Dr Aly Tounkara : « Le discours radical a eu raison de Sophie Petronin »
Bamako, 04 nov (AMAP) Libérée après quatre ans de captivité, l’ex-otage franco-suisse, Sophie Pétronin, est de revenue au Mali pour des motifs encore inconnus. Dr Aly Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), qui nous livre son analyse, soutient que le retour de Sophie Pétronin au Mali apparaît comme quelque chose de surprenant pour qui connaît le contexte et les circonstances de son enlèvement jusqu’à sa libération. Pour Dr Tounkara, à y regarder de près, il n’y a rien d’étonnant de la revoir au Mali. «Aux premières heures de sa libération, Sophie Pétronin a clairement laissé entendre que les groupes radicaux violents se battent au nom du référentiel musulman au Mali et il serait bon de les écouter», rappelle le spécialiste des questions de sécurité. Il estime que l’ex-otage a dû succomber au charme de ces groupes. Et, de ce fait, elle penserait que les différents facteurs qui sous-tendraient le terrorisme et l’extrémisme violent sont justes. Dr Tounkara rappelle, aussi, qu’elle s’était même permise de dénoncer comment les puissances occidentales exploitent, de façon abusive, le sous-sol des pays sahéliens. Le directeur du CE3S pense que tout cela laisse entendre que le discours radical a eu raison de Sophie Pétronin. Même s’il souligne qu’on ne peut pas forcément établir un possible lien entre son retour au Mali et l’hypothèse de regagner, de nouveau, les groupes radicaux violents, Dr Aly Tounkara soutient, tout de même, que Sophie ferait partie de ceux qui pensent que ces groupes méritent d’être écoutés et de recevoir une attention particulière. « Sophie Pétronin savait pertinemment que retourner au Mali par des canaux officiels, notamment passer par les représentations consulaires pour obtenir un visa, était un cheminement qui pourrait connaître difficilement un dénouement heureux. Ce qui l’a amenée à rentrer sur le territoire malien frauduleusement », estime le chercheur, qui précise que sur la foi des informations dont il dispose, elle serait passée par le Sénégal pour se retrouver au Mali. Sur les motivations de son retour sur le sol malien, le spécialiste des questions sécuritaires au Sahel est formel. « Il ne faut pas occulter le fait que lorsqu’on est éloigné des sociétés dites normales à la suite d’une prise d’otage, à notre retour dans ces sociétés, s’il n’y a pas une prise en charge globale surtout un suivi psychologique, on peut avoir le dégoût du vivre ensemble qu’on juge normal », analyse Dr Tounkara. « Sophie serait dans cette nostalgie aujourd’hui de vivre parmi ces groupes radicaux violents, elle estime que le combat que mènent ces groupes est un combat de justice tout à fait légitime », souligne-t-il. Le directeur du CE3S pense qu’il ne faut pas occulter le fait que Sophie Pétronin a embrassé l’islam pendant sa captivité. « Ce retour à l’islam reçu des groupes radicaux violents pourrait, aussi, expliquer son attachement à la terre sahélienne », soutient le chercheur. D’après lui, il faut interroger le relâchement des services de contrôle ou de renseignement du côté de la France et de la Suisse qui a permis à Sophie de quitter le territoire occidental pour se retrouver de nouveau au Mali. Dr Aly Tounkara est revenu sur l’accueil qui a été réservé à l’ex-otage en France après sa libération. Il se souvient que le président Macron a, à la limite, boudé son retour à cause de sa prise de position en faveur des groupes radicaux violents. De même pour le fait qu’elle avait clairement affiché une certaine sympathie pour ces groupes. « On peut comprendre pourquoi la France et la Suisse seraient moins tentées de s’intéresser à Sophie Pétronin ou seraient aussi moins soucieuses de son avenir », explique le chercheur qui estime que l’ex-otage s’est finalement retrouvée dans une situation d’abandon, d’oubli ou même de diabolisation. Ce qui, selon Dr Tounkara, expliquerait pourquoi elle a préféré revenir dans son ancien pays d’accueil qu’est le Mali non seulement pour revivre la chaleur humaine mais également pour pouvoir extérioriser sa foi en toute quiétude. Le porte-parole du gouvernement français a estimé mercredi que le retour de Sophie Pétronin était une forme d’irresponsabilité. L’ex-otage a répliqué qu’elle se sentait chez elle au Mali et qu’elle n’était pas irresponsable. DD/MD (AMAP)
Mali-CEDEAO : Un compromis toujours possible
Par Issa DEMBELE Bamako, 03 nov (AMAP) Le prochain sommet extraordinaire des dirigeants ouest-africains annoncé pour dimanche, à Accra, offre une opportunité pour que les lignes bougent dans le bon sens, surtout dans l’intérêt du peuple malien qui, éprouvé par une longue crise multidimensionnelle, n’aspire qu’à des lendemains meilleurs Lors de ce rendez-vous, dans la capitale ghanéenne, le Mali va certainement réaffirmer sa position déjà connue, à savoir l’élaboration d’un chronogramme à l’issue des Assises nationales de la refondation, prévues en décembre. Jusqu’ici, l’organisation communautaire continue de réclamer le respect du délai de février 2022 pour l’organisation des élections. À première vue, les positions semblent inconciliables. Mais, en diplomatie, les lignes bougent très souvent lors de discussions autour d’une table. Le sommet d’Accra pourrait donc être, selon certains observateurs, celui du compromis entre Bamako et la CEDEAO. Un bras de fer n’arrange personne. Ni les autorités maliennes qui tiennent à maintenir des relations avec la communauté internationale tout en affirmant, de plus en plus, leur souveraineté. Ni l’organisation communautaire qui fait face à beaucoup de critiques pour sa gestion, difficilement exempte de reproche, des crises sociopolitiques de la sous-région. L’optimisme est permis. Même si le fossé est large entre les deux parties. La visite du Ghanéen Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président en exercice de la CEDEAO, le dimanche 17 octobre à Bamako, n’a visiblement pas permis de rapprocher les positions. La tension est même montée d’un cran, après que le Mali a déclaré « persona non grata» le représentant spécial de la CEDEAO, Hamidou Boly, pour «agissements incompatibles» avec son statut. La position de la CEDEAO de ne pas concéder une prolongation de la Transition, bénéficie du soutien de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais lors des échanges d’Accra, les autorités maliennes pourront expliquer que le plan de sortie de crise de la communauté internationale pour notre pays ignore les questions fondamentales, comme la nécessité de la refondation. Les dirigeants actuels sont bien décidés, conformément aux aspirations de la plupart de nos concitoyens, à jeter les bases de quelques réformes pouvant garantir notamment la transparence des futures élections. L’organisation des Assises nationales de la refondation (ANR) et la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections participent de cette volonté d’instaurer des institutions solides et éviter au pays une nouvelle crise. Il est fort probable que le pouvoir intérimaire maintienne ce cap, soutenu par une frange importante de la population. La volonté populaire s’est exprimée, vendredi à la place de l’Indépendance, en faveur d’une prolongation de la Transition. Ce même jour, au siège de l’ONU à New York, notre représentant permanent, l’ambassadeur Issa Konfourou, revenait sur la nécessité de mener des réformes politiques et institutionnelles pour remettre le Mali sur les rails. D’ailleurs, a-t-il rappelé opportunément, la nécessité de réformer en profondeur a été reconnue par les «dirigeants de la CEDEAO qui, dès octobre 2018, avaient recommandé, à l’issue de leur Mission d’information relative à la crise post électorale de mener des réformes approfondies au Mali». Et le patron de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim Wane, se prononçant sur la situation sécuritaire, avait concédé : «En dépit des efforts collectifs, la réalité est que la situation sécuritaire s’est détériorée et la crise s’aggrave» à travers le Mali. Ce dimanche à Accra, comme en septembre dernier, les chefs d’état pourraient brandir des «sanctions ciblées contre des individus dont les actions impactent négativement le calendrier de la Transition tel qu’arrêté». Mais cela n’exclut pas la possibilité d’un compromis sur l’essentiel. L’insistance des dirigeants ouest-africains à s’intéresser à la crise malienne est un indicateur de la place centrale qu’occupe notre pays en Afrique de l’Ouest. Ils vont certainement tenir compte de l’intérêt commun, en évitant de prendre des mesures qui menaceraient davantage un pays déjà fragilisé par la crise. ID (AMAP)
Apprentis chauffeurs : En attendant le permis de conduire
Par Oumar SANKARE Bamako, 03 nov (AMAP) Le soleil darde ses premiers rayons du ciel d’un lundi matin. Une centaine de camions citernes fait la queue dans les alentours de l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) à Faladié. Certains passent au bureau des douanes, pour des formalités, d’autres attendent, impatiemment, de reprendre la route ou sont en réparation dans les nombreux garages installés dans la zone. La providence a fait se croiser le destin d’un groupe de jeunes qui, aujourd’hui, forment une famille. Venus tous du Mali profond, leur objectif est de réussir à Bamako afin de s’occuper de leurs parents restés au village. Assis sous un hangar en paille, qui leur sert de terrasse, leurs sacs et objets personnels cohabitent avec quelques pièces de rechange de camion, dans un kiosque métallique rouge. Les six garçons sont assis, deux sur des chaises et deux autres se partagent un lit pliable. Seul, Adama Sangaré, 28 ans, le plus âgé du groupe est sur sa chaise et prépare du thé, l’infusion préférée au Mali. A la radio, un titre populaire du rappeur Master Soumy passe en boucle, musique qui se mêle aux coups de marteau et vrombissements de moteur de camions en réparation. A côté, des poules gloussent, grattent et picorent des graines visibles d’elles seules. Ils viennent de Ségou, Bamako, Sikasso, Loulouni, Fana, Baraoueli et espèrent devenir, un jour, des chauffeurs de poids lourds. Moulaye Konta, Oumar Seck, Mamoutou Berthé, Mamadou Diabaté et Gaoussou Diarra sont, tous, « apprentis », pour le moment. Bien que le métier soit rude, avec des revenus dérisoires, ils l’aiment. En effet, grâce à leur travail, ils voyagent dans différents pays de la sous-région, rencontrent de nouvelles personnes, découvrent d’autres cultures, d’autres mets, d’autres réalités mais, aussi, de mauvaises expériences, des attaques de bandits armés et des accidents mortels qui les marquent à vie. Moulaye Konta, 23 ans, a réussi à l’examen du baccalauréat, il y a deux ans. Après 6 mois sur les bancs de l’université de Ségou, il rejoint Bamako sur instruction de son père. Ce dernier, le confie à un chauffeur de camion-citerne. Un peu réservé, le seul rêve de Moulaye est de devenir aménagiste. En attendant que son père réunisse les moyens pour financer ses études, il se rend utile et espère gagner un peu d’argent pour le soutenir. Pour son premier voyage, il se rend au Ghana avec son patron pour transporter du carburant au retour. « Un choc de culture !!! Ce voyage m’a beaucoup marqué. Accra, la capitale est tellement propre que je me croyais dans une ville européenne, comme on les voit dans les films », se remémore-t-il avec un large sourire. « Nulle part à Accra, on ne voit de déchets. Un peu partout, il y a des poubelles. Les taxis, sont propres et en bon état. Pas comme les nôtres qui sont sales et vieux », raconte Moulaye. Dans les régions de Téma, Takoradi et Cape Coast qu’il a pu visiter, « les universités sont immenses. Pas comme chez nous ». « En fait, ce sont des villes dans les villes où il faut des bus et taxis pour se déplacer à l’intérieur, tellement elles sont grandes », ajoute Adama Sangaré. Certains confient avoir vu des agents de police ghanéens verbaliser des étrangers pour avoir jeté des déchets à tout va. Mamoutou Berthé, 25 ans, abonde dans le même sens et dit à quel point il a été émerveillé, lors de son premier séjour à Abidjan. « Les gratte-ciels à perte de vue, les transports en commun ultra modernes, la mer et, surtout, la nourriture qui coûte moins chère ». Mais, aussi, voir tous ceux qui roulent à moto, porter un casque, une chose inimaginable pour ces jeunes apprentis. Souvent, après de longs séjours, de découvertes et de belles rencontres avec des apprentis d’autres pays, le chemin du retour est souvent semé d’embûches. « A l’aller, le voyage est en général calme », confie Adama Sangaré, le plus âgé des apprentis. Les difficultés interviennent au retour, lorsque les citernes et autres camions sont chargés de marchandises. Il y a, très fréquemment, les cas de pannes qui peuvent, souvent prendre jusqu’à deux ou trois semaines avant d’être réglées. « Dans ces cas, on se trouve en plein milieu de nulle part. Pour trouver un mécanicien ou des pièces de rechanges, on fait de l’auto-stop pour rallier la ville la plus proche », relate Mamadou Diabaté. UNE VIE DURE – Certains chauffeurs donnent gentiment de l’eau à boire et, souvent, quelques provisions. Il y a une grande solidarité, sur la route, les chauffeurs ghanéens, ivoiriens, togolais, béninois et autres ne manquent jamais d’apporter assistance et c’est réciproque. Il arrive que certains chauffeurs laissent l’apprenti se débrouiller en pleine campagne mais cela reste des cas rares car la marchandise transportée est sous sa responsabilité. En plus de cela, il y a les cas d’attaques par les bandits armés, friands de camions chargés de marchandise. Il y a deux mois, un camion en route pour le Mali a été attaqué sur la route de Bouaké (Côte d’Ivoire). La cabine a été criblée de balles. L’apprenti a reçu deux projectiles, un au bras et l’autre à la hanche. « Il est, aujourd’hui, hors de danger », confie Mamadou Diabaté. Il y a eu une attaque similaire au Ghana, plus précisément à Wale-Wale, au cours de laquelle la cabine du camion a reçu quatre impacts de balle, deux sur le pare-brise et deux autres, un peu au-dessus de la roue arrière gauche. Enfin, il y a les cas d’accidents mortels, aussi horribles les uns que les autres. « Une fois au Burkina Faso, l’une des roues d’une citerne était enfoncée dans un trou. Avec d’autres personnes, nous leur avons porté notre aide, », relate Oumar Seck, entre deux gorgées de thé à la menthe. Un camion grue est venu assister, mais pendant plusieurs heures il n’y avait pas d’évolution. « On ne sait comment, le camion a pris feu », raconte le jeune apprenti. « Nous avons dû prendre nos distances de la scène. Le carburant, la citerne, la grue et un autre véhicule ont tous brulé », dit-t-il.
Rentrée scolaire : Les cours n’ont pas commencé partout à Bamako
Par Amadou SOW Bamako, 02 nov (AMAP) La rentrée des classes est effective au Mali depuis lundi 1er novembre 2021. Le constat général est que les cours n’ont pas démarré partout dans la capitale, Bamako. Apres un tour dans certains établissements publics te privés, dans bien des cas, élèves, enseignants et responsables de l’administration scolaire étaient bien sur place. Les directeurs des établissements scolaires nous ont exprimé des appréhensions par rapport au communiqué des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 (Synergie), notamment la rétention des notes. Aux environs de 9 h 30, notre équipe de reportage est arrivé au groupe scolaire Mamadou Konaté. Les enseignants étaient regroupés sous un grand manguier. Certains élèves étaient dans les classes et d’autres en train de deviser dans la cour de l’établissement. Le directeur-coordinateur de l’établissement a expliqué que la reprise était effective mais que les cours n’avaient pas encore commencé. «Jusque-là, nous n’avons pas encore la décision de passage. En outre, le conseil de proposition de passage en classes supérieures n’est toujours pas fait. Impossible de travailler si nous n’avons pas cette décision qui permet de savoir qui passe en classe supérieure ou qui redouble», a dit le pédagogue. Le directeur du groupe I de l’école Mamadou Konaté, Abdoul Salam Sidibé, a confirmé ces difficultés. Il a ajouté qu’il y a aussi des travaux de rénovation de son établissement. Malheureusement, la réception officielle des salles de classes n’est pas encore faite. «Nous avons occupé les classes en attendant la réception officielle », a-t-il signalé, avant d’inviter à aplanir rapidement les difficultés. Au niveau du groupe scolaire Karamoko Sangaré à Ouolofobougou Bolibana, les élèves étaient dans les classes pour certains (mais ils ne prenaient pas de cours), d’autres dans la cour de l’école. Le directeur de cet établissement scolaire, Soriba Koné, a confirmé aussi la non disponibilité de la liste de passage qui détermine les élèves qui passent en classes supérieures. Il a expliqué qu’il attendait cette liste pour que les enseignants de son établissement commencent à dispenser les cours. A l’école de Dravela I, les cours ont bel et bien démarré hier. Le directeur de l’établissement, Mamadou Doumbia, a indiqué que toutes les dispositions ont été prises pour le bon déroulement de l’année scolaire, même si on attend encore la décision de passage des élèves. Le censeur, Karim Goïta, du groupe scolaire Ba Nanssou, un collège privé, a aussi affirmé que tout se passe bien au sein de son établissement. «Les élèves sont venus récupérer leurs fournitures. Tout est prêt pour respecter la décision gouvernementale», a-t-il souligné. Cependant, il a déploré la lenteur dans l’octroi des subventions aux établissements scolaires privés pour l’enseignement secondaire. Il a ajouté que depuis deux ans, son établissement, tout comme d’autres, n’a pas encore reçu le moindre Kopeck de l’État. Notre interlocuteur espère que les négociations en cours entre le gouvernement et les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 aboutissent pour que l’école malienne reparte sur des bases plus saines. Il a souhaité vivement une solution définitive aux maux qui minent notre système éducation. AS (AMAP)
Sept militaires tués dans deux attaques terroristes samedi au Mali
Bamako, 31 oct (AMAP) Deux attaques terroristes ont fait, samedi, sept morts et trois blessés parmi les Forces armées maliennes (FAMa), dans la localité de Niendjela, non loin de Ségou (Centre du Mali) et celle de Madina Sylla, dans le Sud-Ouest, près de Nara, selon un communiqué de l’Armée. Un véhicule de patrouille des FAMa a sauté sur un Engin explosif improvisé (EEI), dans la Région de Ségou, faisant cinq morts, samedi, aux environs de 13h30, lors de la première attaque. Plus tôt, dans la matinée, une escorte du détachement militaire de Mourdiah, dans la Region de Nara, est tombée dans une embuscade, vers 11h. Cette attaque a été fatale à deux soldats. Les trois blessés ont été évacués sur Mourdiah, précise le communiqué La même source militaire indique que le « ratissage dans la zone (du premier incident) a permis l’interpellation de deux suspects immédiatement mis à la disposition de la gendarmerie ». MT/MD (AMAP)
Des milliers de personnes manifestent à Bamako pour soutenir la Transition
Bamako, 30 oct (AMAP) Des milliers de personnes se sont rassemblées, , pendant plus deux heures, vendredi, à Bamako, sur le Boulevard de l’Indépendance, pour manifester leur soutien aux autorités de la Transition, a constaté sur place l’AMAP. À l’appel de plusieurs organisations de la société civile, des jeunes, hommes, femmes et personnes âgées sont sortis massivement, sous un soleil ardent, pour exprimer leur opposition à toute tentative de pression sur les autorités de la Transition. Certains manifestants arboraient des drapeaux maliens et russes et lançaient des slogans fustigeant la position de la France vis-à-vis de la Transition au Mali. On pouvait lire sur les bandeaux, entre autres, « Front du refus aux élections imposées. Le sursaut national, c’est ce 29 octobre où à jamais » ; « M5 RFP : le peuple malien et son armée, pour un Mali démocratique et laïc » ; « La refondation du Mali, gage d’élections crédibles et transparentes ». Certaines banderoles indiquaient clairement que les manifestants sont venus d’un peu partout du Mali. Comme : « Kolokani dit oui à l’appel » ; « Le cercle de Djenné Région de Mopti apporte son soutien intégral à la Transition. Ensemble pour une Transition prolongée et pour une paix durable ! ». Sous le son des vuvuzelas, les participants ne cachaient pas leur soutien à la coopération militaire avec la Russie. Ainsi, des manifestants brandissaient les drapeaux du Mali et de la Russie. Sur des pancartes, on pouvait retenir « Poutine, la voie de l’avenir » ; « Coopération Mali Turquie dans le cadre de la paix et la cohésion sociale » ; « C’est nous qui décidons, pas la France » ; « Chères Fama, le peuple est avec vous. Puisque la France a échoué. S’il le faut aller vers l’Algérie, l’Egypte, la Chine, la Turquie, la Russie pour nous sécuriser ! » Ils lançaient en chœur des slogans en faveur de la prolongation de la Transition: « Trois ans ! Cinq ans ». « Pour rien au monde, nous n’allons laisser échapper cette unique opportunité de mettre notre pays sur les rails », a confié Aichata Sangaré, une manifestante de 45 ans. OD/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des Ministres du Mercredi, 27 Octobre 2021
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi27octobre 2021, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a entendu des communications. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’ASSAINISSEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a informé le Conseil des Ministres : a. de l’agression des cours d’eau par les activités d’exploration et d’exploitation aurifères par drague. Malgré l’interdiction de l’exploitation de substances minérales dans les lits des cours d’eau par drague, force est de constater : ’exercice illégal de l’exploitation de l’or par drague sur les fleuves Niger et Sénégal et sur certains de leurs affluents ; – l’occupation des galeries forestières classées ; – la délivrance illégale par certaines organisations professionnelles de cartes d’exploitants de dragues ; – la perception de taxes à plusieurs niveaux et parfois par des acteurs n’ayant aucune qualité ; – la pollution par des produits tels que le mercure et le cyanure des cours d’eau partagés, en violation des accords internationaux signés et ratifiés par notre pays ; – les eaux turbides et boueuses préjudiciables aux systèmes de pompage et d’exploitation de certains offices et sociétés ; – les conflits entre pêcheurs et chercheurs d’or par dragues. Face à ces menaces, le Conseil des Ministres a recommandé la poursuite : – des campagnes d’informations et de sensibilisations des acteurs concernés ; – des opérations de déguerpissement des dragues ; – des missions de surveillance des cours d’eau après les opérations de déguerpissement ; – de la mise en œuvre effective des actions préconisées par le Plan d’actions de lutte contre l’exploration et l’exploitation aurifère par drague sur les cours d’eau. Face à ces menaces, le Conseil des Ministres a recommandé la poursuite : – des campagnes d’informations et de sensibilisations des acteurs concernés ; – des opérations de déguerpissement des dragues ; – des missions de surveillance des cours d’eau après les opérations de déguerpissement ; – de la mise en œuvre effective des actions préconisées par le Plan d’actions de lutte contre l’exploration et l’exploitation aurifère par drague sur les cours d’eau. AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DU DEVELOPPEMENT SOICAL Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une augmentation du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 27 octobre2021 Pour le Secrétaire général du Gouvernement/PO La Secrétaire générale adjointe Madame KONATE Salimata DIAKITE
Le Représentant spécial de la CEDEAO au Mali « persona non grata » (Communiqué)
Bamako, 25 oct (AMAP) Le Représentant spécial de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Mali, Hamidou Boly, a été déclare, lundi, « persona non grata » au Mali par le gouvernement, annonce le ministère des Affaires étrangères et de Coopération internationale. Un communiqué rendu public, le même jour, indique que le diplomate a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale où il lui a été « notifié la décision du gouvernement”, “au vu de ses agissements incompatibles avec son statut ». Un délai de 72 heures “lui est accordé pour quitter le territoire national». Selon le communiqué, cette décision intervient après plusieurs mises en garde adressées à l’intéressé à travers sa hiérarchie. Le gouvernement du Mali est disponible “à maintenir le dialogue avec la CEDEAO et à oeuvrer ensemble pour la réussite de la Transition et la consolidation de nos efforts en vue de renforcer l’intégration sous-régionale dans un esprit de solidarité, de complémentarité, de respect mutuel et de sincérité”, ajoute le communiqué. Le gouvernement s’est refusé à tout commentaire quant aux motifs de cette mesure à l’encontre du diplomate de la CEDEAO, intervenu le lendemain d’une mission de la délégation de Conseil de sécurité des Nations Unies venue évaluer le processus de la Transition au Mali. AT/MD (AMAP)
La délégation du Conseil de sécurité de l’ONU « suffisamment imprégnée » de la situation du Mali
Bamako, 24 oct (AMAP) La mission du Conseil de sécurité des Nations unies qui a séjourné à Bamako, du 23 au 24 octobre, a déclaré, dimanche, avoir beaucoup appris sur la situation du Mali. Lors d’une conférence de presse, au terme de leur visite, les ambassadeurs du Kenya, Martin Kimani, du Niger, Abdou Abarry et de France Nicolas de Rivière ont indiqué qu’ils ont pu s‘entretenir avec les différents acteurs, notamment les autorités de la transition, la société civile, les signataires de l’Accord de paix, Selon eux, ils ont « appris beaucoup de choses ». La délégation du Conseil de sécurité a expliqué être venue transmettre un message de solidarité et de soutien au Mali. Mais, aussi, pour écouter les autorités de la transition. C’est donc bien imprégnée de la situation du pays qu’elle quitte Bamako. La délégation, conduite par les ambassadeurs du Kenya, du Niger et de France à l’ONU les ambassadeurs du Kenya, a été reçue dimanche à la Primature par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, accompagné par plusieurs membres du gouvernement. Le chef du gouvernement a indiqué cette visite intervient à un moment crucial de la vie de notre nation, marquée depuis quatre mois par la rectification de la trajectoire de la Transition, intervenue le 24 mai 2021. Le Premier ministre a expliqué à ses hôtes, les quatre axes du Plan d’action de son gouvernement. Avant d’insister sur le besoin de sécurité, de justice, de réforme voire de refondation, ajoutant que la situation de la Transition politique en cours est le fruit de cette aspiration populaire. Il a rappelé que le Mali a basculé d’abord en 2018, puis en 2020, dans une crise politique post-électorale. D’où la décision de la mise en place de l’Autorité indépendante de gestion des élections et celle de la tenue des Assises nationales de la Refondation. Le chef du gouvernement a invité les membres du Conseil de sécurité et l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux du Mali à apporter leur soutien à la réussite de la Transition et à continuer à avoir une lecture réaliste et lucide des défis complexes auxquels le pays est confronté. Après le chef du gouvernement, la délégation du Conseil de Sécurité a été reçue à Koulouba par le chef de l’Etat, le Colonel Assimi Goïta. Apres cette rencontre, ils ont rendu hommage aux casques bleus tombés pour la paix au Mali au quartier général de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). DD/MD (AMAP)
Transition au Mali : La mission d’écoute et d’évaluation du Conseil de sécurité arrivée à Bamako
Bamako, 24 oct (AMAP) Une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies est arrivée samedi soir à Bamako pour procéder à l’évaluation de la situation sécuritaire, politique, humanitaire, la mise en œuvre de la Transition et celle de l’Accord pour la paix et la sécurité issu du processus d’Alger, a constaté l’AMAP. Cette mission est co-présidée par les représentants du Kenya à l’ONU, Martin Kimani, du Niger, Abdou Abarry et celui de la France, Nicolas de Rivière. Elle a été accueillie à l’aéroport international président Modibo Kéita-Sénou par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Martin Kimani a confié à la presse que la mission se chargera de comprendre la situation au Mali. « Nous sommes ici pour vous écouter, vous aider dans les efforts sur la voie de la Transition », a-t-il indiqué, en ajoutant que la délégation est porteuse d’un message sur la tenue des élections, l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation et la stabilisation dans le Centre du Mali. Le représentant permanent du Kenya à l’ONU a par, ailleurs, déclaré que le Conseil de sécurité soutient depuis dix 10 ans le Mali et continuera à le faire « coûte que coûte ». En outre, M. Kimani a rappelé que les efforts de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA) sont aussi importants et complémentaires de ceux du Conseil de sécurité de l’ONU. Il a, également, indiqué que le Conseil soutient la lutte contre l’extrémisme violent, le terrorisme qui sévit dans la région. Pour Abdou Abarry, cette mission est celle de soutien, au-delà du Mali, à toute la région confrontée à un certain nombre de défis. Entre autres, sécuritaire avec la lutte contre le terrorisme, le changement climatique, le développement. Il a ajouté que la délégation discutera avec les autorités maliennes du processus de Transition conformément aux décisions prises par la CEDEAO de façon à accompagner la Transition jusqu’à l’organisation des élections. Le représentant du Niger au Conseil de sécurité de l’ONU a aussi signalé que l’évolution du G5 Sahel sera également au menu des échanges. Sur cette question, il s’agit de voir comment apporter plus de soutien à cette force de façon à la rendre plus efficace et plus apte à lutter contre le terrorisme dans la région et assoir les bases du développement. Quant à Nicolas de Rivière, il a dit qu’il s’agit d’une mission de veille sur la mise sur la mise en œuvre des engagements pris de part et d’autre. Pour lui, la délégation est à Bamako pour voir comment aider les Nations unies à soutenir le Mali et comment faire en sorte que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) puisse être renforcée et mieux travailler. « C’est tout l’enjeu. Nous venons dans une attitude d’ouverture et d’écoute…», a précisé le représentant permanent de la France au Conseil de sécurité. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, reconnaît que le contexte est difficile et différent. Selon lui, c’est une opportunité de convaincre le Conseil de sécurité sur les positions du gouvernement et du peuple malien. « Nous y trouvons aussi une opportunité pour présenter la réalité de la situation au Mali, de présenter les progrès qui sont en train d’être faits par la Transition mais, aussi, notre vision de ce qu’il faut faire pour terminer cette Transition par l’organisation d’élections transparentes et crédibles », a souligné le chef de la diplomatie malienne. Les autorités maliennes ont espoir, a-t-il dit, que « la délégation du Conseil, en partant d’ici, ira avec des informations qui leur rapportent beaucoup plus. Qu’elle aura un examen beaucoup plus minutieux et mesuré de la situation sur le terrain. Et que la décision et l’évaluation de la délégation soient basées sur ce qu’elle a vu et discuté avec le gouvernement ». Pour le ministre Diop, c’est dans cet état d’esprit que la partie malienne aborde cette mission avec une volonté de coopération, de collaboration dans le souci d’arriver à un consensus sur la marche à suivre pour sortir le Mali de cette situation et renforcer la paix et la stabilité. Cette mission est la 5è du genre. OD/MD (AMAP)

