Reprise des cours à Ténenkou et Macina : Comme une nouvelle rentrée scolaire

Ténenkou, 14 sept (AMAP) Des milliers d’élèves de Ténenkou (Centre) ont repris le chemin de l’école dans la joie et la bonne humeur lundi 14 septembre 2020, donnant l’impression que c’est une nouvelle année scolaire qui débute, après plusieurs mois de fermeture des classes pour cause de grève des enseignants mais aussi de Covid 19, a constaté sur place l’AMAP. Plusieurs élèves que nous avons interrogés étaient impatient de retourner à l’école. C’est la satisfaction et le soulagement chez les parents d’élèves et les enseignants que nous avons rencontrés. A l’école Tahirou Cissé premier cycle où nous avons fait un tour, dans la matinée, la cour était bondée d’élèves. Les enseignants, également présents, étaient nombreux et ont pris possession de leur classe. Cette année scolaire 2019-2020, qui se poursuit, restera dans les annales de l’histoire de l’Education malienne par sa durée. Pandémie de Covid 19 oblige, des masques donnés par l’administration ont été distribués à tous les élèves. Le dispositif de lavage des mains au savon est installé dès l’entrée mais la distance sociale ne peut pas être respectée au niveau des écoles. A l’école Tahirou Cissé premier cycle qui comprend deux cycles A et B,  on a au total 1.517 élèves dont 846 pour l’école B et 671 pour l’école A. Dans ce groupe scolaire, qui ne dispose que de 12 classes, il est impossible de respecter certaines mesures barrières. Malgré toutes ces difficultés, les cours ont démarré, dès le matin, à Ténenkou, dans certaines classes. A Macina, où l’ambiance était, aussi, celle d’une nouvelle rentrée scolaire 2019-2020, les élèves du Cercle, à l’instar des autres écoles du Mali, ont repris le chemin des classes, après cette longue pause scolaire causee par la grève des enseignants, la fermeture des écoles à la suite de la non application de l’article 39 demandé par les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 et la pandémie du Coronavirus « Covid-19 ». Accompagné, pour la circonstance, par les responsables du monde de l’Education, le préfet du Cercle de Macina, Karimou Coulibaly, s’est rendu, successivement, au Groupe scolaire Moussa Sissoko et au Lycée public. Dès son arrivée, la délégation a eu droit à la montée des couleurs. Dans les établissements visités, on notait la présence des élèves, des membres des Comités de gestion scolaire (CGS), des parents d’élèves, des enseignants, tous prêts pour un redémarrage des activités scolaires 2019-2020. Le préfet a encouragé le personnel enseignant et a saisi cette opportunité pour prodiguer de sages conseils aux parents, aux enfants “pour une année scolaire apaisée, réussie et couronnée de success”. En ces temps de Covid-19, il a “insisté sur le respect des mesures barrières, pour la protection de tous”. A Macina, l’administration scolaire a pris des dispositions particulières pour faciliter cette rentrée. Seul bémol : les établissements scolaires sont envahis par les eaux de pluie, en cette période hivernale. AOK/MD (AMAP)

Cernage: Une solution pour la survie des arbres de karité

Par Maïmouna SOW Bamako, 13 sept (AMAP) L’exploitation de karité passera du stade de survie au niveau d’opulence dans un avenir proche grâce à la technique du cernage. Elle consiste à tailler le tour du tronc l’arbre à 10 cm du sol, et à couper le gui du haut de karité avant qu’il ne fleurisse. Les agriculteurs de certaines zones sont décidés à renverser la tendance. Ainsi, 500 pieds d’arbres ont fait l’objet de cernage dans le village de Diorila. La même quantité est cernée à Kandian, localité située dans la Commune de Dialakoroba. Sétou Doumbia est l’une des épouses de la famille Doumbia. Elle est la seule femme du village de Diorila à suivre une formation de cernage. Depuis lors, elle a mis cette technique en œuvre sur tous les karités de la forêt et ceux qui ont poussé dans le champ familial. Mais elle a pris soin d’ajouter sa marque. Dans les différents villages de la commune, Sétou est heureuse de partager son savoir. Mariée et mère de 5 enfants, cette mince dame de 40 ans jouit de l’estime de la population. Ce matin, elle nous accueille, dans sa cour, souriante et entourée de ses voisins. Elle exprime sa satisfaction et sa reconnaissance aux formateurs. « Moi, je suis fière d’être la voix de l’espoir dans ma communauté. Depuis quelques mois, nous avons commencé à pratiquer la technique du cernage, après un jour de formation. Aujourd’hui, tous les arbres de karité concernés ont fleuri comme jamais. C’est notre première fois de pratiquer cette méthode. Le résultat est spectaculaire », dit-elle. La transformation du karité est une activité pénible. Le rendement est faible. Surtout pour les femmes qui n’ont pas d’autres sources de revenu et qui doivent vivre de leur production. Notre interlocutrice travaille en collaboration avec quatre autres épouses de la maison. Cette union fait augmenter leur profit tiré de cette activité pour assurer la popote. D’après les explications de Sétou, le village produit deux qualités de beurre. La première est préparée avec les fruits frais ramassés dans les champs et dans la forêt, pendant la saison pluvieuse. Les fruits sont consommés et la noix séchée. Les écales seront conservées dans un environnement sain. L’étape de la production débute après la saison. Les intempéries ne détérioreront pas le produit, surtout que la première qualité est fabriquée avec cet extrait. La seconde qualité n’a pas besoin d’autant de soin. Les noix sont ramassées dans la forêt, après la saison des pluies. Ils sont séchés, pilés et subissent la procédure de transformation en beurre qui sera vendue sur nos marchés. Sétou précise que l’exploitation du karité s’étend sur toute l’année. La collecte et la production couvrent la saison des pluies. La vente est organisée après l’hivernage. Le travail dure toute la semaine pour un mince profit. Néanmoins, les villageoises se frottent les mains, après la vente d’une partie de leur récolte d’amandes à la coopérative Sinsibéré de Safi Bougoula. Cette organisation dont elles sont membres achète à chacune de ses adhérentes 30 kg des meilleures amandes, à 150 Fcfa le kg. Notre interlocutrice garde jalousement son lot d’amandes dans un sac en plastique. Ce trésor est déposé dans un coin de la case qui sert de magasin. Les graines rapportent 4.500 Fcfa de profit. En milieu rural, la richesse se mesure en terme de têtes de moutons, de chèvres, de vaches ou même de poulets. Sétou rêve d’entrer dans ce cercle. Mais c’est difficile d’économiser sur un bénéfice de moins de 5000 Fcfa par an. Les poules pourraient se multiplier. Elles pourraient assurer l’avenir des enfants. « Mais, je ne désespère pas. La technique du cernage fait fleurir le karité dans des proportions inimaginables. Nous oublierons vite ces années de souffrance », espère-t-elle. Le cernage suscite l’espoir dans la Commune de Dialakoroba. « Aujourd’hui plus de 500 pieds d’arbre ont été traités », affirme Setou. La population de cette Commune a vite fait d’adopter la technique. Dans cette communauté dont les membres sont près du seuil pauvreté, cette innovation dans l’histoire de l’exploitation de karité est la bienvenue. Les hommes comme les femmes attendent, avec beaucoup d’espoir une bonne récolte dans les mois à venir. Les villageois de Kandian ne disent pas le contraire. Kiatou Komakara est actrice de protection de l’environnement de la Commune et membre de la coopérative Sinsibéré. Elle a été formée à la technique de cernage des arbres de karité. Cette mère et les siennes ont accepté de nous conduire en forêt pour constater l’état prometteur des arbres. Leur commentaire est sans appel : « vous avez vu comment ils fleurissent, même ceux qui ne donnaient pas de fruits, des années durant, ne font pas exception. Nous n’avons jamais été aussi rassurées dans l’exploitation de karité », assure la paysanne avec un large sourire aux lèvres. Cette cinquantenaire n’a jamais exercé d’autres métiers que cultiver son champ et produire le beurre de karité. Elle ne cache pas sa satisfaction d’avoir adopté cette innovante technique de soin des arbres. Le karité donne des fruits une année sur deux. Certains peuvent rester deux ou quatre ans, sans donner de fruit. Ce rythme, constituait une menace pour la survie des arbres de karité dans l’avenir. La situation inquiétaitles exploitants du secteur. Les trois communes voisines (Sanankoroba, Dialakoroba et Safi Bougoula) ont conjugué leurs efforts pour interdire la coupe de bois, la vente du charbon afin de préserver la nature. Le village de Kandian ne vit que de l’exploitation de karité et la culture de l’arachide. L’organisation non gouvernementale (ONG) « Mali Folkecenter » est l’organisatrice de la formation de cernage. Cette ONG a pour mission de protéger l’environnement. En collaboration avec la population, « Mali Folkecenter » œuvre pour la protection de la forêt et lutte contre la déforestation. Aujourd’hui les populations de la Commune de Dialakoroba Sanakoroba et Safi Bougoula fondent beaucoup d’espoir pour l’avenir du karité dans ces zones. MS/MD (AMAP)  

Ténenkou (Centre): Lutte contre la cherté de la vie et pour le recadrage des évènements sociaux

Ténenkou, 13 sept (AMAP) Localité enclavée et située en zone inondée de la Région de Mopti (Centre), est, de l’avis de tous ses habitants, une ville extrêmement chère, comparée aux revenus très faibles de la grande majorité de la population. Ici le taux de chômage est très important. Les principales activités sont l’agriculture, l’élevage et le commerce. Presque qu’un habitant sur deux dépend d’un parent qui est, soit à Bamako, ou dans les pays voisins. Malgré cette situation, le coût de la vie à Ténenkou est très élevé. Zone agro-pastorale par excellence, le prix du kilogramme de viande ou de poisson est de 2000 Fcfa, le petit bol de lait à 200 Fcfa, une charrette du bois de chauffe à 20.000 Fcfa ou  25000 Fcfa, le charbon de bois à 4000 ou 5000 Fcfa, souvent. Autres difficultés auxquelles sont confrontées les populations à Ténenkou, ce sont les évènements sociaux tels que les baptêmes, les mariages ou les décès. Malgré la conjoncture économique mais aussi la  crise sécuritaire que vit le Cercle depuis 2012, les baptêmes et les mariages sont célébrés en grande pompe. Que l’on soit nanti ou pauvre, chacun célèbre son baptême ou son mariage de façon excessive avec comme conséquences des dépenses somptuaires, des endettements. Aujourd’hui quand vous avez de tels événements, au lieu de se réjouir, vous avez du souci à vous faire, face au casse-tête qui se présente à vous. Par exemple, pour un baptême, il faut avoir, tout naturellement, le mouton, puis le petit déjeuner aux invités et nos invités, selon votre bourse, du haricot ou de la viande, ensuite le déjeuner. Pour les mariages, les premières dépenses commencent par les uniformes des femmes, ensuite les dépenses directes liées au mariage et, enfin, vient la plus grosse difficulté : les contributions que les uns et autres apportent au marié. En réalité, ce sont des contributions volontaires qui sont appelées « aides aux mariés ». Ces aides sont, dans la pratique, des crédits accordés aux mariés qui devront rembourser par tous les moyens, quand leurs créanciers auront des événements similaires. De nos jours ces aides ont atteint des niveaux stratosphériques. Le phénomène est plus présent chez les femmes. Ces contributions vont de 25.000 Fcfa jusqu’à 300.000 ou 400.000 Fcfa. Face à cette dérive, qui pousse les uns et autres à user de tous les moyens pour arriver à leurs fins, les populations s’organisent pour recadrer les baptêmes, les mariages et même les décès. Ce sont les ressortissants de la ville de Ténenkou basés à l’extérieur, principaux pourvoyeurs de fonds de la ville, qui sont a l’origine de cette initiative et ont saisis les autorités traditionnelles de la ville pour mettre fin à cette pratique. Des discussions, sous l’égide du chef de village de Ténenkou, avec d’autres notabilités ont démarré pour trouver une issue à ces problèmes. Une commission a été créée. Elle est composée de trois sous-commissions : une chargée du marché, une autre chargée des évènements sociaux et, enfin, une chargée du vol de bétails qui est aussi récurrent dans la ville. Pour l’instant, seule la sous-commission chargée des évènements sociaux a commencé ses travaux. Désormais, les baptêmes et les mariages devraient être célébrés dans la plus grande sobriété. Plus de petit déjeuner ou de déjeuner lors d’un baptême. Une fois que le nom de l’enfant est prononcé, tous les invités sont priés de se retirer. Pour les mariages, les uniformes et les contributions sous forme de crédit sont également prohibés. Tout contrevenant s’expose à des sanctions. Ces mesures sont bien appréciées par les populations même si beaucoup reconnaissent aussi que les baptêmes et les mariages n’auront plus la saveur habituelle. Tous espèrent qu’elles vont être respectées par tous et qu’elles dureront dans le temps, afin de permettre aux uns et aux autres de se sortir dignement de situations parfois très difficiles. AMAP  

Mali : Une merveille de la nature qui s’appelle gombo frais

Par Maimouna SOW Bamako, 13 sept (AMAP) Sept femmes maraîchères, sœurs, belles sœurs, filles, belles-filles. Elles sont d’une même famille. Elles n’ont pas que le sang et les liens du mariage en commun. Elles sont unies par un grand amour de la terre. Elles tirent leur subsistance, depuis plus de cinq ans, de la culture du gombo sur une parcelle de 2,5 hectares, à Sirakoro, dans la périphérie de Bamako, la capitale malienne. Ce quartier compte de nombreuses parcelles inoccupées. Le jardin des sept maraîchères est situé à 300m de la route bitumée. En cette période d’hivernage, la culture du gombo  constitue une source de revenus pour ces femmes et d’autres du Mali, dans le cadre de l’agriculture de proximité, une opportunité économique pour des millions de femmes en Afrique. Cet après-midi de mardi, c’est l’heure de la récolte pour nos maraichères. Après de pénibles efforts pendant des semaines de travaux champêtres, le moment de réconfort. Trois grands paniers de gombo frais sont prêts. Ils seront acheminés sur le marché. Cet effort requiert une pause qu’elles observent en compagnie de leurs enfants, sous un grand arbre, au bord du champ. Les bambins jouent à la course poursuite. Les mères plaisantent entre elles. Une jeune maman est couchée à même le sol sur un bout de pagne et allaite son bébé. Tout le monde attend le repas. « En temps normal, ces paniers nous apportent 35.000 Fcfa. Mais le prix a chuté cette année. L’offre dépasse la demande parce que les gombos de Sikasso et de Bougouni et ceux de Bamako sont récoltés en même temps », rapporte Mme Camara Fatoumata Traoré. Les années passées, les grossistes venaient jusqu’à elles pour s’approvisionner. Cette année, ce sont les détaillants qui sont au rendez-vous. Les femmes du quartier sont leurs premières clientes. Elles se procurent du gombo frais auprès d’elles, avant d’aller faire le marché. Après la détente, le travail reprend jusqu’au coucher du soleil pour remplir d’autres paniers. Pour arriver à ce résultat, les productrices, dès la tombée des premières pluies, prennent d’assaut le champ. Elles partagent les 2,5 hectares en 7 parts égales.  Les courageuses maraichères cultivent, en plus du gombo, le haricot, l’arachide et du maïs pour la consommation familiale. Selon Mme Camara, elles ont choisi le gombo parce qu’il s’écoule vite et est rentable. Les tiges se reproduisent après chaque pluie. La récolte a lieu tous les trois jours. Compte tenu de sa courte taille, la culture du gombo ne permet pas de faire le nid des bandits. Les plants ne dépassent pas plus d’un mètre. Au moment où beaucoup de citadines se détournent des travaux champêtres, les sept amies natives de Bamako, expriment leur vocation pour le maraichage. « Nous vivons de la culture de gombo frais», soutient Fatoumata, un large sourire sur les lèvres. Leurs parents faisaient ce travail. Elles ont appris les ficelles du métier auprès d’eux. Aussi loin qu’elles remontent dans leur mémoire, les sept maraîchères ne se souviennent pas avoir acheté des céréales. Aujourd’hui, les terres des parents ont été vendues entraînant leur inactivité. « Notre groupe, ajoute Fatoumata, est reconnaissant envers le propriétaire de ce lot. Nous le connaissons bien. Il a eu confiance en nous. Il nous a confié sa terre sans rien nous demander en échange ». « Depuis cinq ans, nous tirons de ces parcelles de quoi couvrir toutes nos dépenses. Nous avons même une caisse que nous alimentons avec les recettes, pour parer aux situations d’urgences », indique-t-elle Il est fréquent, dans ce secteur, de voir des femmes cultiver le gombo dans une partie de la cour de leur maison. Aminata est l’une d’elles. Alors que les autres se dirigent vers le marché, pour vendre leur produit, elle fait le porte-à-porte pour liquider sa récolte. Muni d’un grand seau de gombo et d’un couteau, elle vend le tas à 50 Fcfa. En réalité, la jeune dame n’a pas de mesure arrêtée, elle les distribue selon ses affinités. Une vieille achète pour 200 Fcfa et se sert elle-même, à volonté, sous le regard amical d’Aminata qui ne l’arrête pas. Amitié oblige. C’est pourquoi, la vendeuse ne sait pas si elle fait des profits ou des pertes « moi, quand on achète, j’augmente selon le lien à la personne. Peu importe si je gagne, l’essentiel c’est de vendre ». Bougounida est une partie du marché de Ouolofobougou où les sacs de gombo sont déchargés en nombre. Il est 8 heures, Awa Sacko, grossiste, est assise entre les paniers de citrons et discute avec ses voisines commerçantes. En fait, elle a déjà fini la principale tâche de la journée. Elle quitte chaque jour sa maison, tôt le matin, pour venir distribuer le sac de gombo frais à ses clients. Elle affirme : « A mon arrivée, je trouve beaucoup de gens ici ». Tous les marchands de Bamako s’y retrouvent, même ceux de Kati. On décharge, les gombos, les goyaves, les citrons, tous les fruits et légumes selon les saisons». Awa explique qu’elle et d’autres commerçants ont des partenariats avec les cultivateurs de la Région de Sikasso (Sud). Les cultivateurs leur envoient leurs récoltes pour être vendues en gros. Notre interlocutrice vend tous les jours des gombos à raison de 10.000 Fcfa, le sac. « Un prix qui varie selon le marché », dit-elle. Elle fait un bénéfice de 500 Fcfa sur chaque sac. « A partir de 7 heures, tous les poids lourds quittent le marché et laissent la place aux détaillants de différents légumes », déclare-t-elle. La sauce au gombo est une sauce très appréciée des Maliens. C’est pourquoi il se trouve dans tous les paniers en ce moment. Fifi vient de faire le marché avec dans son seau à condiment le fameux produit. Elle indique : « Je veux préparer la soupe «kandja» avec de l’huile de palme », avant d’ajouter qu’il y a deux jours, elle en ai fait avec la pâte d’arachide. « Cette sauce est très prisée par les membres de ma famille. La sauce au gombo coûte moins cher, nécessite peu condiment, et on la réussit facilement. ». Au même moment, Oumou, la quarantaine, nous dépasse

Cheick Oumar Ndiaye dit Paracétamol : Humoriste dans l’âme

Par Moussa BOLLY Bamako, 11 sept (AMAP) Qu’il soit devenu, aujourd’hui, un humoriste talentueux n’a, sans doute, pas surpris ses camarades d’enfance de Kadiolo. L’humour est un don inné chez ce peul bon teint capable de détendre l’atmosphère n’importe où par des imitations dans une dizaine de langues. « Je suis le goûteur international de l’Association mangeons et buvons ensemble gratuitement chez les gens ; la fraternité n’a pas de limite… » ! Telle est la philosophie de Cheick Oumar Ndiaye dit «Paracétamol». Son humour a autant d’effet sur l’humeur des gens et les maux de la société qu’un comprimé de paracétamol sur un mal de tête. Et un talent très précoce. De l’enfance, dans les rues de Kadiolo, au second cycle de la ville, en passant par le premier cycle «Dialakoro Danioko», il ne manquait pas d’attirer l’attention partout où il se trouvait. «Dans la cour de récréation, il y avait toujours un attroupement autour de moi. Mes camarades de classe et les autres élèves cherchaient toujours ma compagnie… Et de nombreux fans disaient que l’effet de mes blagues sur eux était comme celui d’un comprimé de paracétamol contre des maux de tête», nous raconte-t-il. Et petit-à-petit ce surnom a fait oublier «Ladji», comme on l’appelle en famille. Soucieux de se faire un avenir pour mieux s’occuper de sa regrettée maman (il a perdu très tôt le papa), Ladji se concentre sur ses études. Ainsi, après le Bac obtenu au Lycée public de Sikasso, il décroche un DEUG en anglais (unilingue) obtenu à la Faculté des lettres, des arts et des sciences humaines (FLASH) de l’Université de Bamako. Il aligne, ensuite, de petits boulots pour soutenir sa famille. Le jeune homme sera, tour à tour, agent de sécurité et réceptionniste téléphonique à la mine d’or de Syama, télé-conseiller pour diverses sociétés, employé de commerce. AU HASARD DU DESTIN – Il finira par retomber dans l’humour, de façon fortuite. «Il y a avait un balani show dans mon quartier, Sokorodji, et Dousey (Ndlr, Seydou Dembélé, le fils du Guimba National) était l’invité. Ce jour, il a imité les bwas (Ndlr, bobos). Mais, sa prestation ne m’a pas convaincu, car je savais que je pouvais faire mieux. J’ai demandé à des amis si les organisateurs pouvaient me donner le micro pour une petite prestation. J’ai imité les bwas et l’assistance était si émerveillée que les gens ne voulaient plus que j’arrête », se souvient-il. « A la fin du spectacle, Dousey est venu discuter avec moi et m’a proposé de collaborer sur certaines prestations », ajoute Cheick Oumar. C’est ainsi qu’il se retrouve à l’Acropole de Badalabougou pour l’animation d’une fête estudiantine avec Dousey, ATT Junior (Djely Moussa Kouyaté)… Il y a rencontré le même succès qui va lui ouvrir, en 2009, les portes de l’émission humoristique sur la chaîne nationale (ORTM), «Yélébougou», de Koman Diabaté avec Fanaday Entertainement. «L’expérience a tourné court à cause des promesses non tenues par Fanaday et Koman. Au début, nous ne recevions que 1000 Fcfa par prestation. Mais, avec le succès de l’émission et le soutien de nouveaux partenaires et mécènes, notre cachet a progressivement augmenté à 2000, 3000, 4000, 5000 et 10 000 Fcfa. Finalement, nous avons signé avec eux un contrat de 40 000 Fcfa par mois avec la promesse d’offrir une moto à tous les comédiens », se souvient le jeune humoriste. Et de poursuivre, «nous n’avons été payés que les trois premiers mois. Et je n’ai jamais vu la couleur de la moto. J’ai donc été le premier comédien à claquer la porte de Yèlèbougou. Je leur ai dit que j’ai une famille à nourrir». Le jeune talent sera ensuite très actif à «Bamako Comédie Club» de l’Espace Bouna puis à «Lafia Show» au Manège de Lafiabougou-Koda. Des collaborations généralement rompues à cause d’arnaques sur les cachets. OUVERTURE SUR LE MONDE – «Meilleur comédien de Maxi Vacances» (ORTM) en 2012, Paracétamol se produit, pour la première fois, en 2015 hors de nos frontières, précisément au Burkina Faso, à l’occasion de la 8è édition du Festival international du rire et de l’humour de Ouagadougou (FIRHO, du 29 au 31 mai 2015) avec Augusta Palanfo. Une première sortie réussie au point qu’il a été invité à se produire dans d’autres villes du Burkina. «A Ouagadougou, j’ai croisé la cantatrice-artiste Naïny Diabaté parce que nous étions logés au même hôtel. Elle n’a pas caché sa fierté parce qu’elle a eu les échos positifs de mes prestations. Et quand elle a su que j’étais venu par la route, elle s’est débrouillée avec le regretté Mahamadou Lah dit Madou Dakolo pour me trouver un billet d’avion. Elle m’a dit : ‘tu as rehaussé l’image du Mali ici et tu mérites tous les honneurs’», se rappelle Cheick Oumar. Ce succès lui ouvre d’autres portes en dehors du pays. L’humoriste va enchaîner des prestations à Abidjan (Côte d’Ivoire), à Conakry (en Guinée) , à Niamey (Niger) dans divers rendez-vous humoristiques. Sur la scène nationale, il est sollicité pour des événements d’envergure comme Africa Comedy sur Africable, Festival international de slam et humour (FISH Mali), Festival international Urban and Mode de Sélingué, Festival international la voix des femmes Bamako… Sans compter les nombreuses sollicitations d’ONG pour des campagnes de sensibilisation. COMEDIEN – En dehors de l’humour, Ladji a aussi joué dans des feuilletons et films comme «Les Rois de Ségou» (Fakrou), «Dougoubasigui» (Adama) et «Yèrèdonbougou» (Sambourou le Talibé) du réalisateur Boubacar Sidibé. Il joue aussi le rôle d’un vendeur de brodé dans «Tourbillon à Bamako» du réalisateur français Dominique Philipe… Ladji se veut un artiste engagé pour ses convictions, pour le cercle et la ville de Kadiolo, pour le Mali et la jeunesse… A noter que Ladji est également «Ambassadeur de la paix» de la Fédération universelle de la paix. N’empêche qu’il regrette que le rire éclipse souvent les vrais messages véhiculés dans les sketches et autres créations. «Dans au moins 80 % de nos œuvres, le public malien ne retient que le caractère comique. Le message n’est pas perçu. Et cela quels que

Da Kali : Le trio magique

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 11 sept (AMAP) La voix puissante de Hawa Kassé Mady Diabaté est associée au balafon de Lassana Diabaté et au « ngoni » basse de Mamadou Kouyaté. Le groupe apporte une touche contemporaine aux répertoires anciens de la musique mandingue. Au milieu de la scène, se tient la chanteuse Hawa Kassé Mady, vêtue d’une rode bleu-ciel avec des broderies dorées et à la main, une castagnette ou « yabaran » en bamanan, à sa gauche un jeune homme, Mamadou Bassékou Kouyaté, longiligne avec des dreadlocks qui tombent sur le front. Il secoue sa tête, régulièrement, pour dégager une mèche rebelle au rythme de son grand « ngoni » avec trois cordes au son grave. Enfin, sur la droite de la cantatrice, le chef du groupe Lassana Diabaté, en basin rouge sang, debout devant deux balafons aux onze lamelles chacun. Ce groupe de musique c’est le Trio Da Kali. Lassana Diabaté, son initiateur, est un artiste combl, ou presque. Ce griot, ayant aussi hérité son instrument, a réussi un premier pari : mettre en place un groupe de musique à partir d’un instrument qu’il a hérité. Le Trio Da Kali lui a permis de se produire dans le monde entier, de l’Angleterre à la Nouvelle Zélande, en passant par l’Autriche, l’Australie, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Hongrie, l’Italie, le Mexique, la Norvège, la Suède, la Suisse etc. Une performance réalisée en un temps record, entre 2013 et 2018. Pour cette année 2020, Trio Da Kali avait 38 dates de prestation calées à travers l’Europe et l’Amérique, qui ont été reportées à 2021, pour cause de coronavirus. Il s’agit, sans doute, de l’un des représentants de notre culture le plus reconnu et le plus vue à l’étranger, de nos jours. Quel est le secret de ce « succes story » ? Comment en est-il arrivé là ? Qu’est-ce qui fait courir autant de festivals, salles, tourneurs, programmateurs et autres professionnels de la musique du monde entier, derrière Da Kali ? Da Kali signifie la promesse en bamanan. En effet, les griots chantent les louanges des rois, des guerriers ou de tout autre noble pour les inciter à promettre quelque chose. L’instrumentation de ce trio de griots maliens emprunte à la grande tradition musicale mandingue. A la voix puissante de Hawa « Kassé Mady » Diabaté, sont associés le balafon de Lassana Diabaté et le ngoni basse de Mamadou Kouyaté. Ils visent à apporter une touche contemporaine aux répertoires anciens. VOIX RICHE ET EXPRESSIVE – Hawa Kassé Mady Diabaté, fille du légendaire chanteur de griot Kassé Mady Diabaté, est le chanteur du Trio. Sa voix riche et expressive et son vibrato naturel ont fait faire un clin d’œil à Mahalia Jackson, la grande chanteuse évangélique américaine. Le directeur musical du Trio est le maître balafoniste Lassana Diabaté. Lassana, l’un des musiciens les plus étonnants du Mali, a enregistré et tourné avec de nombreux artistes d’Afrique de l’Ouest, notamment dans l’album « Afrocubisme » de Toumani Diabaté nominé au Grammy Awards et le projet d’Orchestre symétrique. Le plus jeune membre du Trio est le bassiste Mamadou Kouyaté. Tout just au milieu de la vingtaine, le fils aîné du joueur de ngoni de renommée mondiale, Bassékou Kouyaté, apporte une touche contemporaine aux traditions qu’il a apprises de son père. En réalité, l’initiateur et chef du groupe Trio Da Kali qu’est Lassana Diabaté est le premier étonné par son succès. Comment une musique faite seulement avec deux instruments de percussion que sont le balafon des griots, le « ngoniba », le « Ya bara » ou castagnette et la voix, peut-elle créer un tel engouement ? s’interroge notre interlocuteur. En fait, Lassana Diabaté a réussi à transformer son balafon pour qu’il produise sept notes au lieu de cinq à l’origine. Il y a ajouté le Fa normal et le Do normal. Mieux, il joue en même temps deux balafons, comme le faisait le célèbre et regretté Kèlètigui Diabaté, en son temps. Et contrairement aux habitudes, Lassana Diabaté a très vite compris qu’en caressant les lamelles de l’instrument, au lieu de les percuter, il produit un son très doux à l’oreille. « Le son ainsi produit est même comparable à celui de la kora », raconte-t-il avec émerveillement. Quant au « ngoniba », il est tout aussi joué de manière à produire un son plus fluide et plus filtré. Depuis sa formation, Trio Da Kali s’est produit dans certains des lieux les plus prestigieux du monde. Il a fait ses débuts, en 2012, au Royal Albert Hall de Londres pour un bal de la BBC, suivi de spectacles plus tard, cette année-là, avec Toumani Diabaté au Théâtre de la Ville de Paris et au Royal Festival Hall, dans le cadre du London Jazz Festival. L’orchestration proposée par Da Kali est donc apparentée au blues et au jazz, expliquent de nombreux fans, spectateurs et professionnels de la musique qu’ils ont pu rencontrer à travers le monde. Toute chose qui a séduit la Fondation Aga Khan pour la musique et le Quartet Kronos, célèbre groupe de jazz américain. La fondation a, ainsi, aidé à la promotion du Trio à travers de grands évènements comme le Festival de jazz de Montreux en Suisse. En 2015, le groupe malien y a fait un tabac. La participation à ce festival suisse, reconnu comme un des plus célèbres en Europe, ouvre inévitablement de nombreuses portes.  COUP DE FOUDRE – Le premier album « Ladilikan », est plutôt un featuring avec le groupe américain Kronos Quartet. La magnifique voix de Hawa Kassé Mady Diabaté se détache tout doucement. On est transporté dans une fragile petite bulle soutenue par les légères notes des violons du Kronos quartet. Des notes qui se mêlent au son du ngoni de Mamadou Kouyaté et flirtent avec les délicates sonorités du balafon de Lassana Diabaté. L’album « Ladilikan », c’est l’histoire d’un coup de foudre entre deux groupes. Une rencontre entre la musique traditionnelle mandingue et la musique classique occidentale du Kronos Quartet. Les deux formations musicales ont puisé leur inspiration dans le terroir mandingue. Avec pour défi de revisiter ces classiques sans en

Zone de Manantali : La campagne agricole promet

Par Makan SISSOKO Bamako, 10 sept (AMAP) Dans la zone agricole de Manantali (Région de Kayes) dans l’Ouest du Mali, les pluies ont été précoces cette année, contrairement dans certaines localités du pays. La campagne agricole a démarré en retard dans la zone de Manantali, mais cela n’a pas eu de conséquences majeures. C’est en tout cas, le constat fait par le chef de zone de l’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS) de Manantali, Boubacar Sidiki Daou. Les paysans opérant dans ce vaste secteur agricole se sont, comme à leur habitude, installés tardivement sur les superficies cultivables. Ils sèment généralement à partir du mois de juillet. «Nous avons reçu deux grandes pluies, en mai et juin, mais elles n’ont pas permis aux producteurs de commencer les cultures fluviales. Nous avons les cultures fluviales, semi-fluviales et irriguées», explique Boubacar Sidiki Daou. « En dépit de ces difficultés, la physionomie de la campagne 2020-2021 est bonne », assure le technicien. Au titre des campagnes agricoles de contre saison et de saison 2020 par exemple, « il est attendu une production totale (toutes cultures confondues) évaluée à 11.994 tonnes pour une surface totale de 4.729,5 ha », précise le chef de zone. Les paysans ont déjà exploité 2.427 ha, soit 66,67% des prévisions. Il ajoute que la part des femmes est estimée à 668 ha, soit 18,35% des prévisions et 27,52 % des superficies déjà cultivées. Des micro-barrages ont été réalisés dans les bas-fonds aménagés, notamment à Kobokoto Dibatoumania, Fadaha, Diallan, dont la superficie couvre près de 700 ha. « Les cultures ont été installées dans ces bas-fonds depuis les premières pluies », indique Boubacar Sidiki Daou. Même constat dans le périmètre de Mahina qui couvre une superficie estimée à environ 880 ha, dont 200 en cours d’exploitation. L’eau qui y coule en permanence, occupe une superficie de 530 ha, dont 110 ha de riz. Les 420 ha restants sont réservés à d’autres cultures à des fins de diversification. «Les travaux de repiquage y sont en cours. Ils continuent jusqu’en septembre. Il en est de même à Manantali», nous explique notre interlocuteur. « Certaines cultures sont au niveau des semi germinations. Le riz est, par exemple, au stade du tallage, alors que le maïs, le mil et le sorgho sont à la montaison. L’arachide et le niébé sont en phase de germination, tandis que les cultures émergentes sont au stade de la floraison et de la fructification », détaille le chef de zone. Quant à la situation phytosanitaire, elle est relativement calme, dans l’ensemble. Un cas d’attaque de chenille légionnaire avait été signalé sur une surface de deux hectares de maïs, dans le Périmètre irrigué villageois (PIV) de Kamankolé, mais il a été traité. « Aucun autre cas de maladie n’a été signalé », précise Boubacar Sidiki Daou. « L’espoir est donc permis et la production escomptée sera atteinte, si les pluies continuent jusqu’en octobre », ajoute-t-il. La réussite de la campagne en cours dépendra de la disponibilité d’engrais de qualité et en quantité suffisante. Déjà, des retards sont constatés dans l’approvisionnement de la zone en engrais subventionné. Pour le technicien, la quantité d’engrains mise à disposition est en deçà des besoins des producteurs. Sur un besoin global exprimé à 185 tonnes, seulement 30 tonnes d’engrais subventionnés sont disponibles pour le moment. « N’ayant pas d’autres choix, les producteurs ont acheté l’engrais sur le marché noir à des prix exorbitants », explique Boubacar Sidiki Daou. La zone, qui dispose huit motoculteurs, est aussi confrontée à des obstacles relatifs au labour des champs, à cause de l’insuffisance de machines. «Nous avons octroyé cinq motoculteurs aux producteurs, les trois autres appartiennent à des particuliers», détaille Boubacar Didiki Daou. Comme conséquence, « l’évolution des cultures irriguées dans les deux grands périmètres est relativement lente », constate le technicien. L’acquisition d’équipements du Centre agro-business dans le cadre du Projet de développement rural intégré de Kita et environs (PDRIK) résoudra, en partie, le problème du sous-équipement des producteurs du périmètre G/H de Mahinading. Interrogé, le président de la Coopérative des exploitants agricoles du périmètre G/H de Mahinadi confirme que le déroulement de la campagne agricole est satisfaisant dans l’ensemble. « Cela, malgré les retards constatés dans l’approvisionnement des paysans en engrais », a insisté Founéké Sissoko. Selon lui, la quantité d’engrais fournie ne couvre pas les besoins mais permettra, en grande partie, d’améliorer les cultures. « Le problème d’équipements agricoles est crucial », souligne Founéké Sissoko. «Les paysans ne sont pas en mesure d’acheter les équipements cette année, parce que l’Etat n’a pas de programme de subventions», indique-t-il. Ces insuffisances ont beaucoup affecté les différentes étapes d’évolution des cultures. Conséquences : les producteurs n’évoluent pas au même rythme. Concernant le riz, par exemple, les paysans, qui ont pris de l’avance en labourant leur champ avec les charrues, sont à un niveau évolutif stable. Par contre, ceux qui ont pris du retard sont encore au stade du repiquage. Quant au maïs, il tend vers l’épiaison. « Le Projet de développement rural intégré de Kita et environs, un partenaire de l’ADRS, a apporté des équipements pour la zone dont la qualité reste douteuse », relève M. Sissoko, avant d’expliquer que deux des cinq motoculteurs mis à la disposition des producteurs n’ont pas fonctionné. Créée en 2011, Manantali est l’une des trois zones d’intervention de l’ADRS, après celles de Kayes et Kita. Elle a été restructurée en 2017. La présence de l’ADRS dans la zone de Manantali vise à contribuer au développement socio-économique des populations rurales par la réalisation des aménagements hydro agricoles et la mise en valeur des terres dans sa zone d’intervention. Pour atteindre cet objectif, la zone de Manantali a pour missions de faciliter l’organisation et le fonctionnement efficient des dispositifs d’approvisionnement en intrants des exploitations agricoles. La zone de Manantali, on le rappelle, est située dans la partie sud du Bassin du fleuve Sénégal, dans la zone d’intervention de l’ADRS. Elle couvre les 13 communes de Bafoulabé, Mahina, Bamafélé, Diokéli, Koundian, Oualia, Tomora, Diallan, Diakon, Kontéla, Sidibéla, Gounfan et Niambia. Ces communes regroupent 218 villages et plus de 200 hameaux. L’ADRS encadre, actuellement, plus de

Le marché de l’arachide : Ce n’est pas « peanuts » !

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 10 septembre (AMAP) Les acteurs qui ont investi le créneau de l’arachide ne le regrettent point. La légumineuse s’écoule comme des petits pains, au grand bonheur des consommateurs et les vendeurs. Cette légumineuse, qui inonde aujourd’hui Bamako, est très prisée des habitants de la capitale malienne. Portant sur la tête des paniers ou de grandes assiettes remplies d’arachides, des vendeuses sont visibles, un peu partout, à travers la Ville des trois caïmans (Emblème de Bamako). Elles vont d’un marché à un autre, d’un quartier à un autre, de services en services, en quête de leur pain quotidien. Certaines tiennent au coin de la rue de petits étals de vente d’arachides fraîches, bouillies, grillées. Attia Dembélé est vendeuse ambulante. Elle fait de bonnes affaires avec une recette journalière estimée à 5.000 Fcfa. La marchande à la sauvette achète, généralement, le sac de 50 kg, entre 6.000 et 6.500 Fcfa, au marché de Ouolofobougou. Souvent, elle achète le sac de 100 kg dont le coût varie entre 10.000 et 12.500 Fcfa pour le revendre en détail. «Je ne me plains pas, car j’arrive à subvenir à mes besoins quotidiens grâce à cette activité commerciale», se réjouit Attia Dembélé. Egalement vendeuse au détail d’arachide, Djénéba Coulibaly dit se frotter les mains. Malgré l’abondance de la marchandise sur le marché de Bamako, elle peut vendre un sac d’arachide, par jour, pour un bénéfice net estimé à 4.000 voire 5.000 Fcfa. Pour elle, il y en a pour toutes les bourses à partir de 50 Fcfa. Comme elle, plusieurs vendeurs ou revendeurs d’arachide s’approvisionnent au marché de Ouolofobougou ou à la gare de Bougouni, communément appelé «Bougouni place». Ces marchés sont par excellence les principaux lieux de ravitaillement des revendeurs. Les ressortissants des pays voisins tels que les Sénégalais viennent s’y approvisionner également. Rencontrée à «Bougouni place», Aminata Coulibaly vient de se ravitailler. Elle spécule : «Cette année, il n’y aura pas de rupture d’arachide, vu le nombre de sacs qui descendent sur le marché, chaque jour, depuis plus d’un mois.» Pour elle, les prix sont raisonnables, le sac de 50 kg est cédé entre 6.000 et 6.500 Fcfa, contre 10.000 à 12.500 Fcfa pour celui de 100 kg. Producteur venu de Sikasso pour vendre une partie de sa production, Adama Koné abonde dans le même sens. Il estime que les Maliens ne peuvent pas consommer la quantité d’arachide que se trouve actuellement sur nos marchés. D’où la nécessité, selon lui, d’exporter une partie du produit pour éviter des pertes. « Surtout que c’est plus bénéfique de vendre aux étrangers », ajoute-t-il, précisant que sa productivité est meilleure cette année comparée à l’année passée. Malgré l’abondance de l’offre, chacun trouve son compte. «J’arrive à vendre plus de 50 sacs d’arachides. « Il y a des sacs de 100 et de 50 kg, vendus respectivement à 15.000 et 7.000 Fcfa», révèle le grossiste Bourama Niambélé, précisant qu’il préfère vendre uniquement aux Sénégalais qui mettent, selon lui, le prix. La transformatrice Assétou Koné profite de cet excès pour faire le plein. «C’est le moment propice pour constituer nos provision», reconnaît-elle. « Car, passé cette opportunité, les prix grimpent », soutient-elle. Les techniques de conservation à long terme utilisées en la matière pour éviter la putréfaction sont le séchage, le grillage, etc. L’arachide est une plante de la famille des légumineuses. Son fruit s’appelle cacahuète ou cacahouète, pois de terre, etc. Cultivée dans certaines zones notamment à Kita, Kayes et Sikasso, l’arachide contribue à la lutte contre l’insécurité alimentaire, participe à l’autonomisation des femmes. Elle rentre dans la consommation alimentaire. A ce titre, de petites unités la transforment en pâte destinée à la préparation de sauce (sauce d’arachides par exemple). La vente de la paille ou des fanes, comme fourrage génère des revenus importants pour les exploitants. «Je peux vendre 20 sacs de 50 kg et 10 sacs de 100 kg d’arachide par jour», confirme Mamadou Diakité, commerçant grossiste. On rappelle que les objectifs de production d’arachide pour la campagne agricole 2019 étaient, selon la 9e session du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA), estimés à 548.966 tonnes, contre 516.204 tonnes en 2018 soit une hausse de 6 %. Il était prévu d’emblaver une superficie de 552.481 ha pour atteindre cet objectif. AMK/MD (AMAP)

Campagne agricole 2020-2021 à Gao : En attendant la promesse des récoltes

Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 10 sept (AMAP) « La campagne agricole 2020-2021 démarre bien avec une pluviométrie satisfaisante dans tous les Cercles et Communes de la Région de Gao mais avec un retard accusé dans l’approvisionnement des intra agricoles subventionnés par l’Etat », a dit le directeur régional de l’Agriculture de Gao, Aliou Dicko. Pour lui, cette année, de façon générale, la pluviométrie dans la région de Gao a été plus satisfaisante que l’année passée. « Mais, cette pluviométrie varie d’une zone à une autre à cause de la répartition, qui, dans le temps et l’espace, n’est pas totalement bonne. Certaines zones ont été abondamment arrosées comme le Cercle de Gao qui a reçu 390 mm en 20 jours de pluies et même les deux Cercles de la région (Ansongo et Bourem) ont reçu de fortes précipitations », a révélé M. Dicko. « Dans le cercle de Gao, des plaines de submersion à Tacharane ont été inondées à cause de fortes orages accompagnées des eaux de ruissellements venue de loin. Dans les villages de Hamakouladji et Forgho (dans la Commune de Sonni Aliber) où se trouvent de grandes plaines de submersion contrôlée de 500 ha, les 400 ha ont été inondés par les fortes pluies », a ajouté le technicien. Les champs de riz des Cercles de Gao et Ansongo ont, également, été touchés par les inondations. De façon globale, la campagne agricole de l’année 2020-2021 se porte bien parce que dans la riziculture, tout système confondu, les pertes n’atteignent pas les 5 % », rassure le directeur régional de l’agriculture de Gao. L’état des cultures est variable pour la maitrise totale, certains sont à l’épiaison d’autres à l’étalage. Il y a deux types de submersions (contrôlée et libre) qui, cette année, évoluent ensemble « parce que certains paysans, qui cultivent sur des franges basses ou moyennes, sont à l’étalage et commencent le désherbage et ceux des hautes franges continuent à labourer », explique M. Dicko Dans tout le pays, l’Etat subventionne les intra agricoles mais avec les difficultés liées à l’état de la route et l’insécurité, l’approvisionnement a pris du retard dans la Région de Gao. Cette année, la Région a reçu 70 tonnes de l’urée qui a été utilisée par certains agriculteurs. Avant la dotation subventionnée de l’Etat, des partenaires (le Comité international de la Croix Rouge, Save the Children, la FAO et le DDRG) ont appuyé les agriculteurs « Cette année, nous craignons la forte crue qui a été constatée ces dernières années, surtout que certains continuent à labourer. Mais si les cultivateurs pratiquent le système d’irrigation d’appoint, les cultures pourront échapper à la crue’, dit notre interlocuteur. Même constat chez les cultivateurs. Abdramane Wazadi, la soixantaine, désherbe son champ d’un hectare et demi à Bagoundié (Darijoundié). Il dit que cette année, le cercle de Gao a reçu une quantité suffisante de pluies voire exceptionnelle. Aussi loin qu’il remonte dans sa mémoire, il n’a pas souvenance d’une telle pluviométrie dans le cercle de Gao. « Cette année, l’état des cultures nous donne l’espoir que les récoltes seront bonnes parce que nous craignons aussi les poissons et la forte crue », dit-il. Il estime qu’avec une bonne récolte, sur un hectare et demi il obtenir 200 sacs de riz paddy. Son voisin, à une trentaine de minutes de marche, Mohomoudou Tchiébouri dont l’exploitation champ couvre deux hectares, à Bagoundié II, est aussi en train de désherber. « Cette année, le Cercle de Gao a enregistré une pluviométrie abondante qui se répétait et moi, du haut de mes 68 années, je peux dire qu’il y a 18 ans que Gao n’a pas reçu d’aussi fortes pluies », dit-il. « Les autres années, sur les deux hectares, je peux avoir dix à vingt sacs de riz paddy. Mais avec la pluviométrie de cette année, j’ai l’espoir de gagner plus », a ajouté le vétéran. Mme Maiga Mariam Maiga, une veuve, que nous avons rencontrée, est dans le champ que ses enfants ont hérité de leur père et qui trouve vers l’ancienne route de Gao. Elle désherbe la parcelle champ, l’eau jusqu’à la hanche. « Ce travail, elle s’y connaît’, dit-elle. Elle désherbe les champs de ses enfants et d’autres cultivateurs et. à la fin des récoltes, elle gagne un sac de paddy jugée comme le prix de l’effort d’une personne. AT/MD (AMAP)

Mali : dur, dur pour les tisserands de Ségou

Par Mamadou SY AMAP-Ségou Ségou, 9 sept (AMAP) Les tissus importés et la friperie ont ravi la vedette à l’étoffe tissée. La fermeture de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX) et des frontières avec le Burkina Faso ont achevé de plomber l’activité de ces valeureux tisserands qui perpétuent une tradition millénaire. Quatrième région administrative du Mali, Ségou peut se targuer d’être une plaque tournante de la production du textile. Avec ses multiples organisations et centres qui promeuvent le tissu traditionnel, la Cité des Balanzans séduit et émerveille encore bon nombre de visiteurs et férus de produits «Made in Mali». Le Village artisanal de Ségou est un joyau architectural et un centre dédié à la filature, la teinture, la coupe, la couture… Dans ce temple de la créativité, les tisserands perpétuent un savoir-faire millénaire. Ici, des hommes et des femmes accomplissent un travail d’orfèvre. Ils tissent des fils pour en faire des étoffes de qualité destinées à l’habillement, mais aussi des couvertures, des rideaux, des serviettes, de splendides boubous « niaga » et « saran », du pagne rayé « koba » et des supports bogolan. Par un matin un peu frisquet, nous rencontrons Yacouba Diarra, au Village artisanal de Ségou. Marié et père de 5 enfants, ce tisserand a fait ses premières armes au Burkina Faso avant de retourner au bercail. Depuis que la COMATEX a mis la clé sous la porte, le 3 août, la pénurie de fils à tisser est devenue une préoccupation majeure pour Yacouba Diarra et l’ensemble des tisserands de Ségou. La voix de notre interlocuteur trahit une certaine forme de morosité. «Nous n’avons pas de fils à tisser. L’activité est presque à l’arrêt à cause du manque de cette matière première», explique le tisserand. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil à l’atelier de tissage. Ici, des métiers à tisser qui, pour la plupart tournaient à plein régime et produisaient des crissements stridents, ont cédé rapidement la place à un silence de cathédrale. Selon Yacouba Diarra, l’embargo de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a sonné le glas du secteur. En effet, la cargaison contenant des fils à tisser en provenance du Burkina Faso, n’a pas pu être acheminée à Ségou, à cause du blocus imposé à notre pays. Pour les acteurs du secteur, c’était l’unique planche de salut pour reprendre le travail. Aujourd’hui, le quotidien des tisserands s’avère moins rassurant. L’heure est à la déprime et l’activité est plombée par l’atmosphère ambiante. « Mais, fait remarquer notre interlocuteur, les difficultés rencontrées par les artisans ne datent pas d’aujourd’hui ». Yacouba Diarra déplore l’attrait de nos concitoyens pour les produits importés au détriment des produits locaux. Il est nécessaire, selon lui, que les autorités donnent l’exemple. Pour cela, elles doivent être animées de cette fibre patriotique en adoptant une approche globale de promotion de nos étoffes locales. Le tisserand rappelle qu’en 2005, le président de l’Assemblée régionale de Ségou avait exigé que tous les maires de la région s’habillent en pagne tissé. «En ce temps-là, le marché était florissant», se souvient-il. A quelques encablures de là, dans une autre salle, installé sur la banquette du métier à tisser, Ibrahim Konaté ainsi que deux autres tisserands reproduisent les gestes anciens de nos ancêtres. Les cliquetis de la navette jouent une musique qui tranche d’avec l’atmosphère des lieux. Ces cliquetis ne semblent pas déranger Oumou Diallo et Mariam Diarra. Assises à califourchon, les deux femmes enroulaient des fils de chaîne sur plusieurs bobines avec beaucoup d’entrain. Ibrahim Konaté confesse que ce travail lui procure une grande satisfaction et lui permet de subvenir à ses besoins. La barbe grisonnante et une casquette sur la tête, le formateur en tissage, Séga Diallo déplore la cherté du fil à tisser vendu à l’usine COMATEX. Il fait remarquer qu’un paquet de fils à tisser de 900 g, à l’état naturel, coûte 3.000 Fcfa. «Pour faire une chemise, il faut débourser, au moins, 2.000 Fcfa pour l’achat de fils. Sans compter la main d’œuvre du tisserand dont le travail titanesque met le corps à rude épreuve. C’est ce qui explique le coût élevé du tissu traditionnel», précise Séga Diallo. « Des années 90 à nos jours, renchérit-il, le tissu « niaga » a toujours été prisé par la clientèle pour ses motifs d’ondulation. «Généralement, on le met dans le trousseau de mariage. La mère de la mariée achète ce grand boubou vendu à 13.500 Fcfa pour l’offrir à son gendre. Le prix minimum du pagne tissé mesurant 2m de longueur et 1m20 de largeur est de 3.500 Fcfa, selon le motif», fait-il savoir. De nombreux jeunes ont tendance à bouder le métier de tisserand. Le formateur en tissage précise que cette frange de la population, en dernier ressort, préfère se tourner vers les métiers de la métallurgie et de la mécanique. Le tissu traditionnel est destiné aux fervents admirateurs de produits locaux. Selon Soumaïla Sanogo, président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou, cette clientèle se fait un peu plus rare. Aujourd’hui, le pagne tissé subit une concurrence féroce. Les pagnes importés et le prêt-à-porter ont colonisé les rayons des magasins et étals de nos marchés. On assiste, aussi, à une arrivée massive de la friperie. Pour Soumaïla Sanogo, cette dernière constitue un handicap au développement de l’artisanat du textile. D’abord, elle détourne les consommateurs des tissus produits par nos valeureux artisans. Ensuite, les carnets de commandes de nos tailleurs s’amenuisent, étant donné que ces vieux habits ne nécessitent aucune réparation. «On ne cesse de le décrier, mais nous ne parvenons pas à résoudre cette problématique», déplore Soumaïla Sanogo. Il est clair que la consommation des produits locaux contribue au développement de l’économie nationale. Or, sur ce point essentiel, le Mali enregistre un retard coupable. Pour que le Mali puisse boxer dans la catégorie des géants du textile, le président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou suggère l’augmentation de la capacité de transformation du coton et l’instauration du port du tissu traditionnel dans l’administration. Une forte volonté politique