Le Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maiga, a quitté Bamako pour New York

Bamako, 22 sept (AMAP) Le Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maiga, a quitté Bamako, jeudi,  pour participer, du 22 au 26 septembre 2022, à la 77ème Session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), annonce un communiqué de la Primature. Le colonel Maïga interviendra à la tribune du débat général de la 77ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, le samedi 24 septembre 2022. « En marge des travaux, le Premier ministre par intérim aura des rencontres avec des personnalités étrangères. Enfin, le Chef du Gouvernement par intérim rencontrera la communauté malienne de New York et du New Jersey », ajoute le communiqué. Selon des sources officielles maliennes, le colonel Maïga, à la tête d’une forte délégation comprenant notamment le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop,  aura, également plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Et aussi avec les dirigeants du Qatar, des Etats-Unis d’Amérique et de la Communauté des États sahélo-sahariens (CENSAD) « Un tournant décisif : des solutions transformatrices face à des défis interconnectés», est le thème de cette 77è session de l’Assemblée générale de l’ONU qui a débuté, le 13 septembre 2022, au siège de l’Organisation, à New York. Selon un diplomate, qui a requis l’anonymat, le discours du chef du gouvernement par intérim sera axé, en grande partie, sur les priorités des autorités de la Transition, à savoir la reconquête du territoire national en luttant contre le terrorisme, les réformes politiques et institutionnelles et la tenue des élections générales. Le but étant d’avoir l’adhésion et l’accompagnement de la communauté internationale pour l’atteinte des objectifs que la Transition s’est fixé, en vue de répondre aux aspirations profondes du  peuple malien. «Le Mali a d’autres dossiers à l’ONU, comme par exemple la plainte contre la France pour violation répétée de son espace aérien et pour son aide à des groupes terroristes, en termes de renseignements et d’équipements. Mais l’Assemblée générale n’est pas le lieu pour débattre de ce genre de dossier. Cela se fait en rencontre bilatérale ou dans un autre cadre», explique notre source. Les délégations de 193 pays membres des Nations unies sont dans la grande métropole américaine pour présenter leurs priorités et échanger sur les grands enjeux mondiaux, comme la guerre en Ukraine, la lutte contre l’extrémisme violent, les changements climatiques, la sécurité alimentaire, le développement de l’Afrique, l’accès à l’éducation ou encore l’égalité entre femme et homme. MK/MD (AMAP)

Spécial 22 septembre 2022-Edito : Détermination

Par B. TOURÉ Les Maliens aspirent à un changement profond dans la gouvernance du pays. Cette aspiration, les dirigeants de la Transition en ont fait la boussole de leur action. Leur détermination surprend nos partenaires les plus familiers et étonne souvent nos compatriotes.  De la détermination, il en faut pour mener à bien le changement profond que les Maliens appellent de leurs vœux. Le pouvoir intérimaire entend y parvenir en choisissant comme moyen d’action la refondation, avec comme finalité le renouveau du Mali. Le changement est constamment sur les lèvres – il est utilisé abondamment dans les programmes politiques – mais pour sa traduction dans la réalité, il faut avoir le cœur à l’ouvrage. Tout changement engendre des bouleversements, des chamboulements, des chambardements dans nos habitudes, dans notre comportement, et même souvent dans notre position sociale et notre statut professionnel. Un adage de chez nous illustre bien les sacrifices à consentir : «une nouvelle dent pousse dans la douleur». Détermination et courage vont de pair pour poser les jalons du Mali nouveau. Rompre avec la France avec fracas exigeait une certaine détermination et une bonne dose de courage. Le pouvoir actuel a administré la preuve que le Mali ne s’en laisse pas compter. Quel que soit l’interlocuteur en face. L’ambassadeur de France a été expulsé. Le corps expéditionnaire militaire français, présent dans notre pays depuis de longues années, a dû plier bagages dans une atmosphère délétère. Le Mali a résolument tourné le dos à un partenaire historique et la France est en passe de perdre pied dans une zone d’influence qui tenait lieu de laboratoire de sa présence militaire en Afrique de l’ouest.  Les troupes maliennes, par leur détermination, sont en train de démontrer que le vide sécuritaire, tant redouté après le départ de Barkhane, n’est pas impossible à combler. Le syndrome afghan envisagé par certains observateurs n’était donc qu’une vue de l’esprit ? La situation sécuritaire reste préoccupante mais on est loin du chaos pronostiqué par certains oiseaux de mauvais augure. Concernant les réformes politiques et institutionnelles, pour mettre le métier sur l’ouvrage, il fallait être animé d’une bonne détermination. Certains observateurs en étaient arrivés à conclure à l’impossibilité de réviser la Constitution de 1992. Tant les échecs se sont multipliés ces vingt dernières années. Les présidents Alpha, ATT, IBK ont tous échoué à corriger les faiblesses constatées dans le texte de loi fondamentale. La transition actuelle semble avoir trouvé la parade à la guigne qui contrecarrait les initiatives. Au lieu de changer la constitution, il a été décidé de changer de constitution. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Un fait incline à l’optimisme. Les voix, qui s’étaient élevées contre le projet d’une nouvelle constitution, ne sont plus audibles. Il en est de même de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Il y a un an, la polémique faisait rage sur l’opportunité d’une telle structure. Devant la détermination des tenants du projet, les sceptiques ont dû mettre de l’eau dans leur «gnamakoudji». L’Autorité est bien créée ; il reste à la mettre au travail. Ce qui n’est pas la moindre des tâches. Le processus d’adoption d’une nouvelle loi électorale s’est accompagné d’une confrontation sur du velours entre l’exécutif et le législatif. Là aussi, la détermination a été un facteur important. Le CNT en a fait montre pour faire subir au texte du gouvernement un toilettage à grande eau. Au-delà des frictions, le résultat est patent. Les prochaines élections seront encadrées par un nouveau texte législatif. Remède efficace contre les crises post-électorales ? Attendons la mise en pratique. La détermination porte les actions dans le domaine de la coopération et dans le processus des réformes. Quid des sacrifices que les Maliens, du sommet à la base, se doivent-ils de consentir pour la bonne cause? Sur ce plan, le tableau est moins attractif. Les soutiens des dirigeants ont été forcément froissés voire incommodés par les bruits de casseroles dans l’attribution des logements sociaux. Les ricanements n’ont pas manqué du côté des contempteurs. Il faut davantage de sacrifice pour faire taire les tintamarres qui s’élèvent, de temps à autre, autour des marchés. Le changement passe nécessairement par l’abandon de certains péchés mignons. La crédibilité de la lutte contre la corruption en dépend.  Aujourd’hui, les citoyens sont fondés à exiger l’orthodoxie. Plusieurs corporations ont consenti leur part de sacrifice en mettant en sourdine les revendications catégorielles. Les structures publiques, pour la plupart, subissent stoïquement les restrictions budgétaires. La hausse des prix de certains produits de grande consommation est vécue sans trop d’acrimonie. Il est vrai que la fibre patriotique et la souveraineté en bandoulière incitent à se serrer la ceinture.  Entre les facteurs exogènes négatifs et nos propres turpitudes, le processus de transition doit se frayer un chemin vers la sortie de crise. Reculer devant l’adversité ? Pas question ! BT (AMAP)

Mali-Guinée Conakry : le colonel Mamady Doumbouya attendu cet après-midi à Bamako

Bamako, 21 sept (AMAP) Le président de la Transition guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya, est attendu à Bamako, ce mercredi après-midi, pour sa première sortie à l´extérieur de la Guinée, depuis sa prise du pouvoir en septembre 2021, selon des sources officielles. Le colonel Doumbouya assistera, aux côtés de son homologue et hôte, le colonel Assimi Goïta, à la célébration du 62e anniversaire de l´accession du Mali à l’indépendance. Il sera accueilli à l’aéroport président Modibo Kéïta Senou-Bamako par le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta. Ce sera en présence des membres du gouvernement malien, des présidents des institutions de la république du Mali  et des corps constitués,  du chef de la mission diplomatique et consulaire guinéenne à Bamako,  Abdoulaye Fofana, accompagné du président  du Conseil des Guinéens au Mali, El hadj Sytta Camara. Cette visite officielle du président de la transition guinéenne à Bamako coïncide avec la célébration du 62e du Mali indépendant, le jeudi 22 septembre. Elle vise aussi à renforcer les liens de coopération et de fraternité entre les deux pays. Selon la presse guinéenne, les deux personnalités pourraient, également, aborder le sujet des soldats ivoiriens détenus au Mali, depuis plusieurs mois déjà. Et la proposition de bons offices du colonel Doumbouya  à son homologue malien. Les deux Chefs d’Etat harmoniseront, aussi, leurs positions pour  la réussite des transitions qu´ils conduisent à la tête de leur pays respectif. Le colonel Mamady Doumbouya rencontrera la Communauté guinéenne  au Mali, selon les mêmes sources. MD (AMAP)

Me Mountaga Tall : «Il faut rassembler les énergies et compétences pour parachever l’évolution socio-politique du Mali»

Propos recueillis par Bembablin DOUMBIA Bamako, 20 sept (AMAP) Dans cette interview, le président du Congrès national d’initiative démocratique- Faso Yiriwa Ton (CNID-FYT) fait un diagnostic des différents régimes qui se sont succedé depuis l’indépendance. Me Mountaga Tall évoque aussi les réformes politiques et institutionnelles initiées par les autorités de la Transition ainsi que le chronogramme du réferendum et des élections    L’Essor : Cette année, notre pays célèbre le 62è anniversaire de son accession à l’indépendance. Quel est votre regard sur le parcours du Mali, 62 ans après ? Me Mountaga Tall : Vous savez, 62 ans pour les êtres humains, c’est l’orée du troisième âge. Mais pour une Nation, 62 ans sont presque insignifiants dans la durée. Pour autant, avec tant d’années, il est important de jeter à la fois un regard rétrospectif et prospectif sur ce que nous avons fait de notre indépendance, tirer les enseignements et nous projeter dans l’avenir. Il faut, en effet, se remémorer que l’indépendance ne nous a pas été servie sur un plateau d’argent. Ce n’était pas un octroi, mais au contraire une conquête difficile, aussi difficile qu’a été l’opposition de nos aïeux à la pénétration coloniale. Et le combat pour l’indépendance ne pouvait aboutir qu’avec la mobilisation des masses populaires. Ce qui signifie, pour leur engagement, que des promesses ont été faites, non seulement pour leur liberté, mais aussi pour leur dignité et pour un mieux-être individuel et collectif, c’est-à-dire le développement. Qu’avons-nous fait de cela en 62 longues années ? Nous avons connu trois Républiques et différents régimes. Personne ne pourrait soutenir valablement que chacun de ces régimes ou que chacune de ces Républiques ait tout réussi ou tout raté. On ne gouverne pas impunément, dit-on. Donc, il y a des insuffisances partout, des reproches à faire à chacun de ces régimes et à ces différentes Républiques. Mais il y a aussi des acquis. Ce qui est regrettable, aujourd’hui, nous n’avons pas eu le courage, au Mali, de faire le bilan. Et pour ceux qui ont gouverné de faire leur autocritique. Or, en prenant chacun de ces régimes, on peut trouver une part d’actions qui nous ont conduit vers la tenue des promesses faites mais, aussi, une part sombre. Allons-nous avoir l’intelligence et le courage d’aller, non pas vers ce qui s’est vu ailleurs, c’est-à-dire des Commissions vérité, justice et réconciliation, mais que pour le Mali et son bien, nous allions vers une Commission vérité et réconciliation en se disant qu’on n’a pas besoin, aujourd’hui, d’aller vers des règlements de compte judiciaires ? Si nous réussissons à faire cela, nous pourrions réconcilier ceux qui, sous la première République, ont bénéficié des retombées du développement économique et social de notre pays et ceux qui ont connu une répression dure. Ceux qui, sous la deuxième République, ont bénéficié de la protection de l’Etat à travers un certain nombre de dispositifs et ceux qui ont souffert le martyre sous le parti unique et constitutionnel. Sous la troisième République, il y a des acquis fondamentaux dans différents domaines qui sont réels mais aussi la chasse aux opposants. Et nous avons connu des ruptures brutales et sanglantes plus d’une fois. Il faudrait que nous ayons le courage d’en parler. Quoi qu’il en soit, 62 ans après, nous pouvons, aujourd’hui, nous enorgueillir d’un certain nombre d’acquis qui se sont consolidés ces dernières années. Au-delà de l’indépendance juridique et formelle, aujourd’hui, chaque Malien au plus profond de lui-même, parle de la souveraineté du Mali, de l’indépendance du Mali, de respect dû au Mali et à ses autorités, du respect de la dignité du Malien. Sur ce socle, consolidé après six décennies, nous pouvons avoir droit à tous les rêves pour aller vers ce mieux-être individuel et collectif que nous continuons à rechercher. L’Essor : Quelle est votre appréciation de l’évolution de la situation sociopolitique du Mali ? Me M.T : Il y a deux ans, une vague de fond s’est soulevée dans notre pays pour contester la gouvernance. Ce mouvement a été porté par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui s’inquiétait des dérives et qui avait dit très clairement que si des solutions n’étaient pas apportées, le Mali risquait de disparaitre en tant que Nation, République laïque et démocratique. Cet appel a été entendu. Nous avons été témoins des manifestations monstres non seulement à Bamako, à l’intérieur du pays mais aussi au niveau de la Diaspora, pour demander essentiellement un nouveau Mali, le Mali Kura, qui devrait en vérité traduire en actes concrets tous les engagements, toutes les promesses formulées depuis soixante années : consolider les acquis, corriger et rectifier les insuffisances. Depuis, une refondation du Mali est en cours. Un chronogramme sur la refondation est élaboré qui ne pourrait s’achever pendant la Transition en cours, mais dont les fondements devraient être posés avant la fin de la Transition. Ce qui suppose que sur le plan institutionnel et politique, il faudrait aller vers des normes nouvelles qui devraient, avant tout, être fixées dans une nouvelle Constitution. Les Maliens se rappelleront que trois tentatives de réviser notre Constitution ont échoué. Il y a aujourd’hui une opportunité extraordinaire, enfin, à tenir compte de l’œuvre du temps. Parce que notre Constitution, aujourd’hui, a 32 ans. Donc, il faut l’adapter au contexte actuel. Mais, une Constitution ne se mange pas, ne se boit pas. Il faut qu’au-delà, la refondation porte sur les avancées en matière économique, social et de sécurité qui sont, aujourd’hui, notre talon d’Achille. Pour cela, il faudrait que chacun des Maliens se sente comptable du devenir de notre Nation. Nul ne doit s’auto-exclure et nul ne doit être exclu. Il s’agit, aujourd’hui, dans une démarche intelligente, de rassembler tous ceux qui ont l’amour et le souci du Mali sur des bases très claires : le patriotisme, l’intégrité et la compétence. Et ces différentes qualités se retrouvent chez les jeunes et les anciens, chez les femmes et les hommes, dans la société civile et dans la classe politique, chez les militaires comme chez les civils. Rassembler ces énergies et compétences vont nous

Sénégal : Amadou Ba nommé Premier ministre

Bamako, 17 sept (AMAP) Le président sénégalais, Macky Sall, a nommé, ce samedi, un nouveau Premier ministre, Amadou Ba, pour la première fois depuis 2019, a annoncé un décret présidentiel. Le poste de Premier ministre avait supprimé en 2019 puis rétabli en décembre 2021. Amadou Ba, ancien ministre des Affaires étrangères, a été nommé par décret présidentiel dans un contexte politique très tendu. Cette nomination intervient cinq jours après une rentrée parlementaire marquée par une série d’incidents qui s’est  achevée sous la garde des gendarmes. Confronté à la hausse des prix, le nouveau chef du gouvernement, ancien ministre des Finances de 2013 à 2019, et des Affaires étrangères entre 2019 et 2020, aura pour mission de mener de «larges concertations» et de prendre de «nouvelles mesures» sur le plan social, a dit, vendredi soir Macky Sall, dans une adresse à la nation diffusée sur la télévision nationale. «Les mesures d’allègement du coût de la vie et de soutien à l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, la lutte contre les inondations et la cherté du loyer resteront pour moi la priorité des priorités», a déclaré le chef de l’État sénégalais. Ces priorités ont été rappelées par le nouveau Premier ministre dans sa première allocution, après la lecture du décret par le secrétaire général de la présidence sénégalaise. AT/MD (AMAP)

Zone UEMOA : Le taux directeur de la BCEAO passe de 2,25% à 2,50% (Communiqué)

Bamako, 16 sept (AMAP) Le taux directeur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), augmente de de 0,25%, passant de 2,25% à 2,50%, à compter de ce vendredi, 16 septembre 2022, a décidé son Comité de politique monétaire (CPM) Selon un communiqué rendu public, mercredi, par le président de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, cette augmentation s’inscrit dans le cadre des efforts pour contenir l’impact de la fièvre actuelle des prix des produits sur, notamment, les ménages et les entreprises, agents économiques déjà affectés par les effets pervers de la Covid-19. La hausse attendue du taux sur la base duquel la BCEAO prête de l’argent aux banques commerciales et qui oblige celles-ci à vendre l’argent plus cher à leur clientèle pourrait, ne peut être suffisante, au regard du niveau actuel de l’inflation établie à 8,1% ,au mois de juillet dernier. Lorsque la BCEAO augmente son taux directeur, les banques commerciales répercutent à la clientèle (ménages et entreprises) pour préserver leur marge, en augmentant le prix de vente de l’argent (prêts notamment). Ces derniers, par effet d’entraînement, se voient obligés de réduire leur consommation pour préserver leur porte-monnaie. La demande en produits baisse. Et, conformément, à la loi du marché, les prix se stabilisent ou baissent lorsque l’offre des produits est égale ou supérieure à la demande. Statutairement, la mission principale de la BCEAO est de lutter contre l’inflation. Cette décision fait suite à la première hausse des taux intervenue en juin. Elle vise à ramener, progressivement, le taux d’inflation (hausse des prix) dans l’intervalle cible de la Banque centrale (1% à 3%) sur le moyen terme, confirme le communiqué. La hausse des prix est consécutive, essentiellement, à la baisse de la production vivrière durant la campagne agricole 2021-2022, aux difficultés d’approvisionnement de plusieurs marchés du fait de l’insécurité dans certaines zones, à l’augmentation des cours des produits énergétiques et des produits alimentaires importés. Ainsi, les prix ont progressé de 7,0% au deuxième trimestre 2022, après 6,4% au premier trimestre 2022. En juillet 2022, le taux d’inflation a atteint 8,1%. Les prix  devraient baisser à partir du dernier trimestre, «avec l’arrivée des premières récoltes de la campagne vivrière 2022-2023 qui s’annoncent meilleures que la précédente», prédit la BCEAO. TAUX SOUS-ESTIMÉ – Ce relèvement du taux directeur de la BCEAO était devenu inévitable, une nouvelle fois. Et ce pour, au moins, deux raisons principales, tranchent des économistes. La première a trait au taux d’inflation dans la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA) qui est en moyenne de 8%. Au regard des réalités observées sur les marchés, beaucoup d’analystes estiment que ce taux est largement sous-estimé. En cause, « la fiabilité des données collectées et la complétude des indicateurs de mesure», soutiennent-il. La seconde raison est que la Banque centrale européenne (BCE), qui gère la monnaie ancre des francs CFA (XOF et XAF), a relevé de 0,75 ses taux directeurs et, ce à partir du 14 septembre 2022. C’est la plus forte hausse dans l’histoire de l’institution en deux décennies d’existence. La mesure paraît tout de même insuffisante pour contrer les pressions inflationnistes observées dans tous les pays de la zone Union monétaire ouest-africaine (UMOA), selon des analystes. Ceux-ci invitent à s’attendre à un nouveau tour de vis pour décembre 2022. Option que l’institution communautaire semble déjà intégrée. «Au cours des mois à venir, le Comité de politique monétaire de la BCEAO prendra, si nécessaire, les mesures idoines pour assurer la stabilité monétaire», annonce-t-elle dans son communiqué. CMT/MD (AMAP)  

Diéma : Attaque contre le convoi du gouverneur de Kayes en partance pour Bamako (Officiel)

Diéma, 15 sept (AMAP) Une attaque d’hommes armés non identifiés, contre le convoi du gouverneur de la Région de Kayes (Ouest), mercredi, aux environs de 15 heures, a fait un mort et deux blessés, ont indiqué des sources officielles. L’attaque contre le cortège, en route pour la capitale malienne, a eu lieu à 100 km, entre Diéma et Gomitradougou, sur l’axe Kayes-Bamako. Les deux blessés ont été évacués sur le Centre de santé de référence (CSRéf) de Diéma pour y recevoir des soins. Selon une source médicale, leur vie  ne serait pas en danger. Après leur forfait, les assaillants se sont fondu dans la nature, laissant sur les lieux un véhicule piégé. Les autorités sécuritaires appellent à la prudence. OB/MD (AMAP)

Tiandougou-coura : Un sorgho à double usage, fruit de la recherche agronomique du Mali  

Par N’Famoro KEITA Bamako, 15 sept (AMAP) L’agriculture, nourrir tous les Maliens, doit relever un double défi : accroître la production et la productivité et l’intégrer à l’élevage. Les chercheurs du Mali, notamment ceux du programme sorgho au Centre régional de recherche agronomique (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba travaillent sur ces questions. Fruit de leur recherche : Tiandougou-coura, une variété hybride, est un sorgho à double usage : ses grains sont utilisés pour la consommation humaine et les pailles (tiges, feuilles) qui sont jugées riches en fer, zinc, calcium et protéine, servent d’aliment pour le bétail. Le but visé est de réussir l’intégration de l’agriculture et de l’élevage. Cela à travers la mise au point de variétés de sorgho combinant le haut potentiel de rendement grain, la qualité de grain et une bonne qualité de paille plus digestible pour les animaux. Mardi 30 août dernier. Un soleil doux berce la cour de l’IER à Sotuba, en Commune I de la capitale, Bamako. D’une superficie de 264 hectares, cette quasi-forêt classée embaume les lieux de son odeur. Son climat doux et humide attire des oiseaux qui gazouillent sans discontinuer. Chercheur et chef au programme sorgho de l’IER, Dr Abdoulaye Diallo, et son équipe se dirigent vers les parcelles destinées aux différents types de sorgho à double usage. Sous un ombrage dense, s’entrecoupent plusieurs pistes parsemées de flaques d’eaux. Elles mènent chacune à une parcelle de culture. Ces variétés de sorgho à double usage ont été améliorées par les chercheurs de l’IER. Leur état végétatif est impressionnant, à tout point de vue. Parmi elles, le Tiandougou-coura est le plus convoité par les cultivateurs. Le chercheur basé au CRRA de Sotuba explique le centre détient actuellement 4 hectares de semences de base de Tiandougou-coura, une variété photosensible de taille réduite (2,5 m) par rapport aux variétés locales (4 à 5 m). « Ce qui, précise Dr Abdoulaye Diallo, lui confère une résistance à l’averse contrairement aux variétés de haute taille ». « Sa paille renferme plus de protéines brutes et moins de cellulose que les variétés locales. Donc plus digestible par les animaux que les variétés locales », ajoute-t-il. DES TONNES DE PAILLES PAR HECTARE – Selon lui, son rendement est, tout aussi, intéressant. Tiandougou-coura produit 2,5 tonnes de graines et 15 tonnes de paille par hectare. « Elle n’est cultivée que dans les conditions pluviales entre les isohyètes (lignes de même pluviosité) 800 et 1000 mm », explique Dr Abdoulaye Diallo. Il précise la floraison de cette espèce a lieu entre fin septembre et début octobre quelle que soit la date de semis. «La variété résiste à la sècheresse post florale», assure le chercheur en agro-pastoralisme. « C’est pourquoi elle continue de gagner du terrain depuis son homologation en 2012 », sourit le chercheur. « Les agriculteurs l’apprécient également grâc, notamment, à sa qualité culinaire, sa résistance à la sécheresse, au striga et à sa qualité fourragère», renchérit-il. Les paysans sont unanimes que la consommation de ses grains est bénéfique pour les femmes allaitantes et les personnes atteintes de diabète. Tiandougou-coura est une variété caractérisée par son trait «stay green» c’est-à-dire la majorité de ses feuilles restent vertes jusqu’à la maturité physiologique lui conférant ainsi le caractère de double usage. « Pour conserver son fourrage, conseille-t-il, les pailles (tige et feuilles) récoltées sont séchées soit à l’ombre ou étuvées puis stockées dans un endroit sec ». «Pour alléger la charge des producteurs contre la flambée des prix de l’engrais, on améliore un système de 45 kg d’engrais par hectare, ce qui fait 2 grammes par poquet», explique le chercheur. « Pour éviter les petits problèmes, ajoute-t-il, il est demandé aux paysans d’avoir un ou un voire trois pieds de plants par poquet ». Le sarclage est fait trois fois, tous les 15 jours. « Après la récolte, indique notre interlocuteur, ses grains doivent être séchés au soleil avant de les garder dans un endroit propre ».   RICHES EN NUTRIMENTS – « Plusieurs recettes, développées en collaboration avec le Laboratoire de technologie alimentaire de Sotuba sont faites à base Tiandougou-coura », s’émerveille Diallo. Il cite la brisure de sorgho aux légumes, du couscous de sorgho malté, Soral instant (sorgho-arachide-lait), le pain de sorgho aux légumes et la bouillie de sorgho aux arachides. Le chercheur sexagénaire estime que ces recettes qui sont riches en nutriments, peuvent constituer une source de revenus pour les femmes. Autant d’atouts qui lui valent l’appréciation des producteurs. Djanko Coulibaly cultive Tiandougou-coura à Kéniéroba, Commune de Boudofo, Région de Kita. Joint au téléphone, il confirme avoir cultivé 1,5 hectare de sorgho à double usage. Pour l’entretien de son champ, il recourt au service d’ouvriers qu’il paie à 1 500 voire 2 000 Fcfa par jour. Le travail dure de 8 à 16 heures. «Il pousse robustement sur notre sol. Ma production est de 2 à 4 tonnes par hectare selon la façon d’aménager le lopin de terre», indique-t-il, attestant que son fourrage est très nutritif pour le bétail. Et depuis deux ans, Djanko Coulibaly nourrit ses ovins avec du fourrage de Tiandougou-coura, avant de les vendre à la veille de la fête de Tabaski. « Grâce à l’utilisation de l’engrais organique, se réjouit-il, la parcelle donne un bon rendement ». «Je peux, souvent, décharger 400 charretées dans le champ», explique le sexagénaire. Il invite les cultivateurs à suivre les conseils utiles des spécialistes et à choisir la variété céréalière améliorée. Depuis une trentaine d’année, Djanko Coulibaly collabore avec l’IER qu’il a connu grâce à son père. Conseiller d’agriculteur et vendeur de semences à Dioïla, près de Bamako, Yalali Traoré, nous confirme au téléphone que de nombreux producteurs achètent la semence de Tiandougou-coura dans sa localité. Il ajoute que « ces agriculteurs font de bonnes productions et arrivent à assurer leur approvisionnement en aliment bétail ». Outre Tiandougou-coura, les chercheurs de l’IER ont amélioré d’autres variétés mais peu connues du grand public : Sassilon, le Double usage 17 (U-17) et le Soubatami, etc. NK/MD (AMAP)

Fonction publique du Mali : Le recensement des agents a débuté le 1er septembre jusqu’en novembre prochain

Bamako, 14 sept (AMAP) Le recensement des agents de la Fonction publique de l’État et des Collectivités territoriales a débuté le 1er septembre et prendra fin le 30 novembre prochain, annonce une lettre circulaire du 31 août 2022. Selon cette lettre relative au déroulement de cette phase du projet Système intégré de gestion des ressources humaines des Fonctions publiques (SIGRH), cette opération concerne tous les agents de l’État et des Collectivités territoriales sur l’ensemble du territoire malien, dans les ambassades et les consulats. « Ce recensement cible précisément les agents fonctionnaires et contractuels de la Fonction publique de l’État, du statut général et des statuts autonomes ». Les Forces de défense et de sécurité sont exemptées. L’opération concerne, aussi, les agents fonctionnaires et contractuels des collectivités territoriales des secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi et de la formation professionnelle pris en charge par l’État, à travers le système de mise à disposition. « Les enseignants des écoles communautaires (ECOM), les animateurs du Centre d’éducation pour le développement (CED), du Centre d’alphabétisation fonctionnel (CAF), du Centre d’apprentissage féminin (CAFE) et du Centre d’éducation pour l’intégration (CEI) bénéficiant des appuis financiers du budget d’État sous forme de subvention et les fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’administration générale » font également partie de la population cible de ce recensement. Les agents contractuels des collectivités territoriales payés sur ressources propres en font partie. Tout comme les agents des organismes spécialisés Établissement public à caractère administratif (EPA), Établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST), Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), Établissement public hospitalier relevant de la Fonction publique de l’État. Ces populations cibles doivent renseigner la Fiche individuelle de collecte de données disponible chez leurs chefs de services respectifs. Et y joindre une copie de l’arrêté de leur intégration ou de la décision de leur recrutement, une copie de la carte Nina ou de la fiche descriptive individuelle. Et également une copie de leur extrait d’acte de naissance y compris celle de l’acte justifiant leur position statutaire. Cette phase de recensement dans le cadre du projet SIGRH a été lancée le 1er septembre dernier. « Le projet vise à lutter contre la fraude et à faire des économies sur les budgets de l’État et des collectivités. Il permettra également d’avoir une maîtrise des effectifs et de la masse salariale ». MDD/MD (AMAP)  

Immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles : En demie teinte

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 14 sept (AMAP) Plus de 1.500 cartes grises délivrées sur une prévision d’au moins 15.000, quelque 9.402 personnes ont obtenu leur permis de conduire sur 11.390 candidats présentés. Tel est le bilan de la phase initiale de l’opération spéciale d’immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles et de délivrance de permis de conduire. Lancée le 15 novembre 2021, elle a pris fin le 15 août dernier. L’objectif était de créer des conditions pour que de nombreux usagers puissent se mettre en règle. A l’heure du bilan de cette phase initiale, les attentes ne sont pas comblées. Des voix s’élèvent pour demander une prolongation. Le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, Mamadou Sow, plaide pour la prolongation jusqu’à la fin de l’année, au regard des difficultés constatées durant ces 9 mois d’activités. Beaucoup de Maliens se souviennent encore des souffrances endurées, notamment dans la cour de la Direction régionale des transports du District de Bamako, ex-Office national des transports (ONT), qui abritait l’un des trois centres d’examen de l’opération dans la capitale. Un interlocuteur anonyme, qui a obtenu son permis de conduire, raconte : «J’ai passé plusieurs mois sans obtenir la carte grise. Ils te demandent de déposer une copie de l’acte de dédouanement de l’engin et d’attendre le temps de retrouver l’original dans les archives de la douane ». « J’ai attendu quatre mois sans être appelé. J’ai changé de moto entre-temps. Il y a moins d’un mois, j’ai été voir si les choses avaient évolué mais rien de nouveau», déplore notre interlocuteur. Il regrette le non-respect par les autorités de la promesse de l’adoption de nouvelles mesures pour éviter les désagréments que causent la recherche des actes de dédouanement originaux. Si lui, comme de nombreux Maliens, s’est plié en quatre pour les avoir, d’autres ne se sont pas donnés de la peine. Tidiane, la trentenaire, fait partie de ceux-ci. «Faute de moyens», ce résident de Djicoroni-Para ne dispose ni de carte grise, ni de permis de conduire. «J’aimerais vraiment me mettre en règle, mais c’est l’argent qui me manque. Je le ferai si l’opération se prolongeait», dit cet usager qui dit avoir acheté sa première moto, il y a plus de 10 ans. DIFFICULTÉS – Faman Kéita, un autre motocycliste, explique qu’une urgence survient chaque fois qu’il décide de se mettre en règle. «Ainsi, j’utilise l’argent que j’avais mis de côté pour me procurer ces pièces», confie-t-il, l’air visiblement gêné. Ladji Sanghanta pensait, plutôt, que l’opération concernait uniquement les mototaxis et les tricycles (Katakatani). Cependant, le jeune électricien admet qu’il est bon de se mettre en règle. Le président du Syndicat national des mototaxis (Synamota) abonde dans le même sens. «Cette immatriculation permet de nous sécuriser aussi bien que nos clients. Elle empêche, également, le vol de motos. La réduction des  coûts des différents documents, a été un soulagement pour nous», commente M. Traoré. Il déplore la lenteur administrative au niveau des douane et le manque d’information comme difficultés majeures, lors de cette première phase. Selon lui, la douane a, par exemple, des difficultés à délivrer aux motocyclistes le Certificat de mise à la consommation (CMC) exigé pour avoir la carte grise. « Les activités d’information et de sensibilisation devraient se poursuivre du début jusqu’à la fin de l’opération », souligne le syndicaliste, ajoutant que de nouvelles motos sont mises en circulation tous les jours. À cet égard, Adama Traoré invite les autorités à proroger l’opération jusqu’à la fin de l’année et retirer le dédouanement de la procédure d’immatriculation. « Car, pense-t-il, il constitue à ce stade le plus grand obstacle à l’accomplissement de l’opération. » En effet, lors de cette première phase, « les engins à deux roues et les tricycles sont immatriculés à 7.500 Fcfa contre 22.750 Fcfa. Et le permis de conduire coûte 5.000 Fcfa contre 15.200 Fcfa », rappelle le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux. « En la matière, l’accès au CMC est un casse-tête pour les motocyclistes », reconnaît Mamadou Sow. Cela au regard, selon lui, de la nature de l’opération. «C’est une opération spéciale caractérisée par la proposition de paiement de frais forfaitaires. Le système douanier a été vraiment ignoré parce qu’il devrait intégrer la somme de 5.000 Fcfa non prévue par les paramètres», argumente Mamadou Sow. « Durant les neuf mois d’activités, précise-t-il, 22.856 CMC ont été reçus sur la base du tarif plein contre 751 sur la base des 5.000 Fcfa forfaitaire. Au plan régional, la Région de Bougouni a délivré le plus de CMC avec 325 CMC au tarif promotionnel de 5.000 Fcfa, 212 au tarif normal. Elle est suivie, respectivement ,par San (169) et Sikasso (94). » IMPLICATION FORTE – Quant à la direction régionale des douanes du District de Bamako, « elle n’a traité aucun CMC à 5.000 Fcfa, souligne-M. Sow. Selon lui, l’implication forte et formelle de la Direction générale des douanes est nécessaire pour faire avancer les choses dans le sens souhaité. « Si un propriétaire d’engin dispose de ces documents, on est habilité à lui accorder un numéro d’immatriculation en lui fournissant une carte grise et en apposant une plaque d’immatriculation sur l’engin », soutient le directeur national. «Nous avons saisi la direction générale des douanes sur instruction de la ministre en charge des Transports pour pouvoir proroger le délai. Avec des changements, nous espérons que les usagers pourront être satisfaits», indique M. Sow. Pour ce faire, un rapport partiel a été envoyé à la hiérarchie, en attendant de finir l’élaboration du rapport final. M. Sow ajoute : «Nous avons tenu une réunion qui est allée dans le sens de la prolongation de la date de l’opération», assure-t-il. Une réunion de restitution aura lieu dès que le rapport final sera disponible. « Au cours de cette rencontre, explique Mamadou Sow, les participants décideront de proroger ou non l’opération jusqu’au 31 décembre ». En attendant, ce n’est plus l’affluence des grands jours dans la cour de l’ex-ONT. Les mouvements bruyants des conducteurs de moto venus passer leur examen de conduite a cédé la place à l’ambiance monotone ordinaire du quotidien. AG/MD