Cérémonies sociales à Bamako : Les bons comptes font les bonnes amies
Par Maimouna SOW Bamako, 17 juillet (AMAP) A Hamadallaye, un après-midi ensoleillé, dans une rue de ce vieux quartier de Bamako, la capitale malienne, une foule déchainée, avec à sa tête Kadia, poursuit deux jeunes dames. Les poursuivantes sont décidées à en découdre avec celles qu’elles pourchassent. Essoufflée par la course, encouragée par les cris de la foule, Kadia assiège ses adversaires. Les deux dames ont trouvé refuge devant la concession de la famille Traoré, dans la rue 105, près du lycée Prosper Kamara. Kadia jure de rester éternellement devant le portail, s’il le faut, pour faire payer leur insolence à celles qui l’ont déshonorée. Quel est l’objet du courroux de Kadia ? Elle n’est pas en mesure de répondre. Les yeux rouges de colère, elle continue de proférer des injures. Sa grande sœur Assan cherche à la raisonner et l’invite à laisser tomber. Assan témoigne : « Quand Kadia a accouché, il y a deux ans, son amie, devenue son ennemie, lui a apporté une soupe de poulet et Kadia a reçu de cette même amie, le jour du baptême de son enfant, une pièce de six pagnes ‘Hiterget’ et 10.000 Fcfa. Après l’accouchement de Mama, la partie adverse, Kadia lui a offert une soupe de tripes et un pagne «trois pièces », bas de gamme le jour du baptême ». Mama n’a pas attendu longtemps pour exprimer sa réprobation. Après le baptême, elle s’est rendue dans la famille de Kadia pour être remboursée. Le témoin, Assan, ajoute qu’elle a toujours participe aux cérémonies sociales de la famille de Mama. « Quand sa maman est décédée, dit-elle, j’ai fait le déplacement jusqu’à Sikasso pour assister aux obsèques. Nos deux familles se fréquentent depuis des années. Elle aurait dû se confier à moi, au lieu de tancer ainsi ma sœur ». Pourtant Assan comprend que Mama soit déçue en constatant que son amie Kadia n’a pas été à la hauteur de leur amitié, à travers des présents échangés, lors de cérémonies familiales. Elle a eu tort de retourner à Kadia le cadeau et d’exiger que celle-ci lui offre un de haut de gamme. Selon les explications de la sœur aînée, les deux dames en sont arrivées aux mains après des échanges vifs. La bataille visiblement a été remportée par Kadia appuyée par des éléments des familles voisines. Les habitants du quartier ont estimé que l’amie venue du Badialan II est coupable d’agression à domicile sur Kadia. Pour échapper à la furie, Mama et son accompagnatrice se sont sauvées pour se réfugier dans la famille Traoré. Aujourd’hui, les cérémonies de baptême ont reçu le sobriquet de « fadew kéné » en bambara. Ce qu’on pourrait traduire, approximativement, en français, par « champs d’honneur » où il faut être à la hauteur de la largesse dont on a, auparavant, bénéficiée : « Je te donne un beau cadeau. En retour, tu me donneras un beau cadeau ». Du donnant donnant. Et gare à celle qui ne s’exécute pas en temps et en heure. Au Mali, toutes les maîtresses de maison sont fières et très honorées de recevoir de nombreux invités à leur cérémonie familiale de baptême ou de mariage. Le nombre de présence traduit la place qu’occupe la famille dans l’échelle sociale. Mais la quantité et la qualité de cadeaux offerts aux nouveaux mariés ou au nouveau né, au cours de ces événements heureux, reflètent les capacités financières des hôtes et la reconnaissance sociale de la participation des parents à toutes les cérémonies sociales organisées dans le village ou le quartier. Offrir ou recevoir des cadeaux repose sur le principe de la réciprocité qui commande de savoir rendre plus que ce que l’on a reçu. Quand ce sujet est abordé dans un salon de tatouage, Sitan Kanté, toute remontée, témoigne qu’elle ne peut pas travailler pour honorer des amies qui, à leur tour, n’en fassent pas autant pour elle. « La grossesse compte neuf mois. Si elles ne sont pas de mauvaise foi, toutes celles qui veulent t’honorer ce jour-là, en auront eu largement le temps », vocifère-t-elle. En effet, Sitan Kanté a déjà réglé ses comptes avec des amies « incorrectes ». Le lendemain du baptême de son fils, elle a appelé une copine pour la sermonner, « Mah, je ne t’ai pas vue au baptême de mon enfant. C’est ton problème. Mais garde moi le pagne que je t’ai offert pour le baptême de ton fils. Je viens, de ce pas, reprendre mon cadeau ». D’un quartier à un autre, celle qui n’a pas accepté pas d’être traitée par dessus-la jambe est partie récupérer son pagne. Et elle le fait savoir, fièrement, à qui veut l’entendre. Au Mali, les grandes dames aiment se mettre en valeur. Elles portent de coûteux grands boubous, de clinquants bijoux en or ou en plaqués, des foulards soigneusement attachés. Elles son maquillées à vous couper le souffle. Et quel sourire ! Quand elles distribuent des billets de banque. Chacune a son secret pour être au centre des cérémonies sociales. Avant ces jours spéciaux, elles se soucient uniquement de collecter les parures pour paraitre sublimes le jour « J ». Elles se battent dans les marchés, les services publics et privés, le créneau des petits métiers, pour se donner les moyens financiers d’être autonomes, de se faire remarquer et donner l’illusion qu’elles sont riches comme Crésus. Elles n’hésitent point à liquider les économies de plusieurs mois de travail au cours de ces cérémonies sociales. Mme Fall Djénéba réside à Sébenikoro. Elle est la seconde femme de son époux. Elle a accouché pendant le mois de ramadan. Le moment n’était pas propice pour les cérémonies fastueuses. Le baptême a été reporté. Ce temps a permis à Mme Fall et à ses proches de se préparer pour en mettre plein la vue de sa coépouse. La vedette/star du prochain baptême a confectionné trois tenues différentes : une pour le matin et deux pour le soir. Toutes ses amies et proches ont cousu une tenue uniforme en basin pour l’accompagner dans ses moments de folie des grandeurs. MS/MD (AMAP)
Protection des enfants contre la Covid-19 : Le rôle clef des media
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 16 juillet (AMAP) L’information est un moyen qui peut jouer un rôle important relatif à la sensibilisation des enfants dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19, a déclaré, mercredi, Dr Ahmed Zayed, Professeur de sociologie à la Faculté des lettres à l’Université du Caire, en Égypte. Dr Zayed, qui animait un séminaire international en ligne, sur « les dimensions de la crise des droits des enfants à la lumière de la pandémie du Coronavirus », organisé par l’Union des agences de presse de l’Organisation de la coopération islamique (UNA-OCI), en collaboration avec le Conseil arabe pour l’enfance et le développement (ACCD), a soutenu que « la presse est une alternative à la fermeture des classes et à la démission des parents pour éduquer les enfants durant cette période de crise sanitaire ». Insistant sur le rôle capital de la presse dans la protection des enfants contre ces conséquences de la Covid-19, Dr Zayed a ajouté que « les médias doivent veiller à ce que l’enfant soit informé sur l’importance de la propreté et de l’hygiène qui sont fondamentales pour la protection contre les maladies ». Dans sa présentation au cours de cette formation destinée aux professionnels des médias évoluant dans le domaine de la protection de l’enfance, le conférencier a expliqué les conséquences nombreuses du Coronavirus sur les enfants. Outre la fermeture des écoles qui a été l’un des premiers impacts visibles dans nos sociétés, le Professeur de sociologie a fait savoir que les enfants sont victimes de pressions psychologiques liées au changement de comportement dans notre environnement, notamment pendant le confinement. Selon lui, ce changement a créé la peur chez eux (les enfants) « car ils ne savent pas clairement la raison de ces mesures barrières ». Dr Ahmed Zayed a, aussi, indiqué que les violences conjugales, qui se sont accrues durant le confinement, sont également un facteur de trouble chez l’enfant. Pour lui, la Covid-19 a bouleversé les programmes de lutte des pays contre d’autres types de violations des droits des enfants, notamment les abus sexuels et le mariage précoce. « Cela, a-t-il poursuivi, a favorisé l’aggravation de ces phénomènes au détriment des enfants ». Selon des données publiées par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), La Covid-19 perturbera les efforts visant à mettre fin aux mariages d’enfants, ce qui pourrait se traduire par 13 millions de mariages d’enfants supplémentaires entre 2020 et 2030, qui auraient pu être évités autrement. Concernant les Mutilations génitales féminines (MGF), 2 millions de cas, qui auraient pu être évités, pourraient se produire au cours de la prochaine décennie, en raison de l’interruption des programmes de prévention des MGF, du fait du focus sur la Covid-19. Il faut ajouter à toutes ces conséquences, le manque d’assistance sociale et sanitaire au profit de l’enfance, y compris l’insécurité alimentaire dus à la perte de revenus des parents engendrée par la pandémie. Abordant les conséquences socio-économiques de la crise sanitaire mondiale, l’universitaire a cité la fragmentation des familles à cause de la distanciation entre les personnes, la perte de la confiance au sein des communautés locales. S’y ajoutent l’augmentation du taux de chômage (25 millions de chômeurs supplémentaires dans le monde) et le bouleversement du commerce international voire national. Concernant les impacts politiques, le sociologue, a déploré que les organisations internationales n’ont pas pu lutter efficacement contre la Covid-19. A l’en croire, les intérêts politiques et économiques ont interféré dans la réponse à la crise sanitaire, notamment le bras de fer qui a opposé la Chine et les États-Unis d’Amérique. Selon lui, l’autosuffisance et le renforcement des services de santé peuvent aider nos sociétés à affronter ce genre de crise. Les participants à la conférence ont recommandé, entre autres, la mise en œuvre d’opportunités pertinentes en faveur des enfants durant cette pandémie, la révision des lois et des conventions, le renforcement des politiques de protection économiques et sociales et un partenariat solide entre les medias pour parvenir à des résultats efficaces contre la pandémie de la Covid-19. L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) a pris part à la visioconférence MDD/MD (AMAP)
Bamako : Dans le monde interlope des apprentis de transports en commun
Par Lassana NASSOKO Bamako, 15 juillet (AMAP) Des sotramas (minibus pour le transport urbain entre les quartiers de Bamako, le centre-ville et sa périphérie) stationnés les uns après les autres, en file indienne. A bord, des passagers. Regards anxieux, certains semblent attendre avec impatience le départ du véhicule. Les apprentis, eux, restent sourds aux appels des clients qui les supplient de démarrer. L’un d’entre eux est tout feu tout flamme. «Djelibougou, Doumanzana, Nafadji (Ndlr, des quartiers de Bamako) ?», hurle-t-il. Un autre tente de convaincre une dame arrêtée qui hésite entre monter dans le véhicule ou attendre un autre qui aurait amorcé le départ, pour éviter de subir le même sort que les passagers déjà à bord. «Ne baa (ma mère), entrez. La voiture est prête à partir», dit le jeune apprenti pour la faire décider. A côté, des vendeurs de café servent des clients. Le parfum agréable de ce produit monte à la surface. Certains vendeurs de café sont debout près des kiosques. D’autres s’activent sous des parapluies. «Walawala», «sanpren», lit-on sur quelques pavillons. Ces écriteaux, venus du jargon des apprentis, signifient dynamisme, vigueur au quotidien. C’est là que les apprentis de sotrama se retrouvent pour acheter du café, des cigarettes et autres boissons alcoolisées. Wara (Lion en langue bambara), est un vendeur qui s’est forgé une réputation dans le secteur. Un petit sac noir autour du cou, il surplombe une table où se trouvent, pêle-mêle, des paquets de cigarettes, des tasses de café, des sachets de vin. Sans compter des boîtes de comprimés «Sedaspir». D’autres cachets, «peu catholiques», sont dissimulés par crainte d’attirer les regards indiscrets. Surpris par la présence de ces produits pharmaceutiques, nous décidons d’interroger Wara, un homme bien sibyllin. Dans ses explications confuses, on retient que ces médicaments « par terre » assimilables à des stupéfiants donnent au café des vertus plus tonifiantes, pour ne pas dire plus. Ce qui expliquerait la méfiance des amateurs, chaque fois qu’ils aperçoivent un visage peu familier rôder autour de leur échoppe. Un apprenti chauffeur, présent sur les lieux, semble importuné par notre présence et nos questions. Il a choisi d’attendre notre départ pour se procurer sa dose matinale. Par crainte de mécontenter la clientèle de notre hôte, nous nous éloignons d’eux pour nous diriger vers un autre vendeur. IVRESSE – Installé à quelques mètres de l’autre commerçant, des clients l’assaillent. Par-ci, par-là, on l’apostrophe. Chacun voulant être servi d’abord. D’autres clients, assis sur des bancs, sirotent du café. «L’unité se vend à 50 ou 100 Fcfa. Le prix est fonction de la dose», explique le marchand. Dans le groupe, un jeune apprenti tend un billet de 500 Fcfa pour s’offrir du café noir mélangé à du vin. Interrogé, ce dernier reconnaît, sous couvert de l’anonymat, qu’il ne peut pas «marcher» sans ce breuvage. «Notre travail demande plus que de l’énergie. C’est très difficile. Ces doses sont souvent nécessaires pour appeler les clients avec ferveur et tenir bon tout au long de la journée», se justifie-t-il. Le café noir mélangé à du vin et à bien d’autres produits ne risquerait-il pas de troubler vos facultés mentales ? «Non ! Au contraire, moi je garde intacte ma lucidité et je réussis à vaincre le sommeil ou la torpeur», répond-il. Approché, un autre apprenti abonde dans le même sens. «Tous les jours, nous parcourons Bamako entre 5 heures et 21 heures. Un apprenti ne doit pas être mou», confie-t-il. Mais, pour lui, le café et le thé suffisent largement pour rester en forme toute la journée. Il se dit convaincu que les drogues mènent tôt ou tard à la démence. La lucidité dont fait montre ce dernier, tranche avec les clichés que l’on colle aux apprentis. Enfants turbulents, grossiers, jeunes anticonformistes et irrévérencieux. Les qualifications et les préjugés ne manquent pas à leur sujet. L’apprenti B. semble accorder peu d’importance à ces commentaires sur eux et leurs comportements. «Nous ne faisons que notre travail. On n’est pas des délinquants. Ces excitants nous permettent d’être au top de notre niveau physique toute la journée», rétorque-t-il, en reconnaissant tout de même, qu’à la longue, cela fait souvent vaciller. «C’était lors d’un 31 décembre. On a roulé de jour comme de nuit. C’était du non-stop. J’ai pris du café, des comprimés, en plus de l’alcool. Le lendemain, je n’ai pas pu dormir. J’avais des hallucinations et de violents maux de tête. Je ne prendrai jamais de telles doses», témoigne-t-il. Chez le chauffeur Sidi, le ton est amer contre les apprentis qui consomment ces produits stupéfiants ou similaires. «Moi, je ne tolère pas ces choses-là. Quand je vois mon apprenti fumer de la cigarette ou prendre du café noir mélangé à des excitants, je lui dis de chercher un autre patron», tranche le conducteur. La police laisse-t-elle faire ? Parfois, des éléments s’infiltrent pour sévir contre ces vendeurs de café et de produits prohibés. « Une fois, nous confie Samba Bah, un policier en civil est venu et a arrêté quelqu’un qui avait même fait fortune dans cette activité ». Contactée, une source médicale révèle que des apprentis sont parfois reçus dans un état critique au centre hospitalier. «Il y en a qui arrivent souvent délirants. D’autres avec des convulsions violentes. Et les cas les plus graves, ceux qui arrivent en coma, sont transférés au service approprié à l’Hôpital Gabriel Touré», confie notre source. LN/MD (AMAP)
Violences à Bamako : Des parents déconseillent à leurs enfants de participer aux manifestations
Bamako, 14 juillet (AMAP) Beaucoup de mères et de pères de famille, dans les quartiers de la Commune III du District de Bamako, dissuadent les jeunes de s’associer aux mouvements de protestations qui s’attaquent aux biens publics présentement dans la capitale malienne. Elles s’inquiètent plutôt de la vie de leurs progénitures. Après des actes de vandalismes suivis d’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre ayant provoqué des pertes en vie humaines, le weekend, dans la ville, et suite à l’appel de certains regroupements des jeunes de barricader toutes les routes menant aux services de l’administration d’Etat, certains parents tentent de retenir enfants. « J’ai dit à tous mes fils d’éviter les lieux de rassemblement et de protestation dans la ville. Les choses ont pris une autre tournure. Chacun cherche son intérêt personnel. Moi, mes enfants sont mon avenir », estime Aminata Sidibé, sexagénaire, habitante de N’Tomikorobougou. Pour elle, il y aura toute personne, de différents objectifs, parmi les manifestants toute chose qui conduira au drame. Au Badialan II, la famille Traoré surveille, comme du lait sur le feu, le garçon le plus récalcitrant afin qu’il ne puisse plus participer aux protestations. « Tous les jeunes de ma famille sont conscients du danger et du risque qu’ils courent en participant à ces mouvements. Sauf Moussa. Il était dans la manifestation du vendredi dernier et a d’ailleurs passé la nuit dehors sans donner de nouvelles de lui. Nous sous sommes tous fait du souci pour lui. Il n’est revenu à la maison que samedi, vers 09 heures du matin », explique Abdoul Traoré, le père de famille. Et d’ajouter « depuis ce jour, ses frères et moi-même le surveillent pour qu’il ne puisse plus regagner les mouvements ». Moussa s’est vu refuser l’entrée de la famille avec un quelconque butin des actes de vandalisme à l’Assemblée nationale. Les porteurs d’uniforme déconseillent aussi les membres de leur famille de suivre les manifestants, car beaucoup d’éléments de la police, de la gendarmerie nationale et de la garde nationale sont natifs de la Commune III du District de Bamako. Après que la situation s’est dégénérée, ces forces de l’ordre appellent leurs parents à rester loin des attroupements de manifestants. « Mon grand frère, un policier en service au Groupement mobile de sécurité (GMS), a appelé notre mère pour lui parler du danger à s’associer aux rassemblements. Il lui a dit de nous empêcher de suivre les manifestants, et depuis la maman ne cesse de maudire quiconque. parmi nous, s’entêterait de participer à la manifestation »m dit Alhassana Diakité, la vingtaine révolue, habitant à Darsalam. A l’en croire, c’est son grand frère policier qui lui a révélé qu’il a eu plusieurs blessés dans les rangs des policiers. « Il m’a dit que certains de ses camarades ont été gravement blessés lors des saccages du vendredi. Aussi, qu’un policier a été atteint au pied par balle, le samedi, lorsque les manifestants se sont attaqués au commissariat du 10ème arrondissement. Il nous a informé que certains manifestants ont des armes et s’en servent », ajoute Alhassana. Après la pluie d’hier, aux environs de 13 heures, nous avons fait un tour dans les quartiers de la commune III du District de Bamako. Nous n’avons constaté aucun rassemblement ni attroupement et encore moins de barricades sur les routes. Certains axes étaient à moitié libérés car il y avait des restes d’objets calcinés sur une bonne partie du bitume. Entre autres, des résidus de pneus brûlés, des branchages, des ordures ménagères. Le chemin qui passe derrière la Bourse du travail, vers le cimetière chrétien de Bamako Coura, était complètement barricadé. Il n’y avait aucun passage sur cette route. Jusqu’au moment où nous rédigeons notre article, à 14 heures, aucun mouvement de protestation n’avait repris en commune III du District de Bamako. OD/MD (AMAP)
Sacs plastiques non biodégradables : Péril sur l’environnement
Par Aboubacar TRAORE Bamako, 09 juillet (AMAP) Mardi 30 juin 2020, il est 19h 30mn à Yirimadio Zerny, un quartier périphérique de la Commune VI du District de Bamako. Dans la boutique de Sidi Mohamed Haïdara, un quadragénaire mauritanien, les clients, dans une quasi bousculade, se succèdent au comptoir pour leurs achats pour le dîner. En 15 minutes, presqu’une dizaine de clients furent tous servis. Du pain, de l’huile, des insecticides, en passant par le savon, le lait ou le sucre en poudre, sont remis aux clients, par le vendeur, dans des sachets plastiques à usage unique. Parmi ces clients sortis de la boutique, Mariam Ongoïba, trentenaire, enseignante et mariée. « J’ai entendu dire que les sachets plastiques sont dangereux pour l’environnement mais j’accepte que le boutiquier y met mes courses puisque que c’est assez pratique », explique-t-elle. A la question de savoir ce qu’elle fera de ces sacs plastiques, une fois débarrassés de leur contenu, sa réponse est sans équivoque. «Après avoir enlevé mes produits, je les jetterai dans la poubelle comme tout le monde », a laissé entendre l’enseignante, sans états d’âme. Quant à notre boutiquier, Sidi Mohamed Haïdara, cela fait plus de 20 ans qu’il exercice ce commerce. « J’ai commencé ce métier depuis 1999, en Côte d’Ivoire jusqu’à l’éclatement de la crise postélectorale en 2011 quand j’ai décidé de venir m’installer, ici, au Mali. J’ai toujours servi mes clients dans des sachets plastiques à usage unique », a-t-il confié. Toutefois, le Mauritanien reconnait que l’utilisation des sacs plastiques contribue à la dégradation de l’environnement, mais ignore complètement l’existence d’une loi interdisant leur usage au Mali. «Depuis que je vends, ici, à Bamako, jamais un client n’a refusé d’être servi dans les sachets. D’ailleurs beaucoup exigent de doubler voire tripler le sachet lorsqu’ils estiment avoir payé suffisamment pour cela », a détaillé le boutiquier. En revanche, depuis quelques années, le gouvernement mauritanien a interdit l’utilisation de ces sachets plastiques à usage unique, se souvient Sidi Mohamed. « En dépit de cette interdiction, certains commerçants continuent, toujours, d’en faire usage en catimini », a-t-il admis. La ville de Bamako produit environ 3.390 tonnes de déchets par jour, dont 5% constitués de matières plastiques soit 169,5 tonnes !!! selon des études réalisées en 2016. Le directeur national de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et nuisances, l’Inspecteur général des Eaux et forêts, Ousmane Sidibé, qui cite ces statistiques, pense qu’elles doivent être actualisées aujourd’hui. Il suffit d’une seconde pour fabriquer un sac plastique qui est, en moyenne, utilisé pour à peine 20 minutes mais met entre 100 et 400 ans à se désagréger, soutiennent les experts. Le sac plastique, à usage unique, est devenu le symbole de notre société de consommation. Utilisés en grand nombre pour une utilité limitée, ces sacs se retrouvent sur les rives et au fond de nos fleuves, dans les océans et ont des conséquences avérées sur le milieu marin et l’écosystème en général. Depuis quelques années, l’on constate une prise de conscience internationale concernant la problématique de ces sacs plastiques à usage unique. La célébration, le 3 juillet dernier, au Mali et dans le monde, de la ‘Journée mondiale de lutte contre l’utilisation des sacs plastiques qui ne se décomposent pas’ illustre cette prise de conscience. Certains pays ont, d’ores et déjà, interdit les sacs plastiques sur leur territoire. C’est aussi le cas, depuis 2014, avec l’adoption de la loi n° 2014-024 du 03 juillet 2014 portant interdiction de la production, de l’importation et de la commercialisation des sachets plastiques non biodégradables en République du Mali. Par biodégradable, il faut entendre tout sachet plastique susceptible de se décomposer dans un délai de plus de 18 mois, sous l’action des micro-organismes présents dans la nature. Cette loi interdit, depuis le 1er janvier 2014, la production, l’importation et la commercialisation de sachets plastiques, sac de grand ou petit format à base de matière synthétique (polyéthylène), servant de contenant pour les denrées alimentaires ou tout autre produit. Quid de l’application effective de ce texte plusieurs années après son adoption ? Au Mali, les sachets plastiques prolifèrent partout. Aucun décor n’échappe aujourd’hui à l’invasion de cette matière polluante. Que ce soit dans nos marchés, pharmacies, restaurants huppés ou gargotes, nos ateliers de couture. Mais, aussi, dans nos grandes villes comme en campagne, des milliers de sachets plastiques non biodégradables sont utilisés quotidiennement. Ils sont importés en grande quantité en violation flagrante de la loi. Selon l’Organisation des Nations-unies (ONU), environ 5.000 milliards de sacs en plastique sont consommés, chaque année, dans le monde, soit presque 10 millions par minute. « S’ils étaient attachés ensemble, ils pourraient entourer la planète sept fois toutes les heures », calcule l’ONU. Elle indique, également, qu’un peu plus de 10 tonnes de plastique sont produites, chaque seconde, dans le monde. Le plastique est d’ailleurs devenu le matériau le plus fabriqué après le ciment et l’acier, fait savoir l’Organisation mondiale. «Depuis 1950, 6,3 milliards de déchets plastiques se sont accumulés sur la planète», déplore-t-elle. AT/MD (AMAP)
Goundam : Peur sur la ville !!!
Par le Correspondant de l’AMAP Goundam, 06 juillet (AMAP) Ce premier semestre de l’année 2020 a été marqué, dans la ville de Goundam, dans le Nord du Mali, par une vague d’insécurité matérialisée par des actes agressions d’habitants, à domicile, dans les bureaux, dans la rues, dans les commerces, par des individus armés circulant, généralement, à motos nullement perturbés par la présence des forces de défense et de sécurité nationales et étrangères. Il n’est pas rare que des véhicules 4×4 lourdement chargés débouchent en trompe dans les rues étroites de la ville, tuant au passage des animaux domestiques, blessant des enfants et des personnes âgées qui ne peuvent fuir devant la furie du conducteur cherchant à se frayer un passage, après un forfait. Des jeunes encagoulés, arme au poing et à moto, mènent, chaque semaine, des cambriolages. Ils ont braqué des boutiques dont celle de Oulalé, puis se sont attaqués à la seconde boulangerie de la ville où ils ont dépouillé les travailleurs et se sont emparés d’une quantité importante de pains! Un commerçant a été, récemment, pris en chasse par les mêmes bandits, pour sa moto, dans le quartier Haribanda, vers 20h alors qu’il rentrait chez lui. Après avoir miraculeusement échappé aux balles de ses agresseurs, il abandonna sa monture et prit la clé des champs. Mais comme le dit un adage : “Tous les jours appartiennent au voleur mais le temps de la victime finira par arriver aussi”. Un jeune homme, originaire du nord du Cercle, poussé par l’appât du gain facule et rapide, pistolet en poche, s’est mis à la quête de la moto tant convoitée. C’est au quartier Alkara qu’il crût trouver l’occasion de son forfait. Il y rencontra un jeune à qui il intima l’ordre de lui remettre la clé de sa moto. Ce dernier obéit, sans la moindre résistance, devant l’arme que le voleur pointait sur lui. Il était 16h40 !!! La rue est peu fréquentée. Le voleur empocha son arme et s’apprêtait à démarrer quand sa victime se jeta sur lui et voulut se saisir de l’arme. Une lutte s’engagea entre les deux jeunes. Des coups retentirent. Des gens accoururent. Le malfrat fut immobilisé après avoir reçu de nombreux coups. Il fut traîné à la brigade de gendarmerie. L’agresseur, après interrogatoire, fut conduit au centre de santé pour des soins, puis acheminé à Tombouctou. Quand au jeune motocycliste, dont seulement une partie du boubou a été brulée par les balles, il récupéra sa moto à laquelle il tient tant. Les forces armées et de sécurité et la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) multiplient les patrouilles pour dissuader les bandits qui n’ont pas renoncé et qui dépouillent, sans aucun état d’âme, les voyageurs hommes et femmes et même… les malades. L’axe Goundam-Tombouctou reste leur zone de prédilection. AAT/MD (AMAP)
Mali : Les pratiques sociales bousculent les gestes barrières anti-Covid-19
Reportage : Oumar DIAKITE, Amadou MAÏGA et Amsatou Oumou TRAORE Bamako, 03 juillet (AMAP) Chaque jour, l’Institut de santé publique (ISP) découvre de nouveaux cas positifs à la maladie à coronavirus au Mali. Au moment de rédiger notre article, jeudi 02 juillet 2020, quelque 58 cas ont été enregistrés avec un total de 2260 personnes contaminées sur l’ensemble du territoire. L’ISP continue de sensibiliser la population à plus de vigilance et à observer les gestes barrières consistant à maintenir la distanciation d’un mètre, à éviter les poignées de mains, les accolades, à porter le masque, à se laver les mains au savon, à se désinfecter avec le gel hydro-alcoolique, entre autres. Nonobstant le nombre de plus en plus considérable de cas déclarés positifs à la maladie a coronavirus et des décès enregistrés, des Maliens restent sceptiques sur l’existence de la pandémie de la Covid-19 dans notre pays. Malgré le taux de personnes contact positives à la maladie, les Maliens vaguent, inconsciemment, à leurs activités quotidiennes, sans aucune mesure de protection. Les comportements lors de cérémonies sociales où le risque de contact est très élevé révèlent la négligence flagrante de nos compatriotes face à la menace. Lors des baptêmes, funérailles, les mariages et même les ‘tours’ (rencontres familiales ou entre amies), on constate que presqu’aucune précaution sanitaire n’est prise face au Coronavirus. Les mesures sanitaires sont, du coup, foulées au pied lors de ces différentes cérémonies traditionnelles et religieuses de rassemblement massif. Les habitudes restent les mêmes. Pis, on a tendance à stigmatiser les personnes qui appliquent les gestes barrières. « Je me demande quand les Maliens vont-ils changer de mentalité. J’ai assisté à deux funérailles, je n’en revenais pas : les gens me regardaient avec mépris, parce que je portais le masque, les gants et prenais soin de ne pas trop m’approcher de la masse », déplore Ousmane Diallo, cadre de banque. M. Diallo dit avoir toujours pris soin des membres de sa famille, depuis l’apparition de la maladie au Mali. « Mes enfants ne rendent plus visite à nos grandes familles. Je leur ai interdit la fréquentation de tout lieu de concentration humaine massive », précise-t-il. Par contre, d’autres personnes prennent le risque de s’exposer. Ces dernières prétextent ne pas vouloir vexer leur prochain. « J’ai participé à un mariage civil, aujourd’hui, (Ndlr : jeudi 02 juillet) à la mairie de Samé. A part moi, personne ne portait le masque. On était entremêlé. On se donnait la main. J’ai été obligé de faire comme tout le monde. Je ne pouvais refuser de serrer les mains tendues », témoigne D.C, webmaster dans un service national d’information et de communication. Notre technicien s’est, tout de même, désinfecté les mains avec du gel hydro-alcoolique, de retour dans son bureau. Abidine Issa Sangaré, officier d’état-civil au Centre secondaire d’état civil de Kalabancoura, assure que la Covid-19 a renforcé les mesures prises par les mairies bien avant, parce que seuls les mariés et leurs témoins accédaient à la salle de célébration. Ici, à Kalabancoura, les mesures de prévention ne sont pourtant pas respectées. La distanciation sociale préconisée pour circonscrire la propagation du virus de la pandémie est superbement ignorée par la foule de fêtards. Le dispositif de lavage des mains au savon existe bien à la porte, mais les gens ne respectent pas les gestes barrières surtout, les jours de mariage. Selon le maire délégué de la circonscription, Moussa Z. Doumbia, la mairie respecte toutes les règles édictées par les services sanitaires dans le cadre de la célébration du mariage. Il expliquera que les maires et les conseillers municipaux n’ont aucun pouvoir de restriction sur les accompagnants des mariés en dehors de la salle de célébration. Pour Kaniba Komogara, marraine d’un mariage à la mairie dans le même centre d’Etat secondaire, le mariage est devenu moins coûteux, aujourd’hui. La pandémie du coronavirus a contraint les autorités à prendre des dispositions pour limiter le nombre d’invités à moins de 50 personnes dans les cérémonies sociales. A l’en croire, depuis le salon de coiffure, les mariés prennent toutes les dispositions pour respecter les mesures barrières. Quant à Amadou Sacko, natif de Kayes (Ouest), il est venu participer à un mariage dans la capitale. «Je ne crois pas du tout à l’existence du coronavirus parce que si tel était le cas, beaucoup seraient déjà morts», croit-il savoir. Quant au jeune Daouda Sangaré qui vient de convoler en justes noces, il est conscient du péril. «Dans un contexte de pandémie du coronavirus, on doit respecter les mesures barrières pour notre propre santé et celle des autres. Cela permettra d’arrêter la chaine de contamination du virus. Je ne pouvais repousser la date de mon mariage mais j’ai moins dépensé aussi», se réjouit-il. SUSPICION – Certaines personnes croient toujours à la « théorie du complot », à une combine lorsqu’on leur parle du Coronavirus. Pour elles, la maladie n’existe pas ou, même si elle existe, ce n’est pas au Mali. « C’est une machination. On veut détruire notre humanisme, notre manière de vivre dans la société. Qu’ils se détrompent », nous réplique une dame, lors de la cérémonie de célébration d’un mariage civil, le dimanche 28 juin, à Sénou. Tout en nous reprochant d’être à la remorque de ceux qui jouent le jeu de la propagande, de la manigance des Occidentaux. Près de cette femme, une autre s‘insurge. Visiblement non instruite et femme au foyer, la dame en basin avoue qu’elle avait eu peur à l’annonce de la découverte de la maladie chez nous. « J’ai compris, quelques semaines après, qu’il n’en était rien », dit-elle. « Sinon, ils n’allaient pas tenir leurs élections législatives », dénonce-t-elle. « Nous, nous ne nous privons pas de nos rencontres sociales. Pas plus tard que la semaine dernière, notre tour de tontine était chez moi. Nous étions une vingtaine de femmes. On se f… de vos gestes barrières », éructe la bonne dame qui hurle comme si elle avait en face une personne qui l’avait privé de sa liberté de mouvement. Les villages aux environs de Bamako et Kati sont touchés à la négligence des citadins, lors des cérémonies
Production de mangues au Mali : La transformation reste le défi
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 02 juillet (AMAP) «Des clients se plaignent, chaque jour, de la qualité de mes mangues. Pourtant, c’est grâce à cette activité que j’arrive à tirer mon épingle du jeu, notamment en cette période très difficile financièrement ». Fatoumata Kéita, vendeuse de mangues à Kati, depuis cinq ans, se plaint ainsi de la mévente actuelle de ce fruit très prisé. « J’ai des difficultés à trouver des mangues de qualité. Pour m’approvisionner, actuellement, en mangues, je fais le tour de trois à quatre vergers. Après ce périple, je me retrouve avec des mangues que personne n’achète. C’est la mévente», enchaîne-t-elle, découragée. Comme elles, la plupart des vendeuses, qui ont fait du commerce de mangue leur activité génératrice de revenu de premier ordre, sont confrontées à cette situation. Cela, chaque année, vers la fin de la saison des mangues. Parmi elles, Awa Diarra. Elle, aussi, se plaint de ne plus pouvoir écouler ses fruits vedettes. En cause l’anthracnose. Cette maladie fongique dont est atteinte la mangue, généralement, pendant la floraison et tout au long de la formation, entraîne souvent une décomposition rapide du fruit. C’est une maladie favorisée par les piqûres d’insectes comme les mouches qui offrent une porte d’entrée idéale pour l’installation du champignon dans la culture. Cette situation pose la problématique de la transformation de la mangue, visiblement chère à Awa Diarra. Elle dit que grâce aux technologies innovantes, la mangue peut être transformée en produit séché, en confiture, en jus et même en purée pour permettre sa conservation et sa commercialisation à long terme. «En la transformant en mangues séchées, elle peut être conservée plus longtemps et même être commercialisée hors de notre pays», soutient la vendeuse de mangues à Kati. Qui déplore le manque de formation et de moyens financiers pour lancer son business de transformation de la manque. « Ces pertes qui constituent un manque à gagner énorme pour notre économie, peuvent être évitées s’il existe un créneau de valorisation de ce fruit », ajoute Alidou Kéita. Pour ce propriétaire de verger, le potentiel disponible est immense mais reste sous-exploité à cause du faible moyen technique, financier et en termes de formation adéquate. Il cite en exemple les grandes zones de production comme Sikasso où, faute de moyens, des quantités importantes de mangues pourrissent, chaque année, dans les plantations. Selon une étude du Programme compétitivité et diversification agricole (PCDA) réalisée en 2009, le Mali a un potentiel de production estimé à 575.000 tonnes de mangues, par an, toutes variétés confondues. Mais Seulement 8.673 tonnes sont transformées. Au regard de cette potentialité, l’accès aux moyens de transformation par séchage, en jus et autres, offre des perspectives de revenus intéressants pour nos familles rurales. Ainsi, pour valoriser la filière, le gouvernement et ses partenaires au développement ont installé des unités de transformation dans certaines régions. Le but étant la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des acteurs du secteur. Le Projet d’appui à la compétitivité agro-industrielle au Mali (PACAM), initié à cet effet par le ministère de l’Agriculture, entre dans le cadre d’une stratégie gouvernementale visant la valorisation de l’agriculture commerciale. Ses composantes 1 et 2 s’intéressent à l’augmentation, la transformation, l’exportation de mangues et à la consolidation de l’accès aux zones de productions de mangues. Financé par la Banque mondiale et le gouvernement, il appuie techniquement et financièrement les acteurs de la filière en matière de transformation. Grace à ces appuis, la quantité de mangues transformées est estimée à 8.673 tonnes, au sortir de la campagne 2019, selon le spécialiste des filières et alliances productives du PACAM. « Cette quantité est repartie en mangues séchées (75.369 tonnes), transformée en purée (6.910 tonnes), en concentrée (1.681 tonnes), en confiture (2,7 tonnes), en nectar (3,56 tonnes) et en sirop (1,3 tonnes) », détaille Aliou Kassogué. Le projet est, selon lui, très regardant sur la qualité de la mangue transformée. En la matière, la priorité est donnée à la préservation de la santé des consommateurs. «Les mesures d’hygiène et sanitaires sont respectées par les unités de transformation membres de l’interprofession et qui sont officiellement enregistrées au niveau de cette structure faitière», assure-t-il. « Chaque unité de transformation rédige un diagramme de fabrication comprenant les opérations unitaires de fabrication, selon leur succession dans la confection du produit », ajoute l’expert, précisant que les industries ayant déposé des demandes au PACAM et évaluées par le projet sont estimées à une trentaine. « A chaque étape, poursuit notre interlocuteur, tous les intrants nécessaires sont spécifiés, les quantités à utiliser détaillées ». En dépit de ces efforts, ces unités installées, qui sont insuffisantes en nombre et en capacités installées, ne transforment qu’une infime quantité de mangues fournies par ces grandes zones de production. Ce qui interpelle les acteurs de la filière. Un paradoxe, si l’on sait que ces industriels sont souvent confrontés, eux aussi, à la mévente des produits finis qu’ils mettent sur le marché national. AMK/MD (AMAP)
Cercle de Bafoulabé : Un incendie fait trois morts et plus de 53 millions de dégâts dans huit villages
Par Bandé Moussa SISSOKO Bafoulabé, 02 juillet (AMAP) Un incendie a causé des pertes énormes en vies humaines, dont une femme enceinte et sa fille de 2 ans, dans le village de Diakhaba, et un enfant de trois ans, dans le village de Gounfan (Ouest) et d’énormes dégâts matériels dans les huit villages évalués à plus de 53 millions de Fcfa. Selon un rapport de mission dépêchée, le lendemain du sinistre, par le préfet du Cercle de Bafoulabé, Falaye Sy, tout a commencé, le 14 juin 2020, lorsqu’un vent qualifié d’ « apocalyptique » par les autorités locales, a soufflé sur plusieurs localités. Le vent violent a atteint les villages de Dinkaba, Dialako (Commune de Diokeli), Bremassou (Commune de Mahina), Tintiba, Seguelindji, Hameau Farsimato (Commune de Gounfan), Bambila (Commune de Tomora) et Diallan (Commune de Diallan). Il ressort du rapport de cette « mission d’urgence » que le feu survenu dans les communes de Diokeli, Mahina, Gounfan, Tomora, dans le district sanitaire de Oussoubidiagna, et dans la Commune de Diallan, a, ensuite, consumé des habitats, des vivres, des biens matériels, des documents administratifs et religieux. D’après les informations recueillies sur place, un feu de ménage serait à la base du feu qui s’est propagé aux habitations, suite à un vent violent qui a surpris les ménages, vers 18 heures. Plus de 146 ménages abritant 1 212 personnes dont 585 hommes et 627 femmes, ont été affectés par le drame. « Nous avons la perte de 17 065 kg de mil, 16 005 kg de riz, 16 005 kg de maïs, 41 775 kg d’arachide, 430 kg de sésame. 300 couvertures, 6 bœufs, 30 moutons, 17 chèvres, 106 poulets et 5 342 750 Fcfa en espèces. La destruction a concerné 674 cases, 74 magasins, 300 matelas, 300 couvertures, 6 bœufs, 30 moutons, 17 chèvres, 106 poulets et 5 342 750 Fcfa en argent espèce », ont indiqué les missionnaires dans leur rapport, faisant le bilan des victimes et l’inventaire des dégâts de la catastrophe. La mission dans les villages sinistrés a présenté les condoléances des autorités locales, régionales et du gouvernement aux familles des victimes. Le préfet du cercle de Bafoulabé, Falaye Sy s’est, également, rendu dans les localités dont Diakhaba, en compagnie du président du comité local de veille, pour remettre 10 sacs de riz, 5 sacs de sucre et une somme de 100 000 Fcfa aux victimes de l’incendie. Les partenaires et d’autres personnes de bonne volonté ont, aussi, volé au secours des populations sinistrées, en leur apportant de l’argent, des vivres, entre autres. En dépit des dons aux sinistrés, surtout de femmes enceintes et allaitantes et d’enfants, sans oublier les personnes âgées, déjà dans une situation de vulnérabilité, par les autorités régionales et locales, au nom du gouvernement, l’urgence d’une assistance humanitaire, sous forme de denrées de première nécessité et de services de base (santé, notamment), se fait cruellement sentir dans cette partie de la Région de Kayes, dans l’Ouest du pays. Les besoins se résument aux produits alimentaires de première nécessité (céréales), d’habitat, d’équipements et d’effets domestiques, matériels d’hygiène, d’assainissement et d’entretiens, de médicaments et autres semences et outils de production comme les charrettes. Il y a, aussi, la reconstruction des toitures calcinées. A cause de ces incendies, la population se retrouve, aujourd’hui, confrontée à des questions vitales dont la perte de documents administratifs comme les cartes NINA, les carnets de famille, les livrets de mariage, les diplômes et actes de naissance. On note aussi les soins de santé primaire, y compris la prise en charge des urgences, notamment les cas de traumatisme et de blessures, l’accès à l’eau potable. A l’approche de l’hivernage (juin et juillet), beaucoup de localités de la première Région administrative du pays sont exposées à des tornades, accompagnées parfois de vents violents et poussiéreux, rendant la vision nulle, surtout, à Kayes, la Cité des rails et capitale régionale. Ces vents font, souvent, tomber des murs, des hangars, des branches d’arbres ou, même, arrachent des arbres, des panneaux. BMS/MD (AMAP)
Nioro du Sahel : L’hivernage s’installe précocement, l’espoir aussi
Par Moussa DIAKITE Nioro, 25 juin (AMAP) Trois grosses pluies, au mois de juin et la direction du vent depuis plusieurs semaines ! Des signes annonciateurs d’une bonne saison des pluies, dans le Cercle de Nioro du Sahel, selon les grands connaisseurs du temps qui prédisent un hivernage « vraiment très prometteuse ». Tous les anciens, ici, savent que les premières pluies commencent à tomber à partir de mi-juillet. Ce qui fait d’ailleurs que les populations ont fixé le 14 juillet, comme le début de l’hivernage. Depuis plusieurs décennies, le premier signe annonciateur de la bonne saison des pluies est un vent de sable, dans l’après midi, obscurcissant tout et se caractérisant, le plus souvent, par de la poussière partout. Ce grand vent de sable, pour les spécialistes de la localité, est accompagné de pluie pour les années de grande pluviométrie. C’est à partir de cette date et, généralement, pendant le mois de juillet, que beaucoup commencent à penser aux champs pour commencer les travaux. Nioro est une localité située au centre du Sahel. Toute pluie atteignant les cinquante millimètres provoque potentiellement une inondation. Ces trois dernières années, les quantités de pluies tombées n’ont pas été suffisantes. L’hivernage s’est installé en retard et les pluies se sont vite arrêtées. Ce qui a naturellement joué sur les cultures qui n’ont pas donné de bonnes récoltes. Cette année, avec déjà deux grands vents de sable et trois grosses pluies, au mois de juin, l’espoir est vraiment permis. Cependant, chacune des pluies tombées était accompagnée de grands vents causant des dégâts par endroits : des branches d’arbres cassées, des hangars détruits, des toitures de maisons arrachées et même des feuilles de tôles emportées. Il faut aussi signaler l’abondance des éclairs et des bruits assourdissants de tonnerre. Qui font peur aux populations. De Diaye-Coura à Koréra Koré, en passant par Nioro-ville, les paysans ont commencé les labours. Certains n’ont même pas hésité à commencer les semences, généralement du mil, du niébé et de l’arachide (des variétés hâtives). Les transhumances internes et transfrontalières pour la recherche de pâturage battent leur plein. Le long de la bande frontalière entre le Mali et la Mauritanie, des animaux sont présents de part et d’autres mais l’herbe n’a pas totalement poussé. Les pâturages contiennent, jusqu’à présent, de l’herbe sèche. Des points d’abreuvement ont, partout, de l’eau. En tout cas l’espoir est là, chez les paysans qui projettent, déjà, de faire bonne récolte si les pluies continuaient ainsi et si leur répartition était bien faite dans le temps. Ici, il n’y a ni fleuve, ni rivière mais des marigots temporaires et des rigoles. Pendant les périodes de grandes précipitations, ces réservoirs se remplissent d’eau et se déversent sur les routes et même dans les familles voisines, provoquant souvent des inondations. Cela se solde par une peur des populations riveraines. Ce qui constitue une véritable menace pour les enfants et les animaux. Le fond de ces cours d’eau est couvert uniquement de sable. L’eau y coule à une vitesse tellement incroyable qu’elle peut emporter une personne sur son passage. Chaque année, des cas de noyade sont signalés partout dans le cercle. En 2007, l’eau sur le pont séparant Maguiraga-Counda de Koulouba a emporté un véhicule avec trois personnes à bord. Deux passagers ont été sauvés mais le troisième, Isaac Sow, après les recherches, a été retrouvé mort enfoui dans du sable, trois jours après, à une quinzaine de kilomètres, en aval. En 2012, deux gardes ont trouvé la mort, entre Nioro et Yéréré, de retour d’un recouvrement d’impôts, quand leur véhicule a tenté de traverser un marigot sur la route. On a eu vent de cas de motocyclistes morts par noyade, partout à travers le Cercle. Des noyades d’enfants sont monnaie courante presque chaque année (des bergers, baigneurs ou des enfants venant des champs, après les pluies). L’explication est simple : il n’y a que du sable au fond. L’eau circule à une vitesse si forte que le courant fait bouger le sable sous les pieds, ce qui fait tomber l’engin ou la personne qui est aussitôt entrainé par le courant. La ville de Nioro, comme beaucoup d’autres localités du cercle, est traversée par des marigots qui, après les pluies débordent et inondent les habitations voisines. A chaque début d’hivernage, les autorités communales organisent des opérations de curage des caniveaux pour faciliter le ruissellement des eaux. Si l’opération tarde, cette année, les pluies pourront surprendre et les familles voisines du poste de police jusqu’au périmètre maraîcher des femmes ne sont pas à l’abris d’inondation. Les quartiers Diaka, Tichitt, Maguiraga Counda ainsi que le centre commercial, qui sont dans un creux, par rapport aux autres (véritables déversoirs des eaux) sont déjà menacés. A chaque hivernage, la mare Babala Goumba (une mare en plein cœur de la ville, au quartier Tichitt) et le marigot de Malicounda débordent. Cette mare a toujours été une menace pour les populations des quartiers Diaka et Tichitt. Les risques de noyade et de maladie s’amplifient car des enfants s’amusent dans l’eau sale infestée de toutes sortes de déchets. Les mouches et les moustiques y pullulent donnent, dans un concert de coassements continus de grenouilles et de crapauds en fête. Le lycée Fodié Maguiraga, l’Ecole fondamentale Mabendi Guissé et les écoles du quartier Malicounda sont tous situés soit à coté ou soit derrière des cours d’eaux. Le pont radier, qui sépare l’Ecole Tiébilé Dramé de la ville, est une véritable menace pour les élèves. Sur ce pont, les eaux peuvent monter jusqu’à plus d’un mettre. Les enfants ont toutes les peines du monde à traverser. Le courant de l’eau est si fort qu’il peut même emporter un véhicule chargé. Avec la prolongation de l’année scolaire jusqu’au mois d’août, période des hautes eaux, l’inquiétude devient grande chez les parents qui espèrent que des mesures d’urgences seront prises. MD/MD (AMAP)

