Mali : Baisse prévue du prix du ciment
Bamako, 25 juin (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et les acteurs du secteur du ciment ont convenu de ramener la tonne du ciment local à 95.000 Fcfa et 100.000 Fcfa pour le ciment importé, a appris l’AMAP, jeudi. À l’issue d’une rencontre avec les importateurs, unités industrielles et distributeurs, pour trouver des mécanismes de stabilisation du prix du ciment sur le marché national, la réunion a décidé de ramener le prix indicatif plafond du ciment local à 87.000 Fcfa la tonne pour les commerçants et 95.000 Fcfa la tonne pour les consommateurs. Concernant le ciment importé, la réunion a convenu qu’à partir de ce vendredi, la tonne sera vendue aux consommateurs à 100.000 Fcfa. « Le ministre, après les échanges avec les autorités sénégalaises, a pris l’engagement d’assurer l’approvisionnement correct du pays et la couverture du gap. Si cela est fait, à partir de lundi, le prix indicatif plafond du ciment importé reviendra aux consommateurs à 95.000 Fcfa», a annoncé le directeur général de la concurrence et du commerce, Boukadary Doumbia, qui a participé à la rencontre. Le prix du ciment, qui s’était envolé ces derniers jours, a amorcé une courbe descendante. De 5.250 Fcfa, le sac de 50 kg était vendu à 6.500 Fcfa, soit une augmentation de 1.250 Fcfa. « Depuis bientôt quatre mois, on a assisté à une augmentation du prix du ciment sans savoir réellement pourquoi », confirme Yacouba Kanté, vendeur à Kabala. Il dit se souvenir qu’il n’y a pas longtemps, le sac de ciment était vendu à 4.500 Fcfa. Le détaillant rejette la responsabilité de la hausse du prix sur les importateurs qui, selon lui, augmenteraient les prix sans explication. « Aujourd’hui, c’est tout le secteur de la construction qui se trouve affecté », confirme Ousmane Diarra, propriétaire d’un entrepôt de matériaux de construction. Selon lui, une nouvelle augmentation du prix du ciment n’est pas à écarter pour la simple raison que la demande est actuellement plus forte que l’offre. L’entrepreneur en BTP, Moussa Coulibaly, explique que « le Mali est, aujourd’hui, en chantier et la grande partie du ciment consommée sur le marché local est importée du Sénégal ou de la Cote d’Ivoire ». Sékouba Coulibaly est un grossiste en ciment. Les deux sociétés de production de ciment installées au Mali sont ses principaux fournisseurs (Ciments et Matériaux du Mali et Diamond Ciment). Il explique l’augmentation vertigineuse des prix, en grande partie, par la forte demande. Selon le grossiste, les coupures d’électricité intempestives ont impacté la capacité de production des usines de ciment au Mali. Concernant l’importation, M. Coulibaly a dit que le Sénégal et la Côte d’Ivoire font également face aux mêmes problèmes. «Il y a une baisse de production de ciment dans ces pays voisins. Ce qui a amené les autorités sénégalaises et ivoiriennes à prioriser les besoins nationaux. Du coup, nos commerçants ne peuvent pas avoir la quantité qu’ils souhaitent importer», souligne-t-il La flambée du prix du ciment a suscité la réaction de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA). « Le Mali a opté pour la liberté des prix et de concurrence. Cette situation permet aux opérateurs économiques de s’enrichir au détriment des consommateurs. Nous n’avons aucun moyen de faire pression, nous ne pouvons que dénoncer», a déploré Salimata Diarra, présidente de l’ASCOMA. OS/MD (AMAP)
Transition au Mali : Le ministre des Affaires étrangères plaide la solidarité de la communauté internationale
Bamako, 22 juin (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a invité, lundi, la communauté internationale à prendre la pleine mesure de la situation particulière du Mali plongé, depuis 2012, dans une crise multidimensionnelle. «Nos efforts doivent être concentrés sur la réussite de la Transition. Une levée des mesures de suspension et un engagement constructif avec les autorités de la Transition et l’ensemble des acteurs maliens y contribueront grandement», a dit M. Diop devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités au Mali. Tout en prenant acte de toutes les mesures prises contre le Mali, M. Diop a indiqué qu’il est important que la communauté internationale prenne la pleine mesure de la situation particulière malienne qui affecte, aujourd’hui, les pays du Sahel et même l’Europe. D’après lui, les sanctions ne peuvent que fragiliser davantage son pays et exposer encore plus la Région du Sahel. Selon lui, le Mali a plus besoin de la solidarité de la communauté internationale pour retrouver sa stabilité et non de sanctions qui ne feront que le fragiliser davantage. C’est pourquoi, il a plaidé la compréhension de la communauté internationale et une lecture plus réaliste et pragmatique des évènements du 25 mai 2021. Abdoulaye Diop a exprimé sa gratitude aux pays africains frères et à la communauté internationale pour les sacrifices consentis aux côtés du Mali. Mais également aux pays et organisations internationales, particulièrement, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour son accompagnement constant à travers ses sommets spécifiques consacrés à la situation du Mali. Selon le ministre Diop, suite à l’avènement de nouvelles autorités à la tête de la Transition, le sommet extraordinaires des chefs d’État de l’organisation, tenu à Accra le 30 mai, a suspendu le Mali. Mais, pour autant, la CEDEAO n’a pas abandonné le pays à son sort. Car, selon lui, au cours de ce sommet, elle a, non seulement, réaffirmé sa ferme volonté d’accompagner le processus de transition, mais aussi exhorté l’ensemble de ses partenaires à poursuivre leur soutien au Mali pour la réussite de la Transition. Le chef de la diplomatie malienne a, aussi, évoqué le dernier sommet de la CEDEAO tenu le 19 juin au cours duquel, elle a pris note de l’évolution positive de la situation au Mali, avec la nomination d’un Premier ministre civil et la formation d’un nouveau gouvernement. Il a souligné que dans le sillage de la CEDEAO, d’autres organisations ont décidé de suspendre le Mali de toutes les activités de leurs instances. ENGAGEMENTS – Abdoulaye Diop a réaffirmé la volonté inébranlable des autorités de la Transition à respecter tous les engagements pris ; à savoir l’organisation d’élections crédibles et transparentes aux échéances prévues, la mise en œuvre intelligente et efficiente de l’Accord pour la paix et la réconciliation, la mise en œuvre des reformes institutionnelles afin de doter le pays de structures de gouvernance crédibles. Et enfin, l’amélioration de la sécurité pour permettre le retour de l’administration sur l’ensemble du territoire. À l’issue de la rencontre, le ministre Abdoulaye Diop a indiqué qu’après sa nomination, une action de sa feuille de route assignée par le chef de l’État est, surtout, de faire en sorte que le Mali reprenne sa place sur la scène internationale et avoir un engagement constructif avec la communauté internationale. D’après lui, c’est de la solidarité de ces pays et de leur compréhension que le Mali a besoin. « Nous avons été très réconforté par les réponses reçues du corps diplomatique qui a indiqué qu’ils sont tous là avec le Mali, sont prêts à accompagner le Mali et qu’ils comprennent nos difficultés», s’est réjoui M. Diop, ajoutant que les diplomates souhaitent que les engagements pris soient respectés, qu’il y ait des actes posés par le gouvernement qui vont dans ce sens. «C’était l’occasion pour nous aussi de comprendre et de décrypter ce qui se passe au niveau de la communauté internationale et de pouvoir rapporter ces messages auprès du chef d’État et du Premier ministre pour que nous puissions cheminer ensemble», a conclu le chef de la diplomatie malienne. Pour sa part, le doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, Hassan Naciri, a signalé que la communauté internationale n’a, à aucun moment, abandonné le Mali. De son côté, Bart Ouvry, ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, a indiqué qu’il est très important de maintenir leur accompagnement à la Transition parce qu’ils reconnaissent la place centrale du Mali dans la stabilisation de tout le Sahel et de toute la zone de l’Afrique occidentale. D’après Bart Ouvry, les assurances données par le ministre sur l’organisation d’élections crédibles dans les échéances sont très importantes pour l’UE. C’est pourquoi, il lui a renouvelé l’engagement des Européens à soutenir l’organisation des futurs scrutins. DD/MD (AMAP)
Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo demande à divorcer de Simone
Bamako, 22 juin (AMAP) L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, de retour depuis jeudi dans son pays, après dix ans d’absence, a déposé lundi 21 juin au tribunal d’Abidjan une demande de divorce d’avec son épouse, Simone Gbagbo. « Laurent Gbagbo annonce qu’en raison du refus réitéré depuis des années de dame Simone Ehivet de consentir à une séparation amiable, au demeurant voie de règlement appropriée à leurs statuts personnel et politique réciproques, il s’est résolu à saisir ce jour, le Juge des affaires matrimoniales du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, d’une demande de divorce », précise Me Claude Mentenon, son avocat, dans un communiqué. Le couple s’était marié en janvier 1989 et a eu deux filles. Laurent Gbagbo a été président de 2000 à 2011 et Simone Gbagbo, la première dame de Côte d’Ivoire. Ils ont été arrêtés ensemble en avril 2011. Laurent Gbagbo, 76 ans, vit en couple depuis de nombreuses années avec Nady Bamba, une ex-journaliste de 47 ans. Il est rentré avec elle jeudi en Côte d’Ivoire, après son acquittement et le feu vert du président Alassane Dramane Ouattara. SS/MD (AMAP)
Politique : la Cedeao salue l’« évolution positive » de la situation au Mali
Bamako, 21 juin (AMAP) Les Chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis samedi dernier à Accra, lors du 59è sommet de l’organisation sous régionale, ont pris acte de la bonne volonté des autorités de la Transition à œuvrer rapidement pour sortir le pays du mauvais pas, a appris l’AMAP de source officielle. À la lumière du rapport présenté par l’envoyé spécial de la CEDEAO au Mali, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, les dirigeants de l’organisation sous-régionale ont examiné la situation politique dans notre pays. « Il y a une évolution positive, et qui reste encourageante… Un Premier ministre civil a été nommé, conformément à la décision des chefs d’État. Un gouvernement a été nommé et installé », a déclaré aux médias, Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de l’institution sous régionale qui a participé aux travaux. En outre, le président de la Commission de la CEDEAO a insisté sur la mise en œuvre des décisions prises le 30 mai dernier, lors du sommet extraordinaire d’Accra, en particulier le respect de la date de l’élection présidentielle fixée au 27 février 2022. Ces sujets ont été discutés en l’absence des autorités malienne en raison de la situation politique au Mali depuis la démission du président Bah N’Daw et du Premier ministre Moctar Ouane, le 25 mai dernier. Depuis les évènements du 24 mai dernier ayant conduit à l’arrestation, puis la démission du président Bah N’Daw et du Premier ministre Moctar Ouane, la CEDEAO a pris des sanctions diplomatiques contre le Mali. La situation politique a évolué avec la confirmation du vice-président, le colonel Assimi Goïta comme président de la Transition par la Cour constitutionnelle qui a indiqué avoir constaté la vacance de pouvoir. Ensuite, il y a eu la nomination d’un Premier ministre civil, une des recommandations du sommet d’Accra tenu le 30 mai dernier. MENACE TERRORISTE – Outre la situation au Mali, les dirigeants de l’espace communautaire ont également passé en revue l’état d’avancement de la réforme institutionnelle, la vision 2050 de la CEDEAO, les réponses à la pandémie de la Covid-19 dans l’espace, l’état de mise en œuvre des recommandations de la 85è session ordinaire du Conseil des ministres, la situation humanitaire dans la sous-région, les questions régionales, notamment les récents développements politiques et sécuritaires qui menacent la paix et la stabilité dans l’espace communautaire. Dans son discours d’ouverture des travaux, le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’espace, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a remercié l’ensemble de ses homologues pour le soutien apporté au Ghana lors de son élection au Conseil de sécurité des Nations unies, et a promis de tout mettre en œuvre pour une meilleure représentativité de l’Afrique au sein de cet organe. S’agissant des défis auxquels la CEDEAO est confrontée, le président Akufo-Addo a, particulièrement, insisté sur la menace terroriste et l’extrémisme violent dans la sous-région et appelé au renforcement de l’engagement de chaque pays, car il s’agit, selon lui, « d’une question de dignité et de sécurité pour tous ». Après avoir invité ses pairs à une évaluation de la situation au Mali, le président ghanéen a salué les mesures prises au niveau de l’espace communautaire qui ont permis d’atténuer l’impact de la pandémie de coronavirus et a appelé, ardemment, à la mise au point de vaccins propres aux pays africains. Au plan économique, le président ghanéen a souligné que la question de la monnaie unique est toujours d’actualité et a révélé la mise en place d’une nouvelle feuille de route pour accélérer le processus. La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Mme Louise Mushikiwabo, invitée d’honneur du sommet et le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif, ont salué les décisions et les mesures prises par la Cedeao dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la Covid-19 ainsi que sur la situation du Mali. DD/KM (AMAP)
Pèlerinage 2021 : Pas de Hadj pour cause de Covid-19
Bamako, 15 juin (AMAP) Les fidèles musulmans de nombreux pays, y compris les candidats maliens au Hadj 2021, n’accompliront pas le 5è pilier de l’islam pour la deuxième année de suite, a annoncé, lundi, le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Dr Mahamadou Koné. « Seuls les fidèles musulmans résidant dans le pays des deux Saintes mosquées seront acceptés sur les lieux saints. Il s’agit, précisément, des candidats âgés de 18 à 65 ans. Cette restriction vise à prévenir, en amont, une contamination au coronavirus à large échelle », a précisé M. Koné, au cours d’un point de presse, après sa rencontre avec les représentants des agences de voyage à la Maison du Hadj. Le royaume d’Arabie saoudite, qui abrite les lieux saints de l’islam, a annoncé l’annulation du Hadj pour les pèlerins étrangers. Ceux-ci n’auront donc pas la chance de fouler le sol saoudien cette année et d’accomplir le cinquième pilier de l’Islam. C’était aussi le cas en 2020. La mesure des autorités saoudiennes a créé un vent de panique et de déception chez les pèlerins maliens dont on imagine aisément le désarroi moral. Et pour cause,. « En ce qui concerne le Mali et, conformément aux conditionnalités fixées par les autorités saoudiennes, a indiqué le ministre, toutes les dispositions avaient été prises pour permettre aux candidats déjà inscrits d’effectuer le voyage sur les lieux saints de l’islam en vue de s’acquitter de leur devoir religieux ». Mieux, a révélé Dr Mahamadou Koné, « des contacts permanents sont maintenus et une correspondance avait même été adressée récemment aux autorités saoudiennes en charge du pèlerinage pour leur notifier la disponibilité de notre pays » à participer au Hadj 2021, après avoir satisfait à toutes les conditionnalités édictées, principalement la vaccination contre la Covid-19, en attendant les dernières mesures à envisager dans ce cadre. Le ministre en charge des Affaires religieuses a relevé qu’en retour, toutes les assurances avaient été données par la partie saoudienne sur l’effectivité du Hadj de cette année. « La décision d’annulation du Hadj 2021 pour les pèlerins des autres pays, sans exception, est tombée comme un couperet », a regretté le ministre Koné. «Il faut accepter la volonté divine avec la conviction que le Hadj est déjà agréé pour tout candidat de bonne foi», a-t-il dit. Il a tenu à lever toute équivoque sur une quelconque discrimination de notre pays. Il fait remarquer que c’est une mesure qui frappe tous les pays musulmans dont les pèlerins rallient la Kaaba pour accomplir leur acte de dévotion. Quant au directeur général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé, il a rappelé que le Guichet unique, dédié à toutes les formalités liées au pèlerinage, demeure fonctionnel de manière permanente pour les campagnes à venir. Cet exercice de clarification, décidé de commun accord entre acteurs étatiques et privés, visait à anticiper les interprétations, à mettre tout le monde au même niveau d’information, en gagnant aussi du temps sur les prochaines campagnes du Hadj, d’un point de vue organisationnel et professionnel. YD/MD (AMAP)
Mali : Les grands travaux du nouveau gouvernement
Bamako, 14 juin (AMAP) Le chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga, a défini, dimanche, les priorités de son équipe qui portent sur le rétablissement de la sécurité, l’organisation des élections générales, la lutte contre la corruption et l’impunité, la mise en place des réformes politiques et institutionnelles, la réduction du train de vie de l’État. «Beaucoup d’espoirs sont fondés sur nous. Nous ne devons pas les décevoir », s’est adressé le Premier ministre au gouvernement, lors de ce premier conseil de cabinet, à la Primature, esquissant les ambitions que devront concrétiser les 25 ministres et 3 ministres délégués du nouvel attelage de Transition. Mais, a-t-il poursuivi, «ceci n’est possible que si nous mettons en œuvre une gouvernance de rupture et d’exemplarité». Concrètement, il s’agit de mettre fin à des pratiques qui ont fini par justifier la défiance des populations vis-à-vis de l’État pour fonder « notre action sur la pratique de la vertu, tout en attaquant de front les nombreux problèmes qui assaillent la Nation ». Selon le chef du gouvernement, les efforts seront axés sur l’amélioration de la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation d’élections crédibles, la réduction du train de vie de l’État, la moralisation de la vie publique, la fin de l’impunité et la satisfaction d’une part importante de la demande sociale. Pour la sécurité, la recette du gouvernement est d’allier, plus efficacement, les opérations purement militaires avec la création des conditions sécuritaires pour le retour de l’administration, notamment dans les zones les plus affectées par la crise. DIAGNOSTIC – S’agissant des réformes politiques et institutionnelles, elles seront au cœur de la refondation du Mali. Choguel Kokalla Maïga a annoncé, à cet effet, la tenue, très prochainement, des Assises nationales de la refondation (ANR) qui seront l’occasion d’établir. Notamment, un diagnostic partagé de profondeur de la crise, des enjeux, défis et périls, et de nos vulnérabilités structurelles. Le processus sera conduit par une équipe de haut niveau composée de personnalités consensuelles et crédibles. Le nouveau gouvernement s’attachera, également, à obtenir une trêve globale (politique, syndicale, sociale) afin de créer un climat d’apaisement, de sérénité et de confiance mutuelle. La voie sera ainsi balisée pour les réformes nécessaires à la Refondation du Mali. À ce sujet, le Premier ministre a expliqué qu’il s’agira, essentiellement, de créer les conditions d’une refonte consensuelle des textes permettant de garantir l’érection d’une administration professionnelle et moderne, de réadapter la politique de décentralisation, de réviser la charte des partis politiques et la loi électorale. Il envisage, aussi, la création d’un organe unique indépendant de gestion des élections et la mise en place d’un nouveau système d’établissement et de contrôle du fichier électoral. PAR L’EXEMPLE – Autres ambitions affichées par Choguel Kokalla Maïga : la révision consensuelle et inclusive de la Constitution et la relecture intelligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger qui « constitue l’une de nos grandes priLorités». L’action gouvernementale portera, aussi, « sur la fin de l’impunité dans notre pays et la mise en pratique d’une gouvernance de rupture ». Le Premier ministre a promis de véritables poursuites judiciaires contre les auteurs des « tueries et exactions » de juillet 2020. De même, le gouvernement insufflera une politique de lutte implacable contre la corruption, en appuyant de façon systématique les actions judiciaires dans tous les dossiers de détournement de deniers publics. La réduction du train de vie de l’État est, également, érigée au rang de priorité. Le Premier ministre a assuré que lui et tous les responsables suivront l’exemple donné par le président de la Transition qui a décidé de renoncer aux deux tiers de ses fonds de souveraineté. D’autres initiatives, de plus grande envergure, seront prises en vue de réaliser des économies substantielles qui serviront à soutenir des secteurs sociaux prioritaires. Pour gagner ce pari, selon Choguel Kokalla Maïga, «les membres du gouvernement se tiendront la main et feront bloc en renforçant la cohésion autour du président de la Transition pour tenir bon ensemble, contre les vents et marées qui se profilent déjà à l’horizon». En vue d’une appropriation accélérée des méthodes et organisations du travail gouvernemental, un séminaire sera organisé dans les tous prochains jours. ID/MD (AMAP)
Mali : La liste du gouvernement publiée
Bamako, 11 juin (AMAP) Attendue pour le week-end, la liste du nouveau gouvernement dirigé par Choguel Kokalla Maiga a été publiée ce vendredi 11 juin. La nouvelle équipe est composée de 25 ministres et trois ministres délégués. Ministre de la Défense et des anciens Combattants : Colonel Sadio CAMARA Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux : Monsieur Mahamadou KASSOGUE Ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions : Monsieur Ibrahim Ikassa MAÏGA Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation : Lieutenant-colonel Abdoulaye MAÏGA Ministre de la Sécurité et de la Protection civile : Colonel-major Daoud Aly MOHAMMEDINE Ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale : Colonel-major Ismaël WAGUÉ Ministre des Transports et des Infrastructures : Madame DEMBELE Madina SISSOKO Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : Monsieur Abdoulaye DIOP Ministre de l’Economie et des Finances : Monsieur Alousséni SANOU Ministre de l’Education nationale : Madame SIDIBE Dedeou OUSMANE Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Monsieur Amadou KEITA Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau : Monsieur Lamine Seydou TRAORE Ministre de la Santé et du Développement social : Madame Diéminatou SANGARE Ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social : Madame DIAWARA Aoua Paule DIALLO Ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne : Monsieur Mossa AG ATTAHER Ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine : Monsieur Alhamdou AG ILYENE Ministre du Développement rural : Monsieur Modibo KEITA Ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle : Monsieur Bakary DOUMBIA Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille : Madame WADIDIE Founè COULIBALY Ministre de l’Industrie et du Commerce : Monsieur Mahmoud OULD MOHAMED Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population : Monsieur Bréhima KAMENA Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable : Monsieur Modibo KONE Ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration : Monsieur Harouna Mamadou TOUREH Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme : Monsieur Andogoly GUINDO Ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes : Monsieur Mamadou KONE Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politique et institutionnelles : Madame Fatoumata Sékou DICKO Ministre délégué auprès du ministre de la Santé et du Développement social, chargé de l’Action humanitaire, de la Solidarité, des Réfugiés et des Déplacés : Monsieur Oumarou DIARRA Ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage et de la Pêche : Monsieur Youba BA
Mali : Satisfecit de la CEDEAO sur la situation politique
Par Oumar DIAKITÉ Bamako, 11 juin (AMAP) À l’issue de la mission qu’elle a envoyée au Mali, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a insisté sur la formation d’un gouvernement inclusif et le respect du délai de la Transition et a annoncé un prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu le 19 juin prochain. De source diplomatique, ce sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui se tiendra à Accra, au Ghana, va réexaminer le processus de la Transition et les sanctions prises, en mai, à l’encontre le Mali. Dans un communiqué rendu public, jeudi, au terme de cette mission qu’a effectuée, du 8 au 9 juin dernier, à Bamako, le médiateur Goodluck Jonathan, la CEDEAO a salué les engagements pris par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, ainsi que les acteurs sociopolitiques impliqués dans la mise en oeuvre de la Transition. Sur la base des échanges et des écoutes, médiation de la CEDEAO a, ainsi, félicité le président de la Transition pour sa prestation de serment et l’a encouragé à conduire la Transition, en conformité avec les promesses et engagements énoncés dans son discours d’investiture. Il s’agit de la mise en œuvre des actions prioritaires nécessaires à la réussite de la Transition, notamment l’organisation d’élections crédibles, justes et transparentes aux échéances prévues ; le respect de l’ensemble des engagements internationaux. La mission de la CEDEAO a, également, pris acte de la nomination du Premier ministre et réitéré la nécessité de former un gouvernement inclusif qui pourra faciliter la mise en oeuvre du programme de la Transition. D’ores et déjà, la CEDEAO a salué les larges concertations du Premier ministre avec l’ensemble des acteurs sociopolitiques incluant toutes les parties prenantes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Elle a, en outre, salué les engagements pris par le président de la Transition et le Premier ministre de respecter les décisions prises par le sommet d’Accra le 30 mai 2021, comme la formation d’un nouveau gouvernement inclusif pour poursuivre le programme de transition, le respect de la période de transition de 18 mois décidée à Accra en 2020. Dans ce contexte, « la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l’élection présidentielle doit être absolument maintenue », a insisté la conférence des dirigeants de la CEDEAO, annonçant qu’un mécanisme de suivi sera mis en place à cet effet. La mission conduite par Goodluck Jonathan a, par ailleurs, encouragé le gouvernement à décliner de façon précise les actions prioritaires pour réussir la transition dans le délai. Elle a, aussi, encouragé les autorités à renforcer les efforts sécuritaires avec tous les partenaires, en vue de créer un environnement paisible et apaisé pour que les prochaines élections soient inclusives, transparentes et crédibles. L’équipe du médiateur a exhorté tous les acteurs sociopolitiques à travailler ensemble et à faire preuve de responsabilité dans cette période délicate de la transition afin de garantir la réussite du processus de Transition. Le respect de la mise en œuvre de l’Accord d’Alger est un autre point sur lequel la mission de la CEDEAO a beaucoup insisté. La mission a réitéré l’engagement de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO à accompagner notre pays pour une transition réussie tout en appelant les partenaires multilatéraux et bilatéraux à soutenir le processus en cours. La mission a confirmé de nouvelles dispositions entre les autorités de la Transition malienne et l’organisation sous régionale. Cette mission a été initiée dans le cadre de la mise en œuvre des décisions du sommet de la CEDEAO sur la situation sociopolitique au Mali, tenu à Accra, le 30 mai dernier. La délégation sous-régionale, a indiqué , qu’au cours de son séjour dans la capitale malienne, elle a discuté avec les autorités de transition pour mieux comprendre les stratégies qu’elles envisagent de développer en vue de donner la priorité aux activités qui permettent d’atteindre les objectifs fixés pour la Transition dans le délai défini par la CEDEAO, « y compris l’organisation d’élections présidentielle et législatives transparentes, libres et démocratiques acceptées par tous les acteurs politiques ». Pour bien cerner les enjeux de la situation au Mali, la délégation de la CEDEAO a soutenu avoir rendu une visite de courtoisie au président de la Transition et au nouveau Premier ministre. Elle a, également, eu des consultations avec les membres du Comité local de suivi et les membres du corps diplomatique accrédités au Mali. OD/MD (AMAP)
Emmanuel Macron annonce la fin de l’opération Barkhane au Sahel
Bamako, 10 juin (AMAP) Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé la fin de l’opération antidjihadiste Barkhane, lors d’une conférence de presse, jeudi, rapporte le site français Le Parisien. Il s’agit d’une « transformation profonde de la présence militaire française au Sahel », notamment au Mali, théâtre d’un nouveau coup d’Etat, précise le chef de l’Etat français. Selon la même source, ces annonces s’inscrivent dans la volonté politique déjà esquissée par le chef de l’État de réduire, à moyen terme, la présence militaire française dans la zone. Il prône un « changement de modèle », pour « permettre une opération d’appui aux armées des pays qui le souhaitent et la mise en œuvre d’une alliance internationale concentrée sur la lutte contre le terrorisme ». Dans cette annonce, qui avait fuité quelques dizaines de minutes avant qu’elle ne soit officialisée, le président français a indiqué qu’une nouvelle force internationale remplacerait l’opération Barkhane au Sahel et que le nombre de soldats français sur place serait réduit. L’opération antidjihadiste Barkhane sera intégrée à une alliance internationale antijihadiste dans la région. Le détail de ces annonces devrait être dévoilé prochainement, dans le cadre de la Coalition pour le Sahel. « Evidemment la France n’a pas vocation à rester éternellement au Sahel (…). Il est vraisemblable qu’il faille adapter le dispositif Barkhane », déclarait pour sa part peu de temps avant le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en déplacement à Abidjan, sans plus de précisions, rappelle l’AFP. L’engagement militaire français au Sahel était au menu d’une réunion du Conseil de défense mercredi. Paris déploie quelque 5100 soldats contre les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda, un soutien de taille aux armées affaiblies des États du Sahel qui peinent à les combattre seules. SS/MD (AMAP)
Transition : L’annonce de la composition du gouvernement prévue dimanche (Dr Choguel Kokalla Maïga)
Bamako, 09 juin (AMAP) Le Premier ministre de la Transition, Dr Choguel Kokalla Maïga, a annoncé, mercredi, à Bamako, la publication de la composition du gouvernement « au plus tard le dimanche prochain ». « Sauf avis contraire du président de la Transition avec lequel je m’entretiens, quotidiennement, nous avons l’intention, au plus tard dimanche, d’annoncer aux Maliens la composition du nouveau gouvernement », a déclaré à la presse le chef du gouvernement, après une audience qu’il a accordée à la délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à la primature. Le Premier ministre, qui n’exclue pas « au début, des incompréhensions, des mécontentements », a dit avoir réaffirmé à la délégation de la CEDEAO « la ferme volonté des autorités de la transition d’aller dans le sens d’une gouvernance de rupture et par l’exemple ». « Ce qui suppose, a-t-il ajouté, un rétablissement de la confiance de l’ensemble des Maliennes et Maliens en ce que dit et fait le gouvernement ». Le chef du gouvernement prévoit six semaines pour présenter aux Maliens les grandes lignes de l’action gouvernementale. « Nous nous donnons six semaines pour expliquer et présenter aux Maliens ce que, récemment, à cause de difficultés de démarrage, les autorités ont mis six mois à présenter », a-t-il promis. « Dans un maximum de six semaines, nous allons nous présenter aux Maliens, à travers le CNT (Ndlr, Conseil national de transition) et l’opinion publique nationale pour tracer les grandes lignes de l’action gouvernementale afin de respecter les différents engagements pris », s’est-il engagé. Selon M. Maiga, une fois que les Maliennes et Maliens auront rétabli leur confiance totale dans les autorités de la transition, « nos partenaires, qui se sont engagés à nous accompagner, nous tiendrons la main, comme ils le font depuis tout le temps, lorsque le Mali se trouve dans la tempête ». Il a rappelé que « la CEDEAO a été à nos côtés, à chaque étape, depuis bientôt dix ans pour tenir la main au Mali ». OD/MD (AMAP)

