Bankass : Trois villageois tués par des hommes armés à Bagourou et à Yabatalou dans la commune de Kani Bonzon
Bankass, 18 février (AMAP) Trois villageois ont trouvé la mort, mercredi, dans une attaque simultanée d’hommes armés non identifiés dans les localités de Bagourou et de Yabatalou, dans la Commune de Kani Bonzon, Cercle de Bankass, Région de Mopti, (Centre ), a appris l’AMAP de source locale. Des individus non identifiés lourdement armés, sur plusieurs motos, ont attaqué ,vers 17 H, Bagourou où deux personnes ont trouvé la mort et Yabatalou où une personne a perdu la vie. Selon notre source, les assaillants, en se retirant, ont incendié les greniers et emporté le bétail des deux localités de la Commune de Kani Bonzon. Notre source précise que le maire principal de la commune a informé les autorités régionales pour l’envoi d’un détachement des forces armées afin de sécuriser ces zones. La même source soutient que ces attaques de la commune sont liées au refus de Kani Bonzon de signer un accord de paix, contrairement aux 8 autres communes sur les 12 du Cercle qui ont déjà signé un accord de paix dans la commune de Diallassagou. AKG/KM (AMAP)
A N’djaména, le président Bah N’Daw rend hommage aux soldats tchadiens tombés pour le Mali
Envoyé spécial Moriba COULIBALY N’djaména, 17 fév (AMAP) La capitale tchadienne, N’djaména, s’est réveillée, mercredi matin, sous une brume qui enveloppait toute la ville. Il faisait assez frais et la visibilité est bonne. Le cortège du président de la Transition, Bah N’Daw, a quitté la villa d’un grand hôtel de la place qui a réalisé des annexes de haut standing pour héberger les délégations des hôtes de marque. Il est escorté vers le cimetière. Sur tout le parcours, les agents de sécurité ont formé un jalonnement pour tenir à l’écart tous les usagers de la circulation (véhicules, engins à deux, tricycles et piétons), Normal, le convoi, précédé de motards et de véhicule de police toutes sirènes hurlantes, roule à vive allure. Il en sera de même sur le trajet menant à l’aéroport international Hassan Djamouss, jusqu’au pavillon présidentiel. Avant de s’envoler pour le Mali, le chef de l’État a tenu à rendre un hommage appuyé aux soldats tchadiens tombés au champ d’honneur dans les contreforts de l’Adrar des Ifoghas, dans la Région de Kidal, dans le Nord du Mali. À son arrivée au cimetière, où reposent les corps d’une trentaine de soldats tchadiens tués au Mali, le commandant de la troupe lui a présenté le déroulé de la cérémonie qui consiste à passer en revue la haie d’honneur, suivi du dépôt de la gerbe de fleurs, au pied du monument des soldats tchadiens tombés au Mali, la sonnerie aux morts et le recueillement sur les tombes. Le cimetière qui leur est dédié est bien entretenu. Les tombes des soldats sont badigeonnées de couleur blanche. Cette couleur symbolise la pureté de l’âme des défunts. DETTE DE SANG – Le chef de l’État a été accueilli par une haie d’honneur composée exclusivement d’officiers supérieurs de tous les corps de l’Armée nationale tchadienne (des généraux, en passant par les colonels et lieutenant-colonels), la fanfare de l’état-major général des Armées. Ensuite, le président Bah N’Daw s’est recueilli sur les tombes, avant de se prêter au cérémonial du dépôt de la gerbe de fleurs. La sonnerie aux morts a retenti mettant fin à ce moment de recueillement, à la fois solennelle et symbolique. Le chef de l’État malien a exprimé, avec une vive émotion, son respect et a remercié le président tchadien, le maréchal Idriss Deby Itno, l’Armée nationale tchadienne pour leurs contributions inestimables. “À ces soldats tchadiens qui reposent dans ce carré des Martyrs, la Nation malienne leur est éternellement reconnaissante”, a déclaré le président Bah N’Daw. Ce cimetière pourrait devenir un lieu où les Maliens résidents ou de passage peuvent se recueillir sur les tombes des soldats tchadiens, afin de leur rendre hommage pour leur sacrifice suprême et pour la dette de sang du Mali envers ce peuple réputé de guerriers dans l’âme. Le maréchal Idriss Deby Itno en a donné, en maintes reprises, la preuve. Il n’a pas hésité à voler au secours du Mali attaqué par des hordes djihadistes et terroristes. Il a revêtu sa tenue militaire pour accompagner, personnellement, le premier contingent militaire tchadien jusqu’à la frontière avec le Niger. Avant de quitter ses troupes, il leur a livré ce message: « On ne poursuit pas le lion en suivant ses traces, il faut le chercher et l’affronter frontalement. Allez, vous n’allez pas revenir tous vivants, mais, terrassez ce lion! » Des dizaines de vaillants et intrépides soldats ont laissé leur vie dans le sable de l’Adrar des Ifoghas. L’engagement tchadien aux côtés du Mali ne s’est jamais démenti. Le maréchal Idriss Deby Itno a pris la décision d’envoyer 1.200 soldats tchadiens pour renforcer les troupes du G5 Sahel, aussitôt la conférence de N’Djaména close.
Au Tchad, le président Bah N’daw a exhorté nos compatriotes au respect des lois du pays d’accueil
Envoyé spécial Moriba COULIBALY N’djaména, 17 fév (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a rencontré, mardi après-midi, à N’djaména, la communauté malienne vivant au Tchad dans l’enceinte de l’ambassade du Mali au Tchad qu’il a exhortée a respecter les lois de leur pays d’accueil. Au cours de cette rencontre, tenue après les travaux de la Coalition pour le Sahel, Bah N’Daw s’est réjoui de l’entente entre nos compatriotes et les a vivement exhortés “au respect strict des règles et des lois du pays hôte”. « Restez toujours à l’écoute de votre ambassadeur qui, comme vous l’avez vous-mêmes attesté, saura vous donner les conseils nécessaires pour rendre votre séjour moins pénible”, a dit le président de la Transition. “Et surtout, j’insiste la-dessus, respectez les lois de ce pays, ne transgressez pas les règles ! », a dit le président Bah N’Daw, avant de rassurer nos compatriotes de sa disponibilité et celle de son gouvernement à promouvoir la paix et la stabilité du Mali. Auparavant, l’ambassadeur Sadio Gassama et le porte-parole de la communauté malienne vivant au Tchad, Alou Traoré, ont remercié les autorités tchadiennes pour l’hospitalité dont jouissent les Maliens installés dans ce pays. Tous les deux ont assuré qu’il règne une communion entre nos compatriotes. M. Traoré, technicien en dessin bâtiment, installé au Tchad depuis 2004, a indiqué que la chancellerie ne ménage pas ses efforts pour rendre le séjour de nos compatriotes “le plus agréable possible et fait de sorte que chacun se sente chez soi comme des Maliens en terre natale”. L’ambassade du Mali au Tchad a été créée en septembre 2017. L’ambassadeur Sadio Gassama a signalé que c’est la première fois que la chancellerie reçoit une visite de haut rang en la personne du président de la Transition. Il lui a souhaité la bienvenue ainsi qu’aux membres de sa délégation. Les relations entre les deux pays sont d’ordre historique et socio-culturel. “Elles sont à l’image de celles entre les deux chefs d’État qui entretiennent des relations privilégiés d’amitié et de fraternité comme l’atteste la coopération de part et d’autre”, a dit l’ambassadeur du Mali. C’est grâce “à cette coopération agissante: que notre pays a ouvert sa représentation diplomatique à N’djaména. Plusieurs accords de coopération existent entre nos deux pays, notamment dans le domaine socio-économique et sécuritaire. Ces accords permettront, dans les jours à venir, d’instaurer une véritable coopération. Il s’agit, a rappelé l’ambassadeur Gassama, “de l’accord relatif au service aérien entre les deux pays, celui sur la protection et la promotion réciproques des investissements, l’accord cadre de coopération, celui portant création de la Grande commission mixte de coopération et, enfin, celui relatif à la coopération culturelle, scientifique et technique”. L’organisation de la Grande commission mixte “permettra de donner un contenu plus concret à ces différents axes de coopération et de maintenir le dialogue politique entre les deux pays, en vue d’échanges permanents réciproques”. Avant de rencontrer les Maliens du Tchad, Bah N’Daw a accordé des audiences à la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la Rwandaise Louise Mushikiwabo et au président directeur général de la Banque arabe pour le développement économique de l’Afrique (BADEA), le Mauritanien Sidi Ould Taha. À sa sortie d’audience, Mme Mushikiwabo a déclaré avoir eu, avec le chef de l’État malien, “des échanges sur la situation actuelle, sur l’avancée de la Transition et les difficultés rencontrées”. “Je lui ai réaffirmé l’engagement de la Francophonie à appuyer le Mali. J’ai bénéficié, à l’occasion, du soutien des chefs d’État des pays africains lors de ma candidature au poste de secrétaire générale de l’organisation. Il est un devoir pour moi de venir réitérer non seulement mes remerciements mais, aussi, de confirmer toute la disponibilité de l’organisation à appuyer le Mali”, a dit Louise Mushikiwabo. Elle a ajouté avoir informé le chef de l’État qu’une délégation de l’OIF arrivera, dès la semaine prochaine, à Bamako pour rencontrer les autorités administratives et politiques “afin de préciser les actions que l’OIF peut soutenir, notamment pendant la Transition”. Elle a souligné que le Mali est, pour la Francophonie, “un pays très important un pays dont la stabilité affecte ses voisins et d’autres de la sous-région”. Il y a, quelques mois, la secrétaire générale de l’OIF, lors de son passage à Bamako, a rencontré le président de la Transition. Le Président directeur général de la BADEA, Sidi Ould Taha, a passé en revue tous les projets financés par son institution au Mali et, aussi, recueilli les attentes et initiatives du président et du gouvernement maliens que la BADEA pourrait financer. Cette institution multilatérale et un instrument de la coopération économique entre le monde arabe et l’Afrique. “Elle est opérationnelle depuis 1975 et intervient dans plusieurs domaines de coopération, en particulier les infrastructures routières, l’électrification rurale et, plus récemment, dans la riposte contre la Covid-19, a détaillé”, son Pdg.
L’idée du dialogue avec les terroristes fait son petit bonhomme de chemin
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 16 fév (AMAP) Le Dialogue national inclusif de 2019, au Mali, a fait l’option de pourparlers avec les terroristes maliens. Nos partenaires, notamment la France et les Nations unies, réticentes dans un premier temps, ont récemment infléchi leur position. Cette question pourrait s’inviter dans les discussions des chefs d’Etat lors du sommet des pays du G5 Sahel et de la France, qui se tient ,à N’Djamena, au Tchad, dans un contexte particulier. Les groupes terroristes continuent d’étendre leur présence dans la région du Sahel et au-delà, en dépit des lourdes pertes qui leur sont infligées à travers des opérations conjointes menées par Barkhane et les armées nationales. Compte tenu de cette situation, nul doute que la question du dialogue avec les extremistes islamistes sera l’un des sujets de la rencontre de N’djaména. Le sujet sera d’autant plus facile à aborder que la France et les Nations unies qui étaient farouchement opposées à toutes négociations avec les terroristes ont récemment infléchi leurs positions. Il faut rappeler que le sujet du dialogue fait débat dans notre pays depuis longtemps. Lors de la Conférence d’entente nationale en 2017, la question a été abordée par des participants. Le Dialogue national inclusif (DNI) en décembre 2019 a formulé carrément une recommandation allant dans le sens d’ouvrir des pourparlers avec les Maliens qui guerroient pour imposer la charia dans un pays où l’islam est déjà la religion dominante depuis des siècles. Un rapport publié le 28 mai 2019 par l’International Crisis Group avait encouragé notre pays à aller dans ce sens, estimant que pour sortir de l’impasse, le dialogue avec les «djihadistes» et leurs soutiens devait être une option à prendre très au sérieux par les autorités maliennes. L’ONG reconnaissait que le chemin du dialogue restait semé d’embuches à cause des exigences des terroristes, ainsi que les liens qu’ils entretiennent avec d’autres groupes transnationaux. Amadou Kouffa et Iyad Ag Ghali posent comme condition l’instauration de la charia dans un pays où la tradition républicaine est bien enracinée. Ils réclament aussi le départ des troupes étrangères (Minusma et Barkhane). En plus, ils n’ont sans doute pas toutes les cartes en main pour ouvrir d’éventuelles négociations. Ils sont tenus de s’en référer à leur organisation mère en l’occurrence AQMI, elle-même affiliée à Al Qaeda. Sur la question, Dr Aly Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires stratégiques au Sahel (CE3S), rappelle l’impuissance des forces étrangères et des forces armées maliennes à éradiquer militairement la menace terroriste. Cela dure depuis 2013. « Aujourd’hui, quand on regarde les trajectoires des groupes radicaux violents, que ce soit en Afghanistan, en Irak et récemment en Syrie, on se rend compte que les puissances ont toutes été réticentes à engager le dialogue avec eux mais ont toujours fini par l’admettre. C’était le cas avec les états-Unis en Afghanistan où ils étaient fermes à ne pas dialoguer avec les talibans, mais très vite, ils se sont rendus compte que les seules réponses militaires ne suffisent… », indique le chercheur. Pour lui, ces hypothèses sont aussi plausibles dans le contexte malien. Pour Dr Aly Tounkara, aucun pays n’est parvenu à vaincre le terrorisme avec seulement les armes. Mais, nuance-t-il, lorsque notre pays opte pour le dialogue, il y a des lignes rouges à ne pas franchir : le caractère laïc de l’état et sa forme républicaine. Malgré les obstacles quant à son aboutissement, la question du dialogue est revenue plusieurs fois dans le discours des autorités maliennes. L’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, avait, au cours d’une interview sur une radio étrangère, clairement exprimé la position du Mali. « Nous sommes d’accord sur le principe et nous y travaillons déjà », avait-il annoncé. Après sa nomination comme Haut représentant du président pour le Centre du Mali, Pr Dioncounda Traoré, avait indiqué avoir «personnellement envoyé des émissaires pour discuter avec Amadou Kouffa et Iyad Ag Ghali». Mieux, l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta n’avait pas fermé la porte à une éventuelle négociation lors d’une intervention. FRUIT DU DIALOGUE – Il faut rappeler que plusieurs otages au Mali ont été libérés suite aux négociations avec leurs ravisseurs appartenant à des organisations terroristes. Le dernier cas est celui de feu Soumaïla Cissé et de trois Occidentaux. L’ex-chef de file de l’opposition avait été enlevé le mercredi 25 mars 2020 en pleine campagne pour les législatives à Niafunké. Après 198 jours entre les mains de ses ravisseurs, il a été libéré suite à des négociations avec trois autres otages. Le président du Comité de crise Ousmane Issoufi Maïga a clairement reconnu dans un communiqué que «la libération de ces personnalités enlevées par les filiales du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) a été obtenue grâce aux efforts conjugués des services de renseignement, des Forces armées et de sécurité, des partenaires du Mali et de la cellule de crise». Après la libération de Soumaïla Cissé, le chercheur Aly Tounkara avait estimé que cela pourrait être un pont pour le dialogue avec les groupes radicaux violents. « La libération de Soumaïla Cissé pourrait constituer déjà un pont car beaucoup de personnalités qu’elles soient à Bamako ou relevant des chefferies locales y ont été impliquées. Ces personnalités apparaissent déjà comme un pont pour l’état central du Mali et il ne faut plus accepter que ce pont soit coupé », avait-il conseillé. L’imam Mahmoud Dicko pourrait être l’une des têtes de pont du dialogue. Il a maintes fois exprimé sa disponibilité à œuvrer pour que les Maliens se parlent pour mettre fin à la violence. Dans son dernier Manifeste, il a réitéré son entière dédicace au dialogue pour instaurer la paix entre les communautés. FLÉCHISSEMENT DE POSITIONS – L’insistance des Maliens à vouloir se parler a sans doute eu raison des réticences de nos partenaires étrangers. Les Nations unies, à travers le secrétaire général, semblent favorables à un dialogue avec « certains groupes extrémistes ». « Il y aura des groupes avec lesquels on pourra parler et qui auront intérêt à s’engager
7è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État du G5 Sahel : Plaidoyer pour le chapitre 7 de l’ONU
Envoyé spécial Moriba COULIBALY N’djamena, 15 fév (AMAP) Les efforts des pays membres du G5 Sahel “pourront être encore couronnés de plus de succès, si nous obtenons le mandat sous le Chapitre 7 de la Charte des Nations unies pour la force conjointe G5 Sahel”, a déclare, lundi, à N’djamena, le président du Tchad, le maréchal Idriss Deby Itno. Intervenant devant la 7è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État du G5 Sahel, placée sous le thème « Sécurité et développement », et qui s’est tenue dans la capitale tchadienne, sous sa présidence, Idriss Deby Itno a ajouté que le grand espace commun du G5 Sahel, en décidant souverainement de mutualiser ses missions, forces et ressources “afin de faire face résolument aux grands défis qui (le) menacent” a pris rendez-vous avec l’histoire”. Et d’ajouter : « Nous avons pris l’engagement résolu de prendre notre destin en mains, car notre espace a connu une combinaison de calamités à répétition”. “Les défis ont pris une tournure plus inquiétante. Aux défis liés à la pauvreté et à l’insécurité consécutive à la menace terroriste, nous faisons face aux conséquences multidimensionnelles de la pandémie du coronavirus », a souligné l’hôte du sommet. Il a, particulièrement, remercié l’Organisation des Nations unies (ONU) et son secrétaire général, Antonio Guterres. Selon Idriss Deby Itno, le G5 Sahel est sensible, à la compréhension l’organisation et e M. Guterres “de la lutte que mènent les pays du G5 Sahel” et leur exprime tout l’espoir que les dirigeants de ses pays membres portent à la réalisation des objectifs liés à la problématique sécuritaire ainsi qu’au développement durable dans l’espace sahélo-saharien. “Nous sommes très reconnaissants pour les appuis multiformes, en particulier financiers de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union monétaire ouest africaine (UEMOA) au profit de la force conjointe G5 Sahel, dans le cadre de son plan d’actions pour lutter contre le terrorisme”, a déclaré le maréchal Idriss Deby Itno, s’adressant à ses pairs et aux participants. Il a également chaleureusement remercié l’Union européenne (UE) pour ses interventions multiformes. Et a adressé une mention spéciale du G5 Sahel à l’Union africaine (UA), à travers tous ses dirigeants, “pour leurs accompagnements à la survie de l’institution, notamment le déploiement des éléments de la force africaine au profit de la force conjointe G5 Sahel”. Idriss Deby Itno a été désigné par ses pairs, président en exercice de l’organisation sahélienne. Il succeed, ainsi, au président sortant, le Mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part à ces travaux aux côtés de ses homologues du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, du Niger, Mahamadou Issoufou. Le président sénégalais Macky Sall a rejoint ses pairs, lors de leurs travaux à huis clos Le président ghanéen, président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufu Dakwa Addo, le Premier ministre du Royaume chérifien du Maroc, Sannedin El Othmani, le général Ibrahim Gabir, membre du Comité suprême de transition du Soudan, le ministre d’État émirati aux Affaires étrangères, Son Altesse Sheikh Shakhbout Bin Nahyan Al-Nahyan, étaient les invités spéciaux de ce sommet de N’djamena. Plusieurs personnalités étaient également présentes, entre autres, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat, le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le Tchadien Mahamat Saleh Annidif. MC/MD (AMAP)
Audiences à N’Djaména du président de la Transition: L’Espagne et les Emirats arabes unis réaffirment leur appui
Envoyé spécial Moriba COULIBALY N’Djaména, 15 fév (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, en marge du Sommet du G5, à N’Djamena, au Tchad, a reçu, lundi, successivement, la ministre espagnole des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, Arancha Gonzalez Laya et son Altesse Sheikh Shakhbout Bin Nahyan Al-Nahyan, ministre d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis (EAU). « Nous avons évoqué les efforts de l’Alliance Sahel pour soutenir le développement des pays membres du G5 Sahel, notamment le Mali, surtout dans les zones prioritaires où nous travaillons pour un retour de l’État”, a déclaré la ministre espagnole, à sa sortie d’audience. “Nous avons passé en revue tous ces axes et j’ai eu l’occasion d’exprimer à Monsieur le président l’appui de l’Espagne pour un bon déroulement de la Transition qui doit aboutir à des élections générales apaisées l’année prochaine”, a-t-elle poursuivi, assurant que l’Espagne se tiendra aux côtés du Mali. La cheffe de la diplomatie espagnole a assuré avoir eu une conversation sur la Transition, les réformes politiques et économiques, sur les aspects sécuritaires et de défense, sur la lutte contre le terrorisme dans laquelle l’Espagne est très engagé à travers la mission EUTM Mali (la Mission de formation de l’Union européenne au Mali). Mme Arancha Gonzalez Laya, qui a été reçue par le président de la Transition, il y a quelques mois seulement, lors de son passage au Mali, est présidente de l’Alliance Sahel, qui a pour objet de financer les projets à impact rapide en faveur, notamment, des jeunes et des femmes dans les zones sous influence djihadiste et terroriste. En juillet 2017, la France, l’Allemagne et l’Union européenne, en partenariat avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont lancé l’Alliance Sahel, une plateforme de coopération internationale pour intervenir davantage et mieux au Sahel. Depuis, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Danemark ont rejoint l’initiative organisée autour de deux instances: l’Assemblée générale et le Comité de pilotage opérationnel (CPO). Dans le but d’accroître la coordination entre l’offre des bailleurs et les besoins exprimés par les pays du Sahel, notamment dans les zones fragiles avec des projets à impact rapide, le G5 Sahel et l’Alliance Sahel ont signé un protocole de partenariat à Niamey, le 30 octobre 2018. Six secteurs d’intervention ont été retenus, en accord avec les priorités de développement établis par les pays du G5 Sahel, à savoir énergie, agriculture, développement rural et sécurité alimentaire, décentralisation et services de base, éducation et emploi des jeunes, gouvernance et sécurité intérieure. A ceux-ci, s’ajoutent quatre secteurs transversaux : Genre, Jeunesse, Climat et Secteur privé. Plus de 730 projets ont été retenus pour répondre aux défis sécuritaires, démographiques, économiques et sociaux. La 1ère Assemblée générale de l’Alliance Sahel, tenue à Nouakchott, le 25 février 2020, en marge du Sommet du G5 Sahel, a adopté des conclusions sur le renforcement de la coordination des membres dans les zones fragiles, l’opérationnalisation des mécanismes de financement et le renforcement du dialogue avec le G5 Sahel, pays du G5 et le SEG. L’Alliance Sahel a pour porte-paroles, au Mali, la Banque mondiale et les Pays-Bas. Dans notre pays, les projets labellisés Alliance Sahel sont le Programme Jeunesse et stabilisation (dans les Régions de Mopti et Ségou pour 5 millions d’euros, environ 3,280 milliards de Fcfa), le Relèvement et stabilisation économique de Konna pour 26 millions d’euros, (environ 17,056 milliards de Fcfa(, le Programme d’adduction d’eau potable dans la Région de Mopti achevé et financé à hauteur de 11,3 millions d’euros, (environ 7,412 milliards de Fcfa), le Projet Jeunes et paix financé à hauteur de 3 millions d’euros, environ 1,968 milliard de Fcfa), le Projet Trois Frontières pour la stabilisation de la zone du Liptako Gourma, avec un budget de 55,5 millions d’euros soit 36,408 milliards de sur une durée estimée à 5 ans ( 2019-2024). Pour sa part, le ministre d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Son Altesse Sheikh Shakhbout Bin Nahyan Al-Nahyan, a déclaré, à sa sortie d’audience, avoir échangé avec le président Bah N’Daw sur divers aspects de la coopération entre les EAU et le Mali, notamment les questions relatives au G5 Sahel, à la sécurité et la stabilité dans la sous région du Sahel. Les Émirats arabes unis, pays pétrolier du Golfe persique entretient une coopération diversifiée avec le Mali. Dans le domaine sécuritaire, Abu Dhabi apporte un appui matériel aux Forces armées maliennes (FAMa), notamment des équipements militaires divers comme des véhicules légers blindés. MC/MD (AMAP)
Le président de la Transition Bah N’Daw au Tchad : Hommages du Mali aux soldats martyrs
Envoyé spécial Moriba COULIBALY N’Djaména, 14 fév (AMAP) Le président tchadien, le maréchal Idriss Deby Itno, a inauguré dimanche, à N’Djaména, à la place de la Nation, le monument aux Martyrs dédié à tous les soldats morts sur les différents théâtres d’opérations militaires. Le maréchal Itno a d’abord allumé la flamme, avant de déposer une gerbe de fleurs, en hommage à tous les soldats tchadiens et étrangers décédés sur les différents fronts militaires. Bien chronometer, le cérémonial n’a pas duré plus d’une dizaine de minutes. Après son geste, la fanfare de l’état major général des Armées a exécuté la sonnerie aux morts avant d’enchaîner avec l’hymne national du Tchad. Le maréchal Idriss Deby Itno s’est incliné, en hommage aux valeureux soldats tués au front. Le commandant des Troupes a annoncé au maréchal la fin de la cérémonie. Le cortège a seulement contourné la place de la Nation pour rentrer au Palais présidentiel. À la suite d’Idriss Deby Itno, le président de la Transition Bah N’Daw, à son tour, a sacrifié à cette tradition à la place de la Nation. À son arrivée, le commandant des Troupes lui a expliqué le déroulé de la cérémonie. Ainsi, accompagné, en arrière plan, par les ministres de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant colonel Abdoulaye Maïga, des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye, de l’Economie et des Finances, Alhousseini Sanou, le président Bah N’Daw s’est dirigé vers le monument dédié aux soldats tombés au champ d’honneur. Il a déposé une gerbe de fleurs à côté de celle du président tchadien. Après son geste, la fanfare de l’état major général des Armées a exécuté la sonnerie aux morts et l’hymne national du Tchad. Ainsi, le président Bah N’Daw a été la deuxième personnalité de haut rang à ouvrir le bal de dépôt des gerbes de fleurs, quelques minutes seulement après son inauguration par le président tchadien Idriss Deby Itno. Après cette cérémonie, le président de la Transition Bah N’Daw a été immédiatement reçu en audience par le président tchadien Idriss Deby Itno au Palais présidentiel de N’Djaména. Les deux chefs d’État ont fait un large tour d’horizon de la coopération bilatérale entre les deux pays. La sécurité est le sujet qui préoccupe tous les dirigeants des pays membres du G5 Sahel avec la tenue, demain, du sommet de N’Djamena. Le président français Emmanuel Macron n’y prendra pas part en raison de la fermeture des frontières de la France à tous les pays non européens, selon certaines sources citant l’Élysée. Le sommet du G5 Sahel à N’Djamena offrira l’occasion au président en exercice sortant, le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, de présenter son rapport sur l’évaluation du Sommet de Pau qui s’est tenu il y a un peu plus d’un an. Aux côtés des chefs d’État des pays membres du G5 Sahel, prendront part quelques pays invités, l’Union africaine (UA) et les partenaires techniques et financiers. Le nouveau format de l’intervention de la force Barkhane, le renforcement des capacités techniques et militaires des Armées des pays du G5 Sahel, la mutualisation des efforts pour annihiler les capacités de nuisance des groupes armés terroristes et djihadistes seront au menu des travaux des chefs d’État. Ces travaux, qui se tiendront à huis clos, seront sanctionnés par un communiqué final qui sera signé par les chefs d’État. Le président tchadien Idriss Deby Itno présidera l’organisation pour un mandat d’un an.
Tournée régionale du président de la Transition : Bah N’Daw consulte ses pairs du Niger et du Burkina Faso
Par Moriba COULIBALY Envoyé spécial N’djaména, 13 fév (AMAP) Après Nouakchott, jeudi, le président de la Transition Bah N’Daw a poursuivi, vendredi et samedi sa tournée régionale de prise de contact avec ses pairs des pays membres du G5 Sahel, notamment le Niger et le Burkina Faso. A Niamey et Ouagadougou, le président de la Transition Bah N’Daw a eu des entretiens avec les présidents Mahamadou Issoufou du Niger et Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso. Au cours de déjeuners en tête-à-tête qu’il a eus avec ses homologues, le président de la Transition a échangé sur des sujets communs de coopération bilatérale et de développement entre ces États et le Mali Et tout naturellement, la coopération sécuritaire est un sujet de préoccupation majeure pour ces pays. À l’issue des échanges, les chefs d’Etat ont réaffirmé leur volonté d’unir leurs forces pour faire face à la menace terroriste qui continue d’endeuiller les pays du G5 Sahel et, notamment, le triangle formé par le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Ces trois pays sont en proie aux violences quotidiennes des groupes armés terroristes et djihadistes. Pour endiguer cette violence, les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) doivent réaffirmer leur coopération militaire et sécuritaire avec la Force conjointe G5 Sahel, la Force Barkhane et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) pour le cas du Mali. Le président de la Transition, Bah N’Daw, et sa délégation comprenant trois ministres (le colonel Sadio Camara de la Défense et des Anciens combattants, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et Zeïni Moulaye des Affaires étrangères et de la Coopération internationale) sont arrivés, samedi soir, à N’Djaména. Il a eu le soutien de ses pairs du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger, pour défendre une position commune des États confrontés à la menace terroriste. Avant la tenue du sommet du G5 Sahel à N’Djamena, lundi et mardi, le président Bah N’Daw échangera avec le président tchadien, le maréchal Idriss Deby Itno, sur la position commune des trois chefs d’État consultés. Le président nigérien, Mahamadou Issoufou, a réaffirmé la volonté de son pays de renforcer davantage la coopération militaire et sécuritaire entre nos deux pays. Même disponibilité à Ouagadougou samedi, où les chefs de la diplomatie, Alpha Barry du Burkina Faso et Zeïni Moulaye du Mali ont, aussi, réaffirmé la volonté des deux chefs d’État de renforcer la coopération bilatérale dans tous les domaines, notamment au plan sécuritaire. Le ministre burkinabé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Alpha Barry, a annoncé que le sommet de N’Djamena va examiner la feuille de route du Sommet de Pau (France) pour consolider davantage les engagements des États africains concernés et la France.
Mali: Les gendarmes repoussent une attaque à Macina (Centre)
Macina, 13 fév (AMAP) Une attaque par des individus lourdement armés est survenue, dans la nuit du vendredi, vers 23 heures sur l’axe Ségou-Macina, dans le Centre du Mali, a appris l’AMAP de source sécuritaire. Les assaillants étaient à bord de deux véhicules équipés de fusils d’assaut et sur plusieurs motos. Après les échanges de tirs, les assaillants ont pris la fuite face une vigoureuse riposte des forces de sécurité nationales qui les a mis en déroute. Les fuyards ont laissé derrière eux le corps d’un des leurs. Les bandits ont abandonné, aussi, des armes. Un téléphone a été retrouvé dans la poche du terroriste tué. Du côté des forces de sécurité, on a enregistré deux blessés légers. Les autorités administratives et politiques se sont rendues faire sur le lieu de l’attaque pour apporter leur soutien aux forces de sécurité. Les enquêtes sont en cours pour retrouver les bandits en fuite. AOK/MD (AMAP)
Journée internationale de la radio : Au service du développement économique local de Diéma (Ouest)
Par Ouka BA Diéma, 13 fév (AMAP) De nos jours, la radio, dont c’est la Journée internationale aujourd’hui, constitue l’un des canaux de communication le plus fiable, le plus sollicité, surtout en milieu rural, dans une zone comme Diéma, dans l’Oest du Mali. Ici, on entend souvent : « C’est la radio qui a dit…».Tout ce qui est diffusé par la radio devient crédible. Si certains apprécient ce médium, d’autres, par contre, n’y sont pas favorables. Pour eux, « parole de radio n’est pas argent comptant » (Radio la kouma don… ) Informer et inviter vos parents, vos proches, vos amis, à un évènement social, par la radio, certains conservateurs y verront un manque de respect à leur égard. Ceux-ci exigent de vous, de vous déplacer, pour transmettre l’information. Quoi qu’on en dise, la radio contribue au développement économique local, à travers des messages d’information, de sensibilisation, d’éducation et par la promotion des loisirs. Si bien qu’aujourd’hui, on a tendance à délaisser les crieurs publics, dont la portée des informations, semble-t-il, n’atteint pas une plus large cible. En toutes circonstances, on fait recours à la radio : cérémonies de baptême, de mariage, de décès ou autres évènements sociaux. Les radios sont à l’œuvre, lors des journées nationales de vaccination. Elles diffusent constamment des spots, organisent des tables-rondes. Il en est de même dans le cadre de la prévention et la lutte contre le Coronavirus ou toute autre calamité affectant les communautés. Pour certaines rencontres officielles, on passe souvent par les radios pour informer les acteurs. Il en va ainsi des avis de perte, des cas de vol de bétails qui sont relayés par les antennes. Aux dires de plusieurs personnes, les radios participent véritablement au changement de comportements. Dans le Cercle de Diéma, on dénombre près d’une dizaine de radios dont Jamana implantée depuis 1999, émettant sur un rayon de 100 km, première radio du cercle, la radio Lalama de Farambouné, la radio Kingui de Béma, les radios Kaarta FM et rurale de Lambidou, la radio Benkande Diangounté Camara, la radio de Dioumara, Raboua FM de Diéma qui diffuse, principalement, des émissions religieuses, la radio Sangha de Lakamané. Ces différentes radios, disposent de programmes constitués, principalement, de messages d’information et de sensibilisation. Les radios du Cercle de Diéma volent de leurs propres ailes. Elles ne reçoivent de la part de l’Etat, ni de partenaires, aucun fonds pour fonctionner correctement. La plupart d’entre elles, ont des difficultés pour assurer le paiement correct des salaires de leurs agents. Le directeur de la Radio Jamana de Diéma, Souleymane Diarra, également représentant de l’Union des radios et télévisions libres (URTEL), évoque quelques difficultés majeures des radios, notamment l’arrêt de la formation du personnel et l’insuffisance d’équipements pour produire les missions. Sa radio entretient depuis des années un partenariat avec les ONG de la place. Le Conseil de Cercle et plusieurs services techniques la sollicitent. Joint par téléphone, le maire de la Commune rurale de Lambidou, Mamadou Coulibaly, apprécie le concours de radios. « Dès qu’une station donne l’information sur un vol d’animaux, tout le monde se mobilise », se réjouit le maire qui se dit prêt à accompagner les sataions pour un meilleur développement de sa commune. Dianguina Diawara, notable à Kassé-kara signale que la radio Jamana de Diéma et la radio Kingui de Béma, sont beaucoup écoutées par les populations de la localité. Par contre, il signale les auditeurs reçoivent « faiblement la radio de Troungoumbé, dans le Cercle de Nioro du Sahel, à cause de la distance ». Souleymane Konaté est 1er adjoint au maire de la Commune urbaine de Fatao. L’élu a laissé entendre que la mairie compte, avec le soutien de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT), créer une radio à Fatao. La radio Lalama de Farambouné est dirigée par Abdoul Salam Boune, qui explique que les maigres recettes générées par la diffusion des avis et communiqués permettent à sa statio de ne pas sombrer. « Notre radio vit, au jour le jour. Nous ne disposons pas d’assez de moyens », dit-il, un peu déçu. Diédi Macoulmack, vendeur de foin, explique qu’un jour, lorsque le seul âne qui transportait sa marchandise s’est s’échappé, c’est grâce à la radio, qu’il a pu retrouver sa bête. « Sinon, affirme-t-il, mon commerce allait s’effriter ». « Notre père n’aime pas regarder la télé. Il a toujours son petit transistor collé à l’oreille. Il dort souvent laissant l’appareil ronronner. Il connaît, sur le bout des doigts, les émissions qui passent à la radio Jamana », déclare Bourama Konaté, le bourrelier. Diatourou Kébé, domicilié à Madiga Sacko. « On capte la radio Jamana de Diéma pour nos besoins d’information et de communication, pour le moment », dit-il. L’homme regrette l’absence de réseaux de teléphonie mobile dans la Commune de Madiga Sacko. Et Kébé de poursuivre : « Actuellement, les travaux d’implantation du réseau d’un opérateur sont en cours. Une fois installé, tous les villages de notre commune seront connectés ». Il explique que l’an passé, lorsque ses bœufs de labour ont disparu, il a envoyé immédiatement le communiqué à la radio. « Dieu faisant bien les choses, le même jour, ils ont été retrouvés et ramenés sains et saufs », a dit Kébé. Modibo Sissoko, 1er adjoint au maire de Gomitra, affirme que sa commune reçoit à peine des informations de la radio de Dioumara dont la portée est faible. « La mairie de Gomitra, déclare-t-il, est à la recherche de financement pour l’implantation d’une radio dans la commune ». Selon lui, l’absence de radios dans certaines localités a contribué à aggraver, ces derniers temps, l’insécurité dans le Cercle de Diéma. L’année dernière, plusieurs bœufs de Samba Diagouraga, fils du chef de village de Souranguédou Santié, se sont égarés en brousse. Aussitôt après la diffusion de l’avis de perte à la radio Jamana, il a reçu les nouvelles de ses animaux. Selon Mamadou Mah Sissoko, chef sous-secteur Agriculture de Dioumara, en matière d’information, aucun réseau ne peut remplacer la radio. La radio profite plus aux producteurs agricoles qu’à n’importe qui. « C’est, poursuit le technicien, à travers la radio que les paysans s’informent sur le
