L’Armée malienne repousse une attaque terroriste à Kati, près de Bamako (Communiqué)
Bamako, 22 juil (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont vigoureusement repoussé, très tôt vendredi 22 juillet 2022, une attaque terroriste contre la caserne de Kati, près de Bamako, a indiqué l’Armée dans un communiqué. Le bilan provisoire est de 02 assaillants neutralisés précise le communiqué qui ajoute que l’attaque s’est déroulée aux environs de 05 heures du matin avec 02 véhicules piégés remplis d’explosifs. La situation est sous contrôle et le ratissage est en cours pour débusquer les auteurs et leurs complices. « Le chef d’état-major général des Armées rassure les populations » et les invite « à vaquer à leurs occupations habituelles. » BD/MD (AMAP)
Mali : Une attaque terroriste à Kolokani (Ouest) fait trois morts et des blessés (bilan provisoire)
Bamako, 21 juil (AMAP) La Brigade de la gendarmerie et le camp de la Force spéciale antiterroriste (FORSAT) de Kolokani (Ouest), à 124 km de Bamako, dans la Région de Koulikoro, ont été attaqués jeudi très tôt par des individus armés non identifiés, faisant trois morts et deux blessés, d’après un bilan provisoire. Cette attaque terroriste a été menée par des assaillants lourdement armés venus à bord de plusieurs véhicules, selon des témoins. « Effectivement, le détachement de la FORSAT basé à Kolokani depuis plusieurs mois a été attaqué tôt ce matin aux environs de 05 heures par des hommes armés non identifiés. L’attaque a duré près de deux heures et le bilan provisoire est lourd », a confirmé Cheick Diarra, une notabilité de la localité. Il a précisé que trois éléments de la FORSAT ont été tués. « Deux durant les échanges de tirs et le troisième, qui était gravement blessé, a succombé après l’attaque », a-t-il déclaré, ajoutant que deux gendarmes de la Brigade territoriale (BT) de la Gendarmerie de Kolokani, « qui montaient la garde de nuit devant les locaux de la Brigade ont été blessées dans l’attaque ». La BT de la gendarmerie de Kolokani et le campement qui abrite le détachement de la FORSAT sont contigus. Selon la même source, du matériel a été saccagé et incendié. Le véhicule de liaison de la gendarmerie a été emporté par les assaillants, le véhicule du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Kolokani, stationné dans la cour de la gendarmerie, a été incendié. Des renforts appuyés par un hélicoptère de l’armée de l’air sont arrivés sur les lieux mais ont trouvé que les assaillants ont disparu. Une course poursuite a été engagée contre les agresseurs. SS/MD (AMAP)
Mali-CEDEAO : Le mécanisme conjoint de suivi du chronogramme se met en marche aujourd’hui
Bamako, 21 juil (AMAP) Les travaux du mécanisme conjoint de suivi du chronogramme de la Transition seront lancés ce jeud, a Bamako, en présence de Goodluck Jonathan, le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le Mali arrivé mercredi dans la capitale malienne. Le médiateur ouest africain a eu un briefing avec le Comité local de suivi de la Transition au Mali avant de rencontrer le corps diplomatique. Après le lancement officiel des travaux du mécanisme conjoint de suivi du chronogramme de la Transition, il participera à la rencontre du cadre de concertation entre le gouvernement et les partis politiques. Goodluck Jonathan rencontrera, de nouveau, le comité local de suivi de la Transition avant d’être reçu, vendredi, par le chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta. Cette visite de l’ancien président nigérian intervient à un moment où le Mali a realisé des avancées notables dans le processus de Transition et de retour à l’ordre constitutionnel. Lors de leurs sommets du 9 janvier dernier, la CEDEAO et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont décidé d’imposer des sanctions économiques et financières au Mali. Les chefs d’Etat ouest-africains ont maintenu ces mesures lors de leurs sommets suivants, du 25 mars et du 4 juin. C’est finalement au cours de celui du 3 juillet qu’ils ont décidé de la levée de ces sanctions vu les avancées par le Mali et la volonté affichée de ses autorités de Transition de conduire le pays vers à un ordre constitutionnel normal. Le Mali s’est déjà doté d’une nouvelle loi électorale adoptée par le Conseil national de Transition (CNT) le 17 juin et promulguée par le chef de l’Etat le 24 du même mois. Le 4 juillet, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a signé un décret fixant la durée de la Transition à 24 mois à compter du 26 mars 2022. Après ce décret présidentiel, le 28 juin, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga, a présidé une réunion du Cadre de concertation national. Lors de cette rencontre, les échanges avec la classe politique, la société civile et l’ensemble des forces vives de la Nation ont porté sur le chronogramme des différents scrutins ainsi que celui des réformes politiques et institutionnelles de la Transition. La classe politique malienne, dans son ensemble, a salué cette démarche d’inclusivité entreprise par les autorités de la Transition. Lors du sommet du 3 juillet, le médiateur de la CEDEAO, Goodluck Jonathan, a fait le point de ces évolutions Les chefs d’Etat de la sous-région ont pris note de la promulgation d’une nouvelle loi électoral mettant en place, entre autres, un organe unique de gestion des élections. Mais, également, du calendrier de la Transition soumis par les autorités maliennes avec un chronogramme qui détaille les différentes étapes des élections et du rétablissement d’un régime civil, notamment la réforme constitutionnelle. Sur cette base, les dirigeants ouest-africains, lors des sommets précédents, ont décidé de la levée des sanctions économiques et financières contre le Mali. DD/MD (AMAP)
Le porte-parole de la Mission onusienne au Mali persona non grata
Bamako, 20 juil (AMAP) Le porte-parole de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Olivier Salgado, a 72 heures pour quitter le territoire national, a annoncé le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui a notifié sa décision à la représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies au Mali, Daniela Kroslak. « Cette mesure fait suite à la série de publications tendancieuses et inacceptables de l’intéressé sur le réseau social tweeter déclarant, sans aucune preuve, que les autorités maliennes auraient été préalablement informées de l’arrivée des 49 militaires ivoiriens par vol civil, à l’aéroport international président Modibo Keïta, le dimanche 10 juillet 2022 », précise un communiqué du ministère de Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Dans son communiqué, le département en charge des Affaires étrangères indique que la responsable des Nations unies a été reçue, ce mercredi 2020 juillet 2022, par le ministre Abdoulaye Diop. . Le communiqué relève qu’ « une demande officielle a été adressée au porte-parole de la MINUSMA, à travers sa hiérarchie, depuis le 12 juillet 2022, de fournir la preuve des affirmations contenues dans son tweet ou, au cas contraire, de porter la rectification nécessaire, dans la même forme ». La requête est « restée sans suite », selon la diplomatie malienne. « Le ministère ne saurait passer sous silence ces agissements qui portent atteinte au partenariat avec la Minusma et d’autres partenaires », souligne le communiqué des Affaires étrangères, avant de réitérer sa « disponibilité constante à maintenir le dialogue et à poursuivre la coopération avec l’ensemble de ses partenaires internationaux, y compris la MINUSMA dans un esprit de solidarité, de complémentarité et de respect mutuel ». MT/MD (AMAP)
La Banque mondiale a levé la suspension des décaissements pour les projets du Mali (Ministère de l’Économie et des Finances).
Bamako,19 juil (AMAP) Le groupe de la Banque mondiale a levé la suspension des décaissements pour les projets et programmes qu’il finance au Mali, a annoncé le ministère de l’Économie et des Finances, citant une correspondance du vice-président de la Région Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque, Ousmane Diagana. « […] Nous avons le plaisir de vous informer que la Banque mondiale a reçu tous les paiements en retard mentionnés dans l’avis de suspension et tous les autres paiements dus par le Pays membre et l’Emprunteur et échus depuis la date de suspension mentionnée dans ledit avis. Le Pays Membre et l’Emprunteur sont donc à jour de tous les paiements qu’ils doivent à la Banque au titre des prêts suspendus », a annoncé M. Diagana, dans cette correspondance datée du 18 juillet 2022 et adressée au ministre malien de l’Économie et des Finances, Alouséni Sanou. « Par conséquent, la suspension des retraits au titre des prêts suspendus a été levée à compter du 18 juillet 2022 » a précisé le vice-président de la Banque mondiale dans sa correspondance, à la suite du paiement par le Mali « de ses échéances dus à la Banque mondiale dès la levée des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA ». « Cette diligence du ministère de l’Economie et des Finances permettra ainsi, dans les plus brefs délais, le déblocage des paiements en souffrance des entreprises concernés et, également, la relance immédiate des activités desdits projets et programmes », ajoute le département en charge de l’Economie et des Finances. MD (AMAP)
Ecole militaire interarmes (EMIA) : Les 68 officiers de la 44è promotion prêts à servir
Envoyés spéciaux Bembablin DOUMBIA Habib KOUYATE Bamako, 18 juil (AMAP) La 44è promotion de l’Ecole militaire interarmes (EMIA), qui compte 68 officiers dont 56 nationaux et 12 étrangers, est sortie vendredi dernier, lors d’une cérémonie à la place d’armes du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, près de Bamako. Sur les 56 officiers maliens, 8 sont des personnels féminins. Au terme de deux années d’intense formation, ces stagiaires ont acquis les savoirs de base nécessaires et indispensables pour servir dans les forces armées et de sécurité, comme leaders de contact. Ils ont, également, atteint un niveau opérationnel «satisfaisant» pour se hisser à hauteur de mission afin de commander une section d’infanterie motorisée en temps de paix, de conflit ou de crise. La 44è promotion de l’EMIA porte le nom de « l’équipage du Super Tucano TZ04C ». Il s’agit du commandant Moussa Maïga et du lieutenant Mamadou Boubacar Traoré décédés suite au crash de l’avion de chasse Super Tucano TZ04C, survenu le 07 avril 2020 à Sévaré (Centre). Alors qu’ils revenaient d’une mission commandée dans la zone de Tombouctou (Nord). Selon le commandant de l’EMIA, le colonel Joachim Famagan Cissoko, en choisissant comme parrains les membres de l’équipage du Super Tucano TZ04C, le président de la Transition « vient, une fois de plus, d’illustrer son engagement à galvaniser les troupes pour le sacrifice ultime ». NOUVELLE POSTURE – Le major de la 44è promotion de la prestigieuse école est le Malien. le sous-lieutenant Alhousseini Maïga, avec une moyenne de 17,22/20. La cérémonie a été marquée par la remise des sabres et des épaulettes aux stagiaires. Ces derniers ont, également, prêté serment devant le drapeau national et le chef suprême des Armées, notamment de servir la patrie avec loyauté, dévouement et honneur. Pour le chef d’état-major général des Armées, le général de division Oumar Diarra, l’évolution de la situation socio-politique et sécuritaire exige des Forces armées maliennes (FAMa) « d’adopter une nouvelle posture qui leur permettra de couvrir l’ensemble du territoire national et de sécuriser les différentes élections à venir ». « C’est dans cet esprit que j’ai décidé de fixer un cap renouvelé aux armées et services tout en réaffirmant, avec force, les principes qui garantissent leur efficacité», a déclaré le général Diarra. Ajoutant que les états-majors et directions de services ont reçu un nouveau contrat opérationnel pour parvenir à ce résultat. L’officier général a, en outre, réitéré l’engagement des forces armées et de sécurité à poursuivre les efforts en cours afin d’apporter la paix et la sécurité au peuple malien. Mais aussi à tous «ceux qui vivent parmi nous sur l’ensemble du territoire national, même au prix de leurs vies s’il le faut» Au terme de la cérémonie, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a, devant la presse, félicité les stagiaires pour avoir accompli cette formation initiale dont l’objectif principal est « de les préparer à l’exercice du commandement, conformément à la réalité du terrain ». D’après le colonel Assimi Goïta, aujourd’hui, le terrain est dominé par les opérations offensives terrestres et aériennes contre les groupes terroristes. « Donc, a-t-il poursuivi, ces officiers fraichement sortis de l’école auront l’opportunité de mettre en pratique leurs savoir-faire tactique et technique pour la réussite de leur mission ». Aussi, le chef de l’Etat a-t-il invité les stagiaires « à rester fidèles à leur serment d’officier. Mais, aussi, d’être à l’écoute des conseils des «aînés» et d’avoir le souci constant des «subordonnés» qui seront désormais le fer de lance de toutes les opérations qu’ils auront à mener sur le théâtre des opérations. Le chef suprême des Armées a, également, rendu un vibrant hommage aux deux parrains de la promotion. Avant de demander aux promus de défendre toutes les valeurs qui ont marqué la vie de ces derniers, notamment la loyauté, le dévouement et le sacrifice suprême. En souvenir de la bravoure et du professionnalisme des deux aviateurs militaires disparus, un Super Tucano a survolé la place d’armes de l’Emia de Koulikoro pendant la cérémonie de sortie. L’évènement a été présidé par le président de la Transition, chef suprême des Armées, le colonel Assailli Goïta, en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition, le colonel Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement. On notait également la présence de la hiérarchie militaire, des membres du corps diplomatique accrédité au Mali, des parents et proches des officiers stagiaires. BD/MD (AMAP)
Exploitation pétrolière ou gazière : Le gouvernement du Mali opte pour le partage de production
Bamako, 15 juin (AMAP) Le gouvernement du Mali n’acceptera plus de contrat de concession mais plutôt celui de partage de production en cas d’éventuelles exploitations pétrolière, gazière ou d’hydrogène dans son sous-sol, a appris l’AMAP, jeudi, à Bamako. Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’Etat, selon cette décision validée par un Conseil de cabinet tenu à la Primature et qui a porté sur des dossiers de recherche et d’exploitation pétrolière, gazière ou d’hydrogène, présentés par le ministre des Mines, de l’énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, s. Au sortir du Conseil, le chef du département s’est montré satisfait « en attendant l’exploitation pétrolière ou gazière au Mali ». Depuis l’éclatement de la crise en 2012, Le Mali n’a signé aucun contrat de recherche. Pis, toutes les sociétés étrangères se sont retirées, en invoquant un cas de force majeure. En 2015, il y a eu une réforme de la loi pétrolière mais qui n’a pas suffi à attirer les investisseurs. De cette date à nos jours, aucun contrat de recherche pétrolière ou gazière n’a été signé au Mali. En tenant compte de cette situation et dans la perspective de relancer le secteur pétrolier, selon le ministre Traoré, « le gouvernement de Transition, à la suite de la rectification, a procédé à la relecture de la loi pétrolière ». Ce qui a abouti à modifier la loi pétrolière pour adapter son décret d’application et le contrat type de partage adopté en juin 2022. Cette réforme a commencé à porter ses fruits. « Parce que nous avons eu déjà trois manifestations d’intérêts de trois sociétés, toutes maliennes. Cela est un bonheur, car les retombées seront essentiellement maliennes, après la découverte des richesses», s’est réjoui le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau. « Il s’agissait pour nous, a-t-il précisé, d’examiner et de faire en sorte que le contrat type de partage qui va être signé avec ces sociétés puisse permettre d’apporter de meilleures retombées possibles au pays. En cas de découverte de pétrole, de gaz ou d’hydrogène et lorsque l’exploitation va commencer ». Autrement dit, le gouvernement a opté pour le contrat de partage de productions, conformément au décret type déjà validé en Conseil des ministres, qui accorde des facilités pour la recherche. « Mais, aussi, qui assure à notre pays les meilleures retombées en cas de découverte du pétrole ou lorsque l’exploitation va commencer », a poursuivi le ministre. Lamine Seydou Traoré a expliqué que le Mali a prévu deux options pour ce faire. La première consiste à faire payer les sociétés une redevance sur leur chiffre d’affaires dès l’exploitation du pétrole, du gaz ou de l’hydrogène. «Le plafond exigé par la loi est de 15%», a-t-il précisé. Déjà, le gouvernement est parvenu à faire accepter à tous les investisseurs que cela soit le taux plafond applicable. « En plus de cela, a ajouté le ministre Traoré, l’Etat a décidé de ne plus évoluer dans le contrat de concession mais plutôt celui de partage de production. «Le taux de partage va de 20 à 40% pour l’état», a révélé Lamine Seydou Traoré. OD/MD (AMAP)
Trafic ferroviaire : Le chemin de fer entre Bamako et Kayes reprend vie
Par Oumar SANKARE Bamako, 14 juin (AMAP) Mercredi 13 juillet 2002, le soleil se lève doucement sur la gare ferroviaire de Bamako, la capitale malienne. C’est le grand jour pour les cheminots et l’ensemble des travailleurs des chemins de fer. Les préparatifs de la reprise du trafic ferroviaire arrivent, enfin, à une phase cruciale. La Société de patrimoine ferroviaire du Mali (SOPAFER) procède à « l’essai blanc » du train de transport-voyageurs entre Bamako et Kayes (Ouest). Le rêve est en passe de devenir réalité pour les travailleurs des chemins de fer, sans activité depuis belle lurette pour cause d’arrêt du trafic ferroviaire. On peut aisément imaginer le soulagement des populations et localités riveraines du chemin de fer et les travailleurs de la SOPAFER. L’événement ne passe pas inaperçu dans la capitale. Curieux, automobilistes et piétons sont alertés par le train qui se remet à siffler. Il faut dire que les Bamakois avaient perdu l’habitude d’entendre le sifflement des trains. Alors que la foule de curieux grossit, les cheminots s’affairent pour le lancement de « l’essai blanc ». Pour l’occasion, du beau monde est réuni à la gare ferroviaire de Bamako. De la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, au directeur général de la SOPAFER, Ibrahim Maïga, en passant par plusieurs autres responsables des chemins de fer. Makan Sissoko est électricien à bord du train. Sourire aux lèvres, il discute des derniers réglages avec d’autres agents, mécaniciens, maintenanciers, tous vêtus d’un uniforme bleu (chemise et pantalon). « Le train est à l’arrêt depuis 2018 et c’est avec un grand plaisir que nous reprenons le travail aujourd’hui », dit-il. Et d’ajouter que ce sont des emplois qui sont créés avec le redémarrage du train, en plus des recrutements et des formations à venir. « Le train a été remis sur pied grâce à l’expertise malienne, rien n’est venu de l’extérieur », se félicite notre interlocuteur. Quant à Moussa Keita Yao, coordinateur des syndicats et associations des cheminots, il se dit satisfait des démarches entreprises par les autorités. « Après tant de détresse, nous sommes rentrés en possession de tous nos arriérés de salaire et un convoi de locomotive est mise en ligne même si c’est une phase d’essai », se réjouit-il. NOUVELLES LOCOMOTIVES – Plusieurs activités ont déjà été réalisées pour la mise en marche du train. Il s’agit de la réhabilitation de 19 gares, de Bamako à Kayes, la réhabilitation des ateliers centraux de Korofina (dans la capitale malienne) et de Kayes, l’acquisition partielle d’équipements mécaniques et outillages pour les travaux de la voie, les travaux de traitement des points critiques de la voie entre Bamako et Kayes, la pose des traverses en bois sur les ouvrages d’art, de Bamako à Diboli (frontière avec le Sénégal) et les travaux de confortement des ponts de Galougo, Mahina et Toukoto. Prenant la parole, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a expliqué que les essais en blanc au cours des semaines à venir avec les deux locomotives CC2205 et CC2207, réhabilitées par les techniciens maliens, « permettront de relever, entre autres, les anomalies sur le matériel roulant et sur la voie ferrée ». Après la relance du trafic ferroviaire, suivra l’exploitation commerciale avec des sources de financement déjà identifiées. Mme Dembélé Madina Sissoko a ajouté : « En plus d’une voie métrique, nous disposerons d’une voie standard, entre Bamako et Kayes ainsi que l’acquisition de 3 locomotives avec la société russe STM ». A cet effet, le gouvernement a signé un mémorandum d’entente avec la société russe STM pour réhabiliter d’autres locomotives se trouvant dans les ateliers centraux de Korofina. Les partenaires russes, qui sont attendus à Bamako dans les jours à venir, vont aider à réaliser l’étude de migration de la voie métrique vers la voie standard. Concernant, l’aspect économique des chemins de fer, la ministre des Transports et des Infrastructures a dit : « ce sont des villes entières qui revivront grâce au train. Egalement, le Mali étant un pays enclavé, ceci est une aubaine pour le transport des marchandises ». Aspect très important de la reprise du trafic ferroviaire : toutes les activités sont financées par le budget national. A cet égard, la ministre a salué l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour la réalisation de la relance du trafic ferroviaire. Elle a indiqué que c’est grâce à l’engagement des plus hautes autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. Pour ce voyage d’essai, le train sera conduit par Mme Gouaillé Alima Coura Mariko, conductrice depuis 14 ans sur la ligne Bamako-Kayes. Elle sera assistée par d’autres cheminots qui font le voyage comme passagers. C’est la locomotive CC-2207, avec 7 voitures-voyageurs, qui a pris le départ hier à 8h45 à la gare ferroviaire de Bamako à destination de Kayes. Le retour est prévu à Bamako aujourd’hui, jeudi. OK/MD (AMAP)
Nouvelle Constitution : La Commission de rédaction installée
Bamako, 13 juin (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a installé, mardi, la Commission de rédaction de l’avant-projet de la nouvelle Constitution du Mali, lors d’une cérémonie dans la salle des banquets du palais de Koulouba, en présence, outre des membres de ladite Commission, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, des membres du gouvernement et des présidents des Institutions de la République. Composé de vingt-cinq membres dont un président et deux rapporteurs, avec une diversité de profils, la Commission aura la charge de maintenir l’inclusivité dans la démarche à adopter pour la rédaction de l’avant-projet de Constitution. « C’est un insigne honneur pour nous d’avoir été choisi pour œuvrer à l’élaboration d’un acte majeur dans le processus de refondation de l’Etat engagé par les autorités de la Transition », s’est réjoui le président de la Commission, le Pr Fousseyni Samaké. Selon le président de la Commission, la décision d’établir une nouvelle Constitution est un facteur important de la volonté politique de faire prendre à notre pays un nouveau départ. Et d’ajouter que l’un des principaux défis lancés aux constituants demeure de faire aller ensemble, dans la Constitution, les valeurs spécifiques à la version malienne et aux exigences de la gouvernance à tout Etat moderne. A cet effet, il apprécié la diversité de profils des membres de la Commission « porteuse de richesses dans les approches en termes de rédaction de l’avant-projet de Constitution. » Le Pr Fousseyni Samaké a, par ailleurs, assuré de l’engagement total des membres de la Commission de procéder à une large consultation des forces vives de la nation, à tout mettre en œuvre pour accomplir la noble mission de haute portée pour notre pays. Auparavant, il avait donné quelques explications concernant la Constitution. Pour lui, la Constitution se présente comme la fondation de l’Etat compatible à notre système. Elle se trouve au sommet de l’ordre juridique. Les règles qu’elle fixe doivent être respectées par les normes et par tout autre acte juridique. Appelée loi fondamentale, loi suprême ou l’ordre suprême, la Constitution, selon le Pr Samaké, est la réponse première pour appréhender l’Etat, définir les droits et obligations des citoyens, le statut des pouvoirs publics chargé de la gestion de l’Etat, les grands principes que doit régir l’organisation du territoire. Le spécialiste de droit public ajoutera que pour certains, c’est la Constitution qui définit l’identité de l’Etat. Alors que l’Etat lui-même est l’organisation politique et juridique de la société à l’intérieur d’un territoire donné. Il en résulte que la Constitution est en prise directe sur la société. Et l’une de ses positions principales, a expliqué le Pr Samaké, est d’énoncer des principes sur lesquelles se constitue le vivre ensemble. Dans ces conditions, il apparait essentiel que la Constitution reflète les valeurs et les attentes de la société tout en ne perdant pas de vue que l’Etat et la société vivent aujourd’hui dans un monde globalisé. LOGIQUE DES ANR – Le colonel Assimi Goïta a rappelé que le processus s’inscrit dans la logique des Assises nationales de la refondation (ANR) qui ont décidé, conformément à la volonté du peuple souverain, de procéder à l’élaboration de la nouvelle Constitution. Ce, après le constat des dysfonctionnements dans la pratique institutionnelle qui se sont soldés par des ruptures de l’ordre constitutionnel. Pour le chef de l’Etat, « en raison de la détermination du peuple malien à dénoncer la mauvaise gouvernance et l’injustice sociale, les institutions démocratiques ne devaient aucunement servir d’alibi pour maintenir prisonnière la couche essentielle de la population. Au sein de laquelle est vivement ressenti le besoin d’une nouvelle constitution, gage d’un lendemain meilleur et source d’apaisement socio-politique de la République ». « La Constitution étant le fondement de l’Etat, de la source de la légalité et de la légitimité des Institutions politiques, selon le président Goïta, celle-ci doit être l’affaire du peuple tout entier qui sera appelé, en définitive, à prendre sa décision souveraine au cours d’un référendum. ». « C’est pour donner corps à cet important projet que j’ai décidé de créer une Commission de rédaction de l’avant-projet de la Constitution dont les membres ont été choisis selon des critères de compétence, d’engagement patriotique, et d’impartialité », a-t-il assuré. Le chef de l’Etat a noté que la diversité de la composition de l’équipe et de ses expertises constituent des atouts qui assureront la réussite de la mission, « car, l’élaboration d’une nouvelle Constitution dans le contexte de la refondation de l’Etat ne doit pas être considérée comme une affaire des seuls ministres. » « C’est pourquoi le choix a été fait de mettre en place une équipe pluridisciplinaire », a expliqué le colonel Assimi Goïta. Ajoutant qu’il s’agit d’un projet de portée nationale qui touche aux intérêts de toutes les couches socioprofessionnelles et conditionne la vie publique. Selon les consignes du président de la Transition, le projet doit faire appel aussi bien aux devoirs, à l’histoire qu’à nos valeurs sociétales qu’aux principes humanistes et de justice. Sans oublier les préoccupations de développement économique, entre autres. Il s’agit, techniquement, des aspirations profondes de notre peuple relativement aux systèmes de gouvernance qui répondent à ses intérêts fondamentaux. « La Commission doit être à l’écoute des différentes couches socio-professionnelles et des différentes sensibilités politiques et de groupement en adoptant une démarche participative pour aboutir à des attentes du peuple », a soutenu le chef de l’Etat. Avant de le mettre à la tâche, le président de la Transition a remis une lettre de mission au président de la Commission. OD/MD AMAP)
Levée de l’embargo de laCEDEAO : La vie d’après à Kayes, dans l’Ouest du Mali
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 11 juin (AMAP) La grande partie des importations du Mali transite par le Port de Dakar et passe par Kayes (Ouest). La réouverture des frontières est une bouffée d’oxygène pour les populations de la Cité des rail, très soulagées par la levée des sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans la banlieue de Kayes, se trouve le poste de sécurité de Alahina. En ce mercredi 6 juillet, on observe une grande file de gros porteurs en provenance de Dakar, capitale du Sénégal. Chacun attend son tour pour remplir les formalités de douane et de police. C’est le même scénario entre la direction régionale de la douane, où se trouve le scanner, et le village de Kamankolé. Sur cet axe Kayes-Dakar, notre équipe de reportage a croisé quelques camions-remorques et autres véhicules venant de la frontière sénégalaise. Arrivé poste de sécurité de Alahina, notre équipe de reportage constate que les différentes forces de sécurité et structures intervenant dans le transport routier sont à pied d’œuvre. Un agent de la sécurité s’active pour rendre la circulation fluide à l’entrée du village. Non loin de lui, un jeune soulève la barrière aux couleurs rouge et blanche afin de d’ouvrir la voie aux véhicules. Avant d’atteindre le bâtiment abritant les postes de contrôles, on aperçoit à droite un groupe de chauffeurs, d’apprenti-chauffeurs et de syndicalistes en train de discuter à l’ombre d’un arbre. Parmi eux, Mahamadou Kéïta, membre du syndicat des transporteurs routiers de Kayes. «Nous sommes très contents de la levée de l’embargo. Les chauffeurs, de même que les propriétaires de véhicules, souffraient beaucoup des sanctions de la CEDEAO. Certains avaient même cessé de travailler. Le prix du carburant a augmenté. Les passagers, aussi, n’avaient pas suffisamment d’argent pour faire face aux tracasseries à la frontière et d’autres postes de contrôle», soutient Mahamadou Kéïta. Il demande au gouvernement de subventionner encore plus les prix du carburant (essence, gaz-oil) pour alléger les souffrances des usagers de la route. Selon lui, le prix de 5 litres de ce carburant oscille entre 25.000 et 30.000 Fcfa contre 15.000 auparavant. VIE CHÈRE – Selon ce syndicaliste, la vente de billets pour le trajet Kayes-Dakar avait cessé. Mais, la navette était assurée par les taxis et véhicules de 7 places qui débarquaient les passagers à Diboli, frontière Mali-Sénégal. Ils devaient traverser le pont à pied ou emprunter les pirogues pour rallier la ville sénégalaise de Kidira qui se trouve sur la rive gauche du fleuve Falémé. Mais, ce calvaire a pris fin avec la levée des sanctions qui a été décidée le dimanche 3 juin 2022 à Accra (Ghana) lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. Ces sanctions avaient été prises dans la capitale du ghanéenne, en janvier dernier, pour contraindre le Mali à revenir à une vie constitutionnelle normale. «Les bus et autres véhicules de transport en commun ont repris le trafic le mardi 5 juillet 2022. Le 1er car wolof (véhicule sénégalais) est arrivé hier (mardi) nuit », annonce ce syndicaliste. «L’embargo a rendu la vie chère. L’Etat doit penser aux populations, notamment les chauffeurs dont la situation est précaire», souligne Mahadi Konaté, un autre membre du syndicat. Le chauffeur de taxi, Mamadou Diarra, félicite les autorités de la Transition dont les efforts ont permis de réduire les tracasseries sur l’axe. Il se plaint du fait que chaque passager paye 3.000 Fcfa si sa carte d’identité est périmée alors que la contravention est, selon lui, estimée à 500 Fcfa et 1.000 Fcfa si l’intéressé perd sa pièce d’identité. Au niveau de Diboli, il affirme que les Maliens, tout comme les étrangers, payent 10.000 Fcfa. Dans la matinée de ce mercredi vers 10 heures, le mouvement est timide sur l’axe Dakar-Kayes-Bamako, précisément au niveau du poste de surveillance située dans la Commune rurale de Khouloum. Mais la situation ne tardera pas à changer. «La levée de l’embargo nous a beaucoup plu. Nous dépendons du Sénégal. A cause des sanctions, le prix de la tonne de ciment sénégalais a atteint 120.000 Fcfa et celui d’une tonne de ciment local à 92.500 Fcfa. Je pouvais attendre deux mois pour avoir mes marchandises», affirme Ibrahim Ilo Sissoko, commerçant-détaillant, au carrefour des logements sociaux de Kayes, qui abritait l’ancien poste. BMS/MD (AMAP)

