CAN 2025 : Le Sénégal en finale

Envoyé spécial Ladji Madihéry Diaby Tanger, 14 janvier (AMAP) Le Sénégal s’est qualifié mecredi pour la finale de la 35è édition de la Coupe dAfrique des nations en battant l’Egypte 1-0, au stade Ibn Batouta de Tanger, une ville située à l’extrémité du nord-ouest du Maroc sur le détroit de Gibraltar à quatorze kilomètres de la côte espagnole. L’unique but de la rencontre porte la signature de Sadio Mané. La star sénégalaise a concrétisé la domination de son équipe à la 78è minute et libéré tout un peuple. Tout est parti d’une frappe puissante de Lamine Camara qui est contrée mais le ballon revient sur  Sadio Mané qui a terminé le travail d’une autre frappe puissante au ras du poteau. Le gardien égyptien Mohamed Elshenawy est surpris. Les Sénégalais qui ont massivement effectué le déplacement au stade ont exulté. Les Egyptiens furieux, ont estimé qu’il y a une main de Sadio Mané, mais le but est validé par l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Le Sénégal a largement dominé la rencontre et mérité sa qualification pour la finale.   LMD/MD (AMAP)

CAN 2025 : Fin de rêve pour les Aigles

Par Seïbou S. KAMISSOKO Envoyé spécial Tanger, 9 janv (AMAP) L’aventure est terminée pour le Mali, ce vendredi, en quarts de finale où le capitaine Yves Bissouma et ses partenaires se sont inclinés 1-0 face aux Sénégalais dans le grand stade de Tanger. L’unique but de la partie a été marqué par l’avant-centre sénégalais, Iliman Cheick B. Ndiaye à la 28è minutes de jeu (1-0). Ce « derby des voisins » a tenu toutes ses promesses en termes d’intensité, mais il a basculé du côté sénégalais lors d’une première période fatidique pour les hommes de Tom Saintfiet. Dès l’entame de jeu, le Sénégal a imposé un pressing haut, cherchant à fissurer le fameux « bloc de granit » malien. La faille est intervenue à la 28ème minute : sur une accélération fulgurante, l’attaquant sénégalais Iliman Cheick B. Ndiaye a trompé la vigilance de la défense malienne pour ouvrir le score (1-0, 28è). Un but qui a fait exploser de joie les supporters des Lions, mais qui n’a pas immédiatement douché les ambitions des Aigles. Alors que le Mali tentait de réagir avant la pause, le match a basculé dans le dramatique. Déjà averti, le capitaine Yves Bissouma, moteur du milieu de terrain, a reçu un second carton jaune synonyme d’expulsion juste avant le retour aux vestiaires. Réduits à dix et menés au score, les Aigles se sont retrouvés face à une montagne. Malgré une seconde période héroïque où les Aigles ont fait preuve d’une solidarité exemplaire pour ne pas sombrer, le score n’évoluera plus. Les Lions du pays de la Teranga, en gestionnaires expérimentés, ont verrouillé l’accès à leur but jusqu’au coup de sifflet final. Le Mali quitte ainsi la compétition la tête haute. Si la déception est immense, notamment à cause de ce scénario défavorable, le parcours des Aigles restera marqué par une force de caractère exceptionnelle. Tom Saintfiet et ses protégés auront prouvé que le Mali fait désormais partie du gratin du football continental, capable de rivaliser avec les plus grands, même dans l’adversité. Pour le Sénégal, la marche continue vers les demi-finales, tandis que les Aigles devront tirer les enseignements de cette campagne marocaine pour revenir plus forts lors des prochaines échéances. SSK/MD (AMAP)

Macina : Attaque meurtrière contre deux véhicules sur l’axe Macina-Ségou

Macina 8 janv (AMAP) Une attaque terroriste a visé deux véhicules ce jeudi matin sur l’axe reliant Macina à Ségou, dans le centre du Mali, faisant au moins trois morts et trois blessés graves, a-t-on appris de sources locales et sécuritaires. L’attaque s’est produite entre 9h et 10h GMT au niveau du village de Tongolo Coura. Les assaillants ont pris pour cible un car de la compagnie « Petit gros bois » en partance pour Bamako et une camionnette allant vers Macina, alors que le car faisait un arrêt. Un bilan provisoire fait état de 16 victimes, toutes originaires de Macina, dont trois personnes ont été tuées et trois autres grièvement blessées. Une motocyclette de type Jakarta a également été incendiée lors de l’assaut. Selon plusieurs sources locales, le village de Tongolo Coura serait sous embargo depuis longtemps, avec une interdiction d’y prendre ou d’y déposer des passagers. Dans l’après-midi, le préfet du cercle de Macina, Albaraka Ag Amarizag, s’est rendu au Centre de santé de référence (CSRéf) de Macina, accompagné d’une forte délégation, pour constater l’état de prise en charge des victimes. Celle-ci était déjà achevée. Le préfet a présenté ses condoléances aux familles des défunts et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, au nom des autorités locales et nationales. Cette attaque relance les interrogations sur la sécurité sur l’axe vital Macina-Ségou-Bamako, crucial pour désenclaver la région. DG/OS (AMAP)

Sahel : l’AES condamne l’« agression » américaine contre le Venezuela

Bamako, 8 janv (AMAP) La Confédération des États du Sahel (AES) a exprimé sa vive préoccupation après des informations faisant état d’une opération militaire des États-Unis au Venezuela ayant conduit à l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse. L’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État constitue une ingérence inacceptable et un acte d’agression », affirme l’AES dans un communiqué publié à Ouagadougou. La Confédération condamne fermement une action jugée contraire au droit international et aux principes de la Charte des Nations unies, dénonçant un recours unilatéral à la force par un membre permanent du Conseil de sécurité. L’AES appelle ce dernier à assumer ses responsabilités « en condamnant clairement l’action militaire américaine et en œuvrant au rétablissement de la légalité internationale. » Elle réaffirme son attachement à un ordre mondial fondé sur l’égalité souveraine des États et exprime sa solidarité avec le peuple vénézuélien. OS/MD (AMAP)

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 07 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 7 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, le Conseil des Ministres a adopté : un projet de décret fixant le détail des compétences transférées de l’Etat aux Collectivités territoriales en matière d’assainissement et de lutte contre les pollutions et nuisances ; un projet de décret fixant le détail des compétences transférées de l’Etat aux Collectivités territoriales en matière de gestion des ressources forestières et fauniques. Aux termes des dispositions de la Loi n°2012-006 du 23 janvier 2012, modifiée, portant principes fondamentaux de l’organisation administrative du territoire, le territoire de la République du Mali est divisé en Circonscriptions administratives et en Collectivités territoriales. L’adoption de la Loi n°2023-002 du 13 mars 2023 portant modification de la Loi n°2012-006 du 23 janvier 2012 portant principes fondamentaux de l’organisation administrative du territoire a consacré la suppression de la Collectivité territoriale Cercle. Cette nouvelle organisation administrative et territoriale a rendu nécessaire la relecture du Décret n°2014-0572/P-RM du 22 juillet 2014 et du Décret n°2018-0079/P-RM du 29 janvier 2018 fixant respectivement le détail des compétences transférées de l’Etat aux Collectivités territoriales en matière d’assainissement, de lutte contre les pollutions et nuisances et de gestion des ressources forestières et fauniques. Les projets de décret, adoptés, réorganisent l’exercice des compétences transférées entre la Commune, la Région et le District de Bamako et précisent l’appui-conseil que les services centraux et déconcentrés du Ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable doivent apporter aux Collectivités territoriales dans ce cadre. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE – Secrétaire général : Monsieur Moustapha TRAORE, Conseiller des Affaires étrangères. – Secrétaire Agent Comptable à l’Ambassade du Mali à Genève : Monsieur Youssouf TOURET, Inspecteur du Trésor. – Secrétaire Agent Comptable à l’Ambassade du Mali à Dakar : Madame Arhamatou COULIBALY, Contrôleur des Finances. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE – Conseiller technique : Monsieur Tombé DIABIRA, Ingénieur de l’Agriculture et du Génie rural. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne a informé le Conseil des Ministres de l’organisation de la 2ème Edition de « La Nuit du Citoyen », le 22 janvier 2026, à Bamako et à Kati. Cette 2ème Edition a pour objectifs : – de magnifier les citoyens qui incarnent les valeurs de civisme, de solidarité et de responsabilité ; – de promouvoir l’engagement citoyen sous toutes ses formes, en mettant en lumière les actions exemplaires au sein des communautés ; – d’encourager une participation active des citoyens aux efforts de développement local et national. Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a informé le Conseil des Ministres de la commémoration de la Journée internationale du 6 février. Cette journée, placée sous le thème national : « Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enjeux de l’abandon des mutilations génitales féminines/excision », vise à informer et à sensibiliser l’opinion publique sur l’ampleur du phénomène. Elle offre également l’occasion de partager les progrès réalisés dans l’abandon des mutilations génitales féminines par les communautés et de faire le plaidoyer auprès des décideurs et leaders communautaires sur les enjeux et défis liés à leur élimination. La commémoration sera marquée, à Bamako et dans les Régions, par des conférences-débats, des émissions radiophoniques et télévisées, des formations et des sessions de plaidoyer. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a informé le Conseil des Ministres : des conclusions de la 3ème Réunion des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce et le Secteur privé de la Confédération AES, tenue le 15 décembre 2025, à Niamey au Niger. Cette 3ème Réunion, qui avait pour thème : « Quelles réformes pour un Secteur privé en harmonie avec la vision de l’AES ? », a examiné plusieurs points relatifs à la transformation structurelle des économies de l’AES et à la construction d’un espace économique intégré pour assurer la libre circulation des personnes et des biens. A la fin de leurs travaux, les ministres ont adopté : – l’état de mise en œuvre des actions prioritaires et des recommandations de 2025 ; – la matrice des recommandations à mettre en œuvre en 2026 ; – le texte sur le cadre de dialogue public-privé et l’amélioration du climat des affaires de la Confédération AES ; – le guide d’organisation des rencontres des ministres. Plusieurs documents ont été signés par les acteurs du Secteur privé, notamment : – la convention de partenariat entre les offices céréaliers de la Confédération AES ; – le statut de l’Alliance des Chambres de Commerce et d’Industrie de la Confédération AES ; – le texte sur la création du Comité de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre de l’Accordcadre des Chambres de Commerce et d’Industrie de la Confédération des Etats du Sahel. de la tenue de la 65ème Session ordinaire du Conseil d’Administration de l’Organisation africaine de la Propriété intellectuelle, du 4 au 13 décembre 2025, à Brazzaville en République du Congo. Au terme des travaux de cette 65ème Session, le Conseil d’Administration a pris acte des rapports d’activités du Directeur général et des Structures nationales de Liaison, examiné l’exécution budgétaire au 30 septembre 2025 et adopté le budget de 2026 ainsi que plusieurs résolutions relatives au fonctionnement et au développement de l’Organisation. Après le « Grand Prix des Awards » de la Marque OAPI en 2025, le Mali s’est à nouveau distingué, au cours

Mali : Suspension des salaires d’enseignants et agents scolaires à Kidal (Nord) pour abandon de poste

Bamako, 7 janv (AMAP) – Le gouverneur de la région de Kidal, dans le Nord du Mali, a décidé de suspendre les salaires de plusieurs agents de l’État et des collectivités territoriales dans le secteur de l’éducation, à compter du 1er janvier 2026, pour abandon de poste. annonce une source officielle. Selon une décision signée par le gouverneur, cette mesure, prise le 31 décembre 2025, concerne des enseignants et le personnel administratif répertoriés dans une liste annexée à la décision officielle. Cette suspension vise à sanctionner l’absence prolongée de ces agents, malgré des rappels répétés. Les directeurs régionaux du Budget, du Contrôle financier et le Trésorier payeur régional sont chargés de l’exécution de cette mesure, qui sera enregistrée et communiquée aux services concernés. La décision intervient après une série d’avertissements émis par les autorités régionales de Kidal pour inciter les agents scolaires à regagner leurs postes. OS/MD (AMAP)

Trois nouveaux ambassadeurs présentent leurs Lettres de créance au Président de la Transition Assimi Goïta

Bamako 06 janv. (AMAP) Le chef de l’État, le général d’Armée Assimi Goïta, a reçu, mardi, au Palais de Koulouba, les Lettres de créance de trois nouveaux ambassadeurs accrédités auprès de la République du Mali, annonce un communiqué de la présidence malienne. La cérémonie a débuté avec M. Mahmoud Khani Jooyabad, nouvel ambassadeur de la République islamique d’Iran. Diplomate chevronné ayant occupé des postes de haut niveau en Europe et en Asie, il est présenté comme incarnant l’engagement traditionnel de l’Iran en faveur du multilatéralisme et de la coopération Sud-Sud. À cette occasion, les deux parties ont salué l’excellence des relations bilatérales, fondées sur une coopération diversifiée dans les domaines de la santé, de l’agriculture, des infrastructures et de l’aide au développement. Les échanges ont permis de réaffirmer la « volonté commune de dynamiser des projets structurants et de renforcer le dialogue stratégique, particulièrement en matière de paix, de sécurité et de lutte contre le terrorisme. La cérémonie s’est ensuite poursuivie avec M. Erik de Feijter, ambassadeur désigné du Royaume des Pays-Bas. Cette accréditation traduit la volonté partagée de consolider les relations entre Bamako et La Haye, notamment dans les domaines du développement durable, de la gouvernance et de l’action humanitaire. Enfin, M. Li Xiang, ambassadeur désigné Chine, a présenté ses Lettres de créance au chef de l’État. Diplomate expérimenté, il prend fonction dans un contexte marqué par l’excellence des relations sino-maliennes, considérées comme l’une des coopérations les plus dynamiques du Mali. Ce partenariat stratégique exemplaire s’est concrétisé par de nombreuses réalisations dans les secteurs des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’énergie et du numérique, ainsi que par des projets structurants ambitieux en cours et à venir. À travers cette cérémonie, le président de la Transition a réaffirmé l’attachement du Mali à une diplomatie ouverte, fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et une coopération gagnant-gagnant au service de la paix et du développement, selon le communiqué. OS/MD (AMAP)

Ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration : La 3e édition de la Semaine du Numérique se tiendra du 29 au 31 janvier 2026

Bamako, 06 janv. (AMAP) Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a annoncé, mardi après-midi, lors d’une conférence de presse tenue dans la salle de réunion du ministère des Sports, la tenue de la 3e édition de la Semaine du Numérique. L’événement se déroulera du 29 au 31 janvier 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), avec le Burkina Faso et le Niger comme pays invités d’honneur. Placée sous le thème « Le gouvernement à l’ère de l’intelligence artificielle : opportunités et défis pour la culture », cette édition vise, selon le ministre, à examiner la vision stratégique de chaque pays membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) en matière de transformation numérique, dans un contexte de crise multiforme et face à l’avancée rapide de l’intelligence artificielle. « L’événement s’ouvrira par un panel inaugural de haut niveau réunissant les ministres en charge du numérique du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ils aborderont le thème central de la Semaine et proposeront des solutions pour un développement coordonné du numérique dans l’espace AES », a précisé Alhamdou Ag Ilyène. Plusieurs panels thématiques sont également prévus, notamment sur « L’identité numérique, la certification et la signature électronique : quelles perspectives ? ». Ce sujet revêt une importance stratégique pour le Mali, dans le cadre de l’accélération des services d’e-gouvernement et du renforcement de la confiance numérique, a souligné le ministre. Par ailleurs, des compétitions seront organisées entre les start-ups et PME de l’espace AES, les jeunes cyberdéfenseurs (Cyber Défenseurs Juniors) ainsi que les services relevant de l’administration malienne. Les trente (30) candidats présélectionnés bénéficieront d’un coaching dispensé par l’AGETIC dans son Centre d’incubation. Les trois meilleurs de chaque catégorie seront primés, et un prix spécial sera décerné à la meilleure initiative féminine, a conclu Alhamdou Ag Ilyène. ST/MD (AMAP).

Le fleuve Sénégal de plus en plus trouble et ensablé

Par Abdoulaye Telli BALDE Diamou, le 5 janv (AMAP) Le fleuve Sénégal, l’un des principaux cours d’eau d’Afrique de l’Ouest, traverse plusieurs pays, dont le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée. Il reste une source vitale pour des millions de personnes, soutenant l’agriculture, la pêche, l’approvisionnement en eau potable et la production d’électricité hydroélectrique. En cette période de l’année, où les eaux sont normalement claires, le fleuve affiche un état inhabituel qui inquiète fortement les populations riveraines. Sidy Makan Konaté, jardinier au bord du fleuve depuis plus de vingt ans, déclare n’avoir jamais vu une telle coloration. Pour lui, ce phénomène traduit une dégradation progressive de l’environnement fluvial. Selon des sources non officielles, des activités de dragage intensives en amont, souvent liées à l’orpaillage, seraient responsables de cette situation. Ces opérations remuent de grandes quantités de sédiments et impliquent l’utilisation de produits chimiques toxiques, parfois cancérigènes, dont les rejets accentuent la turbidité et menacent la santé des riverains. À cela s’ajoute un ensablement croissant. De nombreuses petites îles sableuses émergent sur plusieurs tronçons, parfois par dizaines sur un même segment. La végétation finit par s’y installer, transformant progressivement le lit du fleuve en une succession d’îlots. Ce processus réduit la profondeur et la largeur du cours d’eau, fragilise la pêche et perturbe durablement les écosystèmes aquatiques. CONSEQUENCES SANITAIRES – Malgré ces signes alarmants, les riverains n’ont souvent pas d’autre choix que d’utiliser cette eau pour leurs besoins quotidiens. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser cette eau colorée, malgré les risques », confie Mariam Bakayoko, ménagère à Diamou. Boisson, cuisine, lessive, baignade et abreuvement du bétail dépendent encore largement du fleuve dans de nombreuses localités. Cette dépendance expose la population à de sérieux risques sanitaires : diarrhées aiguës, dysenterie, choléra, fièvre typhoïde, bilharziose et diverses affections cutanées. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Dramane Diakité, élu local, exhorte les autorités à agir sans délai. Il demande l’ouverture rapide d’une enquête pour identifier précisément les causes de cette dégradation et mettre en place des solutions durables. Il plaide également pour une implication accrue des communautés locales dans la gestion intégrée des ressources en eau. « Dans l’immédiat, il est essentiel de prendre des mesures concrètes pour protéger notre fleuve et préserver la santé de nos populations ainsi que celle de notre environnement », avertit-il. Sans réaction rapide, des milliers de riverains resteront exposés à des risques majeurs liés aux maladies hydriques. Les habitants interpellent par ailleurs l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) et les États riverains pour un renforcement du contrôle des activités de dragage et la mise en œuvre de mesures efficaces contre l’ensablement. Pilier écologique, économique et social transfrontalier, le Fleuve Sénégal traverse aujourd’hui une phase critique. Sans actions concertées et rapides des parties prenantes, ce patrimoine commun risque des dommages irréversibles, compromettant le bien-être des générations actuelles et futures. ATB/OS/MD (AMAP)

Discours du Président de la Transition, chef de l’Etat à l’occasion du nouvel An 2026

Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Hôtes du Mali, Par la grâce d’Allah, nous franchissons le seuil de la nouvelle année 2026. En ce moment de recueillement et d’espérance, je formule pour chacune et chacun d’entre vous des vœux de réconfort, de concorde, de santé et de prospérité. Je m’incline pieusement devant la mémoire de nos martyrs, civils et militaires. Leur sacrifice est le socle de notre engagement et de notre Renouveau. À nos blessés, aux familles endeuillées, la Nation exprime sa solidarité indéfectible. Je voudrais également adresser ma compassion aux populations durement éprouvées par les sinistres survenus dans notre pays. Je formule le voeu que l’élan de solidarité nationale, dans la dignité et l’entraide, continue de soulager les peines et de relever les vies. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Le passage à une nouvelle année est une occasion de regarder ensemble le chemin parcouru, d’évaluer nos efforts communs et de mesurer, avec lucidité, les défis à relever. L’année 2025 dont nous vivons les derniers instants, a été une année d’épreuves, notamment sur les plans énergétique et économique. Elle a également été une année de vérité, celle qui révèle dans l’adversité, le patriotisme et la résilience indéfectible des Maliennes et des Maliens. Je rends un hommage appuyé à notre peuple pour sa dignité, sa patience et sa détermination. Depuis plusieurs mois, notre pays subit d’importantes perturbations dans son approvisionnement en carburant, consécutives à des attaques répétées contre des convois vitaux. Parallèlement, une campagne de désinformation a tenté d’installer le doute, la peur et la division. Elle n’a fait que renforcer notre prise de conscience collective et consolider notre dynamique de résistance. En ces instants solennels, je salue la bravoure de nos opérateurs économiques, de nos chauffeurs et de leurs apprentis, qui, au péril de leur vie, ont assuré le ravitaillement du pays. Je félicite nos Forces Armées et de Sécurité, ainsi que le Gouvernement, pour la coordination de la réponse nationale ayant permis d’éviter des ruptures majeures de carburant. Derrière chaque défi se dresse une opportunité. Le défi d’importation doit devenir une opportunité d’innovation. Pour une Nation debout comme la nôtre, l’adversité n’est pas un frein, elle est un levier. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Face aux pressions, aux tentatives d’isolement et aux manœuvres d’influence, le Mali a fait un choix : celui de la souveraineté assumée. Là où certains attendaient la résignation, nous avons opposé la décision. Le temps de l’improvisation est révolu. Le Mali a fait le choix irréversible de rompre avec la navigation à vue. C’est dans cette perspective que j’ai doté notre Nation d’une boussole stratégique : la Vision prospective « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », adossée à une stratégie de mise en œuvre 2025-2033. Ancrée dans le scénario du Renouveau, cette vision est notre pacte d’honneur avec les générations futures. À l’horizon 2063, notre ambition est de faire du Mali une Nation souveraine, unie, juste, sécurisée et prospère. Nous abordons l’année 2026 avec une ligne de conduite : celle de consolider la souveraineté et de bâtir une prospérité partagée. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, La paix durable demeure la condition première de tout progrès. C’est le sens du combat héroïque mené chaque jour par nos Forces de Armées et de Sécurité contre le terrorisme et le crime organisé. Je salue leur bravoure, leur discipline et leur professionnalisme. La Nation ne les oubliera jamais. Mener une guerre asymétrique est une épreuve redoutable. Mais face à la menace, nous avons choisi de rebâtir notre outil de défense. Des avancées significatives ont été enregistrées : des zones ont été sécurisées, la liberté de mouvement s’est améliorée et l’autorité de l’État poursuit son rétablissement. Cette dynamique dépasse nos frontières nationales. Avec nos frères du Burkina Faso et du Niger, nous avons franchi une étape déterminante avec l’opérationnalisation de la Force unifiée de l’AES et la mise en place d’un dispositif opérationnel coordonné. Face à l’ennemi commun, notre solidarité se traduit en actes : protéger nos peuples et défendre notre espace commun. Nous savons aussi que la paix véritable ne s’impose pas : elle se construit. Elle exige la vérité, le dialogue et la confiance entre Maliens. L’adoption de la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale marque une étape décisive, celle d’un processus de paix endogène, porté par notre volonté collective. Dans ce cadre, une nouvelle phase du programme du DDR-I a été engagée, avec un recrutement spécial et la réinsertion de milliers d’ex-combattants, notamment à Ménaka, Kidal, Mopti, Ségou, Gao et très prochainement Tombouctou. La mise en place de l’Observatoire pour la Paix renforcera durablement cette dynamique. En tirant les leçons des processus de paix antérieurs, il apparaît clairement que les solutions maliennes sont les plus viables pour le Mali. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Si la souveraineté militaire garantit l’intégrité du territoire, la souveraineté culturelle protège l’âme de la Nation. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé une dynamique de renaissance culturelle et d’éducation aux valeurs, afin de renforcer durablement le vivre-ensemble et de façonner le Maliden Kura : un citoyen patriote, responsable et bâtisseur. L’officialisation de nos langues nationales et la valorisation de nos légitimités traditionnelles ne sont pas du folklore, elles expriment un retour à notre essence. Cette renaissance consolide la cohésion sociale, renforce la paix et fait de notre culture un levier de rayonnement et de développement endogène. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, La Justice et la gouvernance vertueuse demeureront au cœur de notre projet national. La lutte contre la délinquance économique et financière, la corruption et l’impunité n’est pas une option : elle s’impose comme un devoir. Le Pôle National Économique et Financier et l’Agence Nationale de Recouvrement des Avoirs saisis ou confisqués, participent à l’affirmation de la règle que nul n’est au-dessus de la loi, et que l’argent indûment soustrait à la Nation doit obligatoirement revenir à la Nation. Maliennes, Maliens, Mes chers compatriotes, Lors des Assises nationales de la Refondation, le peuple malien avait exprimé sa vive préoccupation face aux dérives et dysfonctionnements du paysage