeur général de Leo Lithium et promoteur du projet de lithium de Goulamina, Simon Hay. « Dans sa conception actuelle, un accent particulier est mis sur la création d’emplois locaux, la mise en place d’infrastructures locales et le suivi rapide des plans d’aménagement communautaire pour répondre aux besoins des communautés locales », a précisé le ministre Lamine Seydou Traoré. Il a insisté sur la responsabilité de la mine en termes de promotion du développement local, d’employabilité et de contenus locaux. Pour sa part, le maire de la Commune rurale de Danou, Salif Bagayogo, a exprimé sa satisfaction d’accueillir ce projet dans sa circonscription. MK/MD (AMAP)
La CEDEAO demande à son médiateur de poursuivre ses efforts au Mali
Bamako, 05 juin (AMAP) Le sommet extraordinaire de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, le 4 juin 2022, a décidé « de demander au Médiateur au Mali de poursuivre ses efforts et de finaliser les discussions avec les Autorités de Transition. » Cette session extraordinaire a été convoquée pour examiner les récents développements politiques au Mali, en Guinée et au Burkina Faso, depuis le dernier Sommet extraordinaire tenu le 25 mars 2022 à Accra. Dans son communiqué final, le Sommet, sous la présidence du chef de l’Etat du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a, par conséquence, maintenu « les sanctions prononcées le 9 janvier 2022 » contre le Mali. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont demandé de « poursuivre le dialogue en vue de parvenir à un accord pour assurer une levée progressive des sanctions au fur et à mesure que les critères de la transition seront atteints ». Le Sommet a aussi appelé « les partenaires à accroître leur soutien humanitaire au Mali » Et a salué les efforts déployés par le Médiateur de la CEDEAO en vue de parvenir à un calendrier acceptable pour assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel, conformément aux protocoles et décisions de la CEDEAO et de l’Union africaine (UA). Les chef d’Etat ouest africains ont décidé d’examiner la situation au Mali, lors de leur prochain Sommet ordinaire du 3 juillet 2022. La CEDEAO, qui réitère sa préoccupation quant à la durée de la période de transition fixée à 36 mois par les autorités burkinabé comme indiqué dans son communiqué du 25 mars 2022, « exige la finalisation d’un calendrier de transition acceptable. » Sur le plan sécuritaire, l’organisation ouest-africaine indique avoir pris acte « des efforts déployés {par Ouagadougou), malgré ses nombreux défis, pour récupérer certaines localités, entraînant ainsi le retour d’une partie des Personnes déplacées internes (IDP) et la réouverture de certaines écoles » A cet égard, le sommet « encourage les Autorités de transition (du Burkina Faso) à maintenir la dynamique en vue de renforcer davantage la sécurité dans le pays ». Concernant la Guinee, le Sommet de la CEDEAO Sur la Guinée a exprimé ses inquiétudes quant à « la durée de la période de transition de 36 mois annoncée par les autorités de transition ». Conséquence, l’organisation sous régionale « exige la finalisation d’un calendrier de transition acceptable. » Elle fait part de sa « vive préoccupation face à la dégradation de la situation socio-politique notamment en raison de l’absence d’un cadre de dialogue approprié entre le gouvernement et les acteurs politiques et les acteurs de la société civile. » La CEDEAO « prie instamment le gouvernement (de Conakry) d’établir un cadre approprié pour dialogue avec les acteurs politiques et de la société civile afin de faciliter tensions socio-politiques et assurer une transition pacifique. » En Guinée comme au Burkina Faso, la CEDEAO a décidé de réanimer la situation lors de son prochain sommet ordinaire, le 3 juillet 2022 MD (AMAP)
Réseaux sociaux : La folie Tik Tok
Jessica Khadidia DEMBÉLÉ Bamako, 03 juin (AMAP) Musical.ly avant son rachat en 2017 par la compagnie chinoise ByteDance, TikTok s’est imposée comme un incontournable du divertissement numérique chez les jeunes. C’est une plateforme facile d’utilisation, sur laquelle les gens font des vidéos créatives et divertissantes, assez courtes (15 secondes à 3 minutes). Les utilisateurs dansent, font des playbacks sur des audio, imitent des scènes de films, réalisent des challenges, suivent des tendances qui sont virales et qui sont, plus spécifiquement, appelées dans le jargon de l’appli, des Trend. Il est très facile de percer sur la plateforme, on peut rapidement passer de quelques milliers de vues à des millions en une seule vidéo qui vous fera propulser au-devant de la scène. On peut, également, gagner de l’argent grâce à TikTok après avoir obtenu 10.000 abonnés et 100.000 vues sur ses dernières vidéos. Tout le monde peut bénéficier de ces facteurs sur la plateforme, à condition d’avoir plus de 13 ans. C’est l’âge requis pour s’inscrire sur l’application. Cependant, avec tout ce que cette enquête nous fera découvrir, est-ce que cette limite d’âge est-elle efficace ? Cette restriction est-elle même respectée ? NARCISSISME À OUTRANCE – L’une des choses les plus marquantes sur TikTok est la mise en valeur de l’aspect physique. Ce qui n’est, en aucun cas, une mauvaise chose sauf si c’est pour exposer aux yeux du monde entier le narcissisme à outrance. Tout est fait pour être beau et donne envie a l’audience. Le corps sur TikTok est devenu le ou l’un des moyens favoris des utilisateurs pour gagner le plus rapidement en visibilité, c’est même la marque de fabrique de certains comptes de ‘tiktokeurs’ très célèbres. Pour certaines ‘tiktokeuses’, il s’agit d’exposer certains attributs du corps avec des tenues suggestives, des challenges qui montrent leurs apparences au plus bas pour revenir, la seconde d’après, à un aspect qui frôle le perfectionnisme. Pour cela, hommes comme femmes utilisent des tenues de détente, s’ébouriffent les cheveux, puis la seconde d’après, dans la même vidéo, on les retrouve avec des tenues élégantes ou sexy, torse nu pour les hommes, bien habillés et coiffés. Ce genre de vidéo est généralement très regardée par les ‘tiktokeurs’ et les commentaires qui en résultent sont pour glorifier le physique de l’auteur de la vidéo. On ne retrouve pas de «super vidéo, continue ainsi» mais des «tu es trop belle» ou «tu es trop beau». Que des commentaires sur le physique et pas que des élégants parfois. Pour le Docteur en sociologie et professeur d’université à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation, Bréhima Elie Dicko, TikTok est devenu un phénomène de mode et donc il y a une course au voyeurisme. Le mot influenceur, pour désigner les personnalités des réseaux sociaux, surtout ceux qui ont des milliers voire des millions d’abonnés, est un terme bien choisi car c’est en cela leur grande contribution. Se retrouver avec ce genre de vidéos de façon permanente sur la plateforme est très probable, surtout qu’il suffit juste de quelques secondes de visionnage d’une vidéo pour subir une déferlante du même genre de contenu indéfiniment. L’algorithme fonctionne de la sorte. Si TikTok interdit l’accès au moins de 13 ans, il n’y a aucun moyen pour vérifier cela puisqu’il existe plusieurs manières de contourner cette règle. Si Astou Madani Dabo, jeune étudiante âgée de 23 ans et utilisatrice de TikTok, se sent complexée devant un tel étalage de «corps parfait», imaginez ce qu’éprouve un mineur qui rentre à peine dans l’adolescence. En effet, les enfants sont facilement exposés à tout ce qui se rapporte au physique, surtout chez les jeunes filles qui développent rapidement une obsession pour leurs corps. Astou n’est sûrement pas la seule fille majeure qui se retrouve dans cette situation. Elle déclare qu’elle veut devenir ‘tiktokeuse’ depuis des années mais malheureusement ne trouve pas son corps «assez sexy » pour correspondre au standard de beauté sur l’application. «Sur TikTok, les filles ne mettent en avant que leurs corps et si je ne fais pas ça, sauf reproduire seulement d’autres vidéos, je n’aurai pas assez de vues», se désole la jeune femme. Une influence dangereuse qui a un impact sur la psychologie des plus jeunes, les poussant vers un chemin court : celui de la chirurgie esthétique, considérée comme le moyen le plus rapide de se débarrasser de ses complexes. Elle est très en vogue aux États-Unis. Étant très addictive aussi, Astou pousse cette couche de la société à s’éloigner de plus en plus de leurs études. Malgré des centaines de comptes dédiés à la formation scolaire, le professeur Comlanvi Innocent Amouzou, enseignant au collège Yeleen de Bamako, affirme que l’application participe plutôt à la régression du niveau d’études de la plupart des élèves. « Bien sûr que la plateforme est un outil d’apprentissage pour les enfants d’une part mais la plupart des élèves ne vont pas sur TikTok pour suivre ces formations scolaire », déplore-t-il. HYPERSEXUALISATION – «Quand j’ai installé l’application TikTok, c’était la tendance des danses de Twerk. Ma fille prenait mon téléphone en mon absence pour aller sur l’appli alors que ce genre de vidéos étaient fréquentes», témoigne Anta Cissé, mère de deux enfants. Le WAP challenge ou la dance consiste à enchainer différentes positions sexuelles en dansant ; le Buss It challenge qui consiste à porter une tenue lambda et danser timidement sur la musique Hot in here du chanteur américain Nelly. Soudain la caméra descend rapidement et on retrouve la même personne avec cette fois-ci une tenue beaucoup plus sexy s’adonnant à une séance de Twerk sur la chanson Buss It de la chanteuse américaine Erica Banks. Ce sont les vidéos qui étaient les plus populaires et les plus recommandées. Les Hashtags Wap challenge et le Buss It challenge en comptent chacun plus de 4 milliards sur l’application TikTok. Et ils ne sont pas les seules catégories de danse sexy facilement trouvables et recommandées sur la plateforme. Vous, vous retrouvez facilement avec des contenus hypersexualisés, voire pornographiques. «Elle n’est pas juste normalisée ou banalisée, elle

