Soutien à la Transition au Mali : Une quinzaine de marcheurs panafricains reçus à Bamako

Bamako, 28 juin (AMAP) Une quinzaine, de marcheurs ont parcouru le trajet  de 1.226 km, de Conakry (République de Guinée) et Bamako (au Mali), en 35 jours, porteurs de messages panafricanistes qu’ils voulaient l’expression de leur solidarité avec le peuple malien. Ces jeunes marcheurs guinéens et ivoiriens sont partis de la capitale de la Guinée, le 15 mai, avant d’arriver à Bamako, le 18 juin dernier. La marche à pied pour la capitale malienne est destinee à soutenir les autorités de la Transition et le peuple malien face aux sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) Cette marche fait suite à celle de jeunes sénégalais qui ont effectué le trajet Dakar-Bamako, il y a quelques mois. Les jeunes marcheurs ont été reçus, lundi,  au palais de Koulouba, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Remerciant ces jeunes pour cet effort, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a signalé que leur geste témoigne « de la fibre panafricaine et patriotique qui ne s’est jamais éteinte depuis la veille des indépendances jusqu’à ce jour ».   « Cette démarche est un espoir pour chacun de nous que nous allons continuer à travailler pour renforcer notre unité, le panafricanisme et pour encore faire entendre la voix des peuples », a dit Abdoulaye Diop. D’après lui, nos organisations (CEDEAO, UEMOA, Union africaine) doivent davantage travailler pour refléter les aspirations des peuples africains que «nous servons».   Il a, également, dit que cette « initiative se situe dans le cadre des relations séculaires qui ont toujours existé entre la Guinée et le Mali ». « Des relations qui ont été nouées dans le sang, l’histoire et la géographie » et, comme aimait à le rappeler l’ancien président de la Guinée, feu Ahmed Sékou Touré : «Le Mali et la Guinée représentent les deux poumons d’un même corps».  Pour le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, cet engagement panafricain n’est pas démenti par les relations fraternelles et amicales qui existent entre le président de la Transition guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya et le président Assimi Goïta.  Il a, par ailleurs, remercié la Guinée pour avoir été le seul pays de la CEDEAO à ne pas accepter « les sanctions injustes et humaines » à notre pays. Abdoulaye Diop a réaffirmé « la volonté de la Transition malienne d’exprimer la souveraineté de notre pays, de prendre en charge notre destin et de continuer à travailler pour la réalisation de l’unité africaine ». De son côté, le porte-parole des marcheurs, Mikkindé Daalindé, a indiqué que le but de leur initiative « est de soutenir le peuple malien qui résiste face à l’impérialisme ». Il a réaffirmé leur solidarité avec les Maliens, ajoutant que notre pays « représente, aujourd’hui, le porte-flambeau de la liberté africaine ».  Ils ont proposé que le Mali et la Guinée deviennent une Fédération, avant de remettre des drapeaux de la Guinée et de l’Union africaine (UA) au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. C’était en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement, notamment . BD/MD (AMAP)

Interêt croissant pour la production de melon et de pastèque au Mali

Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 27 juin (AMAP) Salla, village situé à environ 13 km de Bamako, la capitale du Mali. Cette bourgade, de plus en plus célèbre, relève de la Région de Koulikoro. Entourée de villages abritant des unités industrielles, des auberges, des champs, elle draine des foules de visiteurs depuis quelques temps. Hommes d’affaires de premier plan, médias, politiques… y défilent souvent. Motif : visiter les champs de pastèque et de melon du richissime homme d’affaire malien, Ibrahim Diawara. Le patron de la société d’un groupe spécialisé dans l’agro-business, y possède cinq hectares : un destiné à la culture du melon et les quatre autres consacrés à celle de la pastèque. Issu de la famille des Curcubitacées, le melon, nom scientifique «Cucumis mélo », est de deux types repartis entre plusieurs variétés. Celles rencontrées sur le marché malien, ont la peau colorée et l’intérieur est orange (Cantaloup charentais) ou la peau colorée et l’intérieur est vert (Galia), les premiers sur le marché national avant l’indépendance. Puis vient le jaune canari (à la peau jaune et la chair blanche (Moussa melon) qui a été introduit par l’ancien président de la République, feu Moussa Traoré.  De la même famille que le melon, la pastèque ou «Citrulus vulgaris» est, également, de deux types avec une diversité de variétés. Celle à la chair rouge avec plusieurs variétés (Charleston gray, Sagar baby, Kaolac, Crimson sweet) est la plus répandue sur le marché malien. Jadis saisonniers, ces deux produits sont maintenant disponibles presque toute l’année dans les rayons de supermarchés locaux, les coins de rues et le long des grandes artères. Accusés à tort ou à raison d’avoir une propension à vendre cher, leurs vendeurs font croire aux clients qu’ils sont importés du Maroc. Peut-être une manière de justifier le prix onéreux qu’ils imposent à la clientèle. «En réalité, la plupart sont cultivés au Mali notamment dans la périphérie de Bamako pour le melon et dans la zone de Barouéli pour la pastèque, précisément à Sanankoroba (Près de Bamako), Ségou, Bla, (Centre), Sikasso (Sud), Samé, Diéma (Ouest)», confirme Dr Aminata Dolo Nantoumé, spécialiste au programme fruits et légumes du Centre régional de recherche agronomie (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER), basé à Sotuba. La société de M. Diawara a décidé d’investir dans ce «secteur très rentable», afin de booster davantage la production nationale. Le promoteur, l’opérateur économique, lui-même, pilote le projet de la filiale «Diazon». Il tend à devenir l’un des grands producteurs de ces fruits notamment hors saison habituelle de production. Pourquoi ce choix ? MICRO-IRRIGATION – «Je suis un grand amateur de la pastèque. Un jour, une dame a voulu me vendre le kg à 7 000 Fcfa, prétextant que les pastèques provenaient du Maroc. Je me suis alors demandé comment parcourir 4 000 km pour venir nous vendre ici des fruits constitués à 90% d’eau. C’est à partir de ce jour que j’ai décidé de m’engager dans la culture de la pastèque», explique Ibrahima Diawara. Pour y arriver, l’opérateur économique jette son dévolu sur une technique appelée micro-irrigation ou la méthode «goutte à goutte». Elle consiste à diluer de l’engrais dans une machine contenant de l’eau pour ensuite l’évacuer goutte à goutte au pied des végétaux, soit 1,5 litre d’eau par heure. Selon lui, cette technique est la meilleure parce qu’elle permet d’économiser en engrais et en eau, tout en assurant une bonne récolte.  Grâce à cette technique, Ibrahima Diawara a eu 41 600 melons sur un total de 10.400 pieds plantés, chaque pied donnant quatre fruits. Avec 6 250 pieds de pastèques par hectare, notre interlocuteur assure avoir obtenu une production de 86 200 kg, soit un total de 344 800 kg pour les quatre hectares. Ce qui lui a permis de vendre le kilo du melon à 500 Fcfa, contre 350 Fcfa pour la pastèque. « En principe, il faut deux mois et 15 jours au melon et à la pastèque pour atteindre la maturité. 48 jours pour le cycle végétatif et 25 jours pour la récolte », explique celui qui dit se faire le devoir de mobiliser tous les opérateurs économiques du Mali pour qu’ils s’engagent dans ces productions «économiquement très rentables». Sans préciser combien sa production lui a apporté, M. Diawara se dit disponible à accompagner gratuitement, en termes d’appui conseil et technique, ceux qui veulent se lancer dans le domaine.  Fournisseur d’intrants au sein de l’entreprise sémencière Technisem, Bablé Diarra. confie que les semences de ces fruits sont importées d’Europe et du Maghreb. Selon lui, le sachet de 100g du «melon charentais» coûte 6 870 Fcfa contre 11.740 Fcfa pour 500g de la «pastèque kayak». Parlant des difficultés liées à la culture de ces fruits, Dr Aminata Dolo Nantoumé, évoque la non maîtrise de l’itinéraire technique, les problèmes de conservation, de commercialisation et une multitude de parasites et de maladies qui peuvent attaquer les fruits.  Par ailleurs, Dr Aminata Dolo Nantoumé explique que la culture du melon se fait en plein champs, en saison sèche et fraiche. Elle exige des températures diurnes assez élevées ainsi qu’un bon ensoleillement. Ce fruit succulent supporte moins les températures nocturnes élevées, une forte humidité de l’air et un temps couvert. «L’hivernage provoque donc des baisses de qualité et de rendement», conclut-elle. KO/MD (AMAP)

Coupe du Mali de football : Le Djoliba s’impose, 13 ans après 

Bamako, 25 juin (AMAP) Le Djoliba Athletic Club (DAC)  de Bamako a remporté la 61è édition de la Coupe du Mali de football en battant le Réal (2-0), samedi après-midi, au stade Modibo Keïta. Le DAC met fin à 13 ans de disette dans une compétition où son dernier sacre remonte à 2009 à Ségou (Centre) contre le Stade malien (1-0). L’attaquant Ousmane Coulibaly (38è min s.p.) et Hamidou Sinayoko (87è min) ont permis aux Rouges de décrocher leur 20è trophée du Coupe du Mali, à une unité désormais du Stade malien (21 trophées), vainqueur de la précédente édition. En remportant la Coupe du Mali, l’équipe du Complexe sportif Karounga Keïta empoche 10 millions de Fcfa contre 5 millions de Fcfa pour le finaliste perdant et 500. 000 Fcfa pour le meilleur joueur de la finale,  Aboubacar Diarra  « Senior ».  Leader du championnat national, le Djoliba est en route pour le doublé Coupe-Championnat. En cas de doublé du Djoliba, le Réal représentera le Mali à la Coupe de la Confédération de CAF 2022-2023. La finale a été présidée par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement. LMD/MD (AMAP)

Le médiateur de la CEDEAO constate les progrès de la Transition au Mali 

Bamako, 24 juin (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le Mali, l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, s’est dit « heureux » de constater les progrès effectués par le gouvernement malien sous l’autorité du président de la Transition.  Goodluck Jonathan, en mission au Mali, du jeudi au vendredi, s’est, également, dit « convaincu » que « très bientôt, les populations maliennes se rendront compte du travail abattu par la Transition pour atteindre ce niveau de progrès réalisé dans sa marche ». Au cours de son séjour, le médiateur de la CEDEAO s’est entretenu, vendredi, avec le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, au Palais de Koulouba. Au terme de la rencontre il a déclaré que sa mission visait à suivre tout ce qui a été entrepris dès le départ afin d’aider le Mali à sortir de la situation dans laquelle il se trouve. « Nous savons que c’est une crise qui frappe non seulement le Mali, mais également les pays de la sous-région et de l’Afrique de l’Est », a relevé le médiateur ouest-africain Au cours de la rencontre, Goodluck Jonathan a présenté ses condoléances au peuple et au gouvernement du Mali suite aux récents événements tragiques ayant causé la mort de plus de 100 civils dans des localités le Centre du pays.  Cette rencontre a enregistré la présence de plusieurs membres du gouvernement et du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali, par ailleurs chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim Wane.    BD/MD (AMAP) 

L’armée malienne mène des frappes aériennes sur des sanctuaires terroristes à Bankass (Centre) 

Bamako, 23 juin (AMAP) L’armée malienne a mené, entre les 20 et 22 juin 2022, des frappes aériennes ciblées sur des sites logistiques et sanctuaires terroristes de la Katiba du Macina d’Amadou Kouffa dans les secteurs de Djenné, Ténenkou, Segué et la forêt de Sama, dans le cercle de Bankass (Centre), annonce l’état-major général des Armées  Dans un  communiqué daté de mardi 21 juin, l’état-major explique que ces opérations s’inscrivent dans le cadre de la protection des populations et de leurs biens. Selon la source, « ces actions sont consécutives à des efforts de recherche et de précision de renseignements sur les auteurs des attaques terroristes contre les populations civiles dans le cercle de Bankass le 18 juin dernier et sous le leadership de la Katiba du Macina ».  « Soumis depuis plusieurs mois à une forte pression des Forces armées maliennes jusque dans leurs sanctuaires où ils disposaient d’un certain confort et d’une grande influence par le passé, ces groupes terroristes ont adapté leurs modes d’action et orienté désormais leurs attaques lâches contre les cibles molles et les civils désarmés », soutient l’Armée. « L’Etat-major général des Armées continue la recherche de tous les responsables de ces crimes pour qu’ils répondent de leurs actes devant la justice », assure-t-il dans son communiqué. Selon lui, « la traque des assaillants continue dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kèlètigui et les FAMa assureront pleinement leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de protection des personnes et leurs biens ». L’Etat-major général des Armées rappelle que les Forces armées maliennes (FAMa) « restent engagées et respectueuses des strictes règles d’engagement qui encadrent leurs actions ». SS/MD (AMAP)

Campagne agricole 2022-2023 : Un peu plus de 10,5 millions de tonnes de céréales (Mali-Météo)

Par Makan SISSOKO Bamako, 22 juin (AMAP) L’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo), organisme public spécialisé en prévisions météorologiques, prédit, cette année, une production agricole estimée à un peu plus de 10,5 millions de tonnes de céréales. Mali-Météo prévoit, aussi, une saison des pluies humide caractérisée par des dates de démarrage précoces à moyennes, de fin tardives à moyennes, des séquences sèches courtes à moyennes dans la partie Ouest et moyennes à longues dans la partie Est du pays. Cette année, il est également attendu « des écoulements globalement excédentaires à moyens dans les principaux bassins fluviaux ». Le cumul pluviométrique sera supérieur ou proche des moyennes saisonnières de la période 1991-2020 sur la majeure partie du Mali. Quelles attitudes doivent adopter les producteurs pour pouvoir booster les productions céréalières au sortir de la campagne 2022-2023 ? Sur la prévision de production d’un peu plus de 10,5 millions de tonnes de céréales,  il y a 41,2% de maïs, 28,6% de riz, 15,1% de mil, 14,3% de sorgho, 0,5% de fonio et 0,2% de blé pour une superficie à cultiver estimée à 6.061.726 hectares.  L’agriculture malienne est toujours tributaire de la pluviométrie. L’atteinte de ces résultats dépend donc, en grande partie, de l’abondance des pluies.  Ce qui paraît de plus en plus incertaine, à cause des effets néfastes du changement climatique. Dans un tel contexte, seules les semences de qualité et l’appropriation des conseils des spécialistes permettent d’avoir de bons rendements.  « Elles contribuent jusqu’à hauteur de 50% à 80% pour les hybrides », révèle Dr Dionkounda Camara, le responsable du Laboratoire d’analyses de qualité des semences (Labosem) de l’Institut d’économie rurale (IER), basé à Sotuba et expert semences.  Selon lui, il existe quatre catégories de semences : semences de pré bases, de bases, certifiées première reproduction (R1) et certifiées deuxième reproduction (R2). Elles sont identifiées respectivement par des étiquettes de couleur blanche barré de violet, blanche uniquement, bleue et de couleur rouge. « Les producteurs disposant de grandes superficies les achètent généralement », explique-t-il. Les paysans doivent, avant toute chose, chercher à comprendre auprès des compagnies semencières les qualités et variétés de semences adaptées à leur zone de production. Chaque zone agro-écologique du Mali est subdivisée en zones de cultures bien distinctes. avec des variétés répondant au changement climatique. En la matière, les nouvelles variétés développées par la recherche et homologuées par le Labosem, ont subi un certain nombre de tests appelés les épreuves de distinction homogénéité stabilité et les épreuves de valeur agronomique, technologique, environnementale. Ces variétés créées par la recherche hybride et à pollinisation libre (OPV) répondent forcément au critère de changement climatique.  Les semences homologuées sont inscrites dans le catalogue des espèces et variétés du Mali. La dernière édition de ce catalogue national parue en juin 2021, contient 298 nouvelles variétés pour 9 espèces : le mil, le maïs, le sorgho, le niébé, le riz, l’arachide, la tomate, l’oignon et l’échalote. «Pour chaque nouvelle variété où espèce inscrite dans le catalogue, il y a une pluviométrie bien décrite. C’est à cela que les producteurs doivent obligatoirement se consacrer. Chaque zone a sa pluviométrie et sa variété adaptée pour faire les semis», conseille-t-il aux producteurs. Selon lui, dans les zones où il ne pleut pas beaucoup, les agriculteurs doivent semer à bonne date et utiliser les variétés certifiées et de qualité à cycle court adaptées au changement climatique.   À Sikasso par exemple, les producteurs ont commencé les semis depuis le mois de mai. «Cette année avec le début précoce et l’intensité annoncée, il y a certaines cultures qui n’aiment pas assez d’eau. S’il y a des inondations et que la durée de l’eau atteint les 3 et 4 jours, les plants tels que le sorgho, le mil et le maïs qui ne supportent pas la stagnation d’eau, jaunissent et cela serait une perte de rendement», prévient Abdouramane Yoroté, Ingénieur agronome à l’Unité agro climatologie à l’IER, basé à Sotuba. M. Yoroté conseille aux paysans de ne pas cultiver dans des endroits comme les bas-fonds.  Le spécialiste demande aux producteurs d’être toujours à l’écoute de la météo pour suivre les prévisions et la progression de l’hivernage pour bien boucler le cycle des variétés utilisées dans les localités.  Selon Abdouramane Yoroté, les producteurs sont actuellement conscients des enjeux du changement climatique mais sont toujours réticents par rapport aux nouvelles pratiques d’utilisation des semences.  «Dans le cadre de nos enquêtes sur le changement climatique, nous avons remarqué que présentement en milieu rural, les paysans n’ont que les anciennes semences qui sont de nos jours inadaptées à la culture», fait-il savoir.  MS/MD (AMAP)

Le projet de loi électorale adopté au Conseil national de Transition

Bamako, 17 juin (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a adopté, ce vendredi, le projet de texte portant loi électorale par 115 voix pour, 3 contre et 0 abstention, lors de sa session d’avril en cours, a constaté l’AMAP. Le texte était défendu devant l’organe législatif transitoire par Mme Fatoumata Sékou Dicko, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et institutionnelles.  Le Plan d’action du gouvernement (PAG) prévoit parmi ses axes prioritaires, l’organisation d’élections générales dont la première action est la création de l’organe unique de gestion des élections. La mise en œuvre de cette action avait pour corollaire, la relecture de la loi électorale.  Le projet de loi électorale examiné par le CNT comprend 225 articles. La principale innovation du texte est la création de l’organe unique de gestion des élections appelé  Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE).  Après examen du projet de loi, la Commission des Lois constitutionnelles, de la Législation, de la Justice, des droits de l’Homme et des Institutions de la  République  a proposé 92 amendements au document déposé sur la table du CNT. Avec ces amendements adoptés par 111 voix pour, 3 contre et 0 abstention, l’AIGE a pour missions, l’organisation et la gestion de toutes les opérations référendaires et électorales. A ce titre, elle est chargée de la confection, de la gestion, de la mise à jour et de la conservation du fichier électoral, de la réception et de la transmission des dossiers de candidatures relatifs aux élections des députés à l’Assemblée nationale, des conseillers nationaux et des conseillers des collectivités territoriales, des opérations de dépouillement des bulletins de vote, de recensement des votes, de centralisation, de la proclamation, de la publication des résultats provisoires des scrutins par bureau de vote et de la transmission des procès-verbaux.  L’AIGE est, aussi, chargée de la gestion des observateurs nationaux et internationaux, de la formation électorale et de la coordination des activités y afférentes, de la publication et de la remise officielle de son rapport annuel d’activités, de l’acheminement des procès-verbaux des consultations référendaires, présidentielles et législatives, accompagnés des pièces qui doivent y être annexées à la Cour constitutionnelles, en rapport avec les représentants de l‘Etat. En outre, l’AIGE est chargée de la centralisation des résultats des consultations électorales communales, régionales, des cercles et du district de Bamako et la conservation des procès-verbaux, du suivi et de la supervision de la révision des listes électorales à l’occasion des opérations référendaires et des élections dans les conditions prévues par la présente loi.  Elle s’occupe, également, de la confection, de la personnalisation, de l’impression et de la remise des cartes d‘électeurs biométriques à l’occasion des opérations référendaires et des élections, du suivi de la campagne électorale, des opérations de délivrance des procurations de vote, du suivi du déroulement des opérations de vote, de l’élaboration de son budget annuel de fonctionnement et du budget des consultations référendaires et électorales, de la mise en place des cadres de concertation permanents avec l’administration, les partis politiques et la société civile. Elle participe, enfin, à l’élaboration de la législation afférente aux élections. Malgré l’opposition de la ministre Fatoumata Sékou Dicko qui a soutenu que le gouvernement ne se reconnait pas dans le texte, avec la plupart des amendements proposées, le projet de loi électoral a été adopté par les membres du CNT. DD/MD (AMAP) 

Sanké-Mô 2022 : Un rite pluri-centenaire sous le signe de la réconciliation nationale et de la paix 

Envoyé spécial Oumar DIAKITÉ San, 17 juin (AMAP)  Symbole de l’unité et de la solidarité de toute une région, la 622è édition de la pêche collective, Sanké-Mô, s’est tenue, jeudi, à San *dans le Centre du Mali. Le thème, cette année, de la traditionnelle pêche collective est : «Sanké-Mô : facteur de réconciliation nationale, de cohésion sociale et de paix». La pêche collective «Sanké-Mô» se tient depuis 622 ans. Ni les guerres ni les épidémies ni même la colonisation n’ont pu avoir raison de la volonté des habitants de la contrée d’organiser cet événement rituel. C’est pour saluer cette persévérance et cette ténacité que les autorités de la Transition ont voulu donner un cachet particulier, cette année, au Sanké-Mô, dont le parrain était le chef de l’État. Le colonel Assimi Goïta s’est fait représenter à San par le chef du gouvernement, accompagné du ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. Sur le site, la célébration rituelle a commencé par le sacrifice de deux coqs blancs et des offrandes aux esprits de l’eau qui habitent la mare Sanké. Ce rituel a été suivi de la prestation au bord de la mare de danseurs traditionnels coiffés de chapeaux ornés de cauris et de plumes. Soutenant que son déplacement à San n’était pas anodin, le Premier ministre a cité le président Assimi Goïta selon qui « aucune construction durable et stable de l’Etat ne peut se faire sans s’appuyer sur notre culture, nos traditions et valeurs de civilisation ». Pour le chef du gouvernement, cela traduit la volonté du président de la Transition et du gouvernement de mettre la culture au centre de la refondation de l’REtat malien. « C’est pourquoi, a-t-il expliqué, tous les événements culturels d’envergure sont d’une grande importance pour l’État malien ». «C’est la culture qui fait un peuple. Les populations de San peuvent être fières de ce qu’elles ont donné et de ce qu’elles donnent au peuple malien», a souligné le Premier ministre.  CULTURE LOCALE – Le Sanké Mô a été lancé par les autochtones de San, il y a plus de six siècles. Et c’est en 2009 que l’évènement a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Occasion pour Dr Choguel Kokalla Maïga de remercie r les ancêtres ayant initié cette cérémonie qui constitue, aujourd’hui, une référence pour l’humanité entière.  Le Sanké-Mô est, aussi, « une boussole vers l’enracinement de la souveraineté et de la dignité », a estimé le Premier ministre, ajoutant que « le gouvernement de la Transition n’a d’autre ambition que de restaurer la dignité, l’honneur, l’indépendance et  la souveraineté de l’État malien ». «Nous voulons qu’à la fin de cette Transition, tout Malien, de quelques bord et région qu’il soit, puisse dire, en âme et conscience, que ces hommes ont écrit avec nous une des pages les plus glorieuses de notre histoire», a soutenu Dr Choguel Kokalla Maïga.  Le rite Sanké-Mô marque traditionnellement le début de l’hivernage. C’est, aussi, une expression de la culture locale à travers l’art et l’artisanat, les connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau Il renforce les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de paix entre les communautés locales. Ce qui a incité le Premier ministre à solliciter la bénédiction des initiateurs. A cet effet, il a demandé aux anciens, aux légitimités traditionnelles et à l’ensemble de la population de San de prier pour une bonne pluviométrie au Mali, cette année. Moment privilégié de retrouvailles, l’édition de cette année a permis aux Sanois (habitants de la localite de San)  de fêter dans la communion. OD/MD (AMAP)

Recensement général de la population : Combien sont les Maliens ?

Par Oumar SANKARE Bamako, 16 juin (AMAP) Combien de Maliens sommes-nous au total, en réalité : 19, 20, 21 ou 22 millions ? Ces chiffres distillés ça et là sont des estimations qui varient selon les sources ou les méthodes de calculs utilisés. Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) est la seule opération de collecte qui fournit des informations exhaustives et fiables sur l’état et la dynamique de la population aux niveaux de l’ensemble du pays, des régions, des cercles, des communes et des villages/fractions/quartiers au Mali. Le dernier, qui remonte à 2009, estimait la population malienne à 14,5 millions d’habitants dont 50,4% de femmes et plus de 70% vivant en milieu rural, selon l’Institut national de la statistique (INSAT). Les travaux de terrain du cinquième Recensement général qui ont été lancés dans cette optique, depuis plusieurs mois, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, ont officiellement démarré mercredi 15 juin 2022, à travers tout le Mali, «préalablement découpé en zones de dénombrements». L’opinion nationale et internationale en a été informée la veille (mardi) par un message du Ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou.  « Durant les trois prochaines semaines, les agents recenseurs et les chefs d’équipes, qui sont chargés de collecter des informations sur les caractéristiques socioéconomiques, démographiques et culturelles de la population, passeront, à cet effet, dans nos familles respectives »,  annoncé le ministre en charge des opérations. Selon lui, au total 26.327 agents recenseurs, 4.504 chefs d’équipes et 866 contrôleurs TIC seront engagés sur le terrain auprès des ménages. «Ces équipes seront encadrées par les cadres et responsables de l’Institut national de la statistique, des autres structures du Système statistique national, des directions régionales et des services locaux de la planification, de la statistique et de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population», explique-t-il.  Aux populations (Maliens et ressortissants d’autres pays vivant sur le territoire national), ils demanderont des informations relatives à plusieurs aspects de la vie notamment l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat. « À l’effet de compter le nombre d’habitants, de mesurer la fertilité, la mortalité et les déplacements, de dégager des tendances démographiques et même de contribuer à détecter des inégalités en matière d’emploi, d’éducation et de richesse », comme l’explique le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) sur son site Internet, à propos du recensement.   AVENIR – L’agence directrice des Nations unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive rappelle que ces informations générées par les recensements de la population et de l’habitat (nombre d’habitants, répartition, conditions de vie et autres données clés) sont essentielles pour l’élaboration des politiques de développement. « Car, alerte-t-elle, en l’absence de données précises, les responsables politiques ne sont pas en mesure de déterminer les infrastructures nécessitant des investissements (écoles, hôpitaux, routes) et les populations les plus démunies ne sont pas répertoriées ».  Donc de la réussite de cette opération, dépend le devenir du Mali et l’avenir de ses enfants. Le ministre en charge de l’Économie a, à cet égard, sollicité «l’engagement des chefs de quartier dans nos villes et les chefs de village et de fraction, en vue d’une meilleure orientation des agents recenseurs déployés dans leurs localités ; le dévouement des autorités administratives et municipales (gouverneurs, préfets, sous-préfet, maires), pour la coordination des opérations dans leurs circonscriptions ; l’accompagnement habituel des Forces de défense et de sécurité en vue de la protection et de la sécurisation de cette opération». En réponse à cette sollicitation, le gouverneur du District de Bamako, la capitale malienne, Abdoulaye Coulibaly a procédé au lancement du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat pour le District. C’était mercredi chez le chef de quartier de Ouolofobougou, Bourama Ciré Fadiga, en présence du directeur national adjoint de l’INSAT, Dr Issa Bouaré. Il a été organisé par l’INSAT en collaboration avec la direction régionale de la planification, de la statistique, de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population du District de Bamako.  Prenant la parole, le gouverneur du District de Bamako a levé toute équivoque. «Ce recensement a un but purement statistique et vise à contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays et de sa dynamique en vue d’une meilleure prise en compte des variables démographiques dans les programmes et stratégies de développement pour la fourniture des données socio-démographiques pertinentes, fiables et à jour», a précisé Abdoulaye Coulibaly.  La maire de la Commune III a exprimé sa satisfaction d’avoir participé à cette activité combien importante pour le Mali. «La population est galopante. Les quartiers s’agrandissent de jour en jour, avec toujours de nouveaux venus en ville. Nous avons donc, régulièrement, besoin d’éléments statistiques pour savoir où aller et prévoir le développement de la Commune et la construction du pays», a souligné Mme Djiré Mariame Diallo.  Tous les intervenants ont invité les populations à coopérer avec les agents de recensement. Ils ont exhorté les responsables administratifs, élus locaux, acteurs de la société civile, femmes, hommes et jeunes à contribuer à la réussite de cette opération dont les résultats «nous serviront ainsi que les générations futures».   OS/MD (AMAP)

Les USA disposés à aider le Mali pour la libération de deux de leurs ressortissants (Envoyé spécial US chargé des questions d’otages)

Bamako, 15 juin (AMAP) Roger Carstens, Envoyé spécial du président américain, Joe Biden, pour les questions d’otages a exprimé, mardi, à Bamako, au chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, la disponibilité des Etats-Unis d’Amérique à aider le Mali pour la libération de deux de leurs ressortissants retenus en otage par des terroristes.  M. Carstens, qui était accompagné par l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali, Dennis B. Hankins, à sa sortie d’une audience au palais de Koulouba accordée par le président de la Transition, a exprimé sa satisfaction d’être reçu par le colonel Assimi Goïta pour parler, non seulement des deux otages américains mais, aussi, de ceux d’autres nationalités aux mains des terroristes au Mali.  « Nous avons compris que le président de la Transition est prêt à aider toutes les nationalités concernant la problématique des otages », a fait noter l’Envoyé spécial du président américain. Il a révélé que le chef de l’Etat était très favorable au renforcement de la coopération avec les Etats-Unis d’Amérique pour la libération des otages. Le diplomate américain a, également, souligné que la question des otages est un sujet assez important pour le président Joe Biden. Et d’ajouter : « nous devons remercier les efforts du gouvernement malien en ce qui concerne nos otages ». OD/MD (AMAP)