Projet de Constitution : Les innovations à retenir

Par Namory KOUYATÉ Bamako, 1er mar (AMAP) Le nouveau projet de Constitution du Mali, qui comprend 191 articles remis, lundi, officiellement au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, contre 195 dans l’avant-projet et a été connaît des modifications, des réajustements de forme comme de fond pour prendre en compte les préoccupations exprimées par des citoyens. Dans le préambule de la nouvelle monture, l’article 9 dispose que le mariage et la famille, qui constituent le fondement naturel de la vie en société, sont protégés et promus par l’État. Il est clairement précisé que le mariage est l’union entre un homme et une femme. Un peu plus loin, l’article 24 explicite que la défense de la patrie est un devoir pour tout citoyen. Cet idéal est renforcé par l’article 93 en ces termes : «l’État veille à ce que les Forces armées et de sécurité disposent, en permanence, de capacités en ressources humaines et en moyens matériels nécessaires pour accomplir leurs missions». Il est indiqué que la planification de ces ressources et moyens s’opère à travers des lois de programmation. LANGUES OFFICIELLES – L’article 30 stipule que la capitale de la République du Mali est Bamako et qu’elle peut être transférée en tout autre lieu du territoire national par une loi. L’article 31 dit ceci : « les langues nationales sont les langues officielles du Mali». Il précise qu’une loi organique détermine les conditions et les modalités de leur emploi. Un fait marquant de ce projet de Constitution est que le français perd son statut de langue officielle au Mali. Il devient la langue de travail. Les membres de la Commission de finalisation ont été prudents en adoptant cette posture d’ouverture et d’intégration. C’est pourquoi, ils ont pris la précaution de clarifier que l’État peut adopter toute autre langue comme langue de travail. En outre, l’article 32 du texte indique que la laïcité ne s’oppose pas à la religion et aux croyances. Il est écrit noir sur blanc que la «laïcité a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle». Et que l’État garantit le respect de toutes les religions, les croyances, la liberté de conscience et le libre exercice des cultes dans le respect de la loi. Dans le cadre de la lutte contre la corruption, les pouvoirs publics entendent renforcer les mesures de prévention la prévarication. À ce propos, l’article 35 stipule qu’ « aucune autorité publique ne peut, sous peine de sanctions, user des pouvoirs qu’elle tient de la Constitution ou de la loi pour commettre un détournement de ressources ou de biens publics à son profit ou à celui des détenteurs du pouvoir, des membres de leurs familles, d’organismes, ou de toutes autres personnes par favoritisme, corruption, concussion, trafic d’influence ou autres moyens. » NATIONALITÉ D’ORIGINE – Par ailleurs, l’article 45 tranche sans équivoque que le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une seule fois. L’article d’après dit que tout candidat aux fonctions de président de la République doit être de nationalité malienne d’origine et ne posséder aucune autre nationalité à la date de dépôt de la candidature. Plus loin, la mention est faite que le candidat à la présidentielle doit être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus à la date de dépôt de la candidature et être apte à exercer la fonction. Concernant la prestation de serment, l’on constate un rajout de taille au niveau de l’article 55. Il s’agit de cette référence en bas de la formule consacrée : «en cas de violation de ce serment, que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur de la loi». Ce n’est pas tout, le président de la République prête serment devant la Cour constitutionnelle en audience solennelle. Quant à la dissolution de l’Assemblée nationale, elle est encadrée par l’article 69. En effet, le président de la République peut, après consultation des présidents des deux chambres et du président de la Cour constitutionnelle, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale. Toutefois, cet article assure qu’aucune dissolution ne peut être prononcée dans les douze premiers mois de la législature ou lorsqu’une motion de destitution est déclarée recevable. De ce fait, les élections générales ont lieu soixante jours au moins et cent-vingt jours au plus après la dissolution. « Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections. » À l’expiration du délai fixé au troisième alinéa de cet article, « si les élections législatives ne sont pas organisées, l’Assemblée nationale dissoute est rétablie dans ses fonctions », énonce le projet de texte. L’innovation touche également l’article 101 qui dit que les députés et les sénateurs ne bénéficient de l’immunité parlementaire que dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. Enfin, l’article 137 du projet de Constitution précise que le Conseil supérieur de la magistrature est constitué pour moitié de personnalités choisies en dehors du corps des magistrats. NK/MD (AMAP)

Le projet de Constitution du Mali de 191 articles remis au président de la Transition

Bamako, 28 fév (AMAP) Le projet de Constitution dont le nombre d’articles a légèrement diminué de 195 dans l’avant-projet à 191, a été remis, lundi, à Koulouba, au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, par le coordonnateur de la Commission chargée de la finalisation du texte, Pr Fousséyni Samaké. Sur le fond, les changements concernent la reformulation des articles qui traitent des langues et de la laïcité, la clarification de la notion de démission entrainant la déchéance d’un parlementaire de son mandat. S’y ajoutent le principe de la représentation des Maliens établis à l’extérieur à l’Assemblée nationale et le relèvement des majorités requises dans la mise en œuvre de la procédure de destitution de certaines hautes autorités. Mais aussi l’introduction de la possibilité de dissolution de l’Assemblée nationale (toutefois, ce levier de régulation institutionnelle est fortement encadré dans sa mise en œuvre) et la seconde chambre du Parlement qui devient le Sénat en lieu et place de Haut Conseil de la Nation. Le Coordonnateur de la Commission a fait savoir que « cet examen a abouti à l’adoption d’un certain nombre d’amendements qui sont autant d’enrichissements apportés au texte. » Il a indiqué qu’ « au regard des réactions suscitées, des avis éclairés et des propositions pertinentes, les amendements ont consisté en des suppressions, des reformulations, des ajouts ou des fusions de certaines dispositions de l’avant-projet. » Pr Fousséyni Samaké a ajouté que le projet de Constitution est le fruit d’un travail collectif auquel ont été associés tous les acteurs de la société malienne. « Leur engagement s’est exprimé par une participation active aux travaux et la production de contributions de qualité aux débats dans un climat empreint d’écoute, de tolérance et de respect mutuel», a-t-il fait remarquer, souhaitant qu’il soit l’acte fondateur d’un Mali nouveau. LARGE CONSENSUS – Le colonel Assimi Goïta a noté que l’avant-projet de la loi fondamentale a suscité des interrogations et des appréhensions. Afin de recueillir le consensus le plus large possible, le chef de l’Etat a décidé de créer une Commission de finalisation pour prendre en compte les aspirations profondes exprimées lors des Assisses nationales de la Refondation (ANR). L’objectif, a indiqué le président de la Transition, « est de maximiser les chances de rédiger définitivement un texte, avec les équilibres nécessaires. » S’adressant aux membres de la Commission, le colonel Goïta s’est exprimé en ces termes : «Vous avez eu la lourde tâche de parachever un premier travail qui était certes de qualité, mais avait besoin d’être porté à un niveau de perfection». Selon lui, « les enjeux d’un tel projet sont de taille dans les moments de rupture politique comme celle que le Mali vit actuellement. » En outre, le chef de l’État a fait savoir que la Loi fondamentale « est surtout et avant tout l’habillage juridique qui est donné à la vision politique du peuple à un moment déterminé de son histoire. » «La base juridique du Malikoura se raffermit progressivement, mais l’édifice national ne tiendra définitivement qu’avec l’engagement de tous et de chacun», a souligné le président Goïta tout en assurant que le développement socioéconomique du Mali sur la base des libres choix est à ce prix. La Commission de finalisation de projet de Constitution que préside le Pr Fousséyni Samaké, comprend les représentants des institutions de l’État, des partis politiques, des confessions religieuses, des organisations de la société civile, des Forces armées et de sécurité ainsi que les représentants de la diaspora. Après sa séance inaugurale et une journée d’information et d’échanges sur le concept de Constitution et les grandes lignes de l’avant-projet, la Commission a travaillé, conformément a son décret de création du 19 décembre 2022, à l’examen des dispositions du préambule et de chacun des articles de la première mouture. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, des présidents des institutions de la République et de plusieurs membres du gouvernement dont le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions Ibrahim Ikassa Maïga. NK/MD (AMAP)

Fédération Mali-Burkina Faso : Un projet porté par une volonté commune

Envoyé spécial Massa SIDIBÉ Ouagadougou, 27 fév (AMAP) La visite du Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, à Ouagadougou, au Burkina Faso, a été l’occasion d’explorer les pistes pour un idéal panafricaniste pour lequel les autorités du Mali et du Burkina affichent une volonté commune de concrétiser le projet d’intégration des pères des indépendances. Les premiers responsables des deux pays ne font pas mystère de leur détermination à rendre irréversible le processus de construction de la fédération Mali-Burkina Faso au terme des processus de transition. Les deux parties estiment que réaliser ce projet ne doit pas, en principe, être un chantier impossible pour le Mali et le Burkina Faso qui partagent une frontière de près de 1300 km et sont assez proches culturellement ainsi que sur d’autres plans. La manifestation de cette ambition a été abordée lors de la visite de travail et d’amitié que le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a effectuée, la semaine dernière, au Burkina Faso. Cette visite intervient dans un contexte où les deux pays ont une convergence de vues sur de nombreuses questions et font, surtout, face à des défis identiques notamment terroriste. Pour venir à bout de ce fléau, les armées des deux pays collaborent déjà efficacement. Comme l’a fait le Mali, le Burkina Faso semble avoir opté pour le changement de paradigme concernant la conduite de son processus de transition. La diversification de son partenariat, le départ des militaires français du territoire burkinabé sont autant de points sur lesquels Maliens et Burkinabé ont la même grille de lecture. Ces décisions ont, semble-t-il, favorisé le rapprochement entre les dirigeants des deux pays. L’on garde, en effet, en mémoire les visites que le président Ibrahim Traoré et son Premier ministre ont effectuées au Mali. Sur le même registre, le chef de la diplomatie malienne a, récemment, séjourné à Ouagadougou pour raffermir cette coopération. Dans la même dynamique, Dr Choguel Kokalla Maïga a été reçu en audience, vendredi dernier,dans l’après-midi, par le président de la Transition du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. L’audience, qui s’est déroulée au palais présidentiel, a enregistré la présence des ministres maliens et burkinabé. Au terme de l’entrevue, qui a duré environ une heure, le Premier ministre du Burkina Faso, Appolinaire Joachim Kyelem de Tambela, a souligné que sur les instructions des présidents Assimi Goïta et Ibrahim Traoré, les deux gouvernements ont entrepris de baliser le terrain en vue de réaliser les rêves des populations. Il s’agit de voir comment le Mali et le Burkina Faso peuvent poser les jalons de la fédération des deux pays. Signe concret de cette volonté, au pays des « Hommes intègres », une commission spéciale a été installée au sein du ministère des Affaires étrangères. Le Mali dispose, quant à lui, de suffisamment de documentations en rapport avec cette initiative. « Les deux peuples sont déjà fédérés, ce sont les artifices administratifs et politiques qui les séparent », a affirmé Appolinaire Joachim Kyelem de Tambela. En vue de la concrétisation de cette ambition, une Grande commission mixte Mali-Burkina Faso se réunira très bientôt à Bamako. Avant, les ministres des Finances des deux pays vont se réunir. CONSEIL DES MINISTRES CONJOINT – Peu de temps avant cette audience, les deux Premiers ministres ont co-présidé un Conseil des ministres conjoint dans les locaux de la Présidence du Faso. Cette réunion a porté sur l’ensemble des sujets qui intéressent les deux gouvernements, en particulier les questions sécuritaires, la lutte contre le terrorisme, les questions humanitaires, les processus de transition. Mais, aussi, les sanctions contre lesquelles les ministres des Affaires étrangères du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée mènent une offensive diplomatique. Toutes ces questions seront abordées lors de la prochaine réunion de la Grande commission mixte. « Tous les secteurs de développement ont été touchés », a résumé le Premier ministre au sortir de la rencontre. Dr Choguel Kokalla Maïga a rappelé, à ce propos, que les deux pays coopèrent déjà sur le militaire et, aussi, en matière de formation, et de partage de renseignements… « Nous n’avons pas de problème communautaire, c’est fabriqué ailleurs et des hommes sont instrumentalisés, tantôt au nom de l’Islam, tantôt au nom des ethnies. pour nous distraire… », a insisté le chef du gouvernement malien, rejetant l’idée de réduire la crise sécuritaire à des conflits intercommunautaire. Il a soutenu à ce sujet que les autorités maliennes et burkinabè sont occupées à créer les conditions de paix, de sécurité physique et alimentaire, d’éducation et de santé. « Les deux pays vont se donner la main, soutenir les armées afin qu’elles puissent restaurer la souveraineté », a dit M. Maiga, ajoutant que « sans sécurité, pas de démocratie. » Dans la matinée de vendredi, le Premier ministre et son homologue burkinabè ont eu, à la Primature, une séance de travail en prélude au Conseil des ministres conjoint. Rien n’a filtré de cette rencontre. Presqu’au même moment, les ministres du Burkina Faso recevaient leurs homologues du Mali pour le même exercice. La délégation du Premier ministre était composée de plusieurs ministres : Ibrahim Ikassa Maïga (Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions), le général Daouda Aly Mohammedine (Sécurité et Protection civile), Mme Dembélé Madina Sissoko (Transports et Infrastructures), Lamine Seydou Traoré (Mines, Énergie et Eau), Mme Diéminatou Sangaré (Santé et Développement social), Alhamdou Ag Ilyene (Maliens établis à l’Extérieur et Intégration africaine), Modibo Keïta (Développement rural), Andogoly Guindo (Artisanat, Culture, Industrie hôtelière et Tourisme). MS/MD (AMAP)   UN DÎNER POUR FETER L’AMITIÉ ENTRE LES DEUX PAYS Vendredi soir, le Premier ministre du Faso, Appolinaire Joachim Kyelem de Tambela a offert un dîner à son homologue malien Choguel Kokalla Maïga, dans le jardin de la Primature. La question de réaliser la fédération entre les deux pays a constitué « le plat de résistance » des interventions qui ont meublé ce cadre convivial. Se voyant comme les précurseurs de cet idéal panafricaniste, les deux chefs de gouvernement ont à ce propos réaffirmé la volonté des peuples du Mali et du Burkina de cheminer ensemble. « L’élite dirigeante politique et militaire doit aller dans le sens des

Le Premier ministre en visite au Burkina Faso: «Le terrorisme sera vaincu au Sahel»

Envoyé spécial Massa SIDIBÉ Ouagadougou 24 fév (AMAP) Le chef du gouvernement du Mali, Dr Choguel Kokalla Maïga, à la tête d’une délégation d’une dizaine de ministres, a entamé jeudi une visite de quatre jours au Burkina Faso pour renforcer la coopération, particulièrement, dans le domaine de la sécurité et dégager de nouvelles perspectives pour les deux pays. Il a été accueilli dans l’après-midi, à l’aéroport international de Ouagadougou par son homologue burkinabé, Appollinaire Joachim Kyelem de Tambela. Après la salutation des corps constitués, les deux personnalités ont eu un premier tête-à-tête au salon d’honneur de l’aéroport. Interrogé par la presse à la fin de cette entrevue, le Premier ministre du Mali a expliqué que cette visite s’inscrit « dans le cadre du renforcement de la coopération entre le Mali et le Burkina Faso, notamment dans la lutte contre le terrorisme et bien d’autres domaines comme les échanges commerciaux, les transports. » C’est au Mali que le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a réservé sa toute première visite hors de son pays. Dans la dynamique de l’approfondissement, des relations entre Bamako et Ouagadougou, le Premier ministre burkinabè s’est rendu à dans la cpaitale malienne. De même, plus récemment, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop a séjourné à Ouagadougou dans le cadre des concertations Mali-Burkina Faso-Guinée. « Les échanges seront donc approfondis et tirés dans le sens du souhait des peuples », a indiqué Dr Choguel Kokalla Maïga. Le Premier ministre a exprimé sa reconnaissance aux autorités et, surtout, aux populations burkinabè. Il a rappelé à ce sujet que lors des sanctions illégitimes et illégales de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA) contre le Mali, les frontières aériennes étaient fermées entre les deux pays, mais les voies terrestres sont restées ouvertes du fait des peuples. Dr Choguel Kokalla Maïga a, ensuite, rendu hommage à l’Armée du Burkina Faso, présentant les condoléances des autorités de la Transition au Mali et celles du peuple malien suite à la récente attaque terroriste qui a fait des dizaines de morts dans les rangs des militaires burkinabè. «Vous devez tenir bon, ce qui vous arrive aujourd’hui, c’est pour vous démoraliser, pour que vous doutiez de votre armée. Personne ne viendra défendre à la place de votre armée», a-t-il lancé. Pour le Premier ministre, cette période est difficile pour le Burkina Faso, « parce qu’il a fait des choix qui ne sont pas du goût de tout le monde. » « C’est en ce moment que le peuple burkinabè doit être débout comme un seul homme et soutenir son armée qui est l’instrument principal de décision politique dans les mains du président du Faso.», a-t-il déclaré, Il a rappelé à ses hôtes que le Mali a traversé cette étape «où tous les jours on voyait des villages rasés, des camps attaqués, des dizaines de personnes tuées.» «Nous savions très bien pourquoi cela se faisait. Les Maliens ont tenu bon. Nous sommes sûrs que le terrorisme sera vaincu au Sahel», a assuré le chef du gouvernement. « Le terrorisme sera vaincu parce que la guerre des Sahéliens est une guerre juste, elle ne peut pas ne pas réussir. Nous perdons des étapes, des opérations, mais nous allons gagner la guerre. Et pour gagner la guerre, c’est avec nos armées. Aucune armée étrangère ne viendra mourir pour nous…», a insisté le Premier ministre. MS/MD (AMAP)

Le médiateur de la CEDEAO : «Nous pensons que la transition au Mali est en bonne voie»

Par Dieudonné DIAMA   Bembablin DOUMBIA Bamako, 23 fév (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Goodluck Jonathan Goodluck Jonathan, lors de son séjour au Mali dans le cadre du suivi du processus de la Transition, s’est dit satisfait de son entretien avec le président de la Transition qui l’a reçu en audience, mercredi. À sa sortie d’audience, l’Envoyé spécial de la CEDEAO, accompagné par le chef de la Minusma, El-Ghassim Wane, a confié à la presse l’importance de ce déplacement intervenu à une période charnière pour le Mali. Il a rappelé que, suivant les recommandations et les arrangements de la CEDEAO, la Transition au Mali devrait prendre fin en 2024. «C’est dans cet esprit que nous nous sommes dit qu’il fallait mieux venir encore une fois échanger avec les autorités du Mali sur les difficultés d’ordre organisationnel de ce processus de transition», a expliqué Goodluck Jonathan qui a aussi rencontré la classe politique et la société civile pour recueillir leurs observations. Il a affirmé avoir notifié au président Goïta son appréciation par rapport à l’évolution du processus, notamment par la mise en place de certaines structures clés pour la bonne marche de la Transition. Parmi celles-ci, le médiateur de la CEDEAO a cité la mise en place de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) qu’il a saluée. «Nous avons félicité le président de la Transition et toutes les autorités maliennes pour la mise en place de cet organe qui est très important pour la gestion des élections à venir. Nous avons également apprécié la validation d’une carte biométrique qui va servir de cartes d’électeurs pour tous les Maliens », a confié l’ancien président nigérian. Cependant, Goodluck Jonathan a reconnu qu’il était très difficile de pouvoir, durant ce processus de transition, réussir tous les défis à 100%. Toutefois, il a dit que les échanges qu’il a eus avec le président de la Transition, font partie des conversations finales qu’ils auront avec lui étant donné que les élections sont pour 2024. Le médiateur de la CEDEAO a souligné que pendant son séjour, il a eu des échanges avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le ministre en charge de l’Administration territoriale et avec d’autres membres du gouvernement afin d’avoir une idée claire et nette sur l’évolution du processus de transition. «Nous pensons que c’est en bonne voie et nous aimerions venir, peut-être, une prochaine fois pour le couronnement de ce processus de transition en République du Mali», a ajouté Goodluck Jonathan. A la question de savoir s’il va plaider en faveur du Mali pour la levée des sanctions au regard des avancées qu’il a constatées, l’Envoyé spécial de la CEDEAO a dit que l’organisation sous-régionale s’est engagée à aider le processus de transition et le processus politique au Mali. Elle fera, aussi, en sorte que le Mali puisse s’en sortir sur le plan économique. «Il y a des situations au niveau du protocole de la CEDEAO qui font que des sanctions sont prises contre un Etat qui dévie de la voie démocratique. Et ce ne sont pas des sanctions qui sont prises uniquement pour le cas du Mali», a expliqué Goodluck Jonathan. Il a soutenu qu’avant la situation du Mali, ces sanctions existaient déjà dans le protocole de la CEDEAO. Toutefois, il a dit continuer à travailler avec les autorités de la Transition du Mali afin de voir le bout du tunnel. « Cela nous permettra de nous faire entendre au niveau des autorités de la CEDEAO afin qu’elles puissent revoir leur copie pour les sanctions qui sont imposées au Mali aujourd’hui », a-t-il indiqué. CLASSE POLITIQUE ET SOCIETE CIVILE – Auparavant, le médiateur de la CEDEAO avait participé, au Centre de formation des collectivités territoriales, à une réunion du cadre de concertation qui a regroupé, pour la première fois, la classe politique, la société civile et plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga. La rencontre visait à évaluer l’exécution du chronogramme politique et électoral et échanger sur les difficultés de mise en œuvre en vue de donner les nouvelles orientations pour les actions futures. Le ministre Maïga a saisi l’occasion pour brosser les activités réalisées par la Transition. Il s’agit, notamment de la remise au chef de l’Etat de l’avant-projet de la Constitution par la Commission chargée de sa rédaction, de l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) et de la nomination des représentants de l’Etat dans le cadre du retour de l’administration. Le colonel Abdoulaye Maïga a, par la suite, réitéré la volonté du gouvernement de poursuivre les efforts enclenchés, conformément à la vision du président de la Transition, qui visent essentiellement la refondation de l’Etat et le retour à un ordre constitutionnel. À ce titre, des actions significatives ont été menées et portent essentiellement sur la mise en place d’une Commission chargée de la finalisation de l’avant-projet de Constitution composée de l’ensemble des forces vives. S’y ajoutent le démarrage et la poursuite effective des travaux de cette Commission dont le rapport sera incessamment soumis au chef de l’Etat mais, aussi, la relecture de la Loi électorale pour prendre en compte les insuffisances constatées, parmi lesquelles l’institution de la carte nationale d’identité biométrique sécurisée comme carte d’électeur, en substitution à la carte d’électeur biométrique. D’autres insuffisances ont trait au vote par anticipation des membres des Forces armées et de sécurité afin qu’elles puissent se consacrer à la sécurisation des opérations électorales les jours de scrutins. L’adoption du projet de loi portant modification de la Loi électorale et des projets de textes relatifs à la réorganisation administrative et territoriale par le Conseil national de Transition (CNT), en sa séance plénière du 20 février dernier, fait également partie des actions. « Encore une fois, il faut rappeler que la dynamique enclenchée par le gouvernement est une traduction de la vision du président de la Transition de réussir la mise en œuvre des réformes politiques majeures et l’organisation

Le colonel Assimi Goïta, réaffirme l’engagement du Mali contre le terrorisme et la criminalité transnationale

Bamako, 22 fév (AMAP) Le Mali demeure résolument engagé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée « tout en plaidant en permanence pour une coopération internationale dans la solidarité et le respect mutuel », a déclaré, mardi, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Le chef de l’État intervenait, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), à l’ouverture des travaux de la 26è conférence annuelle du Groupe régional africain de l’Union internationale des magistrats (UIM), Le colonel Assimi Goita a, aussi, rappelé lors de cette rencontre que la capitale malienne abrite, du 20 au 25 février, et dont le thème central est : «La promotion des droits de l’Homme en période de crise», que les autorités de la Transition ont toujours placé au cœur de leurs actions « le respect et la promotion des droits humains, de la justice sociale et de la bonne gouvernance. » Cette promotion des droits de l’Homme a toujours constitué une préoccupation majeure pour cette vieille nation. En témoigne la célèbre Charte du Mandé communément appelée «Charte de Kurukanfuga». Le président de la Transition a a estimé que cette conférence de Bamako donne à la fois, au Mali et au Sahel, « l’opportunité de passer en revue les défis majeurs liés au fléau du terrorisme, à la criminalité transnationale organisée et à leurs conséquences. » Selon le colonel Goïta, au regard de l’ampleur et de la complexité de ces phénomènes, il est indispensable d’encourager toutes les initiatives allant dans le sens d’une mobilisation sous-régionale, régionale et internationale « afin de favoriser une réelle prise de conscience face à la menace pour la paix, la stabilité sociale et le développement. » Dans son discours, le président du Syndicat autonome de la magistrature (SAM), Bourama Kariba Konaté, a souligné que les réflexions portera sur les sous-thèmes qui sont des menaces portant atteinte aux droits humains et à la gouvernance. M. Konaté s’est aussi exprimé sur le statut universel du juge mis à jour qui fixe les droits et les devoirs du magistrat. Lequel qui prend en compte les questions de l’éthique et la déontologie à travers une obligation de redevabilité en toutes circonstances. Cela, pour éviter les dérives arbitraires et mettre en exergue l’obligation d’impartialité dans l’exécution de la mission de juge. Auparavant, il avait remercié les autorités de la Transition pour la volonté politique et l’engagement qui ont rendu possible la tenue de la rencontre à Bamako. La présidente du Groupe régional africain de l’UIM, Marcelle Kouassi, après avoir présenté son organisation, a souligné que la rencontre donne l’opportunité de bien réfléchir sur les thèmes choisis. De son côté, le président de l’Union internationale des magistrats, José Maria Igreja Matos, a relevé l’indépendance du juge. Selon lui, nous ne sommes juges que si nous sommes indépendants.«C’est l’ADN de notre profession», a-t-il dit, précisant que l’objectif principal de leur Union est de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire assurant l’Etat de droit. OD/MD (AMAP)

Trois casques bleus sénégalais tués et cinq blessés au Centre du Mali (Etat-Major général des armées du Sénégal)

Bamako, 21 fév (AMAP) Le détachement sénégalais engagé au Mali a enregistre trois morts et cinq blessés suite à l’explosion d’un engin explosif improvisé, a annoncé ce mardi, l’Etat-Major général des armées du Sénégal dans un communiqué. « Ce mardi 21 février 2023, au retour d’une mission de ravitaillement entre les localités d’Ogassagou et de Sévaré, un véhicule blindé du contingent sénégalais déployé au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a heurté un engin explosif improvisé (EEI) à hauteur du village de Songobia (centre du pays) », indique le communiqué. « L’explosion a entrainé la mort, sur le coup, de trois militaires et la blessure de cinq autres », poursuit le texte « Un convoi de la Force de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) a heurté un Engin explosif improvisé (EEI), dans le Centre du pays, a confirmé, pour sa part, la Mission onusienne, mardi, dans un communiqué publié sur son site. « Les blessés ont été secourus et évacués vers les structures médicales dédiées. Les procédures administratives sont en cours pour le rapatriement des corps et des blessés », précise l’Etat-Major général des armées sénégalaises. AT/MD (AMAP)

L’explosion d’un engin improvisé fait deux morts à un poste de contrôle de Nara (Ouest)

Nara, 20 fev (AMAP) Un policier et un agent de la mairie ont trouvé la mort au poste de police à l’Est de la ville de Nara sur la route de Mauritanie qui a été attaqué, ce lundi, à l’Engin explosif improvisé (EEI), annoncent des sources sécuritaires « Les blessés sont au nombre de sept, parmi lesquels cinq policiers, un militaire et un civil qui ont été tous évacués sur Bamako par hélicoptère », précisent les mêmes sources. « Depuis les dernières attaques, les éléments des poste sécurité de police n’y passent plus la nuit. Les terroristes ont profité de cette absence pour poser un EEI sur le toit du poste. L’engin a explosé aux environs de 12h 30. Cela a provoqué la panique au sein de la population surtout en ce jour de foire. » Le ratissage des Forces armées maliennes (FAMa) a permis de mettre la main sur trois suspects qui ont été mis à la disposition de la gendarmerie pour enquête. Pour le moment, la situation est sous contrôle. Les forces de sécurité ont bouclé toutes les entrées de la ville pour procéder à des fouilles à l’intérieur de la ville. BC/MD (AMAP)

Explosion d’un engin à Nara, à la frontière de la Mauritanie (Sources sécuritaires)

Nara, 20 fév (AMAP) Une explosion d’un Engin Explosif Improvisé (EEI) a eu lieu, ce lundi, vers 12h 30 au poste de police, à l’est de la ville malienne de Nara, sur la route de la Mauritanie. Le bilan est de deux morts dont un policier et un agent de la mairie, sept blessés dont un militaire, cinq policiers et un civil, selon des sources sécuritaires. Le ratissage de la zone est en cours. MD (AMAP)

CEDEAO: Le Mali, la Guinée et le Burkina Faso restent suspendus (Communiqué final)

Bamako, 20 fév (AMAP) Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis en session extraordinaire, en marge du 36è Sommet ordinaire de l’Union africaine (UA), a Addis-Abeba, en Éthiopie, ont décidé, samedi, de maintenir la suspension du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée de toutes le instances de l’organisation régionale. Dans un communiqué publié, dimanche, les dirigeants ouest africains ont aussi « rejeté la demande conjointe formulée par les ministres des Affaires étrangères des trois pays en Transition (Burkina Faso, Guinée et le Mali) pour solliciter la levée de (leur) suspension des instances de l’organisation. » Les chefs d’Etat de la Communauté ouest africaine ont également « maintenu les sanctions existantes y compris l’interdiction aux membres du gouvernement ainsi que des hauts fonctionnaires de ces pays de voyager dans l’espace CEDEAO. » Ces décisions ont été prises après avoir examiné les rapports présentés par les Médiateurs de la CEDEAO pour le Burkina Faso, la Guinée et le Mali. Les trois pays ont entamé une offensive diplomatique auprès de la CEDEAO et l’UA conformément au communiqué final de leur rencontre tripartite de leurs ministres des Affaires étrangères tenue les 8 et 9 février à Ouagadougou dans la capitale burkinabè. Toutefois, la CEDEAO indique avoir « pris note des progrès réalisés ainsi que les défis humanitaires et sécuritaires graves » auxquels font face les trois pays, notamment le Burkina Faso et le Mali. La Conférence des chefs d’État et de gouvernement instruit le président de la Commission de la CEDEAO « d’accompagner la mise en œuvre des feuilles de route de la Transition et de renforcer l’appui sécuritaire et humanitaire aux pays touchés, dans le but d’atténuer les souffrances des populations ». La rencontre invite les Nations-unies, l’UA et tous les partenaires internationaux à appuyer la mise en œuvre des décisions de la CEDEAO concernant les trois pays. AT/MD (AMAP)