Kolondièba : Une femme tue son mari à coups de pilons sur la tête
Kolondièba, 20 juil (AMAP) La ville de Kolondièba (Sud) s’est réveillée dans la consternation avec les nouvelles de la mort d’un homme tué sauvagement, à coups de pilon sur la tête, par sa première femme, samedi 19 juillet. Vers 5 heures du matin, la victime Y.B, plus de la quarantaine, a été froidement abattu par sa première épouse, dans la nuit du 18 au 19 juillet, surpris dans son sommeil, sa femme M.D Après son forfait, la meurtrière présumée a soigneusement caché son arme dans la broussaille, à 50 mètres du domicile, lieu du crime. Informés, les éléments du Commissariat de police de Kolondièba se sont rendus dans la famille, au quartier central. Constat : Y B gisait dans son sang, la tête écrasée. Il est mort sur le coup. L’arme du crime a été retrouvée mais la criminelle présumée a disparu. Elle ne sera retrouvée par la police que vers 23 h, à Kôkô, un autre quartier de Kolondièba. Après la police, elle a été remise à la justice. Auparavant, une délégation, composée du 1er adjoint au maire, Moussa S. Koné, des policiers et des éléments de la protection civile, s’est rendue au domicile du défunt pour constater les faits. La nouvelle s’est répandue à travers la ville comme une traînée de poudre mettant la cité dans l’émoi. Le défunt étant de la Région de Ségou (Centre), on a attendu l’arrivée de ses parents pour l’accompagner en sa dernière demeure, samedi à 17 heures. Une foule nombreuse de parents, de collaborateurs, d’amis et de voisins étaient présents pour le dernier adieu. Le défunt avait fait fortune dans l’orpaillage. Il laisse derrière lui deux épouses et plusieurs enfants. NK/MD (AMAP)
Forum international de la diaspora : Une vingtaine de recommandations pour mobiliser les Maliens de l’extérieur pour le Mali
Bamako, 19 juil (AMAP) Une vingtaine de recommandations lues par le secrétaire général du ministère en charge des Maliens établis à l’extérieur, Mme Tangara Nema Guindo, présidente de la commission d’organisation du Forum international de la diaspora (FID), ont sanctionné, samedi, la fin de la 1ère édition du FID, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a constaté l’AMAP sur place. Parmi les principales recommandations, il s’agit, entre autres, de « régionaliser le FID et favoriser les investissements croisés notamment à l’échelle de la Confédération des Etats du Sahel, prendre des mesures idoines pour restaurer la confiance de la diaspora et mobiliser son potentiel, reconnaître la diaspora comme une entité administrative et créer des guichets uniques dans les missions diplomatiques pour faciliter l’accueil et l’accompagnement des porteurs de projets ». Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, qui a présidé la cérémonie de clôture, a indiqué que ce forum « voulu, inspiré et soutenu par le président de la Transition », s’inscrit dans une vision de refondation, de souveraineté et d’unité. Mossa Ag Attaher a assuré aux participants que les recommandations formulées « seront enrichies dès le lundi prochain » par un comité de travail technique et scientifique, ajoutant que ces recommandations « ne resteront pas lettres mortes. » « Un plan de mise en œuvre sera élaboré dans les meilleurs délais en lien avec les départements sectoriels concernés. Nous veillerons à ce que chaque proposition soit examinée avec rigueur », a-t-il annoncé. En outre, le ministre Mossa Ag Attaher a souhaité voir se réaliser un jour « un Forum international de la diaspora de la Confédération des Etats du Sahel ». Pendant trois jours, une table ronde de haut de niveau et huit panels thématiques ont permis de croiser les expertises, d’échanger des idées et de partager des expériences, sur le thème : « enjeux et défis pour une diaspora au cœur du développement économique national ». À l’issue de ce Forum, la diaspora a réaffirmé son attachement indéfectible à la construction du Mali nouveau. Les recommandations ainsi présentées constituent les fondations d’un Plan d’action stratégique pour la valorisation de la diaspora. Il sera mis en œuvre par le département en charge des Maliens établis à l’Extérieur, en coordination avec les ministères sectoriels, les Partenaires techniques et financiers (PTF), ainsi que les représentants des communautés maliennes établis à l’extérieur. En affirmant que la diaspora est un pilier de souveraineté, un levier économique et un moteur de transformation, le Mali a posé les bases d’un partenariat renouvelé, inclusif et productif avec ses fils et filles établis à l’étranger. On a noté à la cérémonie de clôture, la présence des ministres chargés des Affaires étrangères de l’AES, des membres du gouvernement et des représentants du corps diplomatique accrédités au Mali ainsi que des PTF. SS/MD (AMAP)
Urgent/San : Conférence de presse (en cours) du syndicat des travailleurs de l’enseignement catholique (SYNTEC)
San, 19 juil (AMAP) Le Syndicat des travailleurs de l’enseignement catholique (SYNTEC) de San tient une conférence de presse (en cours), ce samedi, dans l’enceinte de l’école Babou Dioni de San (Centre), a constaté l’AMAP, sur place. Selon le secrétaire général du SYNTEC de San, Nathanaël Kamaté, « l’objectif est d’informer l’opinion nationale de la situation des enseignants de l’enseignement privé catholique et, particulièrement, celle des enseignants du diocèse de San. » NC/MD (AMAP)
Afrobasket féminin Côte d’Ivoire 2025 : Les Aigles Dames bien arrivées à Abidjan
Envoyé spécial Seïbou S. KAMISSOKO Abidjan, 19 juil (AMAP) La sélection nationale senior Dames de basketball est arrivée á Abidjan, la capitale ivoirienne, vendredi 18 juillet, vers 21h pour prendre part à l’édition 2025 de l’Afrobasket. A leur arrivée à l’aéroport international Félix Houphouët Boigny, des supporters enthousiastes de la communauté malienne d’Abidjan ont accueilli la délégation au son de tambours et vouvouzéla, pour exprimer leur soutien inconditionnel. Parmi les personnalités présentes à l’accueil, Cherif Mohamed Kanouté, ministre conseiller à l’Ambassade du Mali en Côte d’Ivoire. La compétition se tiendra du 26 juillet au 3 août, offrant aux Aigles Dames l’occasion de se mesurer à d’autres équipes de haut niveau. Classées troisièmes lors de la précédente édition, les joueuses maliennes, placées dans la poule B aux côtés du Cameroun et du Soudan du Sud, visent cette année la victoire finale. Pour ce faire, le coach malien Oumarou Sidiyaya Maïga et son équipe ont décidé de venir en Côte d’Ivoire plus tôt afin de peaufiner leur préparation. Cette avance stratégique leur permettra de se familiariser avec les terrains de jeu locaux, de s’adapter au climat et de peaufiner leurs tactiques avant le début officiel de la compétition. Les Aigles Dames sont déterminées à briller sur le parquet et à représenter dignement le Mali lors de cet événement sportif majeur. Leur engagement et leur passion pour le basketball sont indéniables, et les fans maliens attendent avec impatience de les voir évoluer et défendre fièrement les couleurs nationales. Mme Coulibaly Momo Diakité, cheffe de la délégation malienne, a exprimé sa profonde gratitude envers la communauté malienne d’Abidjan pour l’accueil chaleureux réservé à l’équipe. « Ce geste met en lumière non seulement le soutien inestimable dont bénéficie l’équipe mais, aussi, l’importance de la solidarité et de l’unité au sein de la diaspora malienne », a-t-elle dit. Selon elle, dans des moments d’événements sportifs internationaux, comme l’Afrobasket, le soutien de la communauté locale joue un rôle crucial dans la motivation et la détermination des joueuses. SK/MD (AMAP)
Sortie de la 2è promotion du diplôme d’état-major des forces de sécurité : 34 officiers prêts à servir
Bamako, le 18 juil (AMAP) Quelque 34 officiers issus des forces de sécurité des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) dont 30 du Mali, 2 du Burkina-Faso et autant du Niger ont terminé le stage de formation de la 2ème promotion du diplôme d’état-major des forces de sécurité, ce vendredi 18 juillet 2025, à l´Ecole de gendarmerie Chef d’escadron Balla Koné-Faladjè, à Bamako, a constaté l’AMAP. La cérémonie de clôture, marquée par la remise des insignes et diplômes aux récipiendaires ainsi qu’un défilé militaire, a été présidée par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Ali Mohamedine, en présence de la hiérarchie militaire, des membres du corps diplomatique dans notre pays et des proches des récipiendaires. Parmi les 34 officiers, 9 sont des fémmes. Cette formation qui a duré 9 mois est destinée à doter ces officiers de compétences nécessaires pour assurer des responsabilités au sein des instances de commandement. Le major de la promotion est le capitaine Blaise Ague Coukri du Burkina Faso qui a obtenu une moyenne de 16,33/20. « Dans le cadre du renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité, plusieurs grandes réformes ont été opérées pour rendre notre outil de défense performant, efficace et adapté aux réalités du moment », a fait savoir le ministre de la Sécurité et de la Protection civile. D’après le général Daoud Ali Mohamedine, la création de l’Ecole d’état-major des forces de sécurité « est une illustration parfaite et concrète de la réussite de ces réformes majeures. » Il a ajouté que le concept novateur de diplôme d’état-major des forces de sécurité est important, « car s’adaptant au contexte sécuritaire actuel qui domine dans les pays du Sahel et, singulièrement, ceux de la Confédération AES. » « Opérationnelle il y a seulement deux ans, l’Ecole d’état-major des forces de sécurité s’impose déjà comme un maillon essentiel dans la formation des futurs hauts cadres de la police nationale, de la protection civile, de la gendarmerie nationale, de la garde nationale et des officiers venus des pays frères et amis », a-t-il déclaré. OD/MD (AMAP)
Mali : La diaspora, un levier clé pour le développement économique national
Bamako, 17 juil (AMAP) Le Forum international de la Diaspora (FID), sous le thème « Enjeux et défis d’une diaspora au cœur du développement économique national », s’est ouvert, ce jeudi, à Bamako, pour mobiliser les 6,7 millions de Maliens de l’extérieur en faveur du développement du pays, a constaté l’AMAP sur place. « Ce forum marque un tournant décisif pour transformer les contributions de la diaspora en leviers de croissance inclusive et durable », a déclaré Mossa Ag Attaher, ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, lors de la cérémonie d’ouverture présidée par le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga. Estimée à 743 milliards Fcfa en 2020, selon la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la contribution financière de la diaspora malienne soutient la stabilité des ménages et l’économie nationale. Cependant, seulement 5 % de ces fonds sont investis dans des secteurs productifs. Le forum vise à réorienter ces ressources vers des projets générateurs d’emplois durables, à travers des mécanismes comme des incitations fiscales, un guichet unique pour les investisseurs de la diaspora et une stratégie nationale pour des investissements productifs. Sous l’autorité du Président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, le gouvernement place la diaspora au cœur de sa vision pour un Mali souverain et prospère. Des réformes majeures, telles que la Politique nationale de migration de 2014 (en cours de révision), l’inclusion de représentants de la diaspora dans le Parlement via la nouvelle Constitution, et la création d’un futur fonds souverain, témoignent de cet engagement.« La diaspora n’est pas seulement une ressource financière mais un acteur économique, culturel et stratégique », a ajouté le ministre Ag Attaher. La directrice régionale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Sylvie Ekra, a salué l’initiative malienne, soulignant que les transferts de fonds de la diaspora ouest-africaine ont atteint 35 milliards de dollars en 2024, dont 1,2 milliard pour le Mali. Elle a appelé à des partenariats renforcés avec les institutions financières pour maximiser l’impact des contributions de la diaspora, notamment, via des projets structurés comme le logement ou les coopératives agricoles. Ce forum, soutenu par l’OIM et des partenaires comme la Banque africaine de développement (BAD), s’inscrit dans les dynamiques régionales de l’Union africaine et de la Confédération des États du Sahel (AES). Pendant trois jours, il réunira des acteurs de la diaspora, du secteur privé et des institutions pour co-construire des mécanismes concrets, visant à transformer les compétences, expériences et ressources des Maliens de l’extérieur en solutions pour un développement durable. OS/MD (AMAP)
Fonds de soutien aux Infrastructures de base et de développement social : 24 milliards Fcfa pour améliorer la desserte en électricité au Mali
Bamako, 16 juillet (AMAP) Le ministère de l’Énergie et de l’Eau a reçu, ce mercredi 16 juillet 2025, un financement de 24 milliards de Fcfa du Fonds de soutien aux Infrastructures de base et de développement social, pour renforcer la desserte nationale en électricité, a appris l’AMAP de source officielle. L’objectif, selon un communiqué conjoint du Centre d’Information gouvernementale du Mali (CIGMA), du ministère de l’Economie et des Finances (MEF) et du ministère de l’Energie et de l’Eau (MEE), est « de poursuivre la dynamique d’amélioration de la desserte, à travers l’augmentation et un service de qualité de la fourniture d’électricité en faveur des populations et des entreprises. » Ce financement permettra de procéder à la maintenance des outils de production d’énergie, conformément aux standards requis en la matière, tout en maintenant assurant un approvisionnement correct en hydrocarbures des centrales, renforçant de ce fait les capacités de production d’énergie. Créé par l’Ordonnance n°2025-008/PT-RM du 7 février 2025, ce fonds, alimenté par des prélèvements sur les transactions téléphoniques et le mobile money, dispose à ce jour de 34 723 704 013 Fcfa. « Le Fonds de soutien est destiné à apporter une contribution financière, en cas de nécessité et d’urgence, aux actions socio-économiques initiées par le Gouvernement dans divers secteurs, notamment le secteur énergétique », indique l’Article 2 de son texte de création cité par le communiqué. La cérémonie de remise de ce premier financement du Fonds de soutien aux infrastructures de base et de développement social, s’est déroulée au ministère de l’Economie et des Finances, la cérémonie de réception La première séance du Comité de pilotage, créé par décret, s’est tenue, lundi 14 Juillet 2025, sous la présidence effective du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita, auprès de qui le Fonds a été domicilié. A l’issue des délibérations, il a été accordé, au ministère de l’Energie et de l’Eau, cette première tranche de financement, en vue de renforcer les actions entreprises depuis le mois de Ramadan, dans le cadre du Plan unique d’amélioration de la desserte en électricité. OS/MD (AMAP)
Urgent : Des obus et un drone kamikaze lancés en direction du second Camp militaire de Goundam (Nord)
Goundam, 15 juil (AMAP) Des individus non identifiés ont lancé, mardi, entre 19h-19h30, des obus et un drone kamikaze en direction du second Camp militaire de Goundam (Nord), situé à cinq kilomètres de la ville, sur la route de Tonka, selon des sources locales. Selon nos informations, le drone kamikaze a été abattu par Forces armées maliennes (FAMa), et aucun des obus n’a atteint le Camp. Actuellement, les FAMa intensifient les patrouilles à travers la ville et en périphéries. Un grand silence couvre la ville. Toute la population reste terrée dans les habitations. AAT/MD (AMAP)
Conseil d’Administration de l’AMAP : Le ministre Alhamdou Ag Ilyène a salué le travail de la Direction générale et du personnel
Bamako, 15 juillet 2025 (AMAP) Le ministre la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a salué, mardi, à Bamako, le travail accompli par la Direction générale et l’ensemble du personnel de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), « malgré un contexte difficile marqué par la lutte contre le terrorisme », a constaté l’Agence de presse. Le ministre en charge de la Communication, qui présidait l’ouverture de la 48e session du Conseil d’Administration de l’AMAP, a souligné que le groupe, à travers ses supports (L’Essor, l’Agence de presse, les agences Kibaru, Kabaru, Xibaré et les plateformes digitales), « a joué un rôle essentiel dans la couverture médiatique des actions publiques et sécuritaires, tout en contribuant à la lutte contre la désinformation. » Toujours, selon le ministre Ag Ilyène, « l’engagement de l’Agence dans cette dynamique est jugé remarquable. » Les points inscrits à l’ordre du jour de cette session, tenue au ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, étaient le suivi des recommandations issues de la précédente session, l’état d’exécution budgétaire du 1er janvier au 31 décembre 2024, ainsi que le rapport du Commissaire aux comptes. En janvier dernier, la Direction générale a présenté au Conseil d’Administration un plan stratégique couvrant la période 2025-2028. Ce plan s’articule autour de cinq axes majeurs qui sont la diversification des activités, la transformation digitale, l’excellence éditoriale, le renforcement de la gouvernance et la performance financière. « Les temps sont très difficiles, mais l’AMAP tient debout », a assuré le directeur général, Alassane Souleymane. Ainsi, le quotidien national est désormais publié en 24 pages, dont 12 en couleurs, et des numéros hors-série ont été introduits. En plus, une révision des profils professionnels des agents est en cours afin de les adapter aux exigences actuelles et au contexte du moment. Et une campagne de plaidoyer a été engagée pour rappeler aux décideurs politiques et institutionnels que l’AMAP « constitue un outil stratégique pour l’accompagnement de leurs actions quotidiennes. » Pour rappel, le budget de l’AMAP pour l’exercice 2024 a été adopté par la 45e session ordinaire de son CA pour un montant de 2 300 067 000 francs CFA contre 2 281 737 000 francs CFA en 2023, soit une augmentation de 18 330 000 francs CFA, pour un taux d’augmentation de 0,80%. AC/MD
Mutation des griots : Le grand écart entre tradition et quête de bien-être
Par Moussa M. DEMBELE À Bamako, comme dans beaucoup de villes de pays de cette tradition, en Afrique de l’Ouest, les griots, jadis mémoire collective et acteurs de médiation sociale, connaissent une mutation. Si certains continuent d’incarner la tradition, d’autres sont accusés d’avoir troqué leur rôle de conciliateur par appât du gain. Bamako, 14 juil (AMAP) La transmission orale, socle des sociétés africaines, a longtemps été assurée par les griots, dépositaires de l’histoire, des généalogies et de la parole sacrée. De génération en génération, ils ont su préserver les savoirs, jouer les médiateurs et animer la vie communautaire. Mais, aujourd’hui, certains estiment qu’ils ont délaissé leur mission au profit d’un confort personnel. Ce dimanche 18 mai, à Bamako, comme le chantait le duo du défunt Amadou et son veuve Mariam, « c’est le jour des mariages ». Au centre-ville, les cortèges s’enchaînent. Dans un quartier périphérique, l’arrivée d’un couple fraîchement marié attire les regards. La mariée, en robe blanche, est accompagnée d’un époux en boubou blanc. À leurs côtés, une griotte micro en main s’adresse au père de la jeune femme : « Les griots de Bamako ont faim. Nous demandons aux nobles hommes de nous donner à manger. Coulibaly, sois fier, car tout le monde n’a pas la chance de marier sa fille ». Un vieux griot renchérit, en s’égosillant : « C’est le respect de la parole donnée qui fait la différence entre les hommes. Et tu as toujours tenu tes promesses. Tu es un homme digne. Nous sommes tous ici pour l’argent. » DEVOIR MORAL OU QUETE D’ARGENT – Ce genre de discours agace certains observateurs. Pour Salimata Fomba, femme au foyer, les griots ont délaissé leur vocation. « Aujourd’hui, ils ne s’intéressent qu’aux personnes riches. Lors des mariages, j’ai peur qu’un griot parle de moi. Ils poussent les gens à aller au-delà de leurs moyens. Si vous ne casquez pas, vous n’aurez pas droit à des éloges », se désole-t-elle. Même constat chez Issiaka Dembélé, qui lie l’augmentation des divorces au changement des griots dans leur rôle traditionnel. « Avant, ils intervenaient pour réconcilier les époux. Aujourd’hui, ils ne sont présents que dans les cérémonies festives », dit-il. Adama Diabaté, griot à Bamako, se défend : « Nous n’avons pas d’autres métiers. J’informe les gens des cérémonies mais, souvent, je ne reçois rien. Nous méritons une récompense. » Le statut de griot ne s’acquiert pas, il se transmet. « On ne devient pas griot, on naît griot. Ce n’est pas une ethnie, mais une fonction héréditaire », explique Bourama Soumano. Il avance que la crise des griots s’inscrit dans un effritement général des repères sociaux. « Ce n’est pas que les griots qui ont failli. Les notables et les autorités aussi. Autrefois, notre parole était écoutée. Aujourd’hui, elle ne compte plus », regrette-t-il. Autre facteur de cette mutation est l’absence de cadre juridique. « L’État n’a prévu aucune loi reconnaissant notre rôle. Jadis, nous étions conseillers, éducateurs, animateurs. Toutes ces fonctions nous ont été arrachées », déplore Djeli Soumano. Dr El Hadji Ousmane Boré, historien à la Faculté d’histoire et géographie de Bamako, rappelle le rôle central des griots dans les sociétés anciennes. « Ils servaient de contre-pouvoir dans les régimes monarchiques. Un roi pouvait tout décider mais, seul le griot pouvait le faire réfléchir en invoquant ses ancêtres », argumente-t-il. Mais le professeur note une dérive : « Aujourd’hui, qui sont les vrais griots ? L’argent a tout corrompu. Ce métier noble est devenu une activité mercantile. » Pour lui, une solution existe. « Il faut créer une école pour griots, avec des formations en éthique, histoire et communication. Des associations existent mais, il faut une volonté politique pour encadrer cette pratique », propose-t-il. Kemoko Diabaté, étudiant -journaliste passionné d’histoire des griots et grio de naissance lui-même, déplore qu’autrefois, les griots ne mendiaient pas. « Ils avaient un vrai pouvoir : celui de la parole. Aujourd’hui, certains suivent les mariages dans la rue, demandent le nom des gens et improvisent des louanges. Ce n’est pas cela un griot », explique-t-il. Il retrace le déclin de la fonction, amorcé, selon lui, au XVIIe siècle. « Avec l’arrivée des colons et la disparition des souverains, les griots ont perdu leur place. Ils sont devenus tailleurs, commerçants ou griots ambulants », ajoute-t-il. Ajoutant que l’introduction de la guitare a transformé leur art. L’oralité est devenue un moyen de survie. « Aujourd’hui, rares sont ceux qui perpétuent les vraies valeurs », conclu-t-il. MMD/MD (AMAP)

