La mission de bons offices de la CEDEAO, conduite par Goodluck Jonathan est arrivée à Bamako mercredi
Bamako, 16 juillet (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé a accueilli mercredi dans l’après-midi, à l’Aéroport international de Bamako, une délégation de très haut niveau de la CEDEAO, conduite par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, a constaté l’AMAP. La délégation comprend outre le Chef de la mission, le ministre des Affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao, le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, le Commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO, le Général Francis Behanzin, le président de la Cour constitutionnelle du Togo et son homologue du Bénin. La mission a été mandatée conformément aux textes de l’organisation, pour parvenir à un dénouement heureux de la crise socio- politique que connaît le Mali, ces derniers temps. La délégation aura des entretiens avec le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier Ministre Dr Boubou Cissé, les acteurs politiques, administratifs, les représentants de la société civile, des milieux universitaires, du corps diplomatique et des organisations internationales accréditées au Mali. Cette mission de l’organisation sous régionale fait suite à une autre ministérielle venue les 18 et 20 juin dernier, dans le cadre du règlement de la crise socio – politique afin de préserver la stabilité au Mali et dans la sous- région Ouest-africaine. KM (AMAP)
Une mission de la CEDEAO conduite par Goodluck Jonathan attendue à Bamako ce mercredi
Bamako, 15 juillet (AMAP) Une mission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) conduite par l’ancien président de la République fédérale du Nigeria, Goodluck Jonathan est attendue à Bamako ce mercredi, dans le cadre du dialogue social, suite aux manifestations du Mouvement M5, a appris l’AMAP de source officielle. La mission comprend des présidents des cours constitutionnelles des pays membres de l’organisation sous régionale. Le Chef de l’Etat avait dans son adresse récente à la Nation annoncé la venue de cette mission déléguée par le Président en exercice de la CEDEAO, le président nigérian Muhamadu Buhari . Une première mission ministérielle avait effectué le déplacement, fin juin à Bamako dans le cadre de la médiation entre le pouvoir central et les dirigeants du M5 pour la stabilité du pays confronté à la gestion de la crise du Nord et aux multiples attaques au Centre. KM (AMAP)
Récentes manifestations à Bamako : Quelque 11 morts, 158 blessés et d’importants dégâts matériels
Bamako, 14 juillet (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé a présidé lundi à la Cité administrative, une rencontre de haut niveau avec les Secrétaires généraux des ministères, le Gouverneur du District de Bamako et plusieurs responsables des Forces de l’ordre, a appris l’AMAP de source officielle. Il ‘agissait de faire le point de la situation sécuritaire et sanitaire, après les débordements qui ont suivi les manifestations de ces derniers jours suite à l’appel du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des disparus et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, le Premier ministre a invité les principaux responsables présents, à faire le point de la situation des évènements dans leur domaine respectif. Les services sanitaires ont enregistré 11 décès, 158 blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre au niveau du CHU Gabriel Touré, de l’Hôpital du Mali, de l’Hôpital de Kati et de plusieurs centres de santé de référence du District de Bamako. Le Premier ministre a diligenté une enquête afin de situer les responsabilités et évaluer l’étendue des dégâts avant d’appeler à éviter les affrontements et privilégier le dialogue pour un rapide retour de la paix et la sérénité. Au cours de la réunion, les Forces de l’ordre ont été invitées à respecter le cadre d’ordre mis en place pour mieux contenir tout type de manifestations en général, et en particulier, celles hors de contrôle et pouvant dégénérer dans la violence, afin d’éviter d’éventuels dysfonctionnements. Dr Boubou Cissé a invité les secrétaires généraux à assurer la continuité du service public et le fonctionnement normal des institutions, en attendant la mise en place du futur gouvernement d’union nationale, dont les consultations sont en cours. Les récentes manifestations dans la ville de Bamako ont occasionné des pertes en vies humaines et d’énormes dégâts matériels aux édifices et biens publics ainsi qu’aux personnes et à leurs biens. KM (AMAP)
Mali : Un bilan d’au moins sept morts dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité (sources hospitalières)
Bamako, 13 juillet (AMAP) Au moins sept personnes ont été tuées, dans des affrontements, à Bamako, depuis vendredi, entre forces de sécurité et manifestants et sympathisants du Mouvement du 5 Juin 2020-Rassemblement des forces patriotiques (M5–RFP), qui demandent la démission du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, selon des sources hospitalières. Plusieurs quartiers de la capitale malienne étaient encore secoués par des rassemblements spontanés d’opposants, dimanche, quelques heures après l’appel au calme lancé par l’imam à la tête de la coalition demandant un changement de pouvoir au Mali. Le bras de fer entre le pouvoir malien et les partisans de la coalition d’opposition continuait encore dans les rues de Bamako, dimanche 12 juillet, malgré les appels au calme lancés dans l’après-midi par l’imam Dicko Ce dernier, figure centrale de la coalition d’opposition, avait appelé ses partisans à ne « pas tomber dans le piège de la violence » après deux jours de violence. Dans le quartier de Badalabougou, un calme précaire est revenu. Des centaines de fidèles se sont pressés dans la mosquée où prêche l’imam Mahmoud Dicko, où les funérailles de quatre défunts que se sont déroulés, samedi soir, et à l’extérieur de l’édifice religieux et où les affrontements les plus sanglants ont eu lieu. Ses partisans en ont transformé les abords en camp retranché, inquiets que les forces de sécurité ne viennent l’arrêter comme d’autres leaders de la contestation depuis vendredi. Vendredi, le mouvement est entré selon ses mots en « désobéissance civile », frustré par les réponses successives du président à des exigences radicales : dissolution du Parlement, démission des juges de la Cour constitutionnelle, formation d’un gouvernement dont il nommerait le Premier ministre et, au bout du compte, départ du président. Samedi soir, dans sa quatrième allocution en un mois, le chef de l’État a annoncé la dissolution de la Cour constitutionnelle. Il a aussi ouvert la voie à des législatives partielles là où la Cour a invalidé les résultats, suivant en cela les recommandations d’une mission de bons offices de la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) La décision de la Cour constitutionnelle d’invalider une trentaine de résultats des législatives de mars et avril a été un élément déclencheur de la contestation. Au lendemain des violences qui ont suivi la manifestation organisée par le M5-RFP, le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, s’est rendu samedi au chevet des blessés. A l’hôpital Gabriel Touré, le chef du gouvernement a exprimé au nom du président de la République, le soutien des pouvoirs publics au corps médical mobilisé, souhaité prompt rétablissement aux blessés et présenté ses condoléances aux familles des victimes. Le Premier ministre s’est également rendu à l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali (ORTM} pour constater les dégâts causés par l’occupation des locaux par des manifestants. Selon la Primature, les dégâts matériels sont estimés à plusieurs centaines de millions de Fcfa. Le chef du gouvernement a constaté la destruction des équipements et l’incendie de véhicules de reportage et de plusieurs autres voitures appartenant au personnel. Partout où il est passé, le Premier ministre a renouvelé son appel au dialogue pour une sortie honorable de crise. Il n’a pas manqué de promettre, par ailleurs, que l’État assumera toute sa responsabilité pour le rétablissement de son autorité, le respect des institutions et la protection des populations et de leurs biens. « Je lance, une fois de plus, un appel aux responsables du M5-RFP pour qu’ils puissent encadrer les manifestations dans l’esprit et la lettre de la Constitution ainsi que des lois et textes relatifs à l’exercice des libertés. Mieux, je reprends à mon compte l’invitation adressée à tous les enfants du pays pour qu’ensemble nous nous donnions la main pour construire le Mali », a ajouté le chef du gouvernement. Il s’est dit conscient des «grands défis de sécurité, de santé et de développement que nous ne pouvons relever qu’ensemble ». AC/MD (AMAP)
Adresse a la Nation du président de la République
Mes chers compatriotes, Respectés hôtes du Mali, Nous avons suivi, tous, et déploré ce qui s’est passé hier dans notre pays, en particulier dans la capitale, Bamako. Des actes de vandalisme à nul autre pareil ! Le saccage de l’Assemblée nationale ! L’occupation de l’Office de Radiodiffusion-Télévision Nationale du Mali ! Le pillage des biens d’honnêtes citoyens ! Les voitures incendiées d’agents du service public ! Et plus grave, dans des circonstances qui seront élucidées, inchallah, par une enquête : des pertes en vies humaines, des blessés ! Je vais m’incliner devant les victimes, adresser mes condoléances les plus émues aux familles des défunts et prier pour le prompt rétablissement des blessés. En père de famille, je sais ce que ressentent les parents concernés. Je comprends leur douleur et je m’y associe. L’Etat de droit s’assumera, les libertés fondamentales seront préservées tant que je continuerai d’avoir le lourd privilège de vous servir. Pour autant, l’Etat de droit nous assigne à tous, des devoirs et des obligations. De ces droits comme de ces devoirs, je suis le garant. Ce sont là des lignes rouges, la seule condition pour préserver et notre démocratie et notre culture qui rejette l’excès, pour lui préférer la tolérance, l’amour, l’écoute, le partage. Donc accepter de se parler et se donner la chance de se comprendre ! J’ai conscience que c’est ce choix pour la paix qui est le Mali, qui dit le Mali et fait la singularité d’être Malien ! C’est la raison pour laquelle je m’adresse à vous ce soir pour la seconde fois en une semaine et la quatrième en un mois. Je sais que le Mali encore peut parler au Mali, que le Mali doit toujours parler au Mali. Je sais que le Mali doit concéder au Mali. Je sais enfin que le Mali peut accepter pour le Mali. Suite aux nombreuses analyses et consultations, sollicitations sur la crise post-électorale, et pour la sauvegarde et la préservation de la vie, même des membres restants de la cour constitutionnelle, j’ai décidé, non sans en mesurer la gravité -mais que ne ferait-on pour le salut national – nous sommes dans l’obligation de nous surpasser, de n’envisager que le Mali. J’ai donc décidé d’abroger le décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle et d’aller vers la mise en œuvre des recommandations issues de la mission de CEDEAO. La dissolution de la cour va nous conduire dès la semaine prochaine à demander aux autorités compétentes la désignation de membres pour que rapidement, une cour reconstituée nous aide à trouver les solutions au contentieux issu des élections législatives. Autant que possible, des mesures d’apaisement judiciaires seront examinées, mais tout le monde conviendra que cette fois-ci, toutes les limites du tolérable auront été atteintes et dépassées, des faits d’une extrême gravité ont été posés, qui méritent examen et assurément sanctions judiciaires appropriées. Enfin, pour être en plus grande capacité de faire face à la situation actuelle tout en donnant des chances au gouvernement de consensus, à la mise en place de duquel nous nous attelons et nous ne perdons pas patience ni courage, je continuerai de privilégier le dialogue, avec toutes les forces vives de la nation, pour la mise en place d’ une équipe gouvernementale consensuelle, composée de cadres républicains et patriotes et non de casseurs et de démolisseurs du pays, le Mali mérite mieux que ça, chacun dorénavant est édifié, aura vu à l’œuvre, ceux qui aiment le pays et ceux qui sont les démolisseurs du pays. J’ai toujours eu souci de la quiétude, de la paix et de la compréhension entre les enfants du Mali. Je ne changerai pas d’attitude, tel sera toujours ma raison de vivre, le Mali, quoi qu’on en ait dit, toujours le Mali est au-dessus de tout. Qu’Allah bénisse le Mali, le préserve, qu’il nous fasse le bonheur d’un bon hivernage, et la joie et le bonheur de retrouver rapidement, sain et sauf, de retour, notre frère Soumaïla CISSE. A ce sujet, je vais vous mettre en garde contre les fausses informations qui circulent sur les réseaux, qui ne tiennent même pas compte, de ce qu’elles peuvent causer à une famille dans la peine déjà et en rajoute à son anxiété, à sa douleur. Je vais dire ici qu’il n’en est rien, Soumaïla est saint et sauf et Inchallah ! Inchallah ! Inchallah ! Il sera de retour parmi nous. Qu’Allah bénisse le Mali !
Manifestations à Bamako : un mort et une quarantaine de blessés dont cinq graves, (sources hospitalières)
Bamako, 10 juillet (AMAP) Des manifestations de milliers de militants et sympathisants du Mouvement du 5 Juin 2020-Rassemblement des forces patriotiques (M5–RFP), qui demandent la démission du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, auraient fait, vendredi à Bamako, un mort et une quarantaine de blessés dont cinq graves, selon des sources hospitalières Ces manifestants sont descendus dans la rue, pour la troisième fois, à Bamako et dans plusieurs villes de l’intérieur du Mali. Dans la capitale malienne, ils se sont rassemblés sur le boulevard de l’indépendance de Bamako. Comme les deux sorties précédentes (les 5 et 19 juin derniers), les plus motivés étaient sur place très tôt. Dès 8 heures du matin, le matériel de sonorisation était déjà installé. Un détachement de la police était positionné au carrefour. D’autres éléments des forces de l’ordre étaient postés aux différents points stratégiques de la capitale. Des jeunes convergeaient vers la Place de l’indépendance brandissant des pancartes réclamant la démission du président de la République. L’ambiance était bon enfant, sur fond sonore des vuvuzelas, jusqu’à la prière du vendredi dirigée par un imam qui a beaucoup parlé de politique lors du «Koutouba» (sermon). Aux environs de 14 heures, un petit mouvement de panique a eu lieu dans la foule. Le service d’ordre de la manifestation venait de découvrir qu’un homme était en possession d’une arme à feu et de munitions. Heureusement, l’individu en question sera rapidement interpellé et mis à la disposition des forces de sécurité. Les leaders ne tarderont pas à s’installer sur l’estrade dressée au pied du monument de l’indépendance. On pouvait apercevoir, entre autres, Choguel Kokalla Maiga, Cheick Oumar Sissoko, Issa Kaou Ndjim ou encore Mme Sy Kadiatou Sow. Contrairement aux rassemblements précédents, l’imam Mahmoud Dicko, l’une des figures emblématiques de la contestation, n’était pas présent. Aucune raison n’a été fournie à cette absence. Ses compagnons de lutte n’ont pas évoqué cette absence lors des interventions. C’est Mohamed Salia Touré, président de la jeunesse de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), qui se chargera de lire la résolution, déclarant caduc le mémorandum proposé par le M5 au président de la République, la semaine dernière. L’ancien président du Conseil national de la jeunesse (CNJ) a, également, indiqué que le mouvement revenait sur sa décision de ne plus exiger le « départ du régime en place ». Il a, ensuite, exhorté la foule à entrer « en désobéissance civile sur tout le territoire et dans la diaspora ». Mme Sy Kadiatou Sow a donné plus de détails sur les modalités de la désobéissance civile sous forme de dix commandements. Les principaux sont le blocage des entrées des services de l’Etat (à l’exception des services de santé), le blocage de l’entrée des ponts et des principales villes, le refus de payer les amendes et des contraventions au cours de cette période, etc. Quant à Issa Kaou Ndjim, le coordinateur de la CMAS, il a lancé le mot d’ordre aux manifestants de se diriger vers des endroits comme l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali (ORTM), l’Assemblée nationale et la Primature pour les occuper. La cour de l’ORTM a été envahie par la foule, provoquant l’interruption du signal de la télévision nationale. A l’Assemblée nationale, des actes de pillage ont été signalés, des vitres du bâtiment ont été endommagées. Une partie des manifestants s’est dirigée vers la Cité administrative, siège de la majorité des ministères. Les ponts Fahd et des Martyrs seront aussi été bloqués. En début de soirée, l’ORTM a recommencé à émettre. Sur le boulevard de l’indépendance, la circulation a repris normalement après 20 heures (GMT). Mais quelques manifestants y traînaient encore et, aussi, au niveau des ponts qui relient les deux rives du fleuve Djoliba qui traverse la capitale. La situation restait tendue dans la ville. MT/MD (AMAP)
Sit-in des enseignants du privé pour revendiquer une Convention collective
Bamako, 09 juillet (AMAP) Le Syndicat libre des enseignants des écoles privées (SYLEEPMa) a organisé, jeudi, à Bamako, un rassemblement pour exiger du gouvernement l’adoption d’une Convention collective pour l’enseignement privé laic et le paiement de cinq mois d’arriérés de salaire causés par la fermeture des écoles, par l’Etat, pour prévenir la propagation de la Covid-19. « Les enseignants ont faim », « Cinq mois sans salaire, on n’en peut plus, les enseignants des écoles privées sont aussi des enseignants » étaient quelques uns des nombreux slogans sur les affiches et pancartes brandies par les manifestants. Foulard jaune autour de la tête et brassard de même couleur, les enseignants du secteur privé ont envahi l’esplanade du Monument de l’indépendance. « Nous sommes sortis, aujourd’hui, pour demander nos arriérés de salaire et également pour dire aux autorités que les enseignants du privé n’ont pas de Convention collective. Nous pensons que seule cette convention peut sauver l’enseignement privé au Mali », a expliqué Abdoulaye Fotigué Berthé, secrétaire général du SYLEEPMa. “Cette convention permettra aux enseignants de bénéficier de contrat de travail en bonne et due forme, de la retraite, de la couverture l’INPS (Ndrl, Institut national de prévoyance sociale) et ses accessoires” , a-t-il ajouté. “Des demarches ont été faites auprès des autorités. Malgré ces efforts, nous n’avons pas été écoutés. Nous avons a été ignorés », a rapporté le leader syndical,. Par ailleurs, le secrétaire général du syndicat des enseignants du privé a indiqué qu’ils continueront la manifestation jusqu’à la victoire finale. Le SYLEEPMa a vu le jour, à Bamako, le 19 décembre 2019. TC/MD (AMAP)
Apaisement du climat politique: Une mission de femmes parlementaires chez le Chérif de Nioro
Nioro, 09 juillet (AMAP) Une mission de femmes parlementaires conduite par Mme Aichatou Cissé ‘Chatto’ est arrivée, mercredi, à Nioro du Sahel (Ouest), afin de solliciter du chef religieux, le Chérif Mohamed Ould Cheichnè dit M’Bouillé, sa contribution à une issue favorable à la crise que traverse le Mali en ce moment. Dès leur arrivée à l’aéroport de Nioro, à bord d’un avion militaire, vers 10h30mn, les députées se sont dirigées vers la résidence du Chérif, au quartier Kaimé, où elles ont, d’abord, été accueillies par les membres de la famille du religieux. Après un long moment d’attente, les femmes députées ont été reçues par le Chérif Mohamed Ould Cheicknè dit M’Bouillé qui leur a rendues tous les honneurs dues à des femmes. La cheffe de mission a expliqué les raisons du voyage qui est « une visite de courtoisie » destinée à trouver une solution à la crise que traverse le pays. Il s’agissait, aussi, pour les visiteuses, selon la députée Mme Cissé, « de prier le Chérif pour qu’il use de son influence pour faire suspendre la manifestation du vendredi prochain (Ndlr, 10 juillet) qui menace fortement la stabilité du pays ». Le Chérif a promis de donner, très prochainement, une réponse à la délégation qui a quitté Nioro, après 18 heures, plus ou moins satisfaite de ce qu’elle a vu et entendu. MD/MD (AMAP)
Adresse à la nation du Président Ibrahim Boubacar Keïta (08 juillet 2020)
Maliennes, Maliens, Respectés hôtes du Mali, Comme moi, vous avez tous noté les actes de contestation portés par une partie de nos compatriotes depuis le mois de juin dernier. Ils expriment sans doute une certaine vitalité démocratique. Mais, ils ne sont pas sans conséquences sur le moral et l’image d’un pays comme le nôtre qui doit, pour sa survie, satisfaire à trois exigences : d’abord reconquérir l’intégralité de notre territoire en éradiquant l’insécurité et le sinistre projet de transformer le Mali en califat ; ensuite vaincre la pandémie de la COVID 19 au double plan de la réponse sanitaire et de la résilience économique ; enfin poursuivre les tâches de développement en droite ligne du projet d’émergence nationale qui n’a jamais cessé d’être ma préoccupation. Je sais également, chers compatriotes, les angoisses engendrées par la situation. De chacune de vous, de chacun de vous, je mesure les tourments. Ils sont du reste naturels car ils disent le souci de ce cher pays, ce pays que nous avons en partage et qui attache le plus grand prix au bon voisinage et au compromis que soit préservée la paix sociale. C’est pour cette paix sociale, convaincu que nous avons du ressort pour rebondir à chaque crise, que dans mes précédentes adresses, j’ai tenu à signifier que j’ai entendu les colères et les interrogations qui sont les causes sous-jacentes de la crise actuelle. Et c’est pourquoi, sans hésiter davantage et ce malgré le coût financier de la mesure et ses possibles effets-domino, j’ai instruit l’application immédiate et pleine et complète de l’article 39. Pour les classes concernées, nos enfants ont repris le chemin de l’école. Je rends grâce au corps enseignant et aux parents d’élèves pour leur diligence, leur disponibilité et leur esprit patriotique. Entendre et soutenir les Maliennes et les Maliens, ceux majoritaires qui dépendent du secteur informel, de même que les couches les plus vulnérables de la population, telle est aussi la raison pour laquelle, le gouvernement a mis fin au couvre-feu décrété au mois de mars dans le but de limiter la circulation du corona virus dont les dégâts dans le monde ne sont cachés à personne. Je ne m’étendrais pas sur les mesures sociales mises en œuvre, au niveau national, pour atténuer l’impact socioéconomique de la pandémie. Mes chers compatriotes, Parce que mon objectif est de ne pas ajouter une crise politique aux graves urgences sanitaires et économiques que nous vivons, et parce que c’est dans mes obligations d’écouter et de comprendre les Maliens, je poursuis, depuis plusieurs semaines, les consultations avec les forces vives du pays. Mieux, j’ai proposé, voici maintenant deux semaines, un gouvernement d’union nationale ouvert à toutes les sensibilités, majorité, opposition, société civile. Car je demeure convaincu que c’est au Mali qu’on donne ainsi la chance de bénéficier de l’accompagnement et de l’expertise de toutes les parties. C’est ici le lieu et le moment de vous informer que ma décision de renouveler ma confiance en le Premier ministre, Boubou Cissé, le 12 juin dernier, se fonde sur notre lecture partagée des préoccupations du pays, de ses priorités ainsi que de la stratégie requise par les enjeux du moment, en un temps de turbulences. Nous nous sommes mis d’accord, le Chef du Gouvernement et moi-même, de la nécessité de concevoir et proposer un Accord Politique de Rassemblement National qui s’attellera à la mise en œuvre diligente et mesurable des recommandations du Dialogue National Inclusif. Donc de cet autre grand moment qui a été salué au-dedans comme au dehors du Mali comme une totale réussite et qui a rassemblé les Maliens des communes et des cercles, des régions et du District, de tous les segments et de toutes sensibilités. Cet Accord qui ira jusqu’en 2023, reposera sur les idées-forces suivantes : – Première idée-force : pacifier et sécuriser le pays dans toute son étendue, afin que nos producteurs ruraux puissent s’adonner à leurs activités, que les échanges interrégionaux puissent redevenir fluides, que les communautés retrouvent le légendaire vivre ensemble qui a fait la réputation de notre pays. Le travail de pacification et de sécurisation sera de longue haleine. Mais il s’agit de ne plus concéder un pouce de notre territoire, de faire reculer l’ennemi et de faire en sorte que le Mali en particulier et le Sahel en général ne soient pas le nouveau sanctuaire mondial de l’extrémisme violent. Il est alors indispensable de s’attaquer résolument à la dissolution de toutes les milices d’auto-défense, de porter à son point d’achèvement le processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion et enfin d’accélérer le retour effectif de l’Etat dans les régions Centre et Nord. Deuxième idée force : entreprendre les réformes institutionnelles convenues et ce dans un délai de 12 mois, afin de mettre en adéquation les demandes de notre peuple et les engagements du gouvernement, et nous doter de textes appropriés en capitalisant sur trente ans de vécu institutionnel. – Troisième idée-force : opérationnaliser les régions qui ne le sont pas encore. Ce travail a pris du retard mais il ne saurait être continuellement en accuser sans remettre en cause un des fondements de notre stratégie de développement, à savoir la régionalisation, par une décentralisation poussée, voire irréversible, et cela en ancrant les agences de développement régional où la décision de contrôler leur devenir est laissée aux populations à la base. – Quatrième idée-force : veiller à une saine distribution de la justice. Et cela dans toutes les juridictions et à tous les échelons administratifs du pays. Nous savons que ce pays crie depuis longtemps sa soif de justice. Nous savons que la paix est précaire et volatile sans la justice. Et nous savons hélas que l’engouement des populations pour la justice expéditive des pseudo jihadistes s’explique par le rejet de la justice d’Etat avec les tares qui lui sont connues dont la corruption et la durée des procédures. Cela devra donc recevoir les reponses appropriées. Maliennes et Maliens, Hôtes du Mali, Chaque crise offre une opportunité, dit-on dans les civilisations positives. Celle que nous vivons n’échappe à
Sacs plastiques non biodégradables : Péril sur l’environnement
Par Aboubacar TRAORE Bamako, 09 juillet (AMAP) Mardi 30 juin 2020, il est 19h 30mn à Yirimadio Zerny, un quartier périphérique de la Commune VI du District de Bamako. Dans la boutique de Sidi Mohamed Haïdara, un quadragénaire mauritanien, les clients, dans une quasi bousculade, se succèdent au comptoir pour leurs achats pour le dîner. En 15 minutes, presqu’une dizaine de clients furent tous servis. Du pain, de l’huile, des insecticides, en passant par le savon, le lait ou le sucre en poudre, sont remis aux clients, par le vendeur, dans des sachets plastiques à usage unique. Parmi ces clients sortis de la boutique, Mariam Ongoïba, trentenaire, enseignante et mariée. « J’ai entendu dire que les sachets plastiques sont dangereux pour l’environnement mais j’accepte que le boutiquier y met mes courses puisque que c’est assez pratique », explique-t-elle. A la question de savoir ce qu’elle fera de ces sacs plastiques, une fois débarrassés de leur contenu, sa réponse est sans équivoque. «Après avoir enlevé mes produits, je les jetterai dans la poubelle comme tout le monde », a laissé entendre l’enseignante, sans états d’âme. Quant à notre boutiquier, Sidi Mohamed Haïdara, cela fait plus de 20 ans qu’il exercice ce commerce. « J’ai commencé ce métier depuis 1999, en Côte d’Ivoire jusqu’à l’éclatement de la crise postélectorale en 2011 quand j’ai décidé de venir m’installer, ici, au Mali. J’ai toujours servi mes clients dans des sachets plastiques à usage unique », a-t-il confié. Toutefois, le Mauritanien reconnait que l’utilisation des sacs plastiques contribue à la dégradation de l’environnement, mais ignore complètement l’existence d’une loi interdisant leur usage au Mali. «Depuis que je vends, ici, à Bamako, jamais un client n’a refusé d’être servi dans les sachets. D’ailleurs beaucoup exigent de doubler voire tripler le sachet lorsqu’ils estiment avoir payé suffisamment pour cela », a détaillé le boutiquier. En revanche, depuis quelques années, le gouvernement mauritanien a interdit l’utilisation de ces sachets plastiques à usage unique, se souvient Sidi Mohamed. « En dépit de cette interdiction, certains commerçants continuent, toujours, d’en faire usage en catimini », a-t-il admis. La ville de Bamako produit environ 3.390 tonnes de déchets par jour, dont 5% constitués de matières plastiques soit 169,5 tonnes !!! selon des études réalisées en 2016. Le directeur national de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et nuisances, l’Inspecteur général des Eaux et forêts, Ousmane Sidibé, qui cite ces statistiques, pense qu’elles doivent être actualisées aujourd’hui. Il suffit d’une seconde pour fabriquer un sac plastique qui est, en moyenne, utilisé pour à peine 20 minutes mais met entre 100 et 400 ans à se désagréger, soutiennent les experts. Le sac plastique, à usage unique, est devenu le symbole de notre société de consommation. Utilisés en grand nombre pour une utilité limitée, ces sacs se retrouvent sur les rives et au fond de nos fleuves, dans les océans et ont des conséquences avérées sur le milieu marin et l’écosystème en général. Depuis quelques années, l’on constate une prise de conscience internationale concernant la problématique de ces sacs plastiques à usage unique. La célébration, le 3 juillet dernier, au Mali et dans le monde, de la ‘Journée mondiale de lutte contre l’utilisation des sacs plastiques qui ne se décomposent pas’ illustre cette prise de conscience. Certains pays ont, d’ores et déjà, interdit les sacs plastiques sur leur territoire. C’est aussi le cas, depuis 2014, avec l’adoption de la loi n° 2014-024 du 03 juillet 2014 portant interdiction de la production, de l’importation et de la commercialisation des sachets plastiques non biodégradables en République du Mali. Par biodégradable, il faut entendre tout sachet plastique susceptible de se décomposer dans un délai de plus de 18 mois, sous l’action des micro-organismes présents dans la nature. Cette loi interdit, depuis le 1er janvier 2014, la production, l’importation et la commercialisation de sachets plastiques, sac de grand ou petit format à base de matière synthétique (polyéthylène), servant de contenant pour les denrées alimentaires ou tout autre produit. Quid de l’application effective de ce texte plusieurs années après son adoption ? Au Mali, les sachets plastiques prolifèrent partout. Aucun décor n’échappe aujourd’hui à l’invasion de cette matière polluante. Que ce soit dans nos marchés, pharmacies, restaurants huppés ou gargotes, nos ateliers de couture. Mais, aussi, dans nos grandes villes comme en campagne, des milliers de sachets plastiques non biodégradables sont utilisés quotidiennement. Ils sont importés en grande quantité en violation flagrante de la loi. Selon l’Organisation des Nations-unies (ONU), environ 5.000 milliards de sacs en plastique sont consommés, chaque année, dans le monde, soit presque 10 millions par minute. « S’ils étaient attachés ensemble, ils pourraient entourer la planète sept fois toutes les heures », calcule l’ONU. Elle indique, également, qu’un peu plus de 10 tonnes de plastique sont produites, chaque seconde, dans le monde. Le plastique est d’ailleurs devenu le matériau le plus fabriqué après le ciment et l’acier, fait savoir l’Organisation mondiale. «Depuis 1950, 6,3 milliards de déchets plastiques se sont accumulés sur la planète», déplore-t-elle. AT/MD (AMAP)

