Diéma : le néguété bougouté, un trésor culinaire qui résiste au temps
Par Ouka BA Diéma, 5 mai (2025) À Diéma, le néguété bougouté, ces arachides grillées avec leur coque, reste un symbole de la culture soninké et un aliment incontournable. Croquant sous la dent des travailleurs des champs comme des écoliers, il rythme les pauses et les veillées. Malgré les influences culinaires modernes, cet amuse-gueule traditionnel conserve une place de choix dans le quotidien des habitants. Rencontre avec ceux qui font vivre cette tradition. Ici, le néguété bougouté, c’est bien plus qu’une simple arachide grillée. Selon une légende locale, son nom est né d’une mésaventure. « Une femme apportant le repas aux travailleurs des champs a renversé la nourriture en croyant voir une hyène. Elle leur a, alors, offert des arachides grillées. En les croquant, son beau-fils a nommé cet aliment ‘néguété bougouté’ à cause du bruit des dents », », raconte Madou Diarra, producteur agricole. Depuis, ce terme résonne dans tout le milieu soninké pour désigner ces arachides fraîches, légèrement grillées sous la braise et le sable, prêtes à calmer la faim. LEGENDE – Dans les champs, le néguété bougouté est un compagnon fidèle. Les femmes l’apportent aux cultivateurs qui, sous l’ombre des arbres, le croquent pour tromper la faim en attendant le couscous à la sauce d’arachide. « Si j’ai du néguété bougouté dans ma poche, je peux désherber mon champ sans souffrir de la faim », confie Madou Diarra. Mais cet amuse-gueule dépasse les champs. Les jeunes l’apprécient lors des veillées nocturnes, autour d’un thé. À midi, l’écolier Abdoulaye puise dans la réserve de sa grand-mère si le repas tarde. « C’est pratique et délicieux », dit-il avec un sourire. Même les voyageurs, comme Fousseny Kanté, forain, y trouvent leur compte : « Quand j’arrive tard et que les restaurants sont fermés, le néguété bougouté me sauve ! » TRADITION CULINAIRE MENACEE – Malgré sa popularité, le néguété bougouté fait face aux changements des habitudes alimentaires, influencées par des modèles occidentaux. Salif Doumbia, animateur d’une ONG, s’inquiète : « Nos traditions culinaires s’effritent. Si nous ne sensibilisons pas les populations, les générations futures perdront leurs repères. » Allumant une cigarette, il insiste : « Le néguété bougouté, c’est notre identité. Il faut le préserver à tout prix. » Pour Bourama Traoré, bourrelier, cet aliment reste une solution économique. « Quand j’en mange assez, je n’ai besoin que d’eau », explique-t-il, vantant sa capacité à rassasier. À Diéma, le processus de préparation – griller les arachides fraîches, les enfouir dans le sable chaud, puis les conserver jusqu’à l’hivernage – est un rituel qui unit les générations. Un croustillant indémodable Le néguété bougouté n’est pas près de disparaître. « C’est un croustillant ancré dans nos habitudes », affirme Madou Diarra. Que ce soit dans les champs, à l’école ou lors des veillées, il reste un symbole de convivialité et de résilience. À Diéma, cet aliment simple mais savoureux continue de rassembler, rappelant que les traditions soninké ont encore de beaux jours devant elles. OB/MD (AMAP)
Meeting des partis politiques : L’accès du palais de la Culture interdit
Bamako, 03 mai (AMAP) Des partis politiques du Mali qui avaient prévu de tenir un meeting d’information au palais de la culture Amadou Hampâté de Bamako, samedi 03 mai pour protester contre leur dissolution des partis politiques ont trouvé l’entrée des lieux bloquée par les forces de l’ordre. Devant le palais de la culture est des partisans de la Transition tenaient les lieux, scandant des slogans favorables au pouvoir et louant les mérites du président de la Transition, le général d’armée, Assimi Goïta. Les lieux étaient plutôt envahis par les soutiens des autorités maliennes. qui, par moment, entonnaient l’hymne national. La phase nationale de la concertation des « Forces vives de la Nation » et des Maliens établis à l’extérieur sur la relecture de la Charte des partis politique, tenue les 28 et 29 avril, a recommandé, mardi, la dissolution de tde toutes les formations politiques. Au terme de deux jours de travaux, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les participants ont également proposé le durcissement des conditions de création de partis politiques à travers une série de mesures allant de la fixation d’une caution de 100 millions de Fcfa pour la création d’un parti politique, à la limitation d’âge à 25 ans au moins et 75 ans au plus pour être dirigeant d’un parti politique. Les partis doivent aussi avoir une représentation significative au niveau des régions et des cercles, ainsi que dans le District de Bamako. « Les Forces vives de la Nation » ont, aussi, demandé l’installation du Général d’armée Assimi Goïta comme Président de la République pour un mandat de cinq ans, renouvelable à partir de 2025. MK/MD (AMAP)
Morosité dans la vente de journaux : Les kiosques sont désertés
Par Moussa M. DEMBÉLÉ Bamako, 03 (AMAP) Pas d’affluence devant les kiosques à journaux. De kiosques à journaux, il n’y en a plus des tonnes ! Les quelques rares clients jettent un coup d’œil et passent leur chemin. Il est environ 10 heures à la Place de la liberté, à Bamako où se trouve un kiosque. Qu’est-ce qui peut justifier ce manque d’engouement pour les publications. Les explications sont multiples. Si certains lecteurs, rencontrés sur place, soulignent un manque de sérieux dans les parutions aujourd’hui, d’autres, des distributeurs ou encore des professionnels des médias, estiment que les journalistes vivent et travaillent dans des conditions précaires qui peuvent déteindre sur la qualité de l’information. Dans un kiosque, nous avons croisé un client, Drissa Dembélé, qui, d’ailleurs, n’est pas venu acheter un journal mais, plutôt, lire la Une de certaines parutions que la Chambre de commerce de Bamako, où il livre les journaux, depuis plus de 20 ans, ne reçoit pas. Selon notre interlocuteur, les journaux restent une source fiable d’information. « Tous les matins, je regarde la presse pour être au diapason de l’actualité, parce que c’est un média traditionnel, qui donne des bonnes informations » avance-t-il. Reconnaissant que les gens ne s’intéressent plus aux journaux comme auparavant, il en ignore les vraies raisons. Quelques minutes après, un autre client fait son entrée sous le petit hangar où les journaux sont bien alignés. Comme la plupart des lecteurs, ce vieux retraité âgé de plus de 70 ans, est également venu dire « bonjour » à son ancien client, car il achète rarement des journaux. « J’ai arrêté de donner mon avis sur les parutions de journaux, parce que cela ne change rien. Aujourd’hui, je lis rarement les journaux, tout simplement, parce que les contenus laissent à désirer. Et je l’ai dit maintes fois, mais je ne constate aucune évolution », regrette le vieux, sans plus de commentaires. LE BON VIEUX TEMPS – Madou Sidibé, un revendeur de journaux depuis de plus de 30 ans, affirme que les lecteurs n’achètent plus les journaux, parce qu’ils trouvent que leur contenu est inintéressant. Ceux que nous avons rencontrés, attendent la publication d’informations fiables par les journalistes. C’est ce que nous explique, le revendeur. « Aujourd’hui, il y a peu de gens qui s’intéressent aux journaux. Et cela peut s’expliquer par un manque de confiance entre lecteurs et producteurs d’information. Avant, nos clients s’informaient à travers nos journaux parce que, selon eux, les vraies informations s’y trouvaient », dit-il. Avant de rappeler que dans les années 90 jusqu’à 2000, les points de vente des journaux étaient toujours bondés de monde. « A cette époque, notre activité était une bonne affaire mais, aujourd’hui, elle est devenue une perte de temps. Je pouvais vendre 100 exemplaires du quotidien national L’Essor et d’autres parutions privées avant 11 heures. Mon kiosque était déjà vidé à cette heure, contrairement à aujourd’hui où je ne prends que deux numéros du journal L’Essor, faute de clients », regrette Madou Sidibé. Cependant, le vendeur de journaux reconnaît qu’aujourd’hui, le quotidien national d’information du Mali fait des efforts remarquables pour améliorer son contenu. Le constat de la désertion des lieux de vente de journaux est le même dans ce kiosque à Badalabougou, en commune V du District de Bamako. Selon Mohamed Diallo, le vendeur, le journal ne nourrit plus son homme. « La plupart de nos clients étaient des hommes politiques, qui ne font pas beaucoup d’activité actuellement », déplore-t-il. En précisant que les fournisseurs leur cèdent les journaux à 250 Fcfa pour qu’ils puissent les revendre à 300 Fcfa, pour gagner un bénéfice de 50 Fcfa. Pratiquement, tous les revendeurs ou distributeur de journaux interrogés, abondent dans le même sens. Mais, pour certains, les journaux ne sont plus achetés, parce que les articles sont déjà publiés sur Internet, au moment de la parution. « Je pense que ce sont les journalistes mêmes qui sont à la base de cette mévente des journaux. Les articles publiés dans les journaux, sont directement mis sur l’internet au même moment. C’est ce qui fait que, beaucoup de lecteurs s’informent sur les réseaux sociaux », soutient Bamoussa Coulibaly, revendeur de journaux. Sur son lieu de vente des journaux, aucun client, depuis le matin. Il est 12 heures. M. Coulibaly, qui n’a fait aucune vente, craint une disparition des journaux avec la concurrence du numérique. Les conditions précaires des journalistes seraient également un frein pour à la bonne qualité des informations. Rares sont ceux qui travaillent dans de meilleures conditions, notamment salariales. « Les journalistes reporters ne sont pas bien payés. Beaucoup parmi eux, ne bénéficient ni de la protection sociale de l’INPS, ni de la couverture médicale de l’AMO. Ce sont des patrons de presse qui en profitent seuls », constate un distributeur, sous couvert d’anonymat. Il juge que cette condition des reporters, peut expliquer la multiplication des journaux. « Chacun veut créer son propre journal. C’est pour gagner de l’argent. Nous avons environ 200 titres de journaux. Même si les contenus restent toujours les mêmes. C’est à travers l’abonnement de que souscrivent certaines structures que beaucoup arrivent survivre, sinon pas ce n’est pas la vente au numéro », analyse-t-il. Plusieurs facteurs sont à la base de la mévente des journaux à Bamako. Traditionnellement, le Mali n’est pas un pays où la lecture est une priorité. « Nous n’avons pas un public de lecteurs. Dans les années 1991, le public s’intéressait aux journaux pour s’informer car il n’y avait pas beaucoup de médias. Pendant cette époque, les kiosques étaient partout à travers la ville, mais aujourd’hui ces lieux de vente se font rares » reconnait, Seydou Sissouma, journaliste, membre de la Haute autorité de la communication (HAC) et chargé de cours à l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication de Bamako (ESJSC). S’agissant du désintérêt du public pour les journaux, M. Sissouma confirme que « la pauvreté du contenu » est à la base du constat même s’il est convaincu qu’une bonne production nécessite des moyens financiers. Cette hypothèse est soutenue par le doyen Diomansi Bomboté journaliste. « Les journaux doivent traiter le
Invasion acridienne : la FAO alerte l’Afrique du Nord-Ouest à agir
Bamako, 03 mai (AMAP) L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle les pays d’Afrique du Nord-Ouest à intensifier la surveillance et à prendre des mesures urgentes face à l’arrivée de groupes de criquets pèlerins, menaçant les cultures et les pâturages en pleine saison de reproduction printanière, indique un communiqué de l’organisation onusienne. « Les conditions écologiques favorables, marquées par des pluies hivernales et printanières, ont conduit à des infestations bien plus importantes que d’habitude », alerte Cyril Piou, responsable de la surveillance et de la prévision acridienne à la FAO. Depuis février, l’activité acridienne s’intensifie en Algérie centrale, dans l’Ouest de la Libye, le Sud de la Tunisie et au Maroc, avec des criquets migrant depuis le Sud de l’Algérie, le Nord du Mali, le Niger et le Tchad. Au Mali, la situation reste sous contrôle pour l’instant. « La situation actuelle du criquet pèlerin est calme, et nous ne nous attendons à aucun développement immédiat en raison de la saison sèche », explique Dr Sory Cissé, directeur du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin. Toutefois, il ajoute : « Un plan de prévention et un plan d’urgence sont déjà élaborés, et nous préparons la riposte en cas d’arrivée d’essaims pendant la campagne agricole. » La FAO classe la région occidentale en « vigilance accrue », soulignant le risque de formation de petits essaims d’ici mai-juin. « Sans intervention, ces essaims pourraient dévaster les cultures et les pâturages », prévient Cyril Piou, rappelant qu’un kilomètre carré d’essaim peut consommer en une journée l’équivalent alimentaire de 35 000 personnes. Pour contrer la menace, la FAO recommande des relevés terrestres intensifs dans les zones de reproduction, du sud des montagnes de l’Atlas au Maroc jusqu’au Sahara algérien, en passant par la Tunisie et la Libye. Grâce à son Service d’information sur le criquet pèlerin (DLIS) et à la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (CLCPRO), l’organisation fournit un soutien technique et des mises à jour en temps réel. Les opérations de lutte menées en Afrique du Nord, notamment au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Libye, ont permis de traiter des milliers d’hectares depuis avril. « Si ces efforts se maintiennent, les arrivées d’essaims au Mali avec les pluies estivales seront insignifiantes », assure Dr Cissé. La FAO insiste cependant sur l’importance d’une détection précoce et d’une réponse rapide pour éviter une crise régionale plus large. OS/MD (AMAP)
Fête de Tabaski : Les ministres malien et sénégalais chargés de l’Elevage préparent l’approvisionnement du Sénégal, estimé à 250 000 moutons
Bamako, 02 mai (AMAP) Le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a eu une séance de travail, vendredi matin, 02 mai 2025, avec le ministre secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan du Sénégal, Alpha Ba, pour préparer l’approvisionnement du Sénégal, globalement estimé à 250 000, à l’occasion de la fête de Tabaski et dont le Mali fournira la moitié. Cette visite « témoigne de la volonté du gouvernement sénégalais de satisfaire les besoins alimentaires de sa population, notamment, en moutons de Tabaski. J’assure de l’entière disponibilité du Mali à vous offrir des parts importantes du bétail malien dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant, basé sur les trois principes fondamentaux qui guident désormais l’action publique au Mali, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix souverains du Mali et le respect des intérêts vitaux du peuple malien », a déclaré Youba Ba. « La réussite de l’opération Tabaski Mali-Sénégal nous tient particulièrement à cœur, car c’est le même peuple, la même culture et nous partageons le même espace géographique et les mêmes défis », a également dit le ministre malien. Il a salué la mise en œuvre efficace de l’accord zoo-sanitaire et l’accord règlementant la transhumance entre son pays et le Sénégal. Il a ajouté que « les cadres de concertation créés à cet effet ont beaucoup contribué au maintien d’un climat serein et paisible de la transhumance entre nos États. » Avant de souligner qu’au regard de l’engagement des éleveurs maliens à fournir des moutons de qualité aux populations sénégalaises pour la fête de Tabaski, il « ne doute point des dispositions idoines que les autorités sénégalaises feront prendre pour mettre leurs frères maliens dans les meilleures conditions de vente des animaux. » « Comme à l’accoutumée, le Mali fournit ,chaque année, à différents pays des moutons pour la fête de Tabaski, notamment, le Sénégal, la Guinée Conakry, la Côte d’Ivoire en grande partie. Cette année, comme en 2024, le gouvernement sénégalais a dépêché une délégation ministérielle pour demander l’approvisionnement du marché sénégalais en moutons pour la fête de Tabaski », a rappelé le président de l’Inter-profession de la filière bétail-viande au Mali, Mamoudou Abdoulaye Diallo. « Cette année, le besoin s’élève à 250 000 têtes de moutons. Sachant que nous sommes parmi les premiers producteurs de la sous-région et le Mali est disposé à fournir le Sénégal 50% de leur besoin, c’est-à-dire environ 125 000 têtes de moutons », a-t-il précisé. Il a exprimé des préoccupations liées à la sécurité, l’approvisionnement en eau et en nourriture pour les animaux et, surtout, les conditions d’hébergement des acteurs. Si celles-ci ont été prises dans la capitale sénégalaise, l’année dernière, par les autorités sénégalaises, il y a quelques soucis que les marchands en bétails éprouvent dans les régions. M. Diallo a souligné à la délégation sénégalaise ces difficultés et d’autres, notamment « de rapatriement du bétail invendu qui constitue souvent un manque à gagner pour les marchands maliens. » A l’issue des échanges, le ministre secrétaire d’État sénégalais aux coopératives et à l’encadrement paysan a donné l’assurance d’« une solution idoine aux difficultés » soulevées par la partie malienne. Il a précisé que l’objet de sa visite est « de partager avec le Mali l’ensemble des dispositions prises par les autorités (de son pays) pour une bonne préparation de l’approvisionnement de la population sénégalaise en moutons de Tabaski. » Il a rappelé que pour la tabaski 2024, le besoin du marché au Sénégal était estimé à 81 000 têtes et les importations à partir du Mali ont contribué à couvrir cette demande. Il a indiqué que pour la Tabaski de cette année, les besoins d’importations du Sénégal sont estimés à 804 000 têtes dont 260 000 pour la capitale Dakar. Il a fait savoir que le chef du gouvernement du Sénégal a instruit l’ensemble des ministères concernés pour assurer de bonnes conditions d’accueil aux opérateurs maliens. ST/MD (AMAP)
Ouélessébougou : Visite de l’ambassadrice des États-Unis au CSRef
Ouélessébougou, 1er mai (AMAP) L’ambassadrice des États-Unis d’Amérique au Mali, Mme Rachna Korhonen, accompagnée d’une délégation, a rendu une visite, jeudi 1er mai 2025, à l’équipe d’ophtalmologues américains, au Mali pour la campagne annuelle de soins et chirurgies gratuits des maladies de l’œil, de l’ONG américaine Utah Alliance, en cours depuis le début de la semaine. La diplomate américaine est venue s’enquérir de l’état d’avancement des opérations de soins et de chirurgie gratuits assurées par des compatriotes et s’imprégner de leurs conditions de travail. Elle s’est réjouie du bilan de la campagne de la mission médicale. Au Centre de santé et de référence (CSRéf) de Ouélessébougou, où opère l’équipe médicale américaine, Mme Korhonen a été accueilli par les autorités administratives, communales et le personnel du centre. Après les salutations d’usage aux autorités locales, la diplomate s’est, tout d’abord, rendue à l’Unité d’ophtalmologie où elle a pu constater le travail de l’équipe sur place, dirigée par Michael Clayton. Le médecin a fait à ses visiteurs le bilan des soins déjà prodigués au cours de la campagne. La représentante américaine s’est félicitée de la présence de mission médicale de son pays au Mali, plus particulièrement de l’équipe chargée de la prise en charge gratuite de maladies de l’œil de personnes vulnérables, tout en saluant « l’implication et la mobilisation des autorités locales et les responsables du CSRef pour la réussite de cette activité. » Pour sa part, le préfet du Cercle, Moussa Sagara, a salué la visite de la diplomate qui rentre dans le cadre de la bonne coopération, entre le Mali et les États-Unis d’Amérique, à travers l’ONG Utah Alliance. Il a, ensuite, dit sa « gratitude envers les ophtalmologues américains, pour leurs efforts consentis, depuis des années, en faveur des populations du Cercle de Ouélessébougou. » Il les a assurés de l’accompagnement de l’administration locale. La délégation s’est successivement rendue dans toutes les unités du centre, visité les malades et s’est imprégné des conditions de travail du personnel. AC/MD (AMAP)
La concertation sur la relecture de la Charte des partis politiques dit oui à la dissolution de tous les partis politiques
Bamako, 30 avr (AMAP) La phase nationale de la concertation des Forces vives de la Nation et des Maliens établis à l’extérieur sur la relecture de la Charte des partis politique a recommandé, mardi, la dissolution de tous les partis politiques, a constaté l’AMAP. Au terme de deux jours de travaux, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les participants, elles ont également proposé le durcissement des conditions de création de partis politiques à travers une série de mesures allant de la fixation d’une caution de 100 millions de Fcfa pour la création d’un parti politique, à la limitation d’âge à 25 ans au moins et 75 ans au plus pour être dirigeant d’un parti politique. Les partis doivent aussi avoir une représentation significative au niveau des régions et des cercles, ainsi que dans le District de Bamako. « Les Forces vives de la Nation » ont, aussi, demandé l’installation du Général d’armée Assimi Goïta comme Président de la République pour un mandat de cinq ans, renouvelable à partir de 2025. Les participants ont planché sur la réduction du nombre de partis politiques en appliquant des conditions restrictives de création et de financement, la relecture de la Charte des partis politiques, avec une réaffirmation du statut de chef de file de l’opposition ainsi que le nomadisme politique en cours de mandat. Ainsi, des propositions, des reformulations et des recommandations ont été formulées pour le renouveau de l’arène politique dans notre pays. Au terme des débats autour de la première thématique (réduction du nombre des partis politiques), les participants ont, également, recommandé l’instauration de « plus de rigueur dans le fonctionnement » des formations politiques. Ainsi, les chefs de village, de fractions ou de quartiers, les leaders religieux ne doivent plus, de l’avis du groupe thématique, participer aux campagnes électorales. Cette recommandation est aussi valable pour les organisations de la société civile. S’agissant de la deuxième thématique, les forces vives de la Nation ont recommandé de supprimer le statut de chef de file de l’opposition. Et la troisième, interdit purement et simplement le nomadisme politique. Dans le volet de la recommandation sur un mandat de cinq ans renouvelable, à partir de 2025, à un « président de la République », à l’instar de ses pairs de l’AES, les participants l’ont justifié par le fait de « donner le temps qu’il faut aux dirigeants actuels de continuer la gestion de l’État, maintenir les organes actuels et de suspendre toutes questions électorales jusqu’à la pacification du pays. » Il s’agit, également, de faire l’audit du fichier électoral par une structure indépendante après la dissolution des partis politiques, de soumettre une demande d’autorisation de manifestation au représentant de l’État avant toute activité de manifestation, d’interdire les alliances contre nature dans la Charte des partis. De même, ils ont proposé l’augmentation du montant de la caution pour l’élection du président de la République à 250 000 000 Fcfa ou de la monnaie en vigueur et l’instauration d’un scrutin à un seul tour. Le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de division Abdoulaye Maïga, qui a présidé la cérémonie de clôture, a salué l’engagement et la détermination des Maliens à la réussite de cette concertation. Le général de division Abdoulaye Maïga a rappelé la lettre de cadrage du Chef de l’État, le Général d’armée, Assimi Goïta. Selon lui, la relecture de la Charte des partis politiques fait partie d’un paquet de projets de textes légitilatifs devant contribuer à l’application de la Constitution, promulguée le 22 juillet 2023. « La concertation a abouti à des recommandations claires et précises permettant au pays d’avancer et de tourner des pages obscures qui ont conduit à l’effondrement du Mali », a souligné le Premier ministre. La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du gouvernement dont le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Réformes politiques et du Soutien au processus électoral, Mamani Nassiré. NK/MD (AMAP)
Mali : Lancement de l’opération « Dougoukoloko » pour rétablir la souveraineté nationale
Bamako, 30 avr (AMAP) Le président de la Transition, chef de l’État, a institué, par décret l’opération militaire « Dougoukoloko » qui vise à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire malien, en s’appuyant « sur les Forces armées et de sécurité pour garantir un environnement stable et répondre aux aspirations du peuple malien. » « L’opération ‘Dougoukoloko’ a pour ambition de réaffirmer la souveraineté de l’État, d’éradiquer les menaces terroristes et criminelles et d’assurer la libre circulation ainsi que la protection des personnes et de leurs biens », indique le décret présidentiel n°2025-0268/PT-RM du 25 avril 2025. L’objectif final est un Mali sécurisé, avec une administration publique performante et une cohésion sociale restaurée. L’opération couvre l’intégralité du territoire national, divisé en trois théâtres d’opérations : (Théâtre Est (Gao, Ménaka, Kidal), avec un poste de commandement interarmées (PCIAT) à Gao ; Théâtre Centre (Ségou, San, Mopti, Bandiagara, Douentza, Tombouctou, Taoudenni), basé à Sévaré, Théâtre Sud (Kayes, Kita, Nioro, Koulikoro, Nara, Dioïla, Sikasso, Bougouni, Koutiala), localisé à Sénou. Le chef d’État-major général des Armées, désigné commandant de l’opération, aura la charge de coordonner les actions et de proposer les moyens nécessaires pour atteindre ces objectifs. Les commandants de théâtre, nommés par décret présidentiel, « disposeront d’une autorité étendue sur les forces engagées et pourront prendre des mesures comme des restrictions de circulation ou des opérations de bouclage et de fouille. » Ils collaboreront avec les représentants de l’État pour assurer la sécurité et la défense civile. L’opération « Dougoukoloko » s’inscrit, également, dans une dynamique de coopération transfrontalière, régionale et internationale. Elle bénéficie du soutien des autres ministères, coordonné par le ministre chargé des Forces armées. Ce décret abroge l’opération « Maliko », instituée en 2020, et marque une nouvelle étape dans la lutte pour la stabilisation du Mali. MMD/MD (AMAP)
Le ministre malien des AE exprime sa profonde gratitude à SM le Roi du Maroc pour la solidarité du Royaume avec l’Alliance des Etats du Sahel
Rabat, 29 avr (AMAP) Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a exprimé, lundi à Rabat, sa profonde gratitude à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour la solidarité continue du Royaume avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), rapporte Mahgreb Arab Presse (MAP) « Nous exprimons notre profonde gratitude d’être reçus par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à qui nous avons transmis les salutations fraternelles et les sentiments de fraternité, de solidarité, et d’amitié de Ses frères leurs Excellences le général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’Etat du Mali et président de la Confédération des Etats du Sahel, le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l’Etat, et le général d’Armée Abdouramane Tchiani, président de la République du Niger, chef de l’Etat », a-t-il indiqué dans une déclaration à la presse, à l’issue de l’audience que le Souverain a accordée aux ministres des Affaires étrangères des trois pays de l’AES. M. Diop, cité par la MAP, a précisé que l’audience royale a été aussi « l’occasion d’exprimer la profonde gratitude de nos pays et notre appréciation positive de l’état des relations amicales et de coopération qui existent entre le Royaume du Maroc et chacun de nos pays individuellement, ainsi qu’avec la Confédération des Etats du Sahel, des relations qui se renforcent au quotidien. » « Nous avons exprimé aussi notre appréciation de l’Initiative royale visant à faciliter l’accès de nos trois pays à l’océan Atlantique pour diversifier notre accès à la mer et renforcer la paix et la sécurité », a souligné le ministre malien. Les ministres de l’AES, Abdoulaye Diop, du Mali, Bakary Yaou Sangaré du Niger et Karamoko Jean-Marie Traoré du Burkina Faso, ont, tout particulièrement, réaffirmé leur adhésion totale et leur engagement à accélérer la mise en œuvre de cette Initiative de Sa Majesté le Roi, qu’ils ont saluée en qu’elle est destinée à favoriser l’accès des pays du Sahel à l’Atlantique. Les trois ministres ont, également, exprimé à Sa Majesté le Roi « l’appréciation » des chefs d’Etat de leurs pays quant à la position constante du Maroc et de son Souverain vis-à-vis des pays dits en transition, dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a-t-il précisé, se félicitant « des voies du dialogue maintenues par le Royaume afin d’identifier des solutions et promouvoir les relations avec ces pays sur la base du respect mutuel. » Au cours de cette audience, les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont transmis à Sa Majesté le Roi, la gratitude de leurs chefs d’Etat « pour l’intérêt constant accordé à la Région du Sahel, ainsi que pour les actions et initiatives royales en faveur du développement économique et social des pays de la région et de leurs populations. » « Sa Majesté le Roi a réitéré la disponibilité totale du Royaume du Maroc et Son engagement à faire en sorte que les relations de coopération puissent se renforcer et se densifier avec nos pays au service de la paix, de la sécurité et de la stabilité », a dit M. Diop. Par ailleurs, les ministres chargés des Affaires étrangères de l’Alliance des États du Sahel ont présenté au Souverain l’état d’avancement institutionnel et opérationnel de l’AES, créée comme cadre d’intégration et de coordination entre ses trois pays membres. Cette audience s’inscrit dans le cadre des relations fortes et anciennes du Royaume avec les trois pays frères de l’Alliance des États du Sahel, qui ont toujours été frappées du sceau de l’amitié sincère, du respect mutuel, de la solidarité agissante et de la coopération fructueuse. MD (AMAP)
Voyage à l’intérieur du Mali : Une odyssée matinale de Bamako à Koutiala
Par Moussa M. DEMBELE AMAP Bamako Bamako, 29 avr (AMAP) À 6h14, la gare routière de Sogoniko, à Bamako, s’éveille dans une effervescence très matinale. Les passagers, billets en main, affluent pour le départ prévu à 8h vers Koutiala, via Ségou. Dans ce ballet organisé, l’attente, les rencontres et les petites histoires du voyage tissent une fresque vivante de la vie malienne, entre chaleur écrasante, traditions et modernité. Dès l’entrée, des jeunes guident les voyageurs. Ceux sans billets se pressent aux guichets, tandis que les détenteurs de tickets passent sous l’œil perspicace du vigile. À l’intérieur, des nattes accueillent adultes, enfants et personnes âgées, certains encore endormis. Les bagages s’entassent dans les soutes du car, une file impatiente s’improvise devant les toilettes. « Faites vite, vous n’êtes pas les seuls usagers ! » lance un voyageur excédé. Malgré des pancartes indiquant des latrines séparées pour hommes et femmes, la distinction est ignorée, et l’état de certaines installations laisse à désirer. Le car pour Koutiala, prévu pour 60 passagers, attire plus de 80 personnes, créant une bousculade. Des retardataires, comme un voyageur attendant depuis 4h, déplorent des départs manqués. « J’étais de l’autre côté de la gare, mais le bus est parti sans moi. Les billeteurs ne donnent pas de réponses claires », se plaint-il. Un billeteur rétorque : « Chaque bus a sa place. Patientes, tu pars à 8h. » AU RYTHME DE LA MUSIQUE ET DES CONVERSATIONS – À 7h50, le véhicule est prêt. Le chauffeur finalise ses réglages. A 8h, le bus s’élance sur l’axe Bamako-Ségou-Koutiala. À l’intérieur, l’écran diffuse « La Patronne » de la Guinéenne Djelikaba Bintou, artiste récemment médiatisée pour sa vie personnelle tumultueuse. Les passagers, bercés par la musique, entament des discussions animées. Deux hommes près de la porte échangent sur leur vie. « J’ai dit à ma femme que je vais prendre une deuxième épouse, qu’elle le veuille ou non », confie l’un, avant que son oncle ne le qualifie de « trop turbulent ». À 8h04, nous longeons le stade du 26 Mars, évitant les embouteillages. Le soleil, brûlant en cette saison chaude, éclaire les visages. À la sortie de Bamako, un arrêt révèle deux places réservées, contrairement aux annonces initiales. Au péage de Kassela, le système d’enregistrement des plaques, encore manuel, ralentit le passage. Entre Baguineda et Kassela, la verdure des manguiers et la forêt classée, marquée par des traces de feux de brousse, captivent les regards. « A chaque saison sèche, des feux éliminent les herbes, mais touchent aussi les plantes », observe un passager, sans réponse claire sur leurs origines. À Zantiguila, le poste de contrôle grouille de vendeurs ambulants proposant biscuits, œufs et eau, prisée sous la canicule. Un vendeur de remèdes traditionnels tente sa chance, mais les passagers, absorbés par leurs conversations, l’ignorent. La route, en bon état jusqu’à Ségou, traverse des villages paisibles. À l’entrée de la Cité des balanzans, ces arbres emblématiques suscitent l’admiration. Sur l’écran, le rappeur malien Wiz Montana provoque des réactions avec son titre : « Allah ka na Mali taa nje » (Qu’Allah ne développe pas le Mali). Un bouchon causé par une course cycliste entre Fana et Ségou, ralentit la progression. Au poste de contrôle de Ségou, vérification des pièces et les contrevenants s’acquittent d’amendes. Après Ségou, la route se dégrade, forçant le chauffeur à ralentir. Des passagers somnolent, érientés par le trajet. À 14h, le bus atteint M’Pessoba, marquant la fin de notre périple. Ce voyage, ponctué de musique, de discussions et de paysages variés, reflète la vitalité et les contradictions du Mali : une société en mouvement, entre traditions, défis logistiques et aspirations modernes. MMD/MD (AMAP)

