Une quarantaine de civils tués dans une attaque terroriste à Tessit, dans la Region de Gao  (Nord)

Gao, 17 fév (AMAP) Plusieurs hommes armés, présumés terroristes, ont tué une quarantaine de civils, dimanche  6 février 2022, aux environs 14 heures, au cours d’une attaque concomitante dans plusieurs villages de la Commune rurale de Tessit, dans le Nord du Mali, ont annoncé, jeudi, les autorités administratives.  Les assaillants ont fait irruption, dans les localités de Tadjalate, Tazimé, Keygouroutane, Marsi, Bakane, Abagazoz, sur une cinquantaine de motos et à bord de huit véhicules pick-up estampillés Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Agaly et de Amadou Kouffa, et ont semé la terreur parmi la population.  Selon un rescapé, l’entrepreneur Albachar Ag Mohamed de la communauté Kel-Essouk, il sera difficile de dénombrer avec exactitude le nombre de morts « parce que, souvent, on trouve des corps par dizaine ou quinzaine dans des lieux différents ». Cependant, il est sûr, « avant de fuir les lieux, d’avoir comptabilisé plus de 45 morts sans tenir compte des personnes portées disparues ». Selon toujours ce rescapé, les assaillants ont emmené trois véhicules dont le sien et des milliers de bétails et des vivres. « Ces bandits armés ont dévalisé le Centre de santé, les   boutiques des localités avant de les incendier. Ils ont, aussi, saboté le château d’eau de Tadjalate », a précisé l’entrepreneur. Suite aux menaces des terroristes de les exécuter, de milliers de ménages ont abandonné leurs habitations et leurs biens derrière eux pour se réfugier dans la Commune urbaine de Gao  (Nord) et d’autres ont fui vers le Niger. Une dame d’une cinquantaine d’années, entourée de ses petits fils et filles, Markoy Welt Inay, a dit qu’elle et sa famille ont dû fuir la zone, en laissant tous leurs biens « afin d’échapper à la mort ».  Un doyen de la communauté de Kel Essouk, Alhousseini Ag Ismaguel, a déclaré que  leurs « père et mère, c’est l’Etat du Mali » et que leur communauté « est dans l’obligation d’accompagner leur patrie ».  Le village de Tadjalate était sur une bonne voie de  développement parce qu’il y a des écoles, un centre de santé, un château d’eau et des commerces. « Tout le monde venait  s’approvisionner dans ces boutiques et se faire soigner au centre de santé », a-t-il dit.  « Les populations sont en parfaite intelligence avec les  forces de sécurité maliennes. Voilà pourquoi, les différents villages  ont été la cible de cette attaque barbare de ces mécréants », a lancé le doyen des Kel-Essouk.  Les déplacés de Gao ont été accueillis, mercredi, au Centre social pour le développement et l’éducation, par son promoteur, Albachar Ag Mohamed, avant être transférés sur le site de Bawa Aljanabango, dans la Commune rurale de Gouzourèye. Selon Albachar Ag Mohamed, les autorités régionales ont été informées de l’arrivée des déplacés de la Commune rurale de Tessit. Il a ajouté que l’UNICEF a identifié et recensé les  enfants scolarisés.  Tous les déplacés des six villages de la Commune de Tessit sont installés sur le site de Bawa Aljanabango dans la Commune rurale de Gounzourèye qui a été offert par le maire de la Commune.  Hier jeudi, à notre passage, rien n’avait encore été réalisé sur le site et les besoins sont énormes.  AT/MD (AMAP)

La France et ses partenaires européens officialisent leur retrait militaire du Mali

Bamako, 17 fév (AMAP) La France et ses partenaires européens ont officialisé, ce jeudi 17 février, leur retrait militaire du Mali, tout en affirmant vouloir rester engagés auprès des pays sahéliens. « Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés », a déclaré le président français, Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse aux côtés des présidents sénégalais, ghanéen et du Conseil européen. Dans une déclaration conjointe, la France et ses partenaires expliquent ce retrait par de multiples « obstructions » des autorités de la Transition au Mali.  Le Canada et les États européens opérant aux côtés de l’opération française Barkhane et au sein de la Task Force Takuba estiment que « les conditions ne sont plus réunies » pour poursuivre efficacement leur engagement militaire au Mali. Ils décident d’entamer le retrait coordonné du territoire malien de leurs moyens militaires respectifs dédiés à ces opérations.   Toutefois, selon la déclaration conjointe, Paris et ses partenaires « souhaitent rester engagés dans la région sahélienne et étendre leur soutien aux pays voisins du Golfe de Guinée et d’Afrique de l’Ouest pour contenir la menace terroriste. Les paramètres de cette réorganisation seront arrêtés d’ici juin 2022 ».  Lors de la conférence de presse commune, le président sénégalais, Macky Sall, a indiqué que « la lutte contre le terrorisme au Sahel ne saurait être la seule affaire des pays africains (…) ». Et d’ajouter : « Nous sommes heureux que l’engagement ait été renouvelé de rester dans la Région et de réarticuler le dispositif ». SS/MD avec AFP

Opération «Kélétigui» : Coups de boutoir contre les sanctuaires des terroristes

Envoyés spéciaux  Mohamed TOURE Habib KOUYATE Koutiala, 17 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) multiplient les actions de combat contre les ennemis nichés dans les collines boisées de la Région de Koutiala, dans le Sud du Mali. L’objectif est de détruire les repaires à partir desquels ils préparaient leurs actions pour faire régner la terreur dans la zone Du haut de sa terrasse, le capitaine Samba Gassama fixe un regard droit sur ses hommes pendant que les premières lueurs du jour se montrent, ce 10 février 2022. Le longiligne officier à la barbe finement taillée est peu bavard. Ce commandant du sous Groupement tactique inter-armé (GTIA 3) de l’opération Kélétigui et sa troupe ont passé la nuit au Centre d’armes infanterie de Koutiala. Après une journée éprouvante de patrouilles offensives aux trousses des combattants terroristes. La nuit tombée, les véhicules avaient été disposés en position stratégique pour prévenir tout risque. Sur ces terrains délicats, les militaires ne dorment que d’un œil. Toujours prêts !  La troupe du capitaine Gassama commence à se mettre en mouvement. Un vent frais balaye les alentours.  La colonne de pick-up aux couleurs de camouflage va entamer une nouvelle journée marathon.  C’est l’heure de la toilette, des exercices physiques et de la prière. Même en zone d’intervention, les militaires ne lésinent pas sur leur apparence. Les têtes sont minutieusement brossées au peigne pour certains. La toilette s’effectue également pour les engins et les armes qui sont minutieusement vérifiés et chauffés. Certains en profitent pour des coups d’éponge au véhicule.   L’unité prend rapidement le petit-déjeuner pendant qu’un air de musique traditionnelle « donso » résonne d’une voiture. Le café au lait et le pain sont rapidement dévorés par les combattants aguerris au maniement des armes.  Chacun avance avec son bol pour se servir. Une symphonie infiniment répétée. Le départ peut être donné. Le convoi s’élance lentement, en file indienne, pour rejoindre les autres éléments du Groupement tactique inter-armé (GTIA 2), engagé dans l’opération Kélétigui.  Le poste de commandement des opérations est basé à Karangana à 70 km de Koutiala. Ce trajet est effectué à travers les buissons, sur les pistes chaotiques mais sous les regards admiratifs des villageois. «La troupe se porte à merveille, le moral est au beau fixe. L’opération se déroule normalement. «Nous menons des actions offensives en autonome. La motivation est totale depuis que les autorités ont bien voulu mettre à notre disposition les matériels nécessaires pour la réalisation de notre travail», assure le capitaine Gassama, à la tête de l’une des unités combattantes de l’opération Kélétigui.  Le secteur de Koutiala avait connu une recrudescence des attaques terroristes menées notamment par des groupes affiliés à Al-Qaeda qui avaient sanctuarisé les forêts et les collines à la lisière de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Les groupes qui écumaient le secteur du Cercle de Yorosso étaient à l’origine de l’enlèvement, en février 2017, de la religieuse colombienne sœur Gloria Narvaez, dans la localité de Karangasso (40 km de Koutiala). La religieuse a été libérée par les Forces armées maliennes (FAMa) en octobre 2021.  Les terroristes ont également mené plusieurs attaques contre des postes de police, de douanes et de la gendarmerie, notamment à Koury et Sienso.  En plus des sévices qu’ils imposaient aux paisibles populations auxquelles, ils récoltaient des taxes, ils s’illustraient par des vols de bétail. Tout ceci n’est qu’un mauvais souvenir désormais. La montée en puissance des FAMa est perceptible aux moyens déployés et la motivation dont font preuve les soldats. Ils débusquent désormais au couteau et à la fourchette les terroristes aux confins de leurs sanctuaires. EN DEBANDADE – La capacité de nuisance des groupes terroristes a été amoindrie par la forte mobilisation des FAMa dans la zone. Ce dispositif en 8è Région miliaire a pour fer de lance le GTIA 2 engagé dans l’opération Kélétigui, sous le commandement du lieutenant-colonel Mohamed Dramane Sidibé. Bien bâti, l’officier barbu que nous retrouvons au PC est entouré de ses adjoints. D’une démarche déterminée, il donne des explications claires et nettes sur les opérations. «A travers Kélétigui, les FAMa mènent des actions d’envergure contre les groupes armés terroristes en vue de regagner du terrain et reprendre l’initiative sur ces groupes», explique le lieutenant-colonel Mohamed Dramane Sidibé.  « L’objectif, insiste-t-il, est de neutraliser les groupes terroristes et détruire leurs sanctuaires identifiés. Chose à laquelle lui et ses hommes travaillent activement, recherchant les zones de présence des terroristes et leurs bases pour les détruire. L’opération concerne la zone de Sikasso et celle de Koutiala. Essentiellement dans les localités de Denderesso, Zantiguila, Tièrè, Misanso, Kabalé, les collines situées entre le Mali et le Burkina Faso, la zone de Maou et sur Boura où la présence ennemie est signalée. «Nous évoluons avec les nouvelles acquisitions que les autorités ont mises à disposition. Je vois que les hommes sont déterminés pour mener à bien la mission. Récemment, la visite du chef d’état-major des armées a permis de réarmer le moral de la troupe», se réjouit le lieutenant-colonel Mohamed Dramane Sidibé. Les moyens engagés dans l’opération expliquent le succès engrangé contre les ennemis. La hiérarchie a notamment mis à disposition des hommes, des engins blindés et d’autres matériels efficaces.   Selon l’adjudant-chef Abdoul H. Niang, chef du peloton blindé du GTIA 2, les équipements blindés viennent en soutien aux troupes d’infanterie, celles à pieds, dans les pick-up ou les unités motorisées. «Certains endroits sont touffus. On ne peut pas y avoir accès. Nous ouvrons le feu, nous pouvons faire des détonations avant que les fantassins ne pénètrent la zone.  Nous pouvons tirer à longue distance avec toujours des effets», souligne l’adjudant-chef Abdoul H. Niang avant de monter à bord d’un de ses engins lourds. MOYENS D’ENVERGURE – Pour le lieutenant Moulaye Ould Gouba, commandant sous GTIA 2 de l’opération Kélétigui, les moyens d’envergure déployés ont rapidement fait la différence sur le terrain. Ce militaire trapu, aguerri au combat contre les groupes terroristes, laisse transparaitre à chaque geste ses qualités de meneur d’hommes expérimenté. Turban autour de la tête et cartouchière sur le gilet, il multiplie les échanges avec ses

Marche de soutien aux autorités de la Transition : Dakar-Bamako à pied

Dakar, 17 fév (AMAP) L’association Marche Internationale Dakar-Thieytou, une ONG sénégalaise, a initié une marche de 1.362 km (distance Bamako-Dakar) pour apporter son soutien aux autorités de la Transition au Mali. Partis de l’ambassade du Mali, dans la capitale sénégalaise, mercredi matin, à 9 heures 30 minutes, les marcheurs au nombre de 12 estiment pouvoir couvrir la distance en un peu plus d’un mois.  « Sur la route, nous serons rejoints par des Africanistes. Dans chaque grande ville ou village que nous traverserons, nous prendrons contact à travers les médias, avec la population à qui nous expliquerons que le Mali ne doit pas être sacrifié sur l’autel d’un club de valets de l’impérialisme », promet DJ Keeman, un responsable de l’association dont une partie du nom (Thieytou) porte le nom du village du savant africaniste Cheikh Anta Diop. Et de préciser que l’action de son association est spontanée. En plus de son objectif principal qui est de soutenir le Mali dans l’épreuve que lui font subir les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique du Monde CEDEAO), cette marche vise à démontrer la façon dont ces derniers « veulent tuer à petit feu leurs propres populations ». « Imaginez comment les populations sur le corridor Dakar-Bamako sont en train de souffrir. Les cimenteries risquent bientôt de fermer si la situation perdure », a ajouté un membre de la délégation qui a été reçue, avant son départ, par la 3è conseiller Mme Konaté Djenebou Doucouré et le conseiller consulaire Boubacari Minta.  « C’est une honte d’être derrière certains dirigeants africains », s’est indigné Nicko Junior Bouassi qui fustige la perméabilité de ceux-ci à la manipulation. Pour ce trentenaire, « le temps est venu de se dire la vérité ». « Et la vérité, c’est que le Mali ne doit pas échouer car son échec tel que planifié et souhaité par la France et ses ‘’nègres de service’’ sonnerait la fin de toute tentative de l’Afrique de se libérer définitivement de la servitude néocoloniale ». C’est pourquoi, les marcheurs invitent « les Maliens à être résilients et les assure du soutien de la jeunesse africaine qui s’organise pour converger vers Bamako », révèle-t-il. Bouassi a conclue par un hommage à Yérè Wolo, une organisation malienne qui, pour lui, est le fer de lance de cet engagement pour la libération du Mali. Un engagement qui mérite d’être soutenu par les organisations sœurs qui manifestent depuis l’imposition des sanctions à un pays dont la Constitution est l’une des plus panafricanistes et unionistes du continent. « Le Mali n’est pas seul dans cette épreuve voulue et entretenue par certains organisations ouest-africaines. On peut le sentir partout au Sénégal où la population est plus que convaincue que Maliens et Sénégalais ne sont que les organes d’un même corps », disent les marcheurs qui sont les héritiers de Cheikh Anta Diop. Ils présentent leur geste de solidarité comme la démonstration que la lutte pour la dignité et la souveraineté bénéficie de l’appui de nombreux Africains Les initiatives des souverainistes africains ont commence le gigantesque rassemblement du 28 janvier 2022 à la place de l’Indépendance de Dakar. GAD/MD (AMAP) 

Communiqué du Conseil des Ministres du Mercredi 16 février 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 16 février 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret autorisant et déclarant d’utilité publique les travaux de construction des bureaux de certains services de la Direction générale des Impôts, sur la parcelle de terrain, objet du Titre foncier n°905 de la Commune I du District de Bamako, sise à Sotuba. La parcelle de terrain, d’une superficie d’un hectare l8 ares 63 centiares en Commune I du District de Bamako est destinée à la construction des bureaux secondaires de la Direction Générale des Impôts. Les travaux empiètent sur une propriété privée qu’il convient d’exproprier pour cause d’utilité publique. La réalisation des travaux permettra d’améliorer les conditions de travail du personnel, l’accessibilité aux services des impôts et la prise en charge des contribuables. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a cependant appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 16 février 2022 Le Secrétaire général du Gouvernement, Mahamadou DAGNO Officier de l’Ordre national

N’Golobabougou : Les soldats accueillis en libérateurs

Envoyés spéciaux Cheick Amadou DIA Aliou SISSOKO Ségou, 16 fév (AMAP)  Perdu au milieu des champs de canne à sucre et entouré de mares et de canaux d’irrigation des cultures, le village de N’Golobabougou a comme seule voie d’accès, une route latéritique longue de 9 kilomètres qui le sépare de la plus grande ville de la zone, Dougabougou. C’est au marché de Dougabougou que les habitants de N’Golobabougou ont l’habitude de s’approvisionner en produits de première nécessité (céréales, huile, sucre, sel, etc.).  Soumis à un blocus depuis près de 90 jours, les habitants de cette bourgade, privés d’eau et de nourritures souffrent le martyr. Ils sont cernés et soumis à un harcèlement quotidien par les terroristes. Les femmes ne peuvent plus travailler dans leurs jardins maraîchers à 400 mètres de leurs maisons.  Les hommes sont cloîtrés entre les quatre murs de la cour de l’école pour se protéger contre les assauts quasi quotidiens des assaillants. «Chaque matin, ils viennent sur des motos et tirent des rafales sur nous, et nous ripostons avec les moyens du bord», nous confie Tiefing Koumaré, un habitant du village, en brandissant son fusil artisanal. « Il y a quelques semaines, la tension était montée d’un cran entre la population et les terroristes », indique notre interlocuteur. Les combats qui ont suivi l’embuscade tendue deux semaines avant notre arrivée sur place, a coûté la vie à un des leurs. On voyait encore à notre passage, son corps en putréfaction, exposé au bord de la route.  Le chef du village, Ba Kamité, se dit terrifié par la suite des évènements. En effet, le village n’a jusque-là, pas pu faire le deuil de son ressortissant. Il affirme que les autorités militaires qui font la patrouille dans la zone, leur ont défendu de toucher au corps.  Car, une des méthodes des terroristes, selon l’armée, consiste à piéger les cadavres, pour faire le plus de victimes parmi les éléments des Forces armées qui tenteront de les évacuer. Sinon, ce sont les populations civiles qui sont visées.  « La venue des Forces armées dans notre village est un grand ouf de soulagement pour nous», se réjouit le chef traditionnel. Il estime que cette présence est bien dissuasive pour l’ennemi et permet aux habitants de souffler, en se procurant des vivres, au moment où ils étaient au bord de la famine. Cependant, ils demandent la diligence des FAMa pour enfin accéder au corps et permettre à sa famille et au village tout entier de faire son deuil. CAD/AS (AMAP)

Région de Ségou (Centre) : Les Forces armées maliennes (FAMa) en position de force

Envoyés spéciaux Cheick Amadou DIA Aliou SISSOKO Ségou, 16 fév (AMAP) Dans une guerre, il ne faut jamais sous-estimer la capacité de l’ennemi. C’est ce principe qui trempe l’esprit et la stratégie des troupes de la 2è Région militaire du Mali, commandée par le colonel Didier Dembélé. En osmose avec ses hommes dans une ambiance bon enfant, il nous amène en immersion dans les préparatifs des opérations futures. Lancée le 1er janvier 2022, l’opération «Maliko» dans les zones infestées par le terrorisme islamiste donne des résultats tangibles sur le terrain.  Nous sommes le vendredi 12 février 2022, sur l’aire d’entrainement du camp qui abrite le poste de commandement de la 22è Compagnie d’infanterie motorisée (CIM), 155 éléments sont en atelier de formation sur le secourisme, les différentes formes d’attaque de l’ennemi et la détection des engins explosifs improvisés.  L’instructeur du jour, le sous-lieutenant Gérard Armand Diarra, explique que l’objectif de cet exercice, qui est nouveau dans la stratégie des FAMa, est la préparation opérationnelle avant le déploiement (POAD). La formation se déroule en collaboration avec les instructeurs de la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali (EUTM).  Quelques heures plus tard, la nouvelle tombe. Les habitants de N’Golobabougou, un village d’environ 2.000 âmes, situé à 9 km de la ville de Dougabougou le bassin sucrier du Mali, appellent à l’aide. Depuis trois mois, ils sont sous l’emprise des terroristes qui sévissent dans la zone. Le lendemain, ils doivent se rendre à la foire de Dougabougou pour se ravitailler en vivres. Mais ils ne peuvent pas s’y rendre, à cause des hommes armés qui occupent ou piègent la piste rurale d’une longueur de 9 km, qui relie le village à Dougabougou.  À 12h 35 minutes, le samedi, 13 février, un convoi d’une quinzaine de véhicules transportant une compagnie renforcée de 200 éléments lourdement armés, prend la direction du village martyr. Leur mission est de «nettoyer» la voie et d’escorter les habitants, afin qu’ils puissent se rendre à la foire et retourner en toute sécurité. Après 1h 30 minutes pour parcourir les 71 kilomètres qui séparent la ville de Ségou de la localité, la troupe sous le commandement du lieutenant Fousseyni Traoré, entre à Dougabougou sous les applaudissements des populations en liesse, en scandant «Armée Mali, Armée Mali». L’espoir se lisait sur tous les visages, hommes, femmes et enfants. À l’entame du tronçon Dougabougou-N’Golobabougou, le convoi ralentit sa progression. Les véhicules avancent à pas de tortue. Les fantassins marchent des deux côtés de la route. Chaque mètre carré est scruté, à la recherche d’engins explosifs improvisés (EEI). « Car, c’est l’arme fatale des ennemis invisibles », explique le lieutenant Traoré. Soudain, des tirs nourris retentissent !  Des suspects ont été repérés. Mais ils réussissent à se fondre dans la nature. Sur le parcours, on constate les stigmates de cette guerre asymétrique imposée à nos forces armées. Des hameaux de culture sont déserts. Les occupants ont tout abandonné sur place pour sauver leur peau. 25 terroristes capturés – Après deux heures de route environ, nous arrivons finalement à destination. On retrouve une population désemparée. Tous les hommes du village portent des fusils artisanaux ou de chasse en bandoulière, pour leur autodéfense. Ce sont les chasseurs «donzos». Ils ont installé leur base dans la cour de l’école du village qui ne compte que six salles de classes. Les femmes et les enfants sont cachés dans les maisons pour se mettre à l’abri des feux des assaillants. Bâ Kamité, le chef du village, prend la parole pour saluer l’arrivée des FAMa. «Vous nous avez sauvé la vie, que le bon Dieu vous  récompense», lance-t-il.  Il raconte le calvaire que vivent lui et ses administrés. Cela fait des semaines que je ne ferme pas les yeux, affirme le septuagénaire d’une voix tremblante, visiblement très affaibli. Chaque jour, ces villageois sont harcelés par les terroristes qui envoient quelques éléments leur tirer dessus pour leur faire peur et les empêcher de sortir du village. Des impacts de balles sont visibles sur les murs de l’école.  « La stratégie consiste à nous affamer pour nous contraindre à les rallier », estime Kariba Koumaré, un chef de famille de N’Golobabougou. En fin de journée, une dizaine d’hommes du village est embarquée à bord des véhicules militaires en direction du marché de Dougabougou. Une fois sur place, des sacs de riz, mil, maïs et quelques denrées alimentaires qui étaient disposés sur place, sont transportés par le convoi. Il reprend le chemin du retour pour ramener les sinistrés et leurs vivres à bon port.  À 20 heures, la mission prend fin. Le lieutenant Traoré et ses hommes font route vers Ségou, en attendant de se retrouver sur d’autres théâtres d’opération. À l’instar de N’Golobabougou, plusieurs localités situées sur la rive gauche du Niger, se trouvent dans la même situation. Mais avec l’opération «Maliko», l’espoir renaît peu à peu chez les populations. Ce qui fera dire au commandant du secteur 5, le colonel Didier Dembélé, que la montée en puissance des FAMa « est aujourd’hui une réalité » dans la région militaire dont il a la responsabilité.  En mouvement constant, une autre compagnie renforcée cette fois, de plus de 2.000 hommes se rend le lundi 14 février, dans la Commune rurale de Pogo, village situé à 22 km de Markala. Les renseignements recueillis par l’armée confirment la présence d’une base djihadiste dans la forêt de Bambougou, à 6 kilomètres de Niono. Mercredi à l’aube, le capitaine Abdel Kader Issa Ouédraogo et ses hommes ont donné l’assaut sur la base logistique qui abritait une infirmerie de campagne. Le bilan de l’opération se chiffre à 25 terroristes capturés, une grande quantité de vivres et de matériels de guerre récupérée. « La base a été complètement détruite », assure le chef de l’opération. « Dans les jours à venir, toute la zone sera sécurisée et stabilisée, pour permettre aux populations de reprendre une vie normale », poursuit le capitaine Ouédraogo.  L’étape suivante concerne la libération définitive du village de Farabougou dont la principale voie d’accès est bloquée par la présence d’engins explosifs improvisés.

Mali : L’Armée neutralise 5 terroristes à Niafunké (Nord) 

Bamako, 16 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont repoussé une attaque terroriste à Niafunké (Nord) infligeant une lourde perte à l’ennemi, ont annoncé, dimanche, des sources militaires maliennes dans un communiqué. « Le bilan est de 02 morts, côté FAMa et 05 morts côté assaillants », précise l’Armée qui affirme, sur son site web, avoir repoussé « vigoureusement » l’attaque terroriste intervenue dans la nuit du 12 au 13 février 2022, aux environs de 02 h du matin. Ces hommes armés auraient approché le camp du côté de la ville et ont abattu, à bout portant, les deux sentinelles à l’entrée et emporté une arme lourde, selon un responsable militaire de la ville. Ce serait des gens qui connaissent bien l’emplacement des check-points.  Lors d’un ratissage, ajoute la même source, les FAMa ont interpellé un suspect, après une course poursuite des patrouilles. Il a été mis à la disposition de la gendarmerie nationale aux fins d’enquête, selon une source militaire.  Les autorités administratives, politiques, coutumières, religieuses et  la population sorties en nombre  ont accompagné les disparus à leur dernière demeure, aux environs de midi.  « Les groupes armés terroristes (GAT) sont de plus en plus déstabilisés. Ils posent d’engins explosifs improvisés (EEI), font des tirs indirects et sabotent des pilonnes de communication GSM », indique la source. Depuis 2012, la ville de Niafunké n’avait connu une telle attaque contre le camp militaire d’où  un climat de peur et de méfiance totale dans la ville.    SS/SAM/MD (AMAP)  

Recrutement spécial : Les recrues en ordre de combat

Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 15 fèv (AMAP) La lutte contre le terrorisme dans au Mali est entrée dans une phase cruciale. Pour ne laisser aucun répit à l’ennemi sur les théâtres d’opérations, il a été ainsi procédé à un recrutement spécial dans les Régions militaires à travers le pays.  Après plusieurs mois de formation intense au camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré (Centre), les jeunes militaires seront affectés au niveau des régiments à travers le pays. Le but principal de ce recrutement spécial est de retirer le maximum d’armes de la circulation et d’étoffer les rangs des Forces armées maliennes (FAMa), dont la montée en puissance a complètement changé les rapports de force au front. En effet, le recrutement spécial concerne uniquement les ex-combattants des groupes armés. En compensation de leur désarmement, les plus aptes au service militaire sont recrutés au sein des FAMa. Dans la 6è Région militaire, ils sont actuellement 280 en formation au centre de recyclage du camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré, dans la Région de Mopti.  Lundi, nous les avons suivis pendant les exercices qui se sont déroulés sous la houlette du commandant Dramane Dembélé. Une partie des recrues a été soumise à une séance de montage et de démontage de fusils d’assaut, les yeux bandés. Un autre groupe apprenait les techniques de combat rapproché sur un nouveau terrain de sport dont le financement a été entièrement assuré par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le commandant Dramane Dembélé indique que la formation militaire de ces jeunes recrues est presque terminée. «La formation militaire s’étale sur deux étapes. La première consiste en l’initiation des éléments dans les centres de formation. La deuxième étape concerne leur affectation au niveau des Régions militaires pour le recyclage qui consiste à consolider les acquis», explique l’officier. Ces nouvelles recrues sont, en tout cas, dans de bonnes dispositions pour accomplir parfaitement les futures missions qui leur seront confiées par la hiérarchie. Il n’est pas exclu de les voir en première ligne dans la lutte contre le terrorisme dans les différentes localités du Mali, selon le commandement. MK/OD (AMAP)

Koro : des hommes armés non identifiés harcèlent les femmes pour leur port

Koro, 15 fév (AMAP) Des mouvements d’hommes armés non identifiés sont signalés, ces dernières semaines, en plusieurs endroits dans le Cercle de Koro, dans le Centre du Mali. Ces mouvements sont importants, surtout, au niveau des villages situés le long de la bande frontalière avec le Burkina Faso.  Dans la matinée du 7 février 2022, un groupe de femmes, qui se rendaient à la foire hebdomadaire de Zon, localité située à une trentaine de km de Koro, au Sud-Est, a été retenu par les hommes armés non identifiés pendant près d’une heure. Ils les ont obligées à écouter des prêches, Et, elles ont, surtout, fait l’objet de menaces pour ne pas avoir porté de voile. Les femmes de Gonso-Baroua, une localité situé au sud de la Commune de Koro ont, également, reçu des menaces pour les mêmes motifs.  Selon A.D, ressortissante de la localité qui a fait partie des personnes menacées, « les femmes n’ont d’autres choix que d’obéir à ces hommes ». « Personne ne peut dire où ils se trouvent et quand ils viendront. Ils peuvent surgir à tout moment. Pour le moment, il n’y a pas eu de violences physiques sur les femmes mais ils ont été catégoriques, prochainement toute femme qui ne porterait pas le voile sera punie. Nous avons peur et nous souhaitons plus de protection contre les hommes armés en brousse », dit-elle. Un tour dans les villages situé sur la bande frontalière permet au visiteur de se rendre compte du changement intervenu dans l’accoutrement des femmes . Elles portent toutes le voile qui n’était pas dans les habitudes des femmes de ces villages. Après avoir subi les conséquences de plus de quatre ans de crise sécuritaire, les femmes, couche la plus vulnérable, sont la cible des hommes armés non identifiés qui leur imposent un changement dans leu style vestimentaire. Ils les privent, aussi, de certaines libertés comme, par exemple, voyager dans le même tricycle que les hommes. AMAP