Le « Téré » : La simple superstition chemine avec la réalité ?  

Par Siné S. TRAORE Bamako, 10 mar (AMAP) Dans la société malienne, la question n’est pas du tout prise à la légère, surtout lorsqu’il s’agit de demander la main d’une fille. De très nombreuses personnes, en effet, qui marchent toujours sur les traces de nos traditions, sont profondément convaincues que chaque individu porte en lui un présage heureux ou malheureux, « téré » en bamanan. D’ailleurs, ne dit-on pas chez les Bambara : « Mogo téré tè i yéré nò yé » pour dire, littéralement, que personne ne décide de la positivité ou de la négativité du présage. Pour mesurer à quel point le présage est ancré de manière indéracinable dans le quotidien d’un nombre important de Maliens, il faut notamment s’intéresser au processus du mariage dans les différents milieux culturels de notre pays. Ainsi, aussitôt qu’une intention de mariage est exprimée chez les Sénoufo ou chez les Soninké, les Dogon, les Bwa, les Bambara, les Sonrhaï etc., procéder à l’observation rigoureuse du téré devient un préalable obligé dont la responsabilité incombe aux parents des deux bords familiaux. Le prétendant de notre fille, a-t-il un téré auréolé d’embellie ? Ou encore, cette fille que notre garçon veut épouser, n’a-t-elle pas un téré qui interdit toute union avec elle ? Ce sont là des interrogations qui assaillent des millions de parents au Mali dès lors que le mot « fiançailles » sort de la bouche d’un des leurs. Le téré, que d’aucuns qualifient de « démarche superstitieuse », est donc une considération à laquelle les Maliens sont viscéralement attachés. Il fait référence aux signes et gestes corporels prédisant des choses positives ou négatives dans la vie d’une personne et qui risquent de rejaillir sur son futur conjoint ou conjointe. Nouhoum Cissé, traditionnaliste et comédien, nous explique : « la question du téré est une réalité qui existe chez les Hommes. » Selon lui, traditionnellement, chaque personne a son présage qui définit son totem. « Il y a des gens qui ne peuvent pas avoir de bonheur au bord du fleuve. En revanche, d’autres n’ont pas intérêt à vivre sur les montagnes. Cela est dû à leur téré. C’est pourquoi, avant de se lancer dans n’importe quelle entreprise, l’Homme doit toujours consulter des traditionnalistes. », poursuit-il. « Avant tout mariage, il faut impérativement consulter les oracles, sinon les futurs époux risquent de fonder un foyer baigné dans le malheur. Ou encore, ils peuvent former un couple qui n’aura pas de bonheur ou ne vivra pas longtemps. Nos aïeux, eux, s’efforçaient de cerner le téré de chaque futur(e) époux et épouse, avant de célébrer l’union de deux personnes », explique M. Cissé. Le traditionnaliste va encore plus loin dans sa description en nous apprenant que « le téré » existe également chez les animaux. Aux dires de M. Cissé, « il est crucial de faire extrêmement attention au choix des animaux que l’on veut élever en famille. « J’ai connu un homme qui possédait un cheval dans sa demeure. Quand j’ai vu l’animal, je lui ai dit d’aller chercher deux litres de lait pour en donner au cheval. L’objectif était de voir si le cheval allait boire ou non le lait. Le but ultime était de savoir si le cheval avait un mauvais ou un bon présage. Ce qui devait arriver, arriva ! Nous avons découvert qu’il était porteur de malheur, tout simplement parce que le cheval a refusé de boire ce lait », narre-t-il. « Après cette découverte, j’avais pressé cet homme de se débarrasser du cheval sans hésiter. Il l’a fait. Et, après quelques jours, il devait voyager à l’étranger par voie aérienne. Le jour de son départ, il a eu un empêchement. Heureusement pour lui, l’avion qu’il devait voyager s’est écrasé et personne n’a survécu », a dit notre interlocuteur. Il en conclut, avec une conviction inébranlable, que « si l’homme ne s’était pas débarrassé du cheval, il aurait perdu la vie également, à cause du mauvais téré du cheval ». Concrètement, comment se manifeste le téré et à quels signes distinctifs faut-il se fier pour le détecter chez quelqu’un ? M. Cissé nous avertit : « Un homme peut se marier avec une femme qui est porteuse de bon présage. Après quelques années de mariage, l’époux peut connaitre le bonheur, notamment en devenant riche. Il va penser à se marier à une deuxième femme mais qui peut lui apporter le malheur dans le foyer. » MAUVAIS PRESAGE – Pourquoi ? « Eh bien ! Parce que la seconde épouse a certainement un mauvais présage. Les hommes doivent tenir compte cela. Nous pouvons également découvrir le présage d’une personne à travers ses démarches, ainsi qu’à travers son visage », nous dit doctement M. Cissé. Le traditionnaliste éclaire notre lanterne sur une confusion très fréquente. « Téré et dolo (étoile) ne doivent pas être confondus », souligne-t-il. Et Cissé de démêler l’affaire : « Le présage est une réalité à ne pas confondre avec le « dolo ». Chaque personne a sa source de création. Certaines personnes sont faites à base du feu, d’autres, à base d’eau, d’autres encore sont conçues à base de terre. Dans ce cas, ce sera difficile pour des gens de source de création différente de faire un couple heureux. » Notre traditionnaliste, en homme attaché aux us et coutumes maliennes, insiste sur l’importance à accorder aux pratiques divinatoires, à chaque fois que l’on doit entreprendre quelque chose. « Je peux dire que toute personne ou encore tout objet peut avoir de mauvais présages, Pour éviter de rencontrer un malheur, il faut toujours faire des consultations traditionnelles, exactement comme le faisaient nos aïeux », fait comprendre Nouhoum Cissé dit Bagnago. Le Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant-chercheur et écrivain, un autre connaisseur du Mali des traditions, nous a fait bénéficier de ses éclairages. Dr Sidibé,  un des intellectuels maliens qui s’intéressent énormément aux valeurs du terroir, au risque de contredire les explications communément admises, précise qu’il ne faut pas forcément chercher à faire du mot français « présage » l’équivalent du « téré » bambara. Il s’en explique : « Il ne faut pas obligatoirement traduire certaines de nos valeurs, car elles n’ont pas toujours d’équivalence en langue française. Dans tous les cas, il n’y

CEDEAO-Alliance des Etats du Sahel : Le président du Ghana reconnait un manque de confiance

Bamako, 8 mar (AMAP) Le président du Ghana, John Dramani Mahama, a reconnu, samedi à Bamako, un manque de confiance qui a prévalu entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Alliance des Etats du Sahel (AES) « Nous avons parlé des relations entre l’AES et la CEDEAO. Le manque de confiance est à la base des discordes, mais, nous pensons que c’est encore possible de trouver un terrain d’entente » a déclaré à la presse, à sa sortie d’une séance de travail avec son homologue malien, le général d’Armée Assimi Goïta. Le chef de l’Etat ghanéen, arrivé le matin à Bamako, pour une visite de travail et d’amitié, a confié qu’ « il devrait y avoir un minimum de respect mutuel » entre la CEDEAO et les trois pays de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger). Cette visite du chef de l’Etat ghanéen, sur le plan régional, s’inscrit dans un contexte plus large. Après son déplacement en Côte d’Ivoire, mercredi 05 mars 2025, où il a été reçu par le président Alassane Ouattara, John Dramani Mahama s’est donné la mission de faciliter le retour des pays de l’AES, au sein de la CEDEAO. Il a insisté, au plan bilatéral, sur la nécessité de dynamiser la Grande commission mixte Mali-Ghana qui a tenu sa dernière réunion en 2011 à Accra. Avec le president Goita, « nous avons decidé de redynamiser la grande commission mixte Mali-Ghana », a-t-il dit. John Dramani Mahama a aussi évoqué, avec son hôte malien, les échanges commerciaux et la ferme volonté de son pays à mettre ses installations portuaires à la disposition du Mali pour le transport des marchandises. « J’ai rassuré Monsieur le Président et le peuple du Mali que les installations portuaires du Ghana sont à votre disposition », a indiqué le président ghanéen. Bamako et Accra ont affiché, ces derniers temps, leur volonté de raffermir leur relation. D’où la visite du Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, au Ghana, porteur d’un message du président Goïta à son homologue John Dramani Mahama, nouvellement investi. NK/MD (AMAP)

Mali : Le président ghanéen John Dramani Mahama en visite de travail et d’amitié

Bamako, 08 mar (AMAP) Le Président du Ghana, John Dramani Mahama, est arrivé ce samedi 08 mars au Mali pour une visite de travail et d’amitié et a été accueilli à l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou par son homologue malien, le général d’Armée Assimi Goïta, a constaté l’AMAP. L’objectif principal de cette visite, qui marque une étape clé dans les relations entre les deux pays, est de renforcer la coopération bilatérale entre Bamako et Accra, qui s’est intensifiée ces derniers mois. En janvier 2025, le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, s’était rendu au Ghana pour transmettre un message du président Goïta à son homologue ghanéen, fraîchement investi, témoignant d’une volonté partagée de raffermir les liens. Sur le plan régional, cette visite s’inscrit dans un contexte plus large. Après son déplacement en Côte d’Ivoire, mercredi 05 mars 2025, où il a été reçu par le président Alassane Ouattara, John Dramani Mahama s’est donné la mission de faciliter le retour des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), Mali, Burkina Faso et Niger, au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). À son arrivée vers 11 heures sur le tarmac de Bamako, le Chef de l’État ghanéen a été accueilli selon le protocole avec un salut aux drapeaux au son des hymnes nationaux, exécutés par la fanfare du génie militaire. Les deux présidents ont ensuite échangé en tête-à-tête pendant une quinzaine de minutes dans le salon présidentielle de l’aéroport, avant de rejoindre l’hôtel Radisson Collection, où le president Mahama a pris ses quartiers. L’événement a mobilisé de hautes personnalités, dont le président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée Malick Diaw, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, ainsi que des membres du gouvernement et du corps diplomatique accrédité au Mali. BD/OS/MD (AMAP)  

Coopération : Le président de la République du Ghana, John Dramani Mahama est arrivé ce samedi à Bamako

Bamako, 8 mars (AMAP) Le président de la République du Ghana, John Dramani Mahama, est arrivé ce samedi à Bamako où il a été accueilli à  l’Aéroport International Modibo Keïta Sénou, par le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a constaté l’AMAP. Le chef de l’Etat ghanéen aura des entretiens avec son homologue Malien sur le raffermissement de la coopération bilatérale et bien d’autres sujets d’intérêt commun. Le président ghanéen conduit cette visite dans le cadre d’une mission  pour un retour de l’Alliance des États du Sahel (AES) regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, dans la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Après Bamako, le Chef de l’Etat du Ghana se rendra à Ouagadougou et à Niamey. Il est à rappeler que les présidents ivoirien et ghanéen avaient évoqué, lors d’une conférence de presse à Abidjan, la situation socio-politique de l’Alliance des États du Sahel (AES), . Ces trois pays  de l’AES ont acté leur retrait de la CEDEAO au mois de janvier 2024. A cet effet, le président ivoirien, SEM Alassane Dramane Ouattara, a exprimé toute  sa confiance à son homologue ghanéen, afin que ce dernier  parvienne à convaincre les dirigeants de l’AES de réintégrer la communauté sous régionale. KM (AMAP)

Kangaba : Une femme poignardée dans une attaque à l’arme blanche

Kangaba, 06 mar (AMAP) Deux terroristes présumés ont agressé au couteau des femmes qui revenaient de la pêche dont l’une a été poignardée, lors d’une attaque survenue, mercredi, à environ trois km de Kangaba (Ouest) à côté du poste de contrôle de Kénielé. Nantenin Traoré, qui portait son enfant au dos, n’a pas pu fuir à cause de son handicap. Elle fut alors poignardée dans le dos par un des assaillants. Lorsque le groupe de sept femmes a aperçu les deux assaillants en train de chanter des versets du coran, elles ont pris peur et ont cherché à fuir. Les policiers et gendarmes au poste de contrôle alertés ont arrêté les deux suspects. Au cours de leur arrestation, les présumés terroristes ont blessé le sergent-chef de police Idrissa Fofana. Les passagers d’un car de transport arrêté au poste de contrôle sont sortis spontanément pour lyncher les deux terroristes dont l’un a succombé à ses blessures et l’autre est entre les mains de la brigade de gendarmerie de Kangaba. Le préfet du Cercle de Kangaba, Abou Dao, accompagné par le Commissaire de police et un élément de la Brigade de gendarmerie ont rendu une visite à la femme blessée chez elle à Deguela et au policier qui sont rentrés chez eux après les premiers soins reçus au Centre de santé de référence (CSRéf) de Kangaba. Avant de repartir, le préfet a invité la population de Deguela « à la vigilance et à dénoncer toutes les personnes suspectes. » Il a félicité les forces de l’ordre pour leur professionnalisme. SD/MD (AMAP)

Mine de lithium de Bougouni Mining :  le Gouverneur visite les chantiers

Bougouni, 06 mar (AMAP) Le gouverneur, le général de Brigade Ousmane Wélé, s’est rendu sur le site minier de lithium de Bougouni (Sud) dont l’inauguration est prévue dans quelques mois, pour constater l’état d’avancement des travaux de cette mine, la deuxième au Mali, a constaté l’AMAP. Le général Wélé a d’abord rendu visite aux notabilités de deux villages environnants. A Sourgoula pour présenter ses condoléances suite au décès du chef de village il y a quelques mois. A N’Ganala,  un accueil chaleureux a été réservé à la délégation du gouverneur. Ensuite, sur le site de la mine, la délégation a été accueillie par le Directeur pays de la mine de Bougouni Mining SA, Mohamed Niaré et le CEO (Pdg), Cai Yusheng Le CEO a fait démarrer les travaux avec son mot de bienvenue, suivi des présentations de différents responsables de Bougouni Mining sur les aspects de sécurité dans la mine, le plan environnemental, l’aspect communautaire et couronné par la présentation d’un draft sur la création de la mine, des premières démarches administratives à sa fonctionnalité envisageable prochainement. Les questions réponses ont permis d’édifier les responsables techniques et administratifs sur la description du lithium, les aspects financiers avec les cours mondiaux et sur les retombées pour le budget national et l’épineuse question du recrutement. La mission du gouverneur s’est poursuivie avec une visite du chantier pour expliquer le dégrossissage de la pierre brute à l’usine, le processus de production du métal, le temps que prendra la crise énergétique mondiale et la solution du lithium. Le Directeur pays de Bougouni Mining SA et le gouverneur de la Région de Bougouni se sont, ensuite, adressé à la presse pour se réjouir de leur « volonté de collaboration mutuelle pour le développement économique du Mali. » Le gouverneur a apprécié les présentations lors de la séance travail tout en encourageant « la collaboration entre les communautés et la mine. » « Ce qui permettra de répondre au crucial problème de chômage des jeunes de la Région de Bougouni en particulier », a dit le chef de l’exécutif régional. Il s’est dit attentif aux préoccupations de la mine et des populations tout en les assurant de son « accompagnement indéfectible. » Le général Wélé était accompagné d’une forte délégation dont les membres de son cabinet et le maire de la Commune urbaine de Bougouni. Étaient aussi présents, les maires de Kola, de l’Inter-collectivités de Tiémala Banimonotié, des services techniques, des forces de défense et de sécurité. BHT/MD (AMAP)

Diéma : La pêche collective pour amélioirer l’ordinaire

Par Ouka BA Diéma, 04 mar (AMAP) La pêche collective dans les deux mares de la ville de Diéma (Ouest), appelées, respectivement Lamba Koré (grande mare en langue soninké) et Bakossa Goumba (la mare de Bakossa), s’est déroulée, lundi, sous un soleil au son zénith. Après le signal donné par le chef coutumier, Balla Konaté, une foule bigarrée d’hommes, de femmes, de jeunes et de vieux, originaires de la ville ainsi que des villages environnants, muni chacun, d’une nasse aux dimensions diverses, s’est élancée, à qui mieux mieux, pour la capture des poissons, frétillant dans une eau boueuse. C’était un tohu-bohu interminable, digne d’une ruée vers l’or. Bousculades, cris à gorge déployée. Parfois, en voulant s’infiltrer parmi les grands, les plus petits glissaient et tombaient. Dans ces mares, on trouve généralement du poisson silure et quelques rares carpes. Mahamadou Konté qui attendait tranquillement ses enfants descendus dans la mare, rappelle que la pêche collective se faisait la nuit ou le matin de bonne heure et, que cette année, selon une décision du chef de village, elle a été ramenée à midi. Il renchérit, en raclant la gorge, qu’avant l’autorisation du chef de village, celui qui se hasardait à mettre pied dans l’une mare, pour se saisir de poissons, sera soumis au paiement d’amendes. Djindé Konté, qui prêtait une oreille attentive à l’entretien, soutient qu’il faut le feu vert du chef de village, pour que la pêche collective puisse démarrer. Après la saison des pluies, lorsque les mares sont en decrue, le chef de village délègue, comme le veut la tradition dans ce milieu, le chef coutumier Balla Konaté, pour aller jauger le niveau réel des eaux stagnantes. C’est en fonction de son constat que l’on organise la pêche collective, un événement culturel majeur. On fait passer l’information pour tous, pour éviter ainsi des frustrations. Halimatou Sissoko dont les habits sont lourdement boueux compte améliorer ses plats pour la coupure du jeûne de son époux, avec les poissons qu’elle a pêchés. Elle avoue que la pêche collective est très utile car les poissons qu’on y attrape, contribuent à réduire les frais de condiments. Le petit-fils de Fatoumata Diaby, a pêché beaucoup de poissons. A la question comment les conserver, la grand-mère répond qu’elle les mettra dans le réfrigérateur. Désenchantées, Kotia Djenepo, une femme bozo, et sa fille rentrent bredouille à la maison, même si, selon la légende, la pêche demeure une activité censée appartenir à son ethnie. Allergique au poisson silure, Sambou Diawara, un migrant dont le séjour à Diéma a coïncidé avec l’événement, se poste quelque part, pour satisfaire sa curiosité. Le chef coutumier, Balla Konaté, explique que si la pêche est jugée insuffisante, on transporte le poisson chez le chef de village, pour le repartir, ensuite, entre certaines familles. De l’avis du représentant du chef de village, Fousseny Sissoko, « le but visé par la pêche collective, n’est pas uniquement d’amasser du poisson mais de renforcer la cohésion sociale, à travers des retrouvailles, tout en perpétuant cette pratique ancestrale. » Le chef traditionnel conseille, surtout, la prudence lors de la pêche collective afin d’éviter des incidents et des dommages. Interrogé sur le sujet, le Directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Farabougou, en séjour dans la localité, explique que « les mares contiennent généralement les germes de la bilharziose, qui pénètrent par la peau, au contact de l’eau. » L’homme en blouse blanche conseille de prendre des précautions. OB/MD (AMAP)

Goundam : Consommateurs et vendeurs de céréales pour une meilleure utilisation des unités de mesure

Goundam, 03 mar (AMAP) L’utilisation des unités de mesures par les revendeurs notamment, le kilogramme suscite des questionnements dans la commercialisation du riz en particulier et des autres céréales en général sur les différents marchés du Cercle de Goundam (Nord). Depuis un certain temps, les consommateurs ont constaté une anomalie au niveau de l’instrument de mesure que les vendeurs utilisent sur les marchés, dans les commerces pour mesurer et vendre les céréales. Par exemples, des sacs censés contenir cinquante ou cent kilogrammes ne pèsent, en cas de vérification, que quarante-cinq pour le sac supposé en contenir cinquante et quatre-vingt pour cent kilogrammes. Ce constat a fait l’unanimité dans l’opinion et provoqué la colère des consommateurs qui parlent d’abus et vols. Plusieurs missions de sensibilisations ont été menées auprès des revendeurs de céréales en vue de les amener à corriger la situation, mais en vain. C’est dans ce cadre qu’une équipe composée de représentants des consommateurs, des éléments des forces de l’ordre, d’un représentant de la mairie aussi bien que les représentants d’associations des jeunes, de femmes et de producteurs s’est rendue au marché de Goundam. Il s’agissait, d’abord, d’informer et de sensibiliser, pour une dernière fois, les vendeurs détaillants de céréales sur l’utilisation d’un faux instrument qui respecte les normes officielles en vue d’être conforme avec la réglementation en vigueur et éviter d’éventuelles sanctions. A chaque commerçant, un instrument de mesure a été remis pour le respect scrupuleux des normes de l’unité principale de mesure qui est le kilogramme. Selon le président des consommateurs, la vigilance sera de mise quant à l’utilisation de l’instrument légal de mesure mis à la disposition des vendeurs de céréales sur tous les marchés du Cercle de Goundam. Il a également averti que tout contrevenant s’exposera à des sanctions prévues par la loi en vigueur. Il à noter que Le service chargé du contrôle technique et du suivi de la concurrence est absent à Goundam. AAT/MD (AMAP)  

Port du foulard :  Comme une pièce d’identité

Par Baya TRAORÉ D’aucuns pensent que cette pièce de tissu a vu le jour avec les religions monothéistes. Pourtant, elle a servi notamment d’outil de communication et d’expression des sentiments Il est aux environs de 15 heures. Une cérémonie de mariage au quartier de Missabougou, en Commune VI du District de Bamako. La marraine de l’évènement, Aminata Soucko, très élégante, couverte de parures, se distingue par son habillement. Elle est vêtue d’un basin, porte un foulard volumineux de couleur différente de celui des autres femmes qui, elles, partagent la même couleur. Une bande de tissu dénommé, en bamanakan, «jala» s’ajoute à ses parures. Au fil du temps, le foulard s’est imposé comme un accessoire d’élégance et de piété. Pourtant, l’usage de cette étoffe est riche en significations. Selon Aminata Soucko, le foulard de la marraine d’un mariage a toujours été différent de celui des autres dames, depuis l’époque de nos ancêtres. Elle explique que « le foulard permet aux invités de reconnaitre directement la personne assumant cette responsabilité. » Ce n’est pas tout. « Dans la rue, dit-elle, il était facile de savoir, grâce au foulard que porte une femme, si elle est veuve, mariée ou célibataire. » Le traditionnaliste Nouhoum Cissé affirme que le foulard, autrefois, représentait un moyen de communication dans notre culture. « Chaque ethnie avait une appellation différente. Celui destiné à une fiancée était un morceau de pagne tissé qu’elle attachait au front. C’était un message informant qu’elle a un prétendant », explique Nouhoum Cissé. Le traditionnaliste ajoute que « l’objectif du port du foulard après le mariage est de se protéger la tête, car tout le monde n’a pas le droit de voir la tête d’une femme mariée. » « Aussi, indique-t-il, toutes les femmes n’ont pas la même texture de cheveux car, pour certaines, si de mauvaises personnes voient leurs cheveux, cela peut leur porter malheur. » « C’est pourquoi, dit-il, une femme doit se couvrir la tête pour sa propre protection. En plus, dans notre société, les foulards étaient des cadeaux de souvenir que les femmes donnaient à leur amoureux. « Les femmes offraient leur foulard aux conjoints quand ceux-ci partaient sur les champs de bataille ou pendant les travaux agricoles, en guise d’encouragement », poursuit Nouhoum Cissé. Qui ajoute qu’« une femme, qui n’avait jamais transgressé les interdits dans son mariage, pouvait donner son foulard à son fils qui part pour une mission difficile. » « L’étoffe avait la valeur d’un objet de protection du fils afin qu’il rentre sain et sauf », explique M. Cissé. Au sein du couple, le foulard est un langage. « Quand un homme entrait à la maison, il reconnaissait l’humeur de sa femme à travers sa manière de nouer  son foulard», informe le traditionnaliste, avant d’indiquer que celle-ci manifestait sa joie, sa colère, son désir sexuel et son indisposition via cette pièce de tissu. « Ce n’est pas n’importe quel tissu qui était utilisé comme foulard. Maintenant, les femmes ne font plus attention à ces aspects de notre culture. Cela est à l’origine de nombreux problèmes dans nos couples. Si on continue ces pratiques, nous allons perdre tous les éléments de notre culture un à un», prévient-il. MAUVAIS ESPRITS – Il est 11 heures, dans une famille de griots à Missira, en Commune II du District de Bamako. Kadiatou Diabaté, habillé en wax assorti à un foulard qui forme un tas au milieu de la tête. Elle explique que son acte se justifie par le fait qu’elle est la cuisinière du jour. Elle indique que chaque épouse dans leur famille doit observer cette pratique quand c’est son tour de cuisiner. Selon Awa Kouyaté, griotte et enseignante, la façon dont une femme noue le foulard exprime également la richesse de son mari. « Avant, quand tu voyais des groupes de femmes, celle qui portait toujours un foulard volumineux était l’épouse d’un homme opulent. Le foulard de taille moyenne désignait l’appartenance de sa détentrice à la classe moyenne », affirme la pédagogue. Elle précise que la favorite des épouses de l’homme s’identifiait par son foulard empilé au milieu de la tête. Elle signale que les perruques et les chapeaux remplacent de plus en plus le foulard. «Je ne suis pas contre cette tendance mais on a intérêt à promouvoir nos valeurs traditionnelles», conseille-t-elle. Le griot Bourama Soumano affirme que plusieurs personnes pensent que le foulard a vu le jour au Mali avec la religion musulmane. Il indique que nos ancêtres utilisaient des foulards avant l’arrivée de l’Islam. Il soutient que  «musoro » en bamanan signifie : «mumana soro», en français «Ce qu’une nouvelle mariée trouvera dans son foyer». Il precise que cette étoffe est différente du «jala», un autre tissu utilisé par les femmes notamment lors des mariages. Auparavant, le «jala» était de petits morceaux de pagne de couleurs différentes. « La couleur noire, dit-il, est destinée à la veuve. » Il cite aussi le «demba jala», en français «le pagne de la marraine» porté par celle-ci lors d’un mariage. « Dans notre culture, témoigne-t-il, le «musoro» n’était pas utilisé pour des besoins esthétiques. Il symbolisait les défis que la femme doit  relever dans son nouveau foyer en termes de maladies, de dépenses, de problèmes d’enfantement et d’argent ». Bourama Soumano dit que le foulard préparait la femme à être une bonne épouse et la protégeait contre les mauvais esprits et les « djinns ». Et de poursuivre : « ce tissu faisait également l’objet de préparation mystique pour obtenir de la notoriété pendant les cérémonies. » « Certaines femmes, énumère-t-il, possédaient des foulards pour dompter leur mari durant les moments de disputes. » « Il suffisait, explique-t-il, qu’elles le nouent pour que le conjoint se calme immédiatement ». Le griot relève que le «musoro» a aussi servi à dominer le mari et les autres membres de la famille. Tout n’est pas permis quant au le port de ce foulard. Selon des croyances, « une fille ne doit jamais porter le foulard de sa maman sinon elle va rester célibataire toute sa vie. Une femme enceinte qui néglige de porter le foulard risque d’accoucher d’un enfant malade. Une femme mariée qui refuse le foulard risque d’attirer des mauvais

Mali : Plus de 35 tonnes de médicaments illégaux saisis par l’Office central des stupéfiants

Bamako, 28 fév (AMAP) Les unités opérationnelles de l’Office central des stupéfiants (OCS) ont saisie plus de 35 tonnes de médicaments illégaux lors de l’opération « Furajugukèlè », menée du 18 au 27 février 2025, a annoncé, vendredi, le directeur de l’OCS, le colonel-major Fousseyni Keïta. « Cette opération d’envergure, sur tout le territoire national, a permis l’interpellation de quatre individus impliqués dans ce trafic illicite, qui seront présentés à la justice », ajoute la même source. Le colonel-major Keïta a souligné l’importance de la collaboration entre les acteurs étatiques et les initiatives privées pour éradiquer ce fléau. Le directeur de l’OCS appelle la population « à la vigilance et à la collaboration », en signalant toute activité suspecte de manière anonyme, au numéro vert de l’OCS, le 80.00.31.31. Furajugukèlè, qui s’inscrit dans le cadre des efforts continus pour éradiquer ce fléau menaçant la santé publique, met en lumière l’ampleur du trafic transfrontalier de médicaments contrefaits en Afrique de l’Ouest. SS/MD (AMAP)