Des coups de feu entendus à Kati, près de Bamako et dans la capitale (Témoins)

Bamako, 18 août (AMAP) Des coups de feu auraient été entendus, mardi, dans la matinée, dans la ville garnison de Kati, sur les hauteurs de Bamako, et au Camp de la Garde nationale dans la capitale, entraînant la fermeture des administrations et services publics, selon des témoins. La situation est confuse et concerne donc les camps militaires de Kati et de la garde nationale de Bamako. Dans un contexte de fragilité extrême du pays, la seule certitude est que « des coups de feu sont tirés, des armes ont été sorties des magasins. Certains responsables et cadres sont en état d’arrestation », a dit une source militaire. Selon d’autres sources, non encore confirmées, le Président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné, aurait été enlevé à son domicile officiel par des hommes armés, plus tôt le matin. Le Mali traverse, depuis quelques mois, une crise socio-politique qui a vu des opposants réunis au sein du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), demander, entre autres la démission du président Ibrahim Boubacar Keita et de son Premier ministre, Boubou Cissé. MD (AMAP)  

Mali : Trois blessés et des dégâts matériels après l’attaque du bureau des Douanes de Koury (Sud)

Bamako, 17 août (AMAP) Trois personnes ont été blessées par balles et du matériel incendié lors de l’attaque, par des individus non identifiés, du bureau des douanes de Koury, à la frontière sud du Mali avec le Burkina Faso, dans la nuit du dimanche au lundi, a appris l’AMAP de source officielle. « Hier (Ndlr, dimanche) vers minuit, des hommes armés ont ouvert le feu en direction du bureau des douanes. Nous avons appelé la Forsat qui est arrivée rapidement. Les échanges de tirs ont duré plus de deux heures. Il y a eu 3 blessés et beaucoup de dégâts matériels », a expliqué Mamadou Touré, le chef du bureau des Douanes, ajoutant que « le pronostic vital des blessés n’est heureusement pas engagé ». « Les premiers (assaillants) sont venus par le portail et d’autres ont escaladé le mur de la cour. Ils ont crié ‘Allahou Akbar’ avant de commencer à pilonner les locaux à l’arme lourde » a détaillé l’agent Hachim Simpara qui a décompté une dizaine d’assaillants. « Nous sommes venus pour les gens qui travaillent pour le Gouvernement » aurait lancé un assaillant selon un autre témoin de cette deuxième attaque du poste des Douanes et la cinquième dans la localité. Des blessés se sont retrouvés nez à nez avec les assaillants dans la cour des Douanes. « Ils sont très jeunes. Ils ont tiré sur moi avant de me présenter leurs excuses. Ils m’ont demandé la position des douaniers sur le site », a expliqué un blessé qui a reçu des projectiles au bras gauche et au flanc droit. Selon des témoins, le professionnalisme des forces antiterroristes a permis de sauver des vies humaines. Des responsables locaux des Douanes, de la Police, de la Protection civile, de l’Administration territoriale et la chefferie traditionnelle ont rendu visite aux agents des douanes encore sous le choc d’une nuit agitée. Le Directeur régional des Douanes, Lt-col Mohamed Coulibaly, qui a inspecté les locaux endommagés, a félicité ses hommes pour leur courage et les a invités à beaucoup plus de vigilance. Les responsables administratifs de Yorosso déplorent le manque de surveillance militaire dans une zone minée par des groupes terroristes retranchés dans un nid aux flancs de la colline de Boura, dans la bande frontalière. AC/MD (AMAP)

Crise au Mali: Le Chérif de Nioro précise sa position, après sa rencontre avec l’Imam Dicko 

Nioro, 15 août (AMAP) Le Chérif de Nioro, Bouillé Haidara, s’est dit, vendredi, “très fâché” contre le Premier ministre Boubou Cissé qu’il accuse de lui avoir caché les réalités du pays, dans une intervention précisant sa position sur la crise au Mali, a appris l’AMAP sur place. « J’ai compris les démarches entreprises par le Premier ministre et son gouvernement jusque-là. Ils m’ont toujours trompé », a poursuivi le guide religieux qui s’est adressé à ses fidèles, comme il le fait, habituellement, après la Prière de vendredi, à la Zawiya de Nioro. Bouillé Haidara, qui avait reçu, jeudi, une délégation du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), conduite par l’imam Mahmoud Dicko, a précisé sa position en ajoutant que « les explications que Mahmoud Dicko et Choguel Maiga (lui) ont données montrent qu’(il) a toujours été trompé ». Le Chérif de Nioro a réitéré sa « confiance en l’Imam Dicko et son soutien à toutes les idées » du responsable moral de la contestation du pouvoir qu’il a qualifié d’ « homme de foi, très sérieux et soucieux du développement du pays ». « Je ne soutiens pas le M5 (Ndrl : M5-RFP) dans ses actions. J’invite, donc, les responsables du mouvement à rester dernière Dicko », a encore dit Bouillé Haidara. “Je leur dis (aux responsables du M5-RFP) de rester dernière Dicko pour bénéficier de mon soutien, car j’ai fort confiance en ce Monsieur qui m’a toujours obéi et respecté », a insisté le Chérif de Nioro. Il avait demandé, jeudi, au M5-RFP, à travers l’imam Dicko, de laisser le président Ibrahim Boubacar Keita achever son mandat et de donner une autre chance au Premier ministre, Dr Cissé. Le religieux a, alors, vivement encouragé les responsables du mouvement à aller à la négociation et s’est dit opposé à toutes formes de violence. A l’issue d’une ultime discussion avec le guide religieux de Nioro, l’imam Dicko, qui a dit être contre le départ du président, aurait développé des arguments supplémentaires infléchissant la position de son hôte, devenu moins catégorique, sur le maintien du Chef du gouvernement. MD/MD (AMAP)  

Crise politique au Mali : Le Chérif Bouillé Haidara demande au M5-RFP de renoncer à la démission du président

Nioro, 14 août (AMAP) Le  Chérif de Nioro, Bouillé Haidara, a demandé, jeudi, à une délégation du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), conduite par l’imam Mahmoud Dicko, de laisser le président Ibrahim Boubacar Keita achever son mandat et de donner une autre chance à son Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a appris l’AMAP. Lors de l’audience qu’il a accordée à la délégation qui comprenait outre, l’Imam Dicko, Choguel Kokala Maiga, et retransmise en directe sur la radio locale, Djebo Counda FM, le guide religieux a réaffirmé son « soutien total » au M5-RFP. Cependant, il a vivement encouragé les responsables du mouvement à aller autour de la table de négociation, en laissant en fonction le président Keita et son Premier ministre, et s’est dit opposé à toutes formes de violence qu’il réprouve. De source proche des discussions, le guide religieux et l’Imam Dicko, seuls cette fois-ci, auraient poursuivi leurs échanges tard dans la nuit. Le responsable moral de la contestation du pouvoir, qui a dit être contre le départ du président, aurait développé des arguments supplémentaires tendant à faire fléchir la position de son hôte sur le cas du Premier ministre. A l’issue de cette ultime discussion, ajoute la même source, le Chérif serait moins catégorique sur le maintien du chef du gouvernement. L’Imam Dicko, dont la visite intervient après celle du médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’ancien président du Nigéria, Goodluck Jonathan, est arrivé à Nioro par voie terrestre à bord d’un véhicule tout terrain. Il a été accueilli, vers 10h30, par les fils du Chérif parmi lesquels, Sidy Ahmed, et une foule nombreuse, à l’entrée de la ville. Juste après les salutations, le visiteur a pris la direction du quartier Kaimé, en traversant la ville sous les vivats des populations. La délégation de l’Imam Mahmoud Dicko a été escortée jusqu’au domicile du guide religieux, par des jeunes qui brandissaient le drapeau malien. Ainsi, l’Imam et sa délégation ont été, cette fois-ci, salués par plusieurs fils du Chérif qui leur ont souhaité la bienvenue avant de les installer dans le salon d’honneur du religieux. Vers 19h30, le chef religieux est sorti, sous la pluie, pour rejoindre ses hôtes afin de commencer les échanges introduits par Choguel  Kokala qui a expliqué les raisons du voyage et les attentes du M5-RFP. Celles-ci tournent, principalement, autour de la démission du président de la République, du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale. Vers 21 heures, après une pause et le dîner avec la famille du Cherif, la rencontre s’est poursuivie par l’intervention de l’Imam Dicko. Il a rappelé toutes les démarches entreprises jusque-là, tout en précisant sa position par rapport aux doléances du Mouvement. Il ne veut pas de violence et a réaffirmé « ne pas agir pour une place quelconque mais pour éviter la mauvaise gouvernance et la gestion unilatérale du pays par le président de la République et ses proches ». Contrairement aux autres membres du mouvement, il n’est pas pour le départ du président mais plutôt du Premier Ministre. La rencontre a pris fin, très tard dans la soirée. Les visiteurs ont passé la nuit à Nioro et devront retourner à Bamako, aujourd’hui, vendredi. MD/MD (AMAP)    

Cour constitutionnelle du Mali : Manassa Danioko passe le témoin à Amadou Ousmane Touré

Bamako, 13 août (AMAP) Le nouveau président de la Cour constitutionnelle du Mali, Amadou Ousmane Touré, a été installé officiellement dans ses nouvelles fonctions mercredi, au cours d’une cérémonie de passation « très simple » entre lui et le président sortant, Mme Manassa Danioko, L’atmosphère dans la salle de réunion de la 5è institution de la République était empreinte de sobriété, compte tenu des circonstances caractérisées par une crise socio-politique que traverse le Mali, depuis un plus de deux mois, Cette passation de service, en présence des membres de l’institution, intervient après la prestation de serment de ses nouveaux devant l’Assemblée nationale, lundi dernier, lors d’une cérémonie solennelle présidée par le Chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta. L’équipe dirigée par l’ancien Vérificateur général du Mali  et ex-directeur de cabinet du Premier ministre Boubou Cissé, est très attendue dans la décrispation de la situation tendue du pays, notamment sur le dossier des députés dont l’élection validée par la cour constitutionnelle est contestée par les opposants au pouvoir. AT/MD (AMAP)

Nioro du Sahel: Visite du médiateur Goodluck Jonathan chez le guide religieux Chérif Bouillé

Nioro, 12 août (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la crise malienne, l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a effectué, mercredi, une brève visite à Nioro du Sahel (Ouest) pour demander l’intervention du guide religieux, Chérif Bouillé, auprès des responsables du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), afin de mettre fin à leurs actions de contestation du pouvoir en place. A sa descente d’avion à 11h30, l’émissaire de la CEDEAO a été accueilli pas les autorités locales, le fils aîné du Chérif et une forte délégation du parti ADP-Maliba. Le visiteur du jour a, ensuite, pris la route du quartier Kaime pour la résidence du Chérif. Après quelques temps dans la salle d’accueil, il a été reçu par le Cherif Bouillé. Dans une déclaration, l’hôte de marque a dit reconnaître la valeur et la grandeur du religieux. Il a ajouté que le Cherif Bouillé représente « une force morale et est une personne de marque indispensable dans la résolution d’une crise » comme celle que vit le Mali. M. Jonathan, résumant son entretien,  a indiqué que, dans sa recherche de solutions à la crise sociopolitique du Mali, il a invité le guide des Hamalistes à s’impliquer auprès des deux parties pour engager « une négociation de sortie définitive de crise ». En retour, Bouillé a salué et remercié l’hôte de marque pour sa démarche avant de lui dire qu’il l’a entendu et compris. A leur sortie, le visiteur et ceux qui l’ont accompagné affichaient des mines réjouies. Ils ont pris ensuite la direction de l’aérodrome. L’avion du médiateur a décollé à 16h15mn. Le médiateur de la CEDEAO, dans le règlement de la crise socio politique au Mali, est arrivé lundi, à Bamako, dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des recommandations issues du dernier sommet extraordinaire des Chefs d’État de l’Organisation sous régionale sur la situation au Mali. MD/MD (AMAP)  

Bamako : Des manifestants dispersés mercredi à coups de gaz lacrymogène

Bamako, 12 août (AMAP) Les forces de l’ordre ont délogé, mercredi, vers 7h45, les manifestants installés sur le Boulevard de l’Indépendance, par des tirs de gaz lacrymogène, avant de nettoyer les lieux et leurs alentours des barricades, a constaté l’AMAP. Des manifestants du mardi avaient décidé de rester à la Place de l’Indépendance de Bamako jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, notamment le départ du président Ibrahim Boubacar Keite et de son Premier ministre, Boubou Cissé. Ils ont, ainsi, passé la nuit sur place après y avoir dîné. Ils ont même installé des moustiquaires. Ils ont barricadé les voies menant à la Place de l’Indépendance, en interdisant l’accès à tout engin. Au son des vuvuzela, ils ont fait veiller les habitants des quartiers des environs du Boulevard de l’Indépendance. « Ils ont passé toute à nous crever les tympans avec le son de leurs vuvuzelas. Ils étaient encore en train de manifester lorsque nous partions, tôt ce matin, à la mosquée pour la prière de Fadjr. C’est à notre retour qu’ils avaient commencé à rentrer chez eux », raconte un sexagénaire, habitant du quartier Bamako-Coura. Les manifestants ne sont pas seulement limités à occuper la Place de l’Indépendance, certains empêchaient les usagers de la circulation routière, sur les tronçons limitrophes du Boulevard, à vaguer à leurs préoccupations. C’est ainsi que les forces d’ordre sont intervenues, en utilisant des gaz lacrymogènes. Un habitant de la rive droite du fleuve Djoliba à Bamako a indiqué avoir été bloqué au niveau du Palais de la culture et avoir fait, deux fois, demi-tour sur le Pont des martyrs mercredi matin. Aux environs de 8h30mn, à notre passage, les éléments du Groupement mobile de sécurité (GMS) étaient en train de dégager des barricades installées à l’intersection des anciens locaux du ministère de l’Economie et des Finances. Des troubles étaient signalés en d’autres endroits de la ville. OD/MD (AMAP)

Manifestation de l’opposition au Mali : Des milliers de personnes rassemblées contre le pouvoir à Bamako

Bamako, 11 août (AMAP) Sous la pluie, des milliers de personnes ont manifesté, mardi, à Bamako contre le régime du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, à l’appel du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP), à la Place de l’indépendance de Bamako, la capitale, a constaté l’AMAP. Les leaders du mouvement de contestation réclament, pour certains, la démission du président de la République et, pour d’autres, le départ du Premier ministre, Dr Boubou Cissé. A ces demandes, il faut ajouter l’appel à la libération du chef de file de l’opposition, le député Soumaila Cissé, aux mains de ravisseurs depuis mars dernier. Les manifestants ont scandé des slogans hostiles sont et brandissaient des pancartes aux messages virulents contre le pouvoir. Si ce rassemblement auquel participe l’imam Dicko et plusieurs chefs de partis politiques de l’opposition a suscité l’inquiétude et l’angoisse chez plusieurs habitants de Bamako, dans la matinée, aucun dérapage n’a été jusqu’à 17 heures alors que la manifestation a atteint son pic.  La manifestation est encadrée par un dispositif impressionnant de sécurité. Les scènes de violences meurtrières de la manifestation du 10 juillet dernier sont encore présent dans les esprits. Dans la matinée du mardi, la ville s’est réveillée sous une atmosphère rendue morose par la pluie matinale. Plusieurs activités semblent déjà paralysées dans la ville. Commerces et banques sont fermés. Les forces de l’ordre ont été déployées pour sécuriser la ville notamment au niveau de certaines institutions de la République et principales artères de la ville. Du quartier de Djicoroni menant à Sébénikoro, en Commune IV, où se trouve la résidence privée du Chef de l’Etat, et au niveau de la Cité administrative, qui regroupe l’essentiel des ministères, un dispositif sécuritaire est installé. En ville, plusieurs commerces n’ont pas ouvert et d’autres ont fermé tôt avant l’heure du rassemblement. Beaucoup de travailleurs ont préféré rester à la maison par crainte d’être une cible de manifestants incontrôlés.  « C’est normal que les gens aient peur. Parce qu’on ne sait jamais comment ça se termine. On n’a pas oublié la fois dernière », déclare un habitant de Bamako. Certains ont décidé de vaquer à leurs occupations dans la matinée, avant l’heure de la manifestation. C’est le cas de ce cadre d’une structure étatique. « Je suis venu me présenter au bureau avant l’heure indiquée. Après, je rentre à la maison», confie-t-il. Cette mobilisation intervient en présence du médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), arrivé la veille à Bamako pour évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées par la Conférence des chefs d’Etat de l’institution. « Les aspects institutionnels sont déjà satisfaits », a indiqué le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Kassoum Tapo, après la prestation de serment des nouveaux juges de la Cour constitutionnelle et la nomination du président de la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. AC/TC/MD (AMAP)

Manifestation de l’opposition au Mali : Le regroupement de tous les risques 

Bamako, 11 août (AMAP) Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP) a appelé à un rassemblement, ce mardi 11 août, à la place de l’Indépendance de Bamako, auquel participe l’imam Mahmoud Dicko et qui suscite l’inquiétude et l’angoisse chez plus d’un dans la capitale malienne. Les scènes de violence meurtrière de la manifestation du 10 juillet dernier sont encore présentes dans les esprits. En cette matinée du mardi, la ville de Bamako s’est réveillée dans une atmosphère rendue plus morose par une pluie matinale. Plusieurs activités semblent déjà paralysées. Commerces et banques sont fermés. Les forces de l’ordre ont été déployées pour sécuriser la ville, notamment au niveau de certaines institutions de la République et principales artères de la ville. Sur le tronçon du quartier de Djicoroni menant à Sebenikoro, dans la Commune IV et au niveau de la Cité administrative, un dispositif sécuritaire est installé. En ville, plusieurs commerces n’ont pas ouvert et d’autres ont fermé tôt avant l’heure du rassemblement prévu a 14 heures. Beaucoup de travailleurs ont préféré rester à la maison par crainte d’être la cible de manifestants incontrôlés.  « C’est normal que les gens aient peur. Parce qu’on ne sait jamais comment ça se termine. On n’a pas oublié la fois dernière », déclare un habitant de Bamako. Certains ont décidé de vaquer à leurs occupations, le matin, avant l’heure de la manifestation. C’est le cas de ce cadre d’une structure étatique. « Je suis venu me présenter au bureau avant l’heure indiquée. Après, je rentre à la maison», confie-t-il. Au même moment, les préparatifs du rassemblement battent leur plein au niveau du monument de l’Indépendance. La mise en place se déroule malgré la pluie. Des hommes accrochent les banderoles aux alentours. D’autres s’occupent de la tribune. Quelques jeunes commencent à arriver au pied du monument et prennent place. Sur l’esplanade des jeunes sont visiblement dans l’agitation. A côté d’eux, des agents de la protection civile s’installent. Les forces de sécurité ont également pris place. De l’autre côté, la voie qui mène au palais présidentiel de Koulouba, vers le jardin du cinquantenaire est surveillée par les forces de l’ordre. Un important dispositif sécuritaire est déployé un peu partout à travers la ville. Des hommes en uniforme assurent la garde comme pour dissuader d’éventuels manifestants surexcités. En attendant l’après midi, heure du rassemblement, l’inquiétude s’accentue de plus en plus face à cette manifestation annoncée grandiose par les organisateurs. TC/MD (AMAP)

Cour constitutionnelle : Prestation de serment, lundi, à Bamako, des neuf nouveaux membres

Bamako, 11 août (AMAP) Les neuf nouveaux membres de la Cour constitutionnelle ont prêté serment, lundi, devant l’Assemblée nationale et la Cour suprême, au cours d’une audience solennelle, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), présidée par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, a constaté l’AMAP. Fraîchement installé dans ses fonctions de procureur général de la Cour suprême, Boya Dembélé, a, dans son réquisitoire, rappelé les dispositions légales en matière de prestation de serment, le degré d’intégrité et d’élévation morale dont les membres de la Cour constitutionnelle doivent faire preuve et sur leurs parcours professionnels qui sont des plus élogieux. Il a engagé la responsabilité des membres de la haute juridiction dans l’apaisement du climat social et politique. Il leur a rappelé aussi qu’ils sont désormais astreints à des obligations de réserve et de neutralité. L’audience solennelle, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), s’est déroulée devant, notamment des diplomates et le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la crise malienne, l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan. L’une des recommandations de l’Organisation sous-régionale était, justement, la recomposition de la Cour constitutionnelle, afin d’apaiser les tensions. Ces sages, tous connus pour leur probité, arrivent à la haute juridiction dans un moment particulier fait de questionnements sur son rôle dans le déclenchement de la crise sociopolitique qui secoue le pays. L’équipe sera dirigée par Amadou Ousmane Touré, précédemment directeur de cabinet du Premier ministre Boubou Cissé. Il a occupé également dans le passé les postes de Vérificateur général, de juge anti-corruption et d’ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire. Amadou Ousmane Touré, qui se dit conscient de la complexité de la tâche, a confié que lui et ses collègues prennent toute la mesure des enjeux et des objectifs de la mission. « Mais, nous allons le faire sans passion, nous allons le faire avec efficacité et efficience », a-t-il assuré. La finalité recherchée étant d’essayer de répondre au tant que possible aux « besoins politiques, mais par le droit, rien que le droit». Trois d’entre eux ont été désignés par le président de la République. Il s’agit des magistrats Aser Kamaté, Amadou Ousmane Touré et Doucouré Kadidia Traoré, avocat. Trois autres ont été proposés par le président de l’Assemblée nationale, en occurrence Me Maliki Ibrahim (avocat), Mme Ba Haoua Toumagnon, (magistrat) et Beyla Ba (magistrat à la retraite). Et les trois derniers ont été choisis par le Conseil supérieur de la magistrature : Demba Tall, Mohamed Adourahamane Maïga et Mme Djénéba Karabenta. Ils sont tous magistrats. Les neuf nouveaux sage de la Cour constitutionnelle ont ensuite juré de «remplir consciencieusement» leurs devoirs et dans le strict respect des obligations de réserve et de neutralité. Auparavant, quatre membres de la Cour suprême avaient été officiellement installés dans leurs fonctions. Il s’agit de Wafi Ougadeye, nommé président de l’institution, Hamet Sam, vice-président, Boya Dembélé, procureur général et Salikou Diarra, président de la Section judiciaire. Constat général : tous ces promus connaissent bien la haute juridiction pour y avoir occupé des postes clés. Aussi, Jan Sidibé et Abdoulaye Adama Traoré ont prêté serment. Ils deviennent respectivement conseiller à la section administrative et avocat général au parquet général de la Cour suprême. Le bâtonnier de l’ordre des avocats, Moustapha Cissé, a relevé les mérites de ces hauts magistrats qui se sont illustrés dans les prétoires « par leur sérieux et leur souci constant de distribuer équitablement la justice ». ID/MD (AMAP)