Mali : Le président Bah N’Daw et le Premier ministre Moctar Ouane ont démissionné

Bamako, 26 mai (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, et le Premier ministre, Moctar Ouane, ont présenté leur démission, mercredi, selon un proche du vice-président, Assimi Goïta. « Les négociations sont en cours pour leur libération et la formation d’un nouveau gouvernement », ajoute la même source. Des sources militaires et diplomatiques, sans donner d’autres détails, ont rapporté également l’information confirmant des négociations en cours pour la libération des personnes arrêtées et la formation d’un nouveau gouvernement. Un conseiller spécial du vice-président avait lu, mardi, à la télévision nationale un communiqué indiquant que le président de la transition et le Premier ministre ont été mis hors « de leurs prérogatives » par le colonel Assimi Goïta. La déclaration du colonel Goita est intervenue après l’arrestation et le transport, lundi, au camp de Kati, de Bah N’Daw et de Moctar Ouane, à la suite de la publication de la liste du nouveau gouvernement de la Transition. Dès mardi, une délégation de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avec à sa tête l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, est arrivée à Bamako. Leur mission est de trouver une issue rapide à la crise. La délégation sous-régionale a rencontré les autorités militaires de Kati. Elle devait, aussi, entrer en contact avec le président N’Daw et le Premier ministre Ouane. Dès lundi soir, les premières réactions sont venues, notamment de la communauté internationale. Dans un communiqué publié lundi, la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a appelé au « calme » ,tout en exigeant « la libération immédiate du président et du Premier ministre ». La mission onusienne a indiqué suivre « avec attention les événements » et rester « engagée en appui à la Transition ». Bah N’Daw et Moctar Ouane ont été arrêtés le lundi 24 mai par des militaires peu après la publication de la liste du nouveau gouvernement et détenus, depuis, au camp militaire de Kati, sur les hauteurs de Bamako. La démission du président de la transition et du Premier ministre, si elle vient à se confirmer, plongera le Mali dans une crise à l’issue incertaine. Le colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, a prêté serment le 25 septembre 2020 quelques jours après sa désignation par un collège. MT/MD (AMAP)  

Mali : L’UNTM suspend son mot d’ordre de grève

Bamako, 25 mai (AMAP) L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) suspend son mot d’ordre de grève du lundi 24 mai au vendredi 28 mai 2021 et illimitée à partir du 28 mai, annonce la centrale syndicale dans un communiqué publié mardi. Par cette décision, intervenue à la suite d’une réunion de la centrale et ses partenaires syndicaux, le même jour, à la Bourse du travail, l’UNTM invite « les camarades à reprendre le travail » dès le mercredi 26 mai 2021, Ce qui signifie la suspension d’une grève générale qui a paralysé le Mali depuis la semaine dernière. Dans son communiqué, l’UNTM évoque « l’absence d’interlocuteurs fiables devant la nécessité de la concertation, du dialogue social pour la confiance, renforcer la paix sociale, avoir une conversation et la cohésion des opinions dans le traitement des revendications et des accords conclus avec le gouvernement ». La centrale annonce, également, « la poursuite de la discussion autour de tout mécanisme susceptible de déboucher sur la résolution définitive et diligente du traitement des revendications et l’application des accords conclus » avec le gouvernement ». MT/MD (AMAP)

Communiqué du vice-président de la Transition

Le commandant Baba Cissé, conseiller spécial du vice-président de la Transition, Assimi Goïta, a lu le communiqué ci-dessous, ce mardi 25 mai, à la télévision nationale. « Suite à une crise de plusieurs mois au plan national prenant en compte des grèves et manifestations diverses des acteurs sociaux et politiques, le gouvernement dirigé par Monsieur Moctar OUANE, s’est montré incapable de constituer un interlocuteur fiable, susceptible de mobiliser la confiance des partenaires sociaux. Dans la foulée et de façon unilatérale, le président de la Transition a accepté la démission du gouvernement et reconduit immédiatement le Premier ministre avec pour mandat d’aller å la formation d’un nouveau gouvernement. La conséquence a été une consternation générale marquée par la persistance des grèves de l’Union nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), dont l’issue est finalement une grève illimitée. Cet état de fait constitue une véritable asphyxie de l’économie malienne et partant, la garantie d’une instabilité aux conséquences incommensurables. Dans les démarches de constitution d’un nouveau gouvernement le Premier ministre nouvellement reconduit a établi une liste de gouvernement, en accord avec le président de la Transition, sans concertation avec le vice-président en charge des prérogatives à lui conférées par la charte à savoir, la Défense et la Sécurité. Une telle démarche témoigne d’une volonté manifeste du président de la Transition et du Premier ministre d’aller vers une violation de la Charte de transition, contrairement au serment prêté lors de son investiture le 25 septembre 2020. Une intention avérée de sabotage de la Transition. Nonobstant les interpellations et négociations diverses engagées par le vice-président auprès des chefs d’Etat de la sous-région et de certaines chancelleries présentes au Mali en vue d’amener le Président de la transition et le premier ministre à respecter les prescriptions de la charte de transition, ceux-ci sont malheureusement  restés persistants dans leur posture. Ainsi, de par le serment prêté en même temps que le président de la transition et tenu par l’engagement patriotique pris devant le peuple malien ainsi que devant les forces de défense et de sécurité, le vice-président de la transition, s’est vu dans l’obligation d’agir pour préserver la Charte de la transition et de défendre la République  en vue  de mettre hors de leurs prérogatives le Président et son Premier ministre ainsi que toutes les personnes impliquées dans la situation. En cette circonstance, le Vice-Président de la Transition invite les populations à vaquer librement à leurs occupations et les rassure de l’engagement indéfectible des Forces armées de défense et de sécurité, à préserver l’intérêt supérieur du Peuple malien, conformément à l’esprit et à la lettre de la Charte de transition. Au demeurant, le Vice-Président de la Transition tient à préciser que le processus de Transition suit son cours normal et que les élections prévues se tiendront courant 2022″. Fait à Bamako, le 25 mai 2021

Mali: Des militaires arrêtent le président et le Premier ministre 

Bamako, 24 mai (AMAP) Des militaires maliens mécontents du nouveau gouvernement annoncé, lundi, par les autorités de transition ont conduit de force le président et le Premier ministre, le même jour, au camp militaire de Kati, à 15 kilomètres de Bamako, la capitale. Peu après l’annonce du remaniement ministériel, des hommes en armes se sont rendus au domicile du Premier ministre, Moctar Ouane. Le chef du gouvernement a pu  joindre au téléphone nos confrères de l’Agence France presse (AFP) et signalé la présence d’hommes armés chez lui « en train de le conduire chez le président de la Transition ». D’après un proche du chef du gouvernement, le Premier ministre et le président de la Transition ont été conduits à Kati. Une ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de la capitale est l’ancien fief de l’ex-junte. Cette localité sur les hauteurs de Bamako a été l’épicentre de tous les coups de force récents au Mali. La ville de Bamako est restée plutôt calme vers 21h, heures locales et GMT. La circulation est normale. Et la télévision nationale, en service minimum, en raison d’une grève de cinq jours de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la plus grande centrale syndicale, a même rediffusé, dans la nuit, le communiqué officiel annonçant la liste des membres du gouvernement. Des militaires, membres de la junte auteur du coup d’Etat d’août 2020 sont mécontents du remaniement qui a vu deux des leurs quitter les ministères de la Sécurité et de la Défense. Selon certaines sources, les militaires exigeraient la dissolution du nouveau gouvernement, la démission du Premier ministre Moctar Ouane, la nomination d’un nouveau Premier ministre qui formera un nouveau gouvernement dans 72 heures. Depuis plusieurs jours, des rumeurs, ici, ont fait état de ce grogne. Et même de l’arrestation du président Bah N’Daw, de retour jeudi de Paris, en France, où il a participé au sommet sur le financement des économies africaines. Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la crise malienne et ex-président nigérian, Goodluck Jonathan, est attendu mardi dans la capitale malienne. Dans un communiqué conjoint, face à la situation au Mali marquée par l’arrestation du Président de la transition, du Premier ministre et de certains de leurs collaborateurs », le Comité local de suivi de la transition exige « la libération immédiate et inconditionnelle des autorités » arrêtées et souligne « que les éléments militaires qui les détiennent seront tenus personnellement responsables de leur sécurité ». Ce comité composé de la CEDEAO, de l’Union africaine (UA) et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), avec des membres de la communauté internationale, y compris la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne (UE), « condamnent fermement la tentative de coup de force survenue à la suite de la publication du décret portant nomination des membres du gouvernement par le Président de la transition sur proposition du Premier ministre » Les membres du comité « réaffirment leur ferme soutien aux autorités de la transition et demandent que la transition reprenne son cours pour se conclure dans les délais prévus ». « La communauté internationale rejette par avance tout acte imposé par la contrainte, y compris des démissions forcées », insiste le comité. Le Comité local de suivi de la transition exprime « sa profonde préoccupation » et  souligne que  « l’action inconsidérée conduite, ce jour, porte en elle le risque d’un affaiblissement de la mobilisation de la communauté internationale en faveur du Mali ». Les membres du comité local de suivi de la transition au Mali « se félicitent de l’annonce de la venue demain (Ndlr, mardi) de la délégation de la CEDEAO » et demandent à tous les acteurs concernés d’apporter « leur pleine coopération aux efforts déployés en vue de la reprise immédiate du cours normal de la transition ». MD (AMAP)        

Mali : La liste complète du nouveau gouvernement

Bamako, 24 mai (AMAP) Longtemps attendue, la liste du nouveau gouvernement est tombée, ce lundi 24 mai. Sur proposition du Premier ministre, le chef de l’État a signé le décret de nomination des membres du gouvernement. La nouvelle équipe est composée de 25 ministres dont voici la liste complète: Ministre de la Défense et des anciens combattants Général de Brigade Souleymane DOUCOURE Ministre de la Promotion de la Bonne Gouvernance, Chargé des Relations avec les Institutions : Maître Harouna TOUREH Ministre de la Sécurité et de la Protection civile : Général de Division Mamadou Lamine BALLO Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits humains : Monsieur Boubacar Sidiki SAMAKE Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation : Lieutenant-Colonel Abdoulaye MAIGA Ministre de l’Economie et des Finances : Monsieur Dionké DIARRA Ministre des Affaires foncières, de l’Urbanisme ct de l’Habitat : Monsieur Hamza Ahmadou CISSE Ministre de la Réconciliation nationale : Colonel-major Ismaël WAGUE Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : Monsieur Zéini MOULAYE Ministre de la Santé et du Développement social : Docteur Fanta SIBY Ministre des Transports et des Infrastructures : Madame Assian SINFA Ministre de l’Industrie du Commerce et de la Promotion des Investissements : Monsieur Harouna NIANG Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme : Madame Kadiatou KONARE Ministre de l’Agiculture, de l’Elevage et de la Pêche : Monsieur Mahmoud OULD MOHAMED Ministre l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Professeur Doulaye KONATE Ministre de l’Education nationale : Madame DIAWARA Aoua Paul DIALLO Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Fonction publique : Monsieur Abdel Kader SIDIBE Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau : Monsieur Djibril TALL Ministre de la Jeunesse et des Sports : Monsieur Mossa AG ATTAHER Ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine : Monsieur Youba BA Ministre de la Communication et de l’Economie numérique : Monsieur Alhamdou AG ILYENE Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille : Madame TOGO Marie Yagalé TOGO Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable : Monsieur Mohamed AG AKERATANE Ministre de la Formation professionnelle et de la Construction citoyenne : Monsieur Mohamed Salia TOURE Ministre des Affaires religieuses et du Culte : Docteur Mahamadou KONE

Mali : Une nouvelle grève de cinq jours à partir de lundi (Centrale syndicale)

Bamako, 21 mai (AMAP) L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) annonce une nouvelle grève, à partir de lundi prochain, pour cinq autres jours, au terme de la première phase de débrayage de cinq jours observée par la plus grande centrale syndicale et ses partenaires et qui prend fin ce vendredi à minuit. Dans un communiqué publie, vendredi, sur les réseaux sociaux, le Bureau exécutif de l’UNTM et ses partenaires syndicaux ont regretté l’absence de propositions de sortie de crise de la part du gouvernement et du Patronat du Mali. Selon le communiqué, ces derniers “n’ont manifesté aucun intérêt pour la mise en œuvre des mesures de poursuite et de renforcement du dialogue social proposées par la délégation syndicale de négociation”. Par conséquent, l’UNTM a décidé d’exécuter la deuxième phase de sa grève qui débute du lundi prochain au vendredi 28 mai 2021. Le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, a indiqué que le bilan global de suivi de la première phase de la grève “est de 98 % dans les Régions et de 96 % dans le District de Bamako”. Les leaders de la centrale syndicale ont salué la « mobilisation grandiose” des militants. MD/MD (AMAP)

Mali : Entretien entre le chef de l’État et son Premier ministre sur le nouveau gouvernement et le front social

Bamako, 21 mai (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a eu, tôt vendredi, un entretien avec son Premier ministre, Moctar Ouane, sur les sujets brûlants de l’heure, en l’occurrence la formation du nouveau gouvernement très attendu par les Maliens, annonce la présidence de la République. Le chef de l’Etat, aussitôt rentré de Paris où il a pris part au Sommet sur le financement des économies africaines et le Premier ministre “ont évoqué le front social marqué depuis lundi par la grève générale observée par l’Union nationale de travailleurs du Mali (UNTM)”, ajoute la même source. L’objectif de ces échanges est de sortir de cette situation “rapidement et de réorienter la gouvernance sur les priorités assignées à la Transition”. Le Président de la Transition a initié, depuis quelques semaines, un cadre d’échanges avec les forces vives de la Nation, notamment les religieux, la classe politique, la société civile. “Cette série de consultation se poursuit en vue d’harmoniser les réflexions et réaliser une unité d’actions bâtie sur l’inclusivité”, indique la présidence de la République. MD (AMAP)

Bah N’Daw annonce la réouverture très prochaine du consulat de Paris

Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 20 mai (AMAP) Le consulat du Mali à Paris, saccagé par des ressortissants maliens, le 19 février 2021, rouvrira ses portes, dans deux semaines, a annoncé le président de la transition Bah N’Daw, mercredi, dans la capitale française où il a participé au Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu, mardi. Au cours d’une rencontre avec la communauté malienne de France dont les représentants ont évoqué le sujet brûlant de l’obtention des documents administratifs, encore crucial, pour nos compatriotes, le président de la transition a indiqué avoir entendu la question. « J’ai aussi compris à quel point le problème vous pèse. Je ferai ma part du travail après m’être informé. Sans quoi, je mentirai en prenant des engagements », a promis le chef de l’Etat, faisant noter que la situation générale de notre pays « est de notre fait à nous tous, y compris moi-même ». Pour lui, nous avons oublié « un peu ce que nous sommes, l’honneur et la dignité de ce pays, d’où le lourd fardeau de nos difficultés actuelles et notre retard sur beaucoup d’autres pays ». « Que nous ont enseigné nos anciens ? Savoir d’où nous venons est le meilleur des savoirs ». C’est pour cela, il a demandé le retour à certains principes piliers de notre culture dont le respect qui est le début de la connaissance de soi. Ce qu’il résume en : «Je ne dois pas dire cela, je ne dois pas faire cela, je ne dois pas être en ce lieu. Je fais ce que je dis parce si on attache le noble avec une corde, il peut la couper mais si on l’attache avec le fil de la confiance, il ne le coupera jamais ». Bah N’Daw a noté la bonne appréciation du service consulaire par les Maliens de France. « Dans vos propos j’ai relevé vos bonnes appréciations des services que vous rend le consulat. J’ajoute à cela les miennes pour dire que j’ai entendu, vu et compris. En votre nom, je félicite aussi nos services consulaires. Ils sont là pour vous. Et quand vous êtes satisfaits de leur travail, ils auront rempli leurs rôles », a dit Bah N’Daw. « Nous sommes là pour le service de nos concitoyens. Nous sommes là pour vous parce que s’il y a un chef, c’est parce qu’il y a des peuples. Nous agissons en direction de votre satisfaction », a-t-il ajouté. Auparavant, le président N’Daw a rendu grâce à Dieu pour ces retrouvailles qu’il n’avait pas pu honorer lors de son précédent séjour en France. Pour cela, il a réitéré ses excuses et demander, encore une fois, le pardon de nos compatriotes. « Ce n’est pas par manque d’égards pour vous mais chaque cours d’eau suit sa voie », a-t-il dit. Le ministre conseiller, Abdallah Ag Hama, qui a introduit les échanges, a rappelé les revendications de nos compatriotes de France pour la suppression du NINA comme pièce du dossier de demande du passeport et la correction des erreurs sur le NINA. Il a rappelé le saccage, en février 2021 du Consulat malien de Paris qui n’a pas empêché la délivrance de documents consulaires, notamment ceux urgents relatifs à l’évacuation de corps. « La mission diplomatique et la communauté malienne de France entretiennent une synergie qui alimente nos actions au service des usagers », a dit Ag Hama. Selon lui, les pourparlers ont permis d’apaiser le climat social. Ce que confirment des Maliens de France qui ne pensent que du bien du travail consulaire, à l’instar de Demba Diabira qui s’est dit « heureux de pouvoir discuter en famille des problèmes de la communauté et de parler du Mali », avec le président de la transition. « C’est vrai, au Mali dont la situation actuelle est difficile, tout est urgent. Malgré les difficultés, nous travaillons avec la Mission diplomatique dans un climat de dialogue non interrompu, notamment avec le Consulat de Lyon », a dit M. Diabira. Pour sa part, Sadio Diakité, a estimé que « la solution pour l’obtention de documents administratifs est une urgence à un problème très ancien », depuis la carte consulaire, et aggravé par la fermeture du consulat malien de Paris, le 19 février 2021. Une conséquence de cette situation douloureuse est le non renouvellement ou la non délivrance de titre de séjour pour beaucoup de Maliens. Pour Idrissa Sylla, une session exceptionnelle de correction des fiches NINA pour les cas litigieux serait une solution à un problème dont le règlement est le souci commun de tous les Maliens. « Tous, nous avons le même souci parce que nous connaissons tous les conséquences de cette situation (pertes d’emplois, divorces, déscolarisation des enfants…) », a ajouté Moussa Nomoko, représentant des associations musulmanes maliennes de France. Pour lui, il faut faire preuve de dépassement en se mettant au-dessus des considérations personnelles et se confier à Dieu et au président de la transition. D’ailleurs, Aly Sidibé, enseignant à l’Ecole de formation du Barreau de Paris, a fort utilement rappelé que le rapport d’une commission de réflexion sur les revendications de la communauté malienne concernant la question des documents administratifs a été envoyé aux différentes autorités (Ministres en charge des Maliens de l’Extérieur, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, des Affaires étrangères et de la Coopération internationale). Il a insisté sur ce rapport et ses propositions élaborés et les démarches menées à Bamako, « pour faire aboutir une solution pérenne et dont attend encore le retour ». Par rapport aux questions de sécurité, nos compatriotes de France s’inquiètent de la propagation de la violence sur l’ensemble du territoire du Mali. « C’est une préoccupation majeure et une demande supplémentaire que l’insécurité concerne toutes les régions du pays », a dit Modibo Guindo, s’adressant au président Bah N’Daw. Le président a conseillé « une recomposition de la famille sociale à nos compatriotes là où ils se trouvent, en dehors du Mali, à l’union, la compassion et l’union » « Toutes nos difficultés sont passagères. Seule la puissance de Dieu est éternelle », at- dit, en guise de sagesse. MD (AMAP)  

Bah N’Daw à Paris : Une journée diplomatique remplie

Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 19 mai (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw a eu, mercredi, à  Paris, une série de rencontres, après avoir participé, au Sommet sur le financement des économies africaines, qui s’est tenu, mardi, dans la capitale française. Bah N’Daw s’est d’abord entretenu, dans la matinée, avec l’ancien Premier ministre britannique, Anthony Charles Lynton Blair dit Tony Blair, fondateur et directeur exécutif de l’Institut Tony Blair. M. Blair, qui rendait une visite de courtoisie au président de la transition, s’est dit satisfait de la collaboration entre le Mali et l’institut portant son nom. En effet, cette structure fournit un appui technique pour l’organisation des prochaines élections au Mali. Avec le Chef de l’État malien, Tony Blair a abordé la question de l’enrôlement des électeurs et la lutte contre la COVID-19 dans le cadre de laquelle, l’Institut Tony Blair propose d’aider notre pays dans l’établissement d’une cartographie des personnes vaccinées. Avec son homologue de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, président en exercice de l’Union africaine (UA), Bah N’Daw a, surtout, abordé, au cours d’un tête-à-tête, la coopération bilatérale entre Bamako et Kinshasa et des questions africaines. De retour à son hôtel, le président N’Daw a reçu le Premier ministre du Soudan, Abdallah Hamdok, qui lui a rendu une visite de courtoisie au cours de laquelle les deux personnalités ont évoqué la nécessite d’intensifier la coopération bilatérale. « Je ne pouvais pas être à Paris et ne pas venir saluer le président  N’Daw. Le Soudan et le Mali ont eu beaucoup de choses en commun dont le même nom (Soudan français et Soudan anglais). Ils ont la même histoire démocratique et expérimentent deux pouvoirs de transition avec les mêmes défis », a indiqué  M. Hamdojk . Les relations séculaires très fortes entre le Mali et la Côte d’Ivoire, ont été au centre de l’entretien entre les présidents Alassane Dramane Ouattara et Bah N’Daw, a indiqué, dans une courte intervention devant la presse, le chef de l’Etat ivoirien « Le président m’a fait le grand honneur, l’amitié et la fraternité de venir me saluer. Je voudrais le remercier pour ce geste et lui réitérer ce que j’ai toujours dit, à savoir que le Mali est un pays frère de la Côte d’Ivoire, un pays pour lequel j’ai une estime particulière », a dit M. Ouattara Pour illustrer cette estime pour le Mali, il a rappelé que pendant la crise ivoirienne en 2002-2003, sa mère, ses sœurs et ses frères se sont réfugiés au Mali, « pendant plus de deux mois ». « Donc tout ce qui concerne le Mali, me concerne et concerne la Côte d’Ivoire », a-t-il signalé. « J’ai indiqué à Monsieur le président que nous continuerons de tout faire pour aider les Maliens, aider la transition et pour soutenir Monsieur le président de la transition », a-t-il fortement dit. Quant au président Bah N’Daw, il a simplement rappelé que « dans la tradition africaine », il se devait de venir rendre visite au président Ouattara « lui faire part de (ses) préoccupations et éventuellement de recueillir ses conseils d’aîné ». « Toute chose, qui du reste, a été bien compris. Et les réponses et les encouragements que j’ai reçues, comme vous pouvez le constater, me satisfont. Aussi, du fond du cœur, je ne peux que remercier le président pour cet accueil qui ne me surprend guère », a déclaré le chef de l’Etat malien. MD (AMAP)

Conférence de presse de fin de Sommet : De grandes ambitions annoncées pour l’Afrique

Moussa DIARRA Envoyé spécial Paris, 19 mai (AMAP) « Nous avons réussi à avancer », a déclaré, mardi, le président français Emmanuel Macron au terme du Sommet sur le financement des économies africaines qui s’est tenu au Grand Palais Éphémère, à Paris, qui a notamment examiné les décisions prises par la communauté internationale à propos d’une réallocation de Droits de tirage spéciaux (DTS). Lors de la conférence de presse de fin d’un sommet qui a duré plus de cinq heures M. Macron a, cependant, reconnu que tout ne peut être changé en un jour. « Nous sommes prêts à réallouer les Droits de tirage spéciaux dont la France sera dépositaire, de telle sorte à constituer un tour de table qui s’élève au moins à 100 milliards pour l’Afrique », a dit le chef de l’Etat français. Le président Macron est revenu sur les objectifs de ce sommet : apporter des réponses de court terme et lancer des dynamiques pour un « New Deal » pour l’Afrique. Il a promis de réaliser l’ambition  de récolter 100 milliards de dollars pour le continent africain. « C’est-à-dire que nous devons plus que tripler l’enveloppe naturelle de l’Afrique à l’occasion de cette émission de DTS. Donc, notre travail dans les prochaines semaines va être de convaincre les autres de faire le même taux d’efforts que la France à commencer par les États-Unis d’Amérique […] Je suis confiant […] Cela suppose une réallocation massive de la part de tous les pays les plus riches. La France sera à ce rendez-vous », a ajouté Emmanuel Macron. Le sommet a confirmé l’émission de DTS, à hauteur de 33 milliards de dollars pour l’Afrique dont 24 milliards pour l’Afrique subsaharienne. « C’est trop peu » et tous les participants sont d’accord sur ce constat. « L’Afrique ne restera pas à 33 milliards puisque plusieurs pays dont la France se sont engagés à réallouer leurs de droits de tirages spéciaux. Ce que nous avons dit c’est si les autres pays suivent ce que nous sommes prêts à faire, alors ça représentera 100 milliards de DTS. » Parfois abusivement considérés comme la monnaie du FMI, les DTS sont en fait une sorte de chèque convertible en dollars, distribué en proportion du poids spécifique des pays et de leur contribution aux ressources du FMI. Ces allocations sont exceptionnelles et pourront être prêter à taux zéro via le FMI. Ce dernier y a recouru à quatre reprises dans son histoire. La dernière fois, au lendemain de la crise financière de 2008. Un travail technique, qui sera lancés dans les prochaines semaines, devra aboutir à un accord politique entre le mois de juin et octobre. « C’est le moment d’agir », a insisté la directrice du Fonds monétaire international (FMI), la Bulgare Kristalina Gueorguieva. Sur la question de la dette, un autre point au menu des échanges, « nous avons également parlé de l’annulation ou de la restructuration de la dette. Cela dépendra, évidemment, je comprends bien, de l’attitude des bailleurs. Nous avons réussi à mettre ensemble grâce à cette conférence donc les États-Unis, la Chine et l’Union européenne qui sont tous d’accord à ce sujet de regarder dans quel sens nous pourrons obtenir cela », a indiqué Félix Tshisekedi, le président en exercice de l’Union africaine (UA). Beaucoup d’engagements ont été évoqués et doivent être mis en œuvre pour atteindre les objectifs fixés. La prochaine étape sera la réunion du G7, le 11 juin prochain. QUESTIONS SANITAIRES – Les participants à la conférence, qui a réuni une trentaine de dirigeants africains et européens, ainsi que des grandes organisations économiques internationales, ont promis d’aider le continent africain sur le plan sanitaire. Ils se sont prononcés en faveur de la levée des brevets afin de favoriser la production sur le continent et la vaccination massive. « Nous soutenons les transferts de technologie et un travail qui a été demandé à l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale du commerce et au Medicines Patent Pool (soutenu par l’ONU, ndlr) de lever toutes les contraintes en termes de propriété intellectuelle qui bloquent la production de quelque type de vaccins que ce soit », a déclaré le président français devant la presse à l’issue de la conférence. Produire les vaccins anti-Covid en Afrique-même est une idée séduisante compte tenu de la défiance qui pèse sur les remèdes produits hors du continent. Le président de la République démocratique du Congo (RDC) et président en exercice de l’UA, Félix Tshisekedi a souligné que l’enjeu était aussi de convaincre les populations, en contrant le « travail de sape des réseaux sociaux qui ont diabolisé la vaccination ». « Je crois que les Africains sont sensibles à ce genre de choses. Si le produit vient d’Afrique, et qu’ils le voient et qu’ils le sachent, je crois que cela aura un impact positif là-dessus », a-t-il ajouté. Le président sénégalais, Macky Sall, dont le pays est déjà engagé avec d’autres pour tenter de produire des vaccins anti-Covid d’ici 2022, a relevé que les campagnes de vaccination menées tambour battant dans les pays industrialisés ne garantissent « absolument pas la sécurité sanitaire ». Il a mis en garde contre le risque de développement en Afrique de « variants extrêmement résistants ». À plus brève échéance, les dirigeants présents se sont engagés à renforcer l’initiative Covax qui a permis à plusieurs pays africains de vacciner leur population… En accélérant le transfert des doses des pays développés avec pour objectif de passer de 20 à 40% de personnes vaccinés, d’ici la fin de l’année. L’Afrique fait figure de continent relativement épargné sur le plan sanitaire, avec 130 000 morts du Covid-19, selon les chiffres officiels, sur un total mondial de près de 3,4 millions. Mais elle paye un très lourd tribut économique et social, faute d’avoir pu comme les pays les plus riches lancer de pharaoniques plans de relance. La pandémie de Covid-19 a plongé l’an dernier le continent africain dans une récession sans précédent. Les pays africains ont besoin de financer leur relance, mais contrairement aux grandes puissances, ils n’ont pas les mêmes capacités. Le sommet de Paris est consacré à la relance de ces fragiles économies, à la question de leur