Communiqué du Conseil des ministres du mercredi, 31 août 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 31 août 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant allocation des primes et indemnités aux membres du Comité Indépendant de Suivi-Evaluation de la Mise en Œuvre des Recommandations des Assises nationales de la Refondation et à leurs collaborateurs. Le Comité Indépendant de suivi-Evaluation de la Mise en Œuvre des Recommandations des Assises nationales de la Refondation a été créé par le Décret n°2022-0242/PT-RM du 20 avril 2022. Il a pour mission de mesurer et d’apprécier l’exécution et les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations des Assises nationales de la Refondation. Le projet de décret est adopté pour compenser les sujétions auxquelles les membres du Comité et leurs collaborateurs font face dans le cadre de l’exécution de cette mission. 2. Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création et au cadre organique des Services régionaux et subrégionaux de l’Administration des Biens de l’État. La Direction générale de l’administration des Biens de l’Etat a pour mission l’élaboration et la mise en œuvre des éléments de la politique de l’Etat en matière de gestion du patrimoine bâti et du patrimoine mobilier corporel et incorporel de l’Etat. Dans son fonctionnement, la Direction Générale de l’Administration des Biens de l’Etat est confrontée à des difficultés dans l’exécution de ses missions au niveau régional et subrégional liées à l’absence de services régionaux et subrégionaux propres. La mise en œuvre et le suivi des activités de cette Direction au niveau régional et local sont assurés par les Services régionaux et subrégionaux des Domaines et du Cadastre. L’ampleur de la gestion des affaires domaniales, foncières et cadastrales et l’insuffisance des ressources humaines ont conduit ces services à s’occuper dans une moindre mesure des missions de la Direction Générale de l’Administration des Biens de l’Etat. Pour pallier ces insuffisances, les projets de texte adoptés créent les services régionaux et subrégionaux de l’Administration des Biens de l’Etat et les dotent, pour les cinq prochaines années, en personnel nécessaire à l’exécution de leurs missions. La création desdits services permettra d’assurer une meilleure coordination des activités menées dans le cadre de la gestion et du suivi du patrimoine de l’Etat au niveau régional et subrégional. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Sur le rapport du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication relative à l’organisation de la Semaine nationale de la Réconciliation. Notre pays traverse, depuis 2012, une crise multidimensionnelle qui a affecté le tissu social et bouleversé la cohabitation pacifique. Nos valeurs cardinales comme le cousinage à plaisanterie, le dialogue, le pardon mutuel et le vivre ensemble cèdent peu à peu la place à la méfiance, au mépris et même à la violence. Pour faire face à cette situation, plusieurs fora, assises et rencontres inter et intra-communautaires ont été organisés par le Ministère en charge des questions de réconciliation. La loi d’entente nationale, pour renforcer la réconciliation et le pardon entre les maliens, prévoit également l’organisation de la Semaine nationale de la Réconciliation. L’organisation de cette Semaine, qui a été également recommandée par les Assises nationales de la Refondation, vise à restaurer la paix et à renforcer la cohésion sociale à travers : – un meilleur ancrage des valeurs de réconciliation et de vivre ensemble ; – une sensibilisation accrue des acteurs nationaux et internationaux sur le processus de la réconciliation et de la paix ; – une vulgarisation des instruments dédiés à la promotion du patriotisme, du civisme, de la paix et de la cohésion sociale. La Semaine nationale de la Réconciliation qui se déroulera du 15 au 21 septembre de chaque année permettra de mobiliser les maliens de l’intérieur comme de l’extérieur autour du vivre ensemble et de la stabilité du pays. 2. Le ministre des Transports et des Infrastructures a informé le Conseil des Min istres de sa participation à la conférence ministérielle sur le transport des pays en développement sans littoral. La Conférence ministérielle s’est tenue du 15 au 16 août 2022 à Turkmenbashi, République du Turkménistan sous le thème « Processus d’Achgabat : le financement d’une meilleure connectivité ». La délégation malienne a saisi l’opportunité pour attirer l’attention sur les entraves au transit malien dans sa globalité comprenant notamment : – les frais portuaires qui augmentent d’année en année ; – les frais d’escorte douanière qui varient selon le pays de transit ; – les contrôles abusifs effectués par les services de sécurité des pays de transit ou sur certains corridors ; – le paiement de faux frais ; – les lenteurs et contraintes inhérentes aux formalités accomplies au passage des frontières. La Conférence a mis l’accent sur la nécessité pour les pays en développement sans littoral de développer leurs systèmes de transport durables, de construire des infrastructures résilientes et d’améliorer leurs liens avec les marchés internationaux en adoptant l’approche du partenariat public privé et d’autres financements innovants. Elle a recommandé à la Communauté internationale : – de s’efforcer à doubler au moins les investissements annuels pour le développement des infrastructures de transports dans les pays en développement sans littoral ; – de renforcer la coopération et la coordination régionales en matière de développement des transports, afin de mettre en place un système de transport efficace. 3. Le ministre de la Santé et du Développement social a
A Dio, près de Bamako, les fermes poussent comme des champignons
Par Rokiétou MAÏGA Bamako, 27 août (AMAP) Située à Magnambougou, village de la Commune rurale de Dio-Gare, Cercle de Kati et Région de Koulikoro, la ferme de Ousmane Diakité offre depuis 13 ans une gamme variée de produits agricoles. Avec le phénomène de «fermage» qui se développe de plus en plus autour de la capitale malienne, notamment à Baguinéda et périphérie, la Commune rurale de Dio, à 40 kilomètres seulement de Bamako, accueille un chapelet de fermes. Aménagée sur une superficie de 15 hectares, la ferme de Diakité est le résultat de son amour pour le travail de la terre. Fils d’agriculteur, sa passion pour l’agriculture n’a pas tardé à éclore. «Mes frères et moi travaillions au champ, et de fil en aiguille, j’ai pris du plaisir à gratter la terre», explique Ousmane. La ferme est composée en grande partie d’orangers de variétés différentes, d’un hectare de papayers et de melons encore à l’état brut. Les variétés d’orangers s’étalent tout le long de la ferme. Les 2 000 à 3 000 pieds d’agrumes constituent son patrimoine. Le sol gravillonnaire de la zone s’adapte à tout type de cultures. Dans la ferme et aux environs, il cultive de la vigne, le pommier, ce qui peut surprendre, ou encore l’avocatier. L’orange du Mali «lemourouba», «le tengelo », de son nom scientifique citrux-tengelo, ou encore «le niva» qui a sa pulpe rouge, sont autant de variétés qui sur l’exploitation. Le choix de cette production agricole s’explique par la rentabilité du produit qui, une fois planté, génère des bénéfices à long terme. «Après leur implantation, au bout de deux ans à deux ans et demi, ils commencent à donner les premiers fruits. Et cela est valable pour toutes les saisons», se réjouit Diakité. Avec un investissement personnel et des prêts auprès de deux banques de la place, l’exploitation agricole de Diakité a débuté en 2009. Pour les cinq ouvriers qui y travaillent et le gardien, le travail de la ferme n’est pas de tout repos. Arrosage et désherbage par-ci, cueillette des fruits par-là, l’effectif est insuffisant, mais cela se comprend aisément. L’arrivée de l’hivernage fait que beaucoup d’entre eux rentrent chez eux pour les travaux champêtres en famille. L’ensemble des produits de la ferme sont écoulés sur place. Un groupe de cinq hommes sont venus acheter chacun un kilo d’oranges à 350 Fcfa. Tous enseignants de la localité, ils préfèrent acheter directement à la ferme pour le prix car chez les revendeurs, il s’élève à 750 FCFA voire plus. Et en même temps, ils viennent profiter de l’air frais et pur que dégagent les plantes en harmonie avec la nature. «À la saison des fruits, c’est un véritable marché qui règne là», commente le gardien Kariba Diarra. Électromécanicien de formation, Ousmane Diakité fait remarquer qu’il fait face à beaucoup de difficultés : la commercialisation des produits sur le marché avec la redoutable concurrence des importations, le manque de main d’œuvre qualifiée et la non-maitrise de l’activité agricole. RM/MD (AMAP)
Sécurité à Bamako : La garde plus que jamais haute
Reportage de Mohamed TOURE Bamako, 25 août (AMAP) Une attaque au poste de contrôle de Zantiguila, le 16 juillet 2022, puis une tentative d’incursion au camp militaire de Kati, le 22 juillet 2022. La menace terroriste s’était dangereusement rapprochée de la capitale du Mali et de certaines agglomérations. Depuis ces récentes attaques terroristes qui ont visé la garnison de Kati et certaines localités proches de Bamako, la capitale malienne, les autorités ont pris des mesures fortes pour renforcer la sécurité. L’état-major général des Armées estimait, en juin dernier, que les groupes radicaux « essoufflés, sont soumis, depuis plusieurs mois, à une forte pression des Forces armées maliennes (FAMa) jusque dans leurs zones sanctuaires où ils disposaient d’un certain confort et d’une grande influence par le passé», Selon l’Armée malienne, les Groupes armées terroristes (GAT) ont «adapté leur mode d’actions et orienté désormais leur attaques lâches contre des cibles molles et des civils désarmés». Un changement de stratégie que confirme également le chercheur Ibrahim Maïga, conseiller spécial pour le Sahel à l’International Crisis Group (ONG spécialisée dans la prévention et l’aide à la résolution des conflits meurtriers). Cet expert souligne que les groupes terroristes ont adopté la stratégie de «ne plus affronter l’adversaire de façon frontale et de ne plus faire de l’occupation territoriale un objectif en soi». Et de rappeler que les GAT tentent, depuis quelques années, de tisser leur toile à travers le pays. Désormais, l’option privilégiée par les terroristes serait de «mener des attaques sporadiques, parfois ponctuelles sur des positions de l’armée, des camps ou des convois», estime-t-il. Les dernières incursions près de Bamako et à Kati seraient dans cette logique. « Des coups d’éclat voire médiatiques plus que de réelles actions militaires », ajoute le chercheur. DES TERRORISTES NEUTRALISÉS – Quand l’ennemi change de stratégie, il faut en faire de même. Les services maliens de sécurité ont adopté cette nouvelle posture. En riposte aux tentatives d’incursion et aux attentats kamikazes, les responsables sécuritaires ont instauré un dispositif considérable sur l’ensemble du territoire. Des mesures incluant des contrôles accrus sur les principaux axes, aux abords des bâtiments et lieux stratégiques sont perceptibles. Dans la capitale, des véhicules de police ont notamment renforcé les dispositifs existants au niveau de plusieurs édifices. Les forces de l’ordre mènent également des patrouilles, tout en faisant des descentes en certains endroits ciblés. « Des opérations spéciales qui ont permis l’interpellation de plusieurs suspects », selon des sources sécuritaires. Sur le front militaire, plus d’une centaine de terroristes ont été «neutralisés» entre le 19 juillet et 20 août dernier, selon l’état-major général des armées. «Ces derniers mois, l’Armée a mené un certain nombre d’offensives dont certaines ont abouti à la neutralisation de nombre de combattants des groupes terroristes, à la découverte de caches d’armes, de minutions et de provisions alimentaires. C’est aussi en représailles à la multiplication des attaques de l’Armée que ces groupes ont décidé de mener ses incursions», analyse Ibrahim Maïga. Selon lui, les groupes essayeraient aussi de «desserrer l’étau qui semble se resserrer sur eux dans une partie du territoire, en particulier dans le centre». Dans cette forme de lutte que les groupes terroristes ont adoptée, il arrive qu’ils emploient des techniques effroyables comme celles des cadavres piégés, récemment apparues au Mali. À ce sujet, Ibrahim Maïga déplore l’arrivée de ce mode opératoire au Sahel. «Au Sahel, on a un rapport particulier aux morts. Les proches ont besoin d’enterrer leurs morts. Le fait qu’un cadavre puisse servir de chair à canon ou de bombe est très inquiétant», relève-t-il. LOURD TRIBUT – Cependant, le chercheur estime que la réponse à la crise multidimensionnelle que traverse le Mali et d’autres pays du Sahel devra tenir compte de toutes les dimensions, en plus de la réponse militaire. «On voit une montée en compétence de l’armée avec un renforcement en termes d’équipements militaires, un engagement beaucoup plus fort d’aller à l’offensive, de sortir de la position statique. Mais il est tout aussi important de s’intéresser aux autres dimensions», propose-t-il. Parmi ces réponses, la priorité, de son point de vue, serait d’améliorer la gouvernance dans les localités les plus touchées. «Il est important de rétablir la confiance entre les gouvernants et les citoyens. Une dimension qui a été négligée est la prévention. Les États ne doivent pas s’enfermer dans une seule dimension notamment celle militaire», suggère-t-il. L’expert rappelle que ce sont les civils qui payent le plus lourd tribut aux attaques et violences des groupes armés terroristes. «Ce qu’on peut craindre, les autorités en sont conscientes, ce sont des attaques plus ciblées notamment à Bamako qui auraient des résonnances médiatiques et politiques beaucoup grandes que dans l’arrière-pays», explique-t-il. Ainsi, Ibrahim Maïga juge que les populations ne doivent pas oublier le contexte et adopter des mesures de vigilance indispensables. Pour lui, cela passe par la sensibilisation et des mesures visibles. «Les populations doivent obéir aux consignes de sécurité, accepter de se faire checker (fouiller) à l’entrée d’un stade ou d’une salle de spectacle», conclut-il. La plupart des Bamakois que nous avons interrogés se disent rassurés par le renforcement du dispositif sécuritaire en certains lieux et services publics. «C’est bien de renforcer les contrôles devant le palais présidentiel, la Cité administrative et d’autres services publics, il faut, aussi, penser à faire de même au niveau des marchés, des écoles, des stades qui sont censés accueillir des milliers de personnes», préconise Moussa Dembélé, chauffeur de taxi. MT/MD (AMAP)
Coopération: Bamako et Téhéran renforcent leurs relations bilatérales
Bamako, 24 août (AMAP) Les ministres en charge des Affaires etrangeres du Mali, Abdoulaye Diop, et d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, ont cooprésidé la première session de la Commission mixte de coopération Mali-Iran, mardi, à Bamako. Le ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, Dr Hossein Amir-Abdollahian, à la tête d’une forte délégation, séjourne au Mali, depuis lundi dernier, dans le cadre du renforcement de la coopération économique, commercial surtout de la lutte contre le terrorisme. Cette session, qui s’est tenue au département des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a été précédée par la réunion des experts, les 21 et 22 août 2022, au cours de laquelle les deux délégations ont fait le tour d’horizon des dossiers de coopération bilatérale. Le ministre Abdoulaye Diop a rappelé les liens historiques d’amitié et de fraternité entre les peuples et les gouvernements des deux pays. À ce propos, le chef de la diplomatie malienne s’est félicité que le Mali soit le premier pays visité, durant la tournée officielle en Afrique du Dr Hossein Amir-Abdollahian, depuis sa nomination à ce poste. Au plan politique, M. Diop a exprimé « la très haute appréciation des autorités de la Transition concernant la lecture lucide et pragmatique que le gouvernement iranien a toujours faite de la complexité de la crise au Mali ». À cet égard, il a entretenu la partie iranienne des efforts entrepris par le gouvernement malien pour la pacification et la sécurisation du territoire national. Il a, aussi, souhaité que la présente session soit l’occasion de dégager les voies et moyens permettant de contribuer au renforcement et à la diversification de la coopération bilatérale entre le Mali et la république islamique d’Iran, notamment dans les domaines prioritaires comme la défense, la sécurité, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Les deux parties envisagent d’élargir leur coopération au développement rural, aux mines, à l’énergie et à l’eau, à la santé, aux transports et infrastructures, à l’industrie, au commerce, à l’habitat, l’urbanisme, la culture et au tourisme, à la communication et à l’économie numérique. Dr Hossein Amir-Abdollahian, a, quant à lui, relevé la parfaite convergence de vues entre le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et celui de la République islamique d’Iran, Seyyed Ebrahim Raïssi, sur les questions de paix, de sécurité, de développement, de souveraineté et sur les différentes crises que connaît le monde. Le ministre des Affaires étrangères d’Iran a présenté sa présence à cette réunion comme « l’expression de la volonté des autorités iraniennes à développer les relations et la coopération bilatérale ». Il a expliqué que la tenue de la Commission mixte de coopération globale est un mécanisme approprié pour organiser la coopération économique visant à dynamiser les échanges commerciaux. Ainsi, Dr Hossein Amir-Abdollahian a souligné « la nécessité de mettre en œuvre les accords et de poursuivre les réunions périodiques ». Les deux ministres ont ensuite invité les deux délégations à faire l’état des lieux de la coopération entre les le Mali et l’Iran et à entreprendre les actions nécessaires en vue de relancer, consolider et diversifier cette coopération, conformément aux orientations des deux chefs d’État. C’est ainsi qu’il a été décidé de créer un comité de suivi de la mise en œuvre des décisions et recommandations issues de la première session de la Commission mixte. En marge de cette session, les ministres Abdoulaye Diop et Dr Hossein Amir-Abdollahian ont « eu des échanges approfondis sur les questions bilatérales, sous régionales, régionales et internationales. La deuxième session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays est prévue en 2024 (1403) à Téhéran, en République islamique d’Iran, à une date qui sera fixée d’accord partie par voie diplomatique. Auparavant, le ministre des Affaires étrangères d’Iran a annoncé l’organisation d’une exposition technologique à Bamako. Aussi, la République islamique d’Iran prévoit-elle de créer un centre technologique dans la capitale malienne. Évoquant le sujet du terrorisme lors du point de presse conjoint, Dr Hossein Amir-Abdollahian a promis que son pays fera profiter au Mali de son expérience dans le cadre de la lutte contre ce phénomène. «Les efforts du Mali pour préserver son indépendance sont une approche positive. C’est pour cela que nous soutenons cette Transition», a-t-il déclaré. Une séance de travail a également réuni les opérateurs économiques maliens et iraniens. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a assuré la partie iranienne de rendre le climat des affaires entre les deux pays très propice et profitable. Mahmoud Ould Mohamed a précisé que le Mali est intéressé par le développement de l’agro-industrie qui est créatrice de valeur ajoutée. Il a relevé que le Mali est le deuxième pays de la zone ouest africaine dans le domaine du cheptel et premier producteur de coton en Afrique au sud du Sahara. Et d’assurer de la disponibilité de son département à faciliter les démarches administratives. OD/MD (AMAP)
Mali : Le colonel Abdoulaye Maïga désigné Premier ministre par intérim (décret)
Bamako, 22 août (AMAP) Le colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, également porte-parole parole du gouvernement, est désigné pour assurer l’intérim du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga en « repos forcé » depuis le 13 août, selon une note de la Primature. Le décret présidentiel qui confirme cet intérim a été lu à la télévision nationale, dimanche soir, par le secrétaire général de la Présidence de la République, Mamadou Oulalé. Le décret présidentiel souligne que « le choix pourtant sur le colonel Abdoulaye Maïga s’est opéré en dérogation du décret N° 2021- 0476/ PT-RM du 26 juillet 2021, fixant les intérims des membres du gouvernement en République du Mali ». Selon les prescriptions de cet décret, l’intérim du Premier ministre « est assuré par les membres du gouvernement suivant leur ordre de nomination ». Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, n’est plus apparu en public depuis le 13 août après avoir été placé en « repos forcé » après 14 mois « de travail sans répit », selon ses services. AT/ND (AMAP)
L’Armée malienne repousse deux attaques terroristes (Etat-major)
Bamako, 20 août (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont repoussé, samedi, deux attaques terroristes qui ont visé un check-point militaire à Ménaka (Nord) et le Centre de santé de référence (CSRef) et le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Kignan, dans la Région de Sikasso (Sud). « Les FAMa ont repoussé vers 13 heures une attaque terroriste du JNIM contre un check-point à la sortie de Ménaka sur la route menant à Kidal » a confirmé l’Armée sur les réseaux sociaux. Selon la même source, les assaillants ont laissé sur place un corps et emporté plusieurs corps emportés. Les FAMa ont, également, récupéré six armes de guerre après la fuite des assaillants. « Les ratissages sont en cours avec l’appui aérien. Les militaires maliens ont enregistré deux blessés », a indiqué l’Armée. Dans la même journée, des assaillants ont attaqué le Centre de santé de référence (CSRef) et le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Kignan, dans la Région de Sikasso, (Sud). Selon des sources locales, l’attaque a fait un blessé grave, mais aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée grâce à l’intervention des FAMa qui étaient à proximité du lieu de l’attaque. MD/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des Ministres du Mercredi, 17 Août 2022
Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de la Direction de la Sécurité Militaire. La Direction de la Sécurité Militaire a été créée par la Loi n°95-038 du 20 avril 1995 avec pour mission d’élaborer et de mettre en œuvre les éléments de la politique nationale en matière de renseignements militaires. La restructuration en cours des Forces Armées a révélé l’impérieuse nécessité de relire le décret fixant son organisation et ses modalités de fonctionnement. Le projet de décret adopté apporte des innovations parmi lesquelles on peut citer : – la mise en place de sous-directions chargées des Ressources humaines, du Renseignement militaire, de la contre ingérence, de l’analyse documentation, des finances et logistique ; – la mise en place d’une structure en charge de la coopération avec les services étrangers dans le cadre d’un partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme ; – la création d’une école du renseignement assurant la pérennité de la fonction renseignement ; – la séparation des domaines du renseignement d’intérêt militaire et de la contre-ingérence. Cette nouvelle organisation permettra de mieux coordonner les activités de renseignements avec les Forces Armées et de Sécurité ainsi que les corps paramilitaires et de répondre aux défis sécuritaires. 2. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté : a. un projet de loi portant modification de la Loi n°2021-071 du 23 décembre 2021 portant loi de Finances pour l’exercice 2022. Le présent projet de loi modifie la loi de finances pour l’exercice 2022 pour tenir compte : – du ralentissement de l’activité économique et de la baisse des recettes fiscales suite aux sanctions économiques et financières imposées à notre pays par la CEDEAO et l’UEMOA ; – de la hausse des prix due aux perturbations dans le fonctionnement de l’économie sur le plan international et national. La modification des recettes budgétaires porte sur l’inscription de recettes additionnelles d’un montant de 41 milliards 715 millions de francs CFA et la diminution de la prévision initiale des recettes fiscales d’un montant de 189 milliards 996 millions de francs CFA. La modification des dépenses budgétaires concerne la prise en compte de nouvelles inscriptions se chiffrant à 217 milliards 167 millions de francs CFA et la réduction des inscriptions initiales au niveau des dépenses de biens et services, de transferts et subventions et d’investissements à hauteur de 318 milliards 465 millions de francs CFA. Les recettes budgétaires s’élèvent à 1 982 milliards 440 millions de francs CFA dans la loi de Finances rectificative contre 2 130 milliards 721 millions de francs CFA dans la loi de Finances initiale, soit une diminution de 148 milliards 281 millions de francs CFA. Les dépenses se chiffrent à 2 647 milliards 28 millions de francs CFA dans la loi de finances rectificative contre 2 748 milliards 285 millions de francs CFA dans la loi de Finances initiale, soit une diminution de 101 milliards 257 millions de francs CFA. La loi de Finances rectifiée dégage un déficit prévisionnel de 664 milliards 588 millions de francs CFA contre 617 milliards 564 millions de francs CFA dans la loi de Finances initiale, soit une hausse de 47 milliards 24 millions de francs CFA. b. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation, aux modalités de fonctionnement et au cadre organique de la Direction générale des Douanes. La Direction générale des Douanes a été créée par l’Ordonnance n°90-58/P-RM du 10 octobre 1990 avec pour mission d’élaborer les éléments de la politique douanière et de veiller à sa mise en œuvre. L’évolution du contexte sécuritaire, économique et environnemental impose à la Direction générale des Douanes une nouvelle configuration pour faire face aux multiples défis. Les projets de texte adoptés apportent des innovations parmi lesquelles, on peut citer : – la création du Centre d’Expertise Technique ; – la création d’une Direction du Renseignement et de la Lutte contre la Fraude ; – le renforcement de la Direction des Contrôles après Dédouanement ; – la prise en compte des nouvelles technologies de l’information et de la communication à travers la création de la Direction des Systèmes d’Informations, conformément aux standards internationaux ; – la scission de la Direction de l’Administration des Ressources humaines, des Finances et du Matériel en Direction de l’Administration et du Personnel et en Direction des Finances et de la Logistique ; – le redimensionnement des attributions du Bureau de Contrôle Interne avec la prise en charge de l’aspect audit dans les contrôles. Ils visent également à doter la Direction générale des Douanes, pour les cinq prochaines années, en personnel conformément à la nouvelle réorganisation. 3. Sur le rapport du ministre de la Santé et du Développement social, le Conseil des Ministres a adopté : a. un projet de décret déclarant Pupilles de l’État en République du Mali. b. un projet de décret déclarant Pupilles de la Nation en République du Mali. La Loi n°2016-058 du 27 décembre 2016 institue les pupilles de la Nation et les Pupilles de l’Etat en République du Mali et fixe les conditions à remplir par l’enfant mineur pour bénéficier du statut de pupille. En application des dispositions de cette loi, les projets de décrets adoptés accordent le statut de Pupilles de l’Etat à 37 enfants mineurs et celui de Pupilles de la Nation à 250 enfants mineurs qui bénéficieront entre autres : – de la prise en charge des frais de soins médicaux ou du ticket modérateur ; – de la prise en charge des frais de scolarité au niveau de l’enseignement fondamental et secondaire ; – de la prise en charge des frais d’apprentissage et de formation professionnelle ; – de
A Diéma (Ouest), le baobab est un patrimoine familial
Par Ouka BA Diéma août (AMAP) Le baobab, cet arbre aux multiples vertus est, surtout, entretenu à cause de ses feuilles, que les femmes réduisent en poudre pour la préparation de la sauce du tô, ou pour rendre malléable le couscous. Dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du Mali, particulièrement dans les localités à dominance soninké, le baobab est considéré comme un patrimoine familial, exploité généralement par les femmes. Chaque matin, quand le chef de famille sort du grenier la quantité de mil pour le plat du jour, en plus de la mesure de sel, il puise dans la réserve de poudre de feuilles de baobab, appelé « namougou fing ». Une fois que le maître de la maison réunit ces conditions, il est exempté de prix de condiments. C’est à la femme de se « débrouiller » seule pour trouver le reste des ingrédients et préparer à manger pour les membres de la famille. Parfois, si le plat n’est pas du goût d’une belle-sœur ou d’un beau-frère, celle-ci ou celui-ci ne se prive de le faire savoir à la cuisinière du jour, à travers sarcasmes et propos blessants pour la pauvre ménagère, du genre : « Même un âne ne peut digérer un tel met ! » Ici, comme un peu partout dans la zone, les feuilles du baobab sont beaucoup consommées. C’est pourquoi, à cause de l’importance de cet arbre, le propriétaire d’une parcelle de terrain, avec même un seul pied de baobab, n’accepterait jamais de la vendre, que ce soit une transaction en droit coutumier ou non. L’essence restera au compte de sa famille qui l’exploitera à sa guise. « Le jour où le propriétaire d’un terrain où se trouvent des baobabs décide de le vendre, forcément, les arbres feront partie de la transaction », estime, pour sa part Fousseiny Sissoko, un conseiller au chef de village, qui trouve absurde le contraire. Mahéta Sacko est imam à Diéma. Il soutient que tout est une question d’accord et de consensus. « Si celui qui vend sa parcelle de terrain, avec un ou plusieurs pieds de baobab, accepte de céder à l’acheteur ses arbres, il n’y aucun inconvénient. Il faut faire en sorte qu’aucune des deux parties ne soit lésée lors de la transaction :, explique-t-il. « L’Islam est bâti sur la paix et la cohésion sociale », commente le religieux. Selon Aïssata Konté, domiciliée à Diéma, « le baobab appartient surtout aux femmes. On en trouve généralement dans chaque maison. Les feuilles du baobab jouent un rôle important dans l’économie familiale car elles permettent de réduire parfois les dépenses des hommes. » « Pendant l’hivernage, on prépare souvent pour les cultivateurs de la boisson à base de poudre de pain de singe associée à la pâte d’arachide avec un peu de sucre. Une fois qu’ils consomment ce mélange, ils retrouvent la force et le courage et travaillent à cœur joie. C’est une boisson qui permet d’atténuer les effets des rayons solaires, si bien qu’à la fin de la journée, les travailleurs sentent moins de fatigue », révèle Aïssata. La présidente de l’Association de santé communautaire (ASACO) de Fassoudébé, Coumba Dia, affirme que dans leur village, les femmes plantent leurs propres pieds de baobabs dans leurs périmètres maraichers et les entretiennent comme les autres arbres fruitiers. Elles utilisent uniquement les feuilles de baobab et s’intéressent moins aux fruits. La dame poursuit : « Ce sont nos voisins maures qui en tirent le plus de profit. Ils font la cueillette du pain de singe et confectionnent des cordes avec les écorces qu’ils commercialisent. » Seibane Dicko, un maure habitant à Dabaye-Laklal, entretient quotidiennement le jeune pied de baobab qui se trouve devant sa case. Il empêche les animaux de l’effeuiller, lorsqu’ils se rendent aux pâturages ou en reviennent. Oumar Cissé est bourrelier. Superstitieux, il déclare que le baobab est un arbre qui porte-malheur. « La présence de cet arbre, dans une maison, dit-il, attire la détresse sur ses occupants ». Un homme aurait été obligé d’abandonner la maison qu’il louait, à cause d’un incendie survenu à plusieurs reprises. L’infortuné a vite fait de lier les sinistres à répétition à la présence dans la maison d’un grand baobab, vieux de près d’un siècle. Cet engouement des femmes pour le baobab contribuera à mieux sauvegarder cette espèce en voie de disparition. Une disposition sur laquelle l’Etat et ses partenaires peuvent miser pour soutenir davantage de projets de reboisement dans cette partie de la bande sahélienne, en proie à la désertification et l’avancée du désert. OB/MD (AMAP)
Le boom de la livraison de colis à Bamako
Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 17 aout (AMAP La livraison connait un boom grâce au développement des ventes et des commandes en ligne. Jeunes hommes et femmes livrent nourritures, habits, chaussures, accessoires… Sogona Nanakassé est de ceux-ci. Âgée de 38 ans, elle est divorcée et mère d’un enfant. Dotée d’un physique imposant, débordante d’énergie, elle a opté pour ce métier. Officiellement conductrice de taxi-moto «Telimani», elle est également dans la livraison de colis depuis novembre 2020. Résidente de Moribabougou, Sogona Nanakassé fait la navette entre différents quartiers de Bamako, la capitale du Mali. Elle s’est achetée une moto de seconde main pour mener à bien son activité. La brave dame livre très souvent les colis des vendeuses «d’Abaya» et les commandes de «Mali Buru», de la pâtisserie «Artisan boulanger». « Les débuts n’étaient pas faciles, car j’ai commencé avec une moto de plus petite cylindrée pas très adaptée à ces activités », confie-t-elle en souriant. Son statut de femme posait aussi problème à certains tandis que d’autres en ont font une grande source de crédibilité. « C’est un travail qui ne me permet pas de subvenir à tous mes besoins, mais ça me permet de me nourrir, de payer la scolarité et les cours privées de mon enfant », se réjouit notre interlocutrice. Atteinte de sinusite, ce qui l’empêche, souvent, de travailler et de faire certains activités, Nanakassé s’accroche malgré sa santé fragile. Si Nanakassé évolue en solo, il existe aujourd’hui des sociétés spécialisées dans la livraison de colis. Kadialy Deka Diabaté est l’un des promoteurs de «I ka Tchiden, ton coursier». Créée en octobre 2020, cette société basée à Hamdallaye ACI 2000, emploie une dizaine de personnes, toutes des salariées. «On fait plusieurs types de livraisons», explique Diabaté. Il s’agit de livraisons de colis, de dépôts de courriers pour les structures, etc. « Nous faisons également les courses domestiques et les paiements de factures pour les clients », indique-t-il. À ces prestations, s’ajoutent les services de recouvrement et la livraison de colis pour les sites de vente en ligne. Le service « I ka Tchiden» est accessible grâce à des numéros de téléphone. « La coordination avec le livreur est faite à la demande du client. Les tarifs varient entre 1 000 et 3 000 Fcfa, selon la distance à parcourir », explique le patron. Cependant, ce métier n’est pas sans difficultés. La hausse du prix du carburant due au contexte économique international difficile impacte énormément les affaires des entreprises de livraison. Une autre difficulté est liée à la nature des produits livrés. « Des cas d’interpellations sont souvent enregistrés à cause du fait de la simple livraison de certains colis », confie un livreur qui souhaite garder l’anonymat. Il raconte avoir passé une nuit dans une cellule de prison à Kati. «Souvent, on nous fait livrer des colis sans qu’on sache ce qu’il contient», explique ce dernier. CONNEXION IMMÉDIATE – Pour s’en rendre compte, nous avons accompagné un livreur durant une journée, au cours de laquelle il a effectué une série de livraisons. Cheickna Samaké, c’est son nom. Diplômé en électricité, niveau Certificat d’aptitude professionnel (CAP), il est livreur pour la société « I ka Tchiden », depuis à sa création. Il se dit passionné par ce métier. Nous sommes vendredi. Il est 13 heures. Par un temps nuageux suivi d’une forte pluie, j’enfourche la moto de livraison du jeune homme, pour une immersion d’une journée. Il roule à grande vitesse pour arriver vite à destination. Du Quartier du fleuve à Djélibougou, en passant par Bozola, Niarela, Hippodrome, Korofina, il se faufile entre les véhicules pour éviter les bouchons. Une quinzaine de minutes plus tard, nous voici devant «La Croix Rouge malienne» à Djelibougou. Cheickna appelle le client au téléphone et lui livre son colis : un appareil «power bank» pour recharger les téléphones qui avait été commandé dans une boutique de vente en ligne. Après vérification, le client paye la commission du livreur. Direction Moribabougou, pour la seconde livraison. Arrivé à Titibougou, surgit une grosse tempête. On s’accroche à la moto. À présent à Moribabougou Tiônonkono, il pleut abondamment. On se met à l’abri dans une station service d’essence bondée de monde. Tous attendent la fin de la forte pluie pour vaquer à leurs occupations. Salimata Samaké, vendeuse de produits de beauté et d’accessoires, explique que ce métier de livreur lui est d’une grande utilité. Selon elle, les livreurs assurent la connexion immédiate entre le vendeur et son client. Surtout que le livreur peut retourner avec le colis pour l’échanger si le client n’est pas satisfait. Salimata soutient vivement ce métier car, c’est un pourvoyeur d’emplois pour les jeunes. Elle déplore les fluctuations quant aux prix de la livraison de la part de certains livreurs. « La mauvaise humeur de certains d’entre eux fait souvent fuir la clientèle », dénonce-telle. Dans tous les cas, ce métier est une alternative crédible au chômage massif des jeunes. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes (généralement diplômés) qui passaient la journée, assis au «Grin» à se tourner les pouces, sont en contact avec des sites de vente en ligne et autres prestataires de services. À l’aide de leur moto, ils livrent des colis à la demande des clients. Ils peuvent revenir s’installer au «Grin» en attendant, les yeux rivés sur le téléphone portable, le prochain appel pour une nouvelle livraison. KO/MD (AMAP)
Le président Macky Sall en visite à Bamako : « L’Afrique a le devoir d’accompagner le Mali »
Bamako, 16 août (AMAP) « L’ensemble de la communauté internationale, notre continent en tête, a l’obligation de soutenir le Mali pour mettre fin à la crise multidimensionnelle qu’il traverse », a déclaré, lundi, à Bamako, le président en exercice de l’Union africaine (UA), le chef de l’Etat du Sénégal, Macky Sall. A l’issue d’une visite de quelques heures dans la capitale malienne et au sortir d’un tête-à-tête, suivi d’une séance de travail et d’un déjeuner avec son homologue malien, Macky Sall a confié à la presse que « cet accompagnement est d’autant plus nécessaire que les autorités de la Transition sont sur la bonne voie au regard des progrès accomplis. » Au palais de Koulouba, durant plus de trois heures, les deux personnalités ont évoqué les questions brûlantes concernant le Mali. Après ces entretiens avec la partie malienne, le président sénégalais a indiqué que sa présence au Mali « est l’expression d’un soutien au processus de transition qui vient de réaliser des progrès après quelques difficultés. » « Ces avancées ont conduit, il y a un peu plus d’un mois, à la levée des sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a rappelé le président Sall. Selon lui, « il s’agit aujourd’hui d’accompagner le Mali dans cette voie pour le retour à un ordre constitutionnel normal dans le délai prévu conformément aux engagements des autorités ». LUTTE CONTRE LE TERRORISME – Les deux chefs d’État ont, aussi, discuté de la question du terrorisme. Sur ce sujet, le président du Sénégal a retenu que le Mali mérite le soutien de toute la communauté africaine et internationale dans sa lutte contre le fléau du terrorisme. « C’est un pays qui a beaucoup souffert et continue de souffrir tout en se battant avec résilience », a-t-il dit. Macky Sall soutient que les Nations unies, à travers la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et certains partenaires, doivent être solidaires de cette lutte du Mali, du peuple malien et des autorités de la Transition contre le terrorisme. « Parce que, estime Macky Sall, c’est un fléau global qui doit nécessiter des réponses globales. L’affaire des 49 militaires ivoiriens qui a assombri les relations entre le Mali et la Côte d’Ivoire a ete, aussi, à l’ordre du jour des échanges. A ce propos, le président en exercice de l’UA a révélé qu’il a demandé, comme par le passé, des facilités au président Goïta, en vue de vider ce contentieux relatif aux militaires ivoiriens. Cela, afin de trouver des solutions africaines dans le cadre d’une solidarité africaine. Ainsi, le président sénégalais a noté la disponibilité du président de la Transition à dialoguer. « Le Mali reste disponible. Donc nous allons poursuivre avec la Côte d’Ivoire également. Je ne désespère pas, on y arrivera, Inch Allah !», s’est-il réjoui, avant de saluer les efforts du président Faure Gnassingbé qui a travaillé pour une solution ace problème. Globalement, le président Macky Sall s’est dit très satisfait de sa visite. «Je crois que les autorités de la Transition sont sur la bonne voie, il faut accompagner cela. C’est le maître-mot, accompagner cette Transition», a-t-il déclaré. Et d’évoquer les avancées honorables dans le processus de la Transition qui s’articulent autour de l’écriture de la nouvelle Constitution, l’agenda électoral. Pour lui, sa présence consistait à accompagner notre pays dans cette bonne direction afin d’arriver à la fin du processus de la Transition. En outre, les questions bilatérales qui ne manquent pas entre les deux pays ont été discutées. Elles ont trait à la problématique liée au commerce, au transit des marchandises et au chemin de fer. Macky Sall a confié que les deux délégations ont pris bonne note des échanges sur ces sujets. «Nous allons examiner et donner les réponses appropriées pour que toutes les barrières ou difficultés qui entravent le commerce, conformément à nos engagements dans le cadre de la zone de libre échange continentale, puissent sauter. Afin que le commerce soit équitable entre nos pays et que, finalement, il n’y ait pas un renchérissement des prix des marchandises du fait simplement de ces tracasseries», a-t-il conclu. Le président sénégalais et président en exercice de l’Union africaine a quitté Bamako, dans l’après-midi, pour N’Djamena et Libreville. OD/MD (AMAP)

