Mali: Fraude à l’inscription à la Faculté des lettres, des langues et des sciences du langage

Bamako, 11mar (AMAP) Sur un total de 12 655 étudiants enregistrés à la scolarité de la Faculté des lettres, des langues et des sciences du langage (FLSL), 5 128 ont été inscrits sans dossier, soit 40,52% de l’effectif qui n’ont pas versé de droits d’inscription, révèle un communiqué publié mercredi. Le recteur de l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako (ULSHB), le Pr Idrissa Soïba Traoré, cité par le communiqué souligne que « la Commission a décelé de nombreux étudiants professionnels qui se sont inscrits en payant 5 000 Fcfa au lieu de 50 000 exigés par les textes. » Ces fraudes ont été mises au grand jour à la suite de l’examen des dossiers d’inscription de l’année universitaire 2020-2021 par une Commission ad hoc de vérification et de contrôle mise en place par l’ULSHB, selon le Pr Traoré. Le recteur de l’ULSHB a expliqué que « de nombreux étudiants passaient par ce système de fraude à l’inscription très sophistiqué depuis quelques années au niveau  de la FLSL. » Il a précisé que, ce travail est le résultat de la première phase de l’opération spéciale d’audit des effectifs d’étudiants de l’université. Le Pr Idrissa Soïba Traoré a indiqué que les premiers éléments de l’enquête interne laissent indiquer une collusion entre certains membres de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) et des travailleurs du Service de la scolarité de la FLSL. Le premier responsable de l’ULSHB a assuré que « des sanctions réglementaires, à la hauteur de la faute commise, ont été immédiatement prises contre les agents impliqués. » Le communiqué indique que « l’enquête se poursuit à l’interne pour faire toute la lumière sur cette situation et rassembler les éléments nécessaires avant de transférer le dossier à la justice. » Quant aux étudiants en faute, ils ont été invités à venir s’inscrire de manière régulière. Toutefois, a tranché l’université, la quittance du Trésor public sera désormais exigée sur chaque dossier (physique) en plus du bulletin de versement des droits, comme preuve de l’inscription d’un étudiant délivré par le Service de la scolarité. « Ce faisant, a affirmé le recteur, 800 étudiants en situation de fraude au titre de 2020-2021 sur les 5 128 détectés ont pu être diligemment pris en charge dans le cadre d’une opération d’inscription exclusivement initiée à cet effet. » Cette opération se poursuit jusqu’au 17 mars 2023. Le recteur de l’ULSHB a annoncé que la deuxième phase de l’opération spéciale d’audit va concerner la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE). MDD/MD (AMAP)

Mali : Le referendum reporté sine die (ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation)

Bamako, 10 mar (AMAP) Le referendum initialement prévu pour le 19 mars prochain, au Mali, connaitra un léger report, a annoncé, vendredi, à Bamako, le ministre malien de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga. Au cours d’une conférence de presse le ministre Maïga, sans préciser une nouvelle écheéance, a justifié ce report par « la ferme volonté des autorités de la Transition d’appliquer les recommandations des Assises nationales de la Refondation (ANR). » Notamment la pleine opérationnalisation de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) à travers l’installation de ses démembrements dans les 19 régions administratives du Mali et le District de Bamako. Le colonel Abdoulaye Maïga a souligné que la date du referendum sera fixée après concertation avec l’AIGE et l’ensemble des acteurs du processus électoral. Toutefois, il a exprimé « la détermination des autorités de la Transition à respecter le délai convenu avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le retour à l’ordre constitutionnel. DD/MD (AMAP)

Coopération militaire : Le chef d’état-major des armées du Niger reçu par le président de la Transition au Mali

Bamako, 10 mar (AMAP) Le chef d’état-major des armées du Niger le général, Mody Salifou, qui a été reçu en audience, jeudi, au Palais de Koulouba, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, est arrivé à Bamako, pour échanger avec les chefs militaires maliens de coopération entre le Niger et le Mali face aux terroristes, notamment dans la zone des trois frontières. Selon le général Mody Salifou, les efforts entre son pays et le Mali, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ont toujours été permanents. « Il a été question, aujourd’hui, de faire le tour de cette coopération et voir comment nous pourrons rentabiliser davantage cette coopération sécuritaire entre nos deux pays », a confié à la presse le chef d’État-major des Armées du Niger. Le haut gradé de l’armée nigérienne, à discuté, en substance, de la meilleure façon de rentabiliser davantage la coopération sécuritaire entre le deux pays dans la lutte contre le terrorisme. Cette question était au menu de l’audience avec le colonel Assimi Goïta. L’officier général nigérien était venu transmettre au chef de l’État « les salutations amicales » de son homologue du Niger, Mohamed Bazoum. Mais, aussi. de lui rendre compte de ses discussions avec ses « camarades » des Forces armées maliennes (FAMa). Le Mali et le Niger partagent une frontière commune de près de 821 km et sont confrontés à un défi commun : la lutte contre le terrorisme. Pour l’officier général nigérien, il est de bon ton que « nous nous retrouvions régulièrement pour faire le point de la situation, de part et d’autre de la frontière pour le bien de nos populations respectives ». Et de poursuivre : « nos forces ont toujours été ensemble. Nous travaillons toujours ensemble et nous soutenons les unes les autres». Cette audience intervient au moment où la zone dite «des trois frontières» entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso est confrontée au terrorisme. Selon l’Armée malienne, la montée en puissance des FAMa et la mutualisation des efforts accrus avec les pays voisins ont porté un coup sérieux à la capacité de nuisance des terroristes. Par ailleurs, ce déplacement des hauts gradés de l’armée nigérienne u Mali arrive dans un contexte marqué par le retrait du Mali de tous les organes et instances du G5-Sahel, y compris sa force conjointe. Toutefois, les autorités de Bamako ont déclaré être ouvertes à toute coopération bilatérale dans la lutte contre les ennemis de la paix dans la région. BD/MD (AMAP)

Relance imminente du trafic ferroviaire au Mali (Ministère des Transports et des Infrastructures)

Bamako, 09 mar (AMAP) Une mission d’information et de sensibilisation est parti, jeudi, de la gare ferroviaire de Bamako pour Kayes, pour informer et sensibiliser les populations et autorités des localités riveraines sur la relance imminente du trafic ferroviaire national, annonce la cellule de communication du département des Transports et des Infrastructures. « La délégation, à bord de la locomotive CC 2207, fera le trajet Bamako-Kayes. Il est prévu une escale dans toutes les gares le long de la voie ferrée », ajoute la source indiquant que la mission a été mise en route sur instruction du ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Toutes les activités de reprise du trafic ferroviaire sont financées par le budget national. À cet égard, au cours d’un voyage test, le 13 juillet 2022, Mme Sissoko a salué « l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour cette relance du trafic ferroviaire. » Selon elle,  « c’est grâce à l’engagement des autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. » Un communiqué publié par la même source, le mercredi 01 février 2023, a annoncé le ministre des Transports et des Infrastructures a réceptionné « symboliquement » des pièces de rechange destinées aux locomotives maliennes (CC 2205 et CC 2207) en provenance de Dakar (Sénégal). Au cours de cette cérémonie, Madame Dembélé Madina Sissoko a indiqué que des « actions doivent être engagées diligemment pour la libération du domaine ferroviaire des occupations irrégulières et la finalisation du cadre institutionnel de gestion du trafic ferroviaire. » La ministre en charge des Transports a, ainsi, appelé le personnel ferroviaire « à l’esprit d’initiative, au sens de responsabilité, au courage et à la persévérance. » « Cela afin que la marche du train soit irréversible et que le trafic ferroviaire national ne s’arrête plus jamais. » SS/MD (AMAP)

Spécial 8 mars : Femmes battantes, ces dames qui font bouillir la marmite

Par Baya TRAORÉ Bamako, 08 mar (AMAP) Piliers incontournables, elles font preuve d’endurance et de dévouement pour leurs progénitures. Galerie de portraits de ces braves soutiens de famille, a loccasion de la Journée internationale des droits des femmes LAVANDIERE – Comme on le dit, la vie est un combat. Beaucoup de femmes l’ont compris et par conséquent, refusent de croiser les bras. Ces battantes font de petits métiers pour subvenir aux besoins de leurs familles et nourrir l’espoir de l’épanouissement. Awa Coulibaly, une veuve, fait partie de ces braves dames qui travaillent sans relâche pour assurer le repas quotidien de ses enfants. Elle a choisi la profession de lavandière. Depuis 6 heures du matin, la quadragénaire commence à travailler à Samè, un quartier de la Commune IV du District de Bamako. Elle travaille 10 heures par jour, pour un salaire variant de 1.500 à 3.000 Fcfa. Ce qui est frustrant, c’est que certains clients refusent de la payer après service rendu. « J’utilise l’argent que je gagne pour acheter la nourriture, payer les frais de scolarité, les ordonnances médicales et autres», confie-t-elle. «J’ai quatre enfants dont une fille, âgés de 16 à 12 ans. Au début, je lavais deux fois par semaine. Mais, après le décès de mon mari il y a 6 ans, ce travail est devenu ma principale source de revenus parce que je ne pouvais plus compter que sur mes propres forces », fait remarquer Awa Coulibaly. En termes de perspectives, la veuve  ambitionne d’économiser de l’argent pour financer son projet de commerce. «Je vais continuer à travailler dur pour la réussite de mes enfants», promet-elle malgré la fatigue et sa santé fragile. Mariétou Togola, une cliente de Awa Coulibaly, trouve sa lavandière simple, aimable et respectueuse. “Depuis la mort son époux, explique-t-elle, Awa Coulibaly vit dignement de cette activité.” L’un de ses fils est très fier de sa maman. « Grâce à maman, on souffre peu de l’absence de notre père. Maman s’occupe bien de nous», reconnaît l’adolescent. AGENT DE GARDIENNAGE – Il est 19 heures. Kadiatou Traoré, âgée de 42 ans, assure la surveillance devant une entreprise bancaire à Hamdallaye ACI, en Commune IV du District de Bamako. Son travail est rotatif entre les services demandeurs. La brave dame travaille jour et nuit , à des heures tardives, depuis 10 ans. « Mon travail consiste à vérifier les pièces d’identité et les outils des usagers», explique l’agent de sécurité privée. «Mon mari est décédé il y a 12 ans, laissant derrière lui 3 enfants dont 2 filles à ma charge. Au moment de son décès, notre première fille avait 8 ans, l’autre, 3», confie-t-elle les larmes aux yeux. Notre interlocutrice dit avoir été abandonnée par tous les proches de son mari depuis le décès de ce dernier. Aussi, s’occupe-t-elle des charges de la famille y compris les factures d’eau et d’électricité et l’éducation des enfants. Kadiatou se bat quotidiennement pour la survie de sa famille. «Je me réveille tous les jours à 4 heures du matin, et je suis sur pied de 7 heures à 17 heures ou 18 heures», explique Kadiatou qui a perdu son mari à 30 ans, mais ne s’est jamais remariée. La quadragénaire consacre son énergie à la survie de ses enfants. «C’est pourquoi, je ne peux pas me faire plaisir et j’évite les cérémonies sociales», regrette-t-elle. En attendant de trouver mieux, elle est fière de son travail et remercie le Tout-puissant de lui avoir donné la force de s’occuper de ses enfants. Sa première fille témoigne : «Après le travail, quand maman rentre à la maison, elle se met au lit. Souvent, elle refuse de manger avec nous ou attend qu’on finisse d’abord pour manger les restes. Tout le temps, on la voit pleurer en cachette. C’est triste mais on s’en remet à Dieu», affirme-t-elle. TECHNICIENNE DE SURFACE – Mme Samaké Maïmouna Doumbia, elle, est très matinale. Cette technicienne de surface, âgée de 45 ans, habite à Guarantiguibougou en Commune V et commence à travailler à partir de 5 heures 30 du matin dans un commissariat de la Rive gauche. « Tous les jours, je me lève à 4 heures du matin. Je finis mon travail à 15 heures», précise celle qui a passé 11 ans comme technicienne de surface pour un salaire mensuel de 20.000 Fcfa. Ce salaire lui permet d’aider son mari a faire face aux dépenses familiales. «Mon mari n’a jamais trouvé de travail fixe. Raison pour laquelle, je suis obligée de l’aider pour pouvoir supporter les frais de la maison et l’éducation des enfants», souligne-t-elle tout en remerciant certaines personnes généreuses du commissariat pour leurs appuis financiers d’autant que son employeur (une mairie de la place), ne l’a pas payée depuis plus de 2 ans. «Je continue de venir parce que j’aime mon travail qui m’a permis de tisser des liens fructueux avec le personnel du commissariat», poursuit- elle. Selon le chef de poste du commissariat, Mme Samaké, est ponctuelle et respectueuse. « J’ai commencé à travailler dans ce commissariat il y a plus de 5 ans, mais je ne l’ai jamais vu se disputer avec un agent ou un usager. En plus elle ne demande jamais de l’argent à quelqu’un», a ajouté le major de police Boubacar Camara, avant de lancer un appel aux bonnes volontés pouvant aider cette brave femme. BT (AMAP)    

Célébration du 8 mars: Sous le signe de l’innovation et la technologie pour l’égalité des sexes

Bamako, 08 mar (AMAP) Le monde célèbre ce mercredi 08 mars, la Journée internationale des femmes dont l’édition 2023 est placée sous le thème de « l’innovation et des technologies pour l’égalité des sexes : pour un monde digital inclusif. » Dans une déclaration, publiée ce mardi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, indique que « dans le secteur des technologies, les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes. Et dans le domaine de l’intelligence artificielle, la proportion s’élève à cinq contre une. » Pour lui, « la discrimination que subissent les femmes dans le domaine de la science et de la technologie est le résultat de siècles de patriarcat, d’inégalités et de stéréotypes néfastes. » Il a souligné que les femmes ne représentent que 3% des personnes récompensées par un prix Nobel dans les catégories scientifiques depuis 1901. Le thème de la Journée internationale des femmes 2023 permet de saluer et de célébrer les femmes et les filles qui défendent l’avancement de la technologie transformatrice et de l’éducation numérique. Cette célébration permet d’explorer l’impact de l’écart numérique entre les sexes sur l’élargissement des inégalités économiques et sociales, et permet de mettre également en lumière l’importance de protéger les droits des femmes et des filles dans les espaces numériques, de lutter contre la violence sexiste en ligne, facilitée par les TIC. L’intégration des femmes dans les domaines technologiques se traduit par des solutions plus créatives et offre un plus grand potentiel d’innovations qui réponde aux besoins des femmes et favorisent l’égalité des sexes. Leur manque d’inclusion, en revanche, s’accompagne de coûts énormes. Par ailleurs, les femmes en ligne, notamment les scientifiques et les journalistes, sont, souvent, la cible de discours haineux et d’agressions sexistes qui visent à les dénigrer et à les réduire au silence. « Nous devons également agir pour offrir aux femmes un environnement numérique sûr et mettre fin à l’impunité des auteurs d’agressions en ligne et des plateformes numériques qui leur permettent de perpétrer de tels actes », a dit Antonio Guterres. SS/MD (AMAP)

Quelque 135 Maliens regagnent Bamako en provenance de Tunis

Bamako, 6 mar (AMAP) Plus de 135 Maliens dont 25 femmes et 13 enfants ont regagné Bamako, samedi, en provenance de Tunis et ont été accueillis par le ministre de la Défense et des anciens Combattants, le colonel Sadio Camara, à l’aéroport international président Modibo Keïta Senou, a constaté l’AMAP. Le colonel Camara les a assurés « de l’accompagnement du ministère de tutelle et de ses partenaires afin qu’ils puissent regagner leur domicile. » De son côté, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyene, a insisté sur le fait que « la liste pour le rapatriement volontaire est ouverte à l’ambassade et tous ceux désireux de revenir peuvent s’y inscrire. » Il a, ensuite, invité ses compatriotes à embarquer dans les bus pour la Cité d’accueil du ministère où ils reçoivent un appui financier forfaitaire. Le retour de ces Maliens en détresse a été entièrement pris en charge par le gouvernement à travers le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. Le rapatriement a été organisé par les autorités pour permettre à ces fils du terroir en situation difficile en Tunisie de regagner leur patrie, via un vol d’une compagnie nationale. Quelque 260 personnes se sont inscrites parmi lesquelles 135 ont regagné Bamako. Par ailleurs, ce même jour, 51 compatriotes sont arrivés vers 14h30 à Bamako, en provenance de Luanda, en Angola. Ils ont été accueillis par la secrétaire générale du ministère en charge de l’Intégration africaine, Mme Tangara Nema Guindo. Elle avait à ses côtés des responsables du Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME) qui ont grandement contribué au retour de leurs compatriotes. Au total 186 compatriotes en détresse ont regagné le pays ce samedi. Depuis quelques jours les Subsahariens, migrants comme étudiants, sont la cible d’agressions et de pillage en Tunisie. Les migrants sont victimes de stigmatisation et d’attaques physiques. SS/MD (AMAP)

Le gouvernement malien récuse le statut de porte-plume de la France au Conseil de sécurité (officiel)

Bamako, 03 mar (AMAP) Le gouvernement malien a récusé, officiellement, le statut de porte-plume de la France sur toutes questions examinées par le Conseil de sécurité concernant le Mali, indique une correspondance adressée, mercredi, au président du Conseil de sécurité des Nations, le représentant permanent du Mozambique, Pedro Comissário Afonso. Dans cette lettre signée par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, Bamako accuse Paris d’ « actes hostiles, notamment la violation de (son) espace aérien par des aéronefs des Forces françaises.» Selon nos sources, cette décision intervient parce qu’au regard de la tension diplomatique entre les deux pays, l’ancienne puissance coloniale « ’a plus la confiance des autorités maliennes. Paris n’est plus crédible pour traiter convenablement les dossiers du Mali. » La correspondance du Mali amènera le Conseil de sécurité à choisir un autre porte-plume pour le dossier Mali. Et le pays aura la latitude d’accepter ou de récuser le nouveau porte-plume qui sera désigné. Le statut de porte-plume est dévolu généralement aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Le ministre Diop rappelle que par communiqués en date du 12 janvier 2022 et du 26 avril 2022, le gouvernement du Mali a alerté « l’opinion publique nationale et internationale » sur ces actes hostiles. Il ajoute que « ces alertes publiques ont été suivies, le 15 août 2022, d’une lettre par laquelle le gouvernement portait plainte auprès de Conseil de sécurité pour actes d’agression, de violation de notre espace aérien, de subversion et de déstabilisation. » « Au regard de la gravité de ces faits, qui pour le moins interrogent sur l’objectivité et l’impartialité de la République française et, en attendant la tenue de la réunion spéciale du Conseil de sécurité sollicitée par le Mali, le gouvernement de la République du Mali, par la présente correspondance, récuse officiellement le statut de porte-plume de la France sur toutes questions examinées par le Conseil de sécurité concernant le Mali », écrit Abdoulaye Diop. Depuis l’inscription de la situation du Mali à l’agenda du Conseil de sécurité, conformément à sa résolution 2085 du 20 décembre 2012, « la France a toujours porté la plume sur toutes les questions concernant le Mali devant cet auguste organe », rappelle le chef de la diplomatie malienne. Ces questions comprennent, aussi, l’initiative et le portage des projets de résolutions relatifs au mandat de la Mission multinationale intégrée pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) ou au régime de sanctions concernant le Mali. SS/MD (AMAP)

Culture de la pomme de terre à Sikasso (Sud) : La semence et l’engrais chers douchent les espoirs des producteurs

Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 02 mar (AMAP) Sikasso, la Cité verte du Kénédougou, dans le Sud du Mali, a bâti sa réputation autour de la culture de la pomme de terre, devenant ainsi un des plus importants bassins de production de ce tubercule très prisé par les consommateurs. De plus en plus de producteurs de la Région de Sikasso s’intéressent à cette culture qui leur procure un revenu assez conséquent. Cependant, cet engouement est douché par les difficultés que connaissent plusieurs producteurs. Ils se plaignent de la cherté du prix du sac de semence et d’engrais. «Cette année, tout est cher. Le prix du sac d’engrais minéral et de celui de semence a considérablement augmenté. De 23 000 Fcfa les années précédentes, le sac de semence est vendu à 25 000 Fcfa et celui d’engrais minéral NPK est passé de 15 000 Fcfa à 35 000 Fcfa», déplore Hamidou Ballo, producteur de pomme de terre. Il possède un champ de pomme de terre de trois hectares à Bamadougou et deux hectares à Zoumayéré (dans les faubourgs de Sikasso). Hamidou Ballo vend ses tubercules au marché de Médine, les samedis. «En plus de Sikasso et de Bamako, mes clients viennent du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Je cède le sac de 25 kg à 6 250 Fcfa, celui de 50 kg à 12.500 Fcfa et le kilo à 250 Fcfa», précise-t-il. Abondant dans le même sens, Madou Berthé, producteur à Zangaradougou, estime que la production de pomme de terre devient moins lucrative. «Faire face en même temps aux nombreuses dépenses engendrées par l’achat de l’engrais et de la semence et tirer le maximum de profit de sa production n’est pas du tout facile. On se contente du peu qu’on gagne», confie, désespéré, ce propriétaire de trois hectares de pomme de terre à Zianso. Il écoule ses tubercules au grand marché de Sikasso aux mêmes prix que Hamidou pendant les jours de foire (dimanche). CHAOTIQUE – « La campagne de cette année a été chaotique pour moi. À cause du coût trop élevé de l’engrais minéral, je me suis approvisionné en engrais mélangé localement. J’ignorais que ce n’était pas de la bonne qualité. Ma production a chuté», explique un producteur de N’Gorodougou, Oumar Diamouténé. Il entend changer de stratégie l’année prochaine afin d’éviter l’erreur de cette année. « Malgré la conjoncture actuelle, je sollicite de l’État qu’il prenne des mesures pour réduire les prix de l’engrais et de la semence pomme de terre afin de nous permettre d’exercer notre métier », souhaite Diamouténé. Un autre producteur signale son cas d’échec et de perte de récoltes dans la localité de Kafouziéla. Il aurait utilisé de l’engrais destiné à la culture de céréales en lieu et place du NPK conseillé pour la pomme de terre. Devant l’ampleur de la catastrophe, il dit avoir saisi la Direction régionale de l’agriculture (DRA) qui a prélevé des échantillons envoyés en laboratoire à Bamako pour analyses. Le résultat a révélé que l’engrais est de bonne qualité mais qu’il est inapproprié pour le tubercule. La pomme de terre a besoin, pour son cycle végétatif, de l’engrais NPK, alors que l’engrais destiné aux céréales contenait seulement de l’Azote (N), substance minérale qui ne convient pas aux tubercules. Pour éviter ces déconvenues, le chef du bureau statistique, suivi-évaluation et communication à la DRA, Moussa Dembélé, invite les producteurs à s’informer auprès des agents en charge du contrôle phytosanitaire ou d’encadrement avant de prendre des décisions aux conséquences fâcheuses. M. Dembélé exhorte les producteurs à privilégier l’utilisation de la fumure organique parce que l’engrais minéral détériore la terre, même s’il permet d’obtenir de très gros tubercules, mais qui se conservent mal. HAUSSE DES PRIX – De leur côté, les commerçants d’engrais minéraux (notamment le NPK) et de semences de pomme de terre soutiennent que la hausse des prix est due à la conjoncture actuelle et surtout à la crise ukrainienne. Ils affirment que cette flambée est survenue en 2021. «Auparavant, je cédais le sac de 50 kg du NPK à 25 000 Fcfa. Cette année, j’ai été obligé de le vendre entre 30 000 et 40 000 Fcfa pour pouvoir tirer mon épingle du jeu», se justifie Dramane Berthé, commerçant d’engrais au grand marché de Sikasso. Pour sa part, Youssouf Sanogo, commerçant de semences de pomme de terre, précise que de 24 000 Fcfa en 2021, le sac de 25 kg est actuellement cédé aux producteurs entre 27 500 Fcfa et 40 000 Fcfa voire 50 000 Fcfa. Pour cette année, les responsables de la DRA estime la production annuelle de la Région de Sikasso à plus de 135 000 tonnes. «Cette année, il est trop tôt de fournir des statistiques précises, car les récoltes sont en cours. Toutefois, les superficies réalisées sont de 6 823 hectares pour un objectif de 6 905 hectares, ce qui représente 98% de réalisations», révèle Moussa Dembélé. Le président de la filière pomme de terre, Abdoul Karim Sanogo, soutient que le tubercule est d’une importance capitale car il contribue à l’autosuffisance alimentaire et nutritionnelle du pays. Toutefois, M. Sanogo, déplore la faible capacité de stockage de la chambre froide qui est de 3 000 tonnes contre une production annuelle de 300 000 tonnes. La pomme de terre de Sikasso est vendue dans la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Togo, Ghana, Guinée, Niger, Mauritanie et Sénégal. Après les récoltes, les coopératives, les unions, les fédérations qui composent l’interprofession gardent de la pomme de terre dans la chambre froide afin de pouvoir l’écouler après la campagne. Les quantités produites dépassent de loin les capacités de stockage de la chambre froide. Pour le développement de la filière, Abdoul Karim Sanogo sollicite l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers pour la construction d’autres chambres froides et la subvention de l’engrais et des semences destinés à la pomme de terre. MFD (AMAP)

Le Burkina Faso dénonce l’Accord de coopération militaire de 1961 avec la France (Officiel)

Bamako, 1er mar (AMAP) Le gouvernement du Burkina Faso a dénoncé l’Accord d’assistance militaire technique, conclu à Paris le 24 avril 1961 entre la République de Haute Volta et la République française, y compris ses deux annexes, a annoncé, mardi, le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur. Dans une lettre adressée aux autorités françaises, le ministère a informé, également, la partie française que « la présente dénonciation prend effet dans un délai d’un mois suivant sa réception », indique la même source. Ouagadougou invite « les autorités concernées à prendre des dispositions diligentes en vue du départ définitif de tous les personnels militaires français en service dans les administrations militaires burkinabè. » Cette dénonciation intervient quelques semaines après le retrait de la Force militaire française « Sabre » composée de 400 hommes, à la demande des autorités de la Transition burkinabé. Ce retrait, qui a été acté le 19 février 2023 met fin à 14 ans de présence de l’opération « Sabre » au Burkina Faso. SS/MD (AMAP)