Crise politique au Mali : Le médiateur Goodluck Jonathan, de nouveau, à Bamako
Bamako, 10 août (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans le règlement de la crise socio politique au Mali, l’ancien président du Nigeria, Goodluck Jonathan, est arrivé lundi, à Bamako, annonce le bureau de presse du ministère malien des Affaires étrangères. L’ancien président nigérian, accompagné d’une forte délégation, a été accueilli à l’Aéroport International Modibo Keita-Sénou par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé. Toujours, selon la même source, la délégation de la CEDEAO est à Bamako dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des recommandations issues du dernier sommet extraordinaire des Chefs d’État de l’Organisation sur la situation au Mali. Le médiateur de la CEDEAO a déclaré à la presse que « les Maliens doivent regarder dans la même direction afin de relever les multiples défis du moment comme la paix, la sécurité, l’éducation ou encore la santé ». AC/MD (AMAP)
Mali : Amadou Ousmane Touré, désigné par ses pairs nouveau président de la Cour Constitutionnelle
Bamako, 9 août (AMAP) Le sieur Amadou Ousmane Touré, Magistrat de son état, ancien directeur de Cabinet du Premier Ministre, ancien Vérificateur Général a été désigné vendredi, par ses pairs, président de la Cour Constitutionnelle en tant que doyen d’âge, a appris l’AMAP de source officielle. Les neuf nouveaux sages de la Cour Constitutionnelle ont été nommés par le président de la République (3), par le président de l’Assemblée nationale (3) et par le Conseil Supérieur de la magistrature (3) Il s’agit respectivement de: Aser Kamaté (magistrat), Amadou Ousmane Touré (magistart), Doucouré Kadidja Traoré (avocate), Me Maliki Ibrahim (avocat), Mohamed Abdouraham Maiga (magistrat), Madame Djénéba Karamenta (magistrate), Me Ba Haoua Toumagnon (avocat), Beyla Ba et Demba Tall (Magistrat). Ces 9 nouveaux sages auront la lourde tâche de gérer la Cour Constitutionnelle du Mali, après la démission et l’abrogation du décret de sa présidente, Manassa Dagnioko et de 3 autres membres, suite à des contestations des résultats des dernières législatives, ayant occasionné des pertes en vies humaines, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels à travers le pays. OD/KM (AMAP)
Cour constitutionnelle du Mali : Nomination de neuf nouveaux sages
Bamako, 08 août (AMAP) Le président malien, Ibrahim Boubacar Keita a nommé, vendredi, neuf nouveaux membres de la Cour constitutionnelle, dans le cadre des mesures de sortie de la crise qui secoue le Mali depuis des mois. Le décret présidentiel nomme comme conseillers à la Cour constitutionnelle, Aser Kamaté, Amadou Ousmane Touré, tous les deux magistrats et Mme Doucouré Kadidia Traoré, avocate. Ceux-ci sont désignés par le président de la République. Ceux désignés par le président de l’Assemblée nationale sont Me Malick Ibrahim, avocat, Mme Ba Haoua Toumagnon, magistrat et Beyla Ba, magistrat à la retraite. Le Conseil supérieur de la magistrature avait proposé, pour sa part, Demba Tall, Mohamed Abdourahamane Maiga et Djénéba Karambenta, tous magistrats. Dans ses conclusions pour une sortie de crise au Mali, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont cinq chefs d’Etats (Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’ivoire, Macky Sall du Sénégal, Mahamadou Issoufou du Niger, Muhammadu Buhari du Nigeria et Nana Akufo-Addo du Ghana), s’étaient rendus à Bamako, il y a une semaine, dans le cadre d’une mission sous régionale de médiation de très haut niveau, a demandé, entte autres, la “recomposition rapide » de la Cour constitutionnelle. « Le parlement proposera trois (membres) après la démission des députés. Sinon recours à l’article 50 (pouvoirs exceptionnels du président) », ajoute l’organisation sous régionale qui réitère sa solution d’un « Gouvernement d’union nationale ». Elle avait encouragé le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), l’opposition qui demande la démission du président Ibrahim Boubacar Keita, à participer à cette équipe qui, pour commencer, est composée, des départements des Affaires étrangères, de l’Adminstration territoriale, de la Sécurité, de l’Economie et de la Défense. TC/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des Ministres du Jeudi, 06 Août 2020
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le jeudi 06 août 2020, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République. 1,A l’ouverture de la session, le Président de la République a remercié les membres de l’équipe gouvernementale sortante pour les efforts accomplis dans le cadre de l’exercice de leurs missions. Le Président de la République a félicité le Premier ministre pour sa reconduction et loué ses compétences techniques et sa loyauté. Il a également félicité les nouveaux membres du Gouvernement pour le choix porté sur leur personne. Le Président de la République a instruit au Gouvernement restreint, de manière volontariste et dans la plus grande solidarité : de travailler au retour de la normalité, de la concorde et de la paix sociale ; de créer les conditions propices à la formation d’un gouvernement d’union nationale ; de diligenter une enquête minutieuse et crédible sur les pertes en vies humaines ainsi que sur les atteintes aux biens publics et privés à Bamako, Kayes et Sikasso ; d’accélérer l’opérationnalisation des mécanismes de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Dialogue National Inclusif ; d’étudier les voies et moyens de la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes de la crise socio-politique ou leurs ayant-droit ; de mobiliser toutes les énergies et les ressources requises pour l’application immédiate et complète de l’article 39 du Statut des Enseignants. Le Premier ministre, en retour, a remercié le Président de la République pour la confiance renouvelée. Il a rassuré le Président de la République que le Gouvernement inscrira son action dans le sens de la réalisation des orientations données. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÉGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret relatif à la délivrance du passeport diplomatique et du passeport de service en République du Mali. Le passeport diplomatique et le passeport de service sont des documents de voyage permettant à leurs détenteurs de bénéficier de privilèges conférés par leur statut ou de mesures de courtoisie internationale. Le Décret n°04-135/P-RM du 27 avril 2004, modifié, réglemente la délivrance des passeports diplomatiques et des passeports de service. L’application de ce décret a montré des limites, notamment au niveau de la détermination des catégories de bénéficiaires. Le projet de décret adopté introduit dans la réglementation des innovations, notamment : l’extension du bénéfice du passeport diplomatique à certaines personnalités non visées par la réglementation en vigueur ; l’extension du passeport de service au personnel administratif et technique des services extérieurs autres que les missions diplomatiques et postes et aux magistrats en position d’activité ; l’octroi du passeport de service aux militaires désignés pour une formation ou des opérations de maintien de la paix à l’extérieur. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE ET DES DROITS DE L’HOMME Secrétaire Général : Monsieur Abraham BENGALY, Professeur de l’Enseignement Supérieur. Chef de Cabinet : Madame Safiatou Modibo TRAORE, Spécialiste en Communication Institutionnelle. Procureur Général de la Cour Suprême : Monsieur Boya DEMBELE, Magistrat. Président de la Section judiciaire de la Cour Suprême : Monsieur Salikou DIARRA, Magistrat. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le Premier ministre a informé le Conseil des Ministres de l’état de mise en œuvre des recommandations du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, tenu le 27 juillet 2020, sur la résolution de la crise socio-politique du pays. Le Chef du Gouvernement a informé le Conseil des Ministres de la poursuite des missions de bons offices auprès de l’ensemble de la classe politique et de la société civile en vue de trouver les voies et moyens permettant de sortir de la crise socio-politique. Le Conseil des Ministres a été informé de l’évolution de la situation épidémiologique et des actions entreprises suite à la pandémie de la maladie à Coronavirus. Le Président de la République a réitéré ses hommages au personnel soignant mobilisé dans le cadre de la lutte contre la pandémie. Il a invité les populations et les agents de santé à éviter tout relâchement dans le respect des mesures de prévention et de contrôle de la maladie. 3. Le Président de la République a instruit au Gouvernement de prendre toutes les mesures adéquates pour la réussite d’une bonne campagne agricole. Le Conseil des ministres a été informé par le Président de la République de la nomination de Messieurs Wafi OUGADEYE et Hamet SAM Magistrats de grade exceptionnel respectivement en qualité de Président et Vice-président de la Cour Suprême. Ces nominations ont été faites sur avis conforme du Conseil Supérieur de la Magistrature réuni le 30 juillet 2020 à Bamako.
Tabaski à Gao : Le secret de la grillade traditionnelle
Par Mohamed TOURÉ Gao, 05 aout (AMAP) La communauté musulmane a célébré, vendredi dernier, l’Aïd el Kébir ou la fête de la Tabaski. Cette célébration musulmane est marquée par l’immolation de certains animaux domestiques comme le mouton, la chèvre, le bœuf ou le chameau « pour les fidèles qui en ont les moyens », comme le précise le Saint Coran. La conservation de la grande quantité de viande accumulée lors de cette commémoration peut poser problème dans certains milieux. Mais à Gao, dans le nord du pays, les familles perpétuent une tradition séculaire: la grillade. Le jour de la Tabaski, la cité des Askia respire l’odeur des grillades de viande. Presque dans toutes les familles, des fours de grillade sont fabriqués avec tout ce qu’on peut avoir sous la main : un vieux lit métallique, des barriques renversées ou encore des barres de fer. Dans un coin de la cour familiale, Faiçal Ibrahim s’active, tel un chef d’orchestre. Entouré de ses trois neveux, l’apprenti rôtisseur de circonstance attise le feu sous cinq carcasses de béliers installées sur un lit métallique transformé en grillage. «Je m’occupe de la grillade des moutons de la famille depuis 2009. A l’enfance, j’ai appris cette pratique avec mes oncles. Je suis entouré par mes neveux pour leur transmettre la technique», explique le jeune homme. Selon les vrais connaisseurs, cette pratique très ancienne consiste à conserver la viande, tout en lui donnant un bon goût. Selon le cuistot amateur, cette grillade permet de rendre la chair moelleuse, donc facile à déguster. «Quand nous égorgeons les bêtes, certaines parties (le foie, le cœur, les reins) sont rôties sur le petit grillage et mangées directement», détaille-t-il. Ces parties enlevées, le reste de l’animal est étalé au soleil, environ une heure, avant la mise au feu. La chair est ensuite assaisonnée avec une mixture à base de vinaigre, d’huile, de sel. «Cette sauce accélère la cuisson de la viande et lui donne bon goût», commente Faiçal Ibrahim. La viande est conservée plusieurs mois. Les techniques qu’explique Faiçal relèvent d’un savoir-faire transmis à travers les générations. «La grillade de viande pendant la Tabaski est une ancienne pratique à Gao. Les parents le faisaient déjà avant notre naissance», témoigne Alassane Touré, un septuagénaire à la retraite. Le patriarche confirme que la pratique permet de conserver la viande tout en lui donnant un bon goût. Les mêmes raisons sont avancées par Salamata Maïga, une enseignante à la retraite. Pour cette grand-mère, certaines familles abattent plusieurs moutons, dont il faut conserver une partie avec la technique de grillage. «Avant, la pratique n’était pas très répandue. Mais, aujourd’hui, dans une même famille, il arrive que cinq à six moutons soient sacrifiés», argue la pédagogue, pour qui la conservation d’une telle quantité de viande pousse les familles à se tourner de plus en plus vers la rôtisserie domestique. Dans la pratique courante, la grillade est la première phase du processus de consommation de la viande dans de nombreuses familles. «Généralement à Gao, le premier jour de la fête est consacré à la grillade de la viande. Au deuxième jour, la viande grillée est dépecée et des parts sont envoyées aux voisins, parents et personnes en nécessité», explique Salamata. Cependant, une grande partie de la viande grillée sera découpée en petits morceaux qui seront frits à l’huile pour être conservés encore plus longtemps. «Ces petits morceaux sont alors partagés entre les membres de la famille. Et même ceux, qui vivent dans d’autres villes ou même à l’étranger, auront leur part», confie la vieille maman. MT/MD (AMAP)
Carnet de voyage : de Bamako, la capitale malienne, à Gao (Nord), l’odyssée
Reportage de Mohamed TOURE Bamako, 04 août (AMAP) La route menant de la capitale, Bamako, à la Cité des Askia, Gao (dans le Nord du Mali) est distante de près de 1200 km. Elle traverse une grande partie du pays, à travers les Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou. Un voyage chaotique mais enrichissant que font plusieurs ressortissants du Nord, notamment la veille de la fête de la Tabaski. Ils prennent la route pour aller fêter en famille. Nous avons décidé d’aller fêter auprès des parents à Gao. En route pour un trajet d’au moins 48 heures, notre autocar a fait une halte à Niamana, le poste de contrôle à la sortie de la « Cité des trois caïmans », Bamako. Certains voyageurs effectuent la prière de l’aube à la va-vite et nous reprenons la route. Les histoires d’attaques sur la route animent les discussions dans le véhicule. A peine le car s’est-il éloigné du poste de contrôle qu’une dame surgit dans l’allée. Elle s’adresse aux passagers à la cantonade. « J’ai un produit exceptionnel à vous présenter. Une pommade qui soigne 20 maladies », lance la bonne dame. Pendant plusieurs minutes, elle vante les bienfaits de son « baume magique ». Des passagers ne tardent pas à manifester leur intérêt pour le produit. Notre vendeuse fait une bonne affaire. La dame est imitée, un peu plus tard, par un homme qui évoque sans tabous, dans un discours bien rôdé, des maladies de la sexualité. Diarra, se fait-il appeler, se moque visiblement du malaise que son discours cru provoque chez certains voyageurs. Perspicace et avec des métaphores grivoises, il parvient à arracher un sourire à la plupart des gens. Il n’y a pas que les produits médicamenteux en vente. Dans les gares routières et les postes à l’entrée des villes, des vendeurs proposent des œufs, des fruits, des gâteaux. Ces jeunes filles, pour la plupart, peuvent faire preuve d’une témérité remarquable. N’hésitant pas à monter dans les cars. SEGOU ET SES BALANZANS – De part et d’autre du ruban noir du goudron, le paysage offre un tableau merveilleux de verdure à perte de vue, en cette période d’hivernage. La Région de Ségou est spécifique par sa végétation caractérisée par la multitude de balanzans et de baobabs. La légende dit que le dernier arbre a été planté à l’envers. Pendant la saison des pluies, même les baobabs arborent un feuillage de verdure. Au fur et à mesure que le véhicule s’enfonce dans le pays profond, le voyageur peut mesurer l’étendue du territoire national et les potentialités naturelles dont il regorge. Dans les Régions de Ségou et de Mopti, d’immenses étendues verdoyantes s’étendent à perte de vue. La vie au quotidien aussi : des femmes qui pilent en groupe, des enfants occupés à jouer au bord des marigots, des animaux (chevaux, ânes, moutons, beaufs) se délectant des générosités de la nature. Sur le plan architectural, les maisons sont majoritairement en banco. Extraordinaire illustration du génie et du savoir-faire du Mali en matière de construction traditionnelle, des maisons et des cases en banco tiennent debout tout près d’immenses mares remplies d’eau de pluie. Preuve que ces constructions, qui paraissent rudimentaires, résistent même aux plus fortes quantités de pluie ou autres intempéries. SEVARE, LE CARREFOUR – Après 10 heures de route, nous voilà à Sévaré (Centre). Cette ville apparait comme une frontière imaginaire entre le Nord et le Sud du Mali. Elle présente un visage plus développé en terme d’infrastructures par rapport aux autres villes plus au Nord. La position de carrefour de la ville est un atout non négligeable. Elle lui confère une riche diversité culturelle, linguistique et ethnique. A la gare routière de Sévaré, les vendeurs de produits en cuir ou de viande grillée ont l’habitude d’interpeller les clients dans au moins trois langues. Ne dit-t-on pas que le client est roi ? Ici, les conversations passent du bamanan au peulh puis au songhay voire au français entre les mêmes interlocuteurs. La gare routière de Sévaré est célèbre pour ses pickpockets, capables des plus subtils larcins. A la sortie de la gare, un mouvement de foule brusque se crée. « Il est mort ! Il est mort ! », s’écrient certains passagers. La foule s’est massée pour lyncher un homme. Le malheureux baignant dans son sang aurait essayé de subtiliser le téléphone d’un voyageur dans les toilettes. La victime est arrivée à se défendre et à attirer l’attention de la foule. Celle-ci ne se fait prier pour appliquer sa sentence dans ce genre de situation. Heureusement, les sapeurs-pompiers sont venus secourir le présumé voleur avant que la foule ne commette l’irréparable A Sévaré, les mesures sécuritaires sont beaucoup plus strictes. Au poste de contrôle, les passagers descendent du car pour se soumettre à la vérification des pièces d’identité. Quelques militaires sont positionnés, plus loin, armes au poing. Un jeune agent des services sanitaires fait timidement passer un test de température au thermo flash aux voyageurs. Dans le car, l’inquiétude monte d’un cran car on entame les zones dangereuses. Les discussions sont animées sur les attaques de la veille, vers Gossi, par des coupeurs de route. « Subirons-nous le même sort ? », se demandent les voyageurs, en priant pour que tout se passe bien. KONNA, LA VILLE MARTYR – Bonjour Konnam ! La ville célèbre dans l’imaginaire populaire. C’est ici qu’a été stoppée la progression djihadiste en 2013. Konna arbore une statue à l’image de Damien Boiteux, premier soldat français tombé au Mali en 2013. Une école, des enfants et d’autres édifices portent le nom du pilote d’hélicoptère français. Il est 21 heures quand nous arrivons aux portes de Douentza. Il faut passer la nuit à la belle étoile. Une mesure de sécurité interdit d’entrer nuitamment dans les villes. Même à quelques encablures des agglomérations, les voyageurs sont obligés de passer la nuit au poste jusqu’au lendemain. Cela ne semble pas déranger les voyageurs, visiblement habitués. Aussitôt, un village spontané se crée. Pas moins d’une centaine de passagers, venant de plusieurs bus, louent des nattes à 200 Fcfa. Dans cette nuit noire, sous les étoiles ornant le
Reprise de la désobéissance civile : Des perturbations clairsemées à Bamako malgré un dispositif de sécurité robuste
Bamako, 03 août (AMAP) Les leaders du mouvement politique M5 CFP ont ordonné à leurs militants de reprendre les actions de désobéissance civile à partir de ce lundi, après une trêve pour cause de fête de Tabaski. Lors de leur rassemblement dimanche, les ténors de l’opposition ont demandé aux jeunes d’investir la rue, en paralysant la circulation routière et empêcher les services publics de travailler. Pour se rendre compte de l’état de la ville de Bamako, dans la matinée de ce lundi, une visite de terrain de notre équipe de reportage a fait le constat général est que la mobilité des populations est moins perturbée que le début de la contestation, la semaine dernière. De Kati, près de Bamako, jusqu’au monument de l’Indépendance, la route est praticable. Les agents de maintien d’ordre sont visibles aux différents carrefours. De quoi dissuader les manifestants qui ont conjugué leurs efforts dans le secteur du centre-ville (Rail-da) et le quartier Magnambougou où se trouve le siège de la CMAS de l’imam Dicko. Dans la matinée, les deux premiers ponts étaient bloqués. Seul le troisième (Missabougou) était opérationnel. En milieu de journée, la circulation a repris. Tout au long de l’avenue de l’OUA, la circulation est normale. Sur la route de Sébéninkoro, après quelques heures de perturbation, la voie a été dégagée. Des déchets ménagers sont jetés sur le bitume sans entraver la circulation des voitures et des motos. Selon un observateur, la forte présence policière avec des blindés et autres équipements anti-émeute a pesé dans la balance. À Djicoroni, en Commune IV, le long de la route, les forces de l’ordre sont également déployées. Le dispositif sécuritaire en place se compose d’un groupement de la police et de la garde nationale. Non loin de là, devant la Mairie de cette commune, une troupe de la garde nationale est campée. A Sébénikoro, avant d’arriver au marché, des manifestants ont barricadé la voie à partir de l’agence de la Banque of Africa (BOA). Au même moment, un véhicule de police est posté à ce niveau. Des tas d’ordures sont jetés au virage Ifabaco. Au niveau de la Cité administrative de Bamako, les agents de sécurité, tous masqués, ont redoublé de vigilance avec un contrôle strict à l’entrée. Au quartier de Badalabougou, tout juste à la montée du pont de la rive droite, la Gendarmerie appuyée par la Police et la Garde nationale monte la garde. TC/AC/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : 6 nouveaux cas positifs enregistrés dimanche
Bamako, 3 août (AMAP) Les services sanitaires ont enregistré dimanche 6 nouveaux cas positifs à la Covid-19, portant le nombre total à 2541 dont 1943 patients guéris et 114 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 6 nouveaux cas enregistrés dimanche, 1 cas a été découvert à Kati (région de Koulikoro), 1 cas en CI, 1 cas en CII, 1 cas en CIV et 2 cas en CV du district de Bamako. Les services sanitaires déclarent que 240 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives, KM (AMAP)
Message du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita à l’occasion de l’Aid EL Kebir 2020
Chers coreligionnaires de la Umma islamique Mes chers compatriotes, Une fois de plus, je rends grâce à Allah SWT qui m’accorde le privilège, en ce jour chargé de symboles, de pouvoir adresser à chacune de vous, à chacun de vous, à toute la nation comme à la Umma islamique, mes vœux de santé, de prospérité et de succès. L’Eid El Kébir que nous célèbrerons demain est aussi jour de recueillement et de pardon. Puissent nos morts être parmi les bienheureux, nos malades recouvrer la santé. Puissent les offenses subies ou causées, être mutuellement pardonnées ! Puisse le Mali rassemblé et apaisé poursuivre l’œuvre de stabilisation et de développement dans laquelle il est engagé ! Puissent tous les enfants de ce grand pays de foi et de labeur regarder dans la même direction ! Mes chers compatriotes, L’année 2020 aura été des plus éprouvantes en raison notamment de la pandémie du coronavirus qui continue d’imposer au monde entier des restrictions drastiques. Permettez que j’aie une pensée particulière pour les fidèles qui n’ont pu, à cause de ladite pandémie, accomplir cette année le hadj, lequel s’est déroulé dans l’austérité que nous savons ! Permettez également que je redise ici que la COVID-19 n’est pas finie, que la fin du couvre-feu hélas ne signifie pas la fin de la pandémie. Nous devons nous protéger, protéger les plus vulnérables d’entre nous, en respectant les mesures-barrières, en se faisant obligation de porter le masque facial en tout lieu et à tout moment. Eviter d’être un agent de propagation du virus est, à mon sens, un acte de foi dont chaque musulman, chaque citoyen doit se montrer capable. Je ne saurai terminer ce message sans avoir une pensée pour mon bien-aimé cadet Soumaila Cisse ainsi que pour tous les otages injustement détenus au Sahel. Bonne fête et qu’Allah bénisse le Mali ! Bamako le 30 Juillet 2020 Ibrahim Boubacar Keita
Crise sociopolitique : L’opposition appelle à reprendre la désobéissance civile
Bamako, 30 juillet (AMAP) Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP, opposition), a invité, mercredi, ses militants et sympathisants à reprendre la désobéissance civile dans les deux jours qui suivent la fête de la Tabaski. Au cours d’une conférence de presse au siège de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS), des responsables du M5-RFP, ont annoncé que la désobéissance civile durera jusqu’à la «démission du président de la République et de son régime». Choguel Kokala Maïga, Cheick Oumar Sissoko, Me Mountaga Tall et Me Mohamed Ali Bathily, les principaux orateurs, ont indiqué que cette décision faisait suite aux recommandations qui ont sanctionné, lundi dernier, le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce sommet était consacré à la crise sociopolitique qui secoue le Mali depuis plusieurs semaines. Parmi les recommandations des chefs d’Etat de la CEDEAO figurent, entre autres, la démission immédiate des 31 députés, parmi lesquels le président de l’Assemblée nationale dont l’élection est contestée, la recomposition rapide de la Cour constitutionnelle conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile. A ces mesures, il faut ajouter la mise en place d’une commission d’enquête pour situer les responsabilités dans les violences qui ont entraîné des décès, des blessés et des dégâts matériels. Selon les responsables du M5-RFP, les recommandations de la CEDEAO ont un caractère «anticonstitutionnel et sont inapplicables». D’après Choguel Kokala Maïga, les dirigeants de la CEDEAO ont juste voulu «couvrir le président de la République et son régime», ajoutant que ces décisions « n’ont pas pris en compte la profondeur et la gravité de cette crise qui hypothèque l’avenir de notre pays ». Le porte-parole du M5-RFP a, ensuite, indiqué que le mouvement portera plainte auprès des instances compétentes contre les mesures édictées par les dirigeants ouest-africains. «Les recommandations de la CEDEAO ne font que nous conforter dans notre lutte», a appuyé Cheikh Oumar Sissoko. Pour sa part, l’imam Mahmoud Dicko (l’autorité morale de la contestation) a appelé à l’apaisement et invité nos concitoyens au rassemblement pour sortir le pays de cette situation. «Nous devons prouver que nous sommes une grande nation capable de résoudre ses propres problèmes», a conseillé l’autorité morale du M5-RFP. BD/MD (AMAP)

